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I /^NSTlTVTrONS^ilti
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'Uym^nt/e<s etairuHriapciL^
\aDbJeriiafLcnij 7ioiui.dlcs dcj |
n'a ùnnuis eÀx'mLfe en |
if liimure^ que de vliùtÜLirJ' i
^ FigtiTT^ çntailtc. dmiae, fi
iParTuoMAsBAR THoznM
I FIL/ de l'iAuiheury^ - ||
y Tmdmetee enFrtatqeû par'M
IAbr.BvPraT JDaetear^ M
, ert FFedeevie^ ■ lll
i A' JPARIS^ I
uFiilmJj,
' INSTITVTIONS
ANATOMIQVES
D E
G ASP. B ARTH O L IN
D O C T E V R ET PROFESSE VR
DV ROY DE DANNEMARCK,
Augmentées ^ enrichies pour la féconde fais 3
Opinions^ Ohfer'vations nouvelles des Moàertjg^^
dont la plus grande partie n a ïamais ejîéœ: ^ \
mije en lumière , que de plufîeurs IH ^
Figures en taille- douce, '
Par Thomas Bartholin Dodcur en
Mcdecinc , Fils de FAutheur j
ET
Traduises en François par Ab R. DV Prat
DoBeur en Adedecine^
A PA RIS,
Chez Màthvrin HENAVLTjfuëS. lacqucj,
à l’Ange Gardien :
E T
Iean Henavl t, au Palais, dans la Salle Dauphine,
à l’Ange Gardien, _ _ _
1^DC”XLVII.
'AVEC PKiyiLEGE^ DV KOT.
A MONSEIGNEVR
de GASSION.
MARESCHAL DE FRANCE,’
ET
LIEVTENANT G£N|J^_|,'
DES ARMEES D V R O Y
EN FLANDRE.
ONSEiCNEFX
Il y a long-temfs que
te Jouhaitois ^ne occajion dé rendre
quelque hommage à ^ofire Grandeur,
ray creu que te nen pouvais trouver
de plus favorable que celle-cy^ en
quelle ie prends la hardiejfe de vous
prfenter ce Lture. Le fujeéi dont il
a iij
E Pl ST RE
trai£te , efiant ^ne partie de IHom’-
me , efi digne de vojlre mriofité , ^uis
qu entre toutes les cognoijfances que les
Hommes peuvent acquérir, celle de Soj*
mejme doit ejlre recherchée de tousvni-
verfeüemenU U ailleurs , il ejt raifin--
nahle que la Medecine vous ayant
fait fèntir tout ce qu'elle a de plus
douloureux en Je prvant fouvent du
fer & du feu pour la guerifon de tant
de glorieufès hlejfeures que vous avez»
recettes au fervice de cette Couronne,
elle vous offre ce quelle a de plus beau
& de plus divertiffanu F'ous y pour^
ret» voir auec le mejme plaijir que
vous' ‘'donnent les dejfeins des Ma~‘
chines de vos Ingénieurs , les Figures
des Injlrumens incomparablement plus
merveilleux , dont vojire vertu Je fert
DED IC A T O i R E.
pour produire tous les tours ces belles
Aédions qui vous rendent fi Vtile a fE-
fiat , fi Admirable à tout le Monde ^
& fl Recommendable à la PofieritéAl
efi vraj que n ayant rien de moy di^
gne de vous efire pre fente' , fay em¬
prunte' î ouvrage dlvn Autheur, dont
ie ne fuis que t Interprète, Cefi vn
Danois qui vient au nom de fa Patrie,
faire des remerciemens a la France, de
la paix , dont elle ioüit par fbn entre-
mife , & par fis negotiations : St en
recognoijfance des grandes obligations
quelle luy a , veut faire vn prefent
d'vne fi belle cognoijfanfe par mon
moyen , a ceux de nos François , qui ne
peuvent l aller puifer à la fource. Ce
me fira,(^ONSElCNEFR,
vn extrême bon^heur, fi vous agréez»
EPI ST RE.
quen donnant cét ouvrage au public
fous laproteâion de vofire lüuftre Nom^
ie vous fajfe voir en particulier la Ve*
neration y en laquelle taj cette Héroïque
Vertu quivous a fait monter aux plus
eminentes T>ignitez> du Royaume &
merim les grands Emplois que- vous
aveiy i les Vœux que ie fais continuel’^
kment pour la confèrvaîion de vofire
Per/onney & le Zele avec lequel ie fuis
& feray toute ma vky,
. MONSEIGNEVR,
Voftrc tres-humblcjtrcs-obeiflSnf,'
& tres-allcdionné fervitcur
A. D Y P R A T,
DES C
TABLE
H A P I TR E S
D V
L IVRE PRE R
'a..
QJ/ I E S
â4i
-K
A
%
Du V^enm Inferi^n ^
Chapitre i . E la Cuticulè.
Chapitre n i y De la Peau.
Chapitre iii.D^;laGraiflê.
Chapitre iv.Dcs Membranes en gencraÎTÜcla
Membrane charnue, & de la Membra¬
ne propre dès mufclcs. . i6
Chapitre v.DesMufcles en general. 2p
G hapitre vi D es Mufcles de l’ Abdomctti , 3 ^
Chapitre vinDu Péritoine. 4y
Çhap. VI II. De l’Epiploon.' j^o
Chapitre ix. Du Ventricule. j7
Chapitre x. Des Inteftins en general. 70
Chapitre xi. Des Boyaux en particulier. 7^
Chapitre xii.Du Mefentere. 87
Chapitre xiii.Du Pancréas ; Et de Ton conduit nou-
ueau. $1
Chapitre xxy.Du Foye.
T AB LE
Chapitre, xv. Des Refcnioirs de la bile, à fçauoir de la
vcffic du Fiel &; du méat cholido-
que. 105
Cliapitre xvi.DelaRatc. Hl
Chapitrcxvii.Des Reins.
Chap. xviii.DesCapfulcsatrebilaircs.
Chapitre xix. Des Vretcrcs. 139
Chapitre xx. De la V eflîc deTvrinc. 1 41
Chapitre xxi.Des VailTeaux ^ipcruiatiques preparans de
l’homme. 14 <î
Chapitre xxii.Pes TeRicules. 148
Chap. XXI II, Des Vaifleaux deferens ou éjaculatoires,
.des Paraftates , des VcricUles feminaircs,
des Proftates. 754
Chapitre XXIV. Du Membre viril. 16 1
Chapitre xxv. Des Parties de la femme qui feruent àla gé¬
nération , premièrement des vaifleaux
fpermatiquespreparans. 169
Chapitre xxvi .Des T efticüles de lafemnic. 17 1
Chap. xxvii. Des vailTeaux deferens. 175
Chap. xxviii.DelaMatrice en general. 17S
Chapitre xxix.Du fonds & de l’orifice de la matrice. 188
Chapitre xxx.Du grand Col de la matrice. 152.
Chapitre XXXI. De l’Hymen ou de la marque delà Virgini.^
té.
Chap. ;XXXi i.De la partie honteufe externé de lafemnae
en general. . loz
Chap. xxxiii.Des GâruneulesMyrtiformcs,- ' 7 ; 204
Chap. xxxiv. Du Clitoris. ■ i' ' loj
Chapitrexxxv.Des Ailes &:deslevrcs.' ^ ‘ j,q^
Chap. xxxvi.DesMêbrancsqmcnudopét leFœtus. zop
ÜES Cf/APITRES.
CIiap.xxxvit.DesVaiffeauxVmbilicaux, z:î
D V LIVRE IL
Duyentre moyen du Thsrax. ns
Chapitre i.T^EsMammellef. iio
Chapitre ii.l y Des Mufcles Intcrcpftaux.
Chapitre m. Du Diaphragme. 217
Chapitre iv.Dela Pleure, duMediaftin& de la Fa-
gouc. ip
Chapitre v.Du Péricarde & de l’humeur qui y cft
contenue. 23^
Chapitre vi. Du Cœur en General, 34a
Appendice des Pouls. 2.50
Chapitre vrr. Des parties du cœur en particulier,dcs oreil¬
lettes, des cauitez auec lefeptumy des
vaifrcaux & des valvules. 25a.
Chapitre viii.Del’vnion des vailfcauxducœur au fœ¬
tus. z66
Chapitre ik.Des Poulmons. 268
Chapitre x .Du fifflet des Foulraon^OU de fafpre-ar-
tere. ^77
Chapitre xi. Du Larynx. " Ax
Chapitre xn.De l’Oefopha^^
Chapitre XI II. Du Col. ^9^
table
DV LIVRE III.
Be la Camü/uperieure , oa de la Tkjle. ^ $ 5
Chapitre i T "X Es Poils & des chcucmc. 296
Chapitre 11. 1 A Des membranes dehors ôc dedans le
cran^. 504
Chapitre iH. Du Cerueau 6c defa moelle en gencral.317
Chapitre iv.Des parties du cerueau en particulier , 6c
premièrement de la moëlle prolongée,
6c cfpiniere 3 6c de fon ventricule no¬
ble. 32P
Cbapitrc v.Du petit cerueau.
Chapitre iVi.Des autres parties qu’on remarque au cer¬
ueau, de la Rets admirable, de la glan¬
de pituitaire, de l’entonnoir, des ventri¬
cules du cerueau, du corps calleux , de
la voufte , du plexus choroïde , de la
glande de pin , 531
Chapitre vii.DuFront. , 34^
Chapitre viii.Des Yeux. 347
Chapitre ix. Des Oreilles. 3^8
Chapirre x.Du Nez. 364
Chapitre xi . De la Bouche, des ioüës & deslcvrcs. 367
Chapitre 3çn. Des parties contenues dans la bouche, des
genciues , du palais , de la luette, de la
gorge ôi de l’os du gofîer. 373
DÉS eff APITÉ^ËS.
chapitre xiii. Delalangue.
^7
DV LIVRE IV.
Des ExtremiteKs
SSz
Chapitre
1 . E la main en general, & des ongl
es. 582.
Chapitre
ii.l VDesMüfcles de rhumcrus,oudu bras
proprement dit.
387
Chapitre
m.Dcsmufcles de l’efpaule ou de romopla-
te.
Chapitre
IV. Des mufcles du Thorax , ou delà refpira-
tion.
594
C hapitre
V. Desmufclcs delà tefte.
39^
Chapitre
VI. Des mufcles du eoi.
397
Chapitre vu Des mufcles du dos.
398
Chapitre
VIII. Des mufcles du coude & du rayon.
400
Chapitre
IX. Des mufcles du carpe & des doigK.
40a
Chapitre
X. D U pied en general.
404
Chapitre
xi . Des mufcles de la cuiffe.
405
Chapitre
XII. Des mufcles du tibia .
407
Chapitre
xui.Des mufcles du pied.
408
Chapitre
xiv.Dcsmufcles des doigts du pied.
409
DV TRAICTE' 1. DES VEINES,
Qui refpond au LfurtL âu ^ventre inferieur. 415“
Chapitre i De la veine en general. 41^
Chapitre 1 1. De la lîibftace&des valvules desveincs 410
Chapitre ni, De la diuifion des veines du corps & de la
veine-porte. 4itf
ê iij
TA^LE
Appendice des ^^eines laBées. 43 O
Chapitre iv. Des veines hcmorroidalcs. 43r7
Chapitre v. Du troc afeendant de la veiTïe-c^e5&: de fés
‘ ' rameauxjfür tout de la veine azygos 439^
Chapitre vi .De la veiné fous‘-clauiere,& de fes rameaux,
^ comme les iugulaires,&:c. 444
Chapitre vir.Des veines du bras &: des rhains. 449
Chapitre vi lï. Du tronc defeendant de la vcine-câué iuf-
ques aux iambes. 45 r
Chapitre ix.Dcs veines crurales. 45^
D Vi T R AÎCT E' II. D ES A RT E RE S,
Qui refpond au
Lhre II. de U moyenne cAuite ^ ou du Thorax. 458
Chapitre i.'TN Es Artères en general. 4’^^
t hapitre 1 1 J Du tronc defeendant de la grande-ar -
terc. 4^2
Chapitre iii. Des artères carotides. » 46^
Chapitre iv.Dcsarteres de toute la main. 4^7
Chapitre v. Du tronc de la grande artere qui defeend
iufques aux iambes, 4 ^8.'
Chapitre vr.Dcs arteres crurales. 4721
DV TRAICTE' III. DES NERFS,
Qm refpond au
• Liure llL de laTeJte. 477
Chapitre r.T^Es Nerfs en gênerai. 477.
Chapitre i x , 1 J Des dix paires des nerfs nés dans le cra-
TfES chapitres.
ne , de la moelle prolongée^ &: de leur pro-
grez. 482
Chapitre 1 n . Des nerfs qui fortent de la moelle efpinierc,
& premièrement de^ nerfs du col, & de
toute la main. 497
Chapitre iv.Desnerfs du Thorax ou du dos , &deslom-
bes. ^01
Chapitre v. Dcs nerfs quinailTent de la moelle de l’os
facrum,.&: des nerfs de tout lepied. jio
Du traiEié IV. 0* dernier des Os , 0*enfemyie des Ca¬
rtilages des Ugamens. 5D
Chapitre i.T^ Es Os en generail.
Chapitre 1 1 . 1 J Des cartilages en general. jai
Chapitre iii.Desligamens en general. 5’25
Chapitre ;i y. Du crâne en general /zf
Chapitre y.Des futures du crâne. 528
Chapitre y i. Des os propres du crâne en particulier. 533
Chapitre viï.Des oflèllcts deroüye. 5’4i
Chapitre vi ii .Des os communs àlatefte & à la mafehoire
fuperieurc, à fçauoir du cunciforme,& du
fpongieux. 54?
Chapitre jx. Des os de là mafehoire ch general. 548
Chapitre x. Des osprpprcs de la mafehoire fuperieu¬
rc. (549
Chapitre xî.Dclamafchoire inferieure. jyo
Chapitre xii.Dcs Dents en general. yyt
Chapitre xiii. Des Dents en particulier. 5J7
Chapitre xi v.Dc l’efpine & de fes vertèbres en gene¬
ral. S59
Chapitre xv.Dcs vertebres de l’elpine «1 particulier. ^61
TABLE DES CL/JPITRES.
Chapitre xvi.Dcl’osinnominc.
Chapitre XVII. Des coftcs, 567
Ghap. XVI II , Des los de la poitrine ou dû ftemon. 570
Chapitre xix.Des clàuicules&desefpaules* 571
Chapitre xx. Des os de toute la main* 574
Chapitre xxi.Desosdetoûtlepied.
Chapitre xxii.Desosfcfamoidcs. ‘
A cecy efl adioüflé I
n Lettre de Mbnficur Ican V V àlæus, qui contient rex-
plicationSi Ics preuues du mouuçment du Chyle
& du Sang;
11^ Lettre du mefmc, qui contient lès rcfponfcs aux
obiedions des aduerfaires^ contrclc mouuement
du Chyle & du Sang; ^40
'anthropologie, e’eft a dire ta
; fcience qui traite de l’homme, cftdiuifdc
^ ordinairement & auceraifon en tAnato-"
^ wie, qui confidere le corps & fes parties,
t& en la PJjcholegie, qui parle de l’Ame.
' Nous lailTons cette derniere,pour nous
attacher à l’Anatomie , entant qu’elle efl
partie de la Phyfique. Le fujet fur lequel elle trauaillc,
n’eft pas le corps humain feulcraentVmais ceux de tou¬
te forte d’animaux terreftres , aquatiques &c volatiles .
Maison s’arrefte principalement à la confideration de la
ftrudure du corps humain, i. Parce qu’eftant le plus
parfait de tous les corps, il en eft comme la reigle. 2. Par¬
ce que le nombre des animaux eftant prefque infini, la vie
de l’homme eft trop courte,pour auoir le temps de les def-
feigner & les confiderer tous. 3. À caufe des grands ad-
laantagesqui enreuiennent à tous ceux qui font touchez
du defir de lacognoiiranced’euxmefmeSj&delârcuriofî-
téde voir & de contempler ce mcrueillcux édifice quela
nature a fait auec tant d’art ôctant de foin pour eftrele
palais de' l’amc. Ceux qui font foigneux de leur fanté, y'
'peuuent apprendre des adiiertilTemens pour faconferua^^
tion, ôc pour laguerifon des maladies. Elle eft digne futj
toutdcl’eftudede ceux qui s’employent àla contempla-’
tion des chofes naturelles, puis que fans vne exadle cog-
noiffance de l’Anatomie, ils ne peuuent pas dire qu’ils
ay ent porté leurs yeux ôc leur attention fur tous lesouura’'
A "
Le fuiet de
l'Anatomie
General,
^our^uoy
on confide-*
reprincipa*
le ment le
corps h».~
main}
i Préfacé!
gcs de la nature, ny fc vanter d’auoir vhe fdencc folidc Sc
complète, s’ils n’ont appris celle cy dcuantles autreçpar-
ties delaPhyfîque.
Dtuifton Pourvcniriladiuifîon du corps humain, il faut re-
du eorfs marquer, que la nature l’ayant deftiné à diuerfes aétions,
httmni». elle l’a compofé de plufieurs parties differentes pour lés
faire, que nous réduirons eh ContenanPes» en Contenuës, 8c
en celles qui donnent rimpetuofité , que nous nomme¬
rons ImpelîatiteSi c’eft à direen parties folides, humeurs &
efprits. En ce fens vafte & eftcadujtout ce qui a quanti¬
té, &qui rend le corps entier & accomplijfera appelle
partie, mefmes les ongles, le poil, U graille & la moelle.
Maisà parler proprement & dans vne fignification plus
' eftroi'te, on ne peut appeller Partie que celle qui partici¬
pe à la forme & à la vie du tout, à fçauoir celle qui eft fo-
lide, comme veulent les Anatomiftes. C’eft pourquoy
Fefnël nedefinitpasmallapartie, ^ncorfs attaché é'vni
que Partit} m tmt far le lien commun de la vie y (ér ordonné à quelque
fonUionou vfage. Mais félon le fentiment de Galien^ la
partie eft vn corps vni en quelque façon au tout, & bor-
La fignifi- né d’vnc particulière eirconfeription. En vn mût le nom
cation pro- départie coîîuient proprement i. à celle qui vit, qui eft
fre du nom nourrie, & qui ne nourrit pas Ics autres. Par ce moyen les
«partit, efprits &l£shumcurs,^c. ne font pas du nombre des par¬
ties, ny auflila graifle qui eft conuertic quclqucsfois pour
leur nourriture, a. à celle qui eft folide. 3. à celle qui a
vne eirconfeription propre, que la graifle n’a pas, n’eftant
bornée ^ue par la figure des parties qui l’cnuironnent.
4. à celle qui eft continue au tout. 5. à celle qui eft defti-
née & difpofec à quelque fondion ou vfage.
Ces termes de Fonéiion & d vfage eftans fi frequens
dans l’Anatomie, il fera bon d’expliquer en peu de mots
frrfihâ fignification . VAaien ou la Fonüion peut
4’vntpar. «fl^e ou particulière ou publiquci [la particulière eft celle
#iVî P« laquelle les parties pouruoyent à leur conferuation
propre : la publique eft celle quifert à tout l’animal. L’a.
dion publique oppofée àl’ vfage eft celle de la partie prin-
Préfacé, ^
cipalc dans l’organe qui fait vne adtion parfaite.] Par
exemple, la peau fait vne aâiion particulière pour fo7
meÜTic , à fçauoir l’attraélion de l’aliment , la réten¬
tion, Elle en fait auffi vne autre publique pourtour
ranimai , pour fentir les qualitez taâ:iles. Ainfi l’aélion
dufoye, cft lufanguification, celle des tefticulcs, l’élabo¬
ration delà femenec, &celle des mammelles, la ladtifi-
catibn.
Mais (vfage fe dit des parties qui ne font pas l’adtion
premièrement & par elles mefmes, mais qui donnent feu-
Icment quelque fecours à la partie principale pour la fai¬
re. Trois chofes contribuent principalement àl’vfage
des parties ; i. leur propre tempérament , c’eft à dire la
fymmetrie des quatre premières qualitez. Par exemple,
la peau eft temperée àl’efgard des qualités premières : On
demande à quel vfage l II faut rcfpondre, afin qu’elle
puifle eognoiftre & difeerner toutes les qualités de l’ac-
touchement : i. Uschefes qui fmuenttetemperameHUCom."
mefont les qualités fécondés, à fçauoir la dureté,, la mol- .
lcire,refpaiflcur,la tcnuité,la denfitc,ia rareté, &c. 3 . Les
accidem necejfaires , comme la grandeur , le nombre, les
trous, ou cauitésjla figure,Ia conformation, la connexion,
Iafîtuation,&lafupcrficic. Mais pour rendre ces inftitu-
tions plus aifées, nous n’obferuerons gueres cette diffé¬
rence entre rAâ:ion& rVfage,pour euiter vne répéti¬
tion ennuyeufe de diuerfes chofes, où elle nous iecteroit
neceffairement, fi nous la voulions fuiure.
Deuant que venir aux différences des parties , il nous
faut examiner en peu de mots, Quelle partie eft engendrée
kpremiere>Hippocr2itt eftime que toutes les parties fe for- ê^ell‘p»ré
ment & fe diftinguent en mefme temps, leur génération
eftant femblable au cercle, où il n’y a ni commencement , f
ni fin, mais où tout eft commencement ^ fin. La vérita¬
ble opinion eft,qu’elles ne reçoiuent pas toutes en mef¬
me temps, leur perfeélion & leur accompliifement, mais
la veine Vmbilicale eft la première acheuée, lefoye l’eft
apres, puis le cœur f Ariftote veut que ccluy cy fois
A ij
Vourquty
il » fdH,
que les
vuiffemx
fujfent en.
gendrex.de-
mnt les
vifceres-}
Combien il
y 4 de foY'
tes de j)4r-
tiss.}
à VefgAfd
.de la fin.
rrefdce.
gendté le premier ; Galien eftime que c’eft le Fsye) cri
fin le cerneau. La veine Vmbilicaleeftdonc la première,
parfaite & acheûée,nonà raifon de fa première confticu-
tion qu’elle reçoit de la remence,mais à caufe de l’accroiC-
fementqu’elle prend du fang. Quelques vns eftimans
que la feraence de le fang font deux principes materiels
des parties, difent que la feraence en eft comme refiaim,&
le fang comme la trame. Nousauons expliquée réfuté
fortaulong cette opinion dans nos controuerfes Anato¬
miques Q^ft.ii.des Parties & de leurs Facultcz de Fon¬
dions.
Ce n’eft pas fans raifon que l’on dit que les vaiflcaujc
font engendrez deuant les vifeeres , entant qu’ils font
acheuez pluftoft, puis que ceux-cy ne pourr oient fe nour¬
rir fans vne veine qui leur porte la nourriture. Car com¬
me le noyau ou la lemence qu’on a mife en terre , y ietee
premièrement vne racine oblongue, dc en fuite enref-
pandplufieurs autres çà &làverslafupcrficiede la terre,
defquelles fe forment le tronc Scies branches : Ainfi delà
femence teceüe dans la matrice , naift premièrement la
veine V mbilicaïe, qui reçoit le fang du Placenta dc la m a-
trice, Scia veine porte auec fes racines prend fon origine
del’Vmbilicale.
Il eft temps que nous examinions les différences d.es
partics,qüifont de plufîeurs fortes. Quelques vns pre-
nans ce mot de parties en vn fens fort eftendu, les diui-
fent en celles qui font pour la necejftté, comme le cœur,
lefoye, lecerueau, le poulmon. Scie ventricule: En cel¬
les qui fenicnt ou pour vne grande commodité ^ comme
les yeux Scies tefticules , ou pour vne moindre y comme les
ongles : Et en celles qui fontpour l'ornement , comme
les cheueux Sc la barbe.
Pournous, nous diuiPons les parties principalement à
l’efgardde leurfin,ou à raifon de leur matière. Selon que
leur fin eft plus ou moins noble; les vues font Principales,,
ou maiftrefles , .Sc les autres moins Principales ou ter-
uantes, “
Les Prhcipaîes font les principes & les fourcesdes au¬
tres parties, commelecerucaudes nerfs (félon l’opinion
commune) le coeur des artères, & le foye des veinesiD’au-
tres mettent en ce rang les tefticules, [fans aucune neceflî-
té.puis qu’ils neferuent de rien pour la conferuationdc
l’indiuidUj&quemefrae la génération fe peut faire fans
euxjcommcnouslemonftrerons par des exemples auLi-
ure I. chap. 22-] H faut remarquer que ces parties font
principes des autres, non pas de Radication ou d’origine,
ce qui n’appartient qu’à la femenee qui eft le principe de
toutes les parties, mais de Difpenfation & dediftribution,
entant qu’elles communiquent quelque organe, quelque
vertu & vne matière commune. Ainfi les arteres fortent
ducœur,commc deleurprincipe dedifpenlàtion, parce
qu’elles en rcçoiuent leur vertu, &femblent yauoirleur
commencement . Il faut entendre la mefmc chofe des
veines & des nerfs à l’efgard de leurs principes. C’eft en
cefens encore que les os font les principes des cartilages
&desligamens.
Les parties deflintes au femice font ou necelTaires , ou
non. "Lts necejfaires (om celles fans lefquelles'l’aùi mal
ne peut viure , ou ne peut viure fans incommodité;' 'Ainlî
le Poulmon fert au cœur,les boyaux au ventriculc,le ven¬
tricule au foye & à la Ratte , la veficule du fiel, le méat
cholidoque & la veflîe del’vrineau foyé; & enfin tous
les organes'des fens au ccrucau. Celles qui ne fontpasne-
comme la chair fimple, (^^. ,
A raifon de la matier-e prochaine i les aparties ^nt les
vnesfimples, homogènes, ouÿ/w//4/w : les autres corn-
pofées, heterogenes oudâffimilaircs. La finie lai re
eft celle qui fe diuife en parties fcmblables, de forte qu’eU
ksfont toiitesd’vne mefmcfubftanccâuec Je tout, ainfi
chaque partie de chair eft chair, (^c, Les vnsfontlenora-
bre de ces partics plus gramci,& les autres plus petit: •
iArifiote en diuers lieux metau nombre des fimilaires,
le langjla pituite^: kbilejla fanie j'lafcmence,deiàidt, la
fieljla graiire,la moelle, lachair, les veines, les artères, les
A iij
Les parties
Vrincipa-
les.
Principe de
radication.
"Principe dé
difpenfa-
tion.
Les parties
feruantes.
A l’efgard
delà ma¬
tière.
tfue partit
ftmiUirt ,
de cem-
biëde fortes
il y en a ?
Combien il
ejlde fortes
de ch»iri
€ Préfacé.
neifs, les fibres, les membranes, la peau, les os, les cartiîàJ
ges, le poil, les ongles, les cornes & les plumes.
Auerroes cetrancbequelqucsvncs de celles là, &:y ad-
iouftela mclancholicjles cfprits, les mufcles, les tendons^
les ligamens & le Aiif.
Galien en plufieurs endroits conte celles cy: l’os, le
cartilage * la veine , lartere, le ncrl , la membrane ou le
pannicule, les fibres, le tendon, le ligament, les ongles, la
pcau,la grasiffcjla mo'élle, l’humeur vitrée, & la cryftallinCj
la chair desmufclcs & des vifceres,auecla propre fubftan-
ce du €erucau,du ventricule, des inteftins & delà matrice.
jirchange Ficoloîftim retient toutes celles qui ont efté
contées iufques jty par les autres,, &y adiouûclcs trois
fortes d’^efprits, les 4. humeurs nourrilTantes. auecles ex-
crertientcufes, comraeryrinedclavelfic,labile iaune de
la vefiie du fiel, la pituite excrcmenteufe, & les cxcremens
de toutes les codions , la cuticule extérieure , & celle qui
couurc les cauitez internes. Il en met 17. autres que l’oui
ne conte pas d'ordinaire, à rçauoirla propre fubftance du
cerneau {feparée des autres parties fimilaires veines, arte-
ïcs,h!g^l) celle de la langue, dupoulmon, ducceiir, du
foye- delà vcflic du fiel, de la ratee , du ventricule, des in-
tcftinsjdcs reins,des vreteres, de la veflie de l’vrinc, de la
matrice, . de laveSrgc, des tefticules , des mufcles ôedes.
glandes. Mais e’eft en vain qu’il aduancc ces ehofes co m-
me.nouuélles j puis qu’elles font prefque toutes conte¬
nues fous le nom' de ckàiu • . Hippocrate &C Galien ont
cohnu i^itâiitre jcft la chair des mufcles, aiitrc celle des vi-
fccres , &:autrc celle des glandes. Toutefois Galien fait
ailleurs trois'fortes de chairjh. Celle dumufcle, que les.
anciens appelloient. feulement chair. 2. le parenchyme
dùfoye,diic<iEitr,dorein, j.&en finccUeduventri-
culcydela vèflSie’&dcsvciaesj -ir
De là on peut recucilhî qfiatre fortes de chair : 1, La
!pftfcȔetif& que appelle fouucnt fibreufe , qui elf
mollei&Tiongc,'&) tft:direproptemcnT chair. C’eftpour-
quoydans Icnomdechairfignific leplusfûUf
Préfacé. ^
tient Ift mefmc cKofe qüc ccluy de mufcic. z. La Vifeereu-
Je ou celle des vifeeres qn Erajtfirate appelle parenchy¬
me ou afFiifion de fang, àcGalieH chair fimilaire & fîm-
plc , qui fouftient & affermit les vaiffeaux des vifeeres,
remplit les erpacesvuides,& fait l'adion. j.
neufe ou la fubllance charnue de chaque partie membra .
neufe, comme celle de rœfophage, du ventricule, des in-
teftins, de la matrice ÔC de la veflie. ^XzghttilHlcufey qui
fert I. pour appuyerles<’iuifions des vaiffeaux, & a.pout
emboire les humeurs fuperflue's, parce que les glandes
font dyne nature fpongieufe &rare. Ceft pourquoi on
appelle vulgairement les Emondoircsdela tefte, celles
^ui font au col : du cœur celles qui font fous les aiffelles;
éc du foyc, celles des aifnes. 3. pour rendre le mouue-
mentplus facile cnhumeâ:antles parties,& pour empef-
cherlafcichereffé: celles de la langue, du larynx, &dcs
coins des yeux, ^eXont de cette forte.
Nousreduirons le nombre des parties fimilaires ace- nombre
luy de dix, à fçâuoirl’osjle cartilage, le ligament, lamcm- desfurtitt
branc,lcs fibres, le nerf,rartcre,la veine,la chair, la peau. fimiUires.
Dcfquelles les vnes ne paroiffent fimilaires qu’à nos
fens feulement , corne font les veines, les arteres, les nerfs
( quelques vnsadiouftcntlc mufclej les autres font fîm-
piement fimilaires. Arifiote a eu raifon d’enfeigner que
les veines, les artcres,les nerfs, les mufclcs ne font pas vé¬
ritablement fimplesL. Carie mufcle eft compofé de chair,
de fibres & de tendon : les nerfs Icfont de la dure & de la
pic mere èc de la moelle : les arteres de deux differentes '
tuniques ; les veines d’vnc tunique ( mefmc de fibres fé¬
lon quelques vns) & de valuulcs. L’os, le cartilage, le li-
gamcntjla membrane', lesfibres, la chair , & la peau font
vrayement & fimpiement fimilaires. [C’eft en vain que
xl’autres mettent en ce rang les vreteres & l’air des oreil¬
les, car I. ils ne font pas parties communes au tout,
mais propres à certaines parties, a. L’air des oreilles
cftant vn efprit que la nature y a mis , U ne doit pas
cftrc conté entre les parties folides.]
g Préfacé''.
Il faut remarquer que toutes ccfpartles jfbnt appellees
communément oiifpermatiques , ou fanguines , ou mix-
©«Vî et Spermatiques font celles qui font faites de la fe<
fartii'çftr- menccjàfçauoirleshuid premières qui eftans coupées
matique} ne ferengcndrentiamais, & ne fereuniflent pas véritable¬
ment, mais par le moyen d’vn cal, à caufe du defaut de la
matière & de là vertu efficiente , qui demeure comme af-
foupie apres la conformation des parties. Les parties
efl.ee fanguines ou charnues au contraire fe regenerent, parc®
fut punie comme l’on croit, elles .font faites de fang de mefma
jangumi} chair. La peau eft vne partie mixtCy dont nous par*
lerons auLiurei. chap.i..
On veut communément que k femencc & le fang
foyentlcs deux principes vniuerfels de noftre génération,
de forte que la femence tient peu du principe materiel, Ô2
beaucoup de i’efifedif , & le fang au contraire tient plus
du materiel, & moins de l’effeétif. On dit auffi que les
premiers filamens quifont commel’ellaim,rontfaitsdela
fcmence, & quelcfangy cftant refpandu,.fert comme de
la trame. ' Nous auons enfeigné dans nos controuerfes
Anatomiques, le véritable fentiment que l’on doit auoir
contre cette opinion vulgaire.
§u'efl-ee Les parties compofées ou difsmtlaires font celles qui
fue partie pcuuent eftre diuifées enplufîeurs parties diflcmblables,
difimilai- commclamainen OS, enmufcles, en veines, maisnon
' pas en d’autres mains . Les diffirailaires font appellees
membres par les Pkilofophes ; On les nomme auffi oi-
parties Or- dinaiiement parties Organiques ou inftrumenteles. Il y
gmifues. a pour le plus fouuent en chaque organe quatre- fortes de
parties. Par exemple dans l’œil il y a i. la partie qui fait
l’adion àfçauoirla vifion, qui ell l’humeur cryftallincr
a. Celle fans laquelle elle ne fc peut faire, comme le nerf
optique, j. Celle par qui eltefe fait mieux , comma font
les tuniques & les mufcles des yeux. 4, Celle qui confer-
uel’aétion, comme les paupières, mais parce que les
parties diffirailaires font plus ou moins compofées nous
les diftinguerons en quatre degrez. 1. Il y en a delîmilai-
res
rcs aux Cens , comme le mufclc, la veiné , & l’artcre^ ï . Il
y en a qui font compofées de celles cy , & des autres fîmi-
iaires comme le doigt. 3. D’autres qui le font des fécon¬
dés, comme la main & te pied. 4. Et d’autres en fin des
troifiefmesjcomme le bras.
Pour venir à la diuifion du corps humain en fes plus
grands membres, les vns le diuifent en la tefte, la poitrine,
le ventre & la vellîe; les âmtes comme Arifiote,R(tf us &
Oribafe en la tefte, le coI,le Thorax ( fous le nom duquel
ils comprenent le ventre inferieur J les mains & les iam-
bcs.' D’autres enfin le diuifent bien mieux en ventres &
en extrémités.
Les ventres font des grandes cauités, où loge quelqu’vn h» plut
des nobles vifeeres. Comme il y a trois principaux mem-
bresjily a auffi trois ventres : V Inferieur que les Latins *
appellent Abdomen , qui contient le foye &les parties muin.
naturelles: he Moyen, i fçauoir le Thorax où logent le
cœur & les parties vitales. Le Supérieur » ou la tefte, où
refident le cerneau & les parties animales. Les Éxtremi^
tez.<^ ont cfté données pour vne plus grande commo¬
dité delà vie, font les mains & les pieds.
Suiuant cette diuifion nous ferons quatre Liures;
Le 1. traitera du ventre inferieur : Le IL du moyen :
Le III. du Supérieur ou de là tefte : Le IV. des extremi-
tez. Quatre Traitcz'refpondront à ceux cy: Le Premier
fera des veines, qui naiftent du foye dans la cauité infe-
rieurej Le Second des artères, quifortentdu cœur dans
la moyenne : Le Troifiefme des nerfs qui prenent leur
origine du cerueau, félon l’opinion commune. LeQiu- tex..
Uiefme des os , qui fe trouuent la plus part aux extreini-
tez J comme les os eftans vnis font vn corps de leur af-
femblage,le mefmepouuons nous dire des veines, des ar¬
tères & des nerfs.
On trouue dans Fernel vne autre diuifion du corps, niuijîon du-
mais qui n’a point d’vfage que dans la Médecine. Il le /"*“
diuife en régions publiques & particulières. Il appelle
particulières le Cerueau , les Poulmons , les Reins , la ^
lo Préfacé,
Matrice , é'C. Pnhli^ues ou communes celles qui font
cftenduës par tout le corps, qui font trois: i. la veine
porte, Ôc toutes les parties à qui elle pourucoit par fes ra¬
meaux: la 2. commence aux racines de la veine caue, &
finit aux veines déliées, deuant quelles foyent capillaires:
la 3. comprend lesmufcles, les os, &la malTe du corps
terminée par la peau. On purge la première région prin¬
cipalement parles inteftinsj la fécondé par les conduits
dervrine -, &c latroifiefme par les porcs de la peau;
é
tt
LIVRE PREMIER.
Dft njentre inferieur.
'ORDRE de la diffedion veut que £4
l’on commence par ce ventre, parce
qu’eftant l’égout des excremens , il le pour^uty^
faut ofter le premier , de peur qu’il n’ïn-
fede & ne pourrilTe les autres parties, fe^îonpar
Le ventre inferieur cft toute cette ca- ven/re
lût é qui eft feparée intérieurement du inferieur,
thorax par le diaphragme, & bornée par dehors dgearti-
lage xy phoïde, des os du penif des hanches èc du facrum,
des vertèbres, dcs4ombes,& des colles des deux cofteas. rieur.^^
Sa partie anterieure eft appcllée des Grecs £pigafire,ÔC Ses partht
des Arabes Mirackj [lirais ce nom de A>fir4c4,conuient & fes *p-
mieux à ce qui enuclopereftomachaucc les inteftins- ] ptH^fions,
La partie fuperieure de l’Epigaftre fe nomme Hypo-
ehottdre droit ou gauche, [voifin des cartilages des coftes
inferieures J ôc auffi?Ar/»« par les Grecs , & Iracordia
par les Latins.
La moyenne région eft appellce Fmhilicttk. Ariftotc
nomme fes parties latérales LAgheSt C’tft à dire lafches>&
Galient Yi^eneonesy c’eft adiré vuides.
La partie inferieure quis’eftend depuis le nombril iuf-
ques au penil, eft dite Hypogaftfe par les Grecs, &
ticulus des Latins, c’eftà dire petit- ventre. On appelle
fes parties latérales , les Iles ou les flancs & les jiijhest
celles qui font au pli delà cuifle touchant le penil, &le
penil cj| au deflus, & fort proche des parties hontcufcÿ>,
couucrt de poil folet, ou dépoli.
' B i)
Toutts Us
parties qui
dotueat
eftrt exa^
minées en
te Liure,
li Llure Premier]
La partie pofterieure du bas ventre efl: ou fuperieiud
qui fait les lombes, ou inferieure qui conftituc les feffes.
Aureftccc ventre eft corapofe de parties contenantes
& contenues, c’eft àdirc internes & externes.
Les contenantes (que les Latins appellent abdomen
du verbe abdo qui lignifie cacher ) font ou communes^
comme la cuticule, la peau, la graille au ec fa membrane,
le "pannicule charnu , & la tunique propre de chafquc
mufcle, o\i propres i comme lesmufcles àcY abdomen ôc
le péritoine.
Les parties internes ou contenues feruent ou à la nu¬
trition, ou à la génération. Celles qui feruent a la nutri¬
tion, font les vnes pour la chylification,en qijelquefaçon
que ce foit, comme le ventricule, rcpiploon,le panercus,
lesinteftinsaueclemefentcre: les autres pour la fangui-
fieation,comme les veines mefaraiques, ou les veines la-
âéesj la veine-porte aueefes racines, laveine-caueauec
fes ruines, le foye, la veflie du fiel ,* le canal de la bile , la
bilcjlaRatte auec ce vaifleau que Ton appelle communé¬
ment Vasbreuet & auec les veines bemorroidales , les
reins, les capfulesatrebilaircs, les vretercsôc la veflie.
Celles qui font ■ deftinées à la génération font propres
ou aux hommes , ou aux femmes. Celles des hommes ,
font les vaifTeaux fpermatiques, les corps variqueux ou
les paraftates, les tefticules, les vaifleaux deferens , les
proftates, les veATies feminaires, la verge, Celles des
femmes font les vaiflTeaux fpermatiques , le corps vari¬
queux & les tefticules , les vaifleaux eiaciilaioires, la ma¬
trice aueefes parties,
On confidere aufli enTenfant tandis qu’il eft dansla
matric-efles vailTeaux vmbilicaux , les tuniques qui cnuc-
lopent le fœtuSi^c, dont nous parlerons en leur lieu.
*Dh rzjentre Inferieur. ïj
CHAP ITRE L
De U Cuticule.
LEs Grecs nomment la Cuticule Epiderme : Quel- .
qucs vns la première peau , & d’autres vne afïlorai- ^
fon delapcau &faGouucrture. C’eft vne pellicu¬
le priuée de vie , de fcntimcnt & de fang , déliée , denfe,
formée des vapeurs huileufes, grolïieres & vifqueufes
condenféespar le froid externe, & deftinéc pour couurir
la peau.
La matière dont eft formée la cuticule, n’eft pas la fe- Si la /«-
mence : Car i.ellen’eft pas partie du corps, z.ellencre- menceeft
çoit point de nourriture. 3. elle fe régénéré aifément, ^*ttere
apres qu’elle eft perdue, en frétant ou en frayant , ou par
les veflies que caufent le feu & l’eau bouillante, au ' ‘
lieu que les parties fpermatiques ne fe renouuelknt ia-
mais quand elles font vnefois oftées.
Elle ne tient pas aufli fa matière du fang. i. Parce que Ouïe fang
toutes les veines finiftent deftus ou dans la peau. z. elle
n’a point de fibres fpermatiques , qui feruent pour ap¬
puyer & fortifier toutes les parties languines. 3. elle fe
rend elpaifleenteux qui font détenus d’vne longue ma¬
ladie & qui font tabides. 4. Eftant coupée oudefehirée
elle ne iette point de fang. 5. &c n’cft point rouge, ^c.
Elle ne s’engendre pas non plus des excremens de quel- O» !*< ex-
queco6tionquecefoit,nideceuxde la première ou delà cremens de
fécondé coéfcion , comme de la mâtierefecale , del’vrine
ou de labile , ni de ceux de la troifiefme qui font trois ;
le I. vaporeux &fubtil, qui s’exhale : lez. délié àla vérité,
mais phjs’folide & aqueux , comme font les ichorofitez,
les humeurs fereufes qui par leur acrimonie & afpreté cm-
pefeheroientpruftoft la génération de la cuticule, ou la
rongeroient apres fan.'uUance ; le 5 grofficr, plus gluant
qui s’attache, .comme les ordures que Picolomim &
Titolemini
d» Luh-
^ens rtfn-
Sa vmye
&acMufief.
ficmte.
74 Dt* mentre inferieur.
du LdureMscÇilmcntCc cic(reicbcr,& puis fc changer en î»
cuticule. Ce qu’ils monftrcnt par les ordures qu’on ofte
dans les bains, en raclantlcs plantcs.des pieds. Mais fi ce¬
la cftoit , la cuticule fe perdroit par ce moyen dans les
bains» ^ _
Sa matière donc cft vn autre excrement, afçauoirvne
vapeur huileufe, grofliere, gluante, &: humide ( car le
poil refait des cxhalaifonsfeiches) qui exhale de la peau,
&dcsmembrcsqui font fous elle. Ainfî voyons nousen.
la bouillie vne pellicule, qui fe forme des vapeurs qui
montent , & qui font puis apres condenfées par le froid.
La cuticule fe forme en partie dans la matrice auec la
peau ,& en partie dehors» Da»s lamatricâ} car i. elle y
reçoit les premiers linéaments , & les commencemens,
de mefrne que les dents, le poil, les ongles, nüfcetfis.
%. La peau feroit moite fans la cuticule,&ilcnexuderoic
quelque humeur, aueccuifon, cÔme ilarriue aux efeor-
cheurcs, & en l’application des Vefîcatoires. 5. L’expe-
rience monftre que la cuticule cft quelque peu apparente:
aux auortons , qu’on peutfeparer par quelque liqueur qui
ait la vertu de l’enleuer. Mais elle eftdans la matrice fort
tendre, & très. molle , ébauchée feulement, àcaufe
que la froideur de l’humeur fereufe , qui enuironne le
foetus i n’y cft pas aflez grande. Elle reçoit dehors fa per-
feiftion , ôc fon aceompliitement ^ du froid de l’air , qui la
deftciche , ôclacondenfedauantage : D’où vient que la
peau de tous les enfans paroift rouge au commencement.
Sa caufe efficiente interne & éloignée , cft la chaleur in¬
térieure, qui pouffe les vapeurs àla fupcrficic du corps,
de la mefrne façon que la chaleur du Soleil, caufe les ex^
halaifons. La caufe prochaine éc externe, c’eft la froideur
de quelque corps , comme de l’air , qui l’efpaifTit, &:
lacondenfe. Ainft la bouillie, le laid, & les autres vian¬
des chaudes, fecouurentd’vnc petite peau en fe refroi-
diftant. La feicheteffe de l’air ambient y contribue, en
confumant l’humidité externe, & en reflerrant toute l’au-
txc matière. Or tant plus cette vapeur eft terreftre &, vif-
Lhre premier. jf
queufc , tant plus ce qui en cft engendré en deuient
folidc.
Son 'yy^^eeftdcdeffendrcla peaui C’eft pourquoy el-
Iceft vn peui/»rtf , & ncantmoinsforcw/^ce , & tranfpa-
tente , comme les pellicules des oignons, de peur que fî
elleeftoit plus efpailTe, ellen’empefchaftla peau de bien
feniir. Le trauail la rend quelquefois callcufe aux pieds
& aux mains.
Elle cft , Sc plus ferrée que la peau: D’où vient
que les puftules aqueufes paflent la peau , & s’arreftent à
la cuticule. Elle n’eft pas pourtant trop efpaifte , de petu:
qu’elle n’empefehe la tranfpiration du corps. La nature
l’a ainfi condenfee, non feulement pour deffendre les par¬
ties quelle couurc , mais auflî de peur qu’il ne fc fafle vn
trop grand écoulement des vapeurs , dujfang y des efprits
& de la chaleur. Car elle couurc les orifices , & les ex-
tremitez des vaifleaux. C’eft pourquoy ceux qui n’ont
point cette cuticule, viuent auec douleur & incommodi¬
té, comme nous en auons vn exemple remarquable en la
perfone de Louis Roy de Boheme de Hongrie » duquel on
dit aufli qu’il blanchift des l’enfance.
Elle eft blanche , & par confequent d’vn tempérament: eeuleur:
froid & fec, & du tout prittée de fang.
Elle eft vnique , n’ayant iamais efté trouuéc double,
qu’vne fois feulement par Aquapendente.
Quant à fa connexion , elle eft fi fort adhérente i la peau, come-
tandis que l’homme eft en vie , comme fi elle luy eftoit***"^-
continué. On a pourtant remarqué qu’il y a eu des hom¬
mes, quilaiffbient leur cuticule, comme lesferpens font
leurs defpoüillcs , ainfi que Félix Platerus le dit de foy-
mefmc. Celle du eft adhérente à la chair, & non
|)asàlapcau.
Lime 'Premier.
c’ejî
^ut Ptêu ?
Vicolomini
tfl réfuté.
^elletflU
matière de
Upeanfui'
uant G4~
lie» ?
h.iBote efl
refuié.
chapitre II.
De U n^eau.
Le s Grecs appellent la Peau Demdy qui fcmble dc-
riuerdc Defmay quifignifie lien. C’eft lacouuerturc
commune du corps: ou bien , c’eft vnc membrane tem¬
pérée, engendrée delà femence , par vne faculté propre,
afin qu’elle ferue d’organe àTattouchement, 6c de deffen-
ce aux parties de dcllbus.
On l’appelle membrane , non pas fimplement, mais
comme vne membrane d’vne condition , 6c d’vn tempé¬
rament tout paj:ticulier. C’eft pourquoy Picolomini a eu
tort de vouloir que la peau foit fimplement vne membra¬
ne delà mefme condition que les autres. Car la Peau cft
plus efpaifte,. elle a vncfubftance propre, ôc cft tempé¬
rée.
Cliques vnseftiment , que la femencc 6c le.fang bien
méfiez enfemble, font'la matière de la peau, afin qu’elle
tienne delà nature de la chair ôc du nerf. C’eft pour cela
que (jrf//V»dit, que c’eft cômcvn nerf qui a du fang. Il faut
remarquer qu’il ne l’appelle pas ny nerf, ny chair, mais
comme nerf, efre. Car il la compare auifià vne membra¬
ne , parce qu’en quelques lieux clic peut s’eftendre j Elle
a le fentiment fort exquis , Ôc cft blanche.
.Arifiote a creu que la peau eftoitcompofée de la chair,
deflcichéeôcenuieillic. Mais fans raifon, puisque la peau
(è fepare aifement des parties , qui font au deflbus d’elle,
6c qu’entre la chair, ôc lapeauil y a de la graifle, ôc vne
membrane , ç^c. Fernel eft aufli à reprendre , lors qu’il dit
que la peau de la face eft vne portion plus feiche de la
chair fubiacente, parce i. quelle fc peut feparer de la chair,
a. qu’il s’y fait des cicatrices de mefme qu’ailleurs.
Les vnsdifent qu’elle fe forme des extremitez dilatées
des vaiflèa ux, ôc fc fondent fur ce qu’elle a vie ôc fenti¬
ment
Du rventre inferieur^ jjr
ment pair tout, & que ces extremitez y vont aboutir. Mais;
cclafe peut dire aufli de toutes les parties.
Les autres en fin voulans qu’cllc Ce fafic des nerfs leo
plus mois qui font rcfpandus lur lafupctficic du corps, ôc
du fang qui s’y attache . Mais cette opinion n ’eft pas
meilleure que la precedente.
La peau cft donc compofée de la fcmcncc en vne quan- 14 mutitre
titémcdiocrc,&d’vnpeudefang.quifert àl'augmenter. Ae Ufem.
La femencc neantmoins femble y entrer en plus grande
racfurc. Cair la peau cft blanche naturellemét, bien qu el¬
le change félon l’abondance de>s corps & des humeurs
qui font au delTous d’elle , prenant la teinture de l’hu¬
meur qui domine. G’èft pourquoy les fanguins font rouw
ges , & les ideriques font iauncs ou noirs ; la peau eft
pluftoft rougc,fi la chair eft defibus, &fî lagraifle y efl^
elle en deuient blanche.
C’eftàl’efgarddela femenee que lës autheurs difent
que la peau ayant efté bleflee, ne fc confolide pas , mais
qu’ri fe fait quelque chofè de femblablè à la peau par le
moyen du fang en la cicatrice, quife forme d’vne chair
comme brufiéc & dcifeichée. f On a, pourtant remarque
que la peau des enfans eftant blclTéc, fc rengendre , com¬
me tcfmoigne SpigeiiuSi à caufe qu’elle eft humide &
remplie d'vne humeur gluante. ]
Voila pourquoy puis que la peau cft d’vne fubftancc
comme membraneufe (froideôc feiGhc)(5c charnue (chau¬
de & humide ) elle fera temperce en toutes fes qualité®:
premières & fécondés , afin qu’elle puiiTe bien iuger de
routes.
Sa caufe cft vnc vertu particulière qui engen- S4 eattfi '
dre la peau, que l’on peut appelkr cutifique, comme cette
vertu qui forme vne partie fimilairc differente des autres
cft appelléc offifique en l’os, Sencruifique au nerf,
Gcttc vertu eftant cachée & comme diuine, on ne peut
fçauoir comment elle fait les nerfs & les os, (ÿ-c- d’vno
mcfme màticre delà fcmcncc;
Sau aCiioH ftélique & nccelTairc à tout l’animal ,
ï5 Liun Premier^
di’eftrerorgancdcl’attouchcmcnt. Car encore que tous
lesoigaj^esdesfensfoient parties difTimilaires, ilyatou.
tesfois vne partie fimilaire qui eftia principale caufe de
Tadion , que doit faire tout lorganc. Par exemple , la
main eft bien l’organe de l’attouchement , mais cette par¬
tie de la peau qui couure la paulfne des mains & la plante
des pieds, l’eft principalement, parce quelle eft fort tem-
pcréeàraifon des qualitcz premières, & par confequent
aufli àl’efgarddesfecondes, àfçauoirenmolleflejcndu-
rctéjen efpailTeur, cn.tenuité,^^;.
Son vfagt. Son vfage eft de couurir le corps , c’eft: pourquoy fafî-
gure eft ronde, longue, pour s’adiufter aux parties qui
fontfousellej C’eft pour cela aufli qu’elle a efté mife au
dehors, C04nrae auffi parce quelle eft comme l’emondoi-
ce de tout le corps. [ Les Phyfiognoraiftes donnent vn au¬
tre vfage à la peau marquée de lignes , qui par elles & les
monticules de la main, & par les lignes des planètes ôcles
accidentaires du front, fc méfient de prédire la bonne Sc
mauuaife fortune des hommes.]
S.ej perts. Elle eft percée en diuers endroits pour donner entrée
&fortieauxchofesnccefraires. Ses trous font les vns ap-
parens ou fenfiblcs, corne la bouche, les oreilles, les na-
rines,^f. les autres imperceptibles^comme les pores qui
fe voyent l’hyuer , lors qu’on dcfcouure le corps tout â
coup. [Car alors la cuticule relftïmblc la peau d’vne oye
plumée. C’eft parle moyen de ces pores , qu’vn certain
RoydesPetfes ( s’ilfaut adioufter tby àOribafe J fc fer-
uoit de la peau des homes au lieu de nos chaflis, ] Ils don¬
nent fortie aux excremens Si aux fuliginofîtcz,& entrée i
l’air d’alentour, [mefmes à quelque portion du fuc des
emplaftrcs appliquez extérieurement dans vne longue
abftinence , fi au moins nous deuons croire les Obfer-
uationsde Zacutus Portugais.]
Elle eft fixfois plus erpaifTc que la cuticulc,&: plus min¬
ce que celle des autres animaux, [line faut pas iugerdo
rcfpaiffeurdc la peau, parce qu’elle a , lors qu’elle eft
^ s’cfpaiflit beaucoup
T>u> Sentie ïnferîeurl jJ
par ce moyen. Elle deuient plus legerc apres celi; car fc-
lonl’obferuation de Lofelius , elle ne petb cftantapprcftco
que 4. liures & demie poids de marc. ]‘Ellc eft molle,
& dVn fens exquis j mais plus molle & plus rare au vifa-
ge , à la verge & à la bourfc : Elle eft plus dure au col , aux
ïambes , aux plantes des pieds , & au dos. Celle des bouts
des doigts tient le milieu entre la dureté & la mollefle. La
peau delatefte eft fort efpaifle (tefmoin Anftote qui eft
cité à faux par Colomb ) celle du col l’eft moins, celle des
coftez eft déliée, d’où vient le chatouillement : celle de la
paulme des mains , l’eft dauantage, & celle des leures
l’eft par delTus les autres, Les enfans l’ont plus deliée &
plus poreufe que les adultes, & les femmes plus que les
"“iîommesj Elle l’eft plus en vn pays chaud , qu’en celuy
qui eft froid, •& en Efté qu’en Hyuer, d’où vient que les
peaux efcorchées des animaux retiennent moins leur poil
en Efté qu’en Hyuer. [Elle eft aulîi fort diuerfe félon la
diuerfîtédesfubjcts,fe trouuant en quelques vns d’vne
denfiré, & efpaijOTeurfi merueilleufe, fi nous en croyons
FetmsSermus , que deux femmes Negres pouuoient tou¬
cher, porter, contenir, & prefque cfteindre auec leurs
mains des charbons ardents!*]
Quant à fa connexion, elle fefepare aifement des par- S/i ctnM-
ries qu’elle couiire aux ventres moyen & inferieur , aux
bras & aux iambes, mais non pas ailleurs, à caufe de la
membrane charnue, à qui elle eft liée par le moyen des
fibres ôcdesvailTeaux , comme à la plante des pieds, & à
la paulme des mains, où elle eft eftroitemcnt attachée,
afin qu’elles puiffent empoigner auec plus de force. A
peine aulîi la peut-on fcparer de la chair du frôt,&prefquc
de toutlevifage , mais principalement de celle des oreil¬
les & des leures , à caufe des tendons & des mufcles en¬
tremêliez, & particulièrement de celuy qu’on appelle le
large.Elle eftmobileau fcont,[& furie derrière delatefte
en quelques vns , à caufe des mufcles particuliers,] Se im¬
mobile par tout le refte du corps.
Lapeauareceu des communs pour la nouc-
Ci}
io Ume^temier^
tirarejft vie&lerennmcnt, à fçauoirdcux veîttes cutâ*
nées àlateile ôc au col, des jugulaires ; deux aux bras , au
Thorax , &auk dos, des axillaires ; Et deux autres desaif-
nes au ventre inferieur, auxlombes, & aux pieds, qui
paroiffentauec pluficurs rameaux aux femmes , apres des
eouches difficiles, & en ceux qui font variqueux. Elle a
fCMeC^neres , & biendeliées, aux temples , au front , aux
doigtSjàlabourfe, &àla verge. Elle ne reçoit point de
fjerfs , qui ferpentent par fa fubftance , mais il y en a beau¬
coup qui vont y aboutir, comme a creu Galien. lo. Vejlin-
gim premier Anatomifte de Padouë , aircurc ncantmoins
que des petits rameaux déliez fc traînent pat la peau.
CHAPITRE IIi;
Df h Graijfe.
La graifle eft vn corps fimilaire , qui n’a point de vie,
faitdVn fang onébuenx, efpaiffi par la froideur des
membranes , & quifert poqr la deffence detoutic corps.
Lsdiferen. Les Grecs la nomment P/«?e/<r. a mal traduit ce
te entre tnotpar c’elVà direfain ou fuif. Caria graifle eft
^ chaude & humide , comme Tair de la nature duquel elle
tient beaucoup ; Elle fe trouue dans les animaux humi¬
des. Lachaleur la fait fondre aiftfment , & le froid la fait
prendre auec peine. Elle n’eft pas friable , mais lafehe &
molle. Au contraire le fuif fc fige incontinent , & fe ref-
fout difficilement ,
‘'Elle it’efl ;La graifle à proprement parler, n’eft pas partie , mais
pas partie. humeur, finon qu’on la veuille confiderer
aiiee la membrane, comme Galien fait fouucnt.
Elle eftenrhommc,enrrelapcan&Ia membrane char¬
nue, & aux beftes fous la membrane , qui meut la peau.
Les parties à qui la graifle pouuoit cftrcou inutile, ou
c»”*” incommode en les empefehant de fe plier & de s’eftendre,
n’en ont point du tout , comme le ccrucau jlcs paupières.
Du "centre inferieur, 5ï
la verge, labourfe , & les membranes des tefticules. Elle
cft dure commelt fnif , 5c paxfeméc de fibres , 5c de peti*-
tes veines , principalement aujt pawLe^^vri fc meuuejnt
auecplus dc force, comme en la paulme des mains ,6# ayx
€eges internes des doigts, ( car il y- a U beaucou p de ten^
dons, de nerfs & de vaHïèaux , quiontbefoin d’eftrehu-
medez ) en la plante des pieds , 6c principalement au ta¬
lon. Elle cft plus molle en d’autres parties, defquclles
Dousparlcrons en leur lieu.
[CaciîimFolm a eferit nouuellemêt que;la mat'teredeU
graijfe eü vn fuc ladlée , oulaportion plus graCe du chyle,
ôc que les os s’en nourrrlfent. Toppofe à cette opinion ce#
railons i. Que ceux qui mangent des viandes gralTes, ne
deuiennent pas gras incontinent, i. le chyle n’cft
pas aftez cui<ft , pour fetuir d la nourriture des parties.
3* Os? les enfans deuroient deuenir gras bien toft.
4- Qulilfautneceffairemcntqucîc chyle (échangé dcqant
qu’il amuc aux parties. 5. Ôlü n’y a aucun conduit de¬
puis le mefentere aux extremitez. Car ce fuc n cft pas fuc-
cc par les membranes, comme croit ce fçauant homme,
ny porté par les glandes. Nonle premier , i. parcequ’el-
les font trop denfes , pour pouuoir fuccer ôc attirer com¬
me dcsÆlcts. a. Elles paroiftroient ttimidcs, de pleines
de cette humeur huileufe en la diffGétion. Non le (ècond
I. parce que les glandes ne font pas continues aux parties
grafles. 2. qu’elles ne reçoiuent pas vnc humeur viilc,
mais les excremens , 6c que mefmc elles abondent en
humeur blanche Ôcpituitcufe,ôc non pas gralTe. 5. Nous
remarquons que plufieurs animaux deuiennent gras fans
Il cft donc vray que le /k»g , fclon le commun con- Mais U
fentement de tous , cft fa matière- C’eft ce qui a fait
dire à Arifiote que les animaux qui n ont point de
fang , n’ont point de grailTe ou de fuif ; Mais c’eft
vn fang efpuré , ôc parlSitemcnt cuit , fubtil , aéré &
huileux. [IlrelTcmblc à lafubftance butyreufe du laiâ:, ÔC
ila matière huileufc de la fcmcncc,] quoy quen difent
Lture^remleP^
JPermléi Colomb. Lors que la graiffe fe fait de ce fang huîJ
leux , il fe dilTipe beaucoup de chaleur. D’où vient qu’^-
tiflote a dit; qae ce ^ui eficofidettfe par le froid j perd beau¬
coup de chaleur , & ailleurs : ^ue les matières tiennent
du lieu ou elles font.
la gfaifft C’cftpoutqudyla nature de la graifle eft vn peu plus
*fi plus fret, froijje que \q f^ng - Elle eft neantmoin s chaude en vn de-
gré modéré. Car i. eftant appliquée par dehors elledi-
modirtmet gere , rcfout ôcdiffipc. 2. Elle eft la partie plus fubtilc &
thaude, plus huileufe du fang. ^.Elle prend feufort afifénicnt.4.au
dedans elle augmente la chaleur, comme la coeffe aide la
eoétion du veritricule, çf’c.
D’autres cftiment qu’elle eft froide j parce qvijiriftote
dit , Que tout ce qui fe condenfe par le froid , & fe reloue
par la chaleur , eft froid. Or eft-il que la grailFc fe con¬
denfe par le froid.
Il faut refpondre que la graille eft froide, àl’cfgard de la
chaleur, qu'elle auoit lors qu’elle eftoit fang. D’ailleurs
\c.mdinc Arifloie nous enfeigne, que ce qui fe condenfe
par le froid, & qui ferefoutaifement par la chaleur, n’a
pas perdu beaucoup de chaleur.
S» eaufe S^ czüCe efficiente t ou qui eft ync chaleur tem-
tgtetentt. pcrée,& humide , qui eft le principe de toutes les co¬
dions. La caufe efficiente de fa condenfation , eft la froi¬
deur des membranes (de qui elle prend fa couleur blanche.^
l’entens vne froideur non pas fimplc & abfoluè' , mais rcl-
pcétiue , ou par c&mparaifon , comme i’ay dit, qui eft
ncahtmoins fulfifante pour efpaiflîr cette partie huileufe,
qui eft comme la fucur du fang. Tout de mcfme que lo
plomb fondu fe prend aulîi-toft qu’on le tire du feu , bien
qu’on leiette en vn lieu âlTez chaud, pourueu qu'il ne le
cemment ^0“ tant que le feu . 11 faut remarquer que la grailTc
fe fait la ne fe peut figer que par vn certain degré de froid; car tous
graip. effets neprocedent pas indifféremment de toute forte de
caufes. Auflî ne s’engendre elle pas en toutes les parties
du corps. ^ Galien &c quelques autres fçauans perfonnages
ont ettime que la graillé fe fait par le moyen du froid , de.
T>u Rentre inferieur^.
forte que ce qui eft gras, Icger & fubtil dans le fang, quife
changecn nourriture dans les corps trop chauds, (c’efl:
pourquoy. les animaux chauds ôcfecs ont peu ou point
de graifle ) fe garde en ceux qui font plus froids, fc conge¬
lant par la rencontre des membranes, apres qu’il eft forti
des veines. Car i.lefang fe coagule decette façon hors Vreuue que
des vaiffeauxjàcaufcdc la rencontre de l’air froid, bien lagruip/t
que fa proprefroideur interne y contribue auffi. P^r le
Z. Arifiete dit, que tout ce que la chaleur refout dclique-^'^"'*'^*
fic,cft condenfé par le froid, comme l'huile.
3. Les animaux plus froidsfontplus gras, comme ceux
qui font chaftrez,les fcmmes,& ceux qui demeurent long
temps oififs fous terre, ll&font tous au0i beaucoup plus
grasenhyuer.
4. Lagraiflè ne vient qu’en des lieuxfroids,c6i1ieaux T>'oh vient
membranes. Ainfi la coefte a beaucoup de grailTc, à caufe
dcfa fubftance membraneufe , 6c qu’elle eft elloignce des
vifccrcs les plus chauds. Car eftant couchée fur les in-
teftins , deflbus la poitrine , & parfemée de pliifieurs
veines & artères , elle en amalTc beaucoup. Il miO: à Venteur
aufsi de la graifle à l’entour du cœur , à caufe du pe-
ricarde qui l’enuironne , quieftvnc membrane froide
& efpaiflc , Sc à raifon de l’humeur fereufe qu’il con¬
tient du diaphragme , qui eft en bas , luy feruant com¬
me d’efuantail , des poulmons qui font à fes coftez ,
comme des foufflctSj ôc du mediaftin, (^ff. les Reins font
demefine couucrts de graifle, parce qu’ils abondent
cxcremensfereux, qu’ils font près de l’efpine, & qu’ils
font couuerts des inteftins.
5. Le couucrcle qui eft fur l’eau bouillante, condenfe
toutes les vapeurs qui montent iufqucs à luy, & il les
change en eau par fa froideur. Ce qui n’arriucroit pas fi
l’air quil’enuironne cftoit extrêmement chaud.
Il y en a qui eftiment que la chaleur eft la caufe de la opinion HT
grailTe , parce que fa matière eft chaude , qu'elle s’enflam- «
meaifement, & que rien ne fc fait dans le corps que par
lcmoyendelacoaion,6cdelachalcur. ^ ^ pi iT
graip.
il JJure Premier,
La reCponfe eft aifée, lî onprendgar<îcâc« quenouf,
Ruonsdit, car nous n’entendons pas la froideur fimple^
ment ôc abfolumcnt, qui caufe les auditez ,.mftis vne
chaleur foible.
Ofinùn D’autres eftiment que refpaiiTeur de la membrane don-
neâlactaifféfaconfiftanccjparccquelepropre deccqui;
eftdcnïc, eftdtcondenfer.
éftjîtl II faut refpôndré que le propre du froid eft de conden-
fer,queIac6ndenfationcftvn effeft du froid , & non pas
de ce qui eft denfe , qui ne peut condenfer, s’il n’cft affilié
du froid', qùi eft vne qualité première : Autrement vne
membrane déliée feroit vne. graifle déliée , &i’cfpaiffeut
dès vâifîeiüx deufoit efpâifsir la matière qu’ils contien¬
nent.
1. Ils nous obiéélent : Qt^e là vapeur qui s?eleuc de
Jèàu boiiillànte , rencontrant vn couuercle efpais, fc
changé éti eau:, bien qu’M foit extrêmement chaud, Ôc
qu’en la diftillation qui fê fait parl’alcmbic, l’àthalaifon,
quifortde kriiafiercdèdeirouS, eftantarreftde & réflé¬
chie par vn'vérré éfpaiS,lé ednoertit en vne fubftahce plus-
efpàifle. Cé que nëusauôns défia dit', peut ferait de ref-
ponfeàccla. De plus, filés vapeurs qui montent par l’c-
bûllitidn, font renfermées dans le vailFcau, de telle forte
que riett n’èn puifife fortir, il êfi necclTaire quedenouueU
les vapeurs montans fucceffiuemcnt & fans cefié, elles re-
preneht leur première confiftance ^ autrement il faudroit
qu’il fefift pénétration des corps. Mais fi elles ont quel¬
que fortie , elles retournent ch eau , à caufe de l'air froid;
quienuironnelccouuerclcde vefre. G’eftpourquoyafin
que la liqueùr coulé & d lbllè plus aifément & plus abon,
dâmmeht, on le refroidit fouuent auec dé l'eau froide.
Aînfi l’air eftaht froid, les vapeurs chaudes qui font dans
vne chambréife changent en eau contre les feneftres, ce
qui h’arriuc paiî quand l air de dehors eft chaud.
3. Us difént, qu’il y a des parties extrêmement froides,
commelécèrueaü.& lés méninges, qui n’ont point
de graille. Nous réfpondons, qu’elles font erpaifles aufsi.
Fabm
Dt^n^entre inferieur, 2-5
jpahmi Pacius vent que la caule de la grailTejfoitla fci- 9^!!*'^
chereffc qu’elle a , à raifon de fes fibres. Au contraire,
i.lagrailFe n’cft point feiche, mais humide, i. Elle na 'fichereffe
point de fibres lenfibles, comme le fang. Vous pouuca
confulcer là defius les Controuer. Anatomiques de feu
mon Pere.
Quelques Autheurs modernes cftiment qu ellcfe fait
par vne forme particulière deftinée à fa génération, qu’ils forme par-
appellent pinguifique, comme l’os par vne forme oflifi- nculiere.
que,^ff. maisils fe trompent fansdoute, I. parce que la .
graille ne vit pas. i. Qu’elle n’a pas vne dimenfion par¬
ticulière. 3. Que le fang fe change en la moelle gralTe
^es os, fans le fecours d’ vne telle forme. ]
Qiwnt à la forme de la graifle , elle n’cft point folide S* Forme.
tandis qu’elle eft contenue dans les vaifleaux, mais liqui¬
de & fluide, à caufe de la chaleur qu’ils contiennent.
[La graifle de fuihdomen a trois veines , à fçauoir l'a Ses Veines.
marnmillaire extérieure qui defeend, l’Epigaftrique qui
monte de la crurale par les aifnes, & pluficurs- veines qui
Portent des lombes. Il y a quelque apparence que les
ventoufcs&lesfcarifications attirent par ellesôt par cel¬
les de la peau, les humeurs du dedans, au dehors.
Elle a beaucoup de pctites^/4»^/«,quircçoiuent les ex^ Ses Glm.
cremens du corps. ] eies.
SoviFfage eft i. d’efchaufifêr comme vn habit, de con-
feruer & entretenir la chaleur naturelle , empefehant par
fa vifeofîté qu’elle ne s’efcoulc, bouchant lespafîâgcs par
fon crpâiffeur & denfité, afin que le froid ne pénétré l’hy-
uer, ni la chaleur durant l'cfté.
%\ Sur tout d’aider la cotftiondu ventricule; D'OÙ vient
que la co'éfFc eftant coupée,il s’y engendre des ventofîtez^
& des rocs, de forte que pour rendre la codion bonne , il
faut couurir le ventricule de quelque autre chofe;
3. De graifler de humcderlespartiesreiches, coni«
me le cœur,
4. De rendre le mouuemcnt plus aifé , & conferuer les
parties, afin qu’elles ne fe defleichent , & ne fe dilatent.
. D . '
i S ' Lme Premiery
trop, ou ne fc rompent. De là vient qu’elle conferue les
extremitez des cartilages, lesioinmresdes grands os, Se
qu’elle eft couchée fous le fiege interne de quelques liga-
nicns,& fous quelques vaifleaux qui vont à lapeau. G’cft
pour cela encore qu’il y a beaucoup de graiffe dans l’orbi¬
te de l’œil, afin qu’elle ne deuienne fciche ôc aride par va
mouucment continuel. La veine coronale du cœur eft
aufli garnie de beaucoup de grailTc , pour refîfter au mou¬
ucment & à la grande chaleur du cœur.
5. Elle fert comme de coilîîn &dc rempart contre les
«oups,Iesmeurtriireures& les comprenons. Ceftpour
cétvfage que la nature a donné abondance de graillé aux
felTes, à la pauline des mains & à la plante des pieds.
6. Ellefe change en aliment en vue longue abftinence
du boire & du manger : Car nous nous nourrifibns de ce
qui eft doux ôc gras , [s’il faut s’en tenir à l’authorité de
Salierty Se de quelques autres.]
7. Elle remplit les efpaccs vuides entre les mufcles, les
vaifleaux & la peau, &par ce moyen rend tout le corps
vni, blanc, mol &beau. C’eft pourquoy les perfonnes
tabides & les vieilles qui n’ont point de graifle , font
laides.
CHAPITRE IV.
ÎD^jr Membranes en général.
De la tJMemhrane charmë, Mem^
hrane propre des Mufcles.
La Membrane charnue eft cnEhommc placée deflbus
la graiffe,& aux fi nges,aux chiens, & aux brebis elle
dlimniediatcmcnt apres la peau. Mais auant que nous
en parlions en particulier, il faut difeourir de la nature de
la Mémbrane en general.
Du fv entre inferieur. if
LcsMembranesont cfté appellécs desGi'ccs hymenes*
rfcjyfowpjjc’eft àdii'C, tuniques &Cme/iingeSy dc des Latins
tcgamenta^ccÇi adiré couuerturcs. La tunique & la mem¬
brane dans vné fignification vafte, fc prenent pourvne
niefmechofe dans Galien, &c les Anatomtftes, Mais pro¬
prement &:cftroitementla Memhane(don eux eft celle Différence-
qui couuue vne partie qui eft dVne grolTeur confiderable, entrcMcm '.
comme le péritoine, la pleure, le periofte, le péricarde, &
les membranes particùlkres des mufcles.
La fe dit proprement des ^ifleaux, comme Tunit^ue.
des veines , des àrteres , des vreteres , Wla matrice, dc la
veflie du fiel, & d.el’vrine>derEfophagc J du ventricule,
des intcftins,& des tcfticules..
Le mot de Méningé eft attribué paiticulicrement aux ^ Menin^
membranes du ccrueaU. o
La Membrane eft vne partie fimilaire qui eft large, pla- Définition
tc,blanche , & qui peut fe dilater , faite d’vnc fcmcnce
gluante & aqueufe, par vne particulière faculté membra-
nifiquêjpour conferuer les parties en les couurant comme
vn habit.
Sa Ftfrwff Gonfifte en rcgaîité dc la fupeificie & en ce Sa Forme.
qu’elle eft déliée, Icgere , de peur qu’elle ne les charge
trop,efpai0e & forte afin qu’elle puiflefe dilater.
Son -vfage eft, i.enreueftant les parties de lesdeffen- Son Vfagi.
dre par fa dureté & par fon efpaiffcur , & d’eftre Lorgane
derattouchement j Car c’eft par le moyen des membra¬
nes que les parties fentent, & elles font fi neeefiaires que
la nature en a donné à chaque partie. 2. Pour fortifier les
parties. ^.Pourcrapefcherquelefroidne les ofFcnce,&
que la chaleur naturelle ne s’exhale. 4. Pour vnir & lier les
parties les vnes aux autres, Ainfi le Mcfenierc attache
les boyaux au dos. Pour fermer les orifices des vaif-
feaux, pour empefeher lcfitlx&: le reflux des humeurs.
Comme dans la vcflîe,à l'implantation des vretetes, dans
les ventricules du cœur,par le moyen des valuules. combien il
Il y a deux fortes dc membranes, les vnes cfpaiires& les „
autres déliées. Entre les dcliéesjks vnes le font plus que tes de me-
D ij hrants.
Liure Premier]
les autres , comme le pciioftc des coftes plus que la plè¬
vre, le perioftede la tefte que le pericranc, & la pie quck
dure mere.
La CrAjfe ou efpaife eft vue Membrane charnue, qui
n’eft pas cfgale par tout, car elle cftplus cfpailTe au cul.
C’eft de cellc-cy que nous allons parler maintenant.
^tïU en Le PaHnicffle charnu, 0\.\h Membrane charnue , eft ap-
U Mm- pellée des vns mufcle membraneux, &: des autres pânicu-
braneehar- |gncrueux 8c adipeux, (ÿ-c. Il eft dit charnu, parce qu en
quelques endroits il le change en chair raurculeufé, &
qu’il Icmble vn niiifcle dans les animaux qui meuucnt
toute la peau par fon moyen : le leur eft renforce de fibres
charnues, principalement à l’endroit du col, parlemou-
uement duquel ils chalent les mouches. Celui de l’hom¬
me eft immobile partout,fmonau front, [refale ScTal-
uerda rapportent neantmoins qu’il y a eu des hommes
quifronçoient la peau àlapoitrine,audos &:ailleurs,tout
de mefmc que les beftes de voiture, Ceux là auoient fans
doute ce pannicule de la mefme.conftitution que ccluy
des beftes.] Celuy des enfans nouuellcment nezreflcm-
bleàlachair,àcaufe qu’il a beaucoup de rang,& ccluy des
adultes à yne membrane, à caufe qu’il fefeiche conti¬
nuellement. Si on en faifoit vne exade fcparation en
quelque perfonne , on trouucroit qu’il eft compofé de
quatre membranes diftmdes. [Spigelius & quelques au¬
tres auecluy prenent ces fibres membraneufes, qui (ont
par tout entretiflues dans la graifle, pour le pannicule
charnu.]
itn Vfage. Sonvfaget^ i. de fortifier les parties voifînes, de cou-
urir& dcffcndretoutle corps, d’où on peut cognoiftrcfa
Jtmatien, parce qu’il enucllope tout le corps.
2. De contenir & d’embraficr lagraifie , afin qu’elle no
s’efcoule , & ne deuicnne liquide par le mouucment xon-
tinucl des mufclcs.
3. D’appuyer lesvailTeaux qui rampent entre la peau &
cette membrane. Car il cd attaché à la peau par plufieurs
veines , . & peu d’artcrcs, par les rciettons des nerfs , ôc les
Du) Rentre inferieur. 29
'fibres tnembraneiifcs, & aux membranes des mufcles qui
font dciTous , parles fibres plus deliees. Il n’eft donc pas
vray, que la graifle cftant confumée par vne longue ab-
ftinence, la peau n’eft pas autrement vnie aux mufclesjquc
I habit au corps. II, cft cftroitement adhèrent au dos, com-
meyne membrane, C’eft pourquoy on dit qu’il yprend ifinedt
fonoriginc j II cft fi fort attaché à la peau , & au mufclc Umembra-
large , en la partie anterieure du col de l’homme , & au charmé.
front, q’uà peine en peut-il eftrc fcparé, & qu’il fcmblc
cftrc partie de ce mufcle large.
Sa yàiper/Çaeeft gliflante du collé qu'U touche les muf- Sa fuperfi-
clcs , à caufe de l’humeur vifqucufe , qui engraifle les
membranes,, afin que le mouuement des mufcles nefoit
empefebé. Il a le fentiment exquis , d’où viennent les friC"
Ibns, quandquelque humeur acre le pique.
La memhrAne propre des mufcles , que quelques vns ^em.
cfoycntnaiftre du periofte, & d’autres fibres nerueufes pre~
des mufcles , eft fort déliée , & eft attachée au mufclc pat t**
des filamens extrêmement deliez.
Sonvfageeft i. de couutir les mufcles, & de lesfcpa-
m des autres. 1. De leur communiquer le fentiment de
l’attouchement.
CHAPITRE V.
Des Mufcles en general.
Le nom de mufcle vient du Grec mys , qui fignifîc va
rat , parce qu’il luy reflcmblc, lors qu’il cft cfcorché.
LcsLatinsrappellentXrfcrrf^^jC. Lézard, à caufe de la
rclTcmblance qu’il a aucc luy. Lafigure des mufcles eft
neantmoins fi diuerfe, qu’on ne peut point leur en alli-
gner de certaine.
Le mufcle eft vne partie organique, & rinftrument du
mouuemcnt volontaire. Car il n’y a que cette feule partie,
quipuilfe rcceuoirrinfluencc de lafaculcé motrice.
D iq
JO Llureh'emkr]
On i’appclle partie, organique , parce qu’il eft compo-
ft I. dechair, 2 d’vne partie tendineufe, ( qui font les,
deux parties du mufclc qui font l’aftion.) j. De veines qui
portent la nourriture. 4. D'artercsquiconferuent laclia*
leur naturelle , 5. de nerfs qui donnent ic fenriment, &
fur toutlc mouuemcnt. Car la vertu mouuante coule du.
cerueau dans les mufcles parles nerfsi [6. De membranes
qui lecouurent. 7. Et enfin de graiifc qui l’humede , afin
qu’il ne fe defleichedans vn trop grand mouuement. ]
[Lès mufcles de tout le corps font eftroitement attachez
entr’eux. Ils s’ouurent neantmoins lors qu’il y a des vents,
desferofitez, ou quelque autre chofe entre eux , comme
en la pleurefie faufiè. Vep^gim nous a raconté que les
mufcles eftoient fi feparez en vn foldat, qui auoit efte
fouetté par les Turcs, qu’en pliant vn peu le corps, ils
fortoient hors de leur place. ]
Ses Nous diuifons les mufclcsen deux parties ,,1’vne char¬
nue, & l’autre tendineufe.
La eft ou vnic oudiuifee.
L'vme eft cette partie qui paroift toute tendineufe >
blanche 6c dure, foitau commencement , foit à la fin , ou
au milieu ^ ou par tout.
Aucontraire, celle qui eft ((//«/yèV eft fendue en plufieurs
menues fibres quiparoiftentàpeine , àcaufe qu’elles font
cfpandu'és dans la chair. On peut neantmoins remarquer
ces fibres tendineufes parmy les charnues, en lâchait cui¬
te de pourceau, ou d’vn coq d’Inde, (fre- Ainfi en quelques
mufcles, fur tout en ceuxdcsiambes d’v;i coq d’Indc,la
partie tendineufe paroift euidemment entière & vnie, de¬
puis le commencement iufques à la fin. Qi^lquesfois le
tendon en l’homme defeend incontinent apres ion origi¬
ne, meflé auccla chair. D’autres mufcles, comme le Del’
toide , ont le tendon vni à la fin , & diuifé au commcncc-
menr. D’autres au milieu, d’autres en fin n’en ont point
du tout.
^ftèndm fentiment , & celiiy d'ués^teape»’
àu mufcit, vn corps continu , dcpuislc commencement iuf-
Du njentre inferieur. 51
qucsâlafici dumufcle, d’vnc nature particulier®, froid,
fcc & engendré de la fcmence , qui cft Ton principe de ge-
fieratioa, comme l’os l’cft celuy de difpcnfation, duquel il
prend fon origine, & auquel il s’inferie. Quelques muf-
«les neantmoins prenent leur origine des cartilages, & t^inci-
d’autres des tendons , ôc y ont leur infedtion.
Il eft appelle tendon, parce qu’il cft tendu comme la Powffwoy
corde d’vn arc. upptllé te».
On diuife auffi le mufclc en commencement, milieu,
Sc fin.
commencement i «« eft appelle par 10 printipe
Galien , & les autres Anatomiftes , ligament , quand il eft ou U te fie.
infenfible, & pluspetitqueletendon,oulafindumu£cle.
Orla telle des mufcles eft le plus fouuent tendineufe, &
rarement charnue. Ceft pourquoy on la peut appcller Le principe ,
tendon auec vérité, &auec autant de raifon que la fin, ou U fin
puis que le plus fouuent la tefterelfemble à la fin en fub-
ftancc , en tenuité, en lucidité, & en blancheur, tendor^
On dit que tous les mufclcs meuuent vers leur princi¬
pe, &qu ils ont vn nerf qui s’infcrc,ouàlatcftc,oupres »'*.■
du milieu, (&enqupIqucsvnsàlafuperfiGiedu mufcle,
& én d’autres en fa l'ubftance,) de forte que le principe du touchent le
mufcle eft, où le nerf s’infere. Ce que Galien fuppofe, principe du
comme vnc réglé infaillible , & dit, que fi le nerf eftoit in- mufcle.
feré à la queue , fon principe y feroit auffi. (Mais fean
VValem Médecin trcs-fçauant , n approuue point cette Gnîien.
xeigle : II eftime que c’eft la mcfme chofe , foitquelencrf
s’infere, ou à la telle du mufcle , ou au milieu , ou à la fin.
I . Parce que cette reigle rend les mouuemens de plufieurs
mufcles plus difficiles, a. Qif elle fe trouue faulfe au muf¬
cle P eéloral, & quelquefois en d’autres mufcles du Tho¬
rax, 8c àe ï Abdomen. 5.Qu]on ne peut redre aucune rai-
fon de cette reiglejear foit que le nerf s’infere au cômcnce-
mentdu mufclc ou ailleurs, les efpritsqui coulent par le
nerf dans le mufclc , luy impriment le mouuement , auffi
bien d’vne façon que d’autre j De mefme que nous voyons
^uc l^r eft poufl'é auffi bien quelquefois par haut,
Ijure Premier^
quelques fois pai bjis, dans les inftrnmcns pncumariqneijr
4. Parce que fi cette reiglc fe trouuc fouuent véritable,
cela arriue par accident, àcaufeque la plus-part, des mulv
clesfc meuuent en haut, & que les nerfs vont de haut en
' bas , c’eft'pourquoy ils ne pouuoient s’ingérer plus fcurc-
ment au mufclc que par haut.] Quelques mufclcs reçoû
uent deux raraeaux des nerfs, corn me le diaphragme, &
d’autres cinq, comme le mufcle temporal.
Le miîUH Le milieu eu mufcle , que l’on appelle le ventre ou le
du mufcle. corps, cftprefquetoufiours plus gros & charnu, le ten¬
don n’cft au milieu qu’en peu de mufclcs, comme en vn
certain mufclc, quiouurcla mâchoire inferieure , & à la
fécondé paire des mufclesdcroshyoidc.
Dequoy U Lâfin OU la ^ueHedu mufcle eft appellée des vns tendoi>,
findu.muf des autres coide, ou aponeurofe. Elle eft tantoft longue
clt eft corn- en rond, tantoft large,, tantoft longue, tantoft courte j
n’y en a qu^vnc, & quclquesfois il y en a
les uutres plufieurs. Ou cftimc communément que la queuë , OU le
Krmtomi- tendon foit compofé du concours des fibres, des liga-
ftes, ments,& des nerfsles plus déliés, qui s’vnifient pour faire
vnmcfmc corps. Car ils veulent que quandlcncrf eft ar-
riué au lieu du mufcle, il fe fende en diuerfes dechireurcs,à
la rencontre dcfquelles vont celles du ligament, qui fe di-
uife de la mefmc façon. Sur ce fondement ils eftablilfcnt.
V. Queletendon afentiment, &quelateftc eftinfenfi-
Si lu. itfte blc aufli bien qu’immobile. Ce qui cfteuidennment faux}
quand le principe tendineux eft piqué, il caufe
ile conuulfions , & des cruels lymptomes.} de mefmc
quefilafindumufclel’cftoit. D’ailleurs la tefte du mufclc
ItnmtbtUî ^y^ut mouuement, elle doit auoir fentiment. Or il eft cui-
dent qu’elle a mouuement, puis que le mufcle fe referre^
&s’eftendàla tefte , fur tout lors qu’elle eft charnue.
a u fin eft a. Que la queue eft plu s groffe que la tefte ,vcc qui fe
^ueUtefle^ «ouuc quelquefois véritable , mais non pas toufioius,
■ comme au biceps , & en d’autres .
3. Ils veulent que le tendon eft d’autant plus mol que
ce qu ils appellent ligament , ou que le principe du muf¬
clc,
ibi* hf entre inférieur 33
fctc i qu’il cft plus dur que le ué^rf. Au contraire le tendon
eft plus dur que le principe , par ce que fouuent il fc chan¬
ge en la nature des os , & des cartilages, comme aux pieds
des oifeaux , ce qui n’arriue iamaisau principe. De plus S< Usntrft
les nerfs n’entrent point dans le tendon. Car A<^tiapen- entreitt das
dente & Riolan ont remarqué en plulieurs difledtions,
qu’eftans entrés dans la chair du mufelc , ils s’éparpillent
en de très petits rameaux, qui vont dans vn certain entre-
làfferaent membraneux , & fe perdent deuanr qu^arriuer
au tendon. En troifréme lieu , comment le nerf qui eft
mol, pourroit-il fe mefler auec vn corps qui eft dur î Enfin,
fi ce qu’ils difent, eftoit vrày , il s’en fuiuroit que la queue
dumufcle feroit fans fenti ment aulîî bien que la tefte,
puis que les netfsne vont pas à la tefte , car le nerf qui s’y
inféré, tend en bas, & non pas en haut.
L' action dumufclet^ le mouuementvolontaire.
Lemufcleatroismouuemens: le i. eft la contradion So» nSlion,
vcrsla tefte; quand ce mouuementfefait,lemufcleop-
pofé fe relafche.Le 2. eft celuy par lequel cftant retiré, il fe
tient en céteftat: II fait ces deuxmouuemenspar foy-mef-
me. Le 3. eft la relaxation, apres la contradion, qui fc fait
par accidét, & par vn autre. D’où vient qu’il y-a toufiours
des mufcles , qui fontoppofez , & comme Ancagoniftes.
Or l’effet de l’adion , ou mouuement du-mufele , qui fe
voit aux parties, où s’inferenticsmufcles, eft diuers, félon
ladiuerfitédes parties. Ladeglution fc fait en l’Efopha-
ge , & la flexion , & extenfion au coude , cre- mefmcs ces
mouuemcns viennent fouuent les vns des autres. Car ce-'
pendantqueles mufcles duThorax agiffent, ils le dila¬
tent , bc le referrent , attirent l’air par mcfme moyen, chaC-
fentlesfuliginofitez , & font la rcfpiration.
Ce mouuement des mufclci eft tantoft appelle volon¬
taire , & tantoft animal , entant qu’il eft oppofé au natu¬
rel, &: tantoft fpontanée aux beftes. Car nons pouuons L< })>ouue-
cxciter , retarder , &: arrefter ce mouuement , comme bon- *”****
nous femble. La volonté de l’homme, ou l’appefit des
beftes en ce mouuement , reflemblc à vn Efeuyer .qui.pi-
' . E
Lluren^remier]
^ue m cheunlMtnetfs à la bride. & les raufcles au chcuaî,!
L'vfage àctoütcs les parties du miifclc, cft femblablc
À ccluy de tous les organes parfaits lia i. la partie prin¬
cipale, qui fait l’adion parfoy. mefinc , àfçauoir lâchait
fibreufe,[rut tout à raifon de fes fibres •. car la chair cftant
coupée .(uiuant leur longueur, fonmouucment n*cn cft
point offencé, mais quand elles font bleflces , le mouuc-
racnt Tefiaulfi. Le plusfouucnt, c’cft le ventre du muf-
dc, qui fe rclTerrc principalement. C’cft pourquoy fi vous
coupeasdetraucrsicmufcled’vn corps viuant , ou mort,
foit au corn mencemcnt , foit au milieu, ou à la fin, il fe ra-
mafle, & s’arrondit, comme l’eau iettée fur terre.] z.La
partie fans qurl’adton ne fe fait pas, comme le nerf; car
les nerfs cftans offenccz , le mouuemcnt du mufclc fc
perd. J. Celle par qui ellcfc fait mieux, & plus ferme¬
ment , commeles tendons & les fibres tendineufes. D’où
vient que les mufclcs, qui font des mouuemens conti¬
nuels ficvchcmens, ont receu des tendons vnis, gros &
apparens. Car ceux qui fe meuucnt feulement euxmcf-
uent ”ifTe( Comme ceux du fondement , & de la vclTic ; ou ceux
fins de fer. quimeuucnt auflî la peau aucc eux, comme ceux desle-
w i ures, du front, & delà face , n’en ont point d’appatens.
La plufpart de ceux qui meuucnt la bouche, fe termi¬
nent vifiblement entendons, parce que le mouucment
vehement d’vn membre pcfanc , le demande ainfi : U
y en a quimcuuent quelqu’autre partie legerc, comme
ceux de la langue, du larynx (defquels les vns ont des ten¬
dons, & les autres n’en ont point) ceux des yeux, des tefti-
cules,& delà verge. 4. Les parties quiconferuentradion,
•corne les veines, les artères ,[ les mébrancs , &la graifie, ]
CHAPITRE VL
Des Mufclcs de t Abdomen.
^etrihUn il r i 1 t i t
tfldemuf- T tsmufclcs de 1 abdomen cGuupct le ventre inferieur.
desdel’ab- X-i<74//V«cftinic qu’ily enaautant que de fituations de
Du 'ventre inferieur.
leurs fibres qui font droites , tranfuerfes , obliques , &
ce!Ies-cy ou montent, ou defeendent : Par ce moyen il
en trouue huid , quatre de chaque cofté; à fçauoir deux
©bliques, defeendants ou externes , deux obliques afeen-
dans ou internes, deuxdroits, & deux tranfuerfes. Mafa,
& apres lüy F4//aj!><»x en onttrouué deux autres, qu’ils^
appellent Pyramidaux, quelques vnsles nomment Fallo-
Syluim Smeentunaux» Et ainfi on en a fait dix.
iufques iey. a raifon de faire plufieurs mufcles,
des droits, dcfquels il y en a quatre, le plus fouucnt de
chaque cofté, & ainfi il y en a feize pour le moins , & plus
rarement quatorze, quand il n’y a que trois droits de cha^-
que cofté , & quelquesfois dix,& huid , . quand il y en a
cinq droits de chaque cofté.
Les obliques de fievdans, ainfi nommezà caule des fibres^,
qui defeendent obliquement de la partie fuperieurc , vers
i’înferieurc , couurént tout l’abdomen , qui cft de leur
cofté , à caufe qu’ils font fort grands, & fort larges.
Ils prennent leur origine à la poidrine de la partie infc- ie prhmp»
rieurc, de hC. 7. 8; & neufiéme descoftes , douant qu’el-
les fe terminent en cartilages. Ils ont en leur naiflance
diuers principes triangulaires, qui reflcmblent à des aile¬
rons , qui s’vniftcnt apres en vn corpS; Ghàcun de c«s ai¬
lerons reçoit vn nerf, des entre- deuxdescoftcs. Ils naif-
fent aulïï de la pointe des apophyfes tranTuerfes,des verte-*
bres , des lombes. Par ainfi leur principe s’eftend depuis la
fixiéme cofte, iufques à la dernière vertebre des lombes.
Ils finiflent au milieu de l’abdomen, où paroift la ligne
blanche, &:àros du penil, en vn large tendon, par lo ^
Goncoursd’vne infinité de fibres obliques.
Gr h ligne blanche autour de laquelle fc trouue quel-
quesfois de la grailTe , n’eft autre chofe qu’vn concours u ligne
des tendons des mufcles de l’abdomen, exceptez ceux desi/^»;^* ? .
droits. Car les tendons des obliques s’yniflént & s’aflém-
blent de telle forte, dVn cofté à l’autre , qu’ils compofent
comme vne tunique , qui couurc tout l’abdomen, comme-
fi c’cftoitvnfeul tendon.
Eij
Du (Ventre inferieur, 37
Explication de la première Figure,
Elle monftre les mufcles externes
de rAbdomcn.
A. Ah cofl’/ gAHche)efi'v»e partie du nmfcle oblique de/ceu-
dantifitué en fa place.
A. au cojîe' droit, efi le principe de t oblique def rendant hors
Je fa fitaationi comme aujjî l’mfertim de plufieurs
nerf Si itrle chemin oblique des fibres. ^
B. les mufcles droitSy dont il y en a deux au dejfous du nonf
bril N- & vn au deffous.
C. La partie charnue , ou le ventre de t oblique defcendant
finit icj^ &fon tendon ou fa fin membrane ufe y com¬
mence,
D. le trou dans le tendon de ce mufcle,par ou pajfent les
vaijfeaux fpermatiques vers les tefiicules dans la
bourfe.
E. le muftle oblique afcendant en fafituation , auecfes fi.
bres qui vont en haut.
F. le, principe charnu des mufcles obliques afcendans, né de
1‘ e/pi ne ou appendice (7.^.. de Vos ilion.
G . l'efpine eu Appendice de tes ili on.
H. la ligne proche de laquelle commencent les tendons des
mufcles obliques de l’abdomeni que Spigelius appelle
demilunaire.
I. les mufcles droits, quiparoijfentfous les tendons du muf-
cle oblique af rendant.
K. les produüioHS du péritoine qui enuelopent bes vaiffeaux
fpermatiques ,& qui dèfcendent dans la bourfe.
L. les trous qui font a la fin de l’afcendant du droite
peur donner fortie aux vai/feaux fpermatiques.
M. les glandes de f aifne decouuertes.
N. le nombril. j
O . la liçne blanche de tabdomenj.
E iij
5 8 Jjtm Premlcf]
P. les cttijfes près des parties honteafesy
Qi_la verge.
1. 1. 3* 4. S‘ les nerfs ^ui fortent de deJfoMS chaque cofie, peur
difiribuer dans l'oblique défendant .
9 . 10 . n . 1 2 • les quatre cofies inferieures,
a, les fibres de l'oblique afcendant.
Elle eft blanche , parce qu’elle n’a point de chair ,
s’eftend depuis le cartilage xiphoide iufques aux os du
penil. Elle cft plus eftroitc fous le nombril, qu’au deflus.
Ces deux mufclcs obliques defeendans font percczj
ï. au nombril; 2.auxaifnes aux hommes, afin que les vaiC
féaux fpermatiques puiffent fortir, & aux femmes pour
donnerpaflage aux deux ligamens ronds & nerueuxde la .
matricc,quiv ont fc rendre à la partie honteufe proche du
clitoris.
Eneurd'A.. Aquopendente a cieu autrefois & fouftient encore au-
qutpendêtt iourdhuy vnc opinion contraire à lanoftre touchant l’o-
uns*te(^^ riginedesobliques defeendans, que Du Laurent a pro-
chmt l'o- poléc depuis comme nouuelle & de fon inuention,repre-
vigine des naot tous Ics autres Anatomiftes, qu’il dit auoir cfté mife^
obliques rablemeuc trompezi Us cftiment qu’il vaut mieux appel.
defeendans. 1er CCS mufclcs, externes afeendans, & qu’ils prenent leur
origine àJa partie fuperieurc de l'os pubis & del’osilion,,
6 des apophyfes tranluerfes des lombes ; & qu’ils finif-
fentaux coftes. Ce qu’ils confirment encetteforte.
Leur rai. j,. Ils maintiennent quele mufcle doit prendre fon oïL
fon. ginede quelque partie qui repofe & qui foit immobile,.
Réfutée comme eft l’os dupenilàrergarddescoftes.Nousrefpon-
^ ' dons que les coftes font immobiles à. tomparaifon de la
ligne blanche.
1. Ils difent que le mufcle tire vers fon principe, & que
l’oblique defeendant tire les coftes vers le penil , parce
Rtffonfe, qu’il fert à la refpiration. Nous refpondons que ce muf-
clc n’y fert principalement , comme nous ferons voir aiU
leurs.
Noftrc fentiment qui eft cclüy de Galien fe prcuuc.
Dti yentn infe/ieurl. 39
il par rentrée des nerfs qui font au commencemcnc.
2. par le chemin de fes fibres qui vont du commence,
ment vers la ligne blanche., 3. Tout le monde aduoüc,
qu’il y a vn concours des tendons, mefmesdes obliques
defeendans vers la ligne blanche. Leur fin eft donc en
cét endroit. 4. Par leur adion commune , dont nous
parlerons cy deflbus,
[Leur Vfage félon Topinion de ceux qui difent que l’os
du pend eft mobile, eft de tirer obliquement en haut cet
os anonyme, & de bailTcr le Thorax obliquement.]
Les obliques afeendans ont la fituation de leurs fibres
contraire. Ils font couchez deflbus immédiatement, &
font triangulaires.
Leur du coftédeîa crefte de l’os iliôn, eft char¬
nu, celuy des apophyfes tranfuerfes des vertébrés dès
lombes, defquelles comme des efpines de l’os facré , il re¬
çoit des nci’f s, eft membraneux.
Par leur fin charnue, ils font vn peu adherens à chacu¬
ne des coftes fau(îes,& à quelques vnes des vrayes, & cel-
le qui ne l’eft pas fe change en vn double tendon, duquel
vnc partie vaaudeffus des mufcles droits, & l’autre def-
fous, par ce moyen le droit eft enfermé comme dans vn
‘fourreau, mais il fe retinit près de la ligne blanche , & s’y
mkic. [RioUn a obfcrué que cela arriuc feulement au
delTus du nombril, & non pas au deflous ]
Les droits font ainfî nommez à raifon de leurs fibres
droites. La commune opinion en fait vne paire feule¬
ment.
Galien a voulu auec raifon queleur principe foit char¬
nu à la poitrine, naiflant dufternon des deux cofteZ du
cartilage xiphoide,& des cartilages des quatre fauftes co-
’ftes. Ils finiiîent par vn tendon à l’os du penil. Quelques
autres eftiment au contraire, qu’ils ont leur principe à l’os
du penil, & leur fin en la partie fupcrieurc. Mais nousref-
pondonsà cela. i.qucles droits tcçoiucnt Icsnerfscnia
partie fuperieure, [àfçauoir vn rameau de ces nerfs qui
s’inferoientdans le mufcle oblique defeendant, & les au-
Prtuanqr»
fis tnufclts
Httijfent
d'en haut,
ne» pas
d’e» bas.
'Le Prineipe
des 0 ni¬
ques def.
Cendant.
Leuf fin ejl
double.
D'eh naif-
fent les
droits.
'40 ÏJm Premier;
très des dctniers du dos » & de la prcmicfe paire deslonÿ*
bes.l 1. le mufcle n’a pas accouftutné d’auoir le principe
tendineux, ^ la fin charnue. [D'autres entre les moder¬
nes, veulent que les mufcles droits ayent deux principes
& deux finsjàfçaunirvn principe &vnefin àla poitrine,
& l’autre de mefme aux os du penil. L’opinion nouuelle
dclamobilitcdecétospubis(dc laquelle nous parlerons
en fon lieu) leur a donné ce fentiment. ]•
Le mufcle droit fc trouuclcplus louuentaucc trois in^
tcrfedions aux hommes de médiocre ftaturc, & quel-
quesfoisauce quatre en ceux qui -font de belle-taille, qui
frettues ontl abdomen pluslong. Nous cftiraons auec Carptuôc
fue Us Cafferius qu’il y a autant de mufcles que d’interfedtions.
mufclts I. Parce que chaque entre-nœud a vn nerf. i. Sic’eftoit
droits font yu feül mufclc il ne pourroit pas eftant retiré ôcracour-
fu/teurs, en foy mefme, prefier également routes les parties'.
5. Il n’y auroit point dans tout le corps aucun mufcle
de cette force, bien qu’il y en ait neantmoins plufieurs
ibngs qui n’ont point ce nombre d’entrc.nœuds.
Il y adcuxveines coniointes auec autant d’arteres, en
la fuperficie intérieure des droits.
La Supérieure naift de la veine cauc , qui eft fous ks
clauicules, de laquelle le plus infigne rameau s’en vaaux
matnmelles-, & de là fait fa courfe fous le mufcle droit
iufques àla région du nombril, où elle fe termine.
Vneautre qui aux femmes fort de la matrice, & aux
hommes de la veine.cauc, vient au deuantde ccllc cy,&
monte vers la veine fuperieure fe perd le plus fouuenc
deuant cjue la toucher. Q^elqucsfois neantmoins ces
deux veinesfe^ioignent par des manifeftes anaftomofes,
c’eft adiré fe touchent par leur exteemitez. C’eft 'pout-
quoy on croit qu’il y. a grande communication entre les
mammelles & la matrice, ôi entre l’abdomen & les nari-
ries: Car nous appliquons les ventoufes a l’abdomen en
1 hémorragie des nai incs. [Et les femmes sôc prouoquées
Les arteres.. de Venus en maniant leurs mammelles. ]
é> nerfs. Les droits rcçpiuent les ancres derepigaftrique , k^
nerfs
Du njentre inférieur,
îierfs des dernieres vertébrés du Thorax.
[VFfage propre de ces tnufcles félon RioUn & Sptge^
litis conformément à leursprincipes,efl: de tirer en haut
les os du penil,& le Thorax en bas. C eft pour cela que
ceux des chiens & des finges atteignent iufques au go-
fier , parce qu’ils deuoient feruir à courber beaucoup le
Thorax. ]
Les nmfcles Pyramidaux font couchez furies tendons ^
inferieurs des droits. Ils ne font pas parties des droits. miùiHx'
comme Fefale & Columhus ont eftimé , mais ce font des
mufcles diftinds & feparez , comme le preuuc FallopCy
bien que par des raifons dont les vnes ont beaucoup de
force, & les autres font bien foibles. Il eft euident que ce
font des rhufcles particuliers, i parce qu’ils font cou-
uerts dVne membrane particulière. 2. parce que leurs fi* rsx..
bres font differentes de celles des droits.
Ils prenent leur origine parvn principe charnu, &qui
n’eft gueres large , de l’os externe du peml, où les nerfs
entrent aufli: Tant plus ils montent, d’autant plusits Leurvf*'
s’eftreflilTent, iufques à ce qu’ils, fe terminent par vnc^f.
pointe au tendon du mufclc tranfuerfe. l’ay mefmes re¬
marqué quelqucsfois que ce tendon deuenu ’grefle 6c
le rond s’auancc iufques au nombril. [Riolan a trouué que
le gauche eft plus petit que le droit, & quand il n’y en a
qu’vn feul, il a trouué plus fouucnt le gauche que le
droit.]
Leur vfage eft de fecourir les droits en la compreffion
des parties fubiacentes. De-là vient, que félon que les
tendons des mufcles droits font plus forts, tantoft il n’y a
point de pyramidaux-, ( ce qui arriuc rarement ) tantoft ils
font robuftes, tantoft deliez ,& tantoft il n’y en a qu’vn
feul, Baùhin dit, que s’il n’y en a point, alors ou la chair
qui eft coniointe aux teftesdes droits , ou la grailTcjfait
leur charge. D’autres veulent qu'ils feruent comme de
couuerturc .aux mufcles droits .
Fallope eftime qu’ils feruent à comprimer la vcflie , pour
faire léntir rvrinc, fAryuapendente veut au contraire,
F qu’ils
45
Du oj entre inferieur]
Efclaircijfemenî de la Figure
Elle monftre les mufcles internes,
de l’Abdomen.
A. U face intérieure charme dumufcle oblique afcendanr,
hors de fa place.
B. le tendon du mefmemdfcley deuant epu il paruienne aux
droits.
G.D. Taduplkature de ce tendon j dontlapartie qui efi mar¬
quée des. lettres D. reuefioit la partie intérieure du
mufcle droit, ^ celle qui efi marquée de C. reuefoit
' C extérieure. -
E . l'extrémité du mufcle peélo.r al, auec la peau renùerfée,
V. le cartilage xiphoij"'
Ç.H les vaijjeaux appelle/^ammaires. Q. marque la vei^
ne.W.l'artere.
I. les mufcles droits du cofé droit, hors de leur fege.
K, les mufcles droits du coflé gauche, dans leur propre fege.
L. M. les rameaux iliaques de la veine cdue, df de la f aor¬
te. L. efi l’aorte. M.laveine.
N . l’anajlomofe remarquable, que font les vaijfeaux mam¬
maires (ér epigaftriques s vniffans en ce lieu.
O. les rameaux de ces veines.
P . les reiettons de ces mefmes arteres.
Q^_^Le mufcle tranfuerfe de C abdomen aux deux cofiez,, en
leurftuation,
R. l’ extrémité du tranfuerfe droit qui efi encore charnue par
haut,& qui efi en bas défia changée en tendon.
S. la tunique du péritoine , que les boyaux haufient en ce
lieu, & quils rendent inégalé.
T . files mufcles pyramidaux en leur fituation des deux cofiez,,
V. le lieu près duquel le tendon des mufcles pyramidaux fie
termine le plus fouuent.
X. le nombril
X. lejpine ou l’appendice de l’os des iles.
F ij
44
Lmre Premier]
Z. leste^icuhsfepareT^e la bourfe & de fei autres emt^
lopeSy & pendans des vaijfeaux fpermatiejues.
<*. lesfeparations des mufdes droits.
b, le tendon des mufcles pyramidaux , qui monte quelque
fats iufques au nombril.
c, le s trous des tendons des mufcles de l'abdomen,par ou paf-
fent les vaijfeaux fpermatiqnts vers les tefltcules.
d. lesprodullions du péritoine y qui condutjent les vaijfeaux
fpermatiquet iufques aux tefiicules.
e. les cojles du Thorax. ^ ^
/. lapeau du ventre inferieur feparée ^ pendante hors de fa
place,
qu’ils fcleuentj&auffi l’abdomen, &Icpcnroinc quicft
deflous, afin que les parties fubiacentes ne foycnc trop
prcffces. OrCo/«w^»; attribue fauficment à que
ces mufcles ferucntâTercélion de la verge, veu que c’eft
l’opinion de Mais ils ne peuucnt auoir cét vfage,
puis qu’ils ne touchent cette partie, & qu’ils Ce trouuent
aüffi aux femmes.
Les tr/tnf- LestranfucrfesquifontplacezaudclTous dc tous,»4i/^
aerfes. yê«fd’vn certain ligament, qui fort de l'os facré, & qui
couure le mufcle facrolombairc , & aulîi de la cofte infe¬
rieure, & de l’os ilion. Ihfnijfent par vn tendon membra¬
neux à la ligne blanche, & s’attachent par tout eftioitc-
ment au péritoine , fmon à l’entour du penil. Leur vfage
propre eft de prefler le colon.
l’aâion L’adtion commune de cous les mufcles de l’abdomen, eft
de 7lldt] I. eft de retenir & de comprimer ef-
me». gaiement les parties contenues en l’abdomen. Car ils agil^
lent tous enfemble , aucc le fccours que leur donne le
diaphragme.
Vourquoy il ^a I. qui fuit l’autre, eft de chafler les fuperfluitez. Mais
y - a plu. par ce qu’vn feul mufcle n’eftoit pas fuffifant , pour com-
fieurs^ muf- primer tant de parties , comme font les inteftins , la ma-
Àome»} &lavelîie, la nature en amis plufieurs endiuets
lieux , & félon diuers angles droits, tranfuerfes & obli-
Du Rentre inferieur.
ques. Chaque partie a bien à la vérité vne vertu expultri-
ce , mais celles qui font caucs , & qui font chargées fou-
uent, & beaucoup, ontbefoindufecoursdcces mufcles,
dans l’expulfion descxcremens , des vers , de l’vrinc, du
fœtus ,& delà mole ,
Ce font leurs vrayes aétions , qui fe cognoilTcnt par
leur ftruéture. Mais la nature fe fert aufli quelquesfois de
CCS mufcles , pour les mouuemcns du Thorax j lors qu’il
eftbefoind’vne grande & violente exfpiration, comme
dans les grands cris, & à la toux, Car alors ils ferrent
fortement le T horax.
Xcur vfage eft de fomenter Î4 chaleur, é" la coBion,i
caufe qu ils font d’vn tempérament chaud & humide,
parce qu’ils font fort charnus , St de conferuer & défendra
/«p4m«>nîefmes quand ils repofent, parce qu’ils font
médiocrement cfpais. Ilsferucnt aufli à h grâce du corps'.
D’où vient la difformité de ceux qui font ou gras , ou ny-
dropiques, ou grefles , (^e.
CHAPITRE VII.
Du Teritoine.
TOusles mufcles del’abdomen^ftans oftez,lc péri¬
toine feprefente le premier à la veuë, qui couureSt
cnuelope tous les inteftins. Les Grecs luy ont donné ce
nom qui deriue d’vn verbe, qui fignifieeftre tendu à l’en¬
tour, parce qu’il eft tendu à l’entour des parties, quifont
entre le diaphragme & Icsiambes,
Le Péritoine eft vne membrane , qui enuelopc les vifee-
resdu ventrcinfericur.
C’eft vne membrane afTcz deliee à la vérité , & molle , de
peur quelle ne pefe trop , mais forte & efpaijfe , afin qu’el¬
le pu iffe fclafcher, & s’eftendre : des femmes ef plus
efpaijfe depuis le nombril influes aupenil, afin que dans la
grofTefte clic puifte fe dilater dauantage, {Du Laurent
F iij
J^ottrquey lé
péritoine efi;
ainfi nem-
f'ejl*
4 Lture Premier y
eilimc que celle des hommes , principalement de ceux qui
fontfuiets àryurongnecic, eftpius efpain'c depuis le car¬
tilage xiphoï Je,iufqiics au nombril, à caufe de reftomach.
Cequiparoiftncantmoinsfortpeu vray fcmblablc , veu
qu’il femble que la partie inferieure le deuroit eftrc , aucc
plus de raiCon, afin qu’elle neferelafchaft parla pefantciir
des entrailles , lors que nous fommes debout. ]
Les autres veulent que le péritoine cft fait d’vne fub-
ftance ligamcnteufe & ncrueufe. D‘ autres des nerfs feu¬
lement, les autres des feulsligamcns, & enfin des
méningés du ccrueau.
Say?^«reeft ouale, comme celle d’vne velîîe,oud’vn
& oblong. Car ilenuironne toutle ventre inferieur, &
confequent leur longueur ôc largeur font égalés.
Sa interne eft polie , & comme enduite d’vne
Set humeur, à caufe des imeftins qu’il touche , l’extcricure eft
fibreufe ôc rude , afin qu’il s’attache mieux auec les muf-
cles.
Il prend fon cr/^medel’cfpine.àlapremieie &troifié-
me vertebre des lombes, où le péritoine eft plus cfpais,dc
forte qu’il nepeuten eftre feparé , qu’on ne le rompe.
Saconnt- H eft aiiflitres-cftroitement attaché , au dia.
xie». phragme (d’où vient qu’eftant enflammé , les hypochon-
dres fc retirent en haut hasiVoi du pend , & ilion, &
far deuaut à la ligne blanche , & aux tendons des mufcles
tranfuerfes.
Or il eft double par tout auec C<i^y(7/ veut
tp oHble, qug toutes les membranes , mcfmcs la pie-merefoyenc
doubles ) ce qui paroift principalement près de l'efpine. II
cft fi fermement attaché au d. (Tus du nombril, qu’on ne
peut le feparer en deux : mais depuis le nombril iufques
au pend, il eft diuifé manifeftement en deux tuniques ,
efloignées l’vne de l’autre , que leur doublure cft ca¬
pable de contenir la vcflîe , ce que peu d’Anatomiftes
ont remarqué. La nature a lait cela pour ces vfages : i.
afin que la membranc.foit plus forte , où elle eft plus
chargée, a. afii*quclesvailfeaux vmbilicaux qui paflent
*T>u> nj entre inferieur, 47
U, foyent portez plus feurement dans le péritoine dou¬
ble.
C’eftpourqitoy il s9l perce denant au fœtus, où eftie
nombril. Par haut il a des trous , où il cfl: adhèrent au dia-
’phragme, pourdonner paffageaux vaiiï'eaux. Il efli: Gui¬
dent par iàque Fernel a creu fans raifon , contre l’opinion
de Galiefî , que le péritoine n’a point de trous , puis qu’il
en a trois : le i. qui eft le paiTage de la veine caue, le 1. ce- ses tr$ut.
luy du ventricule, le 3. celuy delagrandeartcre, & delà
fixiéme paire des nerfs, par le diaphragme. Par près
dufondement, ducoldela vîffie, & de la matrice, & des
vailTeaux qui vont aux iambes par le péritoine , les muf-
cles de l’abdomen, ôc la peau.
Il a deux produtiiom oblongues,femblablcs à des tuyaux,
ou a des canaux lafches,qui defeendent aux hommes dans
la bourfe , par les trous des tendons des mufcles obliques,
& tranfuerfes : Les vailTeaux fpermatiques defeendent ,
&:remontcnt parces produdtions, ou didymes, c. gé¬
meaux, comme les anciens les ont appeliez, qui s’ou-
urent & s’elargilTent près des tefticules , pour leur feruir
de tuniques.
Lors que fa tunique extérieure fc dilate, &queTinte-
rieure ( quieft fort adhérente à l’autre, linon presdeTos
pubis où elles fc feparent) eft rompue , fe fait la hernie, ^
félon que quelqucboyaU jOuTEpiploon, oul’vn&l’au- ^
crclcglilTent par là.
Ptt
Du '\;entre inferieur.
Explication de la Figure.
La furfacede l’Abdomen lors que le
péritoine cft ofté.
A.B.C.D. quatre portions du perimue coupés tournées
en derrière.
E. le nombril feparé du péritoine.
F . l4 veine qui s’eftenddepuis le nombril iufques aufoje.
G . l'entrée de la veine vmbilicale dans la fente dufoye.
H. la portion connexe dufoye.
I. te ligament principal de Ceux qui lient le foye até dia~
phragme.
K t artere droite vmbilicale , qui rampe depuis le nombril, le
longdu cofte' droit du fonds de la vefsie ,, iufques a l’ ar¬
tere iliaque.
V artere vmbilicale du cofié gauche,
t Ourague, par lequel le fœtus iett^ t vrine du fonds de
la vefsie dans la fécondé tunique dent il ejl enuelopé.
N. le fonds de la vefsie.
O . l'attache du péritoine au fonds de la vefsie.
P. la partie anterieure du ventricule plus grande que de
couflume, parce quelle efi en fée.
Q. - t Epiploon.
R. la veine é’t artere enfembleauec les nerfs qui fontefien-
dus au fiege droit de la partie inferieure du ventri¬
cule.
S. Us vaîjfeaux du cofié gauche qui emhrafient te fegegau^
che du fend du ventricule.
T. la conionHion des vaijfeauxdu cofié droit auec ceux du
gauche.
X. Les rameaux des veines. & des artères efparfes par /’£•
piploon.
Y . U fiege de la Rate.
Z. le fiege du boy au colon.
G
San vfage'.
î«s noms
dîners.
’50> Lîure Premier,
U reçoit Tes vaijfeaux des diaphragmatiques qui en
font proches des mammaires &dcs epigailriqucs,& quel¬
quefois auflî des fpermaiiques; & fes nerfs dcliez de ceux
qui entri^nt dans les mufclcs de l’abdomen. C’ed pour-
quoyle Péritoine a fentiment contre l’opinion de ceux
qui ont précédé Fefale , que l’experience combat aulli
bien quelaraifon,
Vr/age du Péritoine en general eft le mcfmc que ce-
luy des membranes, i. De contenir les parties, & de faire
des connexions en diuers endroits, ('ar il couure tous
les vifccres du ventre inferieur, & les fait tenir plus fer¬
mement en leur place. Il s’allonge & s’cdendpour don¬
ner vne tunique aux vns plus déliée , félon que IVfage le
demande, & aux autres plusefpailTe, comme au ventri¬
cule, aux intcl^ins, à la veflîe, & à la matrice, L’Epiploon
& le mefentere, qui font deux membranes doubles , pre-
nent auflî leur origine du Péritoine. Il (é change aufïï en
canal, pour donner paflage entre fes deux tuniques aux
vailTeaux qui doiuent s’allonger.
2,. De boucher les orifices des veines : On verroit par
confequent les orifices des veines du foye, s il n’eftoic
couuertd’vne membrane ;[C’eft pour cclaaulîi que ces
parties qui ont beaucoup d’artcres,comme la Racc,reçoi-
uent du Péritoine vnctunique plus efpaifle.J
- i - .
CHAPITRE VIII.
De l'Epiploon.
L’Epiploon qui eft fous le Péritoine eft nommé des
Latins Omentum, qui vient d'eperimentum , c’eft à
ducjCouuerture, des Arabes Zirbus , des Latins-, rete» ou
reticulnm» vn filé de pecheiir ou de chalTeur , à caufe que
fes vailTeaux errent çà & là, & des Gtccs Epiploon qui vient
d’vn verbe, qui fignific par ce qu’il nage lur les
boyaux.
Du fventre inferieur. 5ï
Or il efi; dans tous les animaux, au fonds du ven- Su jîtuti.
tiicule, d’où s’cftendant fur les boyaux, & entrant dans tit».
leurs finuofitA, ilvafinirfouuentauxvnsau nombril, &
en d’autres plus bas, & quelqucsfois il delcend lufqu’à
îosdupenil , où il s’infere. [Quelqucsfois ilefteftroite-.
ment attache à la matrice, comme Marcm Anrelius Seue-
rinus . homme d’vn rçauoir exquis l’a trouué à Naples en
vnefolle, ScieTay veuàVenife en vne autre liéau fonds
de la matrice. ]On tient que quand ilTe met entre le fonds
de la veffie , & de la matrice , il preffe l’orifice de la matri¬
ce , & caufe par ce moyen la fterilité aux femmes ; Et fait
aux hommes l’Epiplocelc, quand il defeend dans la bonr-
fe, [laquelle fe fait plus fou lient au cofté gauche qu’au
droit , parce que l’Epiploon s’eftend d’ordmaire vers le
gauche.
L’epipIoon fe trouue alTcz fouiient fous le foye, lai (Tant
lesinteftinsdefcouuerts, 11 ne faut pas croire que la ftrân-
gulation en foit caufe, veu qu’il fe trouue en fa place, dans
ceux qui ont cfté cftranglez, & retiré hors de fon fîegc,
en ceux qui ne l’ont pas efté. L’opinion à&Splegttti^^
plus probable, qui veut que Icsinteftins enflez par des
ventofitez, l’cn ont chalfé.
Les enfans félon KioUn , n’ont point l’cpiploon fufpen-
du , mais il s’eftend en bas à mefure qu’ils croifTent, & de-
croifl: en fuite fur le déclin del’aage. J
11 a deux origines diftinâies du péritoine , de forte qu’il Se» origine.
femblceftfele péritoine redoublé. La i. eft au fonds du
ventricule. La i. eâ au dos ôc au colon. Il n’eft point
eonioint à aucune autre partie, par aucun de fes princi¬
pes. Parainfi il a comme deux parois , ou deux membra¬
nes déliées &: légères , de peur qu’elles n’incommodent
par leur pefanteur, parce qu’elles font appliquées Tync
fur l’autre : l’vne externe ou mteriettre , qui eft attachée à
la membrane extérieure du fonds du ventricule , & àla
fiartie caue delaratte : L’interieure ôc fajlermrey qui eft
iéc au boyau colon , & naift au dos du péritoine , fous le
diaphragme. Il y-a vae grande cauité entre ces deux mem-
G ij brancs,
55
T>ti centre inferieur,
■ Explication de la Figure,
Lamembrane inferieure de l’Epiploon feparéedc la fu-
pericurequi eft eftcnduc furie dcüant du Thorax &
furie ventricule, & le ventricule qui a efté tiré par
force en haut , hors de fonficge.
a. îe Jtege pofierieur de la membrane fuperiettre de l'Epi-
* ploon.
î). le ventricule qui paroifi eleué comert de la membrane
fuperieure de l'Épiploon- '
c. la membrane inferieure de l’Epiploon : Mais U partie
eleuée qui eft marquée des deux c. fuperieurs , eft le
hoyau colon.
à, laRattequi s'eleue en boJfeiCouuerte de l'Epiploon f é* ■
les vaijfeaux.qui y font attachez.-
•e2 le tronc de la veine porte-
"f. le rameau fplenique de la veine porte.
g, le rameau mefenterique de la veine porte.
K. l'arterevmbilicale droite.
L. l’arterevmbilicale gauche.
M. l’oura^Ci par lequel lefostHsiette l’vrine dans la fécon¬
dé membrane.
N. la vefsie.
O. le péritoine attaché a U partie anterieure de ta vefsie.
branes , où quelques vns cftiracnt fans raifon , que l’efprit
naturel eft contenu.
hti Figure de l’Epipîoon eft femblable a celle delà gi- iafgme.
beflîered’vn oifclcur; car fon orifice eft ôrbieulaire par
haut , mais il eft rond par bas.
grandeur eft diuerfe, car comme nous auons défia îa gran-
^it, aux vns il ne pafle pas le nombril, & aux autres il def- ^e»r,
cend plus bas. [Riolan a remarqué qûe naturellement il
pefeà peine dcmi-liurc. Vefde neantmoins «n a veu vn du
joids dccinq liures.j
G >'} L’epiploon
55
Z)/^ <ventre infeneitr.
Explication de la Figure.
L'Epiploon dettaché des parties adiacentcs, Scfon entiè¬
re conftitution, & principalement l’ordre & iafâte
des veines, des arceres & des nerfs par toute fa fubftîn-
ce,& le'S^glandes que lanawireluy a données.
c. le cercle ou t orifice de l'Epiploon .
(. U face anterieure de la mebrane fuperieure de P Epiploon.
g la face anterieure de la membrane inferieure de l'Epi-
fioon.
h. la parti e memhraneufe de l'Epiploon^ qui n'a, point de vei •
nesyd' arteres, nj degraijfe.
l . les vaijfeaux de lapartie memhraneufe.
Je. lagraifie qui naifi' & qui efi adhérente le long des vaif-
féaux.
I» le tronc de la veine porte fartant dufoj/e.
m. l’arterequi fe va rendre a la partie caue dufo^e , ^kla
veficuledu ficlt accompagnée d'vn nerf,
le principe de la veine qui s' approche du fiegepofierieur du
pj/lore,&qui a v ne artere pour compagne.
o.p. I artere i la veine & le nerf auec leurs petits reiettors
qui font efiendusfurlefiege droit du ventricule.
q. les reiettons de, ces vaijfeaux ^ efpandus par la membrane
fuperieure deC Epiploon.
r* la veincy l artere , vn petit nerf qui s'ejlendeht au
bojau duodénum, au commencement duieiunum.
1. ladiuifiondela veine porte en deux troncs mefenterique
& fplenique.
le droit, ou le plus gros tronc de la veine porte qui va eU
mefentere.
U. la veine qui s’en va feule au fiege pofierieur du ventri¬
cule.
2. la veine auec l artere cjr le nerfefpandueparle fiege droit
de la membrane inferieure de l'Epiploon.
y. la veine qui va auec l' artere a la partie pofierieure du
. ventricule.
^6 Liure Premief,
K. Upjüisgrojpeartere du mefenfere.
Ç>. le ronc de l'artere»
^ y. ik veine ejitre aftec t drtere & le nerf, primipatemepa
aHtnilieftdHjîege de lawembrAne inférieure de l’JEr-
piploon.
U veine eflfansartere qui dtflrihue quelque peu de
branches au jîege gauche de la membrane inferieure de
l'Epiploon.
i> tordre & la continuation des veines, des arteres y & des
nerfs dans la Ratte-
l. la veine qui s efiend auee îartere^le nerf iufques au
Jtege gauche du fonds du ventricule-
». les corps glanduleux adhèrent à la membrane inferieure
de t Epiploon.
6» vneportion du corps glanduleux, qui naifi fous le bepau
duodénum» i
vaif- L’epiptoon a ceey de partieufier par defTus les autres
féaux. membranes , qu’il reçoit plufieurs veines, & arteres [des
rameaux celia que & mefcntcrique,]quis’efpandcnt par fa
fubftance,& de s petits nerfs, [du rameau coftal de la fixié-
n>c paire.] Il a beaucoup de gratjfe a caufe de la quantité
des veines qui y font. Il y eft auffi parfemé de glandes fans
nombre, qui embeiucnt les humeurs fuperftuès & grof-
ficres.[On remarque que cette grailTe eft fouuent fondue,
en ceux qui font trauaillez de la fieurc hedique.
C’eft vnc chofe extraordinaire , quandil fe trouue tout *
charnu, comme nous l’auons veu à IHofpitalde Ltjde. ]
Son vfage eft i. d’aider & de fomenter par l'abondan-
cede fa grailTe , la chaleur du ventricule j ic veux dire de
fon fonds : Car le foye fc couchant fur luy , échauffe fa
partiefupericurej&’d’cntrctenirauflllachaleurdesm-
tcftins,qui en ont befoin, à caufe qu’ils font parties mem- J
braneufcs,&qui n’ont point de fang. C’eft pour cela que |
ce Gladiateur à qui auoit coupé l’Epiploon, cftoit
aifément offencépar lefroid,& qu’il auoit toufiours fou
ventre couuert de laine. L’Epiploon eft donc comme.
l’orcillcr
Du entre inferieur, 57
comme l’oreiller du ventricule , & luy aide pour faire la
digeftiori.[Cc (\\icForefius rapporte d’vn ieiine homme,
de quelques autres , qui ont vefeu fans incom¬
modité , apres qu on le leur a coupe , arriue fort rare¬
ment.]
.1, Scs membranes feruent àfouftenir les rameaux de k
veine, & del’arterc qui vont au ventricule, au duode-
num, au colon , & à laratte, & aulîi ifaire.naillrek
graifle.
[j. M‘ FFaleus eftime que la nature a donné plus de
rameaux d’arteres, & de veines qu’il n en cft befoin, pour
la graifTe feule de l’cpiploon, ou pour la nutrition, SC
qu'eftans des rameaux de la veine porte , ils ont efté defti-
nez^afin qu’il puilTeretournerplusdefang, parle foyeau
cœur, & que le foyc en puifTeperfedionner dauantage.j
CHAPITRE IX.
Du Ventricule, .
E E ventricule fignifie la mcfmcchofe, que petit ven^ %onmm.
tre. C’eftvne partie organiqaq^ fitucc au ventre infe- Sudefim-
rieur, immédiatement dellbus le diaphragme, ScTinllru-
met de la chylification. [Paré a remarqué qu’il eftoit mon¬
te quelquefois au Thorax, par lablelfeuredu diaphrag¬
me, ôc Fefale qu’il eftoit defeendu de fon fiege, à caufede
rcpiploon,qui eftoit creu plu s que d’ordinaire.]
Maisfanaturellc_//r;/<?f/fl0eft dans l'epigafircy qui n’eft s«* fttua-
point enuironné d’os, afin qu’il n’y ait rien qui l’empefehe tion.
defe dilater aifement. Il eft couché immédiatement fous
le diaphragme, prefque au milieu du corps &dci’efpine.
Mais fa partie gauche, qui eft plus grande & plus ronde
vers le fonds, eft fous l’hypochondre gauche, pour faire
place au foye , qui eft au cofté droit : Par ainfi le corps fe
tient en équilibré. Il s’eftreflit peu à peu vers la partie
droite, afin que Ig viande tombe-U infenfiblemcnt. Cecy
5S JJurePremiery
nôus apprend qu’il faut que ceux qui veulent dormir, fa
couchent premièrement fur lecoftcgauche.iufquesàce
que ladigeftion foitparacheuce, depuis fur le droit, con¬
tre l’opinion commune.
Combien il l’homme, & aux animaux , qui ont des
‘wn- dents aux deuxmafehoires. [ RioUtt en a trouuc deux en
tricules l’hommc par deux fois, continusl’vn à l’autre , mais en-
.entx oi- trecoupez d'vn orifice eftroit.] QiKlques oyfeaux en ont
féaux , é* deux : l’vn membraneux, [que les Latins nomment ingln-^
ru^'^ & lcs François laptfffl;#,] qui reçoit feulement les ali-
mens, pour les ietter dehors, pour faire gorgée à leurs
petis, quifans cela mourroyent de faim; l'autre eft fort
charnu, & plus chaud, & a par dedans vnemembritnc
dure, dans laquellcralimét dur eftreceu. [PetrHsCujieÙHt
en adioufte vn troifiéme en quelque vns, qui cft aulfi
charnu.] Les belles quiruminent, qui portent cornes, &
qui n’ont point de dents qu’à vne mafehoire , en ont
quatre , que les Latins nomment Rumens Retieulnm,
Ùmafttm & Abomafum, dont Jrifiote a parlé , c’eft à dire
le lieu deftiné pour reprendre la mangeaillc, & la rcmaf-
cher,lc gras boyau, les menus bocaux, la panfe ou la mu-
lette.
[Les deux premiers font deftinez pour garder la viande
crue j le troifiéme rcçojpmmcdiatemcnt de la bouche , la
viande quand elle eft delice, mais fi elle eft grolTicrc , clic
coule bicn-toft dans le dernier, apres auoir cfté ruminée
par quelque temps,] .
X)ü (Ventre inferkml ^5^
Les Figures du J^entrkulè,
La Tremiere rcprcfcntc la face anterieure du Ventricule.
& de rOcfophage ; & la Seconde y la pofterieure de
Tvn & l’autre. Elles font marquées de mefmcs lettres»,
maj^s diftinguéespar nombres.
Hd j
^ d Lmre Premier]
A. ( Orifice de tOefofhage qui vient delà gorie-
B. depuis A. iufques a B. la defcente droite del Oefiophâge
par le milieu du fiegedes vertebres du col , des qua-
tres fuperieures du Thorax. \
C. t inclination de TOefophage a droite^fur la cinquiefme
vertebre du Thorax , depuis B . iufques à C.
D. depuis C. vers D. le chemin de l' O efoph âge de la droite
a la gauche cheuauchantt aorte y & quipajfepar le dia-^
phragme touchant a l'orifice fuperieur du ventricule,
marqué de G.
E. B. I. Deux amygdales.
F. F. le corps glanduleux qui efi- dejfous l' Oejophage ia la cin¬
quiefme vertebre du Thorax.
G. l'orificefuperieur du ventricule.
H. l'orifice inferieur du ventricule, ou le pylore. ,
I. la partiefuperieure du ventricule.
K. la partie inferieure du ventricule.
L . L . 1. lafaee anterieure du ventricule.
M. N.O. la face poflerieure du ventricule. par¬
ties plus eminentes du ventricule. Mais O. monfire
l'imprefsien de lapartie du ventricule qui s’appuye fur
lesvertebres.
P. le boy au duodénum.
QJR./tf coduit de la vefsie du fiélyau boyau duodénum, versK.
S. z. le corps glanduleux né fous le duodénum, ^ qui fou-
fiient fesvaijfeaux.
T. V. /f nerf droit dr gauche delà fixiefme paire qui embraf •
fe l’Oefophage & le pylore.
X.2* ' le rameau du nerf gauche yqui s' efiend par lapartie fu-
perieure du ventricule iufquau foye.
a, i. la veine & l'artere gafirique.
b. Z. la petite veine gaflrique , qui n a point d'artere pour
compagne.
C. la veine &l' artere gaflroepiploique droite accompagnée
du nerf.
d.i. la veine &l' artere coronaire fiomachique, rameaux de
lagrmde gafirique.
*T>u, fventh inferieur, t
r. nJH rameau de Ugrandegafirique^qui va au pylore.
f. la grande artere efr veine gafirique , accompagnée ^
nerf.
g. les rameaux qui viennent du vas breuc.
Il y a deux orifices qui font tous deux eu la région fu- tnjiesi.
perieure du ventricule.
gauche j qui eft appellé ordinairement fuperieur , Sç
Liure Premier,
pourquoy quclquesfois la bouche du ventricule fimplemênt i dé
les fympto- quelques VUS l’cftomach à caufe de foncftenau‘é,& par le»
mes de l’b- anciens le cœur, parce quefcs maladies caufent des dcf-
rifice du fjiHanccs de coïur , & d’autres fymptomcs fcmblables à
cœur, tant à caufe qu’il a le fentiment fort exquis,
Mables k que le cœur fouffrc auffi-toft que le ventricule a du mal,
ceux dst àcaufe de la fympathie qu’ils ont, àraifon de leur voifi-
caeur. ^age, & des nerfs qui fortent dVn mefme rameau. Cet
Le gnuthe, orifice eftplüs grand, plus efpais, & plus ample, afin qu’il
puifie auffi receuoir, & contenir la viande dure, ou mef-
me à demi mafchée. Il eft placé vis à vis de l’onziémc ver-^
tcbrc du Thorax. Il a des fibres circulaires charnues, pour
fermer l’orifice par vn inftind naturel, apres auoir icceu
l’alimenr, & pour cmpcfchcr que les fumées ne montent
au cerueau,& ne caufent des maladies, & rendre par ce
moyen la digefiion plus parfaite , de mefme que pour fai¬
re cuire la viande, nous couurons le pot, pour retenir les
fumées qui en exhalent, ôt afin qu’c nfe couchant diuer-
fement, les alimens ne regorgent à la bouche. Le boire
& lemangerfontrcccusparcétorifice.Orilcftfîtuédans '
la région epigaftrique, plus près de l’cfpinc que du carti¬
lage xiphoïde. G’cft pourquoy quand il eft malade, il vaut
mieux appliquer les epithemes à la région pofterieure,
qu’à l’anterieure.
te dreit. L'orifice droit > appelle communément l’inferieur , eft
prefquc autant efloigné du fonds que le gauche. 11 eft
plus cftroit , & demeure fermé iufqu’à ce que la digeftion
foitacheuée, c’eft à dire que laviandc foie changée en vn
fuc liquide, femblable à la crème. Il cftvn peu recourbé
rempli de fibres tranfuerfes , & eft enuironné d’vn cercle
efpais (que quelques vns appellent des tuberofitez glan-
duleufes ) comme d’vn mufcle circulaire , ou d’vn Sphin¬
cter . On le nomme P clore y c’eft adiré portier, parce qu’il
laiffe fortir le chyle. Il peut s’eftendre beaucoup , de mel-
mc que Icgauche. Les exemples de plufieurs chofes gref¬
fes aualées, qu’on a rendues apres par haut, ou par bas,
«nfont foy,_comme des anneaux ÿor, des noyaux , des
Du \mtn înferieuil
petits couteaux, des petites pierres, des ferremens, des
grenouillas, des lézards, des ferpens, des anguilles en¬
tières , ^c.
Le ventricule a trois fortes de fibres, de droite», d’obli- ses fibret
ques & de tranfuerfes,que l’on tient feruir à rattra6tion,à é>leur vfit.
la rétention &âl'expulfion. Mais l’opinion de ceux quii’^«
croyent qu’elles fcriient à le rendre plus fort & plus fer¬
me, cft, peut-eftre, plus vray femblable , tout demefme
que la toile eftpius forte, quand elle eft entretilfue de
plufîcurs filets. Principalement, puis que plufieurs par¬
ties comme le Foye, la Rate, le Cerneau, les Tcfticules, le
Poulmon,& les Mammelles, attirent, retiennent & chat-
fent fans ces fibres : [& d’autres comme les os& les carti¬
lages n’attirent & ne ckalTent rien, encore qu’elles a^ent
des fibres.
Les diuers fentimens des autheurs touchant le nornhe
des fibres aux membranes font qu’il eft incertain. La plus
parteftimentquela première tunique ou externe a plus
défibres droites,& la fécondé plus de tranfuerfes. Mais
on doute fur la troifiefmc ou interne. Galien iAmceme»
MmdinuSi Syluins Aquapendente luy donnent feule¬
ment des fibres droites. Fefale luy en attr ibue de droites
par lacauitc,& d’obliques par la partie extérieure,
d’obliques, feulement ; de nous auec Fallefe & Dn Lan*
rem guidez par l’experience & par laraironrcconnoiftbns
qu’elle a toute forte défibrés.]
La fnperficie externe du ventricule eft polie , plaine 8c fuptye.
blanchcaftre. L’interne quandil eft ferré, paroift ridée 5c
rougeaftre.
1^4 îjtm Premier^
Explication de la Ftgure*
La première figure monftrc le ventricule renuerfé : 6^
l’autre les fibres & les tuniques du ventricule.
G. îa mheroftté cimlftirfi, oit tOefopha^^ efi mâche ah
tricule-
H. UPylorcc
I)u> \mm inférieur
T. la tfihercfué circulaire du Pjlere.
K.K.K./rf mnit^ne extérieure du veutricule ue'eduperitoid
ne ,fepare'e iej du ventricule four U plus grande parti
J. 1. la tunique moyenne du ventricule née du peritoincy
parée aujft vn peu du ventricule.
m. la première cfr intérieure tunique de l'efiomach deliurét
des deux extérieures en cét endroit,
ti.tx.let fbretde la moyenne tunique.
O . O , les fibres de la tunique interne.-
Il a trois membranes : la première commune Sc externo
qui vient du péritoine , & eft la plus efpailTe de celles qui
Baillent du péritoine, bien que d’ailleurs elle foit aflez dé¬
liée [ laquelle concourt principalement au vomilTeraent,
comme P. s’imagine.] La fécondé plus charnue,
qui cft celle du milieu, &: qui a efté fortifiée de fibres char¬
nues pour feruir mieuxàladigeftion. La troifîefme inter¬
ne & ncrueufejà laquelle les vailTcaux aboutilTent , & qui
eft continue à la tunique de l'Oefophage , de la bouche
&dcs levres, afin que rien de defagreable ne foitreceu
dans le ventricule, & parce auffi que la préparation delà
viande fe fait dans la bouche , c’eft pourquoy quand il y a
de la bile dans le ventricale,la langue en reçoit fon amer¬
tume, & en.porte fa couleur iaune. Et en efchange,la bou¬
che & lalangue communiquent leurs vices à l’Ocfopha-
ge ôc au ventricule. Cette tunique cft ridée , afin qu’elle
puilfc mieux fc dilater. Elle a ces rugofîtez à caufe d’vno
croufte charnue , qui luy eft adhérente , afin qu’elle puifle
fc deffendre mieux contre les chofes les plus dures quL
y font contenues. On tient que cette croujie naift des ex- D'ch vi-enr-
cremens delà troifiefme codion du ventricule : Elle eft ^'* crouSie
fpongicufcj&ellcades conduits,comme des fibres ^our-
tes,qui vont de la fuperficie intérieure à l’cxtcrieure , afin
que la partie plus fubtile du chyle, puiirepcnctrer& eftre.
fticcéc par les veines.
La fubftance donc du ventricule eftantmembraneufe.
& froide, eft aidée par la chaleur desparties . voifincs. Cari
■ ■ ■■■ L
Si Lim Premier^
le foyeeft couche fur foncoftédroid , & fur la partie du
milieu , parce qiùl cft cncorcs couché fous la follette du
ccEur.La Rate cft à fa gauclicj la coeffe pleine de graillé le
couurc par deuant ; le pancréas cft au defibus: le Dia¬
phragme, le colon & les troncs de laveine caue&dc l’aor¬
te laiioifinentaufli.
S4 Conne- Le ventricule cft attaché par fon orifice fupericor au
xten. Diaphragme ( non pas à l’efpinc ) en la partie gauchcj
c’eft: pouiquoy citant trop plein, il caufe la difficulté de
refpircr , empefehant le mouucmcnt du diaphragme 5 Et
enladroiéte,ilcftlié par l’autre orifice ou pylore au duo¬
dénum.
Il y a au Gofte gauche du ventr icule, fous le diaphrag-
me,vne grande cauité, renfermée de membranes , en par¬
tie du ventricule,& en partie du diaphragme , & de rÉpi-
plooui C’eft de cette cauité que parle Hippocrate en l’A-
phorifme 54. delà Sed.7.[Ctf/#a* tjuiçm de la pituite ren¬
fermée entre le diaphragme & le ventricule, & j^uLen reçoit’
uentdela douleur, fans qu'elle puijfe trouuer theminpem
paÿer dans l'vn ou l'autre ventre ,Hs font foulageT^ (fr gué¬
ris , la pituite entrant par les veines dans la vefie. ]
Sa Figure. Sa F/^«reeft ronde enlong , & femblableàcclle d’vne
^ cornemufe , fur tout quand on la confidere aUcc le duo¬
dénum & i’Ocfophagc. Le ventricule eft par deuant éga¬
lement conuexe , mais par derrière tandis qu’il cft caché
au corps: il a deux bolTcs, dont la droiéle cft plus petite, 8c
la gauche plus graude,au milieu defquclles fo nt' les vertè¬
bres du dos,& le tronc defeendant de laveine caue & de
l’Aorte.
S« Gran- Sa^t'Wf»rcftfortdiuetrc,[Lcsfcmmcsrontcommu-
dmr. nement plus petit que les hommes, pourlailTcrairezdc
place à la matrice, quand elle croift ] Ccluy des grands
mangcurs & bons beimeurscft plus grand , de forte que
lots qu’il eft plein & enflé, on le peut appcrceuoir par
l’attouchement, comme s'ileftoità nud ôc defcouuerr,
parce qu’il eft alors fort dilaté. C’eft pourquoy le ventri-
xule. des grands bcuueurs cft plus miacc , Ôc s’atténue
Du y^entre inferteuf,
quelquefois fi fort, qu’il ne peut plus fc froncer & fc rider,
<l’ûù luy vient vne longue foiblcire.[Ce qui airiue fur
tour , félon l’obferuatiou qu’en a faite Monfieur VvdUus
en CCS vieillirdÿ donc le vcnmculc engendre beaucoup
dcfldtuofitezjlorsquildigcrela viande, lefquellcs aufll’
occupent fouucnc plus d’efpacc que les viandes aux grads ■
inangeurs.]C(7//i!w^»jveut,qu’eftâtdilatéiIpeutvcniriuf-
qu’aunombriliôc cftimc,qu’eftanttrop plein, ,
il peutnvcfmealler plus loin. Mais celuy des perfonnes
fobres eftant retire &' froncé,eft efpaisy & eft caché fous le
fôye. On peut cognoiftre fa grandeur, i. patcelledela
bouche, car ceux qui ont la bouche grande , font grands
mangeurs, mais aufli hardis & de grand courage, a. Si
féfpace, depuis le cartilage xiphoïde iufques au nom¬
bril, cftpluslong quereftcnduéde la face ou de la poi¬
trine.
[l\pefe eftant deiréichéauecrOéfophage, félon robfcra
nation de Lmfeliusy deux onces & deux drachmes. ] ;
Il reçoit beaucoup de vaiJfeaHx y à fçauoir de la Rate les
qu’on nomme vas breue,(\m s’ingcre,noa pas à fon
orifice, mais aufonds,&: là fegliftant entre fes tuniques, il
fe traine en haut vers l’orifice i mais il difparoift deuant >
que l'atteindre; il eft fi grefle en quelques-vns , qu’il ne -
peut cftre apperceu, &: quelqucs-autres n’en ont point du
tout, [ le l’ay veu en quelques-vns diuisé en plufieurs ra- -
meaux. ] Puis donc qu'il s’inferc au fonds , le fang acide .
qui eft porte- là, neferuirade rien pour caufer l’appctic,
comme l’on veut. D’autres cftiment,que l’excrcmcnt me-
lanchohquc , qui ne pouuoit eftretranfmué dans la Rate, iette,fsrtà
eft porté par ce vaifieau danslc ventriculc,pour aÿder&
auanceiladigeftionpar fa vertu afpre &acide,&yarrc-
fter la viande autant de temps qu’il eft neceflaire. Mais au
contraire , cette humeur excremcntcufc & cftrangere em-
pefeheroit pluftoft la digeftion.
Il reçoit aufli les veines de la porte, [à fçauoir le rameau
du pylore, le gaftrique, le gaftrocpiploïque droiét & gau¬
che, ]qui porrcntlcfang poutla nourriture, commedans
■■■ lij.:
iSiure Vremkrl
$i Itvt». Icfœtiis. Parlàilcftaisédeiiigcr que le ventricule ne té
triculi fe noumt pas de chyle, mais de fang.
Th 7e lu L y ^ veine infigne & apparcntCjfa Cçauoir la gaftei-,
fan^i * c]ue,]qui re traine far le fonds du ventricule, mais elle n»
le touche pas tout à fait , de peur que le ventricule ellanc
trop eftendu,cllc vint àfc rompre. Mais elle donne beau¬
coup de rameaux au ventricule, qui félon PiccolomimiC
-^^«(«pew^/ew/^fuccent la plus tenue Scia plus fubtile por¬
tion duchyle,deuant qu’il arriuc au foye. Et certes cette
opinion ne manque pas de raifons pour la croire, i. Parce
qu’autrement on ne peut rendre raifon de ce paflage fi
prompt, qui Ce fait en ceux qui après auoir trop beu, ren¬
dent incontinent IVrine en abondance. 2. Parce que fans
eela,le ventricule feroit en danger de fc rompre, lors qu’il
eft trop plein de viandes, j. C’eft par ce moyen que le vin
odorant, les boiiillons & les autres chofes corroboratiucs
rcftablilTcnt les forces auec vne promptitude merucil,
Icufc.
Vncpartic du méat cholidoque s’infere en quclqucs-
vns au fonds du ventricule, [par laquelle mon Côpatiiote
V.SeuerinyZ voulu que le fiel fut porté dâs levé triculc pour
y fondre &diiroudrela viande.jMais c’efl: alors vne er¬
reur de la nature. D’où vient que ces gens-là font fort fu-
jetsau vomiiremcntde la bile, car ils font extrêmement
biIieux,comme ceux que Galie»yKefale,Ferftel.&c Caferius
ontremarqué. Les Grecs les ont nommez Picracholiano,
c’eft à dire, qui rendent la bile amcrc par haut.
L’eftomach a auffi receu des ancres de la cœliaque
pourluy donner la vie,qui accompagnent les veines. [Ce
font elles qui luy portent du cœur le fang pour fa nour¬
riture, qui remonte après par les veines dans le cœur. Cfi
^HC mus aduertijfons tey , fe doit entendre de mefme , far
tout où il fera parlé des arteres ^des reines. Comme eft
plus amplement expliqué dans les lettres de Monfietêt
J^^/*//«jquifontàlafindccctouurage ]
Il reçoit auffi des nerfs de la fîxicmc paire, à fçauoir
deux aux orifices J des rameaux qu’on appelle rccurrcns.
Lu ‘)>entre inferieur.
ijüi en remontant en ont fourni les poulmons &Ie péri¬
carde j & c^ui font couuers de deux fortes membranes , à
caufe qu’ils font mois & qu’ils font vn long chemin. Ils
s’entrecoupent ainri,afin qu’allans obliquenaent ils foient
conduits plus feurcment : le droit embralTe la partie ante¬
rieure, ô^gauche , de l’orifice du ventricule: Et le gauche
la partie droite & pofterieure. Or parce que l’orifice du
ventriculCjCll de relie forte ennelopé de nerfs , comme s’il
n’eftoit composé d’autre chofe,- il eft extrêmement fenfi-
blcjcaril eft lefiegede l’appetit & de la faim animale,
comme l’expcrience le faitcognoiftreàceux qui preflez
de lafaim,fentent froncer ôc refierrer cette partie } les
nerfs cniioyentaufllquclques rameaux en basiufqucs au
fonds. Il fort vn reietton du gauche , le long du fiege fu-
perieur du ventricule, iufqucs au pylore , qu’il cntrclalTe
de quelques rameaux & va à la cauité du foyc. Deux au¬
tres nerfs vont aufli de la fixiéme paire au fonds du ventri¬
cule , qui s’allongent des rameaux qui font auprès des ra¬
cines des coftes. C’cft pourquoyilne faut pas s’eftonner
fi le ccrueau ayant cfté frappé & offcncé ,1e ventricule eft
trauaillépar desvomilfcmens, fur tout en la migraine, &
par contre, fi le ventricule cftant indifposé , la faculté ani¬
male deuientfoible Sc languifiante.
[La digeftion fe fait dans le ventricule après la fermen¬
tation des viandes, ce qu’jffip/>ocrau enCeigne fouucntau
liurc de l’anciene Médecine , parce que la feule chaleur du
ventricule des animaux n’eft pas fuffifantc pour fondre les
chofes dures & groffieres , comme les os, les coquilles,
6cc.fi elles n'ont efté découpées auparauantpau quelque
autre caufe. P. Seuerin donne cette charge à la bile,&:
M. d» la Chambre auxcfprits. RioUn eftime que lesreftes
du chyle, qui prenent la nature du Icuain, en font la caufe.
La plHjpart des doBes attribuent cette fonétion àrhameut
melaRcholique , qui eft portée dans le ventricule par le
't/4^^'rtf»e,quipicqucfi viucment parfon gouftafpre les
mclancholiqiies qui d’ailleurs digèrent bien , qu’ils s’en
plaignent fouucnt. Jem WalUns eftime que la viande
1
lermentâ-
tion jui fg
f»it nu vé-
tt'HuU.
y O Lit*re Premier ;
eft premièrement détrempée par bfaliuc&lebreimageÿ
qu’elle eft aptes coupée Semife en pièces par l’humeur
lübtile & acide qui eft versée par les arieres de la rate
dans le ventricule , & qu’enfin elle fe fond parla chaleur:
D’où vient que les beftes de proye font le chyle fluide en¬
core qu’elles neboiuent pas. Pour moy, iene^oute pas .
que les excremensdela.troiflémecodion quiiontadhe-
rens à la croufte,y contribuent quelque chofe, ôc que la <
concoélion n’eft pas bonne, lors qu’il n’y en a point ; ou ;
bien lafaliue qui prépare la viande à la bouche , nettoyc
les dartres, & tu'é lés fcorpioni.]
VaBionAvL ventricule cftlâ concodiôn, qu’on nomme
chylification. Car il eft l’organe de la première coétion,
qui commence & fe prépare dans la bouche ,fe continue .
au fonds du ventricule , & s’acheue dans les boyaux grc-
Cemment fles. La codion ne fe fait pas feulement par la chaleur
fe fuit la propre du ventricule, mais aufli par celle des parties voi-
techen} ^ ^ p^j. yne faculté que la nature a empreint dans le
ventricule de chaque animal. Qr il change les alimens en
vue fubftance blanche , qu’on appelle chyle , qui porte fa
couleur , tandis quel’vn & l’autre orifice eftant bien fer¬
mé, ilfercfTerrepourembrafler eftroitement les alimens
qu’il a receus, [ Mais vous trouuerez plus amplement
toute Pœconomie de la concoétion dans les lettres do
Vvalhus que nous auons défia citées, ]
Son vfage eft de reccuoir le boire & le manger dans fa
grande & fpacieufe cauitc..
CH API T RE X.
Des Jntejims en general.
LEs font des corps oblongs, ronds, concaues,
diuerfement, entortillez, continus depuis le pylore,
iufques au fondement, dcftinezpourrcccuoit le chyle &
les excrcmcns de la première coélion, -
du ^f entre inferieur, 7t
li’s font appeliez Inteflms par les Latins du mot ifjtus Pmraust
qui fignifîc dedans , parce qu’ils font logez au dedans du lesïntefhns
corps. C’eft auflî pourlamefmc raifon queles Grecs les f‘>»t *i»fi
nomment [Quelques- vnsd’entr’eux les appellent
thôrdai^l&L IesBatbares,chordcs:C’eftdc là queles cor des
dcsinftrumens deMufiqueont efté ainfi appeliez j parce
qu’elles fc font des boyaux deflcichez.
Lewi grandeür à l’efgard de reftcndüedc leurcauité,
&de répaifleur de la fubftance eftdiuerfc, comme nous
dirons ey-aprés.
Tous les Inteftins dèifcichez pefentS^\oti robfcruation
de LofelittSi vnc liure de Medccme.
Ltm' longueur palfe pour l’ordinaire cnuiron ûx fois
celle de l'homme de qui ils font.
C’eft pourquoy la nature les a entortillez de plufîcurs
•circonuolutîons & anfraâiuofitez ,finon au commence-
mcnt&àlafin, pour n’empefeher leur entrée Sefortic. ^dUmeitf.
L’vfagedefes tournoyemenseft, i.aifin que l’aliment ne
coule promptement deuant que la coftionfoit acheuée.
1. De peiir que s’il coüloit incontinent^fa diftribution du
chyle n’eftant pas encore faite , nous ne fuffions con¬
traints démanger trop fouuent, & par ce moyen empef-
chez de vaquer à nos âjfFaires. C'eft pourquoy les animaux
qui ont les boyaux plus droits^depuisle vetricule iufqucs
4u fondement , font d’autant plus goulus. Ceux au con¬
traire qui les ont plus entortillez , font beaucoup plus fo-
’brcs.[C(*^r<?ia remarquécelaen vn grand mangeur, qui
n’auoit qu’vn boyau feulement , entortillé en façon de k
lettre S.;] g. Afin qu’il ne faille lafcher le ventre trop fou-
uent, comme font les animaux voraces,puis que les exerC-
mens peuucnt s’arrefteriong-temps dans ces anfraftuo-
^litez.
Ils'font y7/'«<rg^dans le ventre inferieur /dont ils rem- tuation.
■pliflentla plu$.grandpartdelacauitc.Ilsfont/iea:.enfem-
■blepar le mefentere, Rattachez au dos pas fon' moyen Ôc
parrentremife de l’Epiploon,&;font fouftenus dansles
cauitez de fos Uion. Leur eft mcmbraneiifc, fiance.
71 Lime fremm]
comme celle du ventricule, afin qu’ils puiiTent fe dilate?-
quand ils font pleins de chyle, d’excremens & de vcnto*-
fitcz. Celle des gros, cft plus efpai{rc,& cela d’autant plus
qu’ils approchent de la fin , comme celle de la fin du co¬
lon & le boyau droi£t.
iLtHn tmî. Leur fubftance peut eftrc diuisée en mis tuniejuts : la
^uts. Premitre propre & interne, cft ridée dans les boyaux gref-
Ics , 6ç dans le colon : Elle cft eftendue pour faire des cel¬
lules, autrement elle eft aftez nerueufe.
Vne certaine comme membraneuferenuironne
iJcroufie ^ qui eft engendrée des cxcremcns de la troi-
dansUsln- fiéme codtion. i. afin que les orifices des veines mefaraïw
t0Hins, ques nefe bouchent, z. depeur quels paflage continuel
du chyle ne rende durs & calleux ces orifices auec la tuni¬
que intérieure. La fécondé auffi propre & moyenne, eft
forte &■ a des fibres charnues. La rrwyîfiwe commune &
extérieure , cft née immédiatement des membranes du
mefentaire [finô We celle du duodénum & du colon qui
cft adhèrent au ventricule, prend fon origine de la mem¬
brane inferieure dèrEpiploon]& mediatemcntdu péri¬
toine. De ees deux tuniques propres, l’interne cft fouuent
offçnsée en la dyftcnierie , l’autre demeurant faine & en¬
tière.
Ils n’ont pas feulement des fihres tranfuerfes,comme
on'croit communément, mais aufli de toutes fortes: celles
delà tunique interne font obliques, & celles de la moyen¬
ne , tranfuerfes. Les droites qui font pour la deffenfe des-
tranfuerfes , font en petit nombre dans les inteftins gref-
lesjles gros en ont dauantagc,& principalement le droiél,.
quideqoit eftrc fort , à caufede l’amas qui s’y fait desex-
cremens durs.
Leur Graif. Les Inteftins font couuerts degraijfe par dehors, & par
dedans d’vne mucofité qui les rend gliftans, afin que les
cxcremens pafTent auec plus de facilité , & qucleur fenti-
mentfoit plus émoufsé,
ViulpAux. Lcm^vaiJ[saiix[ç\\à fe diftribucntprincipalemcnt cn-
trelaraembrane commune & les propres, Çontks veines
laüéeSf
Du ^ventre inferieur. 75
ïa^eesy](\m poitcnt le chylc au foy'e,[&: quelques autres
rameaux de la veine porte, [qui félon l’opinion cômune,
portent le fang pour la nourriture: Et les meres qu’ils rc-
çoiuent de la Coeliaque pour la vie, & pour les garder de
pourriture parleur mouuement. [Or /(•/<« eftime
que les inteftins ont ce grand nombre d’artercs & de vei¬
nes, I. afin que les excrements qui font dans les vaificaux
puifienteftre defehargez dans les inteftins, comme dans
le cloaque du corps , d’où vient qu’il y a des cxcremens
aux inteftins du fœtus, encore qu’il ne prenne pas l’ali¬
ment par la bouche. Z. afin que le fang puifleeftre porté
par la veine porte, & par le foye en plus graade abondan¬
ce, & parce moyen perfedionné par le foye. ] llsrcçoi-
uent auflî des delà fixiéme paire.
On diuife ordinairement tous les inteftins en
ttigros ou amples. Car bien que ce ne foitqu’vne feule
continuation depuis le pylore iufques au fondement,
route-fois, parce quelle eft diuerfc,à raifonde leur grof-
feur,du nombre de leurs anfraduôfitczjde leur fubftance,
fituation, figure & office, on en fait plufieurs.
Les Grejlesc\m font ainfi nommez,à caufe de latenui- Si les inten¬
té de leurs membranes, font fitucZjpartieaudeftusdu ^ins greÿer
nombril, & partie au deftbus, de forte qu’ils occupent la
region vmbilicale& l’hypogaftre au rebours des chiens.
D’où vient que les anciens ayans égard à leur fituation rutfoni
aux chiens, ont appelle les grcflesfupcrieurs, &Ies gros
inferieurs. Ce qui fetrouué faux en l’homme, qui en a
plus de gros au deffus du nombril, & danatage de grefles
audeffous,puis queceluy qui eft le piuslong,eftenbas,
& le ieiunum qui eft court, eft au deftiis. Par ainfi tous leS'
grefles font en la moyenne région , enuiron le nombril,
t. Parce qu’ils font les plus nobles. 2. Afin qu’eftans plus
proches du centre du mefentere,ils puifsé.t en rcceuoir les
veines & les arteres , & porter promptemept le fang au
foye. Les inteftins grefles, font trois ; le duodénum, le ie¬
iunum & l’ileon. Ils feruent à, perfedionner diftri-
bucr le chyle, parce qu’eftans eftroits, chaque partie du
I K • chyl*
75
Di* <v entre inferieur.
Explication de la Figure,
Cette Figure reprefente les vifccrcs de
l’Abdomen dans leurs ficges,
A. le cartïhge xipho'idede tos dufternon.
B. B. le pe itetne auec le diaphragme lescofles rompues,
replié en dehors»
C . le ligament, qui attache lefoje au diaphragme.
D. D. la partie connexe du foye.
E . vne portion de la veine vmhilicale > infer ée anfoye.
F. F. la face anterieure du ventricule plein de viande.
G. vne portion de la Ratte qui panche fur le douant.
les èoyaux grefes.
N . P • . S . T . V . X. Çef prefque tout te chemin du colon.
O. lebojauCacum.
N , cette partie du colon OH ejl la valvule.
N. P • chemin du colon depuis le rein droit iufques et la par^
tiecauedufoye,
V.Q^le chemin du colon, depuis la partie cane dufoye, le
long du fonds du ventricule iufqua la Ratte.
Q^R. le chemin du colon , depuis la Ratte iufqua Cos du
penil.
K- S. la remontée du colon vers le nombril.
S . T . /4 redefeente du colon vers l'tntefiin droit,
y. la partie plate du colon.
X. X . les cellules du colon qui paroijfent éleuées.
Y. le commencement du reélum.
e.f. les arteres vmbdicales.
g- la vefie de tvrine, où paroifi f < connexion anec te péri¬
toine.
chyle cft touchée par leur tunique & leurs vaifleaux.
Ecs^m fontainfi appeliez, parce que leurs tuniques gros.
lont plus efpaiircs 6c contiennent la portion cralï'e du
K ij
Lmr vfa~
ge.
Le Duede.
mm.
Itiunit.
\
Lkre Premier,
chyle. Ils font dcftincz pour recueillir & retenir quelque
temps les excremens. Ils font trois: le Cæcum, le Colon,
&leRcdum.ils font fitucz aux collez des giefles, & le®
enuironnent comme dVnecirconuallaiion , afin de faire
place aux grelles, &cmpefchcr par ce moyen qu’ils ne
fulTent prclTcz des gros.
l-'Vfage de tous les inteftins cft, d'ellre comme, vnc ter¬
re, d’où les veines mefaraiques,[àfçauoirles veines la-
.ûées, tirent & fuccent le chyle. Ccluy àt$ grejlesc^à^
cuire le chyle dauantage , & de le diftribuer. Et eeluy des
gros cft de contenir les cxcremcns du chyle, Icsvcntoû-
tez & la bile qui vient du foyc.
CHAPITRE XL
Des E^aux en particulier.
Le Premier boyau grelle qui cft couché fur le Pan¬
créas, principalement aux chiens, eftappellé iduode-
»»wparlesLatins,ecphy(îspar G aliène dodecâda^jlon par
Hero^hile iCommt fi fa longueur eftoit de douze doigts,
quoy qu’auiourd’huy clic ne fe trouuc pas telle en nos
corps , plus petits qu’en ceux des anciens [ linon que
peut-eftre les anciens ayent aulïi compris le pylore dans
cette mefure. ]
Il »4/^du pylore au collé droiiftvers refpine, oufous
le ventricule,où citant attaché aux vertébrés des lombes,
pardesligamens membraneux,il defeend tout droiél fans
faire aucun reply,& fc termine ou les anfraéluofitez com¬
mencent.
Il eft flus efpais que les autres grelles, & plus cHroiél,
afin que le chyle ne coule tout à coup.
[Il a vnc veine propre qu’on appelle Duodenique.
Vne artere du rameau droid de la Cæliaquc.
Des petits nerfs des ftomachiques.]
Lt fécond dknômé leinnnmip^tce queloplusfouucnt
Du fv entre inferieur. y y
bnletîouitcvuidc, principalement aiixdifFedions ji.à
caufe de la multitude & grandeur deS veines mefarai-
queSjà fçauoir des veines la£tées ,pouryeftreen nombre
prefque infini, fnçcantcsincôtinentlaplus grande partie
du chyle, a. à caufe de la liquidité du chyle qui pafie. 5. à
caufe du voifînagedu foye. 4. à caufe de l’acrimonie de
la bile. Car le méat cholidoque entre au commence¬
ment de ce boyau , ouàlafin du duodénum , portant la
bile dufoye , pour exciter la vertu expultrice.
[Sa membrane interne eft plus longue que Textericure,
e eft pourquoy elle fe fronce en plis , pour retarder le chy¬
le qui paffe par là.
II prend les vemes de la Mefentcrique droide, qui font
aufli communes aux autres inteftins, exceptéle redum:
ks4rteres du rameau Mefenterique fuperieur.Et les nerft
du rameau de la fîxicfmc paire, qui s’eftend iufquesaux
racines des coftes.]
Le troifiefme nommé par les Grecs Iléon , qui deriue du
verbe I?///^I?4ic.entortiller,& par les Latins V’elvulmi à
caufe du grand nombre defes circonuolutions , qui fer-
tient à retarder la viande, [c’eft pourquoy aufliilamoins
de plis.]
Il prend foner/^m# immédiatement du leiunum, oà
fort peu de veines Mefaraiques s’inferent.
Il finit au Cæcum.
Il eft jimé fous le nombril vers les Iles & les hanches
des deux coftez.
S'i.longueHY^^ de vingt & vn empans, & fa largeur dVn
doigt. Mais la longueur du leiunum n’eft que de douze
ou treize empans enuiron , & fa largeur dVn petit doigt,
finon lors qu’il eft enflc.Et comme l’Ileon eft fous le nom¬
bril, ainfi le leiunum prefque tout entier prend fa place
au defius du nombril , auec beaucoup de ces circonuolu¬
tions.
Il n’y a que l’Iléon de tous les boyaux qui puifle tom¬
ber dans la bourfe, d’où vient la hernie inteftinale. C’<ft
diiiscétinteftin qucfefaitlcVolvulus, ou paffion Ilia-
. . . ' K iij que.
L4 hernie.
Pnfsion
ilin^ttey
7 8 LiursPremter^.
Explication de la Figure,
H. le ?jlore lié auec vne portion du ventricttlc^
I. K. le Duodénum-
L. le commencement du letunum.
t.cx.^J’Ileon.
M. la fin des hoyaux grejles-
O* le Cacum.
2. le méat Cholidoque-
que, dans laquelle onrcndleplusfouucntics exetemen*
par la bouche.
I)u "S} entre inferieur, 79
[RtoUn aremai-quéquelqncsfois en l’ilcon, trois ap¬
pendices membraneufcs fcmblablcsau Cæcum.]
Le premier ^ros boyau eft appelle C^mm. i. àcaufeque L« j-m
fon vfage eft obfcui 6c inconnu aux adultes , mais que hoymx.
l’on dit feruir au fœtus pour receuoir les excrcmens. z. l-eQe-tum.
Parce qu'il avnfeul trou, d’où vient qu’il cftappellé wo-
Carc’cll vne certaine petite appendice en for¬
me d'vn ver oblong , qui naillant du commencement du
Colon & de la fin de l’Ileonjpar vne fubrtace affez efpaif-
fejfeioint au rein droit par Icmoyendu péritoine, &efl:
entièrement détachée du mefentere.
Stlonguenrc^ de quatre doigts, fa largeur y
mais fa capacité cft forteftroite.
Les anciens ont entendu par le Cæcum , vne partie 2;* Cecum
ronde & propre à contenir, au commencement du Co- desunciës.
Ion , d’où vient que Galien a dit que l’vfage du cæcum eft
de recueillir la portion du chyle, que les veines mefaraï-
quesauoient laifté palTcr.
Le feeondàcs gros cft nommé colon y du verbe grec Ko- Le Colon.
îaz,efihai y qui fignifie tourmenter , parce que c’eft là où fc
font les douleurs delà colique.
Sa y;f«4r/o»eftdiuciTe, car fon commencement qui cft
rond & qui a plus de capacité, naift du cæcum dans l’ilc
droit, prés du rein droit, auquel il eft adhèrent-, de là il re-
biouffe chemin en haut fous le foye , où il s’attache quel-
quesfois àla vcflîe du fiel , duquel il prend fa coulcuriau-
ne. Il pafte plus auant de trauers fous le fonds du ventri¬
cule , 6c à gauche il eft ioint à la ratte , par des membranes
déliées , 6c puis au rein gauche , où il fait des anfraéàuofi-
tez fort obliques, qui retardent aifement les excrcmens
Sc les vents, & delàs’cn va finir tout droit au Reétum.
Parce moyen il enuironne prefque tout l’abdomen ,&
tantoft il monte , 6c tantoft il defeend : D’où vient ordi¬
nairement à ceux qui defehargent le ventre, qu’ils ne le
vuident pas tout d’vn coup , mais les deieélions fe font les
vnes après les autres, afin que les excrcmens puiflent eftre
retenus plus long-temps, ôc ne coulent tous cnfcmble,
6c qu’il
Dti fV entre inferieur'. 8ï
Explication de la Figure.
Elle reprefcntc les gros boyaux, la valvule du Co¬
lon , & les tuniques des inceftins»
M. U fin des intefiins grefles*
N. le commencement des gros boymse*
O. le Cétcum.
* le boyau dijfequé pour faire paroifre la vahule>
t la valuule du colon de la Figure tyua voulu Bauhiti.
V,ds 'H. vers P. la continuation du colonj depuis le rein droit j
iufques au foye-
versQ.» la continuation du colon le long du fond
du ventricule > du foye vers la Rate.
R. de Qjym R.^^ la Rate vers l’os dupenil ioàparoiffent:^
fes plis, qui retardent facilement les excremens^ lés
ventoftez,.
S. de R. vers S. le retour du colon vers le nombril.
T. de S. vers T . le colon defeendant derechef vers le ReUum»
Y.Y.V. le fege plat du colon.
X. X.X.X.X. les cellules du colon ejîeuees.
Y, le commencement du ReÜum,
a. le mufcle fphinÜer du fondement.
b. c. les mufeles releueurs du fondement .
d'. le fege du Re^um , oà il s’attache ordinairement à lai-
verge des hommes, & *u col de la matrice des fem^-
mes, par l’entremife d'vne fubfance mufculeufe.
b. la tunique interne des inteflins.
i. la tunique moyenne des inteflins.
K. K. vne portion du mefentere , qui attache le ReBum k
l’es facrum , & luy diflrihue vne troifiefme tunique.
I*. L. la troifiefme tunique des inteflins , qui naifldes mem^
branes du mefentere.
& qu’il ne foit toufiours befoin dclafcher le ventre •, â
quoy feruent auffi fa grandeur & fes cellules.
Car il eft long communément de huid ou neuf pauI-
s 2, /Jure /remleft
; mes de main ôi le plusiargc&lcplus ample de tous.
Il a rcceu des cellules, afin que fi quelque chofe de dur,'
n’apeu eftre bien digéré, puille y eftee retenu & cuit pins
long-temps, & eftre enfin enuoyé au foyc par les veines
■ tneraraïqiics,[à fçauoir les laûées,] qui fe porter en grand
nombre au colon; & afin que ces cellules nefe deflient,
6c qu’eftans ramaflees en foy , elles facent parinterualles
de grandes &dc petites cauitez, elles font entretiflliesd
la partie fuperieure par le milieu, d’vn cmün Hgâment de
la largeur du doigt moyen, quepeud’Autheurs ontdcf-
crit.Il a au'lïi, à caufe qu’il eft amplc,deux forts,
l’vn en haut, & l’autre en bas , afin qu’il foie attaché aux
- ' parties fuperieures & inferieures.
[bn voit par dehors le long du colon quelques petites
appendices degraiffe, depuis la rate iufques au commen-
.cementdu redum, comme RioUn é'Spigtlius ontremar-
qué :doni rvfageeft d’humeder cet intdftin,afin que les
/cxcremens coulent plus aifément. ]
L/t Valuule , Uy a au commencement du colon, vne t;4/'y«/f,cfpâil^
ria Colon. ^ membrancufe , quia efte trouuéc par Bauhin , qui
regarde en haut & non en bas , comme dit Dh LAurens'y
car les excrcmens montent de l’ileon au colon , & ne def-
cendent pas,à caufede lafituation. Lagloircde la pre-
micreinuenrion de cette valvule, femble eftre deue à
lomon Aubert Anatomifte de VVitemberg, comme. cela
fe, voit clairement vers la fin de Ton appendice aux trois
harangues qu’il a miles en lumière; Et par les obferua-
tionsde 5'c^tf«c/^»/liu. 5 t-ir. de \:l\coï\t Far oIh s ^ que l’a¬
natomie auoit rendu célébré en l’Academie de Padouc en
l’an 1571. s’en attribue 1 inuention àtxizwhBaHhin. C’eft
pourquoy J?w/4» eftime , qu’elle luy cftpluftoft dcué qu’à
BAuhiij.
Comment troiiue en cettc fortei L’eauoù le fouftlc ne peut
die fe paffer dans l’ileon, par le Redum , fi ce n’cft auec violen-
tfouMc. ce : MaiS'i’eau la ruine quelque peu.
Les Autheurs ncis’accordent pas quanta fa figure 6C
)Op,mbrc. CatXaaSîparlccdc-ceuxqui ne la veulent point
Du centre Inférieur: 85 '
fcconnoillfc, qu elle cft vnique, & que fa
figure rcfTcmblc à celle dVnc ongle. Piccolomim dit qu’il
y en a trois au Cæcum, qui regardent en bas , comme cel¬
les du cœur. Nous l’auonsfouucnt cherchée enpluficurs
corps, à Padoué, ôcl’auonstoufîours trouuée vnique &
d’vnc forme circulaire.
[ Nk-TnlpHs homme de grade pratique & expérience, S/i wayi ■
a forebien reprefeftté toute la ftruéture de cette valvule:
il dit qu’il y a vn cercle duquel pend vue membrane lar¬
ge de deux doigts, & formée de telle forte qu'elle peut
fermer lafortic del’ileonj deuanr lequel ellccfl: pendue,
comme vne courtine ou vn voile lafehej Or lalargcur de
cette membrane pendante eft fort inégalé, car du cofté
qu’elle regarde l iléon, elle s’eftend lafehement , & eft lar¬
ge de deux trauers de doigts, mais tant plus elles'efloi-
gne de là , tant plus elle s’eftreflit , de forte qu’elle fe perd
entièrement prés du milieu de l’inteftin (car elle va iuf-
ques U) & finit au cercle membraneux qui fepare par
dedans l inteftin colon du cæcum. Cette largeur inégalé
fait necefTairement cette forme demy-circulaire , que l’on -
voit enl^ valvule eftenduë par art, comme la plus petite
figure le reprefente naïfuement. Or cette membrane eft t
attachée par haut, à ce cercle fibreux qui borne le colon,
mais elle eft affermie pat deflbus, ou pluftoft retenue fer¬
mement par deux petites membranes déliées , qui fortent
des deux coftesducoftédecet orifice, par lequel les inte-
ftins grefles fe defehargent dans les gros il’vfage de ces
liens , eft d’empefeher que la valvule ne chancelle , car ils ;
l’attachent â l’ileon : mais la p,irtie inferieure de la vai«!
vule eft ,cn liberté. ]
DuinjtyitYî InferiettY.
Explication de la Figure.
^ La Valvule Inteftinalc.
a. VileoH.
b. le CACum,
c. c. c. le colon-
d. d. d. d. U valvule fendante.
e. l’entre'e de 1‘ iléon,
i. i. le colon diuisé.
g. g. la tunicjHe interne du colon.
h. h. la valvule ejleuée.
i. le commencement de Vtleon.
K. K. K. le cercle.
1. fa connexion auec t iléon.
. Son-y/rf^?eftd’empefcher queles cxciemcns greffiers
le les vents ne repaffient & dégorgent des gros boyaux
dans les greües,fur tout dans vnc puiflante excrétion , ou
mcfmc lors que le verttre eft conftipé>ce qui pourroit çau-
fer le vomifl'emcnt des matières recales. C’eft pour cela
que la matière des lauemens ne peut j félon lecoursdela
nature, paffier dans lesinteftins grefles.
[Le Colon tire hs veines & les artères fous le ventricuio
de rEpiploïquepoftericure. Mais au cofté gauche ilala
veine hemorroidale, & l’artcrc hemorroidale de la mc-
fenterique inferieure. ]
Le dernier des gro s eft nommé ReUumi^CAü^c qu’il LeKedtm.
s’eftend tout droit ( par les Barbares longanon) &c finit âVL
fiege : Car il va droid en bas, depuis la partie fopcricure
derosfacrum, iufques àl'cxtremité du croupion, auf-
quels il eft attaché fermement parle péritoine, de peur
qu’il ne tombe-, Il eft auffi adhèrent aux hommes à la ver¬
ge,!: aux femmes au col de la matrice, par le moyen d’v-
nc fubftance mufculcufc. D’où vientla fympathie entre
ces parties, tant aux hommes qu’aux femmes; principale-
L iij
D» S%e.-
l e S^hi»-
Lkre Premier,
ment entre la matrice «kcét inteftin ,carrinicftin eftant
vlccré, lesexcremens fortenc fouuent par la partie hon¬
te ofe.
Il cft long dVn empan & demy, large de trois doigtsill
eft aufîî gros & effais , & ades appendices de graiffe, qui
font adhérentes extérieurement.
[Il reçoit les <veines du rameau hypogaftriqiic de la vei¬
ne cane.
Qiuatre tterfs s’inferentà fon extrémité, qui rendent
cet inteftin fort fenfibic, comme cclafevoit auxefprein-
tes qu’on appelle rcnefmes.]
Sa fin s’appelle jtege ou fondement, qui a trois mufcles,
defquels on en pourroit peut- cftre faire cinq.
Le I. cft nommé Sphincter» parce qu’il ferre le fonde¬
ment. Il cft circulaire & enuironne le fiegc, comme vn
anneau affez large ; de forte que fi on en coupe quelque
partie aux fiftules & autres maladies, fou vfage ne Ce perd
pas pourtant tout à fait,
‘ Fa/lope & d’autres aucc Galie/f, font deux mufcles de
ceux- cy,parcc que fa partie fupericurc cft plus efpailTc, &.
l’inferieure cft attachée infcparabicment à la peau,dc mef-
me qu’au front & aux paupières. C’eftpourquoy GMien
a appellccetiepartic , vn mufcic. peaufTaire , ou vne peau
charnue.
Il naifi des vertébrés inferieures de l’os facré , &: enui-
ronne vn long cfpacc du fîcgc par des fibres iranfucrfcs.
Il eft attache par dtuant. i. au conduit de la veffie , par
des liaifons fibreufes. a.àlavcrge, donnant à fes mufcles.
leur origine. 3. au Wdc la matrice. Par derrière , à l’os du
croupion qui eft deflbus. Et aux cojîc 7 par les ligamens
qui fortent de l’os facré, vers l’os de la hanche. Son vfage
cft de ferrer le fondement, afin que nous ne foyons obli¬
gez de rendre lesexcremens contre noftre volonté. Com¬
me cela arriue,lors qu'il cft paralytique ou blcfséiDe mef-
<nc que le fphinélcr de la vcftTic eftant blefte, l’vrinc couU,
inuolontaircmcnt.
II. :& III Les deux antres ont leurs infertions à la par-.
Bu l>sntre inferieur. 8 7
tic rupcrieurc da fphiiidcr fort impliquées aucc elle. Ils
font appeliez les releuenrs dpi parce que leur vfage cUt rele-
cftdc retirer en haut le fiege dans fon lieu, après l’excrc- «««r/ </«
tion.fur tout quand clic s’eft faite auec des grands efforts.
D’oùvicntque lors qu’ils fontaffoiblis ou paralytiques,
tantoft le fiege fe retire auec peine, & quelques- fois il
demeure pendu dehors.
Ces mufcles font fous la veflie larges & deliez , &
prenent leur origine des ligamens du penil , de l’os facré
& de la hanche 5 c’eft pourquoy ils fc portent en bas, vers
les parties droite & gauche du fiege, qu’ils enuirpnnenr.
Or ils ont vne certaine portion particulière & diftinde,,
adhérente à la racine du penil & au col de la matrice, dont
on peut faire vn troifiéme mufcle diftinddes autres.
CHAPITRE XIL
T) U ^!MefentcŸe.
Le Mcfentcre eftainfi nommé, parce qu'il eft auimi- Le nàm iu
lieu des inteftins j non pas ainfi que veut Oceràn, Mefentite.
comme s’ilcftoit vninicftin môyen, mais parce qu’il lie,
embra(re & cnuclope les intcflins,com me vn cercle & en
rond lileftaufli appelle Mefar^to» t Ga:^ l’a traduit dans
Arifiote par Laths-
li eft ■t/»/^«e,quoy que d’autres le diuifent en mefaraton
'OU raefentere, & mcfocolon. Celuy là eft au milieu du
ventre, & lie les boyaux grcAes :Celuy-Cy quiattachele
colon à droide & à gauche, eft adhèrent au Redum par
fa partie inferieure.
Sa Figure eft prcfque circulaire ,• il eft cftroit en foU
commencement- mais en fon progrez vers la circonféren¬
ce, il dégénéré en plufieurs plis ,[pour rcfTcrrerla lon¬
gueur des boyaux. Car vn empan du Mefcntereen cm-
brafté danis vn petit efpace plus de 40.des inteftins. ]Il dc-
ttient oblong aux coftez,.princ}p;dement au gauche, où il '
dcfcentl
Du Ventre inferieur^
/ . -1 ’
Explication de la figure,
litfremtere figure reprcfcnre le Mefentere , commeil pa-
roift dans le corps , tous les intcftrns grefles cftans let-
tez aux coftez.
La fécondé, U mefentere arraché du corps.
A. Bé C- D. lés portions du péritoine , iettees aux: cefietben
dehors,
‘E.'E.'È.les hyaux grefés-
Fi le C(tcum.
G . G . G . /tf Colon qui enuironne les grejles’,
H. le commencement Re^um,
I . la vejfie de l'vrine , où ef le péritoine j efi adhèrent", fur
tout en cette partie , .ou Jl luj porte me fécondé
tunique,
le centre du mefentere-i, cette partie du dos , ou il
prend fon origine des membranes du^peritoine , qui
attachent en ce't endroit aux vertébrés , la grande
artere & la veine cauci'
L. L. la. pim grande glandule du mefentere, nommée par
Alellius , PancreaSy ou toutes les veines ladies font
attachées.
M. M. les glandes qui font entre les vaijfiaux qui vont auX'-
inteftins.
N. N. O. 0.0. lapante du mefentere qui attaché au dos
les intefiins grejles.
partie du mefentere qui s'attache au colon , depuis lé
rein droid , iufques au foye.
membrane de L'Epiploon inferieur, qui tient iey la
place du mefentere, liant au dos vue partie du colon,
qui efi efiendus au fonds du ventricule >
S. la partie du mefentere , qui attache le Colon, qui j’e-
jlend depuis la Ratte iufques au Redum.
S* T. la partie du mef .i"tere qui lie le redum au dos.
y* les deux membranes du mefentere feparees auec les
M.
]jme Premier^
OKgîes, entre lep^uelles pajfent les vttijfe^nx
la graijfe & les glandes font contenues»
X. 'la première membrane du Afefentere»
y. la fécondé membrane du Mefentere»
defceud iufqucs au dioift. D’où vient qiie G^ù'e^ a fait
mefentei'eSjlc dïoid,le gauche & le moyen. ^
r«»- [Sàgrandeur du centre à la circonférence, eft d’vn em-
pan,& fa longueur &circonfcrence de trois aulnes, ]
ipne. Il prend fon origine à la première &: troifiefmc verte-
h?:e de,s lombes [ce qui eft cau-fe ^ commelon croit, ds
Du yentre înfermrl pï
cette grande corrcfpondance des lombes & des inteftins]
©Liles fibres membraneufesfortent du péritoine, qui fc
changent en de fortes membranes , entre lefquellcs fc di-
ftribuent les veines msfaraiques très- déliées & en très-
grand nombre , deuenans peu à peu plusgrandes&en/*^'*"^*
plus petit nombre. [Mais nous en parlerons plus^aulong
au Liuret i .chap. j-jCequcnousvenons dediredesvci-
nes jfe doitentendre des ancres. Il reçoit aufli des
de ceux de la fixiefmc paire , qui s’eftendent aux racines
des coftes,. & de ceux qui viennent des vertebres des
lombeSk
Il eft parfemé àt glander i pour remplir les efpaces
conferuer la chaleur. [La plus grade eft à fon origine, que des.
jijfêlhm après Fallo^e appelle Pancréas : Il cftime auec
beaucoup dè vray-femBlance, que les veines ladees pre-
nept leur origine de cette glande,parce qu’elles s y aftem-
blent & s’y vniffent toutes, & delà fediftribuent en bas
& en haut vers le foy e. D’ailleurs fa couleur eft fcmbla-
ble à celle de ces veines, qui ont cela de particulier, qu’cl-
lesfont entrelaftces par tout fon corps, par des merueil-
leuxentorrillcmens & anfraduofîtez;
Il eftenuironné de graijfe comme l’Epiploon, qui s’y %a gra'tjfe*
concrée & amafle dufang gras qui coule & exude des
vaiireaux,& qui eft retenu par refpaiireurdes membra¬
nes. Son vfage eft de conferuer la chaleur de ces parties,.
& d’aider en quelque façon à la préparation du chyle. ]
L’vfage des glandes eft i.defouftenirles diftriburions
de la veine-porte & de la grande artere. C’eft pourquoy des glddes-,
les plus grofl’es glandes font aux enuirons du centre du
mefentere, parce que la diftribution desplus grands vaif-
feaux & plus preifez, fe fait là. Au refte fi ces-glandes
ont quelque feirrhe, tout le corps en deuient maigre &
deffait, parce qu’elles preftent & occupent les diuarica,
tions des rameaux de la veine porte, & rendent par se
moyen le paflage de l’aliment moins libre. 2. D’humeder
les inteftins, [par le moyen des humeurs qu’elles fuccent
jdes parties. Sfi^elm n’approuuepointcct vfage , parce
fDtihUfen-
tere.
.Des mem-
brmes.
:L4ful>Jlan.
ce du Pan-
(reds.
Situation.
Vatjfeaux,
’Lmre Premier,
qu’il y a des animaux qui Tant, auoir ces glandes , ne laif-
Xent pas délire gras, & d’autres au contraire font mai¬
gres, cneorc qu’ils enayent. Mais cette raifon ne rcnucrfc
pas nofirc fentimcnt, parce que ccux-llontvnfuc très-
bon qui n’a pas bcfoin d’cftre purifié , & ceux- cy en ont fi
peu qui foit bon & nourrifiant, que ccs glandes ne le
peuuent purifier autant qu’il faut.]
Vvfage du mefentere eft d’eftre le lien commandes
inteftins, afin qu’ils foyent attachez aux vertébrés des
lombes: & ccluy de fes deux membranes, eft , afin que les
vailfeaux pafians entre deux , comme par vn chemin plus
afleuré, aillent fe rendre aux inteftins.
CHAPITRE XI IL
Du ^(increcvs.
Le Pancréas fignifie en noftrc langue tout charnu. H
eft pluftoft tour glanduleux, lafche & informe, [long
de trois ou quatre doigts, rcueftu d’vne membrane déliée
que luy donne le péritoine], & qui lèmble dans vn corps
fort gras, comme vne.grailfe, qui eft nommée de quel-
ques-vns vne graifie & humidité boüeufe. Les autres
rappellent Callkreas , & auffi LuBes , àcaufe de la blan¬
cheur & moUclTe.
Sa JîtMaùm eft fous la partie pofterieure du fonds du
ventricule ,& fous le duodénum & la veine porte, iufque«
aux régions du foye&: de la rate.
Il ndifiàh première vertébré des lombes. 'Son paren¬
chyme eft blâme au railieurfes veines fontfle rameau fplc-
nique , ] fes arteres[ le rameau gauche de l'artere cœlia-
que:]fes nerfs [qui font ceux de la fixiemc paire qui vont
au ventricule & au duodénum.] Il a auffi des glandes.
^ [llaoLitreccs vailTeauXjvn autre cWwr membraneux
d’vne conftitution particulière, cftendu le long du pan-
creas tantoft obliquement U quclqucsXüis en droiteii-
Dti 'ventn inferieur, ps
■gnciqui n’a point eftédefci it iufques icy par aucun des
^natomiftes , & qui a cfté dccouuect premièrement i
Padouë l’an 1^42- en noftre prefence par/o. Georgius Fir-
ptngf*s Anatomiftc fort diligent. Ce canal a vne infigne
capacité & les parois fortes. Il eft d’ordinaire vnique, en.
cote qu’il l’ayc aufli remarqué double, entendus tous deux
paralellement -, fon orifice eftouuertpar vne grande ou-
uerture dans le duodénum , prés de 1 entrée du méat cho.,
lidoque, auec lequel il eft ioint quelqucs-fois par vn
mefme orifice, mais le plus fouuent conioint par vn cercle
voifin different , ainfi que ie l’ay trouué ^yxQc Virfmgus,
La valvule qui eft au deuant de la fortie , regarde en de¬
hors &ne laitfe point entrer la fécondé par le duodénum
dans ce nouueau canal. De là ilfe trainc partout le corps
du pancréas, réfpandant des deux cofteît vne infinité de
petits rameaux, iufqu’à ce qu’il fe termine^ h rate par va
chemin tout droit &infenfiblcmcnt;par des petites bran¬
ches fort cftroites & bien arragées. Or il n’entre pas dans
la rate, encore que ’Folius m’ait afleurc qu’ill’a remarquéj
ilfemble qu’il ne doit pas y entrer, parce que ces rameaux
fe perdent également-, deuant qu’ils touchent la rate, &
cette cauitéqui eft eminente vers les inteftins, difparoift.
'On ne voit aucune humeur dans cette capacité , mais
quand on.y metlafonde,e{ie enfort le plus fouuent teinte
de couleur iaunc & bilieufc, & fes parois ont la mefme
-teinture,deforte qu’il fcmblc qu’ordinaircment il y ait
de la bile, ce que noftre rmylean Van iïbrw a veumani-
feftement à V enife, le vailfeau de la bile eftant plein dans
-vné diarrhée bilieufe.
L'vfage de ce nouueau canal n’eft pas de porter le chy¬
le du duodenumà la rate, 1. parce qu’il ne touche pas à la
rate. 2. La valvulé empefehe l’entrée du chyle. Nyaufli
de tranfporter la melancholic de la rate , à quoy font de-
dlinéeslescapfules atrabilaires: mais comme iecôicélure.
1. De purger la bile faite, ou dans la codion du pan¬
créas , ou dans la rate , car l’vn l’autre font tenus pour
des foyes fubfidiaires. 2, De
M iij
IJure Premier y
Du> fv entre inferieur.
95
Explication de la Figure,
I llereprefcnte le Pancréas diflTeqné, félon les Figures de
F virfungus , Sjlmm , & Fvdms.
h^h.k.U partie fuperieare dn Pancréas dijfequé.
B. B. B./4 partie inferieure du Pancréas dijfequé.
CGC. le conduit nouueau du Pancréas.
dddddd./« petits rameaux de ce conduit¬
es e. la veine fplem que , qui a aujji vne infinité' de petits ra¬
meaux , qui ne font pas reprefentez. icj -pour éuiter
la confufion-
iîî. l'Artere fplenique qui a aujft vne infinité' de petits
rameaux qui ne font pas reprefentez, icy-
g g g. vne portion du duodénum.
h. h. le méat cholidoque inféré au duodénum.
i. l’orifice de ce méat cholidoque.
K. P orifice du conduit du Pancréas.
1. 1. la partie ca'^e de la Rate.
rn.in, l'infertion des vaijfeaux fplenique s a la Rate.
N . vn rameau de tartere cœliaque fom le Pancréas.
2. De rcceuoir'îes cxcremcns du fang arterieux da
eœurôi delà rate paries i-ameau'xvoifuis de l’artere cœ¬
liaque.
3. De purger l’excrement du chyle préparé & feparé
parle pancréas dans leduodcnum , comme eftime Fortu-
nius Licetus &i. lo.Fcfiingius, encorequ on n’aiamais vea
du chyle dans ce conduit ou quelque cxcremcnt.]
Qithsvfages de tout le pancréas font , i. d’appuyer les
vaifléaux qui pallent , comme les rameaux de la veine
porte, de l’artere cœliaque & des nerfsifur toutle rameau
fplenique. 2- D’aider la digeftion du ventricule , quife
fait par le moyen du chaud & de l’humide. 3. il fertaa
vcntriculecomme d’oreillcr;[d’où vientque s’eftant pe-
i^riEé en vne certaine vieille femme. Romaine , illuy cauia
5,(5 Premier y
touslcsiours des vomiflemens, & bien- toft l’atrophie gc,
la mort , comme tefmoigne MonjteHr Pancirole en fes ob*.
feruations. 4. De fuccer le fang fercux qiii pafTc , & le
purifierpar le moyendes glandes. 5 De faircl office de la.'
Rate alfedée dans les corps valétudinaires & melancho-
liqucs, comme Riolan enfeigne par Tcxcmplc de rilluftrc
PrefidentdcThou, quiauoitle Pancréas auffi grand &
auffi pefant que le f^oye. Il cftoit toutefois tout fcirrheux,
mai'slefoye cftoit endurcy, rond &: plein dVne pituite
femblable au plaftre : la Rattc eftoit fi petite , qu’à peine
pefoit elle vue once.]
GHAPITRE XIV.
Dt^foyev
I Vfques icy nous auons parle' des organes qui font dé*.-
putez àla première codion ouchylification. Il nous ;
faut maintenant difeourir de ceux qui feruent en quel¬
que façon que cefoit à la fanguification : Entre lefquels ;
le foye eftfans doutele premier &le principal.
Le foye eft vue partie organique , quia fonfiege dans .
le ventre inferieur immédiatement fous le diaphragme, ,
[au cofté droidj] qui eft l’organe de la fanguificationjôc le
principe des veines.
Les Grecs le nomment héfar, d’vn mot qui lignifie
difette, parce qu’il fubuient à la ncccffité des parties , ÔC
Veurquoy Latins lécur, comme qui diroit iffxta cor,c‘e9L à dire, .
il efl le prés du cœur. Il eft appellé le prweipe des veines t parce
pincijte des que les racines des deux plus greffes veines, la caue &la
Te ’mmbre 7 cfpatfes, comme les racines en terre.
Il n’y en a qu’vn ordinairement, & rarement deux:
Mais il arriue plus rarement qu’il n’y en ait point du tour,
[commeon a remarquéçn Mathias Oithclius.j
lExplîCstm
Bm ventre inférieur. 97 .
ExflicMian de la Figure-.-
la partie conu exe du foyç aucc le tronc:
de la veine cauco-
A. A- U partie connexe faperieure é’pofierieftreda foyes
B. B;- fa partie comexe inferieure & pofierieure.
G, la veine cane aX endroit où elle perce le diaphragmes,'
& luj difinbui . les veines phreni^ues.
D.E. le tronc de la.veine caue^ comme il efi adhèrent àU’
partie pofierieure du foje.
F;. G. les ligamens qui attachent le foye au diaphragme.
H. vne portion de la leine porte.
!• la fmuoftte' du foye à l' orifice gauche du ventricule.
S&fituation cft au ventrcinferieur fous le diaphragme
(ce que Hippocrate & airifiote ont bien feeu ) prés des co^ t/pss
ftes,& pourlaplus grand’ part aThypochondre droit, du¬
quel il cft efloigné d’vn trauers de doigt, afin quefon
raouuement ne loir empefehé :C’cft pourquoy la tumeur
du foye caufe la difficulté d’halcinc. Celuy dcsoyfcaux
cft cfgalcmentfituéà l’vnôc l’autre cofté, commcill’cft
ptefquc auffiauxcf?/r«/ qui ont la Rate grcfle 5c longue.
N . Sa fitua- ■
^ T)i* of entre Inferieur,
Explication de la première Figure,
Elle reprefcnte la partie eaue du foye.
A. le foye couuertde f4 tumejue & fhreux en fa partie cafte»
B. la veine porte & fa for tie de la partie caue du foye.
G. Veux troncs de la veine caue prés de la pa nie cenuexe
■ du foye.
D. Ùtfortiedela:veine‘Vmhilicaledufoye:
B . la vejfie du fet fituéeen la partie caue du foye. .
F. le: méat choUdoryue nommé cyjHqHe.
G. . l'autre canal de la bile, nommé hépatique:
H. tartere qui vient du rameau caliaque a la partie caue
du foye.
I\ vn rameau de cette artere, qui entre dans le foye.,
K. -y» autre rameau de la mefme. artere , qui va k la vejf e
du fiel.
L . vn nerf de la fixiéme paire du cerueau > qui fe porte au
foye O..
M . le petit lobe qui s’efiend iufqua. l’Epiploon, pa r lequel
' le foye efiant plein d‘ eau, fe vuide quelques- fois.
les eminenees du foye > qu on appelloit anciennement
portes.
A. le fonds de là vejfie du fiel, qui s’efieue hors du foye-.
à. le canal commun, qui fe fait de l' affemblage des ra*-
meaux.du conduit hépatique.
Explication de la fécondé Figure^
Le foye fcparé de fon parenchyme.
A. vne portion de la diine, caue.
B* le tronc de la veine porte , qu* fort du foye.
G. la vejfie du fiel.
0. la veine vmbilicale qui aboutit au rameau de là, veini
porte.
.ZnfiMt.
Dmfiin.
1 0 0 Uurs premier^ %
E. rt^refente les rameaux de U Verne porte> '
F. les rameaux de la veine cane , ^ui fe joignent anec ceux
de la forte.
G. les dnatomofes des rameaux de la veine caue de la
forte.
H. les veines nommées cafillaires , farce qn elles font fort
déliées-
Sa fitaationTe change rarement aux hommeSyàe Cotte que
iefayefevoyeau cofte gauche ,& la Rate au droiâ:. Oni
(e couche doucement ïur la partie du ventricule ante¬
rieure & fuperieure., ôc principalement fur la droite:
Q^Iqucparties’eftcndaufîîà la gauche. Quelques vns
€Û'\mtmqu./4rifioten’iL pas lèeufa fituation, parcequ’il a
àith^perde to dUz.omAy^c. qu’ils traduifent , le foye eft
iîtuéaudefîusdu diaphragmcj aulieu qu’il fautinterpre-
ter ces paroleSj outre ou au delà du diaphragme ,oar c’eft
ee que fignific /j^y?er, quand il eft auec l’accufatif , au lieu
qu’auec le génitif , il fignifie deftus ou au delîus.
Orparce qu’il deuoit faire place au diaphragme, il a
receula j^/ÿrerupcrieure& extérieure aflez ronde, con¬
nexe ou bofliië , cfgale & polie, où eft aufîi par derrière
vne finuofité oblonguc pour le paflage de la veine cauco
Etàcâufc du ventricule fa partie & infcricuro
e^caue- C’cftpourquoy cette partie eft appellée caue, &
eft auffi plus inégalé, ayant deux lînuofitcz,!’ vne à droidc
pour la veffie du fiel, l’autre à gauche , pour le paffage du
ventricule. Or le foye eft à droiû rond & ample, & à
gauche, eftroid & pointu.
Q^elques-vns diuifcntle foye en panie droiSle
ehe, au milieu defquelles eft vne petite fifture, où la veine '
vmbilicale cntre.il eft pour l’ordinaire tout d’vne pièce
en l’hôme.f Mais a remar qué icy vn certain pe¬
tit lobe, dont la chair eftoit plus molle que celle du refto
dufoye,quieft enuelopéd’vnc membrane fubtile & dé¬
liée , quis’eftend iufques à l’Epiploon , & quifertquel-
•qucfois i cuacuer l’eau dont le foye eft tcmply. Quaf-t ît
Du>nj entre inferieur. I o r
ccluy Hes beftes , il c(l diuisé en plulieurs parties , qu’on
appelle lobes ouaiflevons ,qui couurcnt 8c embralTent
comme l’on dit, le ventricule , comme fi c’eftoientdcs
doigts. C’eft donc fans raifon, que G’4//(î« a voulu quele
- foye de l’homme fut diuisé en lobes , ce que Fernel a
neantmoins remarqué vne fois : Si ce n’eft que nous di-
•fions pour la deffence de qu’il a entendu certaines
tuberofitezdu foye , qui fe forment des troncs des vei- èes aux
nés } (ÿ'C 1 hommes.
Il eft fort gros efr grand en Thomme , aüfîi bien que le
>eerucau, non feulement pour la nutrition, comme aux
*bcftes , mais aufli pour la formation des cfprits animaux>
•qui fediflipent fort fbuuent ( & qui s’engendrent des vi¬
taux, & ceux cydü fang) àcaufedes diuerfes & infinies
ffondions qu’ils ont en l’homme. Il eft neantmoins beau¬
coup plus grand en ceux qui font d’vn tempcrament
I froid, & qui font timides & gloutons, afin quela chaleur
du Cœur s’augmente. l’ayveu en ceux qui font morts ta-
bides jde foye quelqiies-fois fort grand , Se mefmc qua¬
tre ou cinq fois plus grand qu’iln’eft d’ordinaire, & quel-
ques-fois fortpctit.il y en a qui l’ont trouué fort petit, &
d’autres n’en ont point trouué du tout. La Rate cftant
alors plus grade ôc plus robufte,fairoit fon office. [Rhajts
Se Ameenns mefurent la grandeur delà Rate par la lon¬
gueur des doigts. ]
Ileftenuclopé dVne membrane déliée quinaiftd’vnc
dtsmembcancs des veines, qui prend fon origine du pc-
litoine.
Il eft attaché par trois forts ligamens. lA l'abdomen Connexion
-parla voine vmbilicale^ qui fcfcichc après l’enfantement
aux adultes, 8c fc change en ligament, afin que le dia¬
phragme ne pende , Se ne tombe pas trop en bas. 2. Par
éattt au diaphragme du cofté droid , par vn ligament lar¬
ge, membraneux Se délié. Se neantmoins robufte, qui
vient du péritoine, qui couure le diaphragme, Se qui eft
nommé fufpenfeuu. 3. lleft auffi attaché au dia¬
phragme , du cofté gauche.par vn autre ligament oblong,
j oz Lîure Premier,.
^ très- fort , qui vient du péritoine : Et par darrUre ^iïf^i
où pafle la veine cane , & eft adhèrent au péritoine par la
partie conucxc.
Uhfiantt. Sa/«^/4m eft roiigc[,& ^uelqucs-fois; blancheaftre,
comme afort bien remarque Gordon» quand il eftpriué
de rang , ouqidl aeftécuit.]Ellc eft molle ^.parfemée de
vailTeaux , & reflemble à du lang caillé, d’où vient qu’il
eft appcllé parenchyme, c’eftà.dirc,affufion, parce qu’elle
s'efpand entrelesvailTeauXjScremplitlescrpacesquifont
cntr’eux.[Il fe corrompt neantmoins auec peine : Car
Miolan a remarqué,, qu’vn foyc s’eft conferuéde foy meF-
me , & fans aucun foin , vn an entier, fans fe pourrir. Sa
fubftance eft-fort femblableàcelle d’vn foyedebœuf, de
forte qu’eftantcuiâ:, il alamcfmeconfîftance, la mefme
couleur, & le mefmegouft de l’autre. Par confequentla
chair de l’homme reflemble bien plus à. celle de bœuf
qu’àicelle deporceau.]
Lc-foye eft rouge quand il- eft fain , il eft fort pafte en
Goülear. quelques malades, commeauxhydropiques,commeau{5;
la Rate & les Reins.
V:»}.^eAux. Les 'vaijfeaux du foye font les racines de la veine porte
& de U cane i auec quelque peu d'arteres déliées entre-
deux, [comme il paroift d’abord,raais qui font fans nom.*
brc.felonl’obferuation de Jean flTaUuS i fion les cher¬
che foigneufement ] qui paroiflent plus blanches , qui
viennentdela cæliaque, ,&font difperfécs dans la partie
caue du foye , au lieu que la conuexe eft efuentée parle
mouuement du diaphragme. Elles paroiflent diftinétes*
lorsque la chair oùleparenchymedu foye eil ofte , & oUi
voit comment ellesfe portentdans ordre deçà, delà, iet-»'
tans entt’elles des petites branches , qui fc.vont rendre
après à vn mefme conduit , pour defehargeria bile à la
yefliedu fiel, Orils’vnitaueclesracines de la, veine por¬
te , afin que le fangs’y puifle feparer de labile. Au refte
les racines, de la veine porte font elparfes deçà dclà,ea
plus grand nombre dans la partie inferieure du foyc, mais,
il y en’a.pcu dans lafupcriçure : Et au contraire les racines.
Du ^tenm inferieur. j03
,2e la veine caue font en plus grand nombre , dans la par¬
tie fupciicure & connexe , mais il y en a peu dans lapartie
a quelques- fois remarqué icy vn certain
tronc de veines ladfées.]
Il faut paiticulicrement remarquer les AttAflomoJes
ou éôiondions des racines delà veine caue ^ delaportc.
Car fans nousarrefter àccux quinienttout à faitlesana-
ftomofes de. ces veines , ou qui pcnfentqü’on n’en peut
auoir qu’vnecognoifi'anccfortobrcure jilefteuidentque
celuy qui les cherchera foigneufemenr, trouuera que ces
racines s’vnilTent tantoft tranruerfâlemcnt,de forte que
i'vneeft couchée furrautre prcfque par le milieh ; tantoft
ks extïemiteiz d’vne v^inc touchent celles de l’autre,
[comme cekarriue d’ordinaire} car encore que les veines
feioignent aifez fouuent en d’autres maniérés,
axoutes-tfois remarqué en les foüftlant , que l’vne cft fore
wrement ouuertedans rautre:]Quelquc-fois les extre-
mitezde l'vne touchent le milieu dei’autre, & quelque¬
fois elles ne fe touchent point mutuellement jpcut-eftrc
quecelaarriuelà oti les rameaux du foye feruent feule¬
ment à la nutrition. j4»/>ï'»aducrtit qu ilfaut principale¬
ment remarqucrvncanaftomofe considérable, qui fem-
'ble vn canal ou conduit commun & continu depuis les
racines de la veine porte, iufquesàceilcsde la caue, qui
peut rcceuoir vne aflez greffe fonde.
Lefang peut donc palier -par ces vnions des racines de
la veine porte & de k caue; c’eft par elles que paffent les
bumeurs peccantes, dors que nous euaCuons l’habitude
du corps par les purgations.
[Il faut auffi remarquer les anafiem^fes qui ieignent le-s
pentes veines de la veâie du fiel, aux rameaux de la veine
Votigtna
<Les racines de la veine porte fereduifent peu à peu en des %emf.
plus petit, nombre, refont plusgroffes vers la partie infe¬
rieure, iufqucs à ce qii ollcs fe changent en vn tronc
qu’on nommeU-i/dw forte- Les racines de la caue s’af-
iembleiu auflkn smrcnCy enk partie füpcricute & anie-
U4- Lhre Premiery
ncure , ciiiifcdiuireincontinçnt proche du foyc, en deux ,
grands rameaux, àrçauoirenl’afccndant & dcfcendant,
C’eftpourcela qu’on dit ,que la veine cauc naift de la
partie fupericiire & connexe du foye,& la veine porte dô
la partie cauc
Lefoye reçoit deux'‘«?)^ide la fixiéme paire, Tvn dui
ftomachique , 6c l’autre du coftal , qui font feulement ef-
pandus par fa tunique, de non pasdansfafubftancc (com¬
me Fefde a creu ) afin qu’il n’euft point de fentiment au.
dedans du parenchyme,dans vn fi grand nombre de mou-
uemens des humeurs : D’où vient que Ics'.doulems n'y,
font pas fi - picquantes & aigues , mais pluftoft pelantes»
[Riokn a neatmoins remarqué que deux petits nerfs bien
Le ;,^«j/4remarquablcsentrentaueclav^ncpottc,danslafubftân-
wafiefe, é’ cemefmedu foyo.]
U Cfmfe ef- L’ASiion du foye eft la fanguification. Car le foyc fait
fictete déjà fmg du chyle attiré par Ics .veines mcfaraïques,[ à fça-
tîon^Sur.' «oirlcslaûces,] danslesramcaux dt la veine porte, çom-
^tioy il faut me dans fon propre laboratoire. Le parenchyme du foyc -
emfulterles n’eft pas fculcinenr,çomme quelques vnseftiment, l’ap-.
Conmuer- puy & le fouftien des vailfeauXjmais aulTila caufe efficient
tom ^e” fanguÆcatioji. Or le. foye fait enferablc auec le-
Vkutheur. fangl’efptit naturel.
Comment La fanguification. fe fait donc en cette forte ; la partie
fe fait la plus grofficre& parconfequent la plus mutilé du chyle
làitdansle ventricule, .& qui s’eft en fuitcperfcâionné:
dans les boyaux grcflçs,ic vuide dans Icsgros, depuis par
le fondement: Mais la partie plus loijablc& plus fubtile, ,
cft attirée par les veines mefata'iques , qui (ont difpcrs'e'es -
dans les inteftins,où en palfant , elle fe change vn peu, 6C
par la force qu’elles reçoiucnt du foyc, elles luy donnent
la première teinture du fang , & prend alors le nom de
chyme ou de fuc, Auflî-toftquc ce fiic aborde au tronc
de la veine porte ,1a Rate en attire à foy la partie plus .
craffe par le rameau fplcniquc. Gc qui rcftedeplusfub-
îil , continue fa courfe par le tronc de la veine porte , iuf-
ques à fes racines qui font cfpanducs datw la partie caue
dufo^e^
üiA rvtntre inferieur. m
^ufoye-, Elles font le véritable lieu où fc fait lafanguifî-
£ation,Ôc le parenchyme du foyc, ou fa fubftance rouge
en eft comme la caufe cjOScicnte, qui change la matière
fur laquelle elle trauaillc.cn \nc fubftance qui porte la
couleur rouge du foye. Or cette vertu & cette qualité
aftiue delacliair du foye, pénétré facilement la tunique
des racines de la veine porte , parce qu’elle eft tellement
deliée en cctendroit, qu’vnc partie du fang, lors qu’il eft
acheué-, coule par fes pores dans la fubftance du foye-
pour fa nourriture : le refte Ce va rendre par des anafto-
mofesdans les racines de laveinecauc, oùlefangs’cla-
boure ôc fe perfeâionne dauantage. Cependant labile,
commci’ay defiadit,cftfeparéedu fang parcesreiettons
quiaboutiflentàla veflie du fiel & au méat cholidoque.
L’humeur fereufe eft retenue quelque temps , afin que le
fang coule plus facilement par tout : Apres qu’elle luy a
feruy de véhiculé , elle eft chafsee dans les Reins ( auec le
fangfercuï, qui, félon le fentiment àeGalten ,nefccuic
pas dans les Reins ; mais comme cette humeur eft vnex-
crement du foye , le fang fe fepate de la ferofité dans les
Reins) de là elle coule par les vreteres dans la veftie , d’où
vient i’vriue.Yne partie des ferofîtez va àiapeau , & fort.
&: s’exhale par les fueuçs éepar les tranfpirations im.
perceptibles..
chapitre XV.
Bes Re/èruçirs de ta htle , d fçauoir de la yefk
du fiel y du méat cholidoque,.
La nature a bafty dans la partie droiûe Sc cauc du foye
deux canaux, pour rcceiioir l’vne &raimc bile, la
fubtilc& lagiofliete-, l’vucftla vejfie dufiel ., & l’autre le
Mnal de U bile , qui font nommez les méats cholidoqueSi
GaUë a lecognuccla, lors qu’ildit, qu’il eft de deux fortes .
/ O d’excrc-
DuwMre^mferimri loy
Explication des fgures,
Jji^fremiere figure rcprefcntc là Vcflîe du fiel , comme eî-
* le eft au corps , auec les parties voifincs . La fecmdfhA
monitre arrachée du corps.'
H* H‘ i*‘ vfte partie du péritoine temerfe auec lès cofles. *
I. K i. la partie cane da fpye.
L. 1. vnepetitepmion dùftege de Uparti'ecomexedùfoye.
M- !• Idfijfnre dsi^foye , ppttr donner enme ala veine vmht-
licalè>'
H. N . I. les inejgaliie^ qui font a lu partie cartednfoje .près
de torigine delà veine porte.
O. I.’ le ligment dufoye y sü attache là partie gauche au
diaphragme.
I. v»e fmojtté dufoye, pourfaireptace au ventricule.
P’. Qvi> le ventricule prejfe au cofé gauche.
R. I. l’brif ce gauche du ventricule y auec les vaijfeàux qui
temhrafent.
Sii ^.V'orifce droit du ventriculèy Oit lèpyloteioint auduo~
denum^
T* I . vn nerf qui s 'inféré à la cauite' du foye , qui vient dee.
nerfs qui entrelaffent l’orifice du ventricule.
V,i. lavefiie du fiel.
X. X. 2.les conduits de là vefite du fiel, qui font difperfezi
dans le foye, entre les racines de la veine porte, ^ de la -
caue.
Y, 1, les racines de là veine porte. Z. 2^: celles delà caue dans '
lefoye.
a; Z . /c concours dès conduits de là bile en vn rameau. •
l.lecol de la vefsie du fiel, auquel le méat de labile s'ine-
fe're.
le conduit commun al'vn ç^ràtautrciqui va au duo^
denum.
à\ t~4e duodénum ouuert, pour f (tire voir Cinfertion ducon’'
duit commun.
O ij
LiurePrmttrl
c. 1. famre^m vak Updrtie cAne dfi'foje, &k U vtfsie dtt
fiel.
i. Z. le tjerf dufoye^ & de îa vefsie du fiel , vient dn m-
meau cofialde la fixieme paire.
q. 1. les veines cyfi:i(^ues q$si viennent de la porte.
h. tronc de U veine porte.
i. i. fi le pancréas adhèrent an duodenam.
K- 1* m. 1 • le Mtfenttre : mats K. monfire la dijfrihsition dse
tronc droit de la veine porte dans le mefentere .
n.i. vne veine tffii sedendAfifiegepefierieur duReSlsem»
i. vnepartte du fonds de lavefste detvrine.
p i le rein droit ^'junert d’vne membrane remplie de graiffe»
q. 1 rvretere droit, depuis le rein infijnesaPa vefiie.
ï.i la veine ^ Tartere fpermatitpne droite.
f. i. le vaijfeati porte la femence du tefticule drûiU>
d’excrcracns bil'ciix , dont le foyc fe dcfchargc , l’vn puf
& fans aucurnncflangej&: l’autre crade & mcflé.
' La r>j|7;<?oula^o»r/f cluficl , nommée des Grecs Kj'/rf
' Midochos , cft vn vailTeau oblong , quelque peu rond.
Du> \entre mferieuf. jûp
c^cftHire, delafiguiedVnc poire, ooncaue, Scquieft
Æouucftd’vnc double mcmbraned’vnc qui vient du péri- ffim-
toine,[ qui cftcelle-li mefmc qui couurc la foyc,]&: qui ^^*'**^‘
eft fans fibres, l’atrachc au foyc, &c rcueft feulement. cette
partie quipend hors du foye. L autre eft propre & plus
cfpaid'e & plus forte, à caufe qu'elle eft compoféc de tou¬
te forte de fibres. Elle eft enuironnée dVne certaine crou-
ftc , qui le forme des excremens de la troifiéme codion,
pour ladeffendrc contre l’acrimonie de la bile. Cette vcf-
fie eft petite, à l’cfigard de la Rate & dics Reins. [Elle a *'
prefqucdeuxtrauers de doigt de largeur. Ncantmoins
on a remarqué que tant plus vn homme eft bilieux, d’au-
itant plus eft elle grande.] '
OnladiuifeenfondsSc cncol.
Le /Wj eft rond, placé en la partie inferiéuré dufoyé, Confonds,
quand il eft enfa naturelle fituation, & eft teind delà
Couleur iaune de la bile, bien que quelqucsfois il foit
noir., àfçauoir lors que la bile eft bruflée pour auoir efté
trop long-temps retenue.
Le CJp lus dur que le fonds, regarde en haut, s’allonge if
èc s’eftreffit, iufqucs à ce qu’ilfe châge en vn canal eftroit
^ fort délié, qui va aboutir au conduit commun , quife
rend aux inteftins. On remarque au col vne fînuofité par¬
ticulière, & des petites membranes ou valuulcs, àfçauoir
quelquesfois deux , & quclqucsfois trois, qui empef-
chentquelabile ne retourne.
La veific du fiel a reçeu plufieurs conduits fort déliez,
qui ont vn grâd nombre de petits rameaux difpcrfez dans
le foye entre les racines de la veine caue , & de la porte,
qui s’vniflans apres en ynconduid, portent la bile toute
pure dans la veflic,quila defeharge chaque iour dans
l’inteftin, &s’en remplit derechef , & ainfi confequem-
ment. [ Contre l’opinion A'Arnif(ttis que lavcficulefc
remplit de la bile, qui eftantempefehée parle chyle de
■dcfccndrc pai le méat cholidoquc aux inteftins , regorge
danslaveficulc. Carj’ay veu fouucnt monftrcrà Mon-
ficuri^^4/<e«/, qu’en preffanc fort légèrement la vcficulc
O iij
ji9 Liun Premier^
aueclà main, labile degorgeoit aifement dans les inte^
fti-ns, encore qu'ils fuflent pleins de chyle.]
%ts vjtîf- Elle a reccu deux déliées pour la nutrition. Elle
f^Àux. ne fc nourrit donc pas de la bilej comme veut Ionhertl.%.
caeliaquc luy diftribue aufli des arteres fort petites. EIIcn
prend vn petit nerf fort delicd’vn petit rejettonde la fi-.
xiémcpaitCj qui fe trame fur la tunique du foye.
ïi» vfage. Sonvfage eft de rcceuoir labile jaune. cxcrementeufe
toute pure, & laplus fubtile ( non pas vn excrcment méf¬
ié auec le fang', comme les Reins ) la retenir quelque
temps, [ pour empefehe^, corne ilfembie, les parties voi*
fines de la putrefadion , ]& la chalîer puis apres.
te mext referuoir de la bile eft le canal eu le méat choli^
thilUeatte fetrouuc mefmeen cesanimaux qui n’ôt point •
de veffîe.]G’eft'vn vaiflcauoblong., deuxfois plus large
que le col de la veflie du fiel , qui s’en va tout droit du
foye [ quel que-fois il fe diuiie en deux petits rameaux
qui s’vnilTent incontinent en vn5C©mmC;RioA^H^arcmar'
qué]pârle canal commun dans Eintcftinf non pas dam
la veficulc i comme Fallope n eftîmé) qui reçoit la bile
groffiere:[cequc l’on peut voir clairement , fi on fouffle
dans le canal après l’auoir ouuert, car l’intcftin enfle $c
non pas la veflie. Et a remarqué que quelques- vns <
font morts de la diflenterie bilieufe, quiauoient le col >
de la veficulc bouchéy & le méat cholidoque fort ample
& dilaté,][G’cftcc que a reconu , qui veut aufli que ■
îabiléfoit chalTée du foye droit auduodenum : Nous dc-
uons à Fallope iptés G'4//e«>lâ,veriiable defeription de ce -
conduit delà bile.
te canal Le conduit ou canal commun, naturel , qui fc va rendra
femmun au commencement du ieiunum , ou fur la fin du duode-
^turc , eft compofé des cols du méat cholidoque &. de la
veflie du fiel, & s infcreobliqucmei [ delà longueur d'vn
doigt, ]entre l’vne & l’autre tunique del’inteftin, & raef-
me quclqucs-fois fendu en deux ayant des petites mem¬
branes lafehes de la tunique interne & moyêne des inte-
pofees audeuant de fon orifice, Qtjandil
Du^^entre infemiir. lit
, « a ’aîjondancc de bile , comme en ceux qui font dVno
. ^mplcxionbilicufe, elle fe dégotge dans le ventricule,
lors qu cftans à icunjils font tourmentez de mal de vêtre.
Ce conduit s en va quclqucs-fois, mais rarement au Contre u.»,-
‘fonds du ventricule, où il verfe U bile. D'où vient le vo- tHre,
Grecs ont appellé
, jPicrw/?5/i4»« J c'eft à dire, picrocholes par haut [Ce qui
arriue auffi rarement au beftes de proyc, comme a remar¬
qué Urgentèrius i & aux chiens auflî félon l’obferuation
àtioannei Fvdms ôc contre le fentiracc d^Akjikî^' ] Mais
fl le conduits’infcreàla fin duieiunum , les deiedions
font toufiours bilieufes , & ceux qui les ont, font appeliez
ff imthdicathi c’eft à dire, picrocholes par bas.
fCeluy à qui M- A. Seuerinm tronua à Naples en h
dificquant,Ieclîolidoque implanté au colon, deuoit eftre
; fuictàccsdeicdions bilieufes. j
.CHAPITRE XVI.
33f U %ate.
La Rate, comme fi c’efioit vn autre foyc ,c(lfituceà t*ftm
l’hypochondre gauche vis à vis du foyc, fous le dia- rw».
phtagme, entre les colles ôc le ventricule , auxvns plus
haut, & aux autres plus bas, mais en tousiléft plus pro¬
che de la partie pofi-erieure, ou du dos , puis qu’elle s’ap.
puye for les . vertèbres, & les faulTes colles , -de manière
qu’on ne peut l’appcrccuoir,-par rattouchement, finon
lorsqu’ellant enflée, elle s’approche vers l’abdomen. El-
lechange rarement cette fituation, pour prendre la place
düfoyeaucoftédroit,& donner aufoye le gauche.
II n’y a qu’vne Rate le plus foiiucnt, & rarement deux
qnine font pas de mcfmc grandeur ( comme Arifiote^
remarqué au 4. liure de la génération desanimauxehap.
^^SiC Pof!hius à Montpelicr) [ & P^ncirolus à Rome ]II
arriue plus rarement qu’il y en ait trois inégalés couchées
lesvncc
lia Lme Premlsr^
Explication de la /. Figure:
Les diuerfes faces de làRate arrachée du corps fonemoni*
ftrées 1. l’anterieure, auec vue portion de l’Epiploon,
&auecfes vaifleaux. a, La région cane delà Rate,
3. Sa partie conuexe.
A. le cofiegmehe de UR4te, carié droit efi kycounert de l'E^
piploo»»
B. B . X4 Membrane inferteure, de l’Epiploon tpui conduit les ■■
vaijfeaux a la Rate.
C C. la Membrane fuperieure de f Epiploon , fur laquelli^
lés vaijfeaux font porter au ventricule.
D. lapaniefuperieure de là Rate,
i.. là J>artie inferieure de la Rate.
B. lè cojle droit de la Rate- G. le gauch'e.
H* H. la ligne blanche a lapartie caue de la Rate, ou lès vaifr
féaux s" infèrent.
lesvncs fur les autre» (comme FalloppeaohCcmé) & Is
rarement, qu’il ne s’en trouue point du tout, comme
Jlote le rapporte au lieu que j’ay allégué, & Du Laurent
apres luy, [comme auffi Séhenekius de Mathias Ortclius, .
UHollitf'
D« ytnm inférieur, * îîj
BcffoUier d’vne fille.] Ce qui eft contrerordre de la natu ¬
re, qui mefurefcs biensauec tant de proportion &deiu-
ilefif, i^u’eUe n èll: ny prodigue fans belbin^nyaiiare en
ce quicd neceflaire.
L’opinion du vulgaire, qui pcnlè qu’on peut l’arra- Si c» peut
cher à ceux qui courent fort vifte, mefmcs fans au-
Gun danger delà vie , eft par confequent faBuleufc &
chimeriqüe , principalement, puis que perfonne n’aia-
mais veu ce qu’on dit , & qu’aucun Autheur n en a ia-
mais parlé, ôc que cette erreur populaire eft venue fans
doute de cette vieille opinion à’ Erajtfirat&, quia creu que
la nature auoit créé la Rate en vain,& fans neccflité,
te débité cette mefme marchandife dans la boutique de
fon marchand. Mais les irifeétes n'ont point de Rate.
C’eft pourquoy ce dire commun n’eft pas véritable , la
mouche mejhte a vneRdte-
Elle n’eft pas grande que le foye , mais affez groffe & 'Pourqmj
grande en l’homme, pour rompre , & digerer l’humeur
qui fe fond 5c fe cuiét auec peine. [^Sa lôgueur eft prefque ,
de fix doigts, fa largeur de trois fon efpailFcur d’vn
doigt. Elle nefetreuuc point de cette grandeur en au¬
cun autre animal. ]On croit que ceux qui ont naturelle,
ment plus de fuc melancholiquc, l’ont plus grande , croif-
fantayfement, àcaufe qu’elle eft d’vne fubftancerarc de
lafche , à mefure que ce lue y entre'en abondance. Quand
elle groffit, le corps diminue, & perd fa fleur, ôc fa vi¬
gueur ; Car elle attire trop de chyle à fey, & en laifle trop-
peu au foye. G’eft pourquoy l’Empereur Traian a ap-
pellé le Fifc la Rate, parce que comme la richelTe de celuy-
la eft la pauureté du peuple} ainfi l’accroiflement de ccllc-
cycaufe la diminution du corps.
Sa figure eft le plus fouuent oblonguc , comme celle
d’vne langue de bœuf, d’où vient que quelques-vns
l’ont nommée •vifcus Unguofum-.c't^ à dire, vilcere fait
en forme de langue. Elle eft vn peu conucxepar dehors
vers le cofte gauche , 5c au diaphragme : Elle reçoit queL
quesfois des irapreffions des coftes , ôc eft cauc du tofté
2
h 4 * Liurt Premier]
droit, icaufc du vtntricuicqui cftadiaccnt,& où elle ^
pat le milieu de fa longueur, vne ccrtaime ligne blanche^
qui a quelques tuberofîccz, &: qui reçoit les veine»! & les
artères auec l’Epiploon. Elle a quelqucsfois contre l’or^
dre de la nature, des figures diuerfes^&fe trouue parfaite-
mentronde triangulaire, pointue, arpre& rude ,à caufe
de fescmincnccs, coupée en deux,&c. comme PiccoU^
mini a fort bien remarqué.
CiuUtir au foetus cft rouge, comme celle du foyc , i
caufe qu’elle fe nourrit du fang pur delà mcrevEUe eft
fioiraftre aux adultes , à caufe du fuc groifier , dont elle fe
nourrit: & en ceux qui font plus auancez en aâge.cllc
approche de la couleurliuide. Mais elle prend contre na¬
ture diuerfes couleurs, iiuide, cendrée, &c. Selon l’hu¬
meur qui prédominé, [les belles, qui ont beaucoup de
chaleur, l’ont aufli plus noire qucl’hommc,mais cclledcs
porceaux eft plus blanche.]
Comenh» £^l®cft attachée au péritoine par des membranes dc-
■ * ‘ liées qui nailTent de luy , à l’Epiploon , au rein gauche, &C
quclquesfois au diaphragme, [contre le fentiment de Fcr-
ttd qui le oie, qu’on ne fçauroit exeufer , finon qu’on die
qu’il a entendu le centre du diaphragme, auquel elle n’cft
point attachée, quoy <\\xc RtoUn foufticnne le contrai¬
re.] Mais elle cft liée par fa partie caue àla membrane fu-
pcricurede l’Epiploon, dont il reçoit auffi vne fimple tu-
Tmiç[ue, ^ deliéc,[ qui eft neantmoins plus efpailTe que la
membrane du foye, qui s’endurcit le plus louuent en ceux
quivieilhflcnt.j
’SulfiAnce. Sz'ffihfiAnee ou parenchyme rcffemblc a vn fang noir*
cfpais •& condenfé.
VAiffeAux. a toute forte de vai fléaux, à fçauoirvn tronc côfi-
fVelnts. Jetable de la veine porte , qui eft nommé le rameau fplc-
nique^fituébicnioinau deflbus du foÿe, quifeva rendre
tranfucrfalementà la'Rate,ôc qui porte le fuc plus grof*
fier du chyle (non pas l’cxcrcment melancholique du
foyc, veu qu’il ne le touche pas.) Ce rameau a vu grand
pombredepetisrejettons , qui cftans déliez comme de*
3u entre inferieur. Uf
fibres, fe perdent dans la Rate, horfmisdcuxquicn for.
tent[qnclques*fois.]LVneft appelle vas h reste ,c\ui entre
dans le ventricule,tantoft aucc vne feule blanche , & tan-
toftauecplufieurs,[quile plüsfouuent , félon l’obferua-^
tion de Fvalkus, eft vn petit rameau de la veine fpléni-
que, qui eftant venu à l’efpace entre le ventricule & la Ra¬
te, fe diuife en deux petites branches , dont Tync va à là»
Rate, & l’autre au ventricule. ]Q^lques-vns veulent que
cevailRau dégorge le fang acide, pour exciter Tappetit,
ou pour fortifier le ventricule, quieft vuidé puis aprespar
lèsinteftins. L’autre va au fondement, & engendre les
veines hemorroïdalcsinternes. [i74r»«»jaeftimé qucle
fuc eft porté par le premier, du ventricule à la Rate, & des
inteftinsparle dernier, Dequoynousparlérôs bicn-toft.]
Elleaplufieurs groftes arteres delà cæliaque,tout au- Artères:-
trementqueièfoye.i. pour entretenir la vie Sc la chaleur
naturelle, z. afinqucle fang groflîer puifteeftre changé
pluspuiftamment. 5. afin que là Rate foit nettoyée & pu¬
rifiée. Or il faut principalement remarquer les frequen¬
tes anaftomofes des arteres de la Rate auec fes veines , & Anaïîme^-
fur tout vne fort remarquable deuant l’entrée des vaif-^^^^^®^
féaux dans la Rate : les autres fe font au dedans.
LaRâte reçoit aufli des petit nerfs , duramcau coftal
gauche de la fixiéme paire, qui font plus difpetfczdans-
la tunique que par îà fubftanee.-
Geux quifuiuent l’opinion commune, attribuent à la»>
Rate lïois aRiont, i.d’attiicr du foyc l’humeur melancho-
lique excremcntcufe& boüeufc. a. d’enfeparer l’excrc-
ment melancholique , afin qu’elle fe nourrifte de bon»
fang. }. de lc dcfgorgcr apres qu’il eftfcparé,danslcvcn-
tricule&lcsinteftins. Onditaufti que l’aliment delà Ra¬
te eft clabouré & rompu par les art ères , afin que fa chair,,
qui eft fpongieufe & lafche fepuiffe nourrird'vn fang
vaporeux &(ubtjl. Les conduits par oùon croitque la»
Rate jette dehors rcxcrement mclancholiquejfontle-y^i
& la veine hemorroidalc. Ils veulent, enfin que la»
Rate foitlc tcccptaclc de l’cxcrement melancholique, on
P „
Dm ventre inferieur, I17
La Figure /.
Elle l'cprcfeiitc la Rate toute entière.
A. îa partie cane de U Rate m entrentUsvai^eaux.
B. le rameAft /pleni^ifie delà veine perte <^i approche Jrfrf
U Rate.
C. le rameau /pleni^ue de l’artere Caliaque > qui và\tor~
tueufement À la Rate. '
Ti.'vne certaine ana^omoje de t artere & de la veine fple~
nique , deuant que l' vue l’autre entrent dans la Rate-,
E le rameau hemorrdi lai de la veine fplenique.
F. quelques arteres qui defeendent au pancreae.
G le pancréas-
b. la diuifion du rameau fplenique en deux rameaux\f»-
pierieur & inferieur^ deuant qutl entre-
La Figure z.
W ne portion de la Rate defpotiillée de fa tunique.
Â- le parenchyme de U Raté defcouuert , qui menfire les
peres de fa fubfiance.
K vne portion de la Rate encûreceuuêrtede Jhnenuelope.
C, vne portion de la tunique de la Rate feparee du pOe
rtnehyme* ^
La Figure
A. vne portion de la Rate coupée par le milieu qui monfire lei
vatfeaux qui font efpandus dans fa fubflance.
B. , les orifices ounertsdes arteres coupées tranfuerjalement.
La Figure zf.
Les veines &: les arteres cfparfcs dans la Rate , Bifeparées
du parenchynte.
A. laveine fplenique,
i artere fplenique-
P iij
ri 8 hlure *Tremltr^
C- Vanafiomofede Cvne dr l'antre.
D . les veines & les arteres difie rfe'es en vm infinité' de petites
hanchesi
’E.làdiuifionde làveifiet &detartere, deuant cju entrer en
detix rameaux [uperieur & inferieur-
F . les vaifie aux fort delie:^ comme des cheueux, au fouets lès,
plus grands rameaux fe difiribuent enfin a tentour du
circuit du parenehyme.i
de la lie du üing , qui' en a eft’é feparée dànsic fbye ; Dè
niefme que là veffie dli fiel reçoit là bile jaune, & que
pour cette caufe la Rate eft mife à l’Oppofite du foye.
$i î» Rate Pournousinous nions quela Rate foit défiinee feulement'
refoit l'ex- pourreceuoir les excremens-
eremet mt- ;^os'raifbnsfont: i, Il n’ÿ a point dans là Rate aucune
^du^folT* cauité ample pour les rcccuoir, comme nous envoyons.;
**^'^*' àJaveiîîedu ficl,dans.les rmuofitez- membraneufesdes-
rcins> & àla veffic.
2- Si elle cftoit le receptaclè dé quelque excremenr,;
pourquoy n’eft-elle pasfîtuée en vn lieu plus bas, pour
rcceuoir plus commodément cét exetement pefanr^
comme les autres réceptacles ?
FoihU rai- 3* Rondelet y qui nie que la Rate foit le referuoir déThui
fin de^Ren- meur mckncholique, apporte cette r aifon , qu e cett e hui-
delet. meur, lors qu’elle eft naturelle , eft toute employée pour
les parties ofleufes , &c celles qui font dures & feiches , ôc
que comme elle eft en nous en tres-peiitc quantité, lana-
tureneluya.pasdcftiné aucune partie pour la rcccuoir,
non plus qu’aux cxcrcmens du fang , qui s’en vont parles
fueurSj &parlatranfpiration infenfible. Nous cftimons
neantmoins que cét argument n’a pas beaucoup de
force>
4. Pourquoy les petites branches de ce réceptacle, ou
au moins du rameau fplcnique, ne font- elles pascfparfds
danslafubftance du foye , demcfme que lavcfliedufici;
reçoit des petits rameaux qui font difperfcz dans le;
£oych . ' ■ ■■ '
Du ra entre inferieur» it f
fÿ poarquôy ny a-ilpoint quelques condaits qui por-
itentdufoyecefuc?
6. Aucune partie ne fc peut nourrir d’vn excrement,
■quoy queO/««»^«j die qu'aucune partie ne s’en nourrit,
excepté la Rate.
7. C'eftvne trop grande abfurdité que l’excrcment doi-
ue defgorger dans la veine porte, & puis apres dans le
rameau fpleniquc.
8. Elle receuroit les excremens par les mcfmes conduits,
par où elle les vuideroit.
9. Le plus ferme appuy de noftre opinion eft, quc^la 5.^^
îRatene peut cftre le réceptacle de l’excrement , parce 4^
qu’ellea vn fécond organe de la fanguification, commtfangcem-
mous l’allons prouuer : Car nous epmons que la fait
vnfang plus groiîler : mais louable, de la partie la plus
crafTc du fuc , qui eft attirée par le rameau fplenique par
vne faculté naturelle.
Cclaparoift parlareffemblance de fa ftrudure aucci®
foyc. Car comme leibyeeft vn vifeere charnu couuert
d’vne tunique , pourueu deplufieurs vaifleaux,& dont la
diair eft comme du fan g rcfpandu:la Rate eft pareille¬
ment vn vifeere à . qui la nature a donné vne tunique &
pluficürs vaifreauxdiuerfcment impliquez, dont la chair
propre eft comme vn fang efpandu ôc congelé.
'i. Il y a vne infinité d’entrelaftemens &: d’anaftomo-
fes dans la Ratc.<Or il n’y a iamais des entre laftemens que
pour vne nouucllc élaboration , comme cela fe voidau
cerueau, aufoye, auxtefticules,.aux mammclles ,
3. Cclaparoift par la fituacion du rameau fpleniquc,
qui eft loing au deflbus du foye, & qui vient du tronc de
la veine porte, ou vne partie du fuc ou du chyle qui a def-
ja quelque difpofition de fang , eft attirée. Par côfequcnt,
fi elle y reçoit la matière, d’où le fang fcfait, pourqnoy
la Rate ne fera- elle pointde fang ?
4. C’eft la couftume delà nature ou de doubler les
parties du corps, donnant à chacune fa place & fon rang.,
cela fc void aux reins,, aux tefticulcs ,.aux poul-
11 0 Lhre Premier,
mons, aux mamelles, aux organes des fens, Stc. Ou fi elle
en fait qui foit vnique , elle la place alors au milieu , com¬
me le cœur, le ventricule, la matrice, la vcflic, le nez, U
langue, la bouche, &rc. la rate par confequentdoit cftre
le frere gemeau du foyc.
5. Les maladies de la rate, auflî bien que celles du foyc,
. blellèntla fanguification.
«j.Lafituation dufoye change quelques-fois, de forte
qu’il eft au cofté gauche , & la rate au droit.
7. La rategrojÉîr, lors quelefoye manque ou diminue,
Belledonne fecoursau foy e, comme il eft manifefte par
plufîeurs exemples. D’où vient qu’on a fouuét trouué aux.
difleâions la rate plus grande & plus rouge que le foyc.
8. Il n’eft pas vrayfemblablc qu’vn fi grand nombre
d’arteres entre dans la rate à caufe des excrcmens ; il eft
bien plus croyable que c’eft pour cuire le fang plus grof-
fier, & pour l’attenuer par leur chaleur, furmontant la re-
fiftance de fon efpaiffeur.
5). La Rate eft rouge dans le fœtus, comme le foye„
pourlaraifon que nous auons alléguée.
10- Les maladies du foye & de la Rate font prcfque fem-
blables.
11. EtlcsvicesdervneB de l’autre fe guerilTcnt pref-
qucparmefmcs remèdes.
iz. Silesauthoritez ont quelque poids . Nous auons
’Ariflote quiauliu. 3. desparties des anjm. chap. y.pro.
nonce ainfi en noûrefaueur: Qiie le foyc B la Rate ont
vnc nature femblable , & parciricment que la Rate eft-
commevn foye baftard,quequandla Rate eft petite, le
foye fe fend en deux, & que toutes les parties font pref-
qae partagccs en deux dans le corps. Platon nomme la
Rate le portraiû naturel du Foyc. D’autres l’appellent le
vicahedufoye, & le foye gauche, Scc.r^mheur du U-
^^^del Ffage de la refpihation.z confirme la racfmc chofe,,
aufli bien qa Jphrodifeus , ^reteus, & les autres. Ptcolo-
mtni donne vn autre vfage d la Rate, c’eft de faire plus,
grande abondance de fang. "
On de-
Du \en tre inferieur, 1 1 ï
On demande pour quel vfage U Rate fait ce fang?
Les vns eftimciu que c’eft afin que tout le corps s’en
fiourri(re,auffî bten que de celüy du foyc, & pour donner Us pmhs
recours au foye. u R4tefms
Màis nous eftimons que cela ne fe fait que dans vnc
grande neeeflke, lorsque léfoyc manque, ou qu'il eft
mal alFedé,
Et croyons que Rate cft ordinairement Torganequi
fait lé fang, pour nèurrirles vifeeres du ventre inferteur».
comme le Ventricqle.les boyaux, l’Epiploon, le Mefcnte-
re, le Pancréas^ Que la Rate raefraefe nourrit do
quelque portion de ce fang„, rcnuoyantcc qui relie aux
parties que re viens de nommer. Et que le foye pouruoit!
de (àng aux autres parties, du corps., 6c principalement
aux mulcukul'es. Nos raifons font:..
1. Parce que les vifeeres du ventre- inferieur rcçoiuent
îéur nourriture de la v.cine rplcnique, ou des rapeaux qui
en fortent, ou de ceux qui en font voifins , à fçauoir des
feuls. rameaux de là veine porte , & non, pas de la veine
cauc. ,
2. Parce que ces vifeeres eftans plus grolfiers ,.plus fa-
les, 6c plus terr cftres , qu'aucune autre partie du corps , il :
a.efté neceffaire que la Rate leur fournift ce fang.
3. G'cftpourquoy le foyeeft plus grand, parce qu’il;
fait du fang pour tout le refte du corps, & la Rate plus pc-
tite^parce qu’elle ne fanguific que pour le ventre inferieur»
l^tilcmcnt, linon quand la neceffité l’oblige de fccourk v
le foye.
4. La Rate des chiens eft grefle & longue, parcequc:
Ics parties 6c les vifeeres du ventre inferieur font plus pe¬
tites au chien, & ont moins de plis &dedcllours qu’en .
l’homme.
,5. La différence qu’il y a entre la gra’lfc des parties .
ntufculeufcs , ou celle qui s’engendre aux parties qui fe
HourrilTent de la veine caiie,&;: lagiaiire bourbeufc,qui »
le pourrit ailément au ventre inferieur, comme à l’Epi-
ploon, aux jmcftins, au mefeutere, .6cc, Dîoii naifieitc "
CL
•izz LlureVremlers
tant de fortes de corruptions au tourduMcrenfere : 'Ec
d’autant plus l’humeur ell crallë (comme eft la graiflo
boüeufe ) d’autant pluftoIleHe fe corrompt. De forte que
lagrailTc boueufe fe gafte plurtoft que la grailfequi eft
aux parties m'ufculcufes, Ainfile fang de la Rate eft plus
-difpofé à la pourriture queceluy du toye. Ccluy dufoyc
plus que ccluy du ventricule droit du cœur. Ccluy des
-arteres l’eft moins , & enfin les efprits moins que
tous.
6. La plus forte déroutes nos raifans eft , que là où il
fe trouuevne partie qui ala fubftancc desvifeeres, il y a
Jades veines qui viennent de la.portc ou des rameaux de
la rate : Et la où il fe trouue quelque partie charnue muf-
culeufe, il y a là des veines qui prennent leur origine de
la eaue, comme cela fe void au redum , dans lequel la na¬
ture a mis deux fortes de veines , à caufe de fa fubftance
•double :ies veines hcmorbr'dales externes qui nailTcnt de
la caue , font en la partie mufculcufe de l’inteftin, & celles
qui viennent delà veine porte, font en la fubftance vu-
feereufe ou inteftinalc.
Si laRate [Qu^Jques-vns des Modernes difcourcntâutrcmêt de
Attire l’hu- delaRatc. Hieronymns Reufnerus dans Ion traité
tneur fe- du Scorbut , fuiuant Ics fentimens à’ Hipfocrate,t^\Tat
reufti que la Rate n’attire que les parties plus (ubtilcs & plus
aqueufes du chyle qu’elle conuertit envn fang aqueux,
fon opinion eft en partie vraye, &en partie faulfe: Elle
eft vraye, entant que les parues plus dehees du chyle ferl
uent comme de véhicule, pour porter les plus grofsieres:
Elle eft fauffe , cnlant qu’elle ne veut pas que la Rate at¬
tire aucune partie craflè, bien que les obftruiftionsde la
Rate , l’opiniaftreté de la fièvre quarte , qui vient delà
cralfedes humeurs, la fuperficie de la Rate que ces hu¬
meurs crafles rendent inefgale,fa faueur afpre, & plu-
fieurs autres chofes,que vous trouuercz dans les Contro-
si elle Prt- Anatom. de rAutheur,monftrent le côtrairc.f’/'4«-
pare le {a»] Poiéleuin au liurct de la Rate , Càrolus Pifo en
arterieux} ^®* iïialadies , qui n’ont point efté
Du entre inferieur. i2>
îoarqiises iufquesicy , qui viennent d’vn dejltordemcnr
fereux , & (tÆmilms Partfanus en fa fubtil. Microcof.
veulent que la Rate foit comme vn autre laboratoire du-
fang,& quelle fait le fangarterieux pour le ventricule
gauche du cœur , comme le foye pour ledroit. Maisilcft'
âfé de réfuter cette opinion.
I. Parcequ’iln’y aaucun'chemin paroùcefàng puilfe'
s’aller rendre au ventricule gauche du cœur , puis que les
valvules, qui font i l’cmboucheure de l’Aorte en ferment'
Icpaifage. 2. Il fe fêroit vn medange dangereux des fucsi
dontl’vneft parfait, & l’autre imparfait, file cœur rece-
uoit lefang, de diftribuoit les efprits par vn mefmc chc-
min,& en vnmefme temps. 3. Plufieurs chofes animées-
viuentfans Rate , qui neaiitraoins.engcndrent des efprits-
vitaux.
Menfteur de la Chambre en fes Nouuelles coniedurej
furladigeftion, eftime que la Rate préparé les efprits qui'
feruent à la digeftion. Je croirais •volo>ftierSiêiii-i\,^He fa
frincif ale fonltion ejl de f reparer ces efprits quidoinent dif-
foHdreleSalimens'y Garce grand nombre d’arteres qui font'
éfpanduës dans Ja fubfiance , & dont il y a mefme desra¬
meaux y qui par vn priuilege particulier s’ vnijent- auec leS'
veines , & ne font quvn corps auec elles , font vraifembla-
blement ingerquily a quelque chofe de bien délicat » & de
hienfubtilquis apprefle ùdedansy é'qtti efi ajfèure'mentde-
fitnepourf Efiomaeh, veu le voifinage» & la communication
qu’ils ontenfemble. La qualitémefme du fang qui coule en ces
parties y fait penfer qu’il ef employé a quelque autre chofe-
qu’k leur nourriture , & quefiant tout plein ^ tout beüillant '
d' efprits , qui ont eflé tirez; des alimens , la nature qui les veut •
mefnager auparauant qu’ils fe dijfipent» ou quilsperdét leurs '
forces y les enuoyepromptement dans la Rate, afin de les méfier '
.auec ceux qu elle revendes arteres» pour feruir puis apres k-
la dijfelution des viandes ; car efians vn peu plus grojfiers'
que ceux qui ont efiérafinez; par tant de coébions & dedige-*
fiions y le rapport quilsdoiuent auoir auçc les alimens» en eft
plus iufity ér leur vertu pim efiicace- Cefidonc dans la Raae <•
rr24 Llwre Premier]
que ces ejprits fe f ermeutent & fe purifient, comme le vin qui
boultdans les tonneaux. Mais ccttc opinion qui paroifti
la vérité fort belle & trcs^ingcnieufe, & qui cft expliquée
auec beaucoup de grâce , a fes difficultcz qui la rendent
moins probable, i. la matière quieftreceu'é dans la Rat©
h'eftpas propre pour cftrc changée en cfprits. i. le lieu
n a pas allez dcchaleur pour les rafiner. 3.1afubftancc de
la Rate eft trop rare & trop fpongieufe. 4. les cfprits que
le cœur diftribuë pour nourrir & viuifier les parties infe¬
rieures par l’Aortc/emblcnt cftre fuifii^ns pour cela.]
X opinion des anciens qui eftimoient que la Rate
ondit^q^ qucIquc façon rcccuë,
î» Rate efi à fçauoir entant quelle attire à foy la plus grolîicrc partie
;:le fie^e An du fuc,& en fait du fang , afin que ce qui refte & qui doit
. cftre elabourc par le foye, foit plus rafiné & plus fubtil.
Carileftvray que les animaux les plus gais & gaillards
ont la Rate plus grande, & les plus luxurieux, ont plus de
foye: les plus doux Sc ies plus paifîbles ont moins de fielj
les plus timides Sc qui ont moins de courage, ont yn plus
grand cœur; Et ceux qui ont la voix plus grande Scplus
forte, ont plus de poulmon, C'eft ce qui a donné lieu
à ces vers.
Le caurnom efi donné pour le raifinnement-
Le poulmon pour U voix , le fiél efi finfirument
De cholere , du ris U rate ^ de la ioye>
De l’amoureufe ardeur le principe efi au foye.
iCemmt tU Laratedonc faitdufang pour la nourriture des vifte-
le res du ventre inferieur , Sc la partie cxcrcmcntcufc qui ne
txertmem pem pa$ cftre furmontéc par la force de la rate , fc purge,
* 'ficllecftfubtile &aqueufiî, 1. paries arrêtes non feule¬
ment dans lesinteftins, maisauffi dans les reins parles
emulgentcs. ( D’où vient qu’aux maladies do laratc les
■vrines font fouucnt noires, Sc qu’on fc fert alors de di-
vretiqucsjSc que les rateleux Scies melacholiques abon¬
dent en ferofitez , comme Hippocrate Sc Galien l’ont enfei-
gne, caril faloit que la ferofité fuft le véhicule de l’hu¬
meur la plus greffier c. C’eft pour cela que ceux qui ont
Dtinj entre inferieur, 115
U fievrequittc/ucnt & pifTent abondamment ) & lors
quelle eft en trop grande abondance par les veines hé¬
morroïdales. 2. par le ventricule (doit vient la grande
abondance de faliuc que nous voyons au feorbut 5c en
lafievre quarte ,i qui Galien attribué le crachement pour
vndc fesfignes. C’eftpourquoy les mclancholiqucs font
d’ordinaire grands cracheurs ) non feulement par le
moyen du vas breue .maisauflî des autres parties voifi-
nes. Si elle eft craiTe & terreftre , elle fc vuide droit par le _
iîege (5cnon par le moyen du ventricule.)
Car I. la melancholie rend noirs les excrcmcns , comme
enfeigne (74//V». a- Elle fc porte en bas parfon propre
poids. 3. L’euacuation del’humeur noire pat les veines
hémorroïdales internes, guerift dermaladies mclancholi-
ques prefentes ôc prèferue de celles qui pcuuent aduenir,
comme l’enfeigne en pluhcnrs endroits le vénérable âç
diuin vieillard.
[Voila les fentimensque nous auons tenu iufque icy. La plus ^e.
Mais nous auons ouy enfeigner au célébré Ieant^F’alms^if‘*l’l* "1**”
•qu’il n’a iamais remarqué aux düTcdions des corps viuas,
que les humeurs fc portent à la rate par le rameau fplcni-
que de la veine porte: d’où il concluoit, qu’il n’eftoit pas
raifonable, ou que la melancholie fut portée du foye , ou
le chyle par leramcau fplenique dans k rate , 5c par con-
fequent que la rate ne reçoit pas du foye l’cxcrement
mclancholiquc , & que le fang ne fc fait pas de la melan¬
cholie ou du chyle dansla rate : mais qu’aucontrairc U
auoit toufîours remarqué que tout Icfang fc portoit con¬
tinuellement auec aftczde vitefle Ôc d’impetuofitcdck
rateaufoycjcommeauflî ccluy de la veine hémorroïdale,
du vas breue ôc des autres veines qui feioignent au ra-
meaufplenique:ôc qu’iln-y auoit aucun autre mouuemét
des humeurs vers la rate, que par le rameau fplenique de
Tartere cœliaque 5 & pour cette caufe que la rate ne reçoit
point naturellement d’ailleurs quelque matière qu’elle
change que de l’artcrc cœliaque .
Or illuy fembloit plus vrayseblablc que le sag qui dc-
Q.iij
Liure Premier^ i
uoit efti'c pl’’ raffiné, çftoit diffiaud par la chaleur dii cœu^;
6c corne il eft chafle du cœur par les artères cæliaques dans
larate , que toute cette malTe dufang n eftoit pas retenue
■par la rate , mais feulement la partie acide du fang qu’on
peut appcllcr mclancholie, comme la veffic retient feu-
Icment la biletDel'a mefme façon que par les diftillations
chymiques , l’humeur acide ell feparée des efprits:
cette humeur acide eft perfeétionnec par la Rate , qui en
deuientacide ÔC noiraftre. Qi^elle fe mefle en fuite auec
lefangdanslesvaiffieâuxjôcaueclc chyle au ventricule,
lefquels elle fubtilife , c’eft pourquoy les obftrudionsde
la rate font caufes quM s’amaffe au corps des humeurs,
groffiçres , non pas parce qu’elles ne font pas attirées par
la rate, qui ne s’y trouuent pas auffi natutellement , mais
à caufe que là rate ne peut pas communiquer cette hu'^
meur acide dilToluante & atténuante au fâng ou au chyle;
Q^e tout ce qui eft inutile de cette humeur pour la nour*
riture, eft euacué auec les ferofitez par les vrines. Car
les chofes acides,comme le vinaigre, ôc l’efprit de fouphre
fcmeflenitaifémcnt auecI’eau,6Côn peut, en diftillantl’v-
rine, tirer derechef cette humeur acide, j
CHAPITRE XVIL
Des Pleins.
Trois fortes T E fattgfe purifie de trois fortes d’excremens : la bilè
d'excremês X-/fubtiles’en vaàlavcffiedufiel , labilccraffie aumeat
dufang. cholidoque,6cla ferofîté aux Reins. Or parce que nous*
anons parlé des referuoirs des deux premiersiilnous faut
maintenant traiéter du troifiéme.
Iivmelo- Reins font ainfi nommez du verbe grec Rhei» qui
gte, ^ fignifie couler , à caufe que la matière de l’vrine coule
pareux,lesGrecsles appellent iVefiW de qui
lignifie vriner, c’eft à dire, vrinatcurs.
Ils font deftx^Ÿ^nce qu’entre tous les cxcremcnsila
Kombrs.
Du «ventre inferieur. J37
ferofitécftlaplus abondante, & furpaïTervne & l’autre
bile excremcnteufe.à caufe du fang dont ildoiteftre le
-véhiculé ,iufqu’à ce qu’il arnueaux plus grofTcs veines
quifortent delà veine cauej EtafinquervneftantafFe-
.âé,râutre P uilTe attirer l’humeur fereufe. [Car ie n’eftime
* pas véritable ce que dit Seaermietm > que l’vn eftant ma¬
lade, l’autre ne fer t point à l’euacuationde l’vrine; Puis
que le contraire paroift enceuxdontl’vn ou l’autre Rein
feulement eft bouché d’vne grofle pierre , ou confumé
d’vn vlccre: E t il arriue le contraire de ce qu’il penfe'dans
-les autres partiesiV n œil eftant blefsc, l’autre void , & vn
lobedupoulmon eftant confumé d’vncofté, l’autre fait
larefpiration,fînonqueles deux parties foient affedées
par vne.caufc commune. Nous ne voulons pas pourtant
niet qnc ce BeueroHicius dit, n’arriue quelques- fois,
puis que RtoUn tcfmoigne que l’experience en a efté faite
fur le corps du Prcfidentde Pibracy èc qu’il a remanjuc
.plus d vue fois ^ conformément k f adttis ^uil en a troaué
dans Forefius^ qHeparl’obfiruÜiondévndes reins ^l' autre de¬
meure inutile , cela mefme efi authorisé par le fçauanè
Duret enfon commentaire fur les Coa^ues- pag. 535) . Il croit
que la correfpondance de ces parties en efi U caufe é\
Ilfetrouuerarementvnique, & alors il eft grand, ôc
placé aumilieu, pour mettre le corps en équilibré, qui
n’yferoitpasautrementiEtplusratement cntrouue-on
-trois ou quatre.
Leur fituation eft fous le foye & la Rate , où ils font ftuit-
couchez fur les mufcles lombaires de l’efpine entre les tion,
deux tuniques du péritoine , aux coftez de la veine cane,
Sc delà grande artere.[Ilyades gros nerfs qui font ca¬
chez fous eux, d’où vient que la pierre eftant dans les,
Reins ,1a iambe du mefme cofté deuient engourdie. Ce
que Cabrol a remarqué, qu’ils font couchez mefme fur
l’cfpine des lombcs,eft fort rare.] Ils ne sot pastoutàfak
■àl’oppofîtel’vnde l’autre, afin que l’attiaélion de l’vn
n’empefehaft l’attraétion de l’autre, & qu’aucune partie
de lafcrofuén’echapaft.Mais le-droit eftp/»j bas en fhorn^
Qvil Rtin
hMt ?
Gunitm.
Sufirfieit.
ÇiuUitr.
ï2,S iMre Premier^
ttfCi pour faire place au foye,foüsIequclilcft placé iiu-
mcdiatcment, & touche de fon extrémité la troifiétne
vertcbre des lombes; Il luy arriucaufli rarement d’eftre,
plus haut que le gauche , que de luy cftrc cfgal en fitua-
tion. Le gauche eftlcplus fouuent en partie fous la Rate,
& rarement au deflfus d’elle : la Rate au contraire , dans*
les beftes tend plus en bas , & .le Rein droit plus en haut.
C’cftpourquoy la nature a donné vnc finuofité à leur
foyc,âcaufe du Rein, qu’cllè n’a pas donnée à l’hom-,
me.
Ils font le plus fouucnt à'vne grandeur cfgale , mais*
nonpastoufiüurs. Leur longueur eft prcfquc de quatre
vertebresj leur largeur eft fouucnt de trois doigts [& leur
efpailTcur d’vn poulce ; le droit eft neantmoins toufiours
plus grand que le gauche ] Mais leur grandeur n’cft pas
toufiours proportionnée au corps.
Leur fuperficietü polie , & gliflânte comme celle du
foye. Il eft bien rare, & contre l’ordre de la nature, quand
elle eft incfgale en l’homme , comme s’ils eftoyent cora-
pofez de plufieuis reins ou glâdes , [ce qu’on trouue fou.
uent au fœtus, tandis qu’il eft dans la matriçe:]Et prefquc .
toufiours aux bœufs, &auxours.
Leur couleur eft rouge , obfcurc , rarement vifue
cfclatantc. Ccuxdes malades ont diuerfes couleurs, com*
me auffi le Foye & la Rate,
LcurF/^«rtf,fi vous auezcfgard à leur furface plate,\,
rcflèmble àcelle d’vn phafcole, & de la fueille de cabaret: ;
Elle eft extérieurement au dos ou aux Ifles connexes dc
ronde: Et pat basàfa partiefupcrieure & inferieure ca-
uc au milieu. [ Hippocrate les copare à des pommes larges
{ans doute rmais à mon aduis, il a entendu par le mot
tneloifii lareflemblance des reins auec les autres beftes, & ,
non pas des pommes.]
Ils font attache^ aux lombes & au diaphragme par
vnc membrane externe, qui vient du péritoine , à la veine •
caue,& à 1 Aorte par les emulgentes , & à la veflie par le .
moyen des vreçeres.Lc Rein droid eft attaché au caecum.
Du rventre inferieur,
5^ quelques foisaufliaufoye,&legaucheàlaRatc &aii
Colon. C’eftpourquoy les douleurs nephritiques s’irri¬
tent par labondancc des venrofîtez & des exaemens.
Ils ont double membrane : la première interne prochaf-
ne & propre , fans graiiïe , & fans veines , & fort délicate,
qui vient de la tunique externe & commune des vailTeaux
quientreiit, lorsqu’elle fedilate^^carla veine entre auec
vne tunique feule) qui s’attachant eftroitement à la chair,
la rend plus compacte & plüs ferrée, & eftant réfléchie au
dedans, accompagne les vaiffeaux, va aux ventricules , &
les couure : externe, qui vient du péritoine, n’efl:
pas fl eftroitement adhérente , d’où vient qu’elle eft nom¬
mée la Car elle eftleurenueloppe,& leur
couuerturc, parce qu’elle cftenuironnée de beaucoup
de graifle.pour laquelle elle a receu la veine nommée adi-
peufe; Defortc que les reins ne paroiftentpoint en ceux
qui font fort gras. C’eft pourquoy on appelle fcrutatcur
des Reins, ccluy qui fçait, & qui pénétré les chofes ca¬
chées. Oc la graifle leur eft donnée , pour conferuer la
chaleur des Reins contre l’abondance des ferofitez, &
pour deffendre les vaifleaux.
LcnxfHbfiance, ou leur chair eft dure, ferrée & denfe,
prefque comme celle du cœur , mais non pas fl fibreufe,
parce qu’il a les fibres des vaifleaux. Mais la graifle eftant
oftéc , on voit aux deux coftez de la cauité interne, vne
fubftancelafche, incfgale & cauerneufe.
Ils ont comme deux ventricules^ l’extericur en la partie
cauc , que Fallope nomme la porte , par où entrent les
vaifleaux emulgcns. Ils y entrent d’abord partagez en
deux , & incontinent après diuifez en quatre le plus fou-
uent, ils s’efpandent par toute la fubftance des Reins, iuf-
qu’à ce qu’ils fe changent en des vaifleaux capillairestres
déliez. L’interieur n’eft autre chofe que la cauité ample
de l’vretcre, c’eft à dire, la cauité mébraneufe, qui eft faite
desvrctercs, qui s’eftendent ,& fe dilatent dans la cauité
du Rein. Orlesvreteres ne Ce fubtilifcnt,& ne fc rendent
pas déliez dans leur continuation , comme font les autres
R vaif-
Veytz tut-
thAnt ces
mtmbtanes
la figure
precedente,
eb* Its deux
fusumtts.
Q^ù'ejl-ttr
que fer ut a-
teur det
Keins}
îubfianu*
Vê/tfUuUt,
Du ventre inferieur, iji
Exflication de la figure.
* tmB*
Ellereprcfcntc les parties de l’Abdomen, qui fciuent
l’cxcretion de rvrine, & à la génération.
A. A. VMeportion dfi Diaphr4£vte eoauerte duperitmi)
repliée en haati mec quelques cofies.
B . B. fiege cme dît foyè , qni efi vn peu ejleue'.
C. le'hgamentgAHche dufoje, par lequel il efi attache au^
diaphragme-
D- laveine ombilicale.'.
E. onejlnuojîtédufojey pour faire place au ventriculéi'
F. {Orifice fuperieur du ventricule.
G. les eminences qui paroijfent aufeye , oii fort la veine
porte.
H. la vejfie du fiel.
U la mine porte coupe'e ^&fes r.ameau)e qui vont a U vep
fie du fiel.
K. vn nerf dufoye , qui vient du fiomachlque.
L l’artere commune an foye & (i la vejfie du fiel. *
M' Je nerf commun au foye ^ala vejfie du fiel , qui. vient du
cofial droit-
N le canal dé la bile qui va aux. intefiinsy coupé,
O. la région antérieure & cane de là Rate.
P. la ligne de la Rate t ou. s' infèrent les vaijfeaux fpleni^
ques.
^le tronc de la veine cane. le tronc de l'Aorte.
S. ParterecaUaque coupée. . . . i
U. y ^ les Reins couuerts- deleur tunique grafiï.’
. la veine adipeufe des deux cofie^
a. b. lis veines (Jr arteres emulgentes des deux coflet^
c. c. d . d. /w vréteres depuis les R eins , iufques a la vejfie. ■
^-(-Jes veines fpermatiques de deux cofiez..
%-%.les veines qui fartent des fpermqtiques vers le péri*
toine.
i* les arteres fpermatiques des deux cofiez, .
R ii
j^2 LlurePremîery
K. farteyâ mefenteri^He inferieure,
\. commet Aorte monte fur la i>elnecaae, U diuijton tlt
(vne ^ t autre en rameaux iliaques. *
in. m. tartere lombaire qui va aux lombes ^ é' auferi^
toi ne.
n. l'artère facre'e fqtti approche des trous de l'os facrum,
O, vnepartte du reUum qui efi liée,
f.la vejfie de l'vrine.
q. vne portion du vaifeau qUi porte la femence.
x.C.lapeau qmeeuure la verge la bourfe repliée en cét
endroit.
C. le panicule charnu , qui efi fous la bourfe , é" qf*i couure les
tefiicules.
U. la tunique propre du tejîicule, auec fes vaijfeaux , qui
vient du péritoine.
X. vnepartiede la verge efearchée qui pend.
taiffcaux: mais ils ont les extremitez dcleurs rameaux,
qui font comme des tuyaux^ [au nombre dchuiâ: ou dix
pour l’ordinaire, ]larges,ouucrtes,& quircçoiuent quel¬
ques caruncules.
Caruncu. Caruncules font comme des glandes , moins colo-
Ut. rècs , &plus dures que l’autre chair. [C^rp»/ en cftle pre-
micr inucntcur], quoy que Rondelet s’en attribue l’inuen-
îion , & les appelle produdions mammillaires. D’autres
les nommer caruncules mammillaires, [parce qu’elles ref-
femblcm fort aux mammellons. Elles font de la grolfeur
d’vn pois , vn peu larges par haut, & connexes par bas.]
Leurs trous font fi e>ftroits , qu’à peine laiffcnt- elles paffer
vn chcucu. On peut remarquer ces petits canaux, fi on
coupe les reins félon leur longueur. Ces trous deuoient
cftre fort fubtils, afin que le fang qui eft necclfairc pour la
nourriture des reins, ne s’ecpulaft auec la ferofitc& labi- .
Icdanslcs vrctercs. Ce qui arriuc lors que les Reins font
mal affe^cz , ou que ces petits conduits font trop ou¬
verts & trop grands. Ils ont des vaiffeaux de toutes for-
îcs-.quant àleuis veines, ils les reçoiuent de lacauc^
Du <7jentre inferieur, lU
I. Les veines AppeWécs Emnlgentes,^ czvi^càc]cmo&~ V fines.
ce, font d’vne grandeur confidcrable,àcaufe de l’abon¬
dance de la ferofité, dans lefquelles Bauhin dit qu’on
peut remarquer des valvules, qui empefchent le retout
de l’humeur fercufe dans lacaue[ Mais il fc trompe: car
par leur partie plus large, elles regardent la veine caue, &
les Reins parla pointue & plus eftroite , félon l’obferua-
tion à'HarHeiuiy de forte que quelque chofe peut aifemêt
retourner des reins par les Emulgentcs dansla circula¬
tion.] Elles fc portent en bas à la partie caue desReins par
vn conduit court & oblique , tout demefme que les arte- Artereî.
res emulgentes , qui font fort grandes ; Celles -cy viennent
du tronc de l’Aorte aux Reins , non pas tant pour leur
fournir la chaleur vitale, qui refifte au froid , que pour fc
defeharger , èc fe purifier de la ferofité , qui eft contenue
abondamment au fan g artcriel. [Car quand ces vailTeaux
ensulgens partagez en deux, font entrez dans la partie ca¬
ue du Rein , l’vn & l’autre rameau fe foubdiuife inconti¬
nent apres en quatre ou cinq plus petits, ceux cy en d’au¬
tres plus déliez , qui fc changent enfin en des petites vei¬
nes & arteres capillaires, qui finiffent aux fommitez des
caruncules, ou elles refpandent la ferofité» afin qu’elle
defgoute dans les tuyaux des vrctercs : les emulgentcs
ncantmoins rie s'ouurent point en aucun endroit aux
tuyaux des vrctercs. Car foufflant dedans, & y mettant
de l’eau , le fouffie & l'eau coule bien par les emulgentcs,
mais non pas parles vretcrcs.]
2. Les Adifettfes : la droite qui vient de l’Emulgente,
& fort rarement du tronc delà caue ,1a gauche toufiour$
du tronc, quifont produites iufques à la tunique exte-
ticurc ,& portentlcfang pour la graille. Les Reins n’ont
pas bc foin d’autres vaiflèaux pour la nutrition, comme la
veflîe du fiel , & celle de l’vrine , parce qu’ils n’attirenc
, pas comme elles vn excrement tout pur.
Ilsontd’vn & d’autre cofté vn mit nerf qui vient du
fiomachi^ue , qui fc difttibuë dans leur membrane propre; .yomif-
D’où vient la fympathie du ventricule , & des reins, qui
R iij
154 Llure Premier^
que U ckI- caufe aux Nephritiqucslcs fouflcucmcns dcrEftomach,'
tul tfi aux ^les vomilTcmens.
Ktins? quelques rejetions de nerf près des Princi*
pesdesarteres ditnicfenterc , dont vne partie entre dangr
la partie caue des Reins, auec les arreres emulgentes ,&
fe diftribuent dans leur fubftance. De -là viennent les plus,
violentes douleurs grauatiucs ou pefanres des Nephriti-
f ««. Mais elles font beaucoup plus aigues quand la pier¬
re entre dans les vreteres cftrûits & fort fenfibles.
talt’ uSu. C 'eftlà la véritable fimÜPtre des Reins en l’homme, Eî-
redîiKetns Iccftbien differente enceuxdesc^/V»j, qui ont d’autres.
chie», cauitez , au lieu qu’en ceux de l’homme , il n’y en a point
d’autres que celles qui fe forment des cmulgentcs , & des
vreteres diuerfementdiuifées.
L« crthle Le cri'^le bénit des anciens eft vn fonge fait à plaifir.
desanciês. Car ils ont fein<St qu’il y auoit dans les Reins deux
I cauitez félon leur longueur :l’vne fuperieure, dans la-
1 quelle les emulgcntesrefpandoient le fangfereuxj l’autre,
inferieure, qu’ils eftimoient eftre feparéede l’autre par.
vne membrane tranfuerfe, & eftre perçue de trous fort
eftroits comme vn crible : .G’cft pourquoy ils l’ont appela
lec couloir & crihmm benediBHm.y par où ils ont voulu
que'ia ferofîté coulaft dans les vreteres, au lieu que le fang
îoihible demeure pour la nourriture des Reins, refahk
^ ’ mocque auec raifon de ces fonges des anciens , mais il fc
trompe lay-mefme ,, lors qu'il veut que les Reins de
l’homme ayent des cauitez femblables à celle des reins
des chiens , & qu’il deffend découper les reins de l’hom¬
me & de la brebis, à caufe delcurgraiffe.
Quant à leur vfage , Erajtfirate & les fe^ateurs
Erreur ^Itpittde y cftiment que la nature les a créez en vain.
d'Ariflete, jf?<»?i?mefme dit quelques fois qu’ils ne font aucunement
neceffaires.. Il eft, certain neantmoins , que leur vfage eft
d attirer parles emulgentcs le fang fcreux,afin qu’ilfe pu-
Cotnment ^^^^’^Lefengfereux entrant donc par CCS vailfeaux j ilcfl:
fifnt iv- porte par les rameaux des emulgcntes,qui fediftribuent
mt? 'partoute lachairdes Reins, Sc fe changent, enfin en de-ji
Bu V en tre inferieur, 1 3 5
-conduits foct déliez, afin que l’humeur fereufe coule
• firoiétdans la chair des reins. Mais la partie fanguineSc
louable demeure pourk nourriture des Reins, &la fe¬
reufe Siaqueufecoule parles trous des caruncules mam-
millaires dans les rameaux des vretercs qui s’vnificnt
pour faire vnecauité ample, ou vnvretereeftendu , où la
ferofitéeft refpandue, & par les vretercs dans lavelTie,
d’où vient l’vrine. Or parce que l’vrine iaunic, on croit
qu’vnc portion de la bile iaune qui n’a point efté attirée
par îavclfiedufieljcoule auecla ferofité, afin que labile
nettoye & irondifieks vretercs commelcs intedins.
[Olhafus, Semertus, Olmi VvormiHS attribuent aux Sites reint
Reins la préparation de la femence , parce quç les Reins préparent
chaudsrendent Icshommcs plus enclins à la luxure, femence*
les froids au contraire les en deftournent: Que les reins
des animaux vénériens ont l’odeur & le gouftde lafc-
mencc, que n’ont pas ceux des chaftrez: Et qu’en la Go¬
norrhée qui vient de l’abondance de la femence , on ap¬
plique aux reins des mcdicamens refrig.eratifs auccfuc-
-cez. Cesraifons méritent certes d’eftre confiderées,quoy
-qu’on puifl’edire que les reins ont peut.eftre cette odeur
& cette faueur, parce que la matière de leur nourriture eft
femblable à celle de la femence, qui cft portée en vn lieu
voifin: Et que quand les reins font chauds ou froids, les
lieux voifîns par où pafle la femence , s’efehauffent ou fo
refroidilTent , où elle eft altérée, & par confequentla fe¬
mence rcfpond àla conftitution des reins. Car lean Wtt-
Uw cftime que la circulation du fang cft contraire à cét
vfage; parce que le fang n’eft point porté des reins aux
tcfticules, par. les veines emulgentes & fpermatiques,
• mais feulement de l’aorte par lesarteres fpermatiques.
attribué aux Reins quelque forte fignifica- S'ils enge-
tion,i. Parce qu’ils ont vn parenchyme ôc beaucoup de ^retst d»
vaifleaux. Ce parenchyme neantmoins leur peut auoir/’*'*^-
cfté donné pour empefeher que les vaiftcauxnc s’entor-
tillaflent j &ce grand nombre de vaifleaux pour vuidec
abondamment la ferofité , de forte qu’elle coulaft fans
1
Jjure Premier,,
beaucoup de Hing , par vn grand nombre de petites por-
teletresdans lescaruneules. i. Parce que les Reins des
perfonnes faines, font rouges, clairs & folides, au lieu que
ceux des malades fe trouuent , félon l’efpece de la maU,
die, tantoftobfcurs & noiraftres, & rantoft blanchaftres,
qiielques-fois lafehes & fragiles, & comme pourris, Sr
quelques- fois durs & arides. Mais cela neantmoins leur
peut arriuer de ce que les Reins ont efté malade?, comme
quelques autres parties, ou bien de ce que la maladie
ayant blelTé ailleurs la codion, ils n’ont peu fe nourrir de
bon fang. 3. Parce que les veines des graucleux font
crues : maison en rend communément vne autre raifon,
c’eft que Jes Reins eftans bouchez , il n’en fort que ce qui
eftdc plus fubtil.4. Parce que ceux qui ont le calcul, en¬
flent & pallifTent , comme s’ils auoient la leucophlegma-
tie. Mais cela peut facilement arriuer, ou de ce queles
Reins eftans foibleSjils n’attirent pas aftczlafcrofité, ou
qu’eftans bouchez elle ne peut cftre chalîée comme il
faut:fi quelqu’vn neantmoins auoiiant cette circulation
du fang, veut alTeurcr que le fang reçoit vnpeu plus de
changement dans les Reins , que dans vn firaple vaiC-
feaujie ne voudroispas contefter contre luy]
CHAPITRE XVIII.
Des Cap/ltles ou Boëtes Atrahilaires,
La plufpart ne tiennent conte de.ces vaiflcauXj&ne les
remarquent pas, encore qu’ils fe trouuent toufiours
en tous le s corps, quoy que Picolomini afleure le contraire,
il ne faut pas dire que ces capfulesfe forment des fuper-
fluitez de la matière , comme vn fixiéme doigt.
Leurpre- Berthelemy Eufiachius le premier qui a trouuc ces
mier in- corpufcules , qui en fait mention fous le nom de glandes:
He;ittur. Picolomini & Bmhin en ont parlé après luy. Cajferius les
appelle Reins fuccencuriaux, &c nous Capfulés atrabilai¬
res , à
I)u \> entre inferieur', jj7
res, acaurcdelyfage que nous leur attribuons.
Orccscapfules fontfituécs de telle forte qu’elles font
couchées dehors fur la partie fuperieure des Reins, par
laquelle ils regardent la veine cauci
]_cmnûmhe eft pareil àceluy des Reins. Car chaque
Rein a fa capfule, qui eft couchée fur luy.
tenx grandeur n’eft pas toufiours efgale : le plus fou*-
uent ia droite eft plus grande que la gauche, & quelques-
fois aulfi la gauche que la droite.
[Elles font prefqueauffi grandes que les Reins aufœ-
rus-,,p'eiit-cftre à c'aufe qu’elles font alors plus humides,
à la longue, comme la melancholie s’augmente , elles s’e-
ftreflîffent^Ie les ay remarquées vne fois en vn adulte,
deux fois plus grofles, à caufe de l’abondance del’arre-
bilc,auliciique d’ordinaire elles ne font pas plus grofles
qu’vnegroflè noix vomique. J.
Elles ont au dedans voocauitéy où l’on trouue vrie cer¬
taine humeur féculente & noire qu’elles contiennent.
[Deforteque les parois, internes font teintes de cette'
noirceur ]:
Leur Figure 8c leur fitbfiance eft femblablc à celle des
ceins, finon qu’elles fontvn peu plus lafches & plus mol¬
les, de maniéré qu’elles femblent comme des petits reins
couchez fur les grands. C’eft pour cela peut-cftre que
Caferius les nomme reins fuccenturiaux : Icurfubftance
eft plate comme vn gafteau, &caüe feulement par de7
dans , ôcleur figure eft longue en quarré. [ Par fois elles
font triangulaires , 8c rarement les trouue- on de mefme
figure. ]
Elles font fi fermement attachées^ la membrane éxter
rieure des reins, où elles font couchées, que ceux qui
font moins exaéts & diligents , ayant ofté les reins , les
laiffen rattachées à la membrane du diaphragme. D’où
vient queplufieurs ne les remarquent pas.
Elles ont àcsvaijfeaux , à fçauoir des veines & des artè¬
res qui viennent du milieu desemulgentes. Tantoft le
■ffinleur fait part d’Wc veine, ÔC tantoft la veine. caue
Vaijfeaar,
Vf*gt‘
jjS Tjure Premier^
d’auprcs du foy e luy en diftribuë vne branche ; quélques-
folsdeTadipcufe, & quelquesfois elles en reçoiucntdç
tous CCS endroits.
CesCapfulcs ont des Nerfs ^ car quelques rejettons
des nerfs meflez enfcmble forcent desenuironsdes prin»
cipesdes arteres du mefenterc, dont vne partie s'en va
aux reins, & à ces capfules qui font fur eux.
Leur vfage a efté inconneuiufques icy.S’il nous eft per¬
mis de dire nollre conieiSture , apres enauoir attendue-
ment confîderé la ftrudl:ur.c , & les conduits j Nous dirons
qu’elles font deftinées pourreceuoir l’humeur bilieufe,
craire&excrememeufe, dont le fang fait aufoycouàla
rate, ou dans l’vn&: l’autre, &fur toutcelufr que nous
auons montré fe faire dans la rate, n’a pas efté en core bien
purifié, & que là elle eft gardée & furraontéc, n’ayant peu
pénétrer les conduits eftroits des reins. Il ne fautpass’c-
.ftonnpr qu’vnechofepçfante monte, puis que cela arri-
îie fouuent en noftre corps, par la force delà faculté ex-
‘pultriçe ou attirante d’vne partie.
[ Et mcfme l’attraélion deuient plus véhémente dam
les inftrumens pneumatiques par vne fituation plus ef-
leuée, ] C’eft de là peut-eftre que les vrines font noires,
lors que cette humeur s’alTemble en trop grande abon¬
dance dans ces capfules. le ne doute pas quelles ne fiaient
fouuent les fources de quelque caufe morbifique, fur tout
de lamelancholie, dont les mclancholiques ne fentent
point la douleur, parce que les nerfs font trop deliez, ÔC
que l’cfpaifteur des humeurs en efmoufte le fentiment.
Spgelim i que cet Unatomifie de Kofihoch(n\x. entière¬
ment ) attribue à ces capfules d’autres vfages , i. afin
qu’elles rcmplilfent l’efpace vuidc qui eft entre les reins
& le. diaphragme, a. afin qu’elles appuycntl’eftomachà
l’endroit ouileft au dcfliis des veines & des arteres emul-
gentes. Maison peut rcfpondre. I. Q^e la nature qui ne
fait rien en vain, ny au hazard,nefemblc pas auoir voulu
employer vne partie noble & animée pour remplir feule¬
ment vn efpacc , ce qu’elle pouuoit faire en rendant le
Bu V en tre inferieur^. i j 9.
invn peu plus grand, i. Queccs capfnles eftans fi dé¬
liées, feroient des fouftiens trop foibles pourlcventricu-
le,&<iue fi elles auoient cet vfage, elles ne feruiroient
pasfeulenicnt pour luy , mais auffipour les autres parties
voifines.
[ Vejliffgm rencontre mieux , quand il dit qu’elles ai-
den t à l’atttaélion de rhiimeur fereufe: ce que i’interprete
volontiers de lamelancholic , parce que ie fçay.bien qu'Ü
n’eft pas contraire ànoftre opinion. ]
chapitre XIX.
Des Vreteres.
LEsVretercs OU les conduits de rvrmc,font des vaif-
fcauxoblongs, ou des canaux, qui fortans des reins*
en portent l’vrinedans laveiEc oùils s’inferent.
Il y en a deux d’ordinaire , vn de chaque cofté , quel-
quesfois deux , Ôc mefmes d’auantage , qui s’aflemblent
neantmoins deuant leur infertion , [ainfi que Charles
Mftieme l’a remarqué en quelqueiu jet. Mais Riolan a veu
dans le corps d’vn verolé deux vreteres de chaque cofté, ,
inferez en diuers lieux , dont l’vn s’alloit rendre prés du
col de la veflîe,& l’autre au fonds. Salomon Alberms en
arcmarqué trois au cofté droit, & vn feul au gauche.
Nous auons remarqué aflczfouucnt cette diuerfitéj
comme nous le rapportons dans nos JtUfioires Anatomi-
fues plus rares.]
Leur fituatien , à l’cfgard du corn menccment,du milieu Situathni
& de la fin, occupe vn grand nombre de parties. Leur
principe eft aux reins , & fc forme de neuf ou dix tuyaux, ,
ou petits canaux qui rcçoiuent chacun àleurs orifices, ces
caruncules,dont nous auons parlé, comme auftiaux en¬
droits du milieu, oùilsfetrouucnt percez. Gr ces tuyaux
fereduifent en plus petit nombre de rameaux, & plus
fçauoir, ordinairement en trois, qui fe diftri-
:[49 Liure Premier]
buentdans k région haute, moyenne & baffe du rein,''
Ceux-cy s’afTcmWcnt apres en vn ample canal qui fore de
la partie cauc des reins. Leur mliett eft tout le canal
oblong, qui eft couche fur les mufcles des lombes , entre
les deux membranes du péritoine, aufquellcs s'attachent
lesvretcFcs, &parhaatauxrcins,& parbasàla velfie, à
la fubftance intérieure de laquelle ils font continus ,de
forte qu’lis nepeuuenten eftrc arrachez,fansfcdcfchirer.
Leu rfitt eft là où ils s’implantent, fe portans obliquement
de la largeur d’vn doigt entre lamcmbranc propre de la
velîîe, de 'le mafcle qui l’enuironne près du col de la vef.
Voufiiuoÿ
i'vrine ne
vemtntt
point vers
les emul-
genttst
Grandeur.
Wigure.
lA.emhrA‘
nés. .
Vaîpatfx.
fie, & à fa partie poft^rieurc. La nature, pour empefehet
que I’vrine ne remonte, ne s’eft pas contentée de rendre
leurinfertion oblique, elle a mis là où elles s’implaritent
deux petites membranes tranfuerfes comme des valvu¬
les, & comme ces peaux qu’on appelle cfucnioirs/qui
font deuant les trous des foufBcts.à vn de leurs codez,
qui ferment l’entrée des vreteres. C’eft pourquoylavef-
fie eftant enflée & liée cftroiteraent au -col , n’enuoye
point aucun vent aux vreteres.
Pour h grandeur des vreteres, ce font des vaifleaux
oblongs, cfpais &côncaues, larges comme vne paille.
Mais nous auons fouuent remarqué- aux graueleux dilTe-
quezjque deux doigts peuuêt entrer dans leur cauité ,[
qu elle cft mcfmc auffi grande que celle des intellins.]
Quant Hcwt Figure, ils font ronds en long, comme des .
canaux, & vn peu obliques, comme lalettrc S.
Ils ont vne membrane double : l’vne commune , qui
vient du peritoinc,6c quiles rend forts & robuftcsjl’autrc
propre , qui eft continue & femblable à la fubftance inté¬
rieure delà vefiîc blanche, (c’eft pourquoy quelques vns
[comme Ce/yî«,]les nomment veines blanches)fansfang,
ncrueufe,erpai{re,fortc,& qui a des fibres droites ôc obli¬
ques, afin qu’elle puifle fe dilater.
Les parties voifines leur fourniffent des veines oc des
arteres defliées.
La fixiémc paire des nerfs, & la moiielle des lombes»
Du><~u entre inferieur. 141
leur diftribiient des nerfs , qui rendent leur fentiment ex¬
quis, ôtcaufenc de grandes douleurs , lors que le calcul
palTe.
Leur /^^eeftde feruirde canaux par où IVrine ayant
çftéleparée du fang dans les Reins, foit portée dans la
veflîe, &quelques-foisauiîlle fable & la pierre. L’vrinc
donc coule dans la veffie par vn conduit manifefte, qui
cftant incognu i jifclepiades, il a voulu que Phumeurfe-
reiife fut portée dansla veflie, d*vne façon 8c par vn paf-
fage imperccptible.comme fi elle fc refoluoit auparauant
en exhailaifon , qui tranifudoit & fe changeoit^çés en
-vnc humeur femblableàlapremicre.^^r^ff^aünuaullîi
cette tranlRidation.
CHAP.ITRE XX.
De la ajefie de l’Wine.
CE tte veffie eft logée dans Phypogaftre, cntrcles deux
tuniques du péritoine, en la cauité qui fe forme de
Fosfacréj&dcceuxdes hanches &: du penil : Elle eft aux
hommes fur le rcétum, Seaux femmes entre le col de la
matrice &: l’os pubis.
Si grandeur eft diuerfe: [car tant plus les poulmons
font grands, d'autant plus cft-elle grande, de forte que
les animaux qui n’ont point de poulmons , n’ont pas auf-
ftde vclfie.Elîecftauflîdiuerfe, jfclon qu’elle eft diuerfe-
menteftenduë: car eftant pleine, elle s’efleuc quelques-
fois dans le ventre, de forte qu’on peut l’apperceuoir par
rattouchement, & quelquesfois cftant vuide, on a peine
de la teconnoiftre incontinent aux difledions , à caufe
qu^elle eft fort petite , comme vne poire vn peu grofle.
Vf^se:
Erreur
d'Afclepia^
des de
Vnracelft^
Situntîonl
Grandeur.
Du y^entre inferieur^
Explication de la Figure.
Elle reprefente la veSI,& fur tout Icj^arties deftinécs
à la génération.
a. a. VHâ partie dffpiri toi fie , é" du Diaphragme reiette' en
haut) é" en dehors, les coflesefiamrompms.
b', b. la partie connexe dnfoye>
c.c. vne petite portion de lapartie cane dnfye.
é-c. le ligament droit gauche dufoye.
f. le tronc de la veine porte coupé.
g- le tronc de la veine cane.
le tronc de l’aorte.
i. la veine adipeufe gauche coupée,
X’tartere câliayue,
\.la veine adipeufe droite , coupe'e.
m, n. les vetnescérles arteres emul^eutes.
O. O. p. p. U bande des reinsfeparee d'eux.
q. q. les vreteres.
t. U. la veine fpermatique droite , qui fort de la veine tant
prés de U.
'^■yAe s deux origines de la veine fpermatique gauche x. de
l emulgente,y. du tronc mefme de la veine cane.
«. l origine des arteres [permatiques-
Çi.les rameaux de la veine fpermatique qui vont au péri-
toine.
y le paffage des vaijfeaux fpermatiques par les produélions
du péritoine-
VI. l'vnion de la veine (fr de l'artere fpermatique , ^ le com¬
mencement du corps variqueux.
«• I infertion du corps variqueux au tejlicule,
e-le t ejlkule couuert de l'enueloppe inte me.
le commencement du vaijfeau deferenty ou qui porte la fe-
mence de l Eptdidyme , qui efiicj recourbé ff»i. dé où il
monte a k.
J LlureH^rmler^
f. lavejfie de Vvrine couchée furie ReBnm *.
'Ç les glandes profates, où shfereniles vaiJfeAUX deferent*
f. lemufcle JphinHerde la vejfie.
a. T- les deux corps de la 'Verge- ^
ç. X' l^ première m extérieure enmoppe du tefiicuh pi
ejl propre.
4. lemufcle crentafier du tefiicule.
«I. le feptie'me mufcle de ceux qui meuuent la cUîJfe,
^gure.
Ctmtx'm.
Sa figure eft ronde en long, afin que fa capacité foie
grandeiEllc a ordinairement vne feule cauité au dedans,
& rarement deux feparées par vne membrane comme
par vne clofturc. [Felcherus Coiterus^riz. trouuédcuxcn
vne fille de 55. ans , deCaJp- JBauhinen vn homme.
phael Thoriui en deferit deux, qui ontefté trouuéss au
corps du grand Cafaubon - la nature ayant ainfi voulu le
rendre admirable à la pofterité , par vne particulière con-
ftitutiondefon corps, aufli bien que par les rares qualitez:
defon efprit.] Elle s’eftrelîit peuà peu depuis le fonds, en
vncolforteftroit, ayant parce moyen deux parties, le
fends & le coh
tcfcwdsefi-attache'aupQïkointôcm nombril, par le
ligament qui eft entre-deux , qu’on appelle l’vraquc , &
par les deux artères vmbilicales defleichces , afin que
l’honime marchant tout droit, le fonds ne fe couchefuï le
col. [C’eftà caufedecetteliaifonqu’ily. agrandefympa-
thic entre la veffic & le nombril. ]Le coi de la velfie eft at¬
tachée zux femmes au col de la matrice , & aux os voifîns
des hanches, & aux hommes, au Redum.
iuhfiAnce. Sa y»^'/?<t«ce,eftenpattiemembianeufe,pour auoirplus
de force, & pour eftre plus propre à rcxtenfion& àla
corrugation, & en partie charnue pour le mouuement.
Ca*r elle a deux membranes vn mufcle qui enucloppe
toutela veflîe , que tous les Anatomiftes , cxceptéy^^»4-
pendentCi veulent eftre fa troifiéme, tunique, & non pas vn
mufcle.
La première membrane eft l’extcricure & commune
Bî^ fventre inferieur. 145
mji vient dn péritoine , & eft forte & cfpaiffe.
^ L’autre eft interne & propre, qui eft déliée d’vn fenti-
jtient fort exquis, entrctiffii'é de toutes fortes de fibres,
afin qu’elle puilFe fe dilater beaucoup & s’èftreffir. Ceft ”
pourquoy elle cftcouucrcc d’vner^‘(?»/tf charnue^ou com- erouBe
nie d’vnc tunique ridée qui fc forme des excremens de la de U ve{~
troificme codion , afin que la tunique interne ne foit of- fi*'
fencéc par l’acrimonie de l’vrinc.
Celle qui eft au milieu entre la tunique propre & l’ex¬
terne commune , eft appellée des vns la fécondé membra¬
ne propre , qu’ils veulent toutes-fois eftre efpaifle ôc ren¬
forcée des fibres charnues.
Mais, à vray dire, c’eft pluftoft vn mufcle qui enuiron- ‘
ne toute la veftie, parce qu’il a euidemment des fibres sphincter
charnues inférées au commencement de la veflie : De for- de U vept
te qnc comme ce mufcle circulaire, nommé fphinder,fer- ip **
re la veffie , afin que l’vrine ne coule contre noftre volon- ^
té, ainfî ce mufcle fert à l’excretion de l'vrine , lors qu’en
s’eftreffiflantil ferre la veffie. C’eft le fentiment d’^^«<l-
f ehdente mon maiftre.
[ FFalms fait voir la vérité de cela aux chiens viuans en
faifant vne petite ouuerturè àla veffie, après auoir coupé
tous les mufcles de l’abdomen , de laquelle l’vrine fort
auffiloinque par la verge, lorsqu’ils fonifains. Nousno
voulons pas pourtant mer que les mufcles de l’abdomen
ne feruent auffi à l’excretion de l’vrine. ]
Elle a trois trom : deux vn peu deuant le col , où s’infc-
rent les vreteres, dont nous auons parlé cy-delTus, le
troifiéme au col pour la fortie de l’vrine.
Or le co/ de la veffie eft la partie phiseftroite,paroù
Ivrinefort. Le col ejl aux hommes ^UxsoblongieflroitSiCvrx
peutoriu, parce qu’cftantcouché fousie corps delà ver¬
ge, fous les os du penil, il fe porte du fondement à l’origi¬
ne de la verge, qui a deux glandtsàfa partie poftcrieurc,
qu on appelle Profiates : U tft court & large aux femmes,
attendu droit en bas, & inféré par haut au col de la ma-
îticc. Le col eft charnu en l’vn & l’autre fexe [ c’eftpour.
Liure 'Premier^
Zemufcîè quoy eftant bleffé il fe reiinit fans peine, au lieu que Içj
i^hincter. autres playes de la veflie font mortelles ] il cft tjifu dç
beaucoup de fibres fur tout de tranfuerfes quiferrent 1®
col de la veflie, afin que l’vrine ne s’efcoule pas contre
noftre volonté : Et ce mul'cle circulaire eft appellé fphin-
â:er, à caufe decét vfage 5 Quand il fe refroidit , ou qu’fl
eft oftencé par la paralyfie, ou par quelque autre maladie,
l'vrine coule contre noftre volonté.
QMnt aux vaijfeaux de la veflie, elle a les veines[hypo-
’ gaftriques qui s’inferent aux coftez de fou col, & qui
eftans diuerfement diftribuées dans la veflie, s’vniflent
cnfemblc , & auec les arteres , & font ouucrtes par des
• u'ous réciproques ,afin quele fang fe porte aifement d vn
lameau dans vn autre, comme a remarqué
pour la nutrition, parce qu’elle attire l’vrine, qui cft va
pur cxcrement , dont elle ne peut pas fe nourrir.
Sts Arteres viennent de l’hypogaftrique aux hommes,'
aux femmes des vaifleaux qui vont au col de la ma¬
trice.
Elle reçoit des gxos nerfs de la fixiéme paire, & delà
moüelle de l’os facrc.
Son vfa^^e eft de contenir l'vrine, comme vm pot de
chambre, & aufli les pierres, & le fable, & puis de les
ietter dehors, lors qu’il cft temps.
CHAPITRE XXL
Des ydjjeaux ffermaticjues Preparans
de thomme.
NOus auons veu iufques icy les organes qui feruentà
la nutritionill nous faut maintenant confiderer ceux
de la génération , qui font faits dVne façon aux hommes,
,&d’vne autre aux femmes.
Lespremiers quipaioiflént en l’ho m m e, font les
Lu '\>entre inferieur. . 147
feAttx fier manques doubles, c cft à fçauoirdeux veines v 4$ féaux
tpermatiques , ôc deux arteres. ffermati.
La veine droite fon origine du rronc delà veine &
caue, vn peu plus basque l’origine de l’E mulgente, & la
' gauche de l’Emulgente: Car il faudroitaurtemen't qu’ci.”*'
le marchaft fur l’Aorte, ce qu’elle ne fçauroit faire , fans fc
mettre en danger de fe rompre, [ou pluftoft, fans que le
cours du fang qu’elle contient, ne fuft arrefté & empef-
ché.jC’cft pourquoy elle fort plus raremcntde la veine
eaue, &quelquesfois de l’vne &l’autre.
Les deux arteres fperraatiques viennent de l’aorte,
[prefqueàdeuxtrauers de doigts de diftanccs descmul-
gentes.]
Pour hwï grandeur i ces vaiffeaux font plus grands aux Grandeur.
hommes qu aux femmes : Et les artères font plus am¬
ples que les veines, parce qu’il falloir beaucoup de cha¬
leur & d’efprit vital pour ta femence; Quelquesfoisvne
artere manque, & quelquesfois toutes deux, comme il
arriue peut-eftre aux perfonnes fterilcs.
Ces vaiffeauxfontvnpeu cEoignez lesvns des autres, v«ye%Jaji^
& s’eftendent obliquement fur les vreteres iufques aux gure pre~
aifnes , mais dans leur marche ces veines & ceslrteresfe ff^tttte.
joignent par vne infinité d’anaftomofes, & font attachées
par vne membrane qui naift du peritoinc,& fc portent en
fuite à la façon des fléaux ou tendrons des vignes au com-
mencementdu tefticule.
Or cét cntrclaflcmcnt cft appellé de quclqueVvns
corps variqueuxy pampiniforme, pyramidal, &c.[D’autres
diftingueni ainfî ces vaifleaiix:a«fiî toft que les vaifleaux
pr eparans d' vn principe eûroit , fc dilatent comme en vno
pluslarge bafejonles nomme pyramidaux, &lors qu’ils
s entortillent diueifement deçà delà, comme desflcaux
de vigne, deuant qu’entrer dans les tcfticulcs , illcs faut
appellerPampiniformes. ]
Au refte ces vaiffeaux ne percent pas le péritoine, com¬
me aux chiens, mais fc portent entre fa doublcure auee-
petit nerf de la fixiéme paire, &: le mufcle cremafter.
' “ T ij
s4S Lture Premier, 1
CesvaifTcaux preparans de la génération ne fc chati!^
gent pas, comme plufieurs pcnfent, lorsqu’ils touchent
letefticule , cndefcrens, comme fi ces vailîeaux eftoietit
continus aux autres : Mais ils penctrentla tunique pro¬
pre du tcfticulc , & fc diftribuent & fimlTenc dans fa fub- *
fiance.
Leur vfage eft de charrier le fang, & IVn & l'autre efprit
aux tefticules , & de les préparer dans ces diuers entrelaf,
femens par la force & la vertu qu’ils reçoiuent des tefti-
culcs:cequi fefait , lors que le fang vénal &: l’artericlfc
meflent exaélement ^ tandis qu ils arrcllent dans ces laby,
rinthes anfradueux.
CHAPITRE XXIL
Des Tejîtcules.
LEs Teflicttîes font ainfî appeliez , parce qu'ils font les
telmoins delà virilité & de la force dvnhomme:
[Ceux qui nenauoient pas, n’eftoient receiis en tef-
ïnoigna|tàla Cour de Rome. ] Les Grecs les nomment
didy nitC’cfï à dire gémeaux, parce qu ordinairement ils
nmhre, font denx- Il arriuc fort rarement qu’il n’y ait qu’vn gros
tellicule fcul, [comme tcfmoigne de Sylla & de
Cotta ]Il eft encore plus extraordinaire, quand ils font
trois, [comme cela s’eft veu en Agathocles Tyran de Sicile,
& en quelques familles des Coieoni àliAxc.
A Bergame & d’autres à Paris , comme remarque Fer^
ml. Ce qui eft particulier àyne certaine famille fortillu-
ftre en Allemagne. ] On en void aufli quatre , ce
a remarqué en partie .
[ Et RioUn le pcrc û petits qu’ils efioient ftcriles. ]
VoUr^uoy^ Us fo nt fituez en l’homme hors de l’abdomen fous le
les font 7e- ^ racine de la verge dans labourfe , i. à caufe de
hors MHx l^cnaftcté,s il en faut croire Ariflote'. Car les animaux»;
hommes? dont les tefticules font cachez dans le corps, font plus
Du ^ventre inferieur, jfç
I^fcifs, s’accoü plent plus fouuent, & font plus de portées
& de petits. 1. afin que le conduit eftant plus long, & la
femences’y arreftant plus long, temps, la préparation de
la Ictnence fe filt mieux [ 3. LAurembergitts eftinae que
c’eft afin qu’il} fulTent plus proches de cette partie exté¬
rieure où ils deiioient engendrer. Mais à dire vray ,ce
voifinagene fertde rien àla génération , mais feulement
ccluy du membre vinl. Et nous ne voyons pas que la na¬
ture obfcrue cela en pluficurs animaux qui engendrent
hors deux mcfmes.
MAn.Rolandmvs\ov)S\xc^2Lt deüx Hiftoires , Paré par
vneTeule, & Riolan par vnc autre femblablc , que les re-
fticulcsfe font quclquesfois tenus cachez dans la cauité
de 1 Abdomen lufqucs à l'aage de Puberté. Que fi le
membre Viril eftauffi caché en ceux-là, ilfe peut faire par
fois vn changement apparent de fexe.]
Ils font communément aux hommes de hgrofeur d’ vn GtAndeur.
petit oeuf de poule. Ceux des hommes font plus gros que
ceux des femmes.
Leur figure c(l ronde en long , ou ouale. Elle varie Figure,
quclquesfois, à caufe des vaifleauxvoifîns qui s’enflent
plus ou moins, d’où vient que quelques-vns difent que
le tefticule«[r<7^>cft plus varit|ucux. On croit aulTi qu’il
cft plus chaud, & que lafemence qu’il contient eft mieux
cuite, l’appelle, à caufe de cela arrhenogonos :
c’eft à dire, qui engendre le mafle, parce qu’il reçoit des
grosvai(reauxlaveinecaue,&la grande artere, vnfang
éc'vnefpiitplus pnr&plus chaud.Oneftimequele gAu^
ûe contient vne femence plus froide, plus fereufe, & plus
foiblc, parce que le plus fouuent la matière en cfl portée
de rfimulgentc. C’efl pourquoy Hippocrate le nomme
Thiljgouos yCClïi dire, qui procrée les femelles. D’où
vient aufli qu’on dit ordinairement que la femelle s’eri-
, gendre à gauche, & des parties gauches,& le mafle à droit
&des parties droites. Et Hippocrate dit : La femme a aufsi
bien cjue l'homme v»e femence virile efi féminine : c’ett à
dire, plus chaude ôc plus froide,
T ii)
ISO Liure Premier,
Mais le tefticule gauche cft enfemble plus enflé de fc-
mcnce, plus plein &’fourny d’vne plus grofle veine, flg-
forte qu’il fcmblc que la nature tende plus àla génération
i'hrflote, <1^5 femelles que des mafles. Arifiote a par confequent
dit mal. à propos , que la nature fe propofe toufiouis prin^
cipalementla génération des malles, comme l’ouuragela
plus parfait, -Et qu’elle ne fait des femelles que lors qu’el¬
le eft empefehée d’engendrer des mafles : Cette faulfe
creance a aueuglé ce grand homme de telle forte, qu’il
confideroit la femme comme vn monftre de la nature..
Si la natu- Mais fans nous arrefter à vne opinion fl extrauagantc, if
re tend ^ femble au contraire , qu’elle foit plus empreflee&plus
toHficms a foigneufe de la génération de la femme que de l’homme,
tiin du pour les raifons que nous auons touchées ; lointqucla
majiti nature ne regarde pas touflours ce qui eft meilleur , mais
ce qui eft plus ncccflaire, comme eft fans doute la femme,,
dont plufieurs fuflîfent pour Vn feul homme : Car du
tempsqu’elles portentlefœtus, elles font inutilcs:Adiou-
ftez à cela que leur vie eft plus courte que celle des hora.
mes , & n’ont pas tant de temps pour trauailler à la géné¬
ration que les hommes. Mais nous auons traité plus au
long cette queftion en nos Contreuer. Anat.n.desPamts.
Tegumtns. tegumens ou enucloppes des tefticules font les vns
communs, & les autres propres.
Ceux qui font aux autres parties , & qui leur
ont cfté donnez pour les deffendre des iniurcs du dehors^
font deux.
Le composé de la cuticule Sc delà pcauplu^
defliee qu’ailleurs , eftappcllé^cm»*» ou Scortura, qui
!,« hmfe. pend dehors comme vn petit fac ou vne bourle , & qu’on
peut apperceuoirparatrouchement.il eft mol&cüài,
fans graille , afin qu’il puifle fe dilater & fc froncer plus
aisément, & parce que la matière huyleufc delà grailTc , fe
change en femence dans les tefticules. [lly a àfa partie in»
Vourquoy indigne qui s’cftendant tout de fonlong, ledi-
elle eft fans partie droiétc , ôc en partie gauche, qu’on appclV
gratjfei Ic SHtHre.'\
Du> rventre inferieur. ist
Le féconde^ fait du pannicule charnu, qui cft airflîcn
cct endroit plus délié qu’aillcurs •, il cft plein de veines &
<l’arteres , & s’appellent i)4r/w. Les autres comprenent
ce tégument fous le nom de Scrotum-
Les tuniques ou enueloppespropr^^ font trois de cha¬
que cofté qui enueloppentchaque tefticule.
Lipremiere tunique propre eft nommée Elytmde,^Sit'‘ Troprfi,
cequellercffemblc àvne gaine, & par d’autres
àcaufe de fa forme entortillée. Elle eft déliée,mais forte,
parfemée de veines ,& naift des produdions dp péritoi¬
ne. Elle eft adhérente au Dartos,par le moyen de beau¬
coup de fibres membraneufes ,quc d’autres ont compte
pour vne tunique particulière. [ D’où vient qu’elle eft, af-
pre & rude par dehors , & polie par dedans. ]
La fécondé eft l’jErjf/jrwWe, c’eft à dire rouge, qui eft
garnie de quelques fibres charnues , & qui eftcouucrtc
par dedans immédiatement de la première. ♦
La troifiéme, dernière & inferieure , couvreimmedia-
tement la fubftance du tefticule, & femble la refterrer , &
eft appellée Albuginenfe-, { & par d’autres nerucufejparce
qu’elle eft blanche , efpailfe & forte j elle naift de la tuni¬
que des vaifleauxfpetraatiques,
La des tefticules cft glanduleufe, blanche,
molle, lafehe & fpongieufe, à caufe du grand nombre des
vaiflcaux,qui y font difperfez , & enfin cauerneufe, quoy
qu’elle n’ait point de cauité, non plus que le Foyc & la
Rate.
Ils ont toute forte de vaifeaux'Xcs u ei>i es Scies aneres Vatffemx.
desfpermatiqaes:& vn«ÿr/mcdiocredelafixiéme paire,
Sc quelqucsfois deux de la vingt-vniéme paire de la
moiielle fpinale , conioints aux vaifteaux fpermatiques,
[qui font portez auec eux parla produdion du péritoi¬
ne, ]8c qui font efpars dans les tuniques.
Ils ont vn mufcle de chaque cofté, qui naift d’vn fort li¬
gament qui eft à l’os du penil , oùles raufcles tranfuerfes
de l’Abdomen finitlénr, defquels ils femblenteftre com-
meparties. Orils fortent parlaprodudiondu péritoine.
iy2 Lîure Premier,
& s’attachent anx commencemens des tefticules. OnTes
V'vfagedes nomme Cremafiere s ou rulpenfeurs : Car ils tiennent les
mufdes des tefticules fufpcndus, afin qu’ils ne tirent pas trop les vaif-
tepicftl s. féaux fpermatiques. Ils retirent auffi les tefticules en la
copulation , afin que le canal feminaire eftant accourcy,la
femence foit portée auecplusde vifteflè &de facilité. II
paroift clairement^ fur tout en quclques-vns qui retirent
& laiftent aller les tefticules à leur volonté , que ces muf-
cles ont vn mouuement volontaire , quand ils font plus
forts que de couftume , de forte qu’ils ne contiennent pas,
feulemcntlcs tefticules J mais les mcuuent aufti d’vn lieu
en vn autre.
1* cAiife L^fage des tefticules eft de faire lafemence aiieç leur
efficiente de chaleur & leur force feminifiquc. Car la caufe efficiente'
h femence. Je la femence eft le parenchyme propre des tefticules,
foit à caufe de leur tempérament chaud èi humide, ou à
raifondÜeurproprietéfpecifique, puisqu’il ne fe trou-
ue point dans tout le corps aucune chair femblable à k;
leur. Or ils changent le fang qui a efté bien préparé , en-
femence pour la conferuation del’efpcce ; Et ce qui refte,.
feconuertit en la nourriture des tefticules. Ce n’éft ny ..j
fion^ne^fe' eouftumede la nature , de faire la femence
fait point d’engendrer des animaux parfaits fans les tefticules, '
fanstefii- ^ui impriment àJa femence la formé ôc la couleur qu’elle
fHles. ^.[ SmettHs en fes Meflanges, Fontanus en fa Phyf. Ca-
Itrolylîofmamusdeh Gêner . & d’autres monftrent que-
quclques-vns ont engendré fans tefticules, quoy que ce
foit contre laloy ordinaire de la nature. ]Or le lieu où fe
fait la femence, n’cft pas quelque cauité ample du tefticu-
le, mais les vailïeaux fort dcliez qui y font formez, & qui.
fontcouuerts d’vnc tunique fubtile, comme aefti-
me fortiudicieufement. [Cafp. HofntAnms,C<efar,Cremo-
nw..4dr. Spigelitis^pxes Ariflote ^ femblent auoir voulu
chaftrerlanature, en oftant aux tefticules la génération
delaferncnce ; parce, difent-ils , que la matière de la fe*
meneen entre point dans les tefticules, & qu’on n’en y
itouueiamais. lis nefont,àleur aduis,que le réceptacle
Du Rentre inferieur. 153
^erhumcur fereufe qui coule aiicc !a feir.ence, ce qu’ils
de leur fubftance glandulcufe , & de la grof.
feurdutefticnie gauche. Mais en ^a caufecics tefticules
nous ne deuons point prendre d’autres tefuioins^ny d’au¬
tres lUges que les tefticules mefmes, qui ont fait voir fou-
uent qu’ils fçauent faire de la femence , comme tcfmoi- -
gncnti)o</o>ie(?Obf. 35). Hofmannus de la Gen.
Caypf^s, & Riolaft. Ridant mefme lemalqué qu’elle ne
peut aller aux vaifleaux deferens que par le tefticule. .
Quant au tcfticulc gauche, nous auons défia rendu rai-
fon, pourquoy il eft plus gros que le droit.]
Ilfembleanfliqut les r(?/iVi</« augmentent k chaleiit
& la force aux hommes, comme cela fc voit aux chaftrez,
quichangent de tellefortc, qu’ils prennent l’habitude, ,
letemperament ,&:l’humein des femmes. Et certes il y ■
a grande correfpondance entre les te fticules 5 les pat îles
fuperieureSj & fur tout auec le cœur. Car ; otnvvuyorrs
que les cpiihemes cordiaux eil:ans flpp’xquez aux
tefticules , lors qu’il arriuc quelque dcfn-illaPCf- ; font
autant d’effet que s’ils eftoient mis (ur ir cœur [1 1 eft bien
difficile d’en pouuoir dire la caule facchh/au Df-iL^.a-
rtfis , Hofmanttus iknticnt que cela vienr d>. -liions de .
l’efpritjiointcsaux defreiglemens dclaconuoicih . xais
fl cela en eftoitla caufe, d’où vient que les Eunuques font
lafeifs, de qu’ils font fi paffionnement amoureux des (em-
mes, & qu'ils fontneantmoins fiiiets a lacholerc & aux ;
autres paflions de l’ame, quoy qu’ils n’ayem pas l’habi¬
tude & la force des hommes. Il femble que Galien a eftU
mé qu’vn cfprit s’engendroit dans les tefticules , qui de la «
s’efpand par tout le corps. MâisiIn’ya pointd’app<trence
, que les corps glanduleux , comme font les tefticules,
fuient propres pour la génération d’vn efptit chaud tioint
que les tefticules n’ont point de chemins pourdiftribucr
t^dt efprit nouucau. C’eft pourquoy ie ne puis auifi ap-
ptoiuier l’opinion de ) qui croit que ces efprits
s’engendrent pas à la vérité dans les refticulcs, mais
^uc les vitaux s’y aflemblent en plus grande abondance,. ,
154 Liure Premier ,
afin que de là ils aillent fcrcfpandre par tout le corps :Ie
fcntimenc de Th. à Fega eft fans doute plus vray-fembla.
ble,qu’vn certain airfeminal s’efleue en la génération
de la femencc , quiSonnece changement au corps Les
animaux qui n’ont point cité chaftrcz,ont vne certaine
mauuaife odeur de femcnce, que n’ont pas ceux qui i’ont
efté.]
CHAPITRE XXIII.
Des Vaijjcaux deferens ou Ejaculatoires ^ des
Parajiates , des ^^ejîcules feminaireSy
des Projiates.
Voyez, U ^JOus auons parlé cy deffus des vaifieaux rpermatî.
figure , q^e5 preparans , qui finiffent aux tefticulcs aufqucls
fetge i4z. jjj portent la matière pour la femence.
Maisil y a d’autres vaifleaux qui commencent aux tc-
fticules , & qui finiflent à la racine du membre viril , où
ils portent & icttent la fem'encc qui a efté auparauant fai¬
te au X tefticules . Ces vaifteaux deferens font deux , vn de
chaque cofte.
Les fttr/i- Or nousdiuifons ces vaifteaux en commencement, mi-
lieu & fin.
On appelle le cemmencement P arafiateSt comme quidi-
roirqui fc tiennent fupcrficiellement aux tefticules: Et
auftîrorpr votritjitteuXiOyivartcifcrmeSy parce qu’ils font
entortillez en formes de varices. [Galien\csnô\nt Epidi-
dymidés , parce qu’ils font couchez fur tefticules , d’autres
neantmoins Icsdiflingucnt parvn vfage particulier, en
forte que les epididymespicparcntlafemence, &lespa-
raftates la peifedionnentdauantage. ] Ce font des corps
oblongs mis contre les tefticules, blancs, efpais, &: ronds
en long,[ vn peu plats ncantmoins,ôcfolides,]qui s’eftref'
üftentpeuàpcu.
Du ventre in ferleuf, jrjj
Q^ant à leur fubltmce , elle cft moyenne entrelcs teftû
cules & les /ailfcaux deferens. Car elle eft plus molle quo
celle de ceux-cy,& plus dure que celle de ceux-là, patcq
qu’ils font glanduleux & fongueux par dedans,& mem¬
braneux par dehors.
Spigelius auec quel ques modernes eftirne contre l’opi¬
nion commune, qu’ils naijfem des vaifleaux fpermati-
ques par continuation , de l'orte que les vaifleaux prçpa-
ransjîes paraftates , &les vaifleaux deferens (oient con¬
tinus, & qu'on ne leur impofe des noms diuers.qu’i
caufe de leurs diuerfes- fondions , & de leur differente fi-
tuation.
[ Mais VFaIaus eftime qu’il efl: plus conforme à l’autop-
fic de dire que ces vaifleaux ne naiflent pas des preparans,
mais qu’ils fe meflent & s’attachent pluftoft auec eux,&
s’ouurent vers eux : Et cela, comme il penfé, afin quels
fang qui efl: pouffé par les arteres préparantes , puifTe laif-
fer la matière propre pour la génération dans les petits
rameaux du vaiflèau déférent: Et l’autre partie du fang
qui n’cft pas propre pour la nutrition & la génération de
lafcmence, efl: verfé par d’autres Anaftomofes dans les
veines, & retourne au cœur par la circulation.]
Ils naiflent au refte des tefticules par des petits tuyaux
deliez , oupar vn nombre infiny de fibres blanches, fans
qu’il y ait aucune communion du vaiflèau déférent auec
les veines & les arteres des tefticules, comme la difTedion
lcmonftrc,au rapport de [mais ils font attachez à
la tunique interne des tefticules , encore qu’ils en ayenc
vne propre.]
^'Vfage des paraftates eft de perfedionner & d’achc-
«erlalemcnce, par la vertu qu’ils reçoiuentdes tefticu- Vemjuty
les;Ettandisquelaferaence y arrefte ,ilarriuc que les ai- en ne [tnt
guillons de la luxure ne font pas fi forts ny fi frequens. Igurs^ltssi-^
Le Milieu cftappcllé fimplcment les vaifleaux ciacu-
btoires , ou les vaiflTeaux fpermatiques deferens , parce u luxurt.
qu’ils portent la fcmencc des tefticules & des corps vari-
queux dans les vcficulcs fcminaircs ; Car on voit qu’ils
V ij conticn-
Dti ‘U efUre inferieur, ■ js7
Explication de la. figure.
I.C5 parties qui feruent à l’excretion de rVrine, &alA
Génération aux hommes font rcprefehtées ; la pre¬
mière figure mouilrelcur face anterieure, & lafecon-
de la poltericurc. Elles ont des lettres communes, û
elles ne font marquées autrement.
A. B. iJapaniemtèricuredii tefiiade droit.
C. C . P . D.i, U veine & tartere fpermâtiqHe qui efl cm-
pe'elaoù elle fort du péritoine. C marque le commen-
cernent du corps variqueux. D. en monjirelabafe.
E. E. 2. le commencement duvaijfeau defereni,
F* F . 2 ■ /(? replj du vaiff de feront^ le long du fege inf trieur
du tejitcule.
G. G. 2. vnç portion du vaijfeau deferent qui monte eu haut,
ou ilcejfe d'efire adhèrent au tefiicule.
H. i.la fuperfiaeporeufe du vaijfeau déferont ou du parafa-
te, qui efl adhérente atenueloppe du teflicule.
I. 2 la partie connexe du paraflaîe qui n’efl point adhérents
a ïenueloppe du teflicule.
X. M. i.\.. la partie anterieure du teflicule. M. la pofle-
rieure qui efl des deux cofle^auec fon enueloppe inté¬
rieure & le corps variqueux.
N. N. 2. le premier meflange des vaifledux Jpermatiques.
O. 0.1. la bafe du corps variqueux ctr fin infirtion dans
l’enueloppe intérieure du teflicule.
P. i. le teflicule couuert encore de l'enueloppe interne , qui
monflrela région fuperieure dans laquelle, s'infiroit le
corps variqueux. Car les petits trous du corps vari¬
queux paroijfent icy.
S. J, la tunique interne du teflicule quienefl fiparée
pre's de R- mais qui le couure en S.
T.i, /? teflicule coupe' par le milieu.
^.Y.i.la diflributmdes.vaijfeauxdansfafubflanee‘
V iij
Du '\>entre inferieur. is^
l.i. 3; 4.' ^■îescoftex.du Rem. 6.-]. %.U camtédu Rein , oà
lés vaijfe'aux s infèrent ah Rein.
g. g U veine cane coHpée ah dejfont du foye.
h . h. t Aorte coupe'e ah deffont du dtAphrAgme.
k l’Artere ultAcjue.l la veine Adipeufe droite, o. U gauche.
in. n. la veine ^ l’artere emulgente.
q.t. le conduit des vreteres , iu/ejnes a r. infereüi^dans la
veflte.
t. VL lave ne Jpermatiifue droiSle. x. la gauche.
A. les arteres fpermatiques elles fartent de l'aorte.
$, les branches que les vetnes fperneatiques difiri huent (tu pe^
riioine.
J[.t.le corps variqueux-
^.le tefitcule couuert d'vne enueloppe.
». § i l'Epidtdjme ou le parafiate.
K. A. ft. la continuatton du v ai ffeau déferont .
If la veffie de l’vrineouuerte en la première figure ye^fiapar-..
tie pojUrteure en l'autre.
|. les veficules feminaires ouuertes en la première figure y tuf-
ques a la verge.
«. I. lecoldela veffie.
1. lemufcle fphtnBer de U vejfte.
f. T. deux corps qui font les parties principales du membre
viril.
V. V. les veines & arteres qui vont au membre viril , & au
col de la veffie.
?. le conduit del'vrine^ qui efi plus grand au balanm.
contiennent vne humeur blanche , voire mefme on trou-
ue fouuent les paraftatcs pleins de femcncc.
Leury«^y?4w«eft blanche & nerueure:leurfigureron-
dc en long, &L leur (;4«/«obfcure, parce que la femence
coule & pafl’e aisément à caufe des efprits dont elle eft
pleine.
Leur fituation eft en partie dans la bourfe , & en partie
dans la cauiié de l’Abdomen au dcftiis del’os du penil.
Car ils fe portent en haut, ôc s’attachent auxvaifleaux
^(^0 Lhre Premier^
prcparans parvnc membrane ddicc , s anancentiuf,*
ques aux lies & à l’os pubis , qui pour cette raifôn à vnc
cauitcfupcrficielle.Puis rerccourbanscn bas, fe trainent
fur les vreteres , & fe dilatent des deux codez fous la paf.
tie podericure de la veflie , fur le re(d;um près du col de I4
velîicjlàoùcd:
Leur ces vaifleaux dilatez font
Pluficurs ‘vejtcules femmaires comme des petites cellu¬
les aux deux codez, qui pourroient pafler pour vue feule,
grande, groire,& anfradueufejpuis que l’vne fe rend dans
l’autre. [ On ne fçauroit mieux les côparcr qu’à vne grap¬
pe de raifin,& leurs cellules, qu’aux cauitez des grains de
grenade, dont elles imitent parfaitementl’ordre & la fi¬
gure.] ale premier deferitees veficulcs, & après
juy Fallope. Les veficules nerueufes font fiméestmxt les
ligamens de la veflie de l’vrine & du Redum , aux codez
desvailTeaux deferens , vnpeu deuant que ces vaifleaux
deuiennent plus gros, & qu’ils s’vniflent.
Leur vfage ed de contenir & de refetuer laferoence
elabource pour la copulation , de forte qu’elle peut mef-
me edre fuffifante pour plufîeurs fœtus.Par ainfi il ne faut
pas s’edonner de ce Arifiote a proposé qu’va Taureau
nauaTeu ^ auoit couppé les tedicules , engendra neant-
engendrer, Hioins puis après. EncoFC qu’il y en a qui attribuent cela
apres suoir aux Proftatcs , comme Piccolomim & Columbus. Or la,
efié chape'} femence peut ejdreramaflee dans ces cellules depuis plu-
fieursmois, & félon la multitude de ces veficules, la fc-
mcnce peut edre iettée en plufîeurs copulations, mais non
pas toute en vne feule.
S'il y a de Q^and nous n’aurions pas l’authorité de Fallope, de
h femence Platerus, àc Du Laurem.d'A^f(apefjde»te,&c de Caferiust
dam les ^ (-çjte expérience nous afleure que ces veflculcs contien-
vejicu es. femence ; fl ôn les pieflc , elle fort incontinent au
conduit de la verge , comme le laid coule de la mamelle,
& l vrine de la vedie &cc. mais fî vous comprimez lespro-
aùx\7oL- doigts fans preflTer les veficules, il ne fort
usi rien du tout. [Or il y a vnc caruncule qui bouchant le trou
empef-
Dti "ven tn inferieur. 1 6 1
^pcfchc qu’elle n’en coule continuellement dans l’vré-
liiic. Les Authcurs modernes y ont trouué le ficge perpé¬
tuel de la gonorrhée virulente parvn abfcez manifefte,
lequel dure fans doute en cet homme de Padoue, qui eft,
malade de la gonorhée depuis plus de trente ans. ]
Après que ces vaifleaux deferensont faitles vclîcules
féminaires ,,ils s’vnilTent en vn petit conduit , qui va aux-
proftates.
Or les Irofiates font des glanduîcs , qui font ainfî ap-
pellées des Grecs , parce qu’elles fe tiennent deuant.
Leur fftuatiûn eft à la racine de la verge fur le mufclc
fphinéler, ou le mufcle de la veflle , aux deux coftez de fon
col. les appelle Paraftares , corps glan¬
duleux, Fallofe glanduleux affiftant ; & d’autres, les petits
teftîculcs , pour les diftinguer des tefticules. Ils font plats
par deuant & par derrière, & ronds aux coftez.
[ Ils font prefque de la grejfeur d vn gland. ]
Leur fukfiance eft Lpongieufe , mais plus dure & plus :
tlanche que celle des autres glandes } leur membrane eft
aufli plus cfpaifle ; Et cela, afin que l’humeur huileufe qui
pénétré ayfcmcnt,n’exfude & ne s’efcûule. Or parce qu’ils
ontlefentimcnt délicat, ilscaufcnt ces chatoiiillemens
voluptueux & deheieux , que l’on fent en la copulation.
Ces glandes regardent par certains pores dansl’Vrethre,
[quiparoiflentmariifcftemcnt enceqxqui font morts de
la gonorrhée,& qui luy feruent fouuent, eftans dilatez, de
fiege&dcliét.]
Leur vfage eft de contenir l’humeur huyleufe , grafle
&gliirante,qui eft exprimée, quand il eftbcfoin, pour
graiflcr le conduit de rvrinc, & ledefFendreparcemoyen
de l’acrimonie de la femencc ou de l’vrine, afin qu’il ne fc
dc(feiche,& ne fc defttifle,& qu’il demeure gliffant. Nous
nedcuonspasreuoquer cela en doute, puis que dans le
coït , cette humeur fort promptement auccla femencc.
C’eftce qucG’4//e»avoulu , quandil a dit qu’ils conte-.
®^yent quelque humeur fcmblable à la fcmcnce, mais
^ancoup plus fubtile , dont l’vfage fait d’exciter aux ^
jët Llure Premier,
combats de Venus, &: de donner du plaifir dans cette at^
taque.
Cependant Spigelius^S: quelques autres cftiment qu’üs
contiennent la icmence: D autres, comme Du Lauretrs
veulent quMs contiennent l vnc & 1 autre: Car il croit
que les proftates efpaiffiffent la femence ,& engendrent
l’humeur tenue pour exciter le chatoiiillement.
LesVrojiit- ■ D’autres penlcnt qu’ils feruent à la génération delà fc-
tes n’en- n,cnce : Si cela eftoit, les chaftrez pourroient auffi en,
gendrët pas
h femence.
comme les femmes, parce que les tefticules & ces vcficu-
lesfeminaircs font hors la cauitc du péritoine , & font
feparées par vne clofture membraneufe. ]
CHAPITRE XXIV.
Du .Lemire firil.
Le Jifemhre viril ou génital cft appelle communément
parles Latins parce qu’il pend, & auffi rtrga,
Colis, ^c. Onluy adonné plufieurs autres noms que la
bien fcancc ne me permet pas de rapporter. PUton en
^ fonTiméçjle compare à vn animal parce qu’il a rcceu de
U nature vne vertu qui luy donne le defir d'engendrer. Il
cft certain ncantmoins qu’il n’eft qu’ vne partie, & l’orga¬
ne de l’animal, &que le defir d’engendrcr,acfté empreint
aucerueau.
Situation. Il cft fitué aux racines de l'os pubis, afin que la copula¬
tion fc peuft faire plus commodément, & qu’il ne donnai!:
aucun crapefchcmcnt aux autres parties. 11 eft placé au
milieu , parce qu’il eft vnique en nombre. Vn certain
homme neantmoins qui fuft diflcqué à Bologne , en
auoit deux. [Iules Ohfequent dans les Pro diges dit la mef*
gendrer.
[Les hommes nefontpas fi cruellement tourmétez des
cruelles vapeurs qui s’efleuent delà remcncc corrompue.
Dunjentre inferieur. 163
^cchofeci’vn garçon. Vn autrçnommé Anne qui alloit
n’aguercs par r^alie, n’auoit point de verge, & au lieu
d’elle portoit naturellement vne efponge fongueufe fous
Je nombril pour l’excretion de Tyrine.]
Q^antàfa jÇ^»re,il eftrond en long , mais non pas exa- Fisurti
dlement,parcc qu’en la paitiefuperieure qu’on appelle 1©
dos de la verge , il efl: plus large.
Sa^rWe«rquiconfifteengroireur& longueur, eftdi- GruntUml,
uerfe,loit à l’efgard de refpcce humaine , foit à l’efgard de
chaque indiuidu. Quant itefpece > l’homme l’a aufli grand
qu’il eftoitneceflàire pour la génération. Il eft vrayqu’à
proportion de ceux de beaucoup de belles , il eft plus
court , parce que la copulation des hommes fe fait d’vne
façon bien differente de la leur, Qj^ntaux indiuidus, la
diuerfité y eft fort grande. Gar il eft d’ordinaire plus
grand, I. aux petits hommes. 2. enceuxquis’abftiennent
ducoitjs’il en faut croire Galien.^. Si les vaifleaux vmbi-
licauxne font pas attachez proche du nombril aux petits
enfans 5 car autrement la veflie & les parties voifincs font
plus retirées en haut à caufe de rOuraque,[ encore que
SpgeliHs tient le cotraire de tout cela.] Il y a quelques na¬
tions que la nature a fauorifez d’vn plus gros membre
que les autres , comme les Ethiopiens.
il eft composé de la cuticule , de la peau , du pannicul®
€harnu,& delà fubftance propre.
Ileftfans|r<i//^, mefmccnceuxqui font Icsplusgros. Four^uo'j
Gn demande pour quelle caufe on n’y en trouue point, ny U verge
à l’entour de luy : Quelques- vns , comme Du LaurenSy
eftiment que c'eft afin quelle n’en empefehaftpasl’ere-
âionparfa mollefle; Mais cela ne feroit pas à craindre,.
puis qu’il fc drefle & fe tient roide tandis que les corps
du membre viril font enflez. D’autres difent que c'eftafin
quelagrailfene le bleffaft & ne l’incommodaft par fon
poids , &afin qu’il ne deuinttrop gros. Mais s’il y auoit
peu de graiffe ,clle ne pcferoitpas&ncle grofliroîtpas
|rop. Ea plus vray-femblable opinion eft, que ce mem¬
bre n’a point de graifle , de peur que fe fondant pat la fri-
X ij ^lion,.
'Liurs P-mnhr,y
Dtt ‘-ventre infcrletir. Î65
Explication de la Figure^
Ces quatre figures reprefentent la verge, Tes muf-
cles , & fcs parties voifines ,• elles ont les mefmes
.lettres., finonquil fok marque autrement.
AB. Us carps nemeux ejüi co»jîitue»t le membre virile
•C. C. 1. 4 . l' origine des deux corps de U verge,
Y), le gland dtt membre viriU
£ . E . 3 . U fubftaneefpongieufe & ronge des corfs de U verge»
G. (vreîhre.
H. I.I.2. la première paire des muf clés du membre <jut fout
en lai. figure en leurfituatiouj en U i. ils pendent ^
de leur principe.
l'KtL. I. i. la fécondé paire des mufcles delà verge entière en
la 1- figure & qui pend de l'in fertion en la i.
M. I. i.le mufcle Jphinlhrdufiege.
ît. 4r- lemujele fphinlîerdela vejfte.
O. O. Z. la membrane qui occupe les trous des os pubis.
P. t.vn ligament rond en long qui vient de la hanche a dâ
tefie de là cuijfe.
le corps de la vejjie»
R. 4. les Projlates.
S. S. 4. les portions des vreteres.
T. T* 4 /<?J portions des vaijfeaux deferens.
dion, ëUctfémouflâft le fentiment, de ne üiminuaft 1«
plaifîi*.
Sa fubfiance piopiîcïï e&i pas offeufe comme au chien,
au loup ie au renard i mais elle eft particulière & propre,
& telle qu’il n’y en a point de femblable en tout le corps.
Or il y a quatre parties propres au membre viril , l’vre- fl/stuml.
thre, le gland, & les deux corps nerueux. bre viul.
L'vrethre ou le conduit de l'vrine eft vn canal nerueux, L'Vrtthr*.
qui eft toufîours de la mefme grandeur depuis le col de la
IÇffie, où elle s’attache , quoy quelle n’en nailTcpaSjôc
X ü)
i66 Liure*Tremltrj
neluy foie pas continue, comme fi c’eftoit yn col long,'
iufques à l’extrémité du membre viril, fmon là où le gland
fc ioinr aucc les corps nerueux: car là il a vne petite cauer-
ne fuperficielle , où quelques - fois rhumeur corrofiue qui
s’amalTe de la gonorrhée , ou d’ailleurs, fait vne vlcerc , ôc
caufevne douleur infupportable.
[Il y a des porcs à fon commencement par où nous
allons dit que lafcmence découle. Il y a auflî vne petite
membrane, quieft tendue à l’entour comme vne valvule,,
afin que kfemence ne coule dans la velTie.]
Les corps de la verge cmbralTent & contiennent l’vre-
thre , fous lefquels cUe eft placée , & fe recourbe enfem-
blc auec eux, &: puis s’eftend iufques au gland , traçant &
marquant par ce moyen la figure de la lettre S.
• Or l’vrethrc a vne membrane double, & outre cela
vne fubftance propre.
L’vne des membranes eft interne & deliée, qui couvre
auffi le gland [qui naift de la membrane deliée, quienue-
loppe les nerfs du membre viril.] L’autre eft extérieure &
plus charnue & tiflue de fibres tranfuerfes, le milieu de la
fubftance propre eft lafehe, fpongieux & noiraftrc ,afin
qu’il puille fe dilater auccles corps nerueux.
Vvfage dervrethre eft de feruir de conduit commun
àl’vrine, àlaferacnce, & à l’humeur huylcufe.
L« glaX de Le GUnd ou la tefte du Membre viril eft la partie cx-
la> verge, tréme ouïe bout, vn peu rond ou pointu, poli, enuironné
d’vn cercle comme d’vne couronne.
La chair en eft plus fenfîble & plus ferme qu’en aucun
autre endroit du membre viril, éSccouucrtc d’vne. peau
fort deliée.
Il eft md, & d’vnfentiment fort délicat , afin qu’ilfoit
plus fufceptible du chatouillement : les vns l’ont plus
pointu, & les autres beaucoup moins.
Lànatureluy adonné vnecouuertiirc, que les Latins
nomment qui fignifie couper & rc-
trancher, [parce que les Hébreux ôcles Turcs le coupent,,
« ou vient qu on les appelle Circoncis , ôc fans prepuce,
entre inférieur-. 167
Iran Vejling us m’a dit auoir veu que le prépuce •
croift (oimentauxenfans parmy eux, pointu commevne
quci ë ] Le prepuceeft lié par bas au gland par le moyen •
d’vne membrane, ou d’vn lien qu’on appelle le frein,
[quife termine au trou du balanns. Qnelques-vns efti-
menr qu’il fc forme des extrcmitezlcs nerfs: ’EiCharles
dcrallcmblagedes tendons des mufcles, & du
nerf du membre viril. ]
Les deux corps nerueux qtiifontvn de chaque codé. Corps mr-
compofent l’autre partie du membre viril, qui cftkplus"^^’
grande : toute leur fubftance eft comme vnc artere fort
efpaiffe remplie d’vne chair fongueufe.
Car fa fubftance eft double : la première extérieure, eC
paiffe, durc& nerueufei l’autre interne, fongueufe, rare
ôteauerneufe, tirant du noir furie rouge. C’eft ce qui a
fait dire à , qu’elle fc remplit de beaucoup de fang
noiraftre comme vil boudin.
Or cette fubftance eft fpongieufe , afin qu’elle puiflefc
remplir d’efprit & de fang. Q^ndcelaarriue, la fubftan¬
ce ncrueufe en eft plus tendue, &: empefehe que les efprits , .
ne fe diflipent promptement : C’eft pour cela aufli que le ®
membre viril fe drefte& feroidit non feulement pour de
coït , afin qu’il puifl’c ietter la femence droit & fort loing, U verge}
àl’orificede la matrice, après qu’il eft entré dans la fente
de la femme.
Ces deux corps naiflent des parties inferieures des os
pcnil, comme d’vn fondement ferme & inelbranla-
blc, [où ils font attachez par deux ligamens , dont l’vn clt
àla commiflure des os pubis , & l’autre s’eftend d’vne des
tuberofitez de l’os ilion iufques à l aurre , où en fortant
ils fe diuifent pour faire place à l’Vrethre , & puis fc trai-
nenten haut,]& s’vnilTent enuiron le milicude Ids pu-
t>is,[côme les deux cornes de la lettre y.] Ces deux corps
ne demeurent pas neantmoins en leur entier^mais ils per¬
dent prefquc la troifiéme partie de la circonférence de
leur fubftance nerueufe. Ils font neantmoins lèparczpar
le moyen d’vnc clofturc membraneufe [compofee , non
jàs Lture Fnmiery
pas d’vne double tunique , comme à l’origine dtr cej
corps : mais dVne feule membrane ] fort deliée& tranf_,
parente, qui eft renforcée de fibres nerueufes,. qui font,
arrangées comme lepeigne d’vn tiflerandi
Il entre dans la verge de chaque forte de vaiirsaux,[ les
nerfs ] les<y«««& les arteres i. ^\\xüc\xxs externes & cu-
tanées[ qui y viennent de là hotcufc’,] & puis les internes
qui’rontdifperrées dans fon corps. C’eft donc (ans, raiforv
que quelques- vnsdisêt qu’il n’a point de veines. Il a aulîî
deux internes fortreraarquablçs, quinailTcnt de
bhypogaftrique, & qui s ’inferent au commencement du
lieuoùfefaitl’vniondeces deux corps,, &quife diftri-
buentlelong delà verge. Mais au milieu où cette paroy
entremoyenneeft plus delice, elles diftribuent deçà de-là
des petits raraeaux cntre les fibres, à fçauoir l’artcrc droi.
te au corps gaucKe, & la gauche au droit, qui portent l‘ef.
prit pour enfler & pour drefler le membre viril. Les nerfs
■viennent aufli de la moiielle de l’osfacré s’yefpandre,
dont ily en a qui font externes & cutanées , & les autres
fontinternes-[& plus remarquables, qui montent par le
milieu de la bifurcation, & de-là fe diftribuent dans les
mufclesjà tout le corps & au, gland, ] afin que le feniiment
& le plaifir en foit plus exquis.
Le raembr&vinl a aufïï deux paires de mufeîts,
ZesmufeUs ed plus courte & plus cfpaifle, qui
Ellcvient nerueufe de i’apophyfc delà
hanche.fous le principe du membre viril , & va charnue à .
fes deux corps , aufquels elle s’inferealTcz proche .de Tot
rigine.
Son vfa^e eft de drefler , flefehir & fouftenir le membre
viril en la copulation.
fécondé paire qui dilate l'Vrethre , eft plus longue:
[ mais plus grefle. ] Ces deux mufcles charnus naiflent
dufphinétet dufiege, Ic.long du membre viril , & puis
gliirent par deilbus , & s’inlerent aux coftez, de Tviethre
vers le milieu.
Son vfage eft de dilater la partie inferieure de T vrethr o
envrinant':
Du *v entre inferieur.
en vrinant, nuis fur tout en la copulation, lors que les '
corps <lu membre viril font remplis, afin qu’elle n’empef-
chelafortiedélafemencc. G'cft entrc ces mufcles, qu’eft
le fieu d’où les Chirurgiens tirent ordinairement la
pierre.
Vvfage àn membre viril- eft pourle coït, dont l’hom- Coït;
mène peut s’acquitter, fans Ton eredionôc rexcretiondc
lalcmcnce quHafuit.Caril iettelafemence droit àl’orifî-
ce de la matrice, où après qu’il s’eft mefle auec la femencc
dclafemme,&quela matricel’a attiré & bien retenu, on
dit que la conception eft faite. ^
Son fécond eft pour defebargerr vrine , pour le¬
quel on ne peut pas dire neantmoins qu’il aye efté fait,,
puis quelcs femmes vuident fvrine fans luy. [Les Arabes
confiderans ces deux vfages , luy ont donné deux con¬
duits, commetcrmoigneFVyù/f, quia remarqué en quel-
qu’vn vnc conformation kmblable à celle dont ils par¬
lent. *
Le gland n’eft pas pei çé en quelques-vns à la partie an»'
terieure, comme il deuoit tftie , mais à rinferieure , com¬
me C- Hofmannus l’a remarqué après Arifiote ôc F'aalttSi
qui ne peu tient piflcr , s’ils ne foufleuent la verge, ou s’ils
ne font aflis. Quelques autres , comme il arriue plus fou¬
lent, l’ont trouée à la partie fupcrieurc.Les vns & Ies au~
tks nç font pas bien propres à la génération. Par foisilv
n’eft pas percé, comme/v/w a remarqué.]
CH APIT RE XXV.
T^es farties des femmes (jui Jeruent â la gene^^
ration^ ^ premièrement des wijfeaux^
ÿermatiijues preparans.
ENtre les parties des femmes qui fcruenc à la généra¬
tion, il y en a quelqiies-vncs qui rcfTemblcnt en quel-»
x7a Lmt Premier i
que façon â celles des hommes ; comme les vaifTeaur
. fpermaciques , les tefticules ÔC les vailTeaux deferens:
'^mitaleT^ mais ily en a d’autres qui font tout à fait differentes, com-
^dTsfemmis nie la.matricc auec l’orifice du fonds & fon col , l’hymen,
font tout à les caruncules appellées myrtiformes, à caufe qu’elles rcf.
fait diffe. fcmblent à la feuille de myrte , la nature auec les levres,
^7/**/* le clitoris & les raontagnettes.
^hommes croire auec GdUen, Picolomiuy, FaUû^
& les autres, que ces parties génitales des femmes ne
foyent differentes de celles des hommes., que feulement
defituation. Cette opinion a efté mife en crédit par ceux
qui ont crcuquela femme eftoit feulement vn homme
imparfait, qui à caufe de fa froideur, n’auoit peu pouffer
dehors les membres de la génération , qui fortent en
l’homme par la force d’vne plus grande chaleur.
Mais vn expert Anatoraifte , & tout homme qui pren¬
dra la peine de conférer ce que nous dirons auec ce qui
précédé , verra affez manifeitement que ces parties des
fcmmes,font differentes de celles des hommes , non feu¬
lement en fîtuation, mais en toute leur ftruâ:ure,en nom¬
bre , en fuperficic , en grandeur , en cauité, en figure, en
oÆce &c en vfage.
Et certesl’crreur de ceux qui tiennent le contraire.pa-
roift affez par la diuerfiré de leurs coniedures. Carlesvns
comparent la matrice àlabourfe , & les autres au gland
La c«mp»- du membre viril. QuelqUes-vns veulent que le col delà
»aifon de la matrice rcffcmble à la verge, $c les autres le clitoris. Mais
ll^matriee Opinion fe deftruit par fa propre foibleffc,
\efi ridieuU. nousatnufer à]a réfuter , nous venons à l’explication
des parties.
Les vaif- Les vaiffeaux fperraatiques preparans des femmes en
féaux pre- nombre, en origfiie , en office, &c. reffembient à ceux
hommes. Il nous faut raonflrcr maintenant en quoy
ils different. , ^
Ils different premièrement en grandeur. Ceux des fem¬
mes font plus courts , à caufe qu’ils ne font pas vn fi long
' iChemin , mais ils ont vn plus grand nombre d’anfradtio*
Du rventre inferieur, iji
ficez qui conftituent le corps variqueux , afin que lafc-
mence s’y arreftant afiez long-temps elle puilTcy eftrc
préparée. Ils difFerent auflî en infertio») car ceux des fem.
mes ne fe portent pas tous entiers aux letticules , mais ils
fedillirent au milieu du chemin, dont la plus grande par¬
tie va au tefticule , où elle fait le corps variqueux , la plus -
petite aboutit à la matrice, fediftnbuantàrescoftez,&
fur tout à la'partie fuperieure du fonds , pour la nutrition
de la matrice & du fœtus , 6c afin que quelque partie des
mois fe puifle vuider par ces vaifleaux en celles qui ne
font pas-enceintes. [ Car le plus petit rameau fe fend en
trois branches au defibus du tefticule , dont l’vne va fe
rendre , comme il a efté dit , àlâ matrice , l’autre fe diftri-
buë au vaiffeàu deferent, ou àla trompette delà matrice
& au ligament rond , 6<: la troifiéme fe trainant le long du
collé de la matrice fous la membrane commune , finit
prés du yriy coldela matrice , s’abouchant mcfme auec
les veines, hy pogaftriques. ] C’eft pour cette caufe que ces
vailTcaux ne fortent pas aux femmes hors du péritoine, &
qu’ils ne touchent pas l’os pubis , parce que les tefticules
& la matrice font logez au dedans.
Ces veines 6c ces arteres fpermatiques font impliquées
par plufieurs anaftomofes admirables pour la prépara¬
tion de lafemencc [voire mefmc les veines reçoiuentlcs
arteres hypogaftriques de la matrice, fuiuant l’obferua--
tion à'Arantim ôc de Riolati,
le me fouuiens neantmoins qu’vne femme qui auoit
cudesenfans mafles,n’auoit point d’arteres 6c Fr, Sa»-’
cèe* raconte qu’elles eftoient pétrifiées en vne femme de '
Thouloufe. ] .
CHAPITRE XXVI.
Des Tefticules des femmes. de s femmes-
^ ^ font dtfe.
Vànt aux Tefticules des femmes , bienqu’ilss’ac- rentes de
cordent auec ceux des hommes en vfagc,ils font
Y- i) néant-
Dti \fentre inferiem J7i
Explication de la Figure, ^
Elle reprefcnte k matrice, les vaiiTeaux qui feruem à la
génération, la veflie 6c les mammelles.
A* K • les veines des mammelles qui naijfent de celles <fHi vent
à la peau ejm eemre le haut d,e l’efpanle-
-B. lesvetnes des mammelles , ejtti viennent de celles ^uis'f'
flendentparl'aijfelle wf juesà U main>
C4e corps principal delà mammelle-
D. D. les glandes & la gratjfe qui font parfemtes detou{t$
partsdansle corps de lamammeUe.
E. F.-G. H. le péritoine qui ejl replie' par haut é^parhat.
I. K. les vaifeattx mammaires quidefceudent du goferfes^"
l’os delà poitrine^
lapartie connexe du fo je. M- la caue-
. vneportion de laveinevmhilicale> 04a, veine porte qui
efiicycoupe'e.
VJaveine caue, Aorte •
"K.l’Artere caliaque. S* la veine adipeufe gauche.
T . V . /w arteres les veines emulgentes .
X. la veine adipeufe droite. Y. Z • les reins.
^.^.\>c,c.lesvreteres.
d. d . e . îetveines fpermatiques.
f. le lieu de tAorte^ d' ou les Veines Jpermatiques forcent.
%.h. les arteres f>ermatiques.
i* k; la partie anterieure du fonds delà matrice.
’ i 1. 1 orifice du fonds delà matrice ejl iey, é'ie col de4a matrice
J commence.
^lereüum.
a.n. vmportion de la veine,^ de Tartere fpermatique qui
'Va A la matrice.
■V. les veines & les arteres fpermatiques qui s'vnijfent , ^
qui fentîe Corps variqueuX’ O.p.
% les petits vaijfeaux fartent du corps variqueux vers les
membranes qui ioignenfle tejlieule au péritoine.
Y iij
Premier^
r. la face anterieure du tefiicule.
f. le commencement du vaijfeau deferent>
’ t. le recourhement duvaijfeau qui forte la femence, ^
progrez, a U matrice.
"Si.x. le col de la matrice.
y . le col de la vejfte & fin muf île contigu -, qui sinfire au col
de la matrice en ^
A.f,. lapartiepofterieure du fondsdela vejfte ou font aujfi /«
rameaux de ces vai féaux qui font contre ti fus dans la
matrice.
f. l'orifice du col delà matnce.
n.Jes vai féaux qui defcendentdes iliaques a la cuife*
ncantmoins d^fFerens d’eux en beaucoup de chofes:
Vourquey i. En fituation qui cft au dedans de la cauité deTabdo-
hs tefttcu- men,dela largeur de deux doigtSjau’deffus du fonds de
mes’fonT' en celles qui ne font pas enceintes, [à laquelle
logez au attachez par le moyen desligamensfuperieurs,]
dedans^ afin qu’ils foient plus chauds & plus féconds, puisqu’ils
font deftinez à l’élaboration de la matiere,de laquelle feu¬
le l’homme deuoiteftre engendré, lafemencede l’hom¬
me qui feiointauec elle, feruant de caufe.cfficiente,& non
pas de matière.
a. En ceux des femmes eftâs plus petits. [Car
à caufe de l’accroilTement de la chaleur, ils s’etrcffilTent
depuis 14. ans , au lieu qu’ils cftoient auparauant plus
tumides par vn fuc blanc.
3. Ln h fuperficie externe qui eft plus inefgalc en
ccux-cy.
4. En la Figure qui n eû pas fi ronde, mais large Ô£ pla-
se par la partie anterieure & poftericure. Les tefticules
font auffi plus caues par dedans, & plus pleins de l’hu^
meur fpermatique.
5 . Enfulffiancci que quelques- vns eftiment eftre plus
dure qu’elle n’eft pas aux hommes, mais à dire le vray, elle
cftplus molle, commed’autres croyent. Sivouslalipa-
rczdefa membrane , elle paroift composée d’vn grand.
Du rv entre inferieur. jjr
-oonibre de glandes & de veficulcs.
(î. En Tempérament que l’on tient ordinaitement
plus froid , &parconfcqucntlafemence contenue dans
lestefticules, eft plus deliée& plus aqueufe.
7, ^megumens. Car ils ne font couucrts que d’vne feu-
letunique, parce qu’ils font d’ailleurs logez dansvn lieu
caché: Elle eft cftroitement adhérente, & eft nommée
Dortospàt Galien. Au refte, les tefticules font couuerts
du péritoine iufques à la moitié, où ilsreçoiuentles vaif-
feaux fpermatiques.
[8. En cennexion.C&t ils font attachez à la matrice par
deux conduits, l’vn eft manifcfte,& l’autre plus obfcur,
parlefquels lafemence, & non pasvne humeur fereufe
eft refpanduë en la copulation. ]
Leur vfagi eft de labourer la femcnce , comme la raifon,
Sclëxpericncele tefmoignent. Et ie m’eftonne <\\\‘Ari-
pte ait ofé dire le contraire en quelques endroits, &
quclques autres Anatomiftes après luy, qui veulent qu’ils
ne foient que des glandes deftinées pour reçeuoir l’hu¬
midité quidoit eftre en abondance dans la matrice. [Cre^-
mnin a efté de ce fentiment : Mais certes , fi la nature
n’eut eu d’autre defléin que d’arroufer la matrice, elle
n’eut pas fait vn fi grand appareil, puis qu’vn fculvaif-
feau portant doucement cette ferofité,pouuoit eftre fuffi-
fant, & mefmes les pores feuls, comme nous voyons que
cela fe fait pour porter l’humeur vifqueufe au gc-
noiiil.]
CHAPITRE XXVII.
Des '^aijj'eaux deferens.
IL n’y a point d’Autheur iufques icy qui nous aye def-
crit au vray les vaifleaux qui portent la femence , corn"
tne.cclafe peut voir, fi on conféré la defeription que nous
j:76 Llure Premier,
allons en donner aucc celle que ceux qui en ont elctitjjcn
ont faite.
Ces vâiffeaux deferens font des conduits impercepti.
blesdelafemcnce, qui font d'ailleurs femblâbles auxdt,
fcrens des hommes , àrefgard de leur figure, &c deleuj
fubftance. Mais ces vaiflcaux naiflent du fonds delarna-
uice par vnc extrémité , &c ne paruiennent pas par l’autre
auxtcfticules:, ou àqueiqueautre partie. Ceftpourquoy
auflî ils ne font point ouuerts par cette, autre extrémité,
mais font bouchez, de s'il faut ainfidire,aueugles, com.
merînteftin cæcum , & comme vne appendice de la ma¬
trice. [Mais ils ne fe ferment que: par le moyen des bords
& des franges de cette extrémité qui cft defchiquetçe,
comme fi elTeauoit efiié rongée des vers qui tombent, les
vns furies autres, ]
Gesvaiflcauxfont deux ,vn de chaque cofte.
Quanta leuryi>«4//o»jils enuironnent les.tefticulcs à.
demy ,mais ilscnfont eûoignez par tout : Ilsfotit feule¬
ment attachez par des membranes tres-dehées , qui ref-
ferablent aux ailes des chauues-fouris, dans iefquelles.
plufieurs veines & artères s’efpandcnt, qui vont des tefti-
cules dans ces conduits,, & qui des tefticulcs portent icy,
lafemcnce. ,
Ils font d’vnc fu^fiaace nerueufe, blanche, efpaifrc &
dure.
Quant iJeurjî^^re Us font longs en rond,& caues com¬
me les vaiffeaux deferens des hommes, [lis ont trois ou
quatre cellules pleines de femence blanche.]
Leur continuation n’elt pas droite, mais tortueufe, parce
que lecheniin dcstefticules àla matrice eft court. Oril
falloir que leplaifirfuft déplus longue duree, lors que la.
femence fe lettc en abondance des tcfticules dans les cor¬
nes de la matrice. Et commclcs veficulcsfcminaires fer-
uentaux hommes pourgarder la femence , ces Conduits
ampcrceptiblespeuucntleruirà la mclme chofe aux fem¬
mes, vcuqu elles s’accouplent fouuent, & iettcntla fe-
Sîence, Car ils font tellement attachez aux tcfticules par
Larventre InfeYieuf. 177
^es- petits membres , qu’ils en luccent aifément par lo
itioyen des vaifleaux qui en viennent, comme par des ver-
nes mefaraïques la femence qu ils ont cuite, ôc la gar¬
dent pour rvfage.
Ils font rfwp/ei depuis leur origine iiifques aux fonds de
la matrice, & comme iis s’allongent, ils s’eftieffilTent fur
lafin,quoy que leur extrémité fort large quelque peu.
l’ay dit depuis leur origine, encore qu’il n’importe pas,
quandondiroitque c’eft le lieu de leur infertion.
Or Galien t'ÜLisxit que ces vailTeaux s’inferent feulement
aux coftez de la matrice qu’on appelle les cornes, & pref-
que tous les plus experts Anatomiftes après iuy , qui af-
-feurent qu’ils n’ont peu defcouurir aucune autre infer¬
tion, & raefme Gdknticn. reconnoift point d’autre. Mais -
Dm Laurens le vante d artoir trouue quelque autre cojï- infertion
duitquine va pas au fonds comme: l’autre, mais au col nouuelledet
delà matricctdc forte que chaque.vailTeau deferent eft di- vaijfeaux
uisé en deux pai tics.dont l’vne eft pluscourtc , mais plus df.
ample, qui s’inferc au milieu de la corne de la matrice qui
eft de fon cofté , & quela femence eftant parfaitement 2*;»-
cuite, fc verfe là:Et l'aurre plus cftroite & pluslongue, qui rens.
fc traine le long des coftez delà matrice, au dèffôus de l’o¬
rifice, au commencement du col. Or Fki'o/w fait auffiv
mention de cetteautre partie ^ Ac dit qu’elle eft fi petite en
celles qui n’ont jamais conçeu , qu’elle ne peut eftre re¬
marquée que par vn Anatomifte fort habile, mais qu’cllo
eft fortlarge aux femme? enceintes. [ Rielan l’a aufli ob-
feruée.] Si cela eft viay, les femmes enceintes ietterôt fans
doute la femence par ce rameau, & rcceuront plus de plai femmes *»-
firàcaufcde la longueur du chemin, de forte qu’il n’eft «t-
pasbefoin qu’elle paffe par la matrice, Qi^c fi au contrai-
re cela n’cft p.as,il ne faut pas trouuer fiabfuide que lafè-
^iéce vienne de la matrice, encore que le fœtu s y foit . Car
fon orifice n’cft pas fi exactement fermé apres la conce¬
ption, comme tous le difent d’vn commun confentementj
puis que les exemples de diueifes fupetfctauons moïv»
«rent le contraire. .
Z
Lîttn Premiery
Failâpe fefhblc en quelque façon auoir bien dcfcrît ces
vailTeauxdefcrcns.rous le nom detroinpcttes;Mais fi l’oa
prend la peine de comparer fes fentimens auec ce que
nous en auons dit, il paroiftra clairement , ou qu’il n’en i
pas eu vnc parfaite cognoiffance, ou qu’il en a dit des
chofes qui ne leur conuiennent pas.
ï» fiuel porter la feméncc des tefticules à U
lieHhfe- matrice , fur tout en la copulation , où clleeft versée par
menceeji Icscorncs delà matrice dans fa caui té, &c coulant danslc
njtrsée dans co\ pat l orifice qui cft ouuert , va rencontrer celle de
la c»fuh- l'homme ; ou bien elle peut fe ictter dans le col par
quelque autre chemin cftroit , s’il y en a aucun. Il y a
donc apparence qu’en la copulation (foitquececonduit
fe trouue oii ne fe trouue pas ) la femence de la femme cft
efpanduë dans le cqI,& qu’elle rencontre celle de l’hom¬
me , lors que celle de la femme veut fortir pat l’orifice de
;k matrice qui cft ouuert, ou qu’elle entre par vn autre
chemin plus eftroit.
CHAPITRE XXVIIL
De la M atrice en général.
Sfnltymt. T Es Latins ont nommé la Matrice, Fterus, de Vter qui
j^fignifievn ouairCjà caufe de facauité.[C’eft en cefens
3 UC TAcite àÂtfFterm d’vn nauire. Ijidore dit que le mot
vient de ce qu’il t^vtrmqne vnnst c’eftàdirc,
■vnique des deux coftca.Dans les & mx hfiittftis,
elle eft appellée ventre dans vne fignificaiion plus vafte.]
Onlanomm^auifi MAtript, /cri, les lieux. Ils
nômmoient celle des autres animaux &: principa¬
lement celle de la ttuye , que les Anciens Romains te*
noient pour vn morceau délicieux , comme tcfmoignc
^Ihu. Sur quoy onpeut confuher PlntAr^At > &
enks Lettres.
Du "Ventre inferieur. 179'
Sa ftuAth» eft dans l’hy pogailrc , ou en la partie infc- Vourqmy
rieuredn bas ventre, dans la cauité qu’on nomme le baf. l*m»tric€
fin qui fc forme de l'osfacré & des os des Iles. G’eft pour- f
quoy cebaflîn eft plus ample aux femmes, d’où vient auffi
qu’elles ont les feftes plus amples & plus grolTes. Or il a * ^
fallu qu’elle eut cette ricuation,afin que la matrice peuft fc
dilater félon la grandeur du fœtus , & afin auflique l’én»
fant peuft fortir plus commodément»
La matrice eft placée au milieu, fans pancher d’vnco-
fté ny d’autre, finon quelques-fois quand les femmes
font enceintes d’vn fils ou dVne fille. Car alors elle occu¬
pe plus le droit ou le gauche.
Elle eft entre le Redum qui eft delTous , &c la veflie qui
eft couchée deflus, comme entre deux oreillers. Les hom¬
mes ont. ils pas bien raifon d’eftre fi orgueilleux & fi fu-
perbes , eux , dis-ie , qui naiflent parrny les ordures & les
cxcremcns?
$9igrmdeur àrefgard de la longueur, largeur & cfpaif- s« grm*
feur eft diuerfe, félon laconftitution des corps , félon l'aa-
ge&lesadions vencriencs. .
Sa longueur tn celles qui font de moyene taille, & qui
s’adonnent aux exercices de l’amour , depuis la partie
honteufe iufques à la fin du fonds, eft ordinairement d on¬
ze doigts, & celle du fonds de trois,
La largeur du fonds, eft de deux ou trois doigts , parce
qu’en celles qui ne font pas enceintes, lalargeurdufonds
& du col eft efgale. De U on peut aifément coniedurer
quelle eft fon amplitude.
Elle eft petite aux filles qui ne font pas en la force de
l’aage & plus petite que la veflie : Elle eft plus grande en
celles qui font arrivées à cet aage,& neantmoins aflfez
petite, mais plus efpaiflc, fi elles s’abftienncnt delà copu¬
lation, comme celle des vieilles. Mais elle eft plus grande
en celles qui ont fouuentconceu, & qui ont cfté groflèsi
de forte qu’on peut prefque la prendre au ec la main, fi-
®onlors qu’elles font enceintes. Car alors elle groflTit de
plus en
Z ij
H >
Dti Rentre inferieur^ jSt
Explication de la Jîgure,
01e mondrc la fituarion narurélle de la matrice &: de la
veflîe , aucc'les parties voifi^es.
C. D. le fege interne duperitoine refiechy.
E. £• vne partie dtt mefentere quihintles inteftins grejles an
dos.
F. F. G . G. les membranes du mefentere (pui font fepare'es les
vnesdes autres, à fçauoirV. de G. tordre ^ la con¬
tinuation des vaifeanx,^ des glandes qui efientr elles.
H. . H. vne partie du mefentere qui contient le colon au cofie
gauche.
I. vnepartie du mefentere qui conioint le colon msc t Ikon
au Cofie' droit.
K. le ReBum coupé.
L. le fonds de la matrice entier ,fans qu'on en ait rien fe-
paré.
M- le tefiicule droit , qui efi encore s couuert d'vnligamenU
qui natjfant duperitoine, conduitUs vaijfeauxfperma~
tiques.
N. le tefiicule gauche defcouuert de et ligament.
O'O. CXXî^le ligament qui fartant du péritoine attache au
dos les tefiicules auec les vatjfeaux fpermatiques ^ dr
ceux qui embrajfent la partie plus ejljeuéede la matrice,
•qui consent aujfi la matrice, ^ qui auec le ligament du
cofté oppofite confiitué la fécondé tunique de la matrice,
P . les fibres charnues qui fe gUfientdans ce ligament , qut fe~
Ion refalefontle mufcledroiU.
S. le col de la matrice couuerte encore de cette membrane
qui C attache au péritoine , la dt fiance entre R. & S,
marque la largeur du col &fes rides.
• la face pofierieure de la vejfie.
• le nombril. X. ^ne partie de la veine vmbilicale,quiefi
réfléchie en bas.
l’ouraque. ZZ. les’arteres vmhilmles. '
Z iij
i8i LmrepPrmier,
plusenplus, &au Iieuqiiedeuantl3gro(re(re,fonfon<îs
ne palïbit pas le comn^eoc^raent de l’os fàcré, ellcs’e-
ftend après iufqucs noibbril , &c mcfmes au delà , de
manicre qu’elle fe couche fur les inteftinsgrefles.
L'ejpaifenr dch mumce n’eftpas moins diiierfe ; Car
celle des vierges eftd’vnefubftance deliée, celle de plus
aagécseft plus cfpailTe, & celle des femmes deuient ef-
paiflTe, tant plus elles portent des enfans. Lors que’les
mois coulent, elle s’efpaiffit, & quand le temps de leur
purgation approche , fa fubftance paroift enflée & efpaif-
îiUmx- Galien s quelques autres Anatomiftes efti.
trice de- ment quc la matrice des femmes enceintes deuieut plus
uient deliée mincc, à mefure quelle fe dilate , & quefon efpaifleur fe
(tux ftm- conuertit en longueur, comme parle Galien. Mais nos
’ yeux tcfmoignent le contraire, aujfïï bien que l’a^ithorité
'ErrtuY de [àtSjluitisA^MundellusChirurgien de ParisA'A^Ayititts,']
GaUe» é' de FarolusA^ PlatemSydc Bauhin , de 'HeurnïmAt Roufet
de refale, ^ jg Laurens. Çar depuis le premier iour de la con¬
ception elle croift en toutes fes dimenfions iufques à l’en¬
fantement, & comme elle deuient plus ample, elle de-
uient auflî peu à peu plus efpaifle & plus molle , de forte
qu’aux derniers mois fa fubftance eft efpaifle de deux
doigts ; Et alors la matrice femble perdre fa fubftance
membranciife : car elle deuient rouge, fongueufe , fpon-
gieufe, & percée de trous comme vnc pierre ponce , & fe
peut diuifer en des efcorccs : Ce qui arriue , à caiife de la
grande affluence du fang, ou des cfprits pour le foetus.
[Quant à ces deux opiniôs, A. Falcoburgius âlime que la
fubftance dé la matrice deuient en effed plus deliée, com¬
me ill’a remarqué en ladifleéàiondes femmes enceintes,
mais qu’elle femble plus efpaifle, parce que le foyc vterin
luy eft tres-eftroitement attache', & que c’eft ce qui a peu
tromper plufieurs. Mais Nicol. Fontanm dit qu’il a fc-
paré en vnc matrice d’vne femme enceinte, le foyc vterin
de la membrane, & qu’il a trouué la membrane fort cf-
paifle : ] Or la fubftance delà matrice eft fort efpaifle cn-
uiron l’orifice interne qui eft eftroit, D.’où vient cette
Du ventre inferieur. iS)
jyjçrucillcufc dilatation en l’enfantement, 8^ puis fa con-
ftri<îfion.
Si figure cft ronde , félon le fentimentdcsvns, & félon 5/i vr/je
ccluy des autres , elle rcflemble a vne poire. Mais quoy f^sure,
qu’elle approche de la figure ronde , afin qu’elle foit plus
ample, nouseftimons ncantmoins âucc Sora»us & Pallo-
^^quefonfonds peut cftre comparé à vne ventoufe, par¬
ce que le fonds s’cftrcfiit tout droit en bas , que fon col
relTembleàvn canal long en rond.
Elle cft attachée par le Col & par le fonds.
Le col eft attaché par fa fubftance & par les membra¬
nes, & le fonds par des ligamens pai ticulicrs.
Le col eft adhèrent par la partie anterieure à la vcflîe de
l’viine , & aux os pubis, parle moyen des membranes qui
viennent du péritoine & à l'os facré, & au Reélum auec
quelque graifle, par la partie pofterieure , mais prés delà
partie honteufe, il eft conioint aueclefiege. Il eft attaché
lafchemcnt aux coftez, & au péritoine parles membea-
^nes.
Le fonds n’cft pas attaché pat la fubftance, mars il cft
libre, parce qu’il deuoit fe mouuoir , comme nous dirons
lors qu’il fera parlé de fon aélion. [ D’où vient qu’vnc *
Vénitienne eft morte de douleurs de matrice qui eftoit
attaché par l’Epiploon ; ] Mais il eft attaché au collez par
deux paires de Itgaments , dont l’vfagc cft de tenir la matri¬
ce fufpenduë.
Lapremiere efi fuperieHre ,large & membraneufe , qui
naift Gommel’on tient, des mufclcs des lombes, & finit au
fonds de la matrice prés des cornes. Elle eft molle Ôc laf-
che, afin qu’elle puifie s’eftendre & s’eftreffir. jireteuih
compare aux ailles des Chauueflburis. Lefonds eftatta»-
chéauxosdesilcsparlcmoyen deccttcpairc. Mais par¬
ce qu’elle eft entrctilfuc de fibres charnues, ce n’cft pas
Pçut-cftrc fans raifon que Fefiale & Picmlomini la mettent
au nombre des mufclcs. [Or ces deux ligaments condui.
fent les vailTeaux preparans ôc deferens , & contiennent
auffi les tefticulcs.] Cette paire de ligamens ou de mufclcs
lAtmlrnr
nef.
■iJjf. Urne 'Premier,
ferelafchc quelqucsfois (comme par quelque violence^
par vn mauuais accouchement , & la pefanteur dn fcEuis^
&c. ) de forte que le fonds de la matrice tombe dans 1^
fenrejecoleftanr parfois renuerfé, & quelquesfois on
le coupe , lors qu’il pend en dehors : mais quand cela ar-
riue, il faut de necefllté que le col fe deftache auffi. .
Vautre faire efl inferieure , ronde comme des vermjf-
feaux, rougeaftre comme desmufcles , & caue fur tout d
la fin. Celle cy naift des cofteadu fonds de la matrice, Sc
louchant au commencement lesvaifieaux deferens, elle
-monte aux aifnes, & comme les vaifleaux fpermatiques
aux hommes , ainfî ces ligaments aux femmes , pafiTcnt par
les produétions du péritoine, & par lestendons des muf-
cles obliques defcendans.,& làfc perdent dans la grailFe,
ou dans les. membranes des osprésdu Clitoris, [auquel
ils font attachez , & degenerent apres en vne produdion
large & nerueufe :] C’eft là. où commencent deux au¬
tres mufeks dcliez & larges, qui reueftent toute la face
interne des levres que certaines femmes font mouuoir
parleur moyen. [La partie qui refte du mufcle precedent,
s’eftcndpuis après iufques au genoüil dans la membrane
du dedans de la cuifle . C’eft par ces ligaments que les hu¬
meurs excrcmcnteufes de la matrice, font portésquel-
qaesfois dans les glandes des aines. a remarqué
en vne femme qui eftoit morte pour s’cttrc trop adonnée
âla copulation, que ces ligaments proche de la matrice,
cftoient pleins de fcmcnce.]
La fubftance de la matrice efi membraneufe, afin qu’el¬
le puifle fe dilater & fe reftreffir, félon qu’il eft befoin. Car
elleeft Gompofée de pluficurs membranes qui font vne
infinité de petits tuyaux ÔC de finuofitezqui paroilTcnt
manifeftement aux femmes enceintes , & qui encore
qu elles foient en grand nombre , font couucrtes néant-
moins d’vnc membrane commune & propre,
La Commune eft redoublée & adhérente aux deux co*
ftcz:Ellenaift du péritoine & eft extrêmement efpaiflé&
fotic:£EUe eft polie de tous coftcz,finôlàoù les vailTcaux
fp crma-
Du 'Rentre inferieur^.-
jpjftnatiques, entre dans les ligaments ou cnfôrtent.j
^ La Propre & interne eft auffi double , quoy qu’on ne le
puide pas remarquer aisément, àcaufede leur eftroite^
iiaifon , finon aux exulcerations.
Or entre ces deux tuniques il y a des fibres charnues, ,
femblâbles à celles qui fe trouuent au ventricule , que
d’autres appellent la fubftance propre , & loparcnchymc
de la matrice , qui feruent pour r'efchaufFcr. Mais ces*
membranes ne font pas toufiours d’vne mefme efpaif-
feur, comme nous auons dit de la grandeur.
Les vaijfeaux de la matrice font, les veines, les artères,' yaijfeftmi
& les nerf s.
Lcs-y«>« & Iesvj?'/'^r«vO'nt de compagnie; les veines
ncantmoins qui font plus grofles que les arteres , fe por¬
tent entre les tuniques de la matrice, [& verfent leur fang
dans ces petits tuyaux membraneux de la matrice, & non
pas dans fa cauité interne.] Elles font de deux fortes: Les
vncs quinailFent d’en haut , & les autres d’erabas. Car ii
fâlloitque le fang y vint des parties fupcricurcs & infe¬
rieures, c’eft à dire, àé tout le corps, afin que tout le corps
fe purgeaft durant les mois quele foetus fe peuft nour¬
rir pendant la grolTclfc. Celles qui wiennem d'enhautfCe
trainent par tout le corps de la matrice, mais fur tout par
le fonds: Elles font des rameaux qui vicnnent desfpef-
matiques, deuantquelesvailfeaux préparas fcfaircnt,[ &
aulfi du rameau hémorroïdal ; D’où vient cette grande
fympathic de la matrice & de laRatc.] Les boutsdes vei- Vourquay
nés du cofté gauche fe ioigncntaucc ceaxducoflc droit, Us veines
afin que la partie droite eüani auffi picquée & irritée
pât l’humidité fereufereflente le plaifîr. G’cltp»r ceux cyy, ioigntnt
que coule le fangracnftruel en celles qui nelont pas en- ^uec les
ceintes. Les veines qui viennent qui montent,
nailFent des rameaux hypogafiriques delà veine caue , &
font plus grandes. Elles fe trainent pat le col de la matrix
ce, & par la partie inferieure du fonds, où elles fe ioignent
tout aucc les fuperieures. Car il s’y vnit dehors & dans
f^fubfiancc de U matrice mefme , des vaiffeaux fort lar--
' Aa.
i86 Lime Premier^
If5 mafia- g^s. Mais CCS anaftomofcs paroilTcnt mieux en celles qui
ont leurs mois, & en celles qui sôreneeinccs. [Onlespeui
mjttmtk aisément remarquer , fi dans les corps morts on en enfle
quelqu’vnc. Car elles s’enflétaufli toft qü’on y fouffle de¬
dans.] Les orifices de ces veines , ou pluftoftde ces petits
tuyaux , entrent dans lacauité<lu fonds , que l’on appelle
acctàbles & cotylédons, qui baaillcnt & s’cntr’ouurent
lorsque les femmes ont les mois ,& quand Icfoyedela
matrice (les vertoeils aux beftes ) fc ioint à eux , puifantlc
fang pour le fœtus. Et parce qu’il y a des rameaux qui
viennent de ces viîines au col de la matrice, les femmes
Vitr quels enceintes pléthoriques puuent vuiderpar eux leurs pur.
shemtns gâtions durant les premiers mois , lors qu’elles ont plus
■ coulem Us ^’eft bcfoin poiu* la nourriture du fœtus.
7"mmts fang vienne de la
^em^nus ? matrice , parce que cela ne fe pourroit faire, que le fœtus
ne fuft eftouffé , & il pourroit arriucr que la femme auor.
teroit par vnc trop grande ouuctturc^e l’orifice interne.
lagrMdeur Or ilfautrcmarqucr queks veines delà matrice s’en-
des veines fient de telle forte durant la groflefie , & fur tout prés du
de la ma- temps de l’cnfantcmcnt,qu’ellesdcuicnnent auflî groflès
veincscmulgentcs , ou que la moitié de la veine
«ue. ,
Les wer/j viennent en aficz bon nombi e[des paires des
nerfs de l’os facrc-& de la fixiéme paire du cerueaujvets
le col de la matrice, & les parties qui font aux enuirons
des parties honteufes, pour donner le plaifir, & aufliveis
la partie inferieure du fonds. C’eft pour cela qu’il y a
grande fympathie entre le ccrueau & la matrice. Ceux
qui vont à la partie fupericurc du fonds, font en plus pe¬
tit nombre, & font impliquez l’vn dans l’autre, en forme
d’vn filet.
A^ien. ^'aÜion de la matrice , & fon vfage , cft d’attirer & de
retenir la femcncc de la femme quiett fortiedestcfticules;,
& celle de l’homme qui y a efté defehargée par la verge.
L’vne & l’autre femence, dis-ic,cft attirée au fonds, y
cft retenue, confcrucc & fomentée, après quoyfefaitla
Du nj entre inferieur. 187
conception. Car la matrice relTemblc à vn iardin , ou
I vn champ qui reçoit la fcmcnce , qui la conferue &
qui luy fournit la nourriture G’eft pour cela auflî
qüJrifioff l’appelle le champ de la nature. Car elle
eft le champ , le lieu Sc le fuiet où fc fait la généra¬
tion, elle'donricaufli l’alimeiit & la matière de laquelle
elle fc fait. Mais la fubftanccfpiritueule de la femence de
l’homme ell I’architc(9:e qui acheucce merueilleux ou-
vrâge.[f4^- attribue à la matrice la faculté confor-
matrice, & Hamems auffi,qui ofte cette vertu àla femen¬
ce, mais il femblc quc c’eft fans aucune raifon. Carr. nous
voyons que les œufs & les graines germent fur les plan¬
chers, fanslefecours d'aucune matrice. 2. Si cette opi¬
nion eftoit véritable, les membres externes fe formeroiêt
pLuftoft que lesinternes. 5. H s’enfuiuroit encore que le
pcrenccontribucroitrienàda conformation du fœtus.
4.. Etquon nc pourroit rendre aucune raifon de laref-
fcmblance du fœtus , tantoftauccle Pere , & quelquefois
aaccla mere. Auicenm & Paraeeljh^n contraire eftiment
que la génération fe peut faire fans la matrice. Mais ie ne
penfe pas que perfonne foit alTcz facile pour adioufter
roy à leur creance^ fî ceux qui tiennent l’opinion de ces’
Autheurs nefont voir l’cxpcriencc de ce qu’ils difent. Ce
qui eft , comme nous croyons , au deffus de leurs forces ^
&dcleurinduftcic. J le mmut
On donne à la matrice vne autre ââ:iort,àfçauoir vn ment de la
■certain mouucment naturel. D’où vient Popinion de
SlatoMy.qai a voulu qu’elle fut vn animal , & cellé SArg^
ttus qui a penfé que la matrice, à caufe de Ton mounementj;
eftoitcommevn animal dans vn autre animal. Cardans
licopulation &le deftr de côeeuoir, elle fe meut tantoft;
en haut, & tàntoft ch bas,& baaillc&s’ouüre après le.
înembre viril, comme fi c’eftoitvn animal. Ellefe mçiit^
I^rcillementen baspour l’expulfion du fœtus & de Par--
‘^iercfaix,& quclqucsfois aucc fi grande impctuofitéj.
quelle tombe dehors.
iointà. cela que les bonnes odeurs la fent mouuoir^
A ai;
î8 J Lime Tremiery
qu'elles luy agréent & luy donnent du plaifir: Au Iwà
qu elle cramd & qu’elle fuit les puantes comme le Cafto,
reum&raffa foetida. C’cftcequiafaitdire à^rij?off que,
rodeuvd'vne chandelle efteinte, eft capable de faire bief-
fer les femmes enceintes.
Vourqttoy Maisi vray dire,la matrice ne flaire pas les odeurs, fous
Us chofts pg(pe(.g d’odeur , mais elle eft affedée, à raifon de la ma-
*ttsfont^~ tiere fort fubtilc , qui eft coniointc,& des vapeurs. Delà
tnoHssoir la mefmc façon que les chofes odoriférantes recréent &
■motrice, & refiGÜilTcnt tous les cfprits , non pas à raifon de leur
fielltfent Q^gur, maisà ca^fc de la vapeur quil’âccompagnc,agrea-
Us edtftrsi jjigaiixefprits. D’où vient que les parties génitales font
pluftoft affedées , parce qu’elles ont le fentimentfort vif:
Et parce que les chofes odoriférantes portent auec elles
des vapeurs bonnes & agréables, &âu contraire celles
qui font puantes, en ont de vilaines & mauuaifes , c’eft
pourquoy cclles-cy rcndanslesefprits,dontlamatricceft
remplie, plus impurs, elle les fuit, au lieu que les-aucrcs
larefîoüiffenc.
Vourqmy Mais on trouue des femmes , qui ayans la matrice mil
Us btnnts afledéc,font fuiettes à lapaflion hyfteriquc , lors quelles
tics bônes odeurs, au lieu que Içs puantes les guc-
riflent; Parce quela nature eftant irritée par cclles-cy, elle
chafle & iette dehors la matrice de la maladie,cnfemble
auec ces vilaines vapeurs : Au lieu que les autres refueil>
lent &excitent das la matrice, les mauuaifes vapeurs qui
s’y tenoient cachées auparauant, de forte qu'elles mon¬
tent au diaphragme , au cœur ., au ccrucau , ôcc. D’où
yient la fuffocation (le matrice.
CHAPITRE XXIX.
Du Fonds de la Matrice de fin Orifice.
NOUS auons confideréiufques icy la matrice cngC'
ncral, & fes parties fimilaires II faut maintenant U
diuifcr en parties diffimilaircsquifontle/oW/jle
quelques
femmes}
Veyez îst
figure
Du tre Inférieur^, 1 8 ^
fa fente hoHteufe auec fcs parties voifines.
Le Fonds cil vne partie de la matrice, en montant de
l’orifice interne de la matrice iufquesàlafin. Nouslcdi-
uifonsenla partie eftroittc inferieure, & enlafuperieure
qui eft ample, à laquelle nous adiouttons vne ttoificme,
àfçauoirrorificc.
’Veftroite inferieure > eft entre l’orifice de la matrice , & £« etl dt t*
fonaroplitufie qui commence, & peut eftre appelléelewf
fo»rr,pour ladiftinguer du vraycol, & plus long. Qztilus touft.,
deuant que l’amplitude du fonds commence, il y a entre
elle & l’orifice interne, comme vn autre col ou canal plus
cftroit que l’amplitude du fonds, qui fetrouue auxfera-
mes & aux beftes . Fallope eftime que cette partie a efté ap-
pellce le col par les anciens , comme par Cdlten» Svra-
ms i &c. Selon Pipeau cette partie eft de la longueur
d’vn poulce. Nous l’auons trouuéen vne biche longue de
cinqtrauers de doigts.
Sa cauitén’cft pas ample, mais aflez grande pour don- Vne des
ner entrée à vne fonde aftez grofle, ou à vne petite plume .
Elleeftafpre & ridée, afin que la femcnce qui a efté atti-^*'"'
ïée, ne s'écoule, comme il arriue à quelquesfemmcs fte-
riles,quiont cette partiegliftantc, àcaufe des mauuaifes
humeurs qui y font.
ample é’fuperieure eft -principalement nom- Le fonds,
méc le Fonds , & eft appellée proprement la matrice.C’eft
la partie principale pour laquelle toutes les autres ont efté
faites. Elle eft aufli plus ample & plus large que les
autres.
Sx jïtuation eft plus haut que l’os du penil , afin qu’elle
puifle s’y dilater.
Elle n’a enlafcmme qu’vue Iculecauité, fans aucunes lln'y »
cellules, dont quclques-vnsluy ont fauffement attribué
fept. Elle eft ordinairement partagée en deux aux beftes.
Ceft pourquoy on appelle ces dcuxpartics de la matrice^* U^fem-
des beftes, deux cornes , encore que la forme des cornes
ne fe voye pas en toutes les belles : mais bien aux vaches,
aux biches, aux brebis, aux chèvres, &c. Les Anatorai-
Aa iij
r9 O' Lîure 'Tremler ,
7ourqu<>y ftcs ncantmoîns ont attribué des cornes à la matrice dè I3
done^ des fgtnme , à caufe de quelque tuberofîte qu’elle a aux deux
ternes À h goftez du fonds, làoùles vaiflcauX'defcrens s’inferent,
Ufmmti matrice de la femme eft fort rarement partagée eu*
deuXjComme celle des bcftes,[ainfî que
Sjlmm & RioUn l’ont, remarqué en quclques-vncs.] ’
Ellefe diuife neantraoins en partiedroite, & en partie
gauchedesmafles s’engendrent pour le plus fouuent eu
ladroitc,& les femelles en la gauche, Éippocrate &c Ga-
//e^tefmoignentqu’darriue rarement le contraire.
lapartie droite & lapartie gauche font diftinguces par
vnc ligne ou future, qui eft fort peu emincntQtqn ^ripte
appelle Médiane ou moyenne.
Sayw^erjîw extérieure eft polie & e{gale,,& comme
enduite d’vnehumcuraqueufc. L’interne eft parfeméeds
bèaucoup de pores, qui font des orifices par oùdurantla
grofTcfrejlefangfort ayfément des veines delà matrice
pour la nutrition du fœtus.
Sonvfage eftdereceuoirlafemenccjde contenir le fœ*.
tus, de le nourrir, ôcc.
VQrlfice L'Orifice oh U bonche interne de la matrice eft oblongî
mtrne. tranfueric & fort eftroit ( mais quand U s’ouure il deuient
orbiculairc & rond: C’eft pour cela peut-eftre que Icsi.
Sages femmes Allemandes l’appellent^/V Rofe, la RQre,&
les Pt&nqoiÜcs\c couronnement de la mere) comme le trou
du gland du membre viril , afin que rien de nuifible n’y.
entre, & quelafemcnce attirc'en’én forte pas ayfément.
[S’il arriuc quelquesfois qu’elle forte hors de la vuIuc,oii:
qu’elle ferenuerfe, clic, reptefentc. parfaitement le mu^
feau d’vnc tanche.]
Si fa^r«4r/o« vient a changer, de forte qu’il ne regardé
pas au milieu droit vers de fonds , on croit que l’homme
i>’y peut pas jetter droit lafcmencc, & qu’elle s’efcoule.
au heu de feruirde niaticre i la conception. Q|iand cét
arriuc rarement, la fterilité eftin-
tM^deh curable5pmmeauiri s’il eft affedé de chancres, defeir-
feriliti. wes, d obftruélion^ de calloûté ,de trop de graille, &fur
’ ‘ to.uî.
B» wmtre inferleitr* t
Explication de la Eigute.
Elle mctdcuant îesycüx î’orificc de la matrice, les
tefticulcs ic le ligament large.
A. le fonds de U matrice comertde fes membranes.
3. B. le eôlde U matrice rennerfee en ham.
C. D. la partie dn fonds de la matrice ^ui reffemhle au gland
du membre viril, qui s” efleue vers lapartie fuperieure du
coldela matrice, au milieu de laquelle fe voit l’orifice.
E. E- leligament qui attache la matrice auperitoint i & qui
contient fesvatjfeaux,
F. le tefiicule gauche.
G. laveine é’l’artere fpermatique.
H. leur rameau qui va à lapartie fuperieure du fends delà
matrice.
^ leur autre rameau qui vient au tefiicule.
K- le vaijfeau qui porte la femence du tefiicule dam la mâ ‘
trice.
L. la cauité de la vefsie mife à cofié, coupee.
M. l'iHfertiondes vreteres dans la vefsie.
les portions des vretmspendtnticj.
^out dVne trop grande humedation & relaxation > ou
d‘ vne trop frequente copulation , comme aux garces , ou
d’vn trop grand flux d’humeurs.
QjtanA Vo-
rifice de U
m»trice
fpuhre}
jÿ2 Liure Premier]
Vne matière vifqucufe& gluante s’attache à rbrifîce
des femmes enceintes, & remplit prefque le col court
afin que ces parties cftans humedées s’ouurent plusayfc!
ment en l’enfantement.
[Lanaturea mis dans la partie inferieure du canal de
cet orifice, vne petite boiTe oblonguc,qui ferme le tioii
plus exaftement : On voit prés de cette tuberofité des
porcs ou des petits trous, qui femblentcftre les extremi,
tczdes vaiireauxdcférensquifiniJOTentaucol.]
La matrice attire lafemence par cét orifice qui fe ferme,'
comme on dit, après la conception, de forte que Ton
tient communément qu’elle ne peut donner entrée à la
pointe d’vne fonde ou d’vne aiguille. [ C’eft donc en
vain que les Médecins y verfent des liqueurs auec vne fy-
ringuc, & que les putains tafehent d’en tirer Je fœtus
conceu:] Maisils’ouure en la fuperfœtation , cnTeie.
61ion du f^ux germe, fans endommager le fœtus, qui ar-
riuc queIquesfois,en Temiffion de la femence , & fur tout
en l’enfantement d’vne façon merueilleufe ^ où elle doit
fe,dilater,felon la grandeur du fœtus, de forte quelaca-
uitécft ptefquecfgale depuis le fonds de la matrice iuf-
ques à la partie honteufe, par où doit fortir le fœtus. C’câ
ce que nous pouuons bien admirer, dit Galien', mais il ne
nous eft pas permisde le comprendre, & en cét endroit
ilnousaduertit dcreconnoiftre lafagefle & la puiflànce
dcrouurierqui nous a formez [Mais cét orifice feroit-ii
pas composé des membranes froncées ridées quipeut
uentfedrlater beaucoup?
CHAPITRE XXX.
Du plus grand col de la tt^atrice^
NOus auons^ remarqué, trois chofes au fonds de là '
Matrice, le/ow^/f mcfme, le
^ulïi trois chofes quife prefentent à confiderer au plus
grand:
Bu fvenm Inferieur» 1^3
ffitià col : Icffl/rnefmc, l'hymen » l'crtjîce de U vejjfie.
lîous paticronj de l’hymen au chapitre fuiuant.
tccolou le canal de la matrice, eft appeljé quelques-
foislâ matrice par j4rifiote , & la jjorte de la matrice, &
par Fallepe, le fein de la pudeur. C eft vn canal oblong.
Situation elt entre l’orffice externe & interne, recc-
uant le membre comme vn fourreau.
Saf’/^Aîr'ejUeft vn peutortuôc oblique, Scaufliplus^
court & plus, eftroit , lors qu'eftant relafché il tombe fut .
foy-racfme, afin que les parties internes ne fe rcfroidiflcnt
pas. Mais ileft droid & ample, r. en la copulation, i.du*-
rantles purgations. 3. enl’enfantement, s’eftendant alors
beaucoupTelon la forme du foetus , d’où viennent auffi les
grandes douleurs des femmes qui accouchent :Et alors
elles fc refroidirent beaucoup, comme pendant leurs
mois.
Quant à fa grandeur'. Sa longueur eft ordinairement de
hiiid doigts , fa largeur clt efgale à celle de l’intcftin
droid-Mais IVnc Ôdiautre fc trouucfidiucrfe , qu’à pei¬
ne peut-elle cftie bien deferite. Catils’adiulleàlagro&
feurdelavcrge dans la copulation, & le col deuient plus
long ou plus court, plus large ou plus eftroid, & il enfle
diueifcmcnt félon que la femme cfl lafciue. Quand cela
arriuc, les caruncules groffiffent par le moyen des cfprits
dont elles font remplies , comme cela fevoid aux vaches
& aux chiennes chaudes. Mais le canal s’eftreffit & de¬
vient plus petit, comme aufll en la copulation, afin qu’il
’tienne & ferre plus cftioicemcnt le membre viril. C’eft
epourqupy
Sa. Suhfiance eft d’vnc chair dure &ncrueu£c, & vn
peu fpô^icufc & fongu eufe , comme celle de la verge, afin
qu’elle puifle fe dilater & s’tfticlfir, La partie fu péri cure
eft ridée par dedans , quand elle n'cft pas eftendue , mais
fors qu’elle eft dilatée , elle cftglifrantc & plus polie. Au «Vm
leftelorsque lecolcftdilaté, ilya auffi beaucoup deri- *ucel dtla
des orbicuiaires au commencement du canal prés de la *^^*^*’
gattic honteufe, pour donner plus de plaifir par le char-
Bb
Lture Premier, ^
toüilîcment que caule le fiayemcnt dngïafid. tesridcj
font plus cttroites& ferrées en celles qui jô: icunes,&lg
col plus eftroitparoù fcvuidciitlcs purgations jmefniÊ
aux filles plus adultes. Mais ces rides s’clFaccnt, & les co.
ftez deuiennent calleux & polis par le frayement fie.
quent. \. aux vieilles, x. en celles qui ont eu fouuent U
compagnie des hommes, ou qui ont fouuent enfanté,^, ea
celles qui ont cales purgations longues, ou le flux blanc
Bt en toutes celles là lafubftancedcuicnt^ufliplus dure,
de îorre qu’elle c fl: enfin prefquc carrilagincule aux vieil-
Jes, & cnçclles qai ont fouuent conçeu, mais elle eflplu^
molle & plus de licate aux ieunes.
Vvfage du col eftdereceuoir le membre viril tout roi-
4e » pour fuccer & attirer la femcnce.
'Eni\.ï\il'i3tJerîiondelavefsie paroifl [audc-làde la partie
moycnnC^iur la fin du col par la partie anterieure[&fupe.
ricurc]presdela vulue,afin que l’vrinc puvfle vuider là
parle conduit commun [Elle cftde la longueur de l’en¬
tre- nœuddVn doigt: Elle c > charnué par dehors, ou plu*
ftoft cnuelope'e d’vn fphinâere charnu & noiraftre pat
d,cdans,de la mefme fubftance que 1 vrcihre de l’hom*
me.
Vvierfu a remarqué en Tes obfcruations, que rextremi-
té extérieure du col de la veflic ne paroift pas en toutes
les femmes en mefme lieu. Onia voit en plufîcurs audef-
fus des rctirefîifîcmens extérieurs du col de la matrice
fous la nym phe, & en quelques vncs elle eft cachée au de-
4ans en la partie fuperieure de la partie hontcufc.]Mais
par derrière vnc membrane appellce l'hymen rencontre
l’entrée de la veflie, de laquelle il nous faut luaintcnant
parler.
Du 'ventre inferieur, jp
chapitre xxxl
De l'Hymen.
L’Hymen ou k membrane appellée Eugton^ eft nômée
par les autres k cîofture & la fleur de la virginité, par¬
ce qu’eüe en eft k marque, quand elle fecrouue.
Ilncfaurpas reuoquer en doute s’il y a quelque mar-
que du pucelage: Car l'experience apprend à ceux qui fe w**"-
^fïiaricnt à des pucelles qu’il y a quelque ebofe qui empef-
clicrcncrce ik verge , lîelle ne s’ouure le paflagcaucc/*
violence & impetuofité. D’où vient que Terence a dit que
la première copulation eft fort afpre & rude , & alors il fe
fait le plus fouuent efFufion de fang , tantoft plus , tantoft
moins accompagnée de tres-grandes douleurs. C’eft
pourquoy on appellece fang la fienrdeU 'virginité.
Car toutes les filles vierges ont de la douleur ,& ref-
pandent du fang en k première copulation, àcaufe que le u dculeur
col plus eftroitfe dilate, & l’hymen fc defehire. Celle qui vierges
font fort ieunes fouffrent vnc douleur plus cuifante , &
perdent moins de fang .à caufeque leur hymen eft fec,&
leurs vafiffeaux petits & deliez : maïs celles qui font plus miereefa-
aagées, & qui ont les mois , fouffrent moins de douleur, Utisnî
& perdent plus de fang pour des raifons & des caufes
contraires.
Mais fi les purgations coulent, ou fi elles ont coulé Exce^th»..
quelque peu de temps auparauant , le membre viril entre
aisément, à caufede la relaxation des parties , d’où vient
que les filles fentent alors fort peu ou point de douleur, &
que le flux du fang eft fort petit, ou qu’il n’y en a point du
tout. C’eft pourquoy il ne faut point faire les nopces en
oc tcmps-là , afin que l'efpoux ne puifTe auoir aucun
foupçon de k virginité de fon efpoufe. Quelle efi
Si nous voulons maintenant rechercher qu’eft- ce qui U marque
otupcfche k verge d’entrer, c’eft à dire, en quelle partie iptrgf-
- Bbij^ CQnfifte”'^*^
Du <ventre inferleuK ipi
La figure L
Contient les cuiflfcsdu corps coupées prés des fefles,' &
les levres de la nature coupées , afin quela ftruélurc
du clitoris paroilfc.
A . A . l'os àft fenil defcouuerh
B. B. les levres de lapartiehonteufedife^ue'es par JjAUt y pour
monftrerUfmation dst clitoris.
C. le bout du ditoris ijui rejfemble auhalanusdu tnembrê
•viril
D. U membrane ^ui t'ouure cette partie, comme vu pre^
. puce.
E. ie corps du ditons.
F. F. les deux corps uerueux du clitoris , fur lefjuels il efi
appuyé, comme fur lies iambes.
G. f orifice externe du col:
H. H. -manfirent les -veines , les art ereSi les nerfs qui fe pro¬
pagent au clitoris.
La figure I L
Reprê fente la inarrice auec la partie honteufe , en forte
neantmoins qn’on ne voit que les parties externes
de ia matrice & les internes de la partie hou-
reiifc. '
A A le penil auec fe S, poils,
le clitoris.
C.. C. les ailes ou les nymphes.
ts ‘tveii du col de la 'VejfiC.
E. l'erifice externe du col de la matrice-.
1' !'• la face ex ter ce -h tout le roi
fi la fdi (f f orifice interne de la matrice.
!'• t '- ii /hjyrrfic/e externe du fonds de' la matrice^
Bb U,
Llure Premier f . 1
La figure 1 1 L
Monftre lecol de la matiicc ouuci’E tout de
fon long.
A- A le col de U matrice dijfequé tout du long , é" les
deux cojfeü^coupesj , tirez, en 'dehors, afin jue les rides,
de U membrane interne fe vejent.
B. l orifice interne de la matrice encore entier.
C. C. le fonds de la matrice entier.
D. D. les levres de la partie honteufe.
les ailes ou les nymphes. '
confifte la marque de la virginité, nous trouucrons que
lesopinions font fort differentes.
Opinion I. I. Les tiennent que l’hymen eft vn amas com-
Des Arabes, poféde cinq veines qui s’iuferent au rndicuducol des
déuxcoftez, de forte que les orifices des veines droites
s’abouchent auec les gauches
■ Mais tout cela eft forgé à plaifîr , & n’a aucun fonde¬
ment.
I î, II. Les autres, [comme Fernel & Flmus] ticnnét que les
coftez du col font adherens , & que quand il s’eftend , les
vaiffcauxqui s’y trament, fe rompent. Mais cette opi¬
nion eft contraire à l’cxpcriencc , qui tefmoigne qu’il y a
mefmes aux plus petites filles vne cauité au col, & que les
coftez ne font pas adherens.
III. III. Les afteurent que l’hymen eft vne membra¬
ne ttanfuerle. Enquoy certes ils ont raifon , mais ils fc
trompent, lors qu’ils ont feint qu’elle eftoiç percée, com-
me vn crible , & qu’ils l’ont placée en l’extremité inté¬
rieure du col de la matrice , par où ils ont voulu que l’vri-
ne forte.
ï V. IV. L’Opinion la plus nouuellc eft celle de SeuerinPi'
Chirurgien de Paris fort experr, quia efcritvn liure '
-cmiei des marques de la virginité» qui contient beau-
centre inferieur. i99
^up bonnes choies & vriles II prend pour l’hymen
les quatre carunculesmyrtiformes liées par vne membra¬
ne qui font en la fente extérieure , dont nous parlerons
cy.aprés. Cette opinion eft auiou*rd’.huy fuiuiepar quel¬
ques hommes fçauans.
^ V. La plus commune opinion eft, que l’hymen eft vne p- opinion
jnembrane tranfuerfeau dedans du col de la matrice, vn cippuyief^r
■peu au delTus du col de la veflle , qui empelche la premie-
le entrée de la verge. Certe opinion eft appuyée fur l’ex- ^
perience & fur l'authorité de plufieurs , fur tout des qui¬
tte plus célébrés Anatomiftes de Padou'e , de , de
Tallope , A<jUApenâente & de Ca^erius- T oute l’antiquité
prcfqueaeftédc cclentimeat, D’où vient ce versancicm
Cefi crime de rauir la flear du pucelage.
Ticolormny , Alexander Benedi^us, FFterus font auffi •
dc cétaduis. a tenu la mefme opinion, & il femble
que Scaliger exerc. 175. feét. i, ne l’a pas ignorée, oùil
parle d’ vne certaine racine qui excite merucilleufemcnt
àlaluxurc. Car il dit, St (^uel^uvu ptjfe fur elle iOn dit
^Htl brufle incontinent du dejir de luxure : Si Ut bergeres
Vierges s' afeent ou pijfent fur cette racine, la membrane de
la nature fe rompt, comme fi elles auoient efié defioréespar vn
homme'. Colomb atrouuécettc membrane troisfois, Bau-
/)(« deux, comme il tcfmoignc au liurc des parties fimi-
laires , & en fes inftitutions , & FFolfins qui dit qu’il l’a
trouuée à Padouc . \Adr. Sptgeltus & Riolan aufli alTeurcnt
qu’ils l’ont trouuée en toutes les filles vierges.] Nous
pourrions rapporter icy l’authorité &lc tefmoignage de
plufieurs autres , mais nous ne iugeons pas qu’il foit nc-
ceflairc.
Qwnt à ce que Colomb & Rare' difent qu’elle ne fc trou-
pepastoufiours, & que Du Laurent afieurc qu’il ne l’a
jamais trouuée, il faut en attribuer la caufe ou à ladifcttc pas
des corps , ou à la négligence , auec laquelle ils ont fait les toufmtrs.
dilTcétions ; Ou bien celles qu’ils ont difiequé comme
vierges, auoient peut.cftre perdu leur pucelage : Ou fi
«heseftoient vierges, elles auoient peut- cftre rompu cct-
■zoo LlurtVnmWy
te membrane auec les doigts cnfolaftrant. Que s’ils di-
fent qa’ils ont difTcquc des auortons , des filles de deux
ans,detro:s &c. Nous refpondons qu'il efi difficile de
croire qu’elles n’en euïTcnt pas, puis que les cupericnces,
& lesauthoritez de tant d’Anatomiftes experts que nous
auons alléguez, tcfmoignent le contraire. loint qug
quand mefmc on n’en aurôit pas trouiic en celles-là, quoy
qu’on en doute , nous pourrions dire qudle manque
alors contre nature , par la mefme raifon qu’ils difent
quelle fe trouue contre nature. Car elle manque rare¬
ment , & fe trouue le plus fouuent. Pour les autres qui
fuiuent Dh LuHrens , Se qui nous font contraires, comme
Capiuaeem , nous n’en tenons pas compte, comme n’e-
ûanspas bons Anatomiftes.
Mais il eft temps qu’apres auoir examiné ces chofes,
nous venions à confider,crkftru6turede cechymcn,ott
membrane tranfuerfe.
Sa fitHAtion eft au col de la matrice prés de la fin , au dos
du col de hnferr ion de la veflic,ou vn peu plus au dedans.
Et cette membrane eft pofée là de trauers , comme le dia¬
phragme.
Q^ant à fa Figure , elle eft percée au milieu , commue vti
anneau, de forte qu’aux plus adultes, le bout du petit
doigt y peut entrer , par ce trou coulent les mois.
trou qui Mais ui(^HafendeHte a trouue fort fouuent ce trou en
efieu mi- trois façons , comme nous le tenons de fa bouche.
men‘lî regarde l’orifice extérieur de la nature, qui eft
mrs. ^^conflatution plus ordinaire.
2. Q^il paroift à la partie fupcricure , & ne regarde
pas la vulve, ou ledit orifice.
?• a au milieu non pas vn trou rond , mais vnc
fente oblongue.
Maisl hy men eft rarement fans> rrou , & alors les mois ,
nepeuucntpasf()rtir,cequi caufe des maladies, & enfin
la mort, fi on ne l’ouvre , comme l’cxpcricncc en fait foy.
Pourfa£r<i»<j^f«r, elle eftplus efpaiflc.auxcoftczducol
Qu elle naift., qu’au milieu.
Sa m-
Du centre Inferieur. 201
^■3, connexion y continue à la fubftanccducol, com¬
me fi eî!e en foitoit.
Sa fnhfiance eft en partie membuaneufe & en partie
charnue, elle n'eft pas neantmoinsfort cfpaifTe. Mais el¬
le eft plus (ieliée,& plus foible aux vnes, [comme aux fil¬
les vierges de Praye en la Campanie, lefquelles perdent
toutes leur pucelage à douze ans, eu particacaufcdela
chaleur du Soleil, & en partie par celle de leur tempé¬
rament, qui rompt l’hymen] &plüsfolide, &pluscf-
pailTe aux autres., & quelqucs-fois fi ferme qu’il la faut
couper, fur tout quand le mary eft trop lafche&impuifi-
sat. Mais s’il eft robuftc,elle fe ropt après quelques mois.
Cette membrane eftpourueucde beaucoup de petites
veines, qui fe rom pans en la première copulation, caufent
la douleur & l’cffubon de fang. Mais enfin elle difparoift
par la copulation, ou bien par quelque frayement impu¬
dique , (le mefme que le frein du gland aux hommes
quand ilfe defehire.
Onfaitvnequeftion qui mérite d’eftre confiderée , 5#
le fang doit fortir a toutes les filles vierges au premier côïr,
qui ferue de marque certaine & indubitable de la vir¬
ginité.
Nousrcfpondons que cela arriueleplus fouuent, &
que cela doit eftre, mais que la chofepeuteftreempef-
chée & n’arriuer pas.
I. Si ces filles ont rompu cette membrane aucc le
doigt , ou auee quelque autre inftrument en friponnant,
C’eft pourquoy certains peuples coufent les vulves aux
filles aulîi -toft qu’elles font nées , laiflans ncantmoins vn
petit cfpace pour la fortie de l’vrine, & ne les ouurent pas
iufqucs auiour des nopces,& alors l’efpouxiafaitouurir,
de forte qu’il eft afleuré d’auoir vne pucellc.
î* Si la première copulation fe fait lors qu’elles ont
les mois, ou bien- toft après quelles les ont eus, comme
tiousauons défia dit.
î. Si la fente de l’hymen eft oblongue : car alors clic fc
«ftwc,mais ne fc rompt pas.
202 Liure Premier,
Si lecoldelâ matrice eft fort ample, & fi le mem;;
bre viril cft trop petit,& n’eft pas alTez gros.
5 Si l’homme fait entrer adroitement fonmembre.
6 Si la fille vierge afouïFert lachcutede la matrice
d’où vient que l’hymen fe rompt.
de l’hymen cfide confcruerles parties intc-
rieurcs contre les iniutcs de dehors. 2* d’eftre la marque
de la virginité.
Vne vierge peut neantmoins conceuoir, Tans que la
marque de là virginité foit offencée, comme il arriuc fort
fouucnt, ainfi que dit Americ Fejpftce aux femmes du
Pôle Antardique. Nous pouuons comprendre que cela
fe peut faire en cinq façons. Ceqnenous venonsdedire
ne faitrien contre la conception de noftrc Sauueur, que
nous maintenons anoir efté faite fans aucun de ces
moyens.j
CHAPITRE XXXIL
la partie honteufe externe de la femme
en general.
La dernière partie on l’extrémité delà matrice qu’o»
nomme lapante honteufe de la femme -, oùl’o' fi^ecx<
terne, ou la bouche du col de la matrice,eftàlafin du col
de la matrice ; les vns rappellent Vulve qui vient àcVal-
vne port e, & les autres Cunnus, quidciiue àccuueus
coin àcaufe peut- eürc de la reffemlDJance , auccl’ouuer-
turc que fait vn coin. la nomme vne forcit, vn
iardin, vn fonds, vne coquille ôcvnnauirc. On l’appelle
ordinairement la nature da la femme [ Les Romains
Força, comme on voit àtim Farron', Suidas ài Euftathins
rontappclléKawc/ro» ou K«(?» :c’e 1 âduech en, àcaufe
de cette morfurc, que ceux qui l’ont expérimentée, Iça-
ucntbicn. J
Du y>entre inferieur', 20}
au dehors en la région extérieure des os tet parties
^iipemlj où plufieurs parties paroiflent fansladiflequer, delavulvi.
& mermes qnclques-vnes fansTellargir , commeles poils
du pcniljks levres & les deux mottes, la grande fente ex*
teiicure,1es ailes, & le clitoris : mais il y en a quelques au¬
tres qu’on ne peut voir fans eflargir les levres, comme la
fofle nauiculaire, deux petites fentes aux nymphes, le
corps du clitoris, le trou du col de la veffie, auec vne val¬
vule charnue , la fente ridée, oulorifiee immédiat du col-
auec les quatre caruncules , & autant de membranes , où
commence après le. canal j dont nous auons parlé-.
Les poils du penilfortent aux levres en celles qui font
preftes à marier, afin que la fente fe ferme mieux. Ils font
plus frifez.aux femmes qu-’aux filles vierges»
On voit en dilatant les levres i. La grande fofiè auccla
grande fente extérieure que nous pouuons appcller la
folTc nauiculaire , parce qu’elle reprefente la figure d’vti
nauire : Car elle eft plus profonde & plus large par der¬
rière , de forte que la fin inferieure & pofterieure font
comme vne fo-{re.[Deux trous paroiflent dans cctte-folTe
en eflargi.lTant les levres , mais c’eft prefque feulement en
celles qui font envie , parce qu’ils (ont fort petits jd’oii
fort en aflez grande quantité vne certaine humeur fereufe
qui humede le membre viril en la copulaiion.jL’orifice
ouïe commencement du col de la matrice, çft au milieu
delafoiTé.
Or il falloir que là foflTc auec la fente extérieure fut plus
ample, afin que le fœtus fortit plus aisément en la partie
extérieure, à caufe que la peau ne peut pas fc dilater, com*
me la fubftancemembraneufe qui eft dedans.
On rencontre après deux ./f»/ej collaterAl&s qui font
plus petites-.Ellcsfont à droide èc â gauche, entre les le*
vres & les ailes.
Mais en la plus grande foire,on void d’abord quelques
ttruuculcs, dont nous allons parler»
Ce ijl ;
204
Llurs Premier,
CHAPITRE XXXIII.
Des Carmmles^yrtif ormes.
Q Vitre caïunculcs paroiffent au milieu de la foflç
immédiatement apres les ailes.
Elles ftfnt fimées de telle force, que chacune occupe vn
angle, &: toutes enfemble font vn quarré.
Z’w^Equieft plus grande que les autres , & fendue en
deux,]eft anterieure aux enuirons du conduit de IVrine,
pour le fermer , afin que quand i’Vrine eft fortic,il n entre
rien dans la veflie, comme lair , &c.
La fécondé eft pofterieure à l’oppofite de l’autre : les
deux autres font collaterales.
Leur ^^«rereflcmblc à celles des graines de meurte.
'Lc\jiï grandeur eft diuerfe. Car elles font plus courtes
& plusdeliées aux vncs i 8c plus longues & plus cfpaiffes
aux autres. Elles durent neantmoins en quelque façon
quece foit iufques àladerniere vieillelTe, &nefecon.
fument iamais par la frequente copulation, nyparplu-
fieurs enfantemens. Elles ont quelques membranes qui
font coniointes, que Pinean appelle auec les carunculcsi
vahas^ comme qui diroit , pareuens , afin que par ce
moyen la fubftancc foit en partie charnue , & en partie
membraneufe.
a remarqué vn trou au milieu, entre ces caron¬
cules, qui efgale aux filles la troifîefme partie de la grande
fente.
QhAutheur eftime que ces caruncules fe font des ri-
fics du fourreau charnu de la partie honteufe, afin que
cette partie externe plus cftroite que le fourreau , fe puiffc
auffi dilater en l’enfantement. C’eft pourquoy il a remar¬
qué en vne accouchée , qu’elles ne paroiflent point du
tout durant fept iours après l’enfantement, à caufe delà
grande dilatation de la partie honteufe , & qu’on n’en
Du fvmtû inferieur, 20 f
voyoit aucune trace qu après que cette partie fut rcftref-
fic, & reuenuë à fa forme naturelle.]
Leur vfage eft, i .pour la deffcnce des parties internes,
lors quelles ferment immediatemcntl’orifice du col , afin
quel’aitfroid & la pouffiere.&c. n'entrent. Aquoy fer-
uent aufl'iles nymphes, ôc les levres de la partie honteufe.
i. Pour le chatoütllcmem & le plaifir,lors qu’elles en¬
flent, & qu’elles ferrent fortement le membre viril , prin¬
cipalement en celles qui font if unes. Mais Pineau leur a
donné vn’autre v fàge. Car il veut que ces carüncules,dont
les extremitez font des membranes char nues, liées enfem-
ble de telle forte , quelles laiflenr vn certain trou , foieni
l’hymen , ou la véritable marque de la virginité. Il ne veut
pas qu’elle foit placée tranfuerfalemcnt , mais en long, de
forte que la figure de tout l’hymen foit comme vneonc
obtus ou couppé.
CHAPITRE XXXIV.
Du Clitoris.
FJ/lopâ s’attribue Tinuention du Clitoris, & Colomb V/>yex. U
au ffiauec Ion orgueil ordinaire. Et neantmoinsy/»#- ,
mne» MffCttJts» Ruffm : PoUhx & d’autres en ont fait
mention. Les vnsle nommcntla Nymphe. ColoM l’ap 4g cute
ptlle la douceur d’amour , & l’aiguillon de Venus , parce pmtie,
que cette partie eftlefiege principal du plaifir en la copu¬
lation. Que fi on le chatouille délicatement en celles qui
ont palfé beaucoup de temps fans l’vfage du coït , & qui
le défirent paffionnement, il ifctte aifément la femence.
Les Grecs le nomment Clitorislts Latins Tentigo Landie,
&les autres la verge, ou le membre de la femme, tant
parce qu’il reficmblc au mèmbre viril enfituation, en fub-
ftance , en compofition , en la rcpletion des cfprits , & en
l’ctcétion,& qu’il a quelque chofe qui rcflemble au gland ^
^ au prcpuce, que parce qu’il croili en quclques-vnei de
C c iij
Liure Premier^
la grofTcui'clii membre viril, de forte que quelques
mesabufent du Clitoris au lieu du membre vit il ^ ^ 5.^^*
c;puplent enfcmblc.que les Grecs^appellêr Trihades, [Qu
eicrit qu’vne certaine PbiUms a elle la première inuentrj,
ce de cette forte de, fodomie, dont la Poecelfe Sapph^l
auffi vfé.Jlcftimeque S. Paul parle de ces femmes lafcj,
ues. Rom, i. zô.Cellpoutquoy on appelle cette partiele
mcfpris des hommes.
Or le Clitoris cftvne petite produdion. .
Il eft Jitué.ea la partie moyenne du peml à la fin fupc;
ricurc & anterieure de la grande fente , où les Nymphes
s’vnilTent.
H eft petit d’ordinaire , & prcfque caché fous lesnym-
phes au cômenceraent, & puis s’éfleue vn peu. Car il c6-
rnence à fe monftrer auxfillcs qui entrent en adolcfcence;
Mais il eft plus grand ou plus petit aux autres., 11 pend
& fort dehors en quclques-vncs , fi eftans petites elles
manient frottent fouuentcette partie, comme nous en
auons des exemples. C’eft vne chçfe contre nature, &
prefquc monftrucufc quand il croift iufqucs à la grandeur
d’vn col d’vn oyc, comme Platems en donne vn exemple,
[de Ttilpius vn autre. ] Or tant plus il croift, d’autant,
plus empefchc-il l’abord de l’homme , parce qu’il cnâc
danslc coït, comme le membre viril quand il eft bande,
& quand il le drclfe, il excite à la luxure.
Süfttbfiance eft comme celle du membre viril compo-
fée dè deux corps nerueux , durs & cfpaix, poreux &
fpongieux par dedans (afin que cette partiefcpuifiedilaT
tçr&fcretrelfir) qui prennent leur origine diftinétc des
osdupcnil vçrs la coniondion auec l’os Ifchion; Mais
ils s vnilTcrit vers la coniondion des os du pcnil , & fpn*
lêcorpsdu C.litoiis.[ll a quatre comme le metn.*
bre viril qui feruent au mefrnç vfage. Les deuxfuperieurs
ronds font couchez lui- les plus longs ligamenai& for-
tent d’vn mefme heu : les deux autres inferieurs larges &
çfiarnus viennent du fphinder du fondement. ]
pu la icftc qui fptt cpiunie le gland ( eftant
Du Centre inférieur. 207
parties) cft appelle Te»tigoiiL^^.-^--y^
a vn tiou comme le membre viril , mais qui li’cft pas
ouuerr,
]i femble qu’il foit coüüert Comme d’vn prepuce,qui
d’v ne certaine membrane Fort déliée , qui vient de
la conionétion des ailes.
Il a aulîi toute forte de vaifleaiix qui s'y rendent, [i
içauoir:
Les veines ^ \t&aneres honteurcs,& vnwr/defa
îîxiéme coniugaifon , qui font plus grands que ce corps
ncTemble demander. J
Son 'î/jQri^^eftd’ellrelcfiegcdu pîaifir & del'amour. Il
aaiilfi vn perirfrein comme le membre yiril : Car le frot¬
tant, on en fait fortir la femcnce.
Mais Ji^uapendente t&imc que l’vfage du Clitoris cft
defouftenir le col de la matrice en la copulation.
[BeHanitit & louius croyent que les femmes F thiopien-
lïcs euoienteirconcifes en cette partie , & mefmes au-
iourd'huyles Orientaux le bru lient, à Caufe qu’il cft trop
grand, afin qu’il ne croifle d’auantage. ]
CHAPITRE XXXV,
Des ailes des leWes.
ON voir entre les levres deux produtftions rouges
que les Grecs appellent les ailes.
Galien les nomme nymphes» foit parce quelles reçoi-
Bcnt premi'crement l’elpoux, foit parce qu’elles prefident
furies eaux&.les humeurs qui fortent. Carrvrine paf-
fant au milieu d’elles comme entre des parois auec fiffle-
ment , eft iettée loin, fans arroufer les levres. Les autres
les appellent caruncules peauflkires.
^^ürJttHatione&. entre les deux levres.
grandeur pas toufîours efgale. Car il arriuo
quclquesfois qu'une aile, & quelquesfois toutes deux.
2fi^ Liure Premier^
ma’s moins fouuent aux vierges qu’aux femmes, croiiTcnt
fl defmefurémcnr, fur tout quand on les a tirées (ouuent
auecles mains, ou que les humeurs y font fouuent, qu’^
caufe des empefehemens qui les accompagnent ,' il eft
befoin de les couper. Galien nous tcfmoigne que cette
maladie eft frequente parmy les Egyptiennes , à caufe de
quoy ils les coupent aux fi îles qui doiuentfc marier ^ 5^
aux autres femmes. D’autres difent ncantmoins que co¬
ta fe doit entendre du Clitoris .
Elles font deux en nombre, la droite & la gauche -.mais
elles font prcfque iointes au commencement, où elles
fontvne produdion charnue, comme vnprepuce, qui
couurc le Clttoris.
Sa Figure eft triangulaire ; mais vn de fes angles eft plus
obtus que les autres , à fçauoir ccluy qui fort d’embas
hors des lcvres,[&:reffemble à la crefte d’vncoq. C eft
pour cela peut- eftrc que luuenal l’appelle vne crefte.]
Leur mieur eft rouge coinmc la crefte du coqfous le
gofier.
Elles font pluftoftcouuertçs d’vne tunique déliée qiiç
de peau , de mefmes que les levres de la bouche , ôc fes
autres parties.
l.^mptbftance eft en partie membraneufe, molle fon-
gueufe, [naiflant de la doublèure de la peau, aux coftez de
la grande fente, ] & en partie charnue.
[Riolan a remarqué que le trou qui eft au milieu de ces
ailes , eftoit efgal à la mqitié de la grande fente aux
vierges.]
Leurs font les mefmes que ceux des carunculcs
myrtiformes : Elles ferueut auffi, afin que l’vrine paffe
entre- elles, comme entre des parois.
Les levres font deux, entre Icfquellcs eft la fente exter-
ne,8c elles ont des cminenccs qu on appelle les monticu¬
les de Venus , qui font couucrtes de poil, & font plus ap-
platies aux femmes. Cette partie eft appcllée proprement
la partie honteufe. Ce font des corps oblongs, mois
qui ont vne fubftance dételle nature qu’il n’y en a point
. defemt
Dm'V entre inferieur. 2op
Jè femblable en tout le corps , à fçauoir en partie de peau
^de chair, &. en partie glandulcufe & fpongicufe,fous
Jaquelle il y a de la graiiïe vn peu dure.
[La iointure inferieure des levreseft tendue, ferrée, &
coinmeligamenteufe aux vierges: Elle cftlafche en celles
qui ont efté depncelécs,raais beaucoup plus lafche en cel¬
les qui ont accouché. ]
Leur cft celuy que nous auons dit cy-dcflus.
GHAPIT-RE XXX VL
Des Membranes qui emelepent le Fœtus..
Nous auons expliqué tomes lespartiesqui feruentà ,
la génération. Mais parce que noftre delTein eft de
parler de toutes celles que Ton dcmonftre aux difleétions,
tl faut mettre en auant certaincschofes qui font conte¬
nues dans la matrice d’vne femme enceinte , comme font
Le Foetus dont la ftrudure n’eftpas.efloignée dVn
homme adulte, excepté les vnions des vaiffeaux du coeur,
dont nous parlerons au liure fuiuant jChap. 8. [&auffi à
l’cfgarddes vifccrcsqui font plus grands.]
, 1. Les membranes qui rcueftent le fœtus , qui le cou¬
vrent & l'cnuironnentjdont nous parlerons en ce Cha¬
pitre.
J. Lcsvaiflreaux.vmbilicaux qui feront le fujet du Cha¬
pitre fuiuant;
LesMcmbranes qui enuelopent le. Foctusdanslama-
uice, s’engendrent les premières , apres la conception,
pour enuironner comme vn rampartlaplus noble partie
oe la fcmencc, comme cela fc voità l’œil, mefmesdans
bs plus petits embryons , & fc prcuue par l’authoricé
prerquede tous.
La V ertu formatrice eft en la eau fe efficiente , & non pas
«feule chaleur de la matrice, quoy que nous voyons
d ailleurs que la chaleur fait vnecroufte àla bouillie, &
2 là Liure Premier i
efRcûnte au pain: Cari, fi la chaleur en cftoitlafeiilecaurcjlacroa.
£s mtm- fte feroit alors eftroitemenc & infeparablcment adhçrcn,
brunes dsi te âU fœtUS.
• 1. La chaleur de la matrice n eftpas fi grande qu’cllc
puifie endurcir la matière de la fcmcnce en fi peu de
temps, veu qu elles s'engendrent prefque incontinent
apres la conception. Et mefmes s’il y auoit vnc fi grande
chaleur dans la matrice , la conception ne fe pourroit pas
faire, comme enCcigncJfippocrate auliu.5. dcsAph.éz.
Diuerfes Nous eftimons que la partie plus crafTe de lafcmencc
ofiniomde de la femme en eftla matière. Les autres comme Armm
lu matière veulent qu’cllesfoient les productions des tuniques in-
des mtm- (gmes, le chorion du Péritoine &i'Amniosdclamem-
fœm ^ charnue. D’autres eftiment que la femcnce de la
‘ femme nefertqu alesfaire. Il y en a qui veulent quelles
fe forment auffi bien de la fcmencc de l’homme, que de
la femme.
Le nmht humain cft enueloppéde deux membranes, &
des mtm- celuy des beftes de trois , quife ioignans ôefe collansfî
hâves. cftroitement enfemblcjqu’ellcs fembïent n’en faire qu’v-
ne feule , forment rarricrc faix , que les Latins nomment
SccHndiMA ouSecutida,
I. Parce quelle eftla fécondé demeure du fœtus apres
la matrice.
a. Parce que cette membrane fort la féconde en l’acott^
çhement, ou après le fœtus.
Li première rmmî>ra»e fenommc^w»/w,àcaufcde fa
mollefle & tenuité , & par d'autres , peau d'agneau , par¬
chemin vierge, coëffe,chcmife , &c. C’eft la plus delicede
toutes , & aucc cela, blanche, molle, tranfparcnte , parfe-
méc d’vn petit nombre de petites veines & arteres, & qui
cmbralTe immediatemét le fœtus : [Elle cft prefque adhc^ j
renteau chorion, prés dulieu de placenta, àPcndroiCl 08
^ les vaifteaux vmbilicaux fortent du foetus , & quelques-
fhZeu”* ailleurs:]!! s’y trouuc abondance d’humeur dans
quieû dans nage le fœtus;Ellc vient aux beftes de kfuciir, ^
rAmniesî ^^xhommcs dckfucur&dcl’vrine. SonvÇagecft j
Du ventre inferieur. sir
I* Afinquclefœmsnageancdanscettchumeurjcom-
juc dans vn bain, foie moins pcfant.
X. Afin qu’il n’aillothcuitcr contre quelques parties
voifines plus dures.
y Afin que la membrane eftant rompue cnl’enfante-
ment, cette humeur venant à fortir , rende le paffage poly,
gliirânr,& aisé par le col de la matrice.
[Si l’enfant elt robufte,& fi l’enfantement fe fait heu-
reufement & promptement , à caufe que l’Amnios cft vn
peu ferrée à l’entour du col du fœtus, parles vaiiïeaux
vinbilicaux , les enfans viennent fouirent au monde auec
• vne partie de rAmnios,& on dit de ceux làqu’ils font nez
coéfFez. Spigelius cftirae que cela peut aulfiarrriucr quand
lamcrc& le foetus font foiblcs.] 9 * / , /
La fécondé memhane cù. appelléc le Chorie» t parce
quelle enuironne le fœtus comme vn cercle.
Celle cy embraflè immédiatement la première, & cft;
luffi allez déliée, [ finon que quelques fois elle deuienne
plus clpaiire& doublera l’endroit oùde placentaluy cft
adhèrent. Elle eft attachée 4c;t<HVséoftczi la rhàtricc par
beaucoup de filamens , & polie par dedans d'uéofté du
fœtus, & rude du collé qui’tbuche le placenta & la matri¬
ce.] Lcsvertocils ou les cotylédons qui sôtcompofczd'v- Qtgefi-ee
nefubftancc charnue &fpongieufe,luy font adhérents queiesco-
dans les belles. Mais aux hommes cette membrane eft ad- î
herentc àla matrice, par le moyend’Ÿhc certainf mafle de
chaitfronde & rougeallrc , (quielt prefqùc fa.hlfeùrs atta-
chéefculemcnt à la partie anterieure ôc fupericurc de la
raatricc , qui n’criucloppc pas le fœtus tout entier , & qui
cftcomposécd’vnç infinité de veines & d’ancres qui font
tifluës dansle fangrefpandu.
Gctte malTe ronde fç nomme Placenta ‘vferi, c’cftàdi- P Pî*efn-
le gafteau ou la tourte de la matrice , à caufe de fa figu-
JC’ On l’appelle aufll le foye dp la matrice, parce
‘exemple du foye, elle cuit le fang pour tout le corps: De gn l'apptHt
M>ne que l’on çrpit communément que cette mafle & fon
boute le fang pour la nourriture de tout le fœtus , bien
. Dd i)
Z 12. lÀure Premier^
qu’il y en ait d’autres qui cftiment auccplus de raifon
qu’elle fert d’appuy aux vailTeaux vmbilicaiix qui j’y
cftcndcnt&s’ycouchent.parpluficurs rameaux, comme
fur vn oreiller [Ce n’eft pas propremenr vn parenchyme,
maisreulemem vnfangprelquc coagule, puis qu’c tant
Îireirée&hume6lce ,cllere dilToiu fi aylément. i-lîceft
arged’vn pied, efpailTe de trois doigts au milieu, mais
moins cfpailTe anx cxcremitez
EUenaift de raffurion dufang aux vailTeaux vmbili.
eaux: Car on ne voitaucune trace du placenta , lors que
ces vailTeaux ne font pas formez deuant le trentième
iour. ]
l a troifiéme'eft l’allantoidc, qui n’cnuclopepas tout
Icfœtus, ma'S rcffemble à vne ceinture , ou bien à vue
faulciffe, ou à vn toudin , àcaufe de quoy les Grecs liiy
ont donné ce nom.
Sonvfitge aux belles eft de receuoir l’vrine dcl’oura-
que Car cnlhomme cette membrane ne fetrouiie pas,
maisl’Amnios y reçoit l’vrinc mefléeauee la fucut.[C’eft
poiirquoyjR/o//*»s’cllonnc que Sftgelms admette ncant-
moins 1 allantoide en l’hçmme, apr^ s auoir appris le con¬
traire de tant de célébrés Anatomiftes.]
CHAPITRE XXXVII.
Des yaijfeaujc ombilicaux.. ^
A Prés qu’on a difleque & ofté les mcmibrancs, les
vailTeaux vmbilicaux fe prefentenr , qui font ainfi
nommez, parce qu’aprés que le foetus eft dehors, & qu o''
a poiilTé vn peu le lang pour fa nourriture, onles coiippc
en la région vmbibcalc, & cftans notiez, fonilc»«i»W
QVei? ce que les Lqtins ont appelle de qui
que Le nom- Ic milieu di’Viîdiouclier , parce qu’il eft au milieu du ven-
trc,& mcfmes de tour le corps les bras eftendus , fi nous
lirons vn cercle à Tentour de luy.
T)u ventre inferieur. i 1 3
Or il y a quatre vaifleaux vmbilicaux , vne veine , deux
artères, &-l’Ouraque.
Ils {ont couuerts d’vne certaine membrane ou croufte
commune, que quelques vns appellent lé petit boyau, le
cordon, le lien, &:c, [qui n’cnueloppe pas feulement tous
les vaiifeaux mais les fepare les vns des autres.]
L’vf^geàectxxt tunique eftd’empefcher que les vaif-
feaux ne s’entrelalTcnt , ne fe rompent, & nefoientof-
fencez en quelque autre maniéré.
La veine vrabilicale[qui cft beaucoup plus grande que
rartere,]&: qui fetrainc entre les deux membranes du Pé¬
ritoine, cft produite deuant toutes les veines, & ache-
uée la première, parce qu elle deuoit fournir la nourritu¬
re aux autres.
Elle s’infere au foye par'lafifTurc , & s’eftend par le
nombril quelquesfoisfeul.d’autrcsfois doublet diui-
fée en deux ram.caux de la longueur de quelques aulnes
iufques au gafteau de la matrice. [Car elle va du nombril
fur la poitrine, & de-U fc trainant obliquement par la
partie gauche du gofier &du col, & fe deftouriiant vers
le derrière de la tcfte,par le milieu du front , va fe rendre
infenfiblement au placenta, ]& en chemin elle rcfpand
vne infinité de rameaux dans Parriere faix, iufques à ce
quelle fe termine en des capillamcns fort déliez.
Son v/age cft de puüer le fang poui la nutrition du fœ¬
tus, & de le porter au foye.
Cette veine cft remplie de quelques nœuds , [qui ne
font autre chofe que la membrane charnue meime. fe
trouuantencét endroit là plus efpailTc &mafliue,]afin
que le lang y foit plus long temps clabouré, comme nous
remarquons la mefrae chofe aux vaifteaux fpermatiques,
[& afin auffî que les vaiflcaux en foient plus forts.]
Les fages- femmes tirent du nombre de ces nœuds des
conicdurcs pour le nombre des enfans qu’on doit auoir.
[Elles difent aiiflTi qu’on aura fille fi le fécond nœud eft
blanc , ôr vn garçon s’il cft rouge. Ce foht des contes qui
ft’ont point de fondemént, puis que le nombre des nœuds
D d li) au nom-
21}
Dit Ofen tre inferkur.
Explication de la Figuré,
Lafîgiirc explique les vaifleaux vmbilicaux, &lesmèm-
braaes ou cnueloppes dtifcEtus.
A. ysntufcles de l’Abdothen , le Péritoine Ia feau aujfi
couppee en croix retirée en arrtere,
B. le foje du fœms qui paroifi eminent par fa partie qoh-
uexe-
C. la vefsie de tvrine.
D- la fijptre du fèj/e ^ oà entre la veine vmhilicale.
la veine vmbilieale.
Y. deux artères vmbilicales qui vont en bas vers lesarterei
Iliaques.
G. (Ouraque qui fort du fonds de la vefsie.
H. comment les vaijfeaux vmbtlicaux font vnis hors du
corps du fœtus.
I. la membrane qui ènueloppe les vaifeaux vmhilicaux hors
du ventre..
K> les inteflins du fœtus.
L. les vaijfeaux vmbilicaux ejlendus depuis le chorion,iuf-
ques au fœtuSi longs (ér entortille'^comme vne corde,
M. le lieu OH les rameaux des vaijfeaux vmbilicaux sajfem-
blent premièrement pour faire dés troncs.
N. le rameau de la veine vmbilicale qui efi efpandu dans
legajleaude chairdu chorion.
O. le rameau detartere Vmbilicale.
laionlîion de la veine & de fartere vmbilicale efparfe
dans le placenta.
extremiteT^des erifees des veines dr des arteées vm-
bilicalesy qui aboutijfent a la circonférence du placenta
du chorion.
le chorion.
aa-nôbrildu dernici fœtus, eft pareil âccluy du premier.]
Les deux arteres vont s’infeuer auxiliaques , & accom-
2,i6 Liure Premier^
pagnentla veine de la façomquenous auons dite, pouj
porter au fœtus l’efpnc vital auec le fangarteriel. Les ta.
meaux des veines & des artcres, feioigncnt le plus fon.
Anxpmo^ uent par des anaftomofes dans le gafteau de chair, [Mais
fes. les artères ne fc ioignent pas à celles de la matrice, comme
^rantius l’a obferué.]
Or ces vailTeaux après renfantement degencrent en li.
, gamens, à fçauoir la veine en celuy du foyc , & les artères
enceux qui font aux codez delà veflîe. Ils ne font pas de
fl grande importance, qu’eftans rompus ou coupez, ils
caufent vne mort fubite, comme quelques-vns cftiment,
du nombre defquels eft Du Laurens , fur le rapport d’vne
hit oire quon doit tenir pour vne fable. Caron dit que
Lucànjtdt- les Egyptiens efcorchent les voleurs dans le fupplice, fans
vntion du toucher au nombril, afin qu’ils fouffrent plus long temps.
'n'^sipts de quauflî toft qu’il cll coupc , les quatre vaif-
grmde\m- fcaux.venans à tomber, la mort s’en enfuit.
fmmee. Le e^natriéme vaiflèau eft l'ourai^ue la moitié plus petit ;
que l’artere. Il eft compofé de deux parties, dont l’vnc
qui eft interne & nerueufe, vient de la tunique interne de
la veflie, & l’autre externe & plus membraheuTc, de l’cx-
terieure. Ce vaiflèau qui fort du fonds de la veflie , ji’eft
pas de mefme façon aux hommes qu’aux beftes. .
Il fc porte aux hfieshoïs du nombril entre deux artè¬
res, &s’cftcnd enfin pour faire la tunique allantoide, où
s’alfemble & fe garde l'vrine , iufque.sà ce que le fœtus
vienne au monde, d’où vient que ce vaiflèau eft appcllé
ouraque , ou vaiflèau de l'vrine.
Mais en l’homme i. il ne fort pas du nômbril , & ne
fait pas par confequent la tunique allantoide. D’où vient
que le fœtus humain n’a que deux membranes feule¬
ment.
VOuratiue L’Ouraque n’eft pas percé, [comme les expériences
n'efijas de Carpus, d'Arantius , de Cortefus , & de Riolan en font
fené en foy, bien (\\x A^Hafendeme & Spigelius tafehent de pet-
ommt. Jg contraire, j C’eft vu coidon ou ligament qui at¬
tache la veflie au Péritoine , & qui l’y fouftient , afin que
quand
Du nj entre inferleuf, iij
ijuand elle cft pleine, foncolnc puiffe cftre comprimé.
^ous ne voulons pas pourtant nier que eek ne fcfafle
aulTi par le moyen des arteres.
j/ais le foetus humain rend l’vrinc parla verge dans
tAmnios; d’ou vient aufli cette grande abondance d'hu- •
meutr dont la plus grande parteft aufli retenue dans la
veifie;Ceft pour cette caufe que les enfanspiffcntprcf.
que continuellement durant les premiers iours.
a voulu qne toute IVrine elloic contenue dans la
veflîe iufques àTenfantement.
Aquapendente j Sfiaelius , & prefque tous les autres, ont
cftimé que l’vrine fortoit par louraque, & qu’elle s a-
maflbit entre Tamnios l’allantoide, comme aux belles.
D« Lattrens défend opiniaftrcmenc cette opinion , & Erreur de
apporte les exemples de quelqu es -vns., qui en la fuppref- Ij.
fiondVrine, l’ont rendue parle nombril.
Mais on peut refpondre que celaarriuc contre l’ordre de*
lanature, félon l’opinion de plufieurs , que la veine vm-
bilicâles’eftouuerte aux bydropiques contre nature, &
que l’humeur en eftfortie.D» Lanrens aduouéluy-mef-
rae que les quatre vailTeaux vmbilicaux dcgencrent en lî-
gamens. 11 a certes, raifon ,, puis que nous voyons qu’ils
fcfeichcnt. Comment donc fe pourroienuils ouurir , fi
ce n’cft contre nature? ^
|[Ccs quatre vailTeaux .alîans du nôbril au placenta, s’en¬
tortillent de lamefmc façon qu’vn alTez grand cordon
qui eft fait de plufieurs petits.La nature Ta ainli ordonné,
afin que le raouuement düfang ncfull cmpefchépar co
chemin tortueux que font les vaillèaux vmbilicaux , que
nous auons defctit.Or parce que le fang paroill côme liui-
dc,à trauers la veine, & non pas àtrauers les arteres ou
l’oaraque,darriue que s’entortillans cnfemble,le nombril
paroill en quelqueslieux, comme parfeméde taches.
La, longueur du nombril cil dans le fœtus parfait de
îrois empans, en partie , afin que le mouuememfoitplus
31SC, & en partie pour la préparation du fang.
«ffai£sur eft d’vn doigt, pour fortifier les vailTeaux.],
. . Ee'
QhjIÎ ce
qufïe ven¬
tre mttyerJ
Figure.
Grandeur.
Sulflattct,
•21 5 Liiire Second,
LIVRE SECOND,
Du Ventre moyen.
'^Ventre moyen qu'on nomme le Thorax^
eft totuc ce qui eft enuironné des clauicules
par hautjdu diaphragme pas bas, du fternoa
par deuant , des os du dos par derrière, &
des coftes par l,cs codez. •
La partie anterieure ed appellce .Jrerww Ôdapoidiri.
ne.,* la poftcrieurc, le dosi& les latérales, les codez.
Maisles anciens, comme Mippoeme , Ariftote , &c. ont
compris fous le nom de Thorax, tout ce qui ed depuis les
clauicules , iufques aux parties honteufes, c’ed adiré, le
ventre moyen .& l'inferieur. En ce Cens Hippocrate a eu
raifon de dire , que le foye ed placé dans le Thorax. Ce
que quelques ignorans n entendans pas,on dit cjyi Hippo¬
crate nefçauoit pas l’Anatomie.
( Sa Figure ed en quelque façon ouaie , Hippocrate I»
compare à vne tortue. Elle eden l’homme large par de-
uanc, & plate par derrière.
Sa. grandeur çCi diüede félon les diuers degrez de cha¬
leur, car nous pouuons connoidrela chaleur du ceeur par
la grandeur du Thorax.]
Sa fuhfiame externe ed en partie offeufe, & cn partie
charnue.
Ce ventre n’ed pas tout charnu , comme l’inferieur.
1. Parce quM ne contient pas des parties , <Jui ayen*
befoin de s’edendre beaucoup.
1. Afin qu’il ne s’y engendre pas trop de graiire»&
quelle n’empefthe la iclpiration.
Du Thorax. üp
Il eftncanttnoins charnu en partie, parce qu'irconticnc
^cs parties qui doiuent fc mouuoir, comme le cœur & les
poulmons, & pour cetrecaufc
^ llnedeuoitpas eftrc tout olTeiix , comme le crâne. Ce
que CW4»rapportc au liure i. delà fubtil: pag. 4.58. du
luien , d’vn homme à qui on trouua vn os continu depuis
le eofier iufqaes aux iks , au lieu des coftes, eft extraor¬
dinaire.
Il eft’ toutes- fois-CH partie. oiTeux pourlîfdefFence des
parties nobles*
^ Cai fon vfage t^èit contenir les patties'vitaîés, comme
celuy du ventre moyén &in£crieur, eft de contenir les
naturelles.
Les parties qui lé compofent , font ou contenantes Ou '^anUt.
contenues, & celles-là ou Commûn'es ou propres.
Les commîmes font les mermes qui font au ventre infe- ctmnms,
rieur , aufqitellesuous pouuons remarquer ces particula-
ritez. - ^
La peau du ventre moyen eft veluë fous les ailTelIes* L’vfagt
€es poils font nommez, fous-âxillâires. Ilsferucnt pour fotls
empefeher que ces parties ne fe frayent par les mouue-
mens des bras, parce qu’elles fuent beaucoup Seprom-
ptement. Auffi lés appelle- on les emondoires du cœur, .
dont elles reçoiuent lescxcremens, comme les aines le
fontdufoye.
loint qu’il n’y a pas tant de graillfe au Thorax, excepté Voar^my
aux iùaramelles,afin qu’elle n’empefche la refpiration par
ftpefanteur. Car àcaufedefa partie ofleufe, là matière de
la graille n’a peu y venir en fi grande abondance , comme ^
au ventre inferieur qui eft tout de chair, d’où vient qu’il
eft toüfiours fort gras ; le ventre moyen i’eft mediocre-
n^enr, & U telle point du tout. [Or la graiffe qui eft ailleurs
blanche , paroift vn peu plus iaune au Thorax.]
Les parties propres outre les .mufelcs , les os , Ôcc. font j^arties
hs mammelLes de l’vn & l’autre fexe , le diaphragme > la pie- propres.
5 le mediafiin.
(ont^Jes vifieres cfr les vaijfeaux. Les vif'-
£ c ij
il O Llure Second J
font le cœur auccfon péricarde, le pouîmoHi &vnç
portion de la trachee artere & de rosfophage. Les vaijfeaux
l'ont les rameaux de la veine caue , & de hgrande artere^
fouftenus au goficr par la fagoue j & diuers nerfs,
CHAPITRE I.
Des t^ammeües.
voyet la T anatomiquc nous oblige après auoir difeoura
figure X-/de la dilTedion du ventre , de venir à celle des matn-
17 1. melles, qui fe prefentent les premières au Thorax. Or
nous parlerons de celles des femmes, & obfcruerons auf.
fi leur différence daucc celles des hommes.
Psurquey La ftuation des mammelles eft au milieu de la poiftrinc,
les mar»' [au deffus du mufclc pedoral qui meine Tcfpaule en de-
mellee font ]
? la /wVH- ^ voifinage du cœur, d’où vient la chaleur.
„e i a. Pour la bonne grâce.
3. Afin que l’enfant puifTe tetter plus commodément,
qui ne pouuant pas marcher incontinent comme les bc-
ftes, a befoin que fa merc le prenant entre les bras , l’ap¬
proche de fes mammelles.
Elles font deux en nombre^riovi pas , comme quelques,
yns on dit,à caufe des gemeaux , mais afin que l’vne eftant
offcncée^l’autre puifle faire fa fondiô. [Encore que
rapporte des truyes, qu’elles doiuent faire autant de
cochons qu’elles ont de mammclles.^.yx/<<«t ncantmoins
en a remarqué trois en vnc certaine femmejà rçauoir,dcux
aucoftégauche,& vnau droiâ:.]C4^r<?/enaobfcruèqua-
treenvne autre, deux de chaque codé.
tSrMndeur. Pour Ieurjrr4«de»r5à peine voit-on aux petites filles au¬
tre chofe que les mammellons ,iufi[ucs à ce qu’elles croif-
fcntinrenfiblement,àla grofleur &à la figure des pom¬
mes 5 & lors qu’elles font venues à la hauteur de deux
doigts, les mois commencent à couler. Elles fleftriffe»'
Explication de la Figure*
Elle monftee rAfpre Artère & les parties
qui luy font attachées.
A. t orifice de U grande artere retranche' dn cceur^ delà-
{juellenaijfent lesarteres coronales-
B. le tronc defeendant de l’aorte
C. (artere axillaire gauche
"D. le tronc afeendant de l'aorte»
E. (artere axillaire droite
F. (artere carotide droite.
G. (artere carotide gauche.
H- le tronc de (afpre artere yen la^u^lle on voit manife-
fiement des anneaux cartilagineux fepareT^jar des effa¬
ces membraneux.
I. le rameau droit del'ajpre artere^, e ù il ef reprefenté com¬
me ilfediuifeau poulmon en plufieurs parties qui font
plus greffes au commencement.
K. le rameau gauche de (afpre artere y OH le larynx, ^prin-^
cipalement le cartilage tyreide.
M . M . les glandes qui font à la racine du larynx.
N. O. les nerfs recurrens.
P. le Retour du nerf récurrent droit vers (artere axillaire
droite.
l^ nerf récurrent droit.
R. le retour du nerf récurrent gauche Vers le tronc defcen.1
Cendant de (aorte.
S . S. le nerf récurrent gauche.
T . / Epiglotte efi icy drejfee , mais en la déglutition elle ferme
la petite fente du larynx.
Du Thorax» iii
J,i,x vieilles , de forte qu’il ne paroift prefqüe rien que les
jn RI mêlions, la grailTe & les glandes en cftansconfu-
mees. „ , „
Elles enflent dauantage aux femmes, & croisent de
plus en plus àeellcs qui font enceintes [pendantles der¬
niers mois.]
V. Celles des hommes ne font pas fi cfleuées que celles luilprêfe
^esfcmmes,parce qu’ils ne font pasdeftinez parla natu-
re à faire ordinairement dulaiâ:. [Mais il n’eut pas efte
conuenablequeleshornmcseneuflenteftépriuezjàcaufe ”
dcrégalitc de l’cfpece.]C’eft pourquoy leurs mammelles
n’ont prcfque point dé glandes. La grailTc neàntmoins
quieftdeflbus en ceux qui font gras, les fait haufler . [Les
mammelles des femmes du Royaume de Senega ,pen-
dcntiufquesau ventrei Etondit qu’en l’Ifle d’Arnabon,
îcsfemmeslesreiettentfurle dos.]
Lent fignre eft prefque ronde, & reprefente prcfque vn F/f
demy globe. Mais elles pendent en quelques- vnes, à cau-
fsde leur trop grande pefanteur.
La mammelle fc diuife en mammelon, àc en la m4ntmel-' Vurtitt.
le mefme. Car on void au milieu de la mammelle, vne fub-
ftance particulière, [qui fclonfaduis de Rtol4»,eAh peau
redoublée, ] qu’on nomme
Le MAMMELLON,quiefl:fongueux, &quireflcmbleD’tfflf vient
au gland de la verge : C’eft pourquoy il fe fleftrit & releue fentimët
parlcfuccement, &enle nianiant.il alcfentimentfort
vif, parce qu’il eft comme le centre où viennent aboutir
les extremitez des nerfs, des artères, & des veines.
^ [ Il y a vn mammellon de chaque cofté. Hollier a veu
deux manamellonsen vne mammelle qui rendoient du
laid. ]
Il eft rouge aux vierges , plus liuidc & plus gros , à caufe
delafuébipn de renfant,aux nourrices, &plus noir en
celles qui ne font plus d’enfans.
Il eft enuironné d’vn cercle que les Latins appellent
Areola , qui eft pafle aux vierges , obfcur aux femmes en-
^c»itcs, & aux nourrices , &: noir aux vieilles.
B “i
2,11 JJurre Second, ' ^
Il eft percé au milieu pour la fortic du laift : car :
Sonvfage eft, afin qu’il foit mis à la bouche deren^
fant , comme vn canal ou entonnoir, par le moyen du,
quel il puifTefuccer lelaift,.& afin aufli qu’en receuant
quelque chatouillement , les nourrices (oient incitées
à donner plus fouuent & plus volontiers la raammellc ^
l’enfant. {|P
La mammellé eft compofée par dedans dé membranes,
de vailTeaux , de glandes, ou pluftoft de corps glânduléiix.
& de graifte. Ces deux dernières, qui font les principales
parties des mammclles, font entte la membrane & U,
■peau.
Or la [charnue] attache là fubftance glandti^
ifeufe qu’elle enuirGlinc aux mufcles quifont délTus.
Les font en gii»nd nombre : Elles font plus du¬
res aux vieirges, confumées aux vieilles, & plus enfltcs,
en celles qui font enceintes , & aux nourrices. Il y en a
ncantmoins'weg.rande fous le mammellon, que d’au¬
tres moindres enuironnent, & qui eft entretiiruëdevaif-.
^ féaux enlaftez,
V^mvfagetÇtàc conuertir le fangenlàift,dedonner;
dclachaleuràla graifte qui eft alentour, & de rendre les.
mammelles efgales [D’où vient qu’elles font lafches
pendantes en celles à qui la maladie oul’aage i’4 cou-
fumée. ],
Quant à leurs les mammcîlés reçoiuent les
veines cutanées & externes de l’axillaire, [qu’on nomme
Thoraciques fuperieuresjjqui paroiftcntlbuuentliuides
aux femmes enceintes, & aux nourrices: Et lés internes.,
dites mammaires , qui font vn long chemin, afin que le
fangpuift'ceftrepius long temps elabouré,qui defeen-
dent des deux coftez jl’vne du tronc de la veine axillaire
mamaires. fousl’osde la poiétrine iufques aux glandes des mam¬
melles. Il y en a d’autres, dont nous auons parlé cy*deftus, .
qui montans par les mufcles droits, viennent à larencon-
trede celles-cy, afin que les mammelles ayentfymp^his
aucc la mauice.jD’où vient que l'enfant eftantné jlcfâng,
Du Thorax, " 2,1^
•iic feporte plus âla matnce : mais aux ma.nmelicî , & le Pottrquoy
change en lai£t. Ceft pour cela que les nourrices outra-
rement leurs purgati ons, & que par vnetro^ gràndefu-
ûion de l’enfant^ , le fang fort des mammelles. On a
niefmes remarqué que les mois ont coulé par les mam-
melles, & le laiâ: par la matrice ; Ce qui toutesfeis arriuc
rarement.
[ Profper Martiams SC Petr.Cafieïïustknncmpomàc-
fendre Hippocrate , comme ils eftiment, que le fang ne va
pas delà matrice auxmammclles, mais que le chyle y eft
porté immédiatement du ventricülcjqui n’eft autre chofe
félon eux, que dulaiâ-. Mais cette opinion cft, ce mefem-
ble, difficile à fouftenir.i.Paiee qu’il n’y a aucuns chemins
iconucnables du ventricule aux mammelles , au moins
nous ne les auons pas remarquez : Car pour les porofitez,
dontle corps eft tout percé, elles font trop effiroites pour
donner pâfîage au chyle quieftgroflîer, ôcquia cubefoin
dâs le mefencere, des grands vailTeaux des veines laélées.
Il cft vray que les efprits qui font fu^tils , les vapeurs dé¬
liées , &les fuliginofitez pénétrent le^s pores , mais non
pas le chyle ny le fang , car autrement la nature auroit fait
envaindesvailTeaux. 1. L’enfant qui eftaccouftumé au
fang dans la matricc,ne fe nourriroit pas bien d'vne vian¬
de crue., 3. Quelle reponfe folide apporterons-nous fur
ce (]üc dit Hippocrate: celles ont point le/trs purgations,
&c. 4. FVaUm raifonne ainfi : Quand les vaches man¬
gent l’herbe après le foin , ou le foin apres l’herbe , elles
«échangent pas entièrement la conftitution ou la cou¬
leur du laid , ny du beurre, mais clics changent bien au
premier iour lechyle,8clc fang plus tard: C’eft pour-
quoy ce changement dc laid vient, non pas du chyle;:
mais du fang ]
Les arteres viennent du tronc fupericur de la grande
artere , [& des rameaux fous-claiiiers fe ioignent auec
les arteres epigaftriques , de la mefrae façon que nous
fuons ditdes veines. ]
Les viennent des thoraniques ,& principalement
224 Liure Second,
du cinquiémCjqui finiffentau mameilon, & donnent le
fentiment.
[Les mammeUes ont outre ces vaifleaux, des tujAUit
blancs, qui naifl'ent de toutlc circuit de la partie infcricu.
re,qui s’cftrcfli(îanstoufiours,s’aflcmblcntau centre des
mammellcsjoùlc laideft gardé pour l’vfage-, après qu’d
eft acheué. ]
Leur-yy^^ecfti. tant aux hommesqu aux femmes, de
defîendre le cœur. [D’où vient que la nature a muny ceux
qui font trop froids, de plus grandes mammelles. Etquoy;
quelemufcîe pedoral férue àcét vfage, comme remar,
que on ne doit pas nier que les mammellons n’y
feruent aulîi, puisque les nobles parties ont befoin de
grartde deffenee. ] z. Elles feruêt aux fëmmes à la généra,
non du laid pour la nourriture de l’enfant qui eft né , qui
s’eftant nourty de fangdans la matrice, fe nourrit après de-
laid , qui n’eft autre chofc'qu’vn fang blanchy, [De façon
qu’il femble , comme^it Platon, queTa nature aye trompé
les animaux, leur donnant du laid qui eft blanc, au lien
de fang qui eftrougç. C’cftpourquoy les Allobroges def. .
fendirent autresfois à leurs Prcftrcs,l'vfage du fang & du-
laid.] ^ .
La caufe efficiente du laid eft cette chair glanduleufe des
. mammelles qui eft fans femblable au refte du corps. Elle
le fait, tant par vne vertu particulière defafubftancc,qu’à
raifon de fon tempérament. [A. Gellius 1. ii. chap. i. a
creu que fa blancheur venoit de l’abondance de la cha¬
leur &: des efprits. Mais nous croirions pluftoft quelle
vient de ce qu’il eft aflimilé aux mammelles qui font
blanches.]
,m, ‘Zl C’cftpourqaoy Tes vierges & les femmes qui ne font
venir hhx pas enceintes , peuuent auoir quelquesfois du laid ( bien
cela arriue rarement) [Selon roblcruationde Boàin
homes, aux dans foti Theatre de la nature, de hachimus Catnerarm
ne Tant F* . SchenckjHs , de P, Cafiellusàt Angela de Mclfine,
enceintes!' ^ l^ega d’vne fille de Bruge,
&d autres Autheurs, J fi leurs mammeUcs font pleines
de beau-
Du Tloorax. 22$
beaucoup àt fang fpiritueux» & fi leurs purgations
font arrcftées: C^r la fubftance glanduleufc y cuit plus
flu’dn’eftpasuccelTaire pour la nourriture’ de la femme.
jl s’engendre mefmcs quclquesfois vne humeur ladée,
^ comme du laid en ceux qui font chargea de chair, &
bien pourucus de mammcllcs, fur tout s’ils les frottent
^ lesfont fùcc^r fouucnt , comme les exemples de plii-
fieurslemonftrent. ^rifiete efent d’vn certain bouc en
pemnos qui rendit du laid en fi grande abondancej
qu’on en fit des caillez MatthioleSiïïeüiLe, qu’onatrouué
trois boucs en diuçrs lieux de Boheme,dontontiradu
laid qui fetuit à la guerifon des. Epileptiques. [0n a veu
des hommes qui faifoient fortir de leurs mammelleTTifOs
laiden abondance. dit qu’on a. tiré d’vn hom¬
me autant de laid qu’il en faut pour faire vn fromage.
C. Scheackius tic&mc dc Laurtns a gardé beau*-
coup de laid depuis fa icunefle iulques à 50. ans.
[mr FvaUus aveu vn Flamandqui à l’aagedc 40. ansj
faifoit fortir de ces grandes mammelles , abondance de
laid: A Bmediüm rapporte qii’vn pcrc a donne'â tetter â 5
fon enfant. Mkohas Gemmât Fefale, M- DonÂtus,
fende»te, H. Eftgukius Bmricelltts y tefmoigncnt lamc^
me chofe, &] Cardan en a veu vn aagé de trente & quaj;re
ans, des. mammelles duquel il forrit tantiie laid, qu’il
«doit fuffifant pour nourrir vn enfant.* On dit que pres¬
que tous les hommes du.nouueau monde, ont beaucoup
delâid. [Or le laid des hommes ed véritablement laidi
puis qu’il nourrit les enfans comme ccluy des femmes.
III. Les mammelles des femmes feruent à lcui>orne-
>ïient,,& auxdelices dei’homme.]
IV. Elles sôt enfin deûinécs pour reccuoir l’humeur cxr
eteméteufe. Ceft pourquoy les mamelles eftas couppées,
femmes tôbcni endiuerlés maladies, parcequcle fang
qui mon tc,n’ayât point de vai (Féaux, fe letre fur les parties
principales, le cœur.les poulmôs,&c.[le pcnfequele vio-
lent exercice, militaire que les Amazones faifoiét iadis, ait
^iiipefchc qu’elles nefoict pas tôbécs en cét incôuenisi. ]
V6ycz U
figure,
Nombre.
Erreur des
Mires,
CHAPITRE II.
pes tMufdes intercojîauxi
NOUS expliquerons diuers mufclcs quife prefentent
au Thorax, au quatriefme liure , pour fuiurc l’ordre
deladiCeétion. Maisnous fommes obligez de parler icy
de ceux qu’on appelle intercoftaux , parce qu’ils fontciu
U'clescoftes.
Ily en,a quarante & quatre [tous charnus, jifçauoit
vingt de deux de chaque cofté, onze externes ,& autant
d’internes. Car il y a toüfiours entre deux coftès,deux
mufcleSjl'vnfurTautre. Ilya onze efpaces entre lesco-
‘ftes de chaque codé. D’autres en eôptent 68. fans raifon,
Car ils ont pris pour des mufcles diuers,ccux qui font en.
’tre les parties oflfeufes , dans les efpaces des vrayes codes,
de ceux qui fe trouuent entre les parties cartilagincufes.
Les txtemes naiflènt des parties inferieures des coftes
Supérieures, & [ defeendans obliquement vers le derrie-
ce ,] s’inferent aux parties fupcrieurcs descoftes infericB.
4;cs. Les internes au contraire.
Les finilïènt aux cartilages. L,es internes icm-
plHTentles efpaces des cottes & des cartilages.
Ils ont des fibres obliques qui s’entrecoupent comme
ia lettre X. parce que ces mufcles font cftroits,à caufe que
les efpaces le font auffi.
[Us ont diuevs vailTcaux : les de l’Azygos & de
Tintercoftalcfupetieure.Lesiir^fw des deux intercoft»'
des ; les nerfs de la fixiéme paire. ]
Lexxtvfage eft de dilater & de refferrer le Thorax : les
cxtcrnesfuiucntrattraâiondu fouf clauicr, & en haut-
fantlescoftcs & retterrant le T horax,ferucnt à l’expira-
lion : les internes tirent lescottes en dehors,& en dilatant
le Thorax, caufent l’infpiration.
(^clqucs-vns crqyent zwec Fe/ale que les mufclc?
Du Thorax, iiy
externes pouffent en haut les coftes inferieures, & que
les internes trainent en bas lesfupcrieurcs, afin qu en re-
(Ireffiffant le Thorax , ils s’cntre-fecourcnt. Mais il faut
dire pluftoft que les externes agiffent feparément,fans que'
les internes fc mcuuenc.
CHAPITRE HL
Dtp Diaphragmer
Le Diaphragme eft ainfi appelle' par ïcs
Grecs d’vn mot qui fignifie feparer , & par les La- Uduî
tins pracordia. Les Grecs le nomment auffi PhreneSiŸ^t- phrsgmgi.
ce queftant blcflfé, lame & les fensen font troublez, à;
caufe de la fyrapathic qu’a cette particauecle cerucau, &
qu’eftât cnflammé.il caufe vneefpecc de phrcncfic, qu'on
nomme Pdraphrenitis. D’autres l’appellent Septum trân/^
uerfumÀ cpo*i\ diuifele corps tranfuerfalcment, &
fepareleventre moyen de l’inferieur. Orc’cft vn mufcle
particulier qui a la figure & ladion differente de celle de
tous les autresi
Sa fituAtioH eft tranfuerfe & oblique , parce qu’il pan-
chevnpaucnbas.
Sa eft circulaire & ronde, excepté fes longues y.
ptodudions.
Gc mufcle eft vniqueen nombre ^ commun aux deux
coftez , mais fort grand.
Sa eft proportionnée à la capacité tranfuerfe Grandtur.
de la partie inferieure du Thorax , qui eft entre les vertè¬
bres inferieures du dos & les coftes.
Caril femble qu’il des vertèbres des lombes par l» ujle
deux parties charnues aflczlongucs ( qui font adhérentes l* fi» d»
coftczde la grande artere, deuenans peu à peu plus
^«ges,& s’vnifsêtprés des vertèbres inferieures du meta-
pbréne.làoùce mufcle commence à fc rendre circulaire)
^ eft tendu à l’cntour du Thorax , eftant attaché aux der-
Ff ij nicres
Du Thorax^,
229
Explication de la Figure.
Xa , première figure reprcfcntc le Diaphragme dans le
£orps,& l'autre hors du'eorps. Elles ont deslettres
communes, s’il n’cftmarquc autrement.
X I • /<? dentelé.
X. 1. m. n ^ U partie nerueufe du diaphragme'. Et ee ejui en-
fiironne extérieurement ces charade res, ^ ejl en¬
tre tijpt defibres,efi la partie charnue dn diaphragme.
O, p.i- deux produlhens du diaphragme .
q. la diuifton du diaphragme, par oà, page la grande artere.
r. le trou gauche du diaphragme qut donne pagage à teefo-
phage.
Lie trou droiél pour donner pagage k la veine caue afcen~
dante.
t.i. lemufcle pfoas.
U. U le neufiéme mufcle de ceux qui meuuentle dos.
rsierescoftespar la partie charnue. Qroyqu’oppoùsroit
peut eftreauec plus de raifon mettre Ion principe en tou.,
te la circonférence. [Or parce qu'il n’a peu cftte attaché a
l'onziefmcvertebrc, à caufe de la grande artere,,& du
principe du mufcle lombaire, il s’inferc fortement aux
vettebres des lombes par fes deux petites appendices.]
Sa fubfiance cft charnu«, nerueufe & membraneufe au Oubliante.
milieu, où paroift le rmre membraneux , & comme vn
cercle nerueux en lieu de tendon , où les fibres charnues
fe vont rendre de la circonférence du T horax , comme au
centre.
Galien\cp3Àe^lk fuiuy de SjluiuSi à* uiquapendente & de
vouluqucle milieu dmdiaphragmefoit la te-
ite du mufcle , parce que les nerfs s’y infèrent. 11 ne faut
pas s’eftonner fi ce mufcle a cela de particulier , puis
quefa fuuation , fon aélion, fa figure & fon excellence
^ côüiennent qu’à luy fcul. [Il faut icy remarquer queles
Uar» Second^
playcs delà partie nerueufe du diaphragme, font tnor:
telles , & r»on pas celles de la charnue ; tant parce que |ç*
parties nerueufes y font offencées , qu’à caufe quele pg,
ricarde & le foye font adhérents à ce centre. ^ *
^viemhrmt. Ileftcouuertd’vne »»fw^r<*»edouble,pourluy donner
plus de force, l’vnefupericure quivientdc laplcvre, &
l’autre inferieure du péritoine. Ilaauffivne tunique pro.
pre deliée.
Tro«/. lia des nmi , l’vn à droite , au milieu^ de la partie
nerueufe, pour lepaffagcde la veine caue \ l’autre à gau.
chc, plus grand , & vn peu plus en dèrrierc , pour ccluy
de rœfophagc, & des deux nerfs qui vont à l’cftomach!
Onvoitlàoùil commence vnc diuifion pourlc paffage
de la grande artere, & de la veine azygos.
v*i^tmx. Q^ant à fes vaifeMux , il reçoit les veines & lès artères
qu’on appelle phréniques, de la veine caue, & delà-
grande artere qui font voilînes , & quclquesfois aufli de
radipeufe .
Les nerfs viennent de la moelle efpiniere du coi entre
îaquatriéme&: cinquième vertébré s’cfpâdre partoutefa
fubftance tCequiluy eft propre, & ne conuient pas aux
autres parties internes, qui sot les clauiculcs> [parce que,
fuiuantla coniefture de C. Hofmdanust U ne dcxxoii pas
eftrcexpofé aux coups dedehors, afin que nofire vie ne
futpascnnoftrcpuiffance. ]Orilsfe portent parlacaui.
té du Thorax, & font fouftenus par Ic mediaftin.Et parce
que les nerfs du diaphragme donnent des petits rameaux
aux mafchoircs & aux lèvres , quand le diaphragme re-
Ld çoit quelque coup , ilcaufc , non pas vn véritable ris,
qu’on nomme Sardonicn , parce que les muf-
Urdonien. mcfinc temps, & les mafchoi¬
rcs cftans agitées auec les lèvres, le ris s’enfuit.
Comment Son vfag« cfti. d’aider à la rcfpiration libre: caries
/»/*/> U mufcles du Thorax fccuent àia violente. Orlcdiaphrag-
me fc tend enl’infpiration ,&ferclafche en l'cxpiratiofi,
contre l’opinion d’^r4»^/#« & de DK Lmrens aufli, qui
veut que le diaphragme contre l’ordre des autres mufclev.
Du Thorax, 251
tire vers fa fin, que les fibres qui viennent de la circonfé¬
rence du Thorax, s cftrcffiirentefgaletncnt , & que les co¬
lles foient tirées vers le cercle nerueux, la refpirationfc
faifantpar ce moyen. Mais comment pourroit le centre
membraneux du diaphragme tirer à foy les coftes , & ref-
lercr tout le Thorax, [fînon peut- eftre àcaufequil eftat-
taché au mediaftinî
U An VJ^aIUhs a remarqué au diaphragme, outre ce
mouueroent, par lequel la partie charnue cede en dedans,
vn autre en l’infpiration , par lequel la partie charnue fc
icftreflîlTant fait des plis, en forte quVnc partie charnue
fc couche fur vneautrc,& que ces piis font principalemêc
prés des appendices, dans vnc focte expiration.il croit
que le diaphragme feracourcit par ce moyen, & qu’il di¬
late dauantage le Thorax en leuant les coftes.]
2. D’aider les niufclcs deTAbdomen en la compref-
iüon,pourchafterlcscKcremcns &lc foetus : Car il pouffe
en baslesinteftinsparlapartie fuperieure.
3. De feparer le ventre inferieur, auec les parties natu-
rcllesdu moyen & des vitales, afin qu’il ne monte quan¬
tité de vapeurs des parties plus viles vêts le plus nobles,
commeaucœur, &c.
4. Deferuir d’efuentail au ventre inferieur, comme
veut.i?/p^ofr4fe,l'ors qu’il efoente Icshypochondrcs.
CHAPITRE IV.
De la Pieyre^ du Mediajlin ^O^de
la Fagouë.
La Plcvre cft vnc membrane qui enceint par dedans q,/,»
lacauité du Thorax, & qui cft dure & blanche, & plus
^Ipailfe & robufte que le péritoine. Elle prend fonori- w.?
ginc des tuniques, qui fortans de l’cfpinc du dos cou-»
^Kut les nerfs intcrcoftauXj[parlcfquelles elle cft con-
lo» $fpaif-
ftur.
Le lieu de
la maitere
^Lvriiique.
Trous.
yaijfeâux.
Q^e/l,ee
9«e media,
flmi
2] 2 iJure Second,
tinuë aucclcsmeninccscluccrucau/|G’eft: pourquoy.fjjç
cftplus crpaiflTc au dos, aux vertcHrcs duquel elle eft
prcfque infeparablen ë.r arrachée. [C.HofmauKus f'e tron>.
pe de la faire venir plultoll du ftcnion que des verrebres
du dos i Elle deuicnt fouucnt dix fois pluscrpailTc anj
maladiesdu Thorax, quoy que d’au res alTeurcnt qu’elle
deuieni fi déliée aux pleuretiques , qu’à peine lapeut.oa
voir.
Elle partout, afin queles vaifieauxpuificnt
porter entre la doubleure. Sa partie extérieure cftplus ef.
paiiTe, & l interne plus deliée. La matière plevritique ne
s’aflemble pas feulement entre la plèvre & les mufclcSj
mais fouuentaufti entre ces deux tuniques.
Sa fuperficie interne cft polie , de peur que Ii ellecftoit
rude, elle n’mcommodaft lèpoulmon, &rcxtcrne eft af-
pre , afin qu’elle s’attache plus fortement»
On y trouue quelquesfois vn peu Acgraijfe. comme
aujlfi au péritoine, c’ett à fçauoir en laplevre, piésks ver»
tebrcsdudosjoùfont les plus grands vaifleaux.
Cependant les coftes ont aulli hmperiojie.
Elle abeaueoup de;troi«. Nous auons parlé des infci
rieurs en l’hiftoire du diaphragme., les fupericurs font
ceux par où pafient la veine cane, l’arrere aorte, la tra¬
chée, l’œfophage &lcs nerfs delà fixiémc paire.
Quant au elle reçoit les veines de la veine
azygos ,& de l’intercoftalé (uperieure ilcs^rternderin-
tercoftale & delà grande; & douze aiiflî qui fortent
des vertebres du Thorax en deuant. [- D’où vient que les
playes encét.endroit caufent des douleurs fort aigues.]
Son vfage eft de reueftir le Thorax & fes parties par
dedans ( comme le péritoine communique fes tuniques
aux parties du venti e inferieur ) & aulTi de faire la mem¬
brane qui diuifc le i horax , ou
Le Mediaftin qui naift de la plcvre. & eft vne membra¬
ne double, qui partagcla cauué du Thorax, &les poul¬
inons en deux parties. Car' après que laplevre qui prend
fon origineauxenuirons 'dudos, eft montée au fterno»
par ks
Bu Thorax. ^^3
parles codez, dcfcendant derechef vers l’efpine, elle va
tout droit du milieu de la poiftrineaudos. Gette mem¬
brane qui eft attachée aux deux codez du dernon,cft dou¬
ble manifcdcment comme la plcvre, & fefait cuidem-
incnt delà plcvre redoublée. Oniugeroit d’abord qu’ii
y a entre ces membranes fous le dernon, autant d’cfpace
que le uernon eft large. Mais cela n’cft pas en effet. Car
<cttccauitéfcfait fous le ftcrnonvlors qu’en la diffcâion
onfepare le fternon du mediaftin , au lieu que les mem¬
branes du mediaftin eftoientauparauantfort exaderaent
attachées Tync àl’autre.Il y a dequoy s’eftonner que per-
fonne n’air remarqué cela douant Ad. Falcoburgius. Si
quelqu’vn eft blcffé par deuant,à cette doubleure,ia pjaye
n’eft pas dangereufe. Geluy qui n entendroit pas l’ana-
tomiCjiugeroit le contraire. Or cette cauités’eftrcflîtin-
fcrifiblcmcnt veilles vertèbres , & les membranes fe ren¬
contrent &fe touchent. Maislacauité eft plus grande au
milieu , & le cœur , & la veine cauc logent en paflant en
la partie anterieure de la cauité , &: l’œlophage auec lés
nctf6 ftomachiqucs,en la poÜcrieure;[Iors qtie quelques
humeurs s’amafferit & fe pourriffent dans cette cauité, on
Itspcut faire fortir fans danger, en ouvrant le fternon , fi
nous en croyons Colunthm & Hofmattnus.]
Say«^y^4»f(. eft plus deliée& plus molle que celle de la
plcvre. Elle , eft fouucnt remplie de graifle à l’entour des
vailfeaux, comme l’Epiploon.
[Quant aux les v«»« & Ics^r^em
mammaires, & de la veine azygos :il a auflî la media-
ftiiiequiluy eft propre-, qui eft tantoft feule, & plus grof-
quelques fois double, & plus peiitCi
Les nerfs phréniques , & ftomachiques, fe portent aulîî
P®^ cette doublcure , &: donnent au mediaftm des petites
Lafagouëluyeftattachécaugofieràlâ partie fupericu- nue Ufa-
<lu Thorax [ où on la peind ordinairement dans les fi-
pfes.OnlanommeTkw«i,àcaufequ’ellercffembleàla
Vieille du Thym. ] G eft vn corps glanduleux, mol, fpon-
G g gieux
Du Thorax.
23 r
Exflicatian de la figure.
Ifle rcprefente leThoraîCoutteïtaucoftégauchCîie Mc.
diaftin , & vwc partie du l^ôulmpn.
A. A- Us cartilages dés copes du ccpé gauche ^^ui font tire'es
en haut auec lé flernont a droit,
I. Bv Us mufcUs intercoflaux qui font dans Us efgaces des
cartilages.^
C. G, les es descofles feparks des cartilages.
D. î). Usmufcles intercofaux qui occupent les cfpaces d'en*
. trelescofie^, !
E. laclauicule defcouuerte en fa place.
le chemin dès v ai féaux qui fe trament a l'aif elle.
G. la veine iugulkire. *
H. K. L* M. N. O. Lemediaflin. ^
\A. U diaphragme du cofle' qu'il regarde le cofie' gauche.
K. la connexion dumediafin auec te diaphragme.
L. la tuberofte' du mediafiin vers lé cofll gauche , a caufe du
cœur qui ef contenu dans U mediafiin .
M. N. la veine cîr ï ancre mammaire qui s'efièndent fous
U fiernon.
0.0. les rameaux des vaifeaux M.
B. Q^a veine ^farteremediafiineauec U nerf pour U dia*-
la partie connexe du poulmon.
T* V. la partie cane du poulmon, qui efioit adhérente OU me*-
diaftin deuant qu elle en fufi feparéè.
R- T . le lobe fuperieur du poulmon.
S* V . le lobe inferieur du poulmon,
gieuxôc blanc, que les Latins appellent A*^?«jàfçauoif
cette partie des veaux qui cft fi délicate à manger , & qui
jert dappuy aux grands vailGTeaux qui paflent par la, à
%uoir à la veine caue, & à la grande artere , & à leurs ra-
«leaux qui vont aux bras & aux efpaulcs , pour les deffen-
Ggij
1^6 Liure Second,
dre, comme c’efl:roidinaire,ôcafin que ces ramcaurn^
foient offencez par l’attouchement de l’os.
du mediaftin de parwpcr le Thorax, afin
qu’vne partie dcs poulmonseftant ofFenfée par qucl^^
playe ou autrement, l’autre puiflc faire Ton office.
1. De fuffendre le cœur aucc le péricarde qus luy cft atta¬
ché, afin qu il ne heurte contre quelque partie.
3. Derouftenir les vaiflcaux qui palTcnt, [comme au(fi
le diaphragme en l’homme, afin que Icpoidsdcs vifccrea
inferieurs ne le tire trop en bas,]
CHAPITRE V.
Du péricarde i fs) de t humeur qui y
eft contenues
Ciji'eft-ct T E Pcricardcique quelques vns appellent l’cnuelop-
quele Péri- X-#pe,labocttc,lecoftrct,lcpannicule,&c.ducœur,cft
curdi} vne membrane qui cnmronne tout le cœur, &c duquel par
confequent il a la figure , &.prcfque la grandeur; Mais il
eft autant éloigné du cœur qu’il cft neceflairc pourfon
I mouuement , ôc pour l’humeur qui y cft contenue. [ O-
Utmbus rapporte qu’vn de Ics difciplcsfut trouuc fans pé¬
ricarde.]
origine à la bafe des tuniques, qui couurcnt
Icsvaiftcauxdu cœur, qui viennent de la plevre { car cet¬
te tunique ne fe trouue pas entre la baie du cœur & le pé¬
ricarde ) où elle a , àraufe des vaifleaux
Cinq trous pour l’entrée & la fortie de la veine cauc , &
pour la fortie de trois autres vaifleaux.
[Q^nt à (zjîtuêuofii il regarde plus le cofte gauche
que le droiéf , & la partie anterieure que la pofte-
ricurc . ]
Ileft^rMc^circulaircmcnt au mediaftin par plufieurs
fibres., par les parties voifines , mais il cft fur tout fort
adhèrent
Du Thorax.
Sx^Ucation de la figure.
Elle ïcprcfcntc le Cœur tcnferm^dàns le Péricarde.
A. vtte portioa de la veine cane afeendante.
®. le commencement du Péricarde y qui ejlefiroitemént ad¬
hèrent à la veine caucy a la grande artere , &ala veine
•arterieufi.
U bafe du péricarde qui reprefente la figure du
cœur.
poinÜe du péricarde où efl celle du cœur.
^•la partie du péricarde qui ejl adhérente au diaphragme-
H , vne^ parti e du diaphragme.
!• I let nerfs du diaphragme-
I-M. N. O- les quatre lobes du poulmon-
»dhcrcrït au cercle ncrueux du diaphragme , ce qui cft
propreiThomme. Car il eft éloigné aux chiens & aîix
ûngeSj^maisnon pasaubœuf.J
Ggiij
23^8 Lime Seconà'y
Sa fHperfieie externe cftfibrcufe, l’interne gliffàntCjSj
i’vnc & l’autre fans grailTe.
Sa fuhfiAnce eftefpaiflè, plus dure que lé poulmon, ac:
plus molle que l’os.
Qnjintzwk VAiJfeauXi il reçoit des petites vehestrx
bas des phrcniqucsjBc en haut de raxillairc.
Il n’â point perceptibles, parce, peut cftrç^
qu’il eft d’ailleurs voifin du cœur.
Ilades »er/f fort petits, qui viennent du récurrent gau.
che,[& des rameaux du diaphragme. ]
Son -zj/a^eeft i.defcruic au cœur d’vn ferme domiciles
afin qu’il ne touche, cnfemouuantjlcsparties plus du¬
res. a. afin qu’il contienne
L’humeur fereufeou aqueufe comme l’vrine, qui n’cfè:
ny acre ny falée, claire en quelques-vns , & en d’autres cl-
lefembleàla laueurcdelachair. [GuiL Tolet. dans^r»-
|:tf»/jl’appel!e humeur phlegmatique. ] C’eft pourquey;
Galien dit que le cœur eft comme dans vne veffie.
Si /’/;«' Cette humeur fe trouueen tous les animaux morts &
meur fe- viuans, félon Pordre de la nature, mefmcs au fœtus,]
comme il appert par les difledions des vns & des autres,
j^jP*^^^^toutesfois aux vus plus, & aux autres moins: Elle eft cn^
des de terni petite quantité, & iaune aux hediques.
VourciHoy Ellcfe trouue aux morts en plus grande abondance^..
elle eft en parce qu’alors beaucoup d’cfprits fe condenfent en eau
dequanH- parties refroidies. [Elle eft aufli en plus grande:
tf hns les quantité aux femmes & aux vieillards, à caufe delà foh
enortsi blelTe de la chaleur. ]
Si elle eft trop abondante, cllecaufc la palpitation dû*
cœur, qui le fuffoquantcaufeauffi la mort. Qjiand elle
eft confumée, les corps deuiennent tabides. [ Nou^
voyons neantmoins qu’elle fe peut rengendrer enceuxàf
qui le péricarde cftantblelTe, elle eft coulée en abondant
ce. Carie péricarde ayant elle blefle en lèan Sauiolus
d vn coup de poignardjl’eaufortoit par laplaye à chaque
pouls du cœur, qui en eft guery neantmoins fort heurcU*
lèment par le foin de l’excellent ] :
Du Thorax. 1^9
‘Si nous voulons rechcrchcL-fon origine, & en confûl- Du l'Ori-
,-rdiuersauthcuis,nous trouucrons autant d’aduis que^***
^eteftes l'humtur
I, Il y en a qui veulent que îes vailTeaux du cœur en jj,* ^**^***^
foy'cnt la fou rce, parce que la faignée guérit la palpita- o^rniu» x.
tion qui vient de l’abondance de cette humeur , & qui
croyentqrrelagrande chaleur du cœur en fait fortir cette
humeur aqueufe, comme nous voyons au bois quibrufle.
.[ L'opinion de.iüT. i^^^qui veut quelle vienne de la
xolaturc du fang qui vadufoyeà roteilictte du cœur^
■n’eft pas éloignée de celle- cy. J
1. Les autres [ au nombre derqucls ilfcmblc qu’an
peut mettre Hippocrate J eftiment qu elle vient du
boire , dont vne partie palïe en forme deroféc par la tra-
xhée artère dans l’arterc veineufe.
j. lly en a qui penfent qu’elle s’engendre de la matière
aqueufcdeiafemence en la première génération i com-
me l’on croit queTair qui eft aux oreilles, fc fait de la ma¬
tière flatueufe.
4. L’Opinion de TafoUms eft fcmblableàccllc-cy, il
veutque ecîoitla portion plus parfaite, plus pure ôc plus
accomplie de l’humeur fereufé que là nature y a mife
,pcur-eftre dés la premiereformation.
5. Ilycna qui cherckent fon origine dans les cxcre-
ïiïicns aqueux de la troifiéme coftiom
6. Les autres la font venir de la faliuequi découle des
glandes de la langue dans la trachée artère , & de là dans
les artcres& le coeur.
7 . De la gtaifte^u cœur, qui parfon agitation eft chan¬
gée en eau.
8. De la portion la plus crafte de l’air attiré cnrefpi-
rant,conuertie en eau.
9. La derniere opinion que nous eftimonsvray fem-
blablc, veut quelle fe forme des vapeurs & exhalaifons
humides qui fortent du cœur parfon mouuement , & fa
chaleur, & qui font poufféesiufques à l’clpaiflcur dupe-
ticardc.
Son
Lhu Smnà^.
149
Explication de la Figure,
Ellcrcprefente le cœurdiflequé, & fcsvaifïcauXjpar I*
partie anterieure,
A. le lien ou leperkardeefi Attaché aux vâijfeaux dü Œur*
B. B. le péricarde replié du jtegi anterieur du cmr vers U$
cojle:^
C. D. lahafeducœur. ^.lapointe» ^
F. la veine caue.
G. tarfdre veineufe,
H. la grande artere»
!• K. les oreillettes du cœur.
L, \.. les arteres (jr les vetnes coronaires»
M, N . O . P. les (Quatre lobes des poulmons.
Çlsjlnepartie du diaphragme.
Du Thorax. 241
Sonvfa^ cfti. d’humcéler&derafraifchiriccœur, &c
rendre fonmouuement plusayfé. [Ceftpourquoy lo
cœur feroftit, quand elle efteonfumée, comme cela s’eft
veu au corps de CaCmir Marquis de Brandebourg , &
en ce ieune homme Romain, dont fait men¬
tion. ] HofwAfims hy donne vn vfage contraire, & veut
qu’elle ferue pour rendre la chaleur du Cœur plus grande
^ plus forte. Gomme les marefehaux ont accouftuméde
plonger dan s Icau les fagots de paille, dont ils arroufcnt
le feu, afin qu’il foit plus ardent , & qu’il dure dauantage.
C’eftpour la mefroe raifon qu’on arroufe le bois, afin
qu’il brufle mieux, z. Pour la formation de la gtailTe.
afin quek cœur nageant dans cette humeur , foit moins
pcfant,& qu’il n’aille heurter contre aucune partie.
On trouue ordinairement vne humeur dànslàcauité
du 1 horax, quircflemblc à de l’eau fanglante,dôt les par»-
ties du Thorax font humeCle es, de peur qu’elles ne s’é¬
chauffent, & ne fe deficichent trop. D’où vient que du
colle percé de neftre Sauueur, il fortit fang&eau. [Ce
que nous auons monftre amplement dans noftre Apolo¬
gie, touchant le cofté de noftre Sauueur, par le coiile-
mentfoudain , la mixtion fanglantc ,& les authoritezdes
anciens. L’obieékion de F. qui ditqu’elleeft en pe¬
tite quantité, cRnulle. i. Parce que la quantité naturci-
IcfiifEroir , puis que les hiftoiics ne dHcnt pas qu’elle
foit coulée abondamment. 2 Elle a peu s’augmenter en
ce moment defav'ic,lans que la perfection de fon corps
y répugné ,. patcc qu’il a cité fujet aux infirmitez hu^
maincs mfqucs à la mort pour noftre rédemption. 5.
Qu’on y remarque quclquesfois tant d’eau, que le dia¬
phragme eftant prefifé , il pend comme vne grande .
hourl’e.]
Hure Second^
CHAPITRE VI.
Du cœur en General,
Le cœur eft ainfi appelle du verbe Latin enm , qui fi,
gnific courir, a caufe de fon mouuement. C cft U pai'
tie principale de l’animal, quiluycft fîncccffairc, qu*og
n'enaiamais veu aucun fans elle, au dire
quiluy donne la mort, auffi-toft qu'ileft bleffé,par ce qu’il
cftiafource d'où découle la vie aucc les efprits vitaux
qu*il diftribuë à tout le corps par le moyen des artères!
Vous trouuerez neantmoins dAns Schenckius des excm*
pics de ceux jqu’on a trouué fans cœur. (7e//i»jliu l^.ch.ij.
rapporte que a eferit que les Perdrix en Pa.
phlagonie ont deux cœurs, de quoy Galien donne auili
vu exemple d’vn homme, en fes Adrainiftrations Anato*
iniques.
Ssijttttathn eft au milieu du corps , fi on ne confidere
Vêurqnty pj5 igs ïambes en Phomme non plus qu’aux beftes, qui
an'^mUie»} milieu, afin qu’il fc puifle mieux mouuoir,
* * ’ & qu’il foit en plus grande feuretc , & auflî au milieu du
Thorax, oùlcspoulraonsl’cnuironnent de tous coftex,
Or le cœur cft exadement au milieu , à Tégard de fa bafe.
Son mouMement neantmoins fe fent mieux au codé
gauche.
I. Parce quel’efprit vital efteontenu dans fon ventri¬
cule gauche , & que la grande artère eft du cofte gauche, ^
trrtHt du C’eft pourquoy le vulgaire penfc que le cœur y foit tout
Utlur Pourcc que la pointe ducœur tire vers le cofté gau-
hsu («fté chc, fous le mammcllon , afin qu’il cede au diaphragme.
jMuche. Maisil n’a peu fc tourner à droite, â caufe de la vcineca-
P«»ry«#y ue qui monte là parle milieu du Thorax. [La partiefupc-
ticurc du cœur tend quclqucsfois à gauche en quelques*
the du ctJié ^ Ic fcrucnt de la main gauche , au
gnuth ? fieu delà droite , fi nous en croyons Majfa> Et ceux
Dti Thorax, 145
çnt le cœur nullement au milieuj fc feruent de deux mains,
^jalcmcnt.] .
Quanti fa^rWe«r»lecœurcft plusgrand en Thom^
Bie, àproportion , qu’en tous les autres animaux , aufli
bicnquclcccrueau &lefoyc. [Il eft ordinairement long
defix trauers de doigts >& large de quatre. ] Sa grandeur *”'^*«*
eft diuerfe , (clon la diucrfité dcl’aage ^ & du tempera-
ment. Les plus froids, & ceux qui on t moins de courage ^
ont vn grandcœur, lès plus chauds & les plus hardis, au
contraire ont le cœur plus petit. D’où vient qu’./^ny?flè#
affcurequeles animaux timides, comme Iclievre, le cerf,
le rat, l’hycne, lafne, la belette &c. ont le cœur grand À-
proportion. Les anciens NdturétUfiet Egyptiens ont feint,
comme nous lé lifons dansl’Euterpe d’Hcrodote , quclc
cœur de ceux qui ne (ont confumezpar la, violence d'au¬
cune maIâdic,croiiroit toutes les années du poids de deux
(lrachmes,iurques à cinquante ans, de forte que le cœur de
cinquante ans , pefoit cent drachmes : Et que depuis cin-
quanteiufques à cent, ilperdoit chaque année le poids*,
de deux drachmes par vn mouuemcnt rétrograde, iufqucs
ace qu’il fc perdé tout à fait aucc la vie,
S^j^ure eft pyramidale , parce qu’il fe termine en poin¬
te. La partie fuperieure eft ronde &c plus large, à caufe des,
vaifleaux qui y (ont , & fe nomme la bafe du cotnr > quoy\
quenonpas proprement, & aulS la racine ôc la telle
U partie inferieure qui eft plus pointue , fc nomme U
conc, 5c la pointe au cœur. Htfpoerdte la nomme l'ex.
tremité & la queue. Le cœur eft plus releué ou bolTu:
patdeuant, & moins par derrière. Il deuient plus oblong;
^uxfyftoles, & rond aux diaftoles.
11 eft dttachémtc le raediaftin , & le diaphragme parle:
Moyen du péricarde , ôe aueclcs autres parties,, par les
'^'fléaux.
fuhfiojice eft vne chair ou vn parcncliyme folide, den-
fcSccfpais, [mais il l’cft dauâtage à la pointe qu'à la bafe. j
t- Pour fouftenir la continuation du mouucracnt. dti clurtd
*• Afin que les cfprits fubtils qui font contenus aucc la
Hh ij
2,44 Llure Second,
dialeur naturelle i n’cxhalcnt. C’cftpourquoy h nature
pour donner plus de force à cccte chair, l’a munie de tou,
te forte de fibres , qui font fi bien méfiées & vnics enfeitj,
bic, qu’il eft difficile de lesdifcerner clairement.
Cette fubftance cft rcueftu'é d’vnc , qui ne fc
peut pas aifémentfcpaccr,,pourla rendre plus ferme, i
laquelle
Le fuif eft adhèrent, à l’entour de labafedu cœurfee
qui n’arriue que rarernent à l'entour de la pointe , parce
qu’il eft humedô en cet endroit par l'hument du péricar¬
de) i.Pourioindie les veines àl'enroar du cœur. a. Pour
huraeder le coeur, afin qu’il nefe defTcichc par le mouuc*
met. [U eft quclqucsfois tellement couuert de ccfaif,qu'ii
:$'il fe trou^ femblc aux fpedatcurs qu’il n’y ait point de cœur. ]
ue de la ^rifiote, GatUn & jimeeme ont neantmoins fort bien dit
fentou giaiffe proprement dite , ne fe peut prendre à l’en-
sœwT ** d’aucune partie chaude, comme font le cœur, le foyc,
les artères, les veines, Ôcc. parce que la chaleur la li.
quefic aifémentvraais le fuif s y peut attacher , parce qu’il
fefondaucc peine, [qui pétillé à lachandcllcàcaufedefa
fubftance aqueufe,comme remarque Iafolifti<{m empefeho
qu’il ne fc concréepromptement;: de forte que ccn’cft pas
merucillc, s'il ne fciiqucfie pas par laohalcut du cœur. Ot
le fuif vient à l’entour du cœur,ou parce que le cœur cftant
fort dar,ilfc nourrit d’vn fang groflîcr ,d’oii s’engendre le
fuif, ou parce qu’il fc fait des ordures excremcntcufcs du
cœur, apres la nutrition : ou enfin parce que le fang cft fort
agité , comm e le beurre fc fait par la violente agitatipirdii
laiâ:,ainfi <\\x Achillinus l’a creu. ]
Q^nt à ces lopins de graifie que SmUh dit tuoif
trouué aux ventricules du cœur , c’eft vne chofe cx-
«cmeraentrarc, [aufli bien que les carunculcs quenoftre
très expérimenté VFormms a obfcruc qui fortoient des
deux ventricules, blanches par dedans &iaunes par de¬
hors. ccquc nous auons aufli remarqué à Padouc il n’y*
pas long temps.
On trouue quclqucsfois vn es au cœur des beftes,
efl
Explication de la Figure*
Le cœur vn peu repouflc vers le collé gauche & feV
paré' du péricarde.
à. le cojle droit du cmry ^ UgrAnde région de fin Jtege fojle^
rieur.
B. t Oreillette droite.
C^. U veine Mue comme elle fi fend vers le dur,
D. vnepartiedela veine caue^ttipajfe pur le diAphragme»,
E. vnepArtie dudiêphrAgme-
F. la veine eaue afeendante.
G. le commencement de U veine A'i^jgos.
H . 1 . /ff tronc de UgrAnde Artere»
K. vn petit nerf du cœur qui vient de U Jixie'me paire»
L. M. M . O . /w quatre lobes du peulmon-
P • Quelque portion des vaijfeaux qui vent au poulmoH.
onnxnaremarquéqucdcuxfois en l’homme, la première
l’autre par Riolan au corps du piefidcnr Ni-
colai qui mourut aage de quatre vingts ans, vers la telle de
Hh iij
14^ Liure fécond y
l’aorre. Sc depuis par /m» au cœur du Pape Vj,
bain VIII. fait en triangle comme la lettre T.] *
Quant à fes vaifleaux il a vne q;eifje qu’on appelle coro^
Zm veint ftnire , parce qu’elle embrafle le cœur en rond , qui
ceronatn quesfois cft double jcclle-cy fort de la veine cane hors des
« vcntricules,& la nature lui a donne vne afin quç
le fang ne puifle retourner. Elle ieite des rameaux en bas
par la fupcrficie du cœur, maiselle en diftribuc dauâtage au
cofté gauche, parce que lachairy eftplusefpaifle. [Ceux
qui ne font pas de noftrc fentiraent fur l’vfage de la paroy
cntrcmoyenncducœur, veulent qu’elle ferue feulement
pourlanutritiondelapartieexterieurcdu cœur,&fefon.
dent fur ces raifons, la i. que cette veine eft trop petite, x,
■ qu’cllcfe trainc feulement par la fuperficie externe. La3.
que le cœur fe nourrit auflî du fang arterieux. F. Licetm
veut qu’elle ferue à latranfcolaüondufangdans lcven>.
tuicule gauche du cœur. le m’eneftonne, i. parce qu’elle
eftpetite. t. ellefc traine furies parties externes. 3. elle
naift delavcinecaue& non pas du ventricule droit par,
dehors ]
Il a deux coronaires qui viennent de la grandcj
[incontinent apres qu’elle eft fortic du cœur & deuantî
qu’elle foit hors du péricarde.]
Il a aufli vu petit «fr/ fort délié de la fîxicmc coniugaii
fon,qui lui porte la faculté fenfitiue.ôc non pas la raotiitf,
[comme Picctlominy a voulu, parce que le cœur fcmcut,cc:
nerf eftant coupé. Le cœur n’a beaucoup de nerfs ,mai$
vn grand tiffii de fibres femblables aux nerfs, dont les pluS'.
amples font porcufcs,fclonl’obfcruation de
Icfquelles A BenediBus croit que la chaleur palTe , qui fo
peuucnt dilater en leur largeur ,fuiuant le mouuement du-
cœur,& s’accourcir en leur longueur, comme Ican rTrf-
/</« a remarque, ]
Xntur di Fallope fe trompe de dire qu’vn grand nombre de nerf»
fediftiibuentparlabafcducœur, qui font vn lacis ou en-
trelalTcmcnt, en forme d’vn rets. Car le mouuement du;
cœur n’eft pas animal , puis qu'il n’cft pas vn mufcle , mais^
Du Thorax. 147
nîtuïcl,puis qu’il fç meut mcfme fans le commîmdement
Je noftrc volonté & contre noftre gré [ & qu’il a mouue-
pient danslefœtuS jdeuantquclafaculcéanimalcy foie.] £•
{jàlien a curaifon de nier qu’il foit vn mufclc.i.Parccqu’d ej} vn muf^
a des fibres de toute forte. 2. Parce que lemufclecftl’or- clcî
«anc du mouuemcnt volontaire. Si quelqu’vn néant.
^oins ditqiie le cœur eft vn mufcle qui fait le mouuc-
ment naturel, nous ne lui contredirons pas, encore que
cette façon de parler foit impropre. C’eft en ce fens
Hippocrate a eu raifon de dire que le cœur eft vn mut
de » car il le définit vne chair orbiculairc.
Lecœurcftd’vn/ewper^we^rchaud quanti fes quali-
te{îaéiiucs,& plus chaud que celui d’aucune autrepartie.
l’Opinion à^Anerrhoes qui croyoit que le cœur eft froid,
i caufe des vaifieaux & desvalvules quM contient, eft tout
ifait ridicule, [fi ce n’eft qu’il ayepeut-eftre entendu le
cffur làns efprits, comme plufieurs veulent.]
Ceux qui ont le cœur plus chaud, ont le Thorax & les
parties voifines des hypochondres velu'cs , & font choie- fi*
«S&h.,d«.
Il ariiue rarement que la chaleur du cœur foit fi grande,
qu’il en dcuicnncvelu & plein de poil, comme celui d’Ari-
ttomene Mcflcnicn ,fclonle tefmoignage àt Pline & de
VdtrelegrAndi &auffi celui d’Hcrmogene Grec, au rap¬
port de Cétlim Rhodiginus Benivenim Amatut Portng/taU,
& Muret tefmoigncnt en auoir veu de fcmblablcs en
quelques infignes voleurs. Or ces gens la font fort har¬
dis , fort chauds & très lufez , & font le plus fouuent des
fcelcrats. [RioUn enfeigne que la cralFc de l’humeur fercu-
fe qui eft au péricarde, eft la matière de ces poils. le croi.
îtois pluttoftque les excrcmens fuligineux qui Portent ea
abondance d'vn cœur chaud, en font la matière. ]
Le Cœur eft d’vn tempérament hu mide quant aux qiia.'
litez pafiîueSjà fçauoir plus humide que la peau, mais plus
jec que les mufclcs, parce qu’il eft plus dur.Car les parties
font d’autant plus dures que la peau , qu'elles font plus
folles. [ Il arriuf rarement que le cœur foie fi folide , fi
Explication de la Figure,
Ellereprcfcntelc cœur tourné vers le coftédïoit&f*"!
parédü péricarde.
A. B, C. le cofie gauche da. cœur i ^ U grande région du
fofierieur. ' '
D. E . les vaijfeaux coronaires^- p. t oreille gauche •
G‘ l artere veineufe- H H. Sadiflrtbution aupoulmon,
1. laveine arteneufe Y,.. L. Sa dijiribution aufonlneoV’'
M . lapoint e de I oreille droite du coeur.
Du Thorax. i 4^
H- /<* "Veing CÀtie âfcettdânte & defccndaMte.
Qjetronc de CArtere Aorte V.foHtroMcdefcendAHt. R. S.
Cafcendéut- QJT. lesarteres Axillaires,
V. X./« arteres carotides. Y. la trachée ar ter e.
i.à. les petits tferfs de UJtxie'me paire, b. f. l’origine de [es
rameaux,
le nerf récurrent.
cfpâis & fîieffcrré qu’il ne puiffe eftrc bruflé,commc eftoit
celui de Germanicus fils de Drufus: Ou qu’il foit cartila¬
gineux , comme celui que Riclan a trouué en vn certain
garnement]
Son VfagetÇci. d’eftre la fourcc & le fiege delà vie &
de U chaleu r naturelle, car il elaboure l’efprit vital.
2. Il faitlefang pour la nutrition des poulmons.
5. Il le preferue contre la putrefadion par fon mouue- Lepouls.
ment continuel, qu’on appelle le pouls
Or ce mouuement continuel & (ans interruption, dé¬
pend de la faculté pulfifiquc qui refide au cœur, que la na¬
ture lui a donné, parce qu’il falloitvne continuelle généra¬
tion de l’efprit vital.
Le mouucraenc efteompofé defyftole & diaftole , 8c
entre ces deux mouuemcns il y a quelque peu de repos, ou
au moins quelque petit retardement.
La O^/e/eeft la dilatation du cœur, afin qu’il attire le LaDiafie-
fang parla veinedans le ventricule droit , & î’air parl’ar- le.
tete veineufe dans le gauche.
La Sjfiele cft la contradion ou rabaiflement du cœur $C n jyjide.
fonextenfioB en long , quand il deuient plus eftroit , afin
quelefangpuiffceftrc refpandu du ventricule droit dans
poulmons par la veinp arterieufe ,& l’cfprit vital du
ventricule gauche dansla’grande artere , & auffi vne par-
^ledu fang viral auec les fuliginofitez dansics poulmons.
Les Oreilles du cœur dont nous parlerons cy apres, ont
vn mouuement different.
li
'Liure Second i
APPENDICE
Df Thomas Banholln^
•CmfedH h iJ^Maenftigî^quclepouIsnevicm^
fouù, félon jTV que faculté puififiquc, mais de la chaleur &fcrueuj
Arijlète, dufang,& parconfcqucntquclarepledonncfcfaitpas,
à caule que le cœur fe dilate , mais qu’il fc dilate parce
qù’il fe remplit. Plufieurs autheurs modernes quifuiuent
cctte.opinion, l’expliquent ncantmoms d’vue façon diffe¬
rente, quoy qu’ils s’accordent tous eai ce qu’ils veulent
qu’il dépende de l’ebullition.
Ctemenïn. Cetfar Cremonin le fait venir de la rcfîftance ôc de l’en*
fleure du cœur que^aufe l’cbullitio, qui tombe puisaprej
parla pefanteur naturelle du cœur: Comme les vents s’ab-
baiflènt & s’arrcftcnt par lamcfmc replction quilescaufe,
& les tremblements de terro qui viennent delà replction
& d’enfleure qui fc fait par les vents , qui s’arreftentparJa
propre pefanteur de la terre,
Hâfmitn- Gafpar HofmAfttttu en fon commentaire duThorai^,lc
nus. tire derinégalitédufang qui bout , qui reflcmblc àl’cau
mife fur.lefcu quimonte à l’égard de quelques parties, &
qui defeend à l’égard de quelques autres.
M.D«; MonfîeurDes-Cartcsenfondifcours, pour biencon^
CMtes. duire faraifon , & chercher la vérité dans les fcicnces, ex¬
plique le mouuement du cœur d’vne autre forte, que
nous rapporterons aucc fes propres termes. Je naj l>t‘
foin de dire dutre chofe pour explic^uer le mouuemtnt h
cœur ifmen que lors que fis concAMite^^ne fintpâS pleinesde
fiiftgi il y en coule neceffAiremeut de la veine caue dânsU
droite, & de Jartere veineufi dans la gauche '.D autant
ces deux vaijfiaux en font toufours pleins ^ (fr que leurs.on-
uerturesqui regardent vers le cœur, ne peuuent alors ep*
bouchées. Mais que fi tofi qu'il efl entre' atnfi deux gouttes dt
fitng, vne en chacune de fis concauttez,, ces gou ttes qui
peuuent efirje que fortgrops fa caufi que les ouuertures
Du Thoraxl
quelles entrent i font, fort larges^ & les Vâijfeduxd! où elles
^tennentfort pleins de fang fe raréfient & fe dilatent, a canfe
delà chaleur (]u elles y troment : J» moyen de quoyfaifant
enfler tout le cœur, elles peujfent ^ferment les cinq petites
portes , qui font aux entrées des deux vat féaux , d’où elles
viennent ; empef chant ainfi qutl ne defeendedauantage de
fangdans le cœur 5 continuant a fe raréfier deplmen plus,
elles pouffent & omirent les fix autrespetites portes qui font
aux entre'es des deux autres vaiffeaux par où elles fartent,
fiaifant enfler par ce moyen toutes les branches de la veine ar-
terteufe,drde la grande artere^quafi au mefme infant que
le cœur, lequel incontinent après fe defenfie , comme font auffi
ces ancres , à caufe que le fang qui y efi entré, s y refroidit , &
leurs fix petites portes fe referment , & les cinq de la veine ca--
utefrde l^artere veineufe ) fe r ouvrent donnent paf âge à
deux-autres gouttes de fang, qui font derechef enfler lé cœur
drles ancres , tout de mefme que les precedentes^ Etpource
que le fang qui entre ainfi dans le cstur,paffe par ces deux
bourfes qu’on nomme fes oreilles, de la vient que leur mou-
uement efi contraire au fien^ & quelles fe de fsnfient, lors
qu’il s’enfile.
Guillaume Harueius voulu auffi qüclc pouîi Harvtiuî
fe fift par replction , de façon que le coeur fc dilate, à caufe
du fang qui coule des parties voffines abondamment
dans le coeur.
Pour dire le vray , il ne faut pas mefprifcr ces opiniona'
qui font fî'lîmplcs & fi naïfues , parce qu’il ne fautiamais
multiplier les cftres fans neceffité,& qu’il ne faut em¬
ployer les facultezj lors qu’il n’en cft point de befoin.
Il femble ncantmoins que ce mouucment n’cft point'
cauféparl’ebullition i Parce quelc pouls eft ordinaire¬
ment cfgal, au lieu qu’il n'y a point d’ebullition qui foit
ffgale. 1. Le pouls feroir damant plusgrand quel’ebul-
lition feroit grande, & cependant dans vnc fièvre aigue,.
l’ebullition du fang clt grande, à caufe que l’ebullition
l'eftauffi ,1e pouls eft petit. 3 Chaque particule du coeur
«ftant coupe'e , & lans fang , ne laific pas d’auoir le pouls,
U ij
Llure Second^
parconfequent Une vient pas d’ebullition, ny dcreplc;
tion. 4. Le cœur cftant fcparé du corps ^ ou coupé
morceaux, cftant légèrement picqiié auec vne aiguille , fc
meut incontinent, comme a remarqué /<?4» VFaUhs^^
neantmoins il ne fis fait au cœur par cette piqucutc aucu.
ne ébullition ny replction. C cft ofFenfer la maiefté de
cette partie princcirc,que de dire qu’elle eft meuë par vue
autre , & qu elle reçoit vne imprcflioii violente.
L'opinion qui cftablift l’ebullition & la replction, ayant
fes prcuucs , &c celle qui met en leur place vne faculté na¬
turelle, en ayant auffi de fon codé fur qui elle cft appuyéçj
quelques- vns des plus dodes font d’auis qu’il les faut ac.
corder , en difant que la faculté naturelle du cœur , aide &
. conduit i’ebullition. Mais parce que cette controuetfc
mous femblc fort difficile à rcfoudre,nous ne voulons rien
déterminer, aymans mieux en laiftcrla dccifîonauxplus
dodes. ,
CHAPITRE VIL
Des parties du cœur en particulier i desoreilîesl
des cauitez, , du feptum , des ruaijjeaux^
des ^sahules.
LEs parties du cœur qu’il faut confîdcrer en particu¬
lier, ou paroiflent au dehors, comme les oreilles»
ou font en dedans , comme les ventricules ou les deux
cauitez, laparoy qui les fepare , & les vaifteaux auec les
valvules.
fourquey oreilles font ainfi nommées , non pas quelles fer-
les ortilies ucntàl’ouye, maisàcaufe delà rcflcmblance delafigure:
du cœur Car elles finiffent d’vne longue baie en vne pointe ef-
font ainfi^ mouffcc (la gauchc cft toutes-fois plus pointué ) & ont
»omme(t. cauité, afin qu’il y ait des finuoficez deuant le cœur.
Or les flw7^tf;fontdcsprodu6lionsoudes appendices'.
Du Thorax. 2; 3
relies ne font, félon le fentiment à' HofmaMKUS^iMttc cho-
fc que la fubftance du cœur atténuée & dilatée. Icncfçay
fl cela cft vray, ic dirois pluftoft qu elles font la fubftance
dilatée des vaifleauxvoifins. ]
Elles font jîtuees^ la bafe du cœur deuant les orifices
des vaifleaux, vnc de chaque cofté.
Car elles font deux en nombre : la droite eft plus grande
& la gauche plus petite, [ & l’vnc & l’autre cft plus ample
dans l’embryon. ] Celle-là eft iointe à la veine caue, auec
laquelle il fcmblc qu’elle fait prefque vn mefme corps , &
celle, cy eft iointeà l’artcre veineufe.
La fnhfianeeàes oreilles eft particulière, & ne s’en trou-
. UC point de femblable en aucune autre partie. Elles font
toutes -fois déliées & molles , afin quelles puilTent fe ref-
ferrer plus aifément , & nerueufes pour auoir plus de for¬
ce. Mais la gauche cft plus dure, & vnpeu plus charnue
& plus efpaifte.
[ Elles refpondcnt auec quelque proportion aux ventri¬
cules du cœur. Car comme le ventricule gauche a plus
d’anfraétuolîtez, ainfi l’oreille gauche a plus de fofles quo
la droite.
• Cecilms FoUhs a trouué au milieu de la clofture de
l'vnc & l’autre oreillette, plufieurs petits trous , que i’ay
veus aufli,parlcfquelsilcftiraequelefang palTc au ven¬
tricule gauche, lors qu’il n’eft pas befoin de tant de matiè¬
re , mais ie croirois pluftoft, à caufe qu’ils font trop petits,
qu’ils feruent ouaumouucmcnteu à la nutrition de cct-
tepartie. ]
Leur fuperficie externe eft efgale & conu exe, lors qu’el¬
les font dilatées & pleines , mais elle cft ridée en celles qui
font re (Terrées , & fur tout plus en la gauche qu’en k
droite.
Leur vfttge eft i. de feruir de referuoirs au cœur. Car
elles reçôiuent pluftoft le fang & l’air , afin qu’ils ne fc ict-
tent fubitement dans le cœur, ce qui pourroit le bleffer
^ fuffoquer l’animal.
i. De dcfFendre les vaiffeaux où ils font appofez.
li iij 3. De
IDa Thorax.
zsi
Explication des Figures,
X,apr«i«icrc figure rqprefcnte le coeur coupé en trauersij
. <vfte partie de U -ùtine cAfte. B. l'oreille droite du cœur,
C-le tronc de Ugrande artere. D. la veine arterieufe.
or eiüe gauche du cœur auec vne portion.de t artere
neufe-
F. lapointedu cœur.
G. G‘ le ventricule droit du cœur.
WM. le ventricule gauche du cœur.
l.l.la paroy qm eji.au milieu entre les ventricules.
La figure IL
Le ventricule droit du cœur dilTcquc par l'orifice delà
veine caue, iufqucs à la pointe.
A . .U' veine caue de f tendante . B . taf tendante.
C. C. C. l'orifice de la veine caue dans le ventricule droit,
les orifices de la veine afcendante & defcendante.
. (oreille droite du cœur renuerfee. G. le commencement de
la veine coronaire.
H. H .H.-vw cercle eminent à (orifice de la veine caue.
K. L. M. Us valuuUs qui font a (orifice de la veine caue.
N. N les fibres. du cœur.
O. 0 les portions charnues où les fibres font adhérentes.
P. la finuôfité qui regarde (orifice de la vetne arterieufe.
Qj_R (efpaijfeur de la fuhfiance du cœur qui enuironne /f
ventricule droit.
Llure Second^
La figure 1 1 L
Le cŒurdiffequcpai le ventricule droit, Ôc l'orifice fie
la veine arterieufe,
h.Uveifte cane* B t antre Aorte.
C. D. r orifice de la veine arterieufe > mati chaque charaütrt
montre aujfi les troue des rameaux auf quels fe dinifi
premièrement la veine arterieufe.
E. F.G-/rJ trois valvulesfigmoides, qui font a 1* orifice de k
veine arterieufe
H. H le cofié gauche du ventricule droit du cceuYi iufqms ait
feptum.
L vne des valvules qui font pofees à l'orifice de la veine cauu
K, l'oreille droite renuerfe'e qui pend.
La figure IV*
Le cœur diffeque parle ventricule gauche Silorificc
del’artere Aorte.
A. l'Orifice de tanere aorte. B.C. D. Trois valvules qui
font appofées a l'orifice de l'aorte
E. F. les commencement des artere s coronaires. C> leurs for-
tiens qui fortent.
l'orifice de l'artereveineufe.
I. K. Deux valvules de l' artere veineufe qui fontplacées a fort
orifice-
l’oreille droite du coeur renuerfe'e en dedans,
• les fibres du cœur. N . la portion charnue ou elles font adhe^
rentes.
O. vne portion de la veine arterieufe.
P. QA'eJpaiJfeur de la fub fiance du cœur qui enuironnelt
ventricule gauche.
^.laparoy entre moyenne des ventricules du cœur. S.S.mt^
fubfiance qui efi au commencement de l artere aortOiq^^
deuient aux befies quelquesfois offeufe.
Du Thorax. 157-
J. Dcferuir au cœui- ftlonlc fentiment à'Hifpocrate,
comme d’efuentail & de ïcfrigcrant. Car elles le meu-
uent comme des foufïlets, & le dilatent, parce qu’elles
4 emplirent, mais le cœur au contraire fe remplit .parce
qu’il le dilate.
r 4. De feruir félon l’opinion de VFnUus, commuât
mkure, dans laquelle la veine caue & l’artere veineufe,-
incfurcni le fang pour le cœur. Car à caufe que tout le
faiig ne deuoit pas fortir à chaque pouls , qu’aucontraire
la plus grande part deuoit demeurer & cftre perfedion-
néc'dauantage, la nature a appofé au cœur des oreillettes,
comme des petits vailTeaux , pour luy donner autant de
fang qu’il en eft forty à chaque pouls. C’eft pour cela qu’il
croit que l’oreillette drtfttre eft plus grande que la gauche,
parce que le ventricule droideft plus ample que le gau¬
che, & qu’il en fort plus de matière que du gauche , àfça-
uoir les ruliginofitez.& la nourriture du poulmon. ]
Les Cauitez du cœur que d’autres nôment les Ventricu-
les, les fînuofitezjlcs chambres, les cauernes &c. du cœur, ^
ne font pas trois , comme Arijlote a attribué aux grands
animaux, car corne FFaUm èc Sjlvim ont remarqué en
vn fœtus de Baleine di(fequé,Ia baleine n’en a que deu^.
On en trouuc trois fort rarement , àfcauoir vnc fois à Vc- *
nifcpatvÆi»///»/ Parifanw au cœur d’vn charretier. Et
deux fois par Feslmgm . FvdUw a auffi veu vne troificme
cauitéen vn boeuf, encore que X/mw prend ce troiftéme
ventricule eCArifiote pour cette cminencc du ventricule
droit quiefteflcuée au delà du gauche. Mais on trouue
feulement deux cauitez, à fcauoir la droite & la gauche,,
dont la fupcrficic interne eft rude 6c inefgale , mais fur
tout la gauche. [Le cœur d’vnPolonoisquifutdiftequc
par ijfo/4«,futtrouué fans ventricule & tout àfaitfolidc.]
i-cventricHle dmVrcçoitlc fang de la veine caue quiy
aboutit. C’eft pourquoy il n’a pas la chair ou la paroy fi
efpifle comme le gauche, afin que contenant plus de ma¬
tière, & portant vn plus grand poids que le gauche , le
tiœur fut en équilibre^ [ & parce que la coiftion ne s’y fait
Llure Second y
pas fi parfaitement que dans le gauche où il y a plus
chaleur. ]
Il n’eft pas rond exadement, [mais demi-circulaire'
comme lecroiflantde la lune,]5r ne va pas lufqucs à lafi^
de la pointe, de force qu’il lemblc comme vne appendice
attachée au ventricule gauche du cœur , quri^ffemble
prefque le cœur tout entier , bien que le droit en foie ofté.
Ileftneantmoins plus large & plus grand que le gau.
chc , à caufe de l’abondance de lang qti’il deuoit contenir,
poui en nourrirlespoulmons, & poui la génération des
cfpritsvitauxquiCe doit fairc dans le ventricule gauche;
car
Vonrquoy Son Vfiige eft /. de receuoir le fang de la veine cauc,
les pùifons pour le dtfti ihucr au poulmon p6ur fa nourriture par U
*ventriculf veinc aiteiicufe. C ellpourquoy les poiffoi>s qui n'ont
‘^*4c«ur} de poulmons,& quincrefpirent pas l'air pat la gor¬
ge n’ont pas ce ventricule droit, mais vn feulement. Ce
ventricule cuit donc & fubtilife le fang pour la nourriture
du poulmon.
1. D’enuoyer la portion la plus fubtiledu fàng parla
paroy entremoyennedans le ventricule gauche , poutla
génération de l'efprit vital.
Le ventricule gauche eft plus eftroit,niais plus noble. Sa
ïCauitéeftronde.&s’eftendiufques àla pointe. Sa.chairou
paroy eft trois fois plusefpaifle que celle du.droit , & plus
dure aufli,afin que les cfprits vitaux ne puiflent s’exhaler.
Son FJage eft d’elabourcr l’efprit vital de deux fortes de
matière, i. Du fang quia efté prépare dans la cauité droi¬
te , &: qui eftpa0e,parle feptum. i. De l’air attirépatla
Louche & les narines qui a efté préparé dans les poul-
, mous , &enuoyédans le ventricule gauche du cœur par
1 artère veineufe. [ Harueim en fa préfacé veut que ceî
deux ventricules ayent le mefme vfage. Mais fon opinion
.eftrefutée. i. Par la conftitution differente de l’vn&clc
J’autre, & z. par la différence delà fubftance, delà cloftutc
delà diftribution de leurs vaifleauX'.]
Le Septum ©U la paroy qui eft entre les deu-x vciiitriow-
Du Thorax,
îes efterpais comme la paroy du vétricule gauche. [Colnm-
^^paobfeivéqaelquesfois cartilagineux. ] Il eftconcaue
du codé gauche, & de l’autre conuexe, cauerneux & plein
de trous ( que quelques -vns prennent pour le troifiéme
ventricule d’Jrtfi&te).Ces cauites font plus amples du co.
fte droit, & à peine peut on remarquer leurs extremitez du '*
codé gauche C’tft.pourquoyplufieursont'crcu[comme
(elumim SpigeliuiiHofmamHSiHameiusUc.']c]\.\e rien ne
palîuit par ce leptum. Mais il ne faut pas trouuer eftran-
ge qu’ris en douteru. Car i. Centrons font vn chemin
tortueux & plein de deftours , de forte que la fonde ne
peut pas palier aifement : Mais ces pores le voyeni plus
clairement au cœur d’vn bœuf qui along temps bouilli..
Z. Tout tombe & s’affaile aux morts. 3. Ils deuoienc
cftcefoiteâroitsàlâân,parcequeiaportionla plus fub-
tile du lang coule & palTe là : [ Çomme nous ne remari-
quons pas deS conduits manifeftes à la peau , lors que la
fueur en fort abondamment, ni lors que la femence fc iette
desglandes& des vaifleauxfpermatiquesdans le conduit
de hvrine,niaufli les porcs par oùlepus, oulefang palTe
delaveinearterieufedansl’artere veineufe. pfer le paren*
chyme des poulinons,] Cependant parce qu'il n’eft pas‘
croiable que ces trous foient en vain, c’eft pourquoy
VFfageàû Septum eftdeferuirdepalTageau fang du
ventricule droit dans le gauche , pour la génération du
fang & de l’efprit vital , paice qu’âpres il fediftribuëpar
tout le corps par le moyen des artères , pour conferuer &
Kfuciller la vie & la chaleur naturelle. [Mais félon le fen-
tirnentde ceux qui nient que le fang palTe par ce chemin ,
du ventricule droit dans le gauche , VFfage des trous du
Septum cft afin que le fang entre plus aifement & pluS'
profondément pour cftic plus parfaitement elabouré ÔC
pour mieux nourrir ces parties du (eprum.]
Quatre grands vailTeaux fe trouuent à Tentour de la
tcftcducœur, d où ils foricni , appelle les
fources de la nature humaine Deux veines s’inferent au.
vcntncul^ droit , la veine çaue & la veine arterieufe,.&..
Kk ij
Lîure fécond y
deux artères aiigauche,raitcre veineufe & la grande arte '
rc.Ia na1:urc amis dedans, àTorificc de cesvaiffeuxjonzs
valvules ou portelcttes pour empêcher le reflux de la ma¬
tière.
hc premier vaiJfeAttcdh Veine Caucquieft infetéeau
ventricule droit par vn orifice fort ample [& trois fois
plus grand que celui de raorte] , de forte' qu’il femble
qu elle prenne pluftoft fon origine du cœur que du foye,
fur routpuisqü*elle eft fi fermement adhérente au ventri¬
cule droit qu’on ne peut l’en feparcr.,
[ On ne peut pasbien dire fi elle A mouHement.
-» G^<ï/iV«femblent.àla vérité i’âuoircrcu. Mais les inter.
prêtes expliquent les lieux où ils en ont parlé , d’vn mou-
ueraent imperceptible. Mais FP'akiu y a remarqué vn
mouuement manifefte depuis le goficr iufques au foye,
principalement près du cœur: Et qu’à caufe de cela la na¬
ture lui a donné en cét endroit des fibres cha‘rnués,qu’ellc
,a’a pas ailleurs. ]
Son Ffage cft de porterie fang du foye au cœur.
"Lt cercle, membraneux cft adhèrent à fon orifice pour
rendre lecœur plus fort qui fe fendincontinent en trois
fortes
Valvules membraneufes ou portellettcs qui regardent
de dehors en dedans , afin que le fang puiffe bien entrer,
:inais non pas retourner dans la veine cauc.
Xts vahU‘ Les Grecs les nomment Trklochines, c’eft à dire à trois
f Tr'^glo- parce qu’elles reflemblent aux pointes triangulai-
.sbines, tes des dards, lors quelles fe ferment & s’abouchent rau-
tuellemcnt.
Elles font attachées à beaucoup de Filamens qui fontad-
iherens à des particules charnues que quelques vns appcL
ient lés ligamcos du cœur, & d’autres comme Ariptt fe«
,p nerfs. ^
La veine artetieufe ou le vaifleau arterieux cft appelléc
pllét vü’ veimà caufe de fon office, parce qu’elle porte le fang poi^'^
la nourriture du poulmon. ,
^ ^ fubftance, qui cft coinpo^®®
Dh Thorax. néi
non pascl’vne fimple runique, comme la veitiî, mais de
deux. 1. Parce- qu’au fœtus elle fait la fondion d’arterc, .
•comme nous dirons au chapitre fuiuanr.
Des Cartes cftime qu elle a cfté mal nommée , pure»
(jue cefi en effet vne artere , laquelle prenant fon origine dn
e(X(ir, fe dinife apre's en eflre fortie en plnfenrs branches qui
Je vont refpandre par tout dans les poulmons- . ^
Elle fort du cœur par vn plus petit orifice,8t: s’appuyant So» erigi.
fur la grande artere ,& fç panchant à gauche , fc diuife en
deux rameaux qui vont à la partie droite , & à la gauche
du poulmon , qui font en fuite plufieurs autres rameaux
pulmoniques.
Son <v/age eft de reccuoir le fang du ventricule droit,
& le porter aux poulmons pour leur nourriture, [& félon
Icfentiraentdes modernes, de porter ce mefme fang dans
le ventricule gauche du cœur parrartercveineufc.J Et
depeur que le fang ne r’entre dans le cœur.
Elle a trois valvules ïCon orifice , qui naiffent de la tu- valm-
nique de la veine, & qui regardent de dedans en dehors.
Elles rclTerablent à vndemy- cercle, ou à l’ancien Sigma
des Grecs , qui eftoit fait comme le C des Latins, d’où
vient qu’on les nomme Sigmoïdes.
V artere veineufe t^ le troifiéme vailTeau du cœur , qui
fc voit au ventricule gauche.
Son office luy a donné le nom d' artere. Car i. elle a le Vourqmy
pouls, parce quelle eft continue au ventricule gauche, l' artere
2. elle contient ■& porte l’air. veineuje efi
Elle eft appcllcc veine» i . à caufe de fa fubftance, i. par-
ce qu’au fœtus elle fait la fondion de veine. T/veine}
' M . Des Cartes dit qu’elle a efté auffi mal nommée a cau-
fi eju'elle n eft autre chofe qu’vue veine» laquelle vient des
pulmons, ouelleeftdiuisée en plufieurs branches entrelacées
auec celles de la veine arterieufe» & celles de ce conduit qu on
^ofnmelefijjlet par OH entre l’air de la refpiration.
Elle fort par vn orificerond & plus grand que celuy
de 1 artere, ôefe partage en deux auffi- toft qu’elle eftfor-
*^«>prefque comme fi elle auoit deux orifices, 8c fediftri-
Kk iij bue
Di* Thorax.
263
Explication des ^gures.
Cette première figure monftrc la partie droite du cœur
entière, & auffi rorcillctte difleqiiéej & les vaif-
feaux qui fortenr du cœur; mais fur tout l’anaftomo-
fe , par laquelle C<tcilius Folius a voulu que le fang
coule du ventricule droit dans le gauche.
A. A. A. 7e cœur en fâfitMAtipn,a U fuprjîcie duquel Uvei-
ne coronaire efi rejpanduè'.
•B. B. l'Oreillette droite du cœur dijfequee en partie, ç^en
partie encore entière.
C. vn certain lieu entre les Oreillettes plus blanc & cireu-
laireioàfeirouue a cofie'fous vne certaine pellicule fai te
eommevne valvule, vne anafiomofe, ceflii dire vn trou
tortueux , par er# Folius !z;e»r que îefangpajfe dans le
ventricule gauche.
D. la veine cane dtjfequte iufques et la Jîtuation du foye.
E. la veine aorte drjfeque'e qui va augofter & au bras.
Y . la grande art ere afeendante.
G* la mefme defeendante prés de l'efpine.
H. vn petit tuyau arterieux qui ioint la grande artere,Auec
(artere veineufè.
I. 1 artere veineufe qui fort du ventricule droit au cœur.
K la veine arterieufe qui nourrit les poulmons fortant du
ventricule gauche.
a. a. a. a. la veine coronaire enracinée. & efpandm a la fupef-
ficie. . .
b* le commencement de cette veini coronaire a l'Oreillette
prés de la veine caue.
e c. c. c. vne partie de l'Oreillette dijfequée-
d- d. l'autre partie encore entière,
la fonde dansf anafiomofe.
^•lapellicule qui e fi appo fée comme vne valvule a la bouche
deï' Anafiomofe,
2,^4, L'mre fécond y
g. g. g. g. lesi'àmeAMxde Uveinecaue dijfminez, (vJ-
cinez, mfoye.
h. h. h. ks rameaux de la grande artere qui moment.
1
La Figure I L
Gettc aiîtic figure rcprefente le ventricule gauche du
cœur, & aufîil'Oreiilette diflequée , & enfemblc h
foriie de la fonde quiaefté deraonftiée en kpre.
raieie figure.
A. k- l'incifion du cceur faite par teut le ventricule gm>
che.
B. B, B. la deferiptton sxaSle de 33 ventricule.
C. la fortie delà fonde par l anafiomofede t Oreillette droite'
dans la gauche.
D. la valvule efi appofee à l'orifice de la grande artere.
E. £. l'Oreillette gauche du cœur diffeque'e plus petite que U
droite.
F. F. t artere veiaeufe fortant du ventricule droit du,
cœur.
G. G. la grande artere afeendante.
H* la mefme defeendante prés de l'efpine.
I. le petit tuyau arterieux quiioint ia veine arterieufe attes
lagrande.
K le tronc afeendant de la grande artere qui va aux hras &
au gofier.
a. a. vne partie de la veine coronaire deferite difperfée i/4
fuperficie du cœur, dont on voit la plus petite.
bvb. l' artere coronaire dijfequee.
C4C. c. c. / Oreillette gauche coupée iufques adaveinearte*
rieufe:
d. d. (|. à., quelques particules nerueufes dans le ventricule
mefme du coeur,qu hùHoïc A creu des nerfs.
e. c. la fonde dans l'anafiomofe.
f. f.f .£ quelques trous par où Folins veut que lefangpap^
lors ■
Du Thorax, léj
IgfsqmtanajtomBfesmiti de maint
dem<itiere- ^
g, la vdvnle appojee a ce eofie, a l amflomol'e-
buëaii poulmon droit & gauche.
Son vfage eft f* d’attirer l’air dans le cœur pour la gé¬
nération des efprits, lors qu'il fe dilate.
2. De icttcr en la contradion vne portion du fang vital
dans les poulmons. pourlcur nourriture.
Ce|l pourquoy la nature n*a mis à l’orifice de ce vaif-
fcâuque deux qui regardent de dehors ende..
dans. M. Des Canes dit qu'il ne faut point chercher
treraifon du nombre de cesfeauxyjtmn que l'onuerture de
l'artere vetnetefe e fiant en ovale fi caufe d» heu eh elle fe ren^
contre, peut e^re commodément fermée auecdeux,au heu que
les autres efians rondes , le peuuent mieux ' efire auec trois.
Elles prennent leur origine du cercle membraneux qui cd
ne de la fubftance du cœur , & eftans iointes enfemble,
elles reprefentent vne mitre d’Euefque. Elles font plus •
grandes que les valvules dclaveinecaue,&: ont lesfila-
incnsplus longs, beaucoup d’apophyfes charnues pour
eftre plus fortes.
La grande artere, qui eftainh nommée , parce qu’elle
cft laracine d’où naiflenc toutes les autres, eft l’autre vaif-
feaudu ventricule gauche , d’où elle prend fon origine, ,
St d’où elle fort.
La nature a mis à fon orifice pour luy feruir d’appuy, .
nonpas en l’homme : mais en quelques animaux, vne
certaine fubftance dhre , quelquesfois cartilagineufe , 5c .
d’autresfois ofteufe , félon qu’ils font grands & vieux.
Son vfage cft de porter & de communiquer l’efprit vi-
fal qu’elle' a receu du cœur à toutes les parties du corps,
*y>nt receu de la nature trois valvules qui regardent du, f
‘^dans en dehors , & font appellécs figmoides.
Llure Second,
CHAPITRE VHI.
De ÏVnion des wjfeaux du Cœur ' .
du Fœtus,
LEs vaiffeaux du cœur ne font pas de mefrae façon
dans le fœtus, lots qu’il cftdans là matrice, que
il en cft forty : Qupy que Galien n’ait pas ignoré cela , &
qu’il en ait fait mention , neanf moins la plus-part îes
Anatomiftes ont mefprifé ce qu’il a dit, ou ont auancc
fur ce fujet des chofes éloignées de la vérité. Les vns ont
dit que l’vnion des vaiflèaux fe faifoit par vn canal , & le*
autres par Anaftomofe feulement.
Mais les coniont^ons ou vnions des vaifleaux da
cœur au fœtus, font de deux fortes.
L’vne fe fait par anaftomofe , & l’autre par vn w-
nal.
VVmon àc la veine caue &derartcrc vcineufcfcfait
par Anaftomofe, fous l’oreille droite près de la coronaire,
deuantquela veine caue s’ouure entièrement au ventri¬
cule droit. Le trou eft ample & en ouale.
Or lanaturc a voulu faire cette vnion par anaftomofe.
I. à caufe du voifinagct 2. à caufe de la reffemblance de
leurs fubftances.
La nature a tendu deuant cetroudanslacauué dd’ar-i
tere veineufe vne petite membrane pendante, deliée, dure
&: plus grande que le trou.
Son Vfage eft afin que le fang foit porté par ce trou, de
la veine caue dans l’artcre veineufe ( non pas dans le ven¬
tricule droit , carrcfprit vital ne fe fait pas encore,
poulmô n’a pas befoind’vnfang fi fubtilifé) pour la nour¬
riture du poulmon, veu qu’autrement il ne poutroitpasfe
nourrir au fœtus , dont le cœur n’a point de mouuemeu’’
par lequel le fang puifie eftrc chaffé du ventricule droit
4ans la veine arterieufe. Ccftpourquoy l’artcre veineuft
Du Thordx^. 'z 6j
fâitU fonûion de veine au fœtus. [Ou pluftofl: félon l’o-
iniô des autheurs modernes, afin que le fangpeuft venir
delà veine cane dans le ventricule gauche du cœur , qui
n’y pouuoir pas entrer par le droit, parce quele poulmou
ne fe dtlatoit pas au fœtus qui ne refpire point.]
Mais la petite membrane qui eft àfon orifice, cmpcfchc'£-.yy^^
quand elle s’affaifie , que le fang ne retombe dans la veine u petite
caue. _ tnemhfunt.
Ce trou fe bouche & le feiche quelque peu de temps
apres l’enfantement , de forte qu’on ne diroit iamais que
ce lieu ait efté percé.
L’autre vnion de la veine arterieufe & de la grande ar¬
tère fe fait par vn canal oblon g, parce qu’elles font efloir
gnées rvne de Tautre.
Cette vnion fe fait hors du cœur,au lieu que la première
fe fait dedans, à deuxdoigts delà bafe ,& aux adultes de:
quatre, car le canal ne commence pas au tronc de la grande
artere. Il va obliquement à l’arterieufe (c’eftpourquoyla
nature ne lui a point do nue de valvule, pareequefonde
tour & obliquité peut empefeher le reflux du fang.) [ Our
pluftofl parce que le fang y eftpoufle du ventricule droit
du cœur par la veine arterieufe , & non pas de mefme dü
gauche par l’artere veincufej oùellcfc partage en deux,
comme fi elle fe diuifoit en trois parties , dont le canaleftl
fa plus petite.
Il fe trouue encore aux enfans de trois ou quatre ans^.
niais il n’eft pas percé. Il fe feiche enfin peu à peu & de- .
uiét plus mince aux adultes, [fans rcceuoir aucu n aliment,
àcaiifeque les humeurs n’y palfent plus,iufques à ce qu’a
fautedenourriture&de vie,ilfcpournlTe & fe feiche en-
hcrement, Botallns aquel'quesfois remarqué ee conduit
adultes, '& croyant qu’il s’y trouuaittoufîours& na-
turcllemcnt,ila eftimé qu’il portoitle fangnatntcllèmenc
‘fti ventricule droit dans le gauche.
CacilfHs FoIïhs fuiuant fes traces , met en tous vn trou:
ouuert pour la mefme fin, quoy qüel’experience y repu-
§^^,quile montre quelquesfois ouucrt & qnclqucsfois.
Ll i).
lJure Second^
fermé, coramc nous auons remarqué en ce vieillard k 1x4.
doue , dont la veine artericufc eftoit bouchée de phlcg*
me.l
Son Vfitge cft afin que refprit vital loit porté par les ar,
teres vmbilicales dans la grande artere, & deceîle-<y par
ce canal dans la veine artericufc, & droite aux poulmons
pour la vie. • .
CHAPITRE IX.
Dw Toulmom.
LÈS Poulmons font appeliez des Grecs P»éumomi’m
mot qui fîgnifie refpirer, parce que la nature les a don¬
nez aux animaux qui viuent dans l’air & qui ontl’vfagedc
la rcfpiration , mais elle n’a pas fait cette grâce aux poif.
fons [ qui font auffi fans col & fans voix .]
IIsfons_^»#x danslacauitédelapoidrine ouduTho-
• rax, qu’ils rempliflenr, quand ils fe dilatent.
Le PoulmoneftÉ;/##<Ve en partie droite & en partie gau¬
che par le moyen du mediaftm , afin quVne partie citant
offenfée, l’autre puifle. encore faire fa fonction. Chacune
Æ«î lobes de CCS parties le fend en deux lobes, [prés de la quatrième
du paulmo. vertebre du Thorax jdontle fuperieur cft plus court que
i’inferieur,] & fort rarement en trois^[ comme aux beftes,
parce que l’homme marche tout droit , & les autres au
i contraire le ventre panchant contre terre , & qu’àcaule
quclcThoraxeft court, rien ne peut loger entre le coeur
le foyc que le diaphragme. Ptccolomim & Riolm apr«
iHifpo€rate& Rupss Ephejîe» en ont remarqué trois.]Or
les poulinons empoignent & embraffent le cœuraucc
leurs lobes , comme auec leurs doigts.
Leur figure relfemble à celle de la corne d’vn pied de
bœuf. Les poulinons font conuexes par dehors ducofte
qui regarde la cauité du Thorax caucs par dedansfii
Ms embraflcnilc ccBiir.
T>n Thorax. 269
La couliftr dupouImonaufceius,eftrouge,commecel-
le dufoy ,àcau(e de raliment qu’il prend delà mere, &
aux adultes elle tire du pâlie fur le iaune, &quelqucsfois
clic eft cendrée : Elle eft noiraftre en ceux qui font morts
d’vnelongue maladie [Mais elle eft rouge comme au foe¬
tus du cofté qu’il eft adhèrent auxThorax par le moyen
des fibres. ]
Il a connexion par deuant auec le fternon par I« moyen
du mediaftin, par derrière auec les vertcbres,& quelqucs-
fois aux coftez auec la pleure par le moyen des ligamens
.fibreuxjcequi caufcvne lôguedifficulté de refpircr.{ Cet¬
te connexion trompe fouuent les Médecins qui necon-
noiflent pasles playes qui pénétrent dans la cauitcJVÏfo/.
Suffit penfe que cette connexion fert au coeur , afin qu’il
nefoitpreffé par la pefanteur des poulmons, où que la
facilité de larcfpirationne foitempefehée , & Riolans,£.
feure qu’il a toufiours trouué cette connexion. Les autres
difent que le poulraon- eft attaché par des fibres, afin
qu’aux playes du Thorax, ilpuiffefuinrcfon mouüement,
quoy que ce foit dVn mouucmcnt foible & languiflant. ]
Hippocrate au 2. des maladies, appelle cela vnccheute
dupoulmon à cofte : Ce qui arriuc , ou dés la naiftancc,
ou après lapleurcfie, ou dcaufe de la pituite gluante &
vifqueufe qui fe met entre, deux -, ou par vne caufe exter¬
ne, comme pour n’auoir pas bien foigneufemcntguery
quelque bleffcurc ou fuppuration du Thorax. Le pouU
mon eft auffî attaché au cœur par le moyen de la veine ar^
teneufe , Ôc de l’artere veineufe.
Sa fuhfiance eft efpaific dcdenfc au fœtus, [de forte qu’e-
ftant iettée dans l’eau, elle va à fonds,au lieu que celle des
adultesjnage deflus.]Mais parce qu’aprés renfantemenc,
le poulmon commence à femouuoir auec le cœur, la cha-
leurauec le mouucmcnt,’ en rendent la chair legere 6c
molle , de auflilafchc,rarc & fpongieufe , afin qu’il puifle
le leucr & s’afibaifter facilement , & reecuoir & attirer
l’airàfoy. '
Ll iij Le
Du Thorax.
• 1771
S’x^Ucatiùn de la Figure,
Elle rcprcfente le poulmon en fàfituation naturelle, le.
Thorax eftanc defchiré & rompu, le fternon renuerf^
en haut , & les coft^s repliées en dehors.
A. A. A. U fffperficie interne dt* fiernon des cartilages qsti
luj font adhérons.
B. C. les veines mammaires fous le fiernon , fuidefcendenè
vers les mufcles droits.
D. E. les ancres mammaires ijui font le mefme chemin,
ï. les glandes au gofier (pui font députées a la difiribution des
vaijfeaux.
G. G. 1. 1. la partie droite dr la gauche du mediafiin i qui
efioitconioime & adherînte au fiernon >deuant la dif-
JeEtien.
la f «perfide du mediafiin à droite & gauche,
L. L . tefpace qui eft entre les deux membranes du mediafiiùt
qui fe fait après queües ont efié feparées du fiernon.
M. M. la tuberofite' du mediafiin où le cœur efi fitfse'.
. O . P . (Xifes quatre lobes du poulmon .
t..K, le diaphragme qui ayant efié coupe' du fiernondes cofieSt
efi tombé.
î. le cartilage xiphoïde.
T. V. la peau du Thorax^ qui a efié retirée en bas.
Le Poulmon eft couuertd’vne membrane àcXKC , polie
& remplie de pores [qui paroilfent afféz , lors qu’on enfle
le poulmon auccvn lbuflct, & queMonfieurF/^4/»e«ja
trouué quelques- fois de la grofleur d’vn pois aflez grand
en la dilfedion des animaux viuans.] Lafanie du thorax
» y peut pas pourtant pcnctrer , ny fortir en touflant. Or
cette membrane eft vne production de la pleure, car com .
melcsvaiflcauxdanslespoulraonsjils fc dcfpoüillent de
latuniquc qu’ils ont receu’c de la pleure, pour en rcueÛic
ksipoulmons.
Lhre Second^
QuanraoX'y4//«rf»A:Jft fubftanccdu poulmon cft en^
tietifluë de trois fortes de vaifleaux , qui feruent auffi
beaucoup pour leur doirner plusde fo'ice, le cœurluy
en diftribuë deux , dont nous auons parlé défia, àfçauoÎE
X&vcihe arterietife^ l’artere veine fi fe.
Letroifiénae luy eft particulier , à fçauoifceluy qu’ou
nomïvith trachée ou fafpre artère, dont nous parlerons.,
au chapitre fuiuant.
ym âÿ Quand ces vaifeaux font rongez comme aux Phthifi.
'cmfes*deU qucs, ils iettent füuuent dii fang en abondance, oulafub,
Vhthtft^ é' ftance cartilagineufe. Ôr les Phthifiques, meurent fou-
de U mdrt inopinée , parce que les grands vaifleaux
joH ame. rongez , le fang fe refpandant, vient à fufFoquerle
cœur.
U poulmon La nature a donné auxpoulmons des grands vaifleaux,
fl plus de parce qu’ils auoient befoin de beaucoup de fang , & qu’ip
fang que n’y a aUcunc partie du corps qui aye tant de fang que le
les mires pouluion , à caufe de fon mouuement perpétuel , & delà
parties. giaifde chaleur qu’il a par le moyen de fon mouuement,
& du voifînage du cœur.
Or parce qu’il fe nourrit du fang le plus fubtiîifé, les.
veines des poulmons ont les tuniques des artères, afin
qu’il n’en exfudequcce quieft fubtil, &les artères ont
pris les tuniques des veines, afin que le fangartetieux&
fubtil puiffe couler en abondance ; la nature gardant icy -
vn ordre qu’elle.ne fuit pas en toutes les autres parties.
Quelques fort deliez, qui viennent delà fixicme
. P^ire , s’efpandent dans fa membrane feulement [d’où,
vient que fi elle s’enflamme, onfcntde la do u leur qui fc
communique aucofté&audos] ôcnonpasdans fafub-
Veurqup fiance, afin que par fôn mouuement perpétuel , il ne fente
despJJ’"' de douleur. C’eftpour cette r'aifon que les vicercs
mens font dcspoulmons, ne font point accompagnez de douleur.
fans don- [Riolan neantmoins donne beaucoup de nerfs à la fub-
Iftir. fiance mei'mc des poulmons, qu’il fait venir de la tifleure
l’Zser. & fie nerfs ftomachiques.]
rhies, " Merrhoes eftime que le poulmon n’a point d’aélion'
officiale,,
Du Thorax. 273
officiale , & qu’il le mciu par vnovertu particulière , fans
fuiurele mouucment du Thorax, parce, dit il, qvi’ily au-
loit autrement vn mouucment violent qui feroit perpé¬
tuel.
I^ais il faut tenir pourafleurcqu’encorequelepoul-
monfoitrorganedclarefpiration , il l’cft pluftoft néant-
moins en pacifiant qu en agifiant. Gar il n’a point aucune
vertu raouuantc propre, comme fuppofe mal à propos A-
utrrhoes que nous empcfchons,haftons, retardons
larefpiration, comme ilnous plàift. ] Le principe defon
mouucment ne vient pas aufîl du cœur , [ou du fang qui
cflcue le poulmon comme veut Arifioteôc fes fedateurs,
parce i. que le flux du fang qui vient du cœur , fe fait par
vnmouuement régulier & ordinaire , au lieu que la refpi-
râtion dépend de noftre volonté, z. lepouls&larefpîra-
tion dependroient d’vne mcfme caufe &fc feroienten-
femblc & en mefme temps^ y. Lorsque nous attirons l’aii?
âuec violence en l’infpiration , & que nous lé retenons
quelque temps, la tumeur du poulmon deuroit nous con¬
traindre àl’exfpiration , parce que félon eux , il dilatclc
Thorax;
Le Poulmon ne fc meutpas aufîl par l’impulfîon de l’air,
quine pouuantpafier par aucun autre chemin, s’en va par
la trachée artère, dans le poulmon, tandis-que le Thorax-
s’cflcue,commc A-Falcoturgins & Monf. Des-Cartes efti-
msnt: Car .1. l’air fe peut aifement condcnfcr,,commc vnc’
infinité d’experienccs lemonftrcnt.z. Nous nevoyôspaS'
que les chofes plus legeresfoiét agitées parle mouuemcnt
du Thorax ou de quelque autre corpsfcmblable. 3. Nous-
pouuoas attirer l’air par le trou d’vne muraille d’vnc
chambre voifine, les narines fermées, fans nous feruir que
de la bouche, vers lequel il n’cft pas croyable que l’air qui^
aefté pouffe par le Thorax, puifle paruenir auec vn grand
«louuement.J Mais le poulmon luit feulement le mouue-
ment du Thorax, pour euiterlcvuidc.
C eft pourquoy il reçoit feulement l’air infpiré , parce
le Thorax fe dilatant, remplit d’air le poulmon.
Mm Oe
Bt* Thorasc*
27f
Explicaüon des Figures,
tai. figure reprcfentc la face anterieure du Poulmon
fcparé du Thorax. La z. lapofterieure .
Vcefophage fous lufpre artere-
B (afpre ancre,
C la veine anerieufa
X): l’ ancre veineufe.
E . F. G les (quatre lobes du poulmw^
F. le diaphragme.
Gr Pcxperiencc confirme que îè mouuemcnt dû pouL Pfeum qm
mon vient de celui du Thorax. Cari. Si lair entre dans
leThoraxblefle dVneplaye pénétrante , le poulmon de-
meure immobile , parce qu’il ne peut pas fuiure la dilata^ ,
tien du Thorax, à caufe que l’air sl^nfinueparla playe dans Thorax.
vnefpace vuide Mais quand le Thorax ed entier, le poul¬
mon fuit fa dilatation pour fuir le vuide, [comme nous
auons dit, de la mcfme façon que l’eau eft atttirée en haut
dans lestuyauxi z; Si on perce legerement le diaphra¬
gme d’vn animal viuam, là refpiration fè perd, à caufe que
le Thorax s’abbar. y. le mouuemcnt des poulmons ôc k
refpiration s’àboliffent en l’apoplexie, parce que le mou-
uement & le fentiment ccflcntjàcaufe de l’obftru^ion des
nerfs, mais le mouuemcnt du cœur Ôc le pouls des artères
demeurent. ^
11 y en a pliilrcurs qui ne penuent cmbralïbr noftfe opi¬
nion de la caufe du mouuemcnt du poulmon, parce que le
poulmon fc meut long temps & auec afll z de foice, apres
que la poidnne eft ouuci te. Mais, comme Mùnf FFaUm
Pr SjîuisUi&i Fr vander Schagen ontïemaïC\pié,ce n’eftpas
vn mouucmenr de d latation & de conftrnSbon qui eft na¬
turel au poulmon, mais vnmouuementen haut & en bas ^
dulobc entier qui eft caufé parce que le poulmon eft atta¬
ché au me diaftm, le mcdiaftin ôc Icspoulmons au diaphra*
Mmij.
é Llure Sicconâ^
gme. D’oùilarriuc que ranimai ayant encore beaucooM
de force, le diaphragme par fon mouucment tire ou pouiPa
lespoulmonsaueclemediaftin. Or il eftaifédciugerqyQ
ce mouuemcnt ne vient pas d'vnc vertu naturelle des
poulmonsjpuis qu ils feleuentlorsqucla poiâirine s’ab
baife,à caufe que le diaphragme montant alors afTczhauc
danslapoiarinc, lepoulTe, & qu’au contraire il s’abbat
lors quelle s’efleiîc. ]Orparccquelc poulmonea l’orga¬
ne de la rcfpiration,on luy a donné ces
Ffages : [i. FUteniGalien & Auiceme veulent qu’Ü fg].,
UC au cœur dccoiteondecuiflinct.
X. Les autres comme Colutnhm difent qu’il fert pour
peparer& commencer la génération des efprits vitaux,
qui fc perfedionnent apres dans le cœur, veu qu’il femble
qu’il fcfafle quelque circulation dufang auxpoulmons,
îpar l’ebullition que caufe la chaleur du cœur , s’appaifant
en fuite par le froid de l’air .
3. Il a d’autres vfages plus propres, ] quand il fe dilate
& qu’il ferciïcrrc.
Lors qu’il fediUtff, ilreçoitl’air comme vnfoufflet pat
les rameaux de la trachée artere.
Toute fo te pi eparer au cœur i’air , pour feruir à l’cfpritdc
Jair û'ep *^ourJ^hure conucnablc. Car toute forte d’air n’eft pas boa
pas ben à à noftrc cfpric , comme on le peut voir en ceux que la fu-
l’effrit de mée des charbons fait mourrir, & comme cela feremar-
I homme, qyg aufli dans les maifons nouuellcmcnt blanchies de
chaux.
ï^ofiee cha. efuenter & rafraifehir noftrc chaleur. Car nous
leur a be- remarquons <^u’ellc abefoin de froid pdir fac^nferua-
foin de tîoa , & que fans luy elle s’efteind , comme l’cxpcricncc
froid. nous le fait voir en ceux qui arreftent trop long-temps
dans les bains fort chauds , de raefmc que la flamme qui
^ eft renfermée dans vn lieu cftroit,& qui n’cft point efuen-
le^lZns moyen de l’air , s’cfteind & fe perd incontinent.
n'wtflT pourquoy le poulmon cft appcllé l’cfuentail & le
befein de foufflet du cœur , & la nature n’en a point donné aux
pHlmoHs} poilTons , parce qu’ils n’auoicnt pas befoin dans l’eau <lc
Lu Thorax^ 277.
^âfraifchiiTeftîent. [D’où vient qu’en voyàntfcuktncnt le
poulmonde chaque animal, on peut iuger de fa chaleur,
parce que la nature a fait vn poulmon plus grand à ceux
qui ont le cœur chaud ] Le poulmon par confequent n’cft
pasabrolument necelTairc à la vie, maisâ la commodité
ducoeur,[puis qu’vn garçon d’Amfterdara aagé de quatre
ans, auoit aulieu de poulmon, vne petite veffie membra-
neufe remplie de vent, comme Nie- F<?»w»«j,Mcdeciiv
de ladite ville, le tefmoigne , qui eftant parfemée de peti¬
tes veines déliées , prenoit fon origine de la trachée artè¬
re, d’où le cœur receuoit lerafraifchilTement. Il mourut
toutes-fois de marafmc, parce que le cœur ne receuoit pas
peut-eftre , défait alfez abondamment, ]
Quand le poulmon ft re ferre en l’expiration, il a deux
vfages-.i.Pourdôncr palTage aux excremens fuligineux.
J. Il fert àla voix , en tant qù’il fournit le fouffle ou l’air
pour la former. C’eft pourquoy les animaux qui font
priuez du parenchyme des poulmons , n’ont point de
voix.
CHAPITRE X.
Du Sifjlet ou de la Canne àesToulmonsl
Le fifflet ou la canne du poulmon , a efté appellcc artè¬
re parles anciens , parce qu’elle contient l’air , GaUch
Sc quelqucs autres l’ont nommée TrAchée ou ajprearterej
icaufede fonincfgalité, & pour la diftingiier des aruercs ^ , .
quifont polies & égales. C’eft vn canal qui entre dans les
poulmons par pluficurs rameaux de la partie inferieure, arterei
Hippocrate nommcfyringucs& aortes, la tefte duquel S’Utomh
fe nomme larynx dont nous parlerons àti thapitre lui-
Dant , le refte yronchie , à caufe qu’il cft aroufe par le breu-
*^age. Car Hippocrate monftrc auec raifbn qu’il en
quelque peu dans la trachée & les poulmons , en vn por- chée & It
ccau qu’on vient de tuer , dans les poulmons duquel on ?
M m iij
278 Llure Second,
trouucvne matière de la mcfnie couleur que celle qn»']
beue vn peu auparauant. On peut aiifli prouuer k mefÀ *
chofe parl'obferuation As Ittlins lafolinm Anatomifted*
Naples, qui cherchant dans le corps d’vn Gentilhonjjj^ç®
la caufe de fa mort, trouualc péricarde fi plein d’humem.’
qu'en le preflantjelle fortoit par la bouche. ’
Quant à la fmâtion de la trachée artère, elle eft couchée
fur l’œfophage , car elle defeend de la bouche tout droit
par le col dans Ics poulmons. [Or elle fediurfe endeux,
rameaux, à la quatricfmc vertébré du Thorax, qui entrent
chacun dans le poulmon de Ton cofté. Ceux-là fefouldi.
uifent en deux autres , & ceux-cy en d’autres, lufques à ce
qu’ils finiffent enfin en des petits rameaux à la Cupcrficic
des poulmons.] Mais les plus grands rameaux de touslcs
vaiffeaux du poulmon qui entrent danslafubftance, fe
portent entre lay eine arterieufe qui eft derrière, & l’ar ero
veineufe qui eft dcuant,& fc loigncn: aucc. elles pa\le
moyen des anaftomofes..
Le poulmon ed couucrt de Atvix memhrants , dontTy-
ne eft par dehors & l’autre par dedans.
V extérieure eft delieé & vient de la pleure, & eft eft’roi-
temervt liée auec les ligamcnsdes cartilages qui font en¬
tre-deux & conduit les nerfs rccutrens.
V interne [dont les fibres font droites,] eft plus efpailTc,'
plusdenfe,.& plus folide (fur tout aularinx, fort peuaux
ïatneaux du poulmon , & médiocrement au milieu delà
trachée) ce que la nature a fait, afin que les chofes acres
qu’on a aualées,ou celles qu’on reiette en touffantjOU qui
diftillent delà telle, ne l’offenfent.
Celle cy prend origine de la tunique qui rcueftl
palais, c eft pourquoy clic eft continue àla bouche.
Elle eft d’vnc humeur grafle, pour empefehet
que fes mouucmens, les cris , l’atrradion de l’air trop
chaud. & lafortie des excremens fuligineux acres, S^c-
ne la defleichenr. L’abondance ou le manquement de
cette humeur gafte la voix, qui deuient enrouée 'jlofJ
qu elle diftille abondamment, & plamtiuc, lorsque
Du Thorntx. 279
fftconfumée par les fièvres ardentes, &c. [Qjfand ellcefl:
trop abondante , nous deuenons tout à fait muets, &
fomnics priuez de la voix,qui reuient aulfi-tolt qu’elle eft
confumec. Cc qui peiit'eftrearriuéattfilsdcCrœfus qui
cftoitmuet, dont parle & à Æ glcsAthlete de
$imo^->àoT\iValerele Grand fait mention, & à l’inno¬
cent & orphelin Zacharie, dont parle Nic.Fontanus eu
{es obfcruations , qui ont elle nouucllcment impri¬
mées.,]
Cette tunique eft d’vn fentiment fort exquis , aîfîti
qu’elle puiffe eftte excitée à chafler les chofes qui l’iti-
commodent , & luy nuifent.
LifnlffiAftce propre de la trachée artere, qui eft en par¬
tis cartilagineufc , & en partie ligamenteufe , eft entre ces
deux membranes.
Elle a deu cf^tecartiîatmSHfe en partie, & non pas tout
àfait.iigamentcufe. '
1. A caufe de la Voix , parce que ce quifait vn fon, doit
«ftre folide. ‘
Parce qu'autrement elle s’abbatroit toufîours ,àcaufe
de fa raollcfle,j& qu’elle ne s’ouuriroitjpas aifém ent en la
refpiration.
U falloir auffi qu’elle fut en partie & non
toute cartilagineufe : Car fi elle cftoitcompofée ou d’vn eiiteft li-
feul cartilage, ou de plufieurs entièrement circulaires, gamenteufe
I. Elle feroit toufîours ouuette , & nepourroie pas
s’abbatre & fc dilater.
i'Elle preireroiti’Oerophage,aaIienqu*’clIe doit lui cé¬
der , fur tout en la déglutition des viandes folidcs , afin
que la gueule fepuifle dilater fuffifamment. Par ainfî les
cartilages fcrucnc àla formation delà voix,& les ligamens
membraneux à la refpiration.
11 y a plufieurs cartilages ronds faits en forme d’anneaux
l'on pas parfaitement. Car en la partie pofterieure qui
touche l’OetophagCsla quatrième partie du cercle y man¬
que, en la place de la quelle il y a vne fubft^ncc membra-
2, 8 O Liure Second^
[ On les appelle Siptti^es àcaufe deleiir figure ,
qu’ils rcflemblent au C des anciens , iufqucs à ce qu-jij
s’implantent dans les poulmons, où ils perdent leur nom à
caufe que leur figure s’y change : car on les nomme
Bronchics qui fontcompofées de cartilages entiers ronds
quarrez & triangulaires. Mais enfin ils deuiennent mem¬
braneux quand ils fe ioignent aux autres vaiffeaux dii
poulmon.]
Ces Cartilages font enfemble pardesliga;tiens
quiTont entre deux, quife trouuêt plus charnus enl’hom*
me Sc plus membraneux aux beftes. De forte qu’en
i’hommcils femblentdes petis mufcles. Les Cartilages,
font par tout cfgalcment efloignez les vns des autres , &
font difpofez de telle forte que les fuperieurs font plus
grands.
[ Elle a des vatfeâux communs aucc les autres, les vei¬
nes vienent des iugulaircs externes , les aneres des caroti¬
des, & les nerfs des rccurrcns de la fîxiéme paire ]
Son Vfage eft. ï . eni’infpiration, afin que les poulmons
puiffent attirer l’air corne des foufïlets par la trachée artè¬
re, comme par vn tuyau. [ D’où vient ce fifflement quiar-
riue en l’afthrae que fait l’air en palTant & rcpalTant, parce
qu’il ne coule pas aifement , les bronchies cftans empe*
fehées,]
1. Enl’cxfpiration premièrement pour donner palTage
aux excremens fuligineux quifontchaffezparla bouche
& par les narines. [ C’ett pour cét vfage que les orifices de
l’artere veineufe s’abouchent auec tant d’artifice aucc
ceux de latrachée artère , qu’il y a vn palTage pour donner
foriie aux excremens fuliginçux,mais non pas au fang, fi*
non qu’il l'oit ietté aucc violence & en touflant.] Secôde-
ment pour feruir àla voix [ en l’cxfpiration, que quelques
bateleurs font neantmoinsenl’inlpiration.] C’eft pour-
quoyiy/^p^ocrrf/e l’appelle vn organe fpirable & quife» à
la voix. C eft donc vncchofenicrucillcufcjqu’ilfetrouuc
des hommes qui viucnt longtemps dans l’eau naturelle'
sncnt,& fans artifice, comme des poilTonSjfi au moi»®'
Du> Thomx. 28~t
p^y(croireccqiieditC<ïy^4»auliure. z. delafubEilitéde
^olanus ce célébré plongeur de la Sicile , quidcmeuroit
fous l’eau trois ou quatre heures, lly aauffiauxindçs Ot-
cidcntales, des pefcheurs de perles, qui demeurent fous
l’eau vne heure entière Ce qui fait trouuer cela merueiU
leux c’éft qije cela le fait fans artifice. Ainfi les Egyptiens
font des plongeons fort excellents, qui fe plongent apres
luoir pillé & volé. Car la defeription du voyage de Nico~
Chrifiophe Radxjiuil now^xdmoigne que ne feconten-
tanspas des volerics qu’ils font fur terre, ils portent & ca¬
chent tout leur butin fous l’eau : Et fouuent ils prenent
des hommes qui font couchez fur le châlit dunauire , &
l’ayant plongé dans l’eau>ils luy plient la vie & les habits ;
De forte que ceux qui: nauigent , font obligez de veiller
fouuent armez toute la nuid. Les pefeheurs de ces pays là|
fç plongent dans l’eau , prenent deux poifibns aueeles
mains, Sc en portent vn troifiéme à la bouche.
CHAPITRE Xi.
Du Larynx.
La telle oulè commencement du Sifflet des poulmons
fe nomme Larynx, qui cil l’organe de la voix.
Il eft^r»/au milieu du col, parce qu’ilcft
F»/^»e,afin de faire vne feule voix.
Si figure eft prefque ronde & circulaire , parce qu’il det
Boiteftrcconcaueàcaufedcla voix} Maisiladuance da¬
vantage par la partie anterieure, & ell plus applati parla
pofterieure,afin qu’il cede à la gueule, fur tout en la dcglu-
vtion,en laquelle lors que l’Oefophage fe baifie , le larynx
ïftourne en haur,§c ainfi il aide à la déglutition en cedant
&endcprimanr.
grandeur fe change félon lestages. Carie Larinxell
fntoit en ceux qui font fort icuncs.d’où viét queleur voix
eftaiguejg^ ample en ceux qui font plus auancez en aage,
Nn
D'ek vieni
l.iVoixgrft-
ue (ji l'ai'
gm.
zSî ' Lmrefi ûnd,
ce qui rendla leur gcauc. A qiioy contribuent auflîlàlon
gueur ou labiiéuecé du larynx. Que fi outrecela, il » ’
abondance d'air oud'efpric qui fort, la voix cù forte, & [4
en fort peu, la voix eft petite & grefle.
(imites sot C’cft pourquoy Galien cftime qu'il y a deux caufcs qui'
les tnufis fontla voixforte,àfçauoirramplitüde fie l’aQ)re artère, &
de U VOIX le foufflc vehement, & il enfeigtic mtçjlifpocrate que ce»
deux caufes dépendent d vne grande chaleur. C eft ce
qui luy fait dire au liurcdcla Semence , que les tefticulej
D'oh <0unt fêruentàla conformation de la voix. C’elt pour celaque
k change- lesatiafles changent de voixenl’aage de puberté, & qu«
. tnent de U les chaftrcz en changent auifi. Vn cheuaf hongre ne hen-
nitpius, & le chapon ne chante point, ou bien fon chant
eftpiusfoible & bien different deceluy qu’il auoitaiipa.
rauanr.
Les parties dularynx,&: celles qui fontirentourde
luy, font les cartiUgits^^^ mufcles, les membraneSi les
femx èclcs glanées.
Les ««/c/w qui paroiflcntles premiers, font ceux qui
racuuent les cartilages, que la nature a donné au larynx,
afin qu’il puifTe eftre meu d’vn mouuement volontaire,
veu que nous formons la voix à noftre volonté.
Orlc larynx dcThomme n’a que quatre
communs & neuf propres , bien que les vns en facent
vingt , d'autres dix huiél, & d’autres quatorze.
Les mufcles Les Communs font ceux qui s’implantent au larynx,
communs quoy qu'ils n'y prencnt pas leut Origine.
du larynx, i^ç^pr&pres ont leur origine & leur fin au larynx.
Lz première paire inferieuredes communs [appclléc
fternotyroide par les anciens ] prend fon origine inté¬
rieurement du fternon,[ par vn commencement large &
charnu,] & fc glilTant le long de la trachée artère , s’infere
en bas,aux coftez du cartilage feutiforme.
Son Ffage eft de refterret la fente du larynx, lors qu d'
letire le cartilage fcutiforme.
Lâ fécondé paire (üpcïicmc [ appelle Hyotyroidç]
.^.charnue n'aift du fiege inferieur dcros,hyoide,touchcl<^
Du Thorax. %%}
cartilage rciitiforme & s’inferc l fa bafe.
5an rfage cft de dilater la fente, loj;;s qu elle Icuele feu-
tifoimc.
[ Spigelitis donne à ces mufcles des Vfages contraires à
ceux cy, à fçauoir à la première paire celui de dilater , & à
la féconde de refferrer la fente du larynx. ]
D’autres adiouftent icy vne troipme pâtre , que Colum-
ysi^Cajferifts prenent ncantmoins pourvn feul niufcle.
Mais ce roufcle eft pluftoû le dcglutitcur,puis qu’il naift
du feutiforme & enuironne rœfophage.
On dit que le feutiforme referre la fente en eftreflilTant :
les coftez Mais il ne fer r au larynx que par accident.
Lipremiere paire propre naift de la partie anterieure &
inferieure düfcutiformc , comme l’infcrtion des nerfs le
monftre , & s’en va à l’annulaire. C’cftpourquoy cette
•paire peut eftre nommée Tyrocricoide, & non pas
tirgide, comme veulent d’autres Anatomiftes. [Spigelttals. <
fait venir d j la partie anterieure du cncoide, & la tait finira
àla partie inferieure & latérale du feutiforme. ]
Son rfage eft de tirer le cartilage annulaire vers lefcu-
tiformejâfin qu’ils fe ioignent.
La fecende paire prend fon origine de la partie pofté^
ticure de l’annulairefpar vO principccharnu,]& s’infereà ;
la partie inferieure de l’aryteDoide [par vne fin nerueufe,]
&rcrt à ouurir lelatynx. C’eft pourquoy on la nomme
Cricoarjtemtde, & Cajfertw c\xc\x\ïzi\e.
Larro/yftfWpairenaiftpar haut des coftf'z de Lannulai-
rc,& s’mfcrcauxcoftezderarytenoideà laiointure, [à
«etc partie qui n’apoint efté touchée par la première,] ÔS
ferme le larynx.
quatrième paire [appelléeTyroarytenoide] interne
& fort large vient de la partie ahreneure & interne du ^
feutiforme , & finit aux coftés de l’aryienoide & ferme le
Larynx. [ Sil’influTimation le prend à cette paire en la •
«quinance, elle deuietumoi tcllc , parce que cette paire
ferme la fcn .e exadement. ]'
Le Neufieme mfifck[dii ary tenQidicnjque d’âutrcs nom-
N n i) menï
Du Thot'ix,
1S5
Explicatm des Fi^isres,
Ccsfigurcsreprefentcnt IclAiynx auecfes mürcles, La i.
nionftie fa face ancciicure. La x. Ton coftc droit.
La 3. la partie polierieure. La la poftericure
fous l’os hyoïde, La la mefmc laterale. Elles ont
des lettres communes , s’il n’eft marqué autrement.
Dos hjoidâ coHtiert encore'de /^uelijues.petites membranes.
B. Le cofie'inferkHr de Coshjoide, ^ut éfi attacher laprodu'
Bien fupeneure du cartilage fcHtiforme,marqué de C .
D. le cefie' fuperienr defos hjotde coupe' e/îlax.fig. enE.
F. U fécondé paire des mufcles communs du larynx^
G. la première paire des mufcles communs du larynx qui a
efle' malgrauee. plus efiroite vers fon origine que près de
la fin.
H. le gofiter.
l, la troifie'me paire des muf de s communs du larynx , félon
quelques-vns i mais ceft proprement le mufde dégluti.’
teur.
K. Icyfont les mufdes de l'Epiglotte aux hefies qui rumi-’
nenti & qui nefs trouuent point en celle de l'homme.
1.4’ Epiglotte.
lA, Les glandes qui font attachées à la racine du larynx aux
cofieSlJ.elatrachéeaTtere.
N. I. /4 première paire des muf des propres du larynx»
P- 4. 5. la fécondé paire des mufclespropres du larynx,
y la troifie'me paire des mufcles propres du larynx.
V. 4. 5. /f neufiéme mufde du larynx-
j. le mufde dnoitde la quatrie'me paire des mufcles propret
dularynx-
la partie fuperieure du mufde droit de la mefme paire.
i’i‘le cartilage fcutifiormeparlaface anterieure.
4- L le mefme par lapartie pofierieure.
i.y. le cartilage annulaire par la face anterieure.
N n iij
Uure fè^'ond^..
k. 4. (. îe mefffff parla partie pofierieure.
L 3. 4. 5. le cartilage arjfteno) de
ment la cinquième paire, preRci ron origine àla ligne
fttneurederarytenoidé & Te tramant par des fibres tratif,
uerfesjils’tnl'ere àfes toftcz,& ferme lelavynx.
Il n’y a point de malcle en i’Epiglôtte de l’homme. Car
elle ne fe meut pas volontairement en l’homme , comme
content quelques vns,mais elle s’abbailTc parle poids des
chüfcs qu’on prend.
ÎLa natare a donné des mufcles à r'Epiglotte de belles
qui défirent continuellement de manger^qui ruminent &
qui ont l’epiglotte fort grande. Il forr quelques mufcles
en celles cy de l’hyoide,&: s’infcrent àla baie derEpiglot-
, te qu’ils leuent. refale tient cette paire pour la quatriè¬
me des communs : 1 1 les autres l’ont fituez entre la tuni¬
que 5£ le cartilage de l’Epiglotte, & feruent àfermer.
NSlre des Les Cartilages du larynx font cinq , qu i s’endurciffent
Cartilages quelqucsfois cn ceux qui vieiliilîcnt , comme des os;
du larynx, j^’où vient que quelques vas n’ont peu cftre cftranglez au
gibet, ■■ ‘
Le premier Cartilage fe nomme Tyreide ovt feutiforme,
acaulc qu’il a la Egurcd’vn bouclier, parce qu’il elt pref-
que quan é, cane par dedans, conuexc & bolTu par dehors
aux hommes plus qu’aux femmes , parce que les glandes
qui font au laiynx, rendent leur colefgal. [Pom labeau-t
té.] On nomme cette tuberofiié qui fe voit au col par
tt morceau deuanija pomme eu le morceau d'Adam^ [parce que le voU
. d’Adam e/ gaire croit que le morceau de cette pomme fatale s’arrefta
plus eminêi àla gorge d’Adam par vne punition dmine, qu’ilalaifféc
auxhom par propagation à lapo'lerité. ] Il eftfeparé au milieu par
femmes. ligne, d oU Vient que quelques-vns en ont fait deux,
bien qu’en effed onne le trouue double que fort rare¬
ment. ,
' [ Îlades^r<îi5è«èî/o^àresangles,àrçauoirdeuxparlisu^
plus longues p.ir lerqiielles il fc loiut aux coilez
rieurs dç l’os hyoïde par le moyen d’vti ligament > Sc
r Du Thorax, ztj
Jcax ioignenc au cartilage cricôidc. ]
tcfecondt^^ le Cricoide ou l’annulairc, parce qu’il cft
rond comtncvn anneau, & qu’il environne tout Iq^larynx.
OrilreflembleàranneaudcsTurcsiGarfapartie-pofte-
lieurecftlarg"^ ^^*^'^ elpaifle qu'on nomme ordtnaite-
V ment Innomme ou Anonime , parce que les anciens ne
luy ont point donné de nom. [Il fert de bafe à tous les au-
Hcs cartilages , &c’eft par Ton moyen qu’ils font ioints à
^afpte artere,c?eft pourquoy il cft immobile.
Le troiftéme &c quatrième que quelqucs-vns ticnneftc
pour vn Icul,quoy qu’en effed il foit double , comme il fo
voit lors qu’il eft defpouillé de fa tunique , cft nommé A-
ritonoide , àcaufejqu’il a la figure d’vne aiguiere oudcla
partiedes pots par où on verfel’eau , fi on confîdere les
deuxprodudionsdela partie fuperieure,qui feioignans
font vnc fente pour l’articulation de la voix, que quelques
vns nomment lalanguettc ou le (j/tffm. Carlavoixnefe
fait que par vn pafîage bieneftroit. Elle cft afîife furie guette.
ficgefupericur&pofterieurdu cricoide , en lacauitédu
cartilage Tyroide; [Il faut remarquer en cét endroit vne
cauité qui fe forme entre l’arytenoide & le feutiforme,
des membranes qui lient les cartilages.] S’il arriue par
hazard qu’en riant ou en parlât , lors que i’Epiglottes’ou-
urc, quelque miette de paitf , ou quelque goutte du breu-
uagcytombe,latoux eft excitée incontinent, parce qu’elle
va contre le fouffle. Mais fi quelque chofe coule infenfî-
bleraent par la fente vers les parois du larynx , elle n’em-
pefehe pas larefpiration.
. cinquième fe nomme l^Epiglotte qui couure &:qui
^ ferme la fente, afin qu’il ne tombe pas grand chofe du boi*
te & du manger dans la trachée, & que tout s’en aille pref-
que dans le gofier. Mais elle ne la ferme pas fi exade-
went , qu’il ne palfe par les coftez quelque peu c[u breu-
'i3ge. Car quand on dit que le breuuage ne pafte pas dans
la trachée artere &les poulinons, cela lé doit entendre de
la plus grand part. Car nous auons dit cy- deflus qu’il y
^ ea entre quelquepcu.C’eft pourquoy nous ordonnons
2g g Liure Second.
des eleauaircs & dc< tablettes aux maladies du Thorax
quM faut tenir à la bouche la telle rcnuerfécjiufqucsàcj
qu’elles.fe fondent , afin qu’il en coule quelque portion
le long des parois de la trachée artere.
Or la/»^/4«fe de l’Epiglotte eft plus molle & faite en
forme de langue, ou de fueille de lierre, félon Hippocratg,
Elle eft attachée à la bouche des deux codez par vnê
membrane commune, dont la cauite interne du larynx
qui eft arroufee dVne humeur vifqueufc, eft aulTi enue.
lopce, & l’externe auflî.
^ant aux vaifeaux , le larynx reçoit fes veines de la
iugulaire externe.
Les ancres du plus grand rameau de la carotide : Eties
nerfs de la voix, comme Galien les nomme du rameau
récurrent de la fixiéme paire, pour le mouiiementdes
mufcles.
l>atthUvfif Deux fortes de^/4;?^w font placées prés de luy.
fe des a. {iege Jaiynx aux codez de la
Latins nom ment ou
les Gïccs Parti; hmia & Antiades^ qui eftansfpongieufès,
& vne de chaque collé, reçoiucnt l’humidité du ccrueau,
La Miue conuertilTent en faliue , dont la gorge jle liirynx , lalan-
^ ' guc & l’ocfophage font arroufez , bien qu’elle férue auiïi
au gouft , qui né fe peutia^i^jfei s humidité. Ces glandes
font aux enuirons delà racine de la langue, & font cou-
uertes de la tunique communedela bouche, &:reçoiuent
les veines dcsiugulaires. f
[ Elles ont deux petites vejftes adWrentes qui reçoiucnt
des glandes les ferofitez,& les reiettent dans la bouche. ]
Les autres font placées a la région inferieure du larynx,
vne de chaque collé grande & fongueufe , dans laquelle
s’efpandent les veines qui viennent de la iugulaire exter¬
ne. Elle eft plus claire aux femmes, & plus charnue en
Thomme & au boeuf.
Leur vfagee^ d’arroufer le larynx d vne humidité qui
n’ell pas fiuide, mais vifqueufe & grade, afin quclescar-
«ilagesdemennent plus propres au mouuement, & qu®
la voix
Du Thorax. 18 ^
h voix Toit plus douce. Ceux qui oignent aucc de l’kuile
les flcutcs, imitent cet artifice de la nature.
\'<üfage du larynx eft d’eflre l’organe de la voix.
Caries organes de la voix font de deux fortes, les vns e^eUfen»
prochains & les autres efloignex. Le Thorax & kpoul^ i*» organei
^ff»font du premierrang J [fans'quelecœury contribue,
parce que fi on lie efttoitement fes quatre vaifleaux, & fi ^ f*»»/**-
on coupe le cœur en vn chien, il peut courir & crier après -
cela , comme Galien en a fait fouuent l’expericnce douant
nos Autheurs modernes. LTllaJlre Ferdams rapporte
cnfonhiftoircdcIavie& de la mort, art. 15. qu’vn hom¬
me à qui on auoit arrache les entrailles, & le cœur, profera '
trois mots ou dauantage d’vne pricre.] Les autresqgjij^K
cfloignez,fontde plufieurs fortcs^les vns prcparentœS^
me la èr4C^ftr5 les autres aidentàla voix, comme les muT
les nerfs, & les autres la conferuent, comme la bou¬
che S>c\egoJîer. Mais le Idjnx eftlorganc principal , & fa
partie qu on nomme la languette, eft le propre & pro¬
chain organe.
Or la voix fc forme de cette forte ; l’air eft fouffié & iet- Ccnmtnt
lédehors aucc vkefie & violence par le poulmon, la fen-
te s’cftreflît médiocrement , où. fc forme la voix par l’alli- •
fion le froilTement de l’air : [comme le fifflement du
vent qui fc fil[||||nttant parla fente d’vne porte.] D’où
vient qu’^n/ore définit la voix, vn coup ou battement
d’air, entendant l’adion pour la qualité qui en rcfultc, ^ rrn'
Mais leyô^jpirfc forme, lors que le fouffie fort, l’organe ■ ■'
eftant bien ouuert.
C’eft pourquoy on ne peut pas proprement appellcr
voix, ce fon que font les animaux qui n'ont point cét or.
ganc, comme celuy de certains poiflbns , le coaflémenc
nés grenouilles, le bruit des cigales. Arijlote enkigne
quelccoâflément des grenouilles fe fait par le moyen de
lalevre de lamafchoire inferieure., qui fe meut balancée
d’-vn poids égal, auec vn peud’eauqui aeftéreceue.dans
la gorge,lalevre fuperieure demeurant cependant immo¬
nde, 5i tendue auec tant de force qu’on leur voit cftinccl.
O O
2^ ^ O î}un Second,
lcr les yeux, lîefl: certain ncantmoins que la grenoiülîg.
despoulmons,ôcvne fente au rnilieu du larynx. Enfi^
la voix cftvn Ton de l’animal que fait la languette pat Ig
battement del aitrefpiré pour expliquer les conccptiôs'
dcrclpric. De forte que la voix ne conuient pas à tousles
animaux , ny à toute forte de Tons qu’ils font, comme àla
toux & au crachat , mais à celuy feulement qui fe fait par
la languette. S’il y a quelques poiflons quifaflcnt vnlon,
ilslefont parles bronchies,ou quelque chofe defem*.
blable, & non pas par la bouche. Les animaux qui n'ont
point de fang, &lcs infedes, comme les abeilles , les
mouches guefpes.&les fauicreaux,n€ font point de voix,
mais comme Ariptea. forrbien remarqué au 4.1iu. de
i’Hiftoire des animaux, le fon qui tort du dos, comme
par exemple en la cigale, fc formeparlefrottem^ des
deux ailes. Car vn certain air & efprit eft contenu dans
ces infedes à la membrane, qui eft fous le diaphragme.
rD’âutresveulentquelesinfedesfontçcfon,cn battant
raircndiuerfcsfaçonsaueclcursailes. ]
[ Les différences de la voix font infimes, & font caufécî.
i.par la configuration de la bouche, a. pat le different
battement de l’air, & la mélodie faite d’vne differente
mcfurcjcommeaux fleutcs.3. parladiucifité de lagran»
dear,& desqualitezde l’organe, comnjUfc larynx, de
rafpreartcrcjdupoulmon, & du Thorax. 4. félon qiicla
voix eft portée aux oreilles entière ou difpcrfce. Nous
pouuons adioufteràces différences de voix, celle qui eft
particulière à vn chacun , que les beftes remarquent exa-
dement ,en quoy elles monftrcnt qu’elles ont l’oreilic
meilleure que les hommes. Carvn agneau qui ne fait que
venir au monde , connoift le becllcment de fa mcrc entre
mille autre Tons, & au contraire. Cequifc trouue vérita¬
ble auffi aux poules & aux poulets. Car onnctrouuera
jamais vne mcfme voix en deux animaux , parce que
leurs organes ne font iamais entièrement femblables:
Comme on ne trouuera iamais deux cloches
mefiive matière , d’vn poids égal , d’vnc fcmblable
Dti Thorax.
fondues par vn mcfmc ouuriet , & d vn pareil artifice,
qui rendent me fme Ton.
Les parties de la voix font les lettres qu ondiuife en •
-yoyclles & confonantes. Nous ne formons que cinq
voyelles feulement, parce que la racine dclalangucnc
fcmeutqucparaittantdc mouucmcns. Orlaconfonan-
tc le fait lors que la voyelle eft entre-coupée & modifiée
bien auant en la partie anterieüre de la langue, par le
moyen deslevrcs& des dents, qui ne peut eftre proférée
fans vne voyelle , parce qu elle (cri de matière à la confo-
nante,quifcformcdela voyelle modifiée Si cntrc-cou-
péede la mcfme façon que les fleures font d’vnfon con^
fus, vnfon articulé & harmonieux, lors que l'air refon-
nanteft preiTé & coupé aueclcs doigts par vne certaine:
Ôcreigléc mcfurc.
CHAPITRE -XIL
De iJOefofhage.
L’Oefophage qui eft nommé la gHcnle ou le gofîer , &
I tflmtaçhi eft le tuyau ou l’entonnoir du ventriculci
comme latracKée aitcre eft celui du poulmon,
Sajir»4fio».eft telle. Son commencement cftà lagorgci
d’où il delccnd fou.vla ttachée,au ventricule. Mais quand
il eft venu àla cinquiéme vertebre du Thorax , il fede»
ftourne à droite, pour faite place à l'Aorte qui marche pac
le milieu, éSe puis il monte i gauche fur la grande artere,6f
paflant par le diaphragme., s’en va àl'onziéme vertebre,
iufques à l’orifice gauche du ventricule aucc deux nerfe
qui viennent de la fîxiéme paire.
li a peu de v«»«du rameau coronaire de la porte, & de
‘azygos de la veine caue.
ancres vicnentdelacaEliaquc &du tronc defeen^
dant de l’aorte.
[Etfes nerfs de la fixiéme paire.]
Q o ij
2,91' Llm Second^
Il a connexion par fon commencement auec là gorges
le larynx, par le moyen de la tunique de la bouche qui ça
, continué au ventricule. lied ioind aux vertebtes , àlj
trachée, & aux parties voifincs par les membranes qui
naiflentdesLigamensdu dos. Or parce qu’il eft couché
fur refpine , nous appliquons les to pjiques au dos , lor
qu’il eft malade.
A».v m»U-‘ Il a corfs gUndhletiX adhèrent par la partie poftç.
die$ dit g«- rieure,quiluy fournit l’humidité neceflairc pour hume,
f, et, il faut ^^^ç,j.fagauité,afinqueladeglutitionfoit.plusairée.[Ils’eti,
fle quelquesfoisfi fort qu’il ferme le palTagc au brcuuage
.mdis. &auxalimens les plus liquides. ]
Sa Subftance eft compoféc de trois tuniques , afin qu’il
< puifie fe dilater plus aifcmcnt au long & au large.
eft commune auec le ventricule. Ceux qui
veulentqu’elle prenne fon origine des ligamens des ver¬
tébrés, fe trompent aufli bien que ceux qui la font venir
• de la pleure. Elle jiaift donc du mefmc endroit que la
membrane du ventricule, àfçauoir du péritoine, car elle
«ft continué à la membrane du ventricule. Elle eft fort
iîicc , & eft prefque fans aucunes fibres.
\jifecmde eji la première fro^re extérieure , plus char¬
nue , plus cfpaifle & plus molle , comme fi elle eftoit vn
i mufcle percé, & eft ordinairement tilTuc de; fibres rondes
- &tranfuerfes.
Lzmijte'me &c \x(cconàe propre interne eft plus nerueu-
fc, vn peu plus defliéc & plus dure, & communément
garnie de fibres droites & longues, [& continucàlamcm-
' brane qui reueft le palais, la bouche, la gorge & les leures,
;d’où vient que la Icure inferieure tremble , lors quelevo*
: miffement doit arriacr.
Au refte nous auons le tefmoignage des yeux contre
cetteopinion vulgaire , qui nous aiTcurent quela tunique
interne eft tilTué de fibres tranfuerfes $c circulaires ,
irexterne de droites & oblongues.
^ Les mufcles de l’Oefophagc , que d’autres paftent
c’y atrefter, font quatre.
Du Thorax, 193
tcpretftier cfl celuy dont nous auons fait mention ,
quand nous auons parlé du larynx.
° Le fecoftd&c le ti-oinémefontgrelles.& defliez , Ôc font
(iuez à la gorge , & fortans du palais finiflent au commen¬
cement du goder.
Le tjuatrieme qui naiftde la partie interne du menton
s’inferc par duicrs entrelaffemens de fibres,& paroit dou¬
ble en fa fabrique. ç-> J r
VJWoft derOefophageeft donc animale, puis qu’elle
[t fait par le moyen des mufcles & non pas naturelle,
comme veut l’opinion vulgaire , & la déglutition dépend natmelUeu
en effe»^ de noftre volonté. animale ?
Or la déglutition fe fait en cette forte : Qu^andilfaut J” .
aualler quelque chofe,ce premier mufcle que Galien nom-
mele Sphinder,fcre(Terre de tous codez ; d’où vient que ,^5»,
fes fibres obliques qui vont de l’Ocrophagc au larynx,
deuiennent tranfuer fes , & quand cela arriue, le larynx fc
leue & le gofîer fe bailTc, & la cauicé du gofier abailTc s’e-
ftrelTit. Le quatrième mufcle donne fecours à celuy-cy.
Car comme le premier eftantrelTerréenuironne les vian¬
des ramalfées par lamalïication, & les prelTe cnlesenj-
bradant : Aind ce quatrième fe rclTerrant vient des parties
anterieuresaudeuant de luy, & empefehe de toutes parts
que les chofes prifes par la bouche, ne remontent , les
pouffe & les enuoye à rOefophage : De forte quedel’vn
&l’autre mufcle relTcrré & demi-fpherique iointenfem-
ble , il fc fait comme vn cercle entier, &: vn fpliinder par¬
fait. Tous les Anatomiftes prcfque fe trompent en fa fa-
briqucjôc ignorent fon veritable vfage, ou l’attribuent à la
tnafti cation & au raouuementdelaUngue.
'^'Ffageàn. goficrcft, afin qu’il ferue comme d’enton.
iioir pour porterie boire &le manger à l’eftomach. Ot qud^ue
bien qu’on aualle plus aifément les chofes liquides que les fois on 4-
iolidcs, îl arriue neantmoins le contraire en quelques ma-
«des qui ont befoin que la faculté foit plus irritée
plus fort obied, qui autrement demeureroitallbupie, fur '^^TLeUt
’toutenlaparalyfie. li<iuidts.
O O iij
Jjme Secondy
1
194
CHAPITRE XIIL
Du CûL
L'ECoI cft vnc appendice qui a cfté adioufté an ventre
moyen, & tient le milieu entre la telle & IcThorax.
Il cft ainft nommé de Cole qui fignifie orner, parce qu’ôn
a aceouftumé de le parer : [ou de ceilis colline , parce qu’il
s’efleue du corps, comme vnc collin c de la terre,]
Il cdohleng pour rendre la voix harmonieufe. Ccd
pourquoy les animaux qui n’ont point vnc véritable voix,
comme les poiftbns & les grenouilles, n'ont pas auffide
cols Et ceux qui ont la voix fort grande, ontlecolfort
long, comme les grues, les oycs,&c. [LagrolTeurdu col
fe change par iVlagc de Venus, parce que la chaleur diUtc
rafpréartere , lacarotide & les iugulaires. De là eft venue
la couftume des anciens Romains de mefurcr le col, par
où ils connoifloient le lendemain desNopces,filama.
liée auoit efté depucellée ou non,, comme nous l’apptc.
îions de Ctitülle Sc de Mercurial.]
La partie poftericure du col fe nomme proprement
Cerna; la Nuqtie. Orles parties du col font ou externes
comme la peau, lesmufclcs,&c. ou internes commelçs
vaiftcaux qui y palfent , la trachée 8c rOefophage. Nous
auons parlé des derniers, Ôc parlerons des autres en leur
lieu.
[Vrfage du coleft, i.pourl’Oerophage,I'arprcartcre6î
les poulmons. D’où vient que les animaux qui aufli
point de poulmons, comme les poiftbns, n’ont pomtn’ont
de col. Z. afin qu’iHcrue aulieu de main en quelques**
nimaux pour prendre l’aliment, comme cnfeignc(7<j/i^^;
3, afin qù il diftnbué des nerfs aux parties anterieures,*
1 cfpaule, au coude, à la main Seau diaphragme.
feulement qui ont vn col , ontccspatcics.J
livre troisiesme
de la cavité
Supérieure^
SA Teftccftietroifîémc Ventre & le Supérieur, Vourquey
le principal feiour de l'ame fenfitiue. La natu- Utefte tji
re l’a placée au plus haut lieu , parce qu’elle y
vouloir mettre les yeux en fentinelle , comme
dansvne efehaugette , & afin que leurs nerfs qui à caufe
deleurmolleflen’euffent peu faire vnlong chemin, fuC-
fent près du cerueau qui en eft la fourcc.
La telle eft ronde oufpherique , vn peu neantmoins ap- rigun.
platic & oblongue.
ia Tefte de l’homme furpafle en grandeur celle des ^^grMdeur.
autres animaux à proportion du corps, à caufe de la quan-
titéducerucau. La nature l’a faitoffeufe, afinqu’ellcfat
fortifiée d’vne plus feure deffencc. fuhfim-
Onladiuifc en partie cheueluë, &en celle qui tte l'efi
J*s.
Celle là fc nomme le crâne, & celle cy la face.
On compte entre les parties externes du crâne
Ee Sytteiput qui eft la partie anterieure de la tefte , de¬
puis le front iufqucs à la future coronalc.
^'Occiput eft la partie pofterieure, depuis le commence¬
ment delà future lambdoide, iufqucs à lapremicrcvcrtc-
wc de la nuque du col.
2, ^6 Lime mifiefmti
ht Sommet cftlapartie moyenne & connexe qui gft
tre ces deux.
Les Temples font les parties latérales entre les yeux
les oreilles.
Or les parties qui conftituent le Crâne font les vnes con¬
tenantes & externes, & les autres contenues & internes.
Celles là font ou communes, comme la cuticule & U pejù
cheueluc) la graifle&la membrane charnue, ou propres,
comme le pericrane, Icperipftc, les mufcle ,lcs os,
deux méninges. Les contenues font le cerueau , le ccre-
belle ôc la moelle qui eft en partie dans le crâne & en pir,
tieàrcfpine.
Laparticpff//(r(j«/i{«ffpoi/delatelle fc nomme la Face.
Elle a des parties propres outre les contenantes, à fçauoit
la fuperieure qu^pn nomme lc_/>£)«f, & l’infericufeoùfont
les organes desfens , comme les yeux , les narines, les,
oreilles & la bouche qui contient d’autres parties.,
CHAPITRE 1.
Du Pmi.
La tefte efliantle lieu le plus abondant en poil , il fern^
ble qu'il eft aulTile plus commode pour expliquer fa
nature.
nitî- Le poil fe trouue prcfque en tous les animaux qui cn-
ftiJtux ont gendrent au dedans d’eux mefmes, félon le tcfmôignagc
W» d'^rifiote,i\i lieu duquel les poiflbnsont des efcailleSjlcs
oyfeauxdes plumes ,& quelques animaux , comme les
heriflbns, des aiguillons oblongs.
Le poil eft vn corps àla vérité, mais non pas vne partie
du corps, linon en vn fens vafte dans lequel on dit qu^
quelques parties feruent pour' l’ornemenr.
h^ caufe materielle prochaine àa poil, eft les vapeursfu*
îigineufes 5c excrementeufes, cralîes & terreftre.s,
peu virqueufes. ^ ^ ^
'De laTefle. ly/
lî n’eft donc pas vvay que le poil & les ongles fenour- siUpy,ié>
tilTent & s’cngbndi-ent dvn bon & louable aliment, car lesongUsft,
iis croilTcnt mefmes aux hediques & aux tabides , &: nourripnt
eftanscouppez,ilscr9i(rententousaages, &plus prom-
ptement fi on les couppé fouupnc. Ils croiITent mefme
aux morts, cemme aux yoleurs, &c’. Ilfautlire P^refurla
fin de fes œuures, qui a tenu 24. ans dans fa maifon vn
corps embaumé, à qui le poil & les onglescroiiïbiét toutes
lesfoisqu’illcsacoiippez. D’où il s’epfuit qu’ils nailTent
des excremcnS'fuligineux&: des vapeurs [de la troifîefmc
coéiioa , ou de la fiibftance, raefmc charnue- refoute par»
quelque chaleur.]
La mâtine epi^nee du poil n’eft pas quelque portion
delà femence, de laquelle naifle le poil comme vnc petite
fleur, mais l’humidité fiiperflué , fur tput celle qui eft
contenuëdans les glandes. C’eft pourquoy ilyadupoil
le plus fouucnt aux lieux où il y a des glandes, comme aux ‘
oreilles, fous les aiffelles, aux aifnes,&c. Que fi quclqdes-
fois il n’y en a point , ce defaut arriue par la trop grande
abondance d’humidité.
Car le Iten où le. poil s’engendre, ne doit pas eftre trop,
humide, ny tropfec. Ainfi voyons nous qu’il ne croift
rien aux lieux marefeageux. & humides , ny en vne terre
trop feiche & aride.
C’eft pourquoy \%feAH qui eft vne partie tcmperée,eft
Iciieu propre pour la génération du poil , mais fi elle eft
trop humide ou trop feiche , comme elle fe trouue en
quelques vns , le poil ne peut pas fortir : D’où vient que Veurqmy
Icsanimaux à coquille & à efcaille comme les efcreuifïes «»i-
& les huifttes, Sic. n’ont point de poil. • mauxà cê^
Il faui.ddnc que la peau où doit venitle poil, foit feiche ‘IçîJnf' "
par mefure', afin qu’il ne tombe par fa racine, &auffi font [«m
raoderément lafehe & rare, afin qu’ii puifTc pénétrer .C’eft pcH.
pourquoy le poil peut venir par toute la peau, parce qu’eU
le eft poreurc,& mefme il y a dans chaque pore vne racine .
^ poil, excepté à la paulme de la main , & à la plante du
pied,quinepcuueH£ auoit du poil, à caufe de leur artri-
PR
Lts chûfes
.ne cejf aires
four la ge¬
neral ion
du poil.
Les eaufes
de la chau-
. ueté.
Vourqucy
'■ lefyncifut
feul peut
deaenir
fhmue.
198 LiureTmJtefmiy 1
tion contînuclle, & parce qiiervne & l'aufre deuoi I
auoirle fentimcnc fort exquis. Au contraire , le poil^^* '
fçauroic ventraux cicatrices , à caufe qii elles n'ont ooin^
de pores. ^
La caufe effet ente[^f^ pas l’amc ou la faculté vc^etan.
te pilifique, mais ] vne chaleur ihoderée quitieffeicdeccî
vapeurs fuligincufes,&quilcschaffe dehors dans les po.
resdelapeau.
Ces trois chofes que nous venons d’expljqucr, fontles
jirincipales qui font rcquifes pour la génération du poil,
c’eft àiçauoir la matière . \tlieu conucnable & la chaleur.
D où on peut tirer par la rci^ e des contraires , les caa^
fesdclachauneté.
. I Lors que la matière manque,
a. C^nd la peau cft trop feichc naturellement, que
puis api éselle fe dcffeiche dauantage , & qu’elle n’eft pas
humeûée par quelque partie vaifîne.Ce qu’il fâutenten.
dredu Synciputquiprefque feul dcuicntchauue, au lieu
que peifonne ne l’eft par derrière , comme dit Arifiste.
Car audeuant delà tefte , il n’y apointdemufclcs nyde
graifle entre la peau & le crâne, comme au derrière & aux
templesiC’cft pourquoy la peau fe rendant en cét endroit
grandementdure,leschcueux viennent itomber.
J. Lors que la chaleur eft trop foible ou trop vehe-
mente , la foible ne deflciche pas alTez la matière comnic
aux vieillards &c. quifontfroids & humides. Lachaleut
trop grande & trop feichc brufle entièrement les racines
dupoil.Delàvient querhumeur s’efehaulfant quelques-
fois trop par le coit,ondeuientchauue,aulieuqac lescn-
fans & les eunuques ne le deuienncntiamais.
[4. François de Paz, Médecin du Roy d-’ECpagne, a ob*
fetué que quatre Laboureurs des enuirons deBruxelleJ»
fontdcuenuschauucs parlepcifon, comme il l’acfcritl
Nie- Fontanus- Hamelmannus rapporte en fes Annales»
quelccheual du Comte d'Oldenbourgeftdeuenuchaii-
ucdecettc façon. Ce qui peut élire arnuc, ou parce
ce venin elloit. contraire au poil, par. vne vertu fpccifiq^®»
e: ipp
ints& les forces abba-
Tues, les racines du poil ne fc pouuoient pas tenir à la
peau- ] Ijf
^ Ondiftinguecomrnunement le poil en ceux qui
Æ»r4«^cl’animal5& ceux c[nf vfe»nent apres qu’il eft né.
Ceux dtt premier rang naiflent auec nousdansla ma¬
trice delà mere, & (ont de rrois fortes ; Ceux de la telle,
ceux des rourcils,& 0611x465 paupières.
Ceux du fécond otdic nailTenc enThomniehors de là
iBatrice,lorsqu’deftvenacn vn aage propre à cela, à fça-
uoir lors que la (emence commence à venir aux garçons,
& que les purgations commencent aux filles , car l’cxtre-
jïiiiédela peauferarcfiealors.
Ceux-cy fonrauflide trois fortes. Can. le poil vient
au pcnil, [rarement à-La matrice & au coeur,] pinsfousles
âiflcllcs, [dâs lesnarines;& les oreilles,] & enfin au men¬
ton des hommes j & non pas àceluy des femmes, parce
que leurs purgations confument la matière de la barbe,
tfofi vient que quand elles s’arreftent quelques fois , il
Vrcnt dé la barbe au mêcon de quclques-vnes. [C’eft vue
chofe extraordinaire , ce qu’on dit d’v ne fille dejo. ans,
qui a efté -veue da Tappartement des femmes de l’Archi-
duchefled’Auftriche, qui portoit désfa.tcndrc icunclTc
deuant qu’auoir eu fes m.ois,vne barbe aufli longue que
celle d’vn homme auec des mouftaches : il n’y a pas long¬
temps qu’on en a veu vne autre en Fraacc & en Hollan¬
de , qui cftoit fort velue par tout lecorps , & qui outre la ^
barbe & les mouftaches qui eftoient lemblablesà celles
dts hom mes, auoi t des poils aufli long? que la barbe, qui *
luyfortoicnt des oreilles.]
L vfagcdupoileit:
t- Pour couvrir les parties^
Pour leur ornement. Ce qui paroift principalement ■
Wx theueux de la tefte, & aux poils de la face. Car
1. Les theueux deffendent le cerneau humain des iniu-
externes du troid & de la chaleur. [C cft pourqaoy 1%
*^tutc a donné dux £ chiopicns des cheueux frifeji , & cn«
De la Tefi
oarccqne les cfprits eftansefte
^00 Lkre troifcfme,
tortillez d’vnefaçon particulière, contre les chaleurs W
ceffîues de leur pays.] Comme l’homme a le cerueau ply"
grand que les autres animaux , aulîia.il plus de cheueux
que les autres. ••
1. Ils echaufFentmoderéHientlatcïlejquieft depout.
U eue de grailTe qui puiffel’echaufFer,& qui n’aqu’vnj
fubftamceoflcufebicntfloignéc de la chaleur du cœur; H
fautlaifler les cheueux longs auxvns, & les couper aux
autres, fuiuant 1 auis des Médecins , mais il ne les fautia.
mais rafer tout a fait, parce que cela excite les defluxions'
C’eftainfî que la barbe fomente & échauffe modérément
les mâchoires & le menton.
haMt Ilsferucnt d’ornement : car les chaunes, 8c ceux qui
fontfans poil, font difformes ; Ainfi la barbe orne l’hom-
me, & le rend venerable , fur tout fi elle eft garnie de poil
detous.coftez. La nature ayant pourueu les femmes des
charmes mecefiaircs pour le rendre aimables , elles n’a-
uoient pas befoin de cette forme qui les rendifi véné¬
rables.
[ III. Il fert auflî pour purger les humeurs 8c les efptits,
8c tout le corps des excremens fuligineux qui font fupet-
fîus. D’où vient qu’il fert beaucoup à rendre la veueex-
€ellcnte,de couper fouuent les cheueux, ôc que Cf //w
ordonne les tondre iufqu’à la pgau en la defluxion de pi¬
tuite qui a duré long-temps.
IV. 11 donne ^ux Phyfiognomiftes des marques du
tempérament d’vn chacun ,des moeurs de l’efprit 8c des
maladies occultes.]
La formt ;La ferme du poil [n’ed pas l’ame , comme plufieurs
4u }otl. veulent, parce qu’ils croiflent aux tabides, 8c mefmes en
ceux qui fout morts dans lefqucls ceux qui croient auec
P/mpw, que l’ame dcmcuie vingt-quatre ans, nefcin-
blent pas bien fenfez: mais] on la peut dcfciirepar ces ac¬
cidents.
i. "Lz grandeur ■ les cheueux de la teftcfont plus longs
que le poil des autres parties, parce quc le cerueau eft p"*
grand qu’aucune des glandes, ôc plus greffiers aufÏÏ;
T)e taT^Jîe. 301
xequelapcaude Iatcfl:eeftpluserpai(rc,& ncantmoins
poreure,& qu’elle concicnc aflcz d’humidité.
^ Lcscheueux dcuicnnent pat confcqucnc groflîers ou
déliez, durs ou mois, cfpaisou clairs, &c. félon que la
peau eft efpailfe ou deliée , rare ou denfe, que l’humeut
cft abondante, ou co^petitc quantité, & que la chaleur
eft foiblc-ouforto.
[ llfalloitqueceluy dontla telle cftoitàl’efpreuue du
nioufquet , l’eut garnie d’vne foreft efpailTe de cheueux,
que Bushequius a veu en fon voyage de Conftanti-
nople. ]
a. hz Figure ‘Ac poil cil droit Sc vnyen ceux qui font
fort humides , mais il eft frisé en ceux qui font fecs. C’eft
pour cela que celuy qui cft frisé eft plus dur que le droiét.
De là vient que tous les Ethiopiens ont le poil frisé à cau-
fedelaficcité de leur tempérament , au lieu que celuy
des Scythes & des Thraces eft long & droiél , parce
qu’ilsfont humides, comme tcfmoigne Arifiote
fefait droidàcaufe que les pores par où fc fait l’euapo-
ratioüjfontdroids, & frisé quand ils ne le font pas. [Oa
voit par le moyen des mictofeopes que le poil cft qua-
drangulairc.
Il eftauffi poreux & creux, comme la'maladie nouuellc
de Pologne qu’on nomme Flica Pohnica , le poil d’Elan,
& les microfeopes le monftrcnt, comme Monlieur Gaf-
fend le remarque en k vie de l’illuftre &: incomparable
M.de Peirefci II dit que c’eft poui; cette caufe que jfi on
met vnc peau de cerfau fonds d’vne cuue, èc qu’on la
couure après de peaux de bœufs ou de quelque autre ani¬
mal, anlfi-toft qu’on y a versé de l’eau, elle fe dégagé de
de(rouslesautres,& vient à nager par deflus. Nous en at^
tribums , dit il , la C4ufe ace que les poils du cerf font plus
unes que ceux des autres animaux ( car les microfeepes nous
font voir que chaque poil efi comme vn canal ou tuyau ) de
forte.qu eftans remplis d'air, ils font dans l'eau vn effort, com-
vue veffie enfie'e. Il y a apparence que cela ne contribue pas
peu aJa vifiejfe la legereté de cet animal , lors que cette
P p ii)
joi Troificme^^
CAuités enfed'effrit&deve»t,*caKfe de U chaleur que!
mouuemem excite- lointquc puisquclts poilslefenden/
il faut qu’ils ayent des conduits ,rcIon dired’^^-,y^P^^ j
L* canÇeàe 3* La couleur dii poilaux belles, Cfticmblable àcdic
U codeur delà peau Elle dépend du pays, de l’air qui l’enu-ironne
4upoii. de l’humeur qui prédominé, de raagc, &c. ^ ’
Car ceux qui demeurent en des pays- chauds & fc(^
ont le poil non feulement fec , frifé & fragile , mais noir
aiilTicomme les Egyptiens, les Arabes, les Indiens, les
Efpagnols, les Italiens & les François en partie ont le
plus forment les cheueux noirs.Ceux qui habitent aucon-
traire en des pays humides & ti.oids, comme les Danois,
les Anglois, les Noruegeois, les Suédois, les Scythes, &c.
ontlepo’l non feulement mol & droit, mais aulTi le plus
fouuent blond ou blanc.
L’humeur qui prédominé, donne auflî la teinture au
poil Dcibrte queceluy des pituiteux cft blanc, & ainft
desautres.
La chaleur contribué anffi a la diuerfité de la couleur:
La chaleur immodérée rend les cheueux noirs , parce
. qu’elle cuit l'excremcnt vaporeux , & le conuertiten
vraye fnye. Latemperée les rend roux, celle qui eft plus
temperée, blonds,^ blancs celle qui eft foible. Ces deux
, caufes concourent aifément i donner ces couleurs aux
cheueux : Ainfî la foiblcfle de la chaleur accompagne l’a¬
bondance de la pituite, & la chaleur cft modérée, lors que
le fang abonde, 5çc. ,
L’aage qui fait tant de changemcns.caufe ccluydela
couleur des poils. Car ils viennent aux plus adulte! non
feulement plus greffiers, plus durs, plus forts Stplustf-
pais, mais enfin auffi blancs & chenus.
[ Il n’y a point de poils verds au c®rps humain, encore
qu’ily ait de la bile verre &: de couleur de poirreau, dont
il ne faut pas chercher la caufe dans refpailTcur du pod
qui cft moins capable de lunicrejCÔmc Carda» a eftimé»
parce qu’ils rcçoiuent bien le launc, & que les plumes des
perroquets font vertes, fans que leur elpaifleui empef-
De Id Tejle. joj
jhericn. Mais il faut dire aucc.5frf//g^>«, que comme tou-
tes fortes de couUurs, ncconuicnncut pasaux plantes,
auifi ne font-elles pas au poil.]
Les anciens on cteu que les cheueux blanchilToient en
la vicil!effe,àcaufedcla Icicherelle , comme les fucilles
des arbres.
Mats réfuté leur opinion. Car ceux qui vont Viurquey
laieftccouucrte, blanchiflentpluftoft , & neantmoinsils eheueux
ne fcichcnt pas tant que ceux quiexpofentàl’air la te-
. ftc nue. loignez à cela qu’il y a quelques vns qui blan-
chilTcnt incontinent après qu’ils font ncz.Cc qui ne peut
venir de feicherelîè.
Or ceux qui vont la telle couucrte, blanchi {fent plu-
(loft, parce que la chaleur ne peut s’euenter, à caufe de-
quoyclle s’eftouffe &s’efteinft, & alors l'externe s'intro- vmUteJh
duit: De forte que la putrefadion cftla caufe qui rend auuertt,^
les cheueux blancs , à caufe du defaut de la chaleur natu-
relie, lors qu’elle ne peut pas fi bien cuire les humeurs,
' comme enlaieunefle. Orentre les parties du poil, celle
quieftla plusdeliée & qui cil rextccmité,eùil y a fort
peu te chaleur, blanchit principalement.
Q^nt àla caufe qui rend vne humeur blanche parla
putrefadion , elle eifi: , félon lefentimerit à’jirfftote »
qu’vne grande partie derhumeur cil conuertic en air, ^
quiellant meilé dans. vne fubllance terreftre & aqueüfc,
fait la blancheur. De là on peuttirer laraifon de ce que mchipitt
Icpoil hiâchitpluftoll à l’cnrour des temples, parce qu'il pluftofi à
y aencét endroit fous la peau des grands mufcles & char- l'entour dts
nusquife pourriflent plusaifement, àcaufederhumidi-
té. loint que les os des temples font fort minces , & pat
confcqucni la chaleur externe peut palTer aiféraent.
CHAPITREII.
Des Membranes (jui font dedans ou
dehors le Crâne.
LE's membranes externes qui couvrent le crâne , fo^i
deux. Le P^ericrane Si le Periofle : Les internes quien-
uelopcntle ccrucau, font deux aulîî, & font nommées les
meningcs&lcsmercsrLaDure lilerc.&laPie.Merc^c’eft
àdire, la membrane efpaiffc la debée, quifontletnef.
me office dans leur cauité,que la pleure dans la raoyennc,
& le péritoine dans l'inferieure.
Le Pericrane eft vnc membrane deliée& molle, qm
enuironne le crâne, prend fou origine de la dure -mere, &
fort par les futures du crâne.
[ La grande fympathic du cerucau & de fes méninges
Vvfage auecle pericrane, monftreaflezqu il vient dcl'adurenic-
des menin- ffinge, qu’on nc peut expliquer plus commodémentpar
^esdu cer- aucune autre raifon. îoint que cette produftionduperi-
ma». crâne , qui vient de la dure-mere, le void manifeftement
aux enfans, dontlcsos du crâne ne font pas encore bien
vnis & bien ioints par le moyendesftiturcs. Sicet^«4-
j, tomifie de Rofioch cuit bien remarqué cela, fl n’cuftpasfi
f ^ rudement cenffiré cette opinion , & n auroit pas aceufé
d’erreur Bmholin fi temerairement. Les fibres par le
moyen defquelles il penfe que le pericrane eft feulement
attache auec la dure-mere., ne dcftruifcncpas nofireféH'
timent. Car les os yenans à s’endurcir & fe férrer iflftû*
fiblcment , cette continuité du pericrane & de la dure me-
re,fc rompt auec le temps, de forte qu’il ne refte que ces
fibres qui ont trompé noftrc cenfeur. ]
Le Periofletik vne membrane fort déliée & nerueufe,
& par confequent fortfcnfible , duquel tous les os, exce¬
pté les dents, eftans couuerrs , ils ont fentiment par fo»
moyen.
Mous
DetdTèfle. , 305
>Î0US diftihguons ces deux membranes auec T^efale &
j5^£^/»,eontre l’opinion de F<*//ope,dc Du Laureus,pc âes*
au res qui les confondent.
Les diuetsmufcles qui fbntâl’cntour de latcfte, fc-
rontexpliquezcnleurlieu- ’ <
L’efpaiffe meninge,o, U la dure membrane, que d’autres
Tjommcnt iaDuic-mecejàcaurcdefonerpaiflreur & de fa
dureté, & que plufieurs eftiment que toutes les membra¬
nes du corps naiffent de cette membrane & de lapie-me-
re. Elle enceint pat .dedans &'dc touscoftez le crâne, &
toutes rescauitcz,& finuoritez,.&: cft fortement adheren--
te àfa-bafe, defaçon que quelques-vns ont creu quelle
en prenoitfon origine:
Or elle ccuûre lafchemcrtt le cerucau & le crâne par
dêdans.afinquily ait quelque diftance, comme celle qui
cft entre le cœur & le péricarde , & que fon mouuemenc
nefoit empcfcbé.
Lé momimefft du t&rHeâu^cOi corapofé de fyftole & de
diaftole, 5c eft continuel,côme celafe peut remarqtfer aux
btefteures de latcfte, [en ceux qui viennent de naiftte
aux grandes douleurs delà tefte, corne Fab.Htlianus ^ ob-
fecué,] & comme nous l’auons veu en ceux quiauoient
cftéblcftezàlatefte.C’cft pourquoy nous nous cftonnons
qu’il fe trouue quelques-vns entre les dodes qui nient
cemouuemcnt ]Mais il n’cft pas aiféd’ch donner la vé¬
ritable caufe: les vns l’attribuent aux méningés, les au¬
tres aux artères & les autres à la fubftance du cerueau.
On ne dtïit pas l’attribuer aux méninges. Car Riolam
remarqué en v ne brebis viuantc ,le mouuement du cct-
ueau , bien qu’yne grande portion du crâne & les me*
Ringes mefmcs fuffeht oftees. Ceux qui le donnent aux
aitcresjont plosde raifon. Car le mouuement du cer¬
ueau s’accorde auec celuy des arteres, comme il eft aifé
dcleremarquer à la tefte des enfans & aux fradurcs du ’
crâne. FvaUus a mcfmes obfcruéaux blelTez àla tefte iuf-
ques au cerueau qui font à l’agonie, que quelques artères
apparentes fc raouupient ôc non paslafubftanccducer-
ueaup
DeUTeJle. .307
JJexfücation de la première Figure
de la T'eJle,
Cette figure monftrele ccrueaucouuertdé la dürc-merc,
A. A. ladure merei^ffi couvre la pmi é4roiteducerfieaù»
B. B. la dure-mere^uieuuelope la partie gauche Ah cerueau,
C. C- C- le troifiérne fmusde la mere > ou le fnus fuperieur
de la faux i qui ejf efleudu félon la longueur de la tefle-
D. D . D. D. deux conduits qui fe touchent ^ fe rencontrent
mutuellement , & qui font leurs cours , comme les vei¬
nes par la dure- mere du cerueau des de tfx cojle^
Ei E. le conduit dda dptre mere du cerueau ^ qui e fl continu
auec la' fxiéme veine qui entre danj le crâne-
FrFrF. lesvaijfeaux qui entrent par les trous du crâne
qui lient les vaijeaux de la peau de la teficy ceux de
la dure-mete
G. G G les petites fibres qui viennent delà duremeningey
qui vont par Les futures du crâne au perierane. '
H* H , les petites portions des fibres > à qui la future fagittale
ouure le pajfage-
l-l- -les portionsdes fibres qui vent aupericrane par la future
lambdoide ,
vue peti te tuberefité de celles qui le plus fouuent font ad¬
hérentes aux finuofitez, inégales du crâne prés de la con-
ionÛ on de la future fagitt/tie auec la coronale-
la eauité propre de l’os duft ont prés du fiege désfoùrdls»
ne»u,&:que le raouuement du cerueau reuenoit mani-
fdlement en mefrae. temps que les forces. C’eft pour-
S4oy il fcmblc qu-il ne faut pas auoir recours à là fiib-
flatiic du ctrueau , qui cftant mollc'& lafehe ,n’cftpàs
pioprc pourle mouuement.]
elle cft auec la pie mere & le cerueau pat
‘C.moyea des vaiffeaux > auec le crâne par des fibres
L/l F4»Af.
/
Umr€
TOcmbraneufcss dclicc quifortent d’clle , &.pâfl'4n5 »
ks fiîturcs, fonde pcncranc. .
Gette membrane t^ iouhîe , comme les autres mernbta
nesda partie extérieure <l:|ui regarde le crâne, eft plus dure
plus rude, & a moins de fcncimenc , afin qu’elle ne fuft
îement ofFenccç| ç<ir la dureté du crâne qu’elle deuoit
toucher.
Sa partie interne eft glilTantc , polie, rcluifante 5c blati.
che,& plus arrouféc d’vnc humeur aqueufe.
Elle ÇepHe en à l’endroit où elle fcpare le cer-
ueau du ccrebelle , gc où les chiens ont vn os qui appuyé
le «cr ucau , afin que le cerebclle ne foit preffe.
Mais elle fe plie en deux au fommci de la tefte , où elle
diuife le cerucauen partie droite & en partie gauche, Et
parce que ce redoublement eft plus large par la partie po.
fterieure, & que puis après il s eftreffit peu à peu,[non*pas
en pointe, comme monftrc la figure 4. de la tefte, ]de forte
- qu’il reftcmble à la faux d’vn moiflbnneur, on nomme
ce corps, la faux. Orquandelle fe multiplie de la forte,
elle fait
Ces quatre camtezj , Q\x fmnofuzj , ou referuoits du
fang & des efprits qui abondent , que èjW/e» nomme
quclqucsfois les ventricules de la dure- mcre,5cles au¬
tres les fang-duéls, où les conduits du fang.
■ V6irtlâü- premiers Çmns commencent à la bafe de
' gure\é9. l’occiput près des coftez de'la future lambdoide» QÙfe
. de Utep, déchargent les veines Sc les artères. [ F. S. Us ont con¬
nexion aucc lcs veines iugulaires dans lefqucllcs ik fc
déchargent , comme nous dirons cy apres,' Quelque*
ancres qui vont au cerueau , s’y infèrent auffi, comme la
fig. 5. de la tefte le monftrc.] Les deux s’vniftàns apres,
. Font le T'mjîeW qui eftfortlong. Car il va feloi^k
longueur de la tefte mfqucs aux extremitez des narines.
Galietflc nomme veine quelquçsfois, parce qu’il eon-
tient abondaneede fang. Et lorsque ces conduits vi*n'
nentù s'ouurir , il fe. fiit dç grandes hémorrhagies
les natirves.
DehTeJif, ^09-
Bc fin us qui nc touche pas le ctanc /comme
îes autres , efl: court , &s’en va dedâns'entrc le graiid & le
petit cerueau vers la glande qu*on nomme lé pignon.
* Il naifi au concours des trois premiers canaux , & quel- ^ .
ques-vns nomment ce commencement le Prejfoir, [apres
fferophile,] d’où les veines vont à la (ubftance du cerueau
pour la'nutVition.
[ F. S. Il me fcmble que le Troijteme finus ou ht Supé¬
rieur de la faux , & le quatrième finiCentaùx deux pre.
miers, ou plus grands lat-eraux , non pas à la vérité par
yn canal droit , mais qui décliné vn peu versles cpftez:
De forte qu’il n’y a point aucun concours commun de
ces quatre conduits , bien que ces plus grands iateraux fc
ioignent i comme le monfirc la fig. 4. de la telle. En quoy
i’ay trôuué ncantmoins quelque différence en diuers
fuiets.
Nous auons découuerten ladiffcdîon trois fînus, ou-
rreles quatre qui ont éfté défia déferres, que nous n’a-
uons pas ncantmoins trouuétoufiours. Ce que nous re¬
marquons, afin que perfonne ne nous aceufe* d’erreur,
auflî-toftxjunlncics aura trouué en vue ou deux diffe-
âions.
L’vn d’mx éft peint en la flg. ’ 4. & a cilé remarque
par d’autres, comme i’ay yeu depuis peu. Il va par la par¬
tie inferieure de la faux.* G’eft pourquoy nous l’auotîs
nommé le conduit inferieur de la faux , Ôc celui qu’on
appelle communément le troifiémd, le Supérieur de la
faux, pour le diftinguer de l’autre , le finus inferieur de
la faux, finit au quatriéme.
Les deux mtres moindres latéraux > qui font vn de
rWquc collé, lont éloignez des plus grands, d’enuiron vn
poulcc , &: fontfituez àladure-merc , qui fepare le grand
«lu petit cerueau, & ne font pasfilongs.La 5. fig. cntc-
ptelentc vn , qui s’en va au plus grand latéral : l'cn ij
iulfiveu qui fimlToientau quatrième. ]
Quelques rameaux OU veines rampantes fortent des 6-
qui vont en haut vers le crâne , 5c par les futures au
iij' pericrane,
DelaTefie, ' pi
• -Explication de la fécondé Figure
de la Tefe.
Oti vO’t en cette figure lecerucau côuuert feulement de
la pic -mercjla dure eftant coupée & pendante.
fi, fi. A. la partie pim éleme de la faux.
B. B, lacauitédu troipme conduit de la dure méningé ou du
Supérieur de la faux.
C. C. les orificet des vaijfeaux cfui fe trainent parla.Super- '
feie du cerneau (fr la dure méningé ^^ui regardent dans
le troffieme conduit,
D. D.D. les va' féaux de U partie droite du cerueau qui
vont au tro Jteme conduit.,
t.^.efrc lapie mere qui enuelofe le cerueau des deux coflexi.
Y, ï. le s conduit s ou les vas féaux qui vont fur la pie mere
parles anfraBuoftex^ du cerueau. •
G.G. G /« vai féaux ou les conduits de la dure-^mere qui
vont en h tu & en dedans,
h.H.ladûre-mere pendante.
pcricranc, & en bas-vers la pic-mere^ vers le grand &
le petit cerueau. [ F. S Nousauons fuiui & conduit auec
tant de foin ces vailièaux qui fc ditlribuent parie cerueau,
qn ona trnuiufquestcy pour des veines qui naifient des
fiauo(itez,iufquesàlcurfource,que nous auons trouUc
qu’ils font des artercs,qui viennent des carotides, conimç
chacun les pourra aifémcnttrouucr, fuiuant noftrc mé¬
thode en la dilTcébon.]
de cesfi.nus, cft de contenir le fang qu’ils ont
tcccu des veines & des arteres qui leur font continués.
. Car les veines fe loigncnt à ces finuofitez , comme à des
Veines, & mcfmcs vnc ceitaînc pellicule déliée des vei-
*|es s’attache aux parois de ces cauitez, qui eftanr con-
î*quë aux veines, peut auoir leceu quelque veyu du foye.
3iS
De la Tefle.
Explication de lajrpfiéme Figi
* de la %ejte.
Cet# figure reprefentc le cerneau defpoüillé de ces deux
méninges la faux oftée, tiré fi bien vers jes deux
■ ^xofttz quele corps calleuit paroift;
K. k.Upartie droite dfi cerneau-
QiQ'^la partie gamehi du cerneau. .
C âfÇ.C.tpuel^uesanfraüiuoJttez, du cerneau.
D. D D la faux du cerueau.
E. E. B. v»e partie des vaijfeaux epui fonidiflribueupar le
^ueau^ qui finirent au trotféme conduit,
fondait inferieur de la faux.
les vaijfeaux qui s’en vont au conduit inferie^
la faux »
1 les vaijfeaux qui font difinbue^par la faux ^ &
finijfent au troijie'me conduit
’s extremite\ des vaijfeaux qui fe traînent fur lecorp^^
\lleux . & qui fin.Jfent au quatrième fims. ^
K, ftjxtremite' des vaijfeaux qui font entrelajfe:^a la trejjp^-
^oreïde , ^ qui s’en vont tout d’vne fuite au quatrièn^.
T T ^ f '
L Lm corps calleux du cerueau. P
M. conduits qui font auxdeuxcojleXdu corps calleux%
fe voyentaucerueau, (Jr rejfembfentleplusfouuèük
a des fentes fort eftroites *■' ' '
^•^pôrtio% delafauxquiefiadherenteàla crefe decôq.
0 E' les portions delapie-metefeparéesdu cerueaut&pen-^
Jpantes. V '
V ■ les portions de la dure méningé pendantes fous la dure-
, mere. „
1 de fang dJ^^ ces cauitçz , parce^iie
IimaîIT Jela {ïïbftancc du cerueaii^elt fort gfaTÎ'dc , qui
®®tnon feulement l’office des veines, mais aufli celuy
Rr des
H,
I.L
DeUTeflci jif
Sxflication de la quatrième Figwe
de la T^ejle.
Ettc reprcfcntc la' partie droite du cerueau fcparc iufqucs
aufonds.felonlccours du vennicuic.
SiUHez>>
^(Areille droite-
CS»Cf 0.,vne portion de U pCÂH de U tefie pftddnte,
Y), le commencement d» mttj cie occipitd-
YiA' orbite dé îml,
t. l’os dit front.
G. l’os de t occiput-
H- le cofie' gauche du oerueauqm efi encore couuert de fé
dure méningé.
I. V.Î. la dure méningé du cefié droit pendante^
K.Yi.K.hfaux-
E. l' extrémité: delà faux à la crefie du coq,
yi.M.- IA. le conduit fuperieur de la faux*
le conduit inferieur delà faux
0 . le grand conduit du eofté droit.
^il'entre'e du conduit fuperieurdela faux damlé ^andld*
teral:
Q^le quatrième conduit entre legrand é’ lé petit cerueau*
^.l'entrée du quatrième conduit dans le grand latéral*
S . le canal commun des grands conduits latéraux.
T* T. me portion des grands vaifeaux qui vent au conduit
fuperieur de la faux.
V . V. vne partie de la grande fente du cerueau.
la partie inferieure & externe du ventricule droit, par
où vn petit rameau de l’ artère carotide, pajfe parle.
plexus choroïde.
y- la partie peflerieure & plus ample du ventricule droit,
vnecauitévn peu ronde du ventricule droit, qui reJfimbU
* vndé à ceudrci
R r ij
Llttre troifiéme,
a. la partie ffiperie(ire & interiettre du ventrïcuU droit
le corps Catien X. ^
b. la defcente l’ orifice dn ventricule droit dans U troifit'^^
OH le moyen»
c. c. c. la trejfe choroïde glanduletife.
A. à. la racine de la moitié de Pefpine.
e le ceruean continue' inp^nes a la moelle de l'efpine '.
i. f. le corps calleux.
g. g. g. g* la partie pofieriettre & inferieure ducerutM
Continue au corps calleux y & ^ui forme la cauitéd»
■ventricule droit.
h. h. vne portion du cerueau droit ipaiparoifi fout la faux,
i. i. les petites arteres qui rampent fur la fuperficie du ventri¬
cule droit.
des artcrcsj puis qu’elles ont vn pouls. [Ce que Fvalm
n’a peu iamais l'cmarquer en la dilTcdion des animaux
viuans , ni aux fraétures du crâne. ]
[ F. S . Lors que les arteres carotides ont donné la meil¬
leure portion de leur fang au cerueau, dcicsceruicales
auccrcbclle, clics portent & lailTent le relie dans ces fi-
nus, afin qu'il retourne au cœur par les veines iugukircsj
pour y eftrc clabouré derechef. Cét vfage deces conduits
nous fembic véritable, qui tenons aucc Harueius la circu¬
lation du fang. Les cfprits ne s’engendrent pas là, com¬
me croit fauffement Laurenbergius.]
L'vfagede la duremere efti. déco uurir le cerueau, la
moelle & les nerfs qui en fortent.
II. De diftingucric cerueau en deuxpartics,& le fc-
parer du petit cerueau,.
III. De faire le pericrancy lors qu’elle luycnuoycdcs
ligamcnsparlcsfuturcs. ,
La membrane déliée, oulaPic-mcrc,ainfi nommée,»
caufe de fa tenuité ,coaure immédiatement le cerueau^
fes parties, afin qu elles n’efchapcnttC'cftpourquoyel*
lcdçuoit eftrc déliée & molle, & cftd vn fentimente»*
quis, [Il falloit que la Pie - mctc de celuy à qui trois '
De la Tcfle. sn
Icts eftoicntadhercnts fans incommodité que noftre cou-
fin Fueren a veus à Paris, eut le fentiraent fort
cftnoufle , & celle auffi ce '^nitien , qui auoitvn os
dentelé adez grand dcofît à la faux; oujl la doubleure de
Umcnîngc,cc que iayveu chez Fo/w.]
SonVfagecÇi de cbuurirlé^grarid & le petit ccrucau,
Umoëllc& les nerfs.
1 C H A P I T R E , î IL
D^emeM& de famoMe m Generd.
IL faut confîderer dans le crâne vne triple fubftancc
molle & blanche , le ccrueauou la partie antefieuie,
le peut ccrueauou la partie poftericurc, &rintcrné,qui
eft plongée dansiecerueau,àfçauoitla moëlle blanche,
que quelques vns confondent fans raifon auec le cer-
ueau mcfme. Nous allons faire voir ce qui en cft en
effed.
Ce qu’on appelle communément le cerueau , a deux
parties , T^ne externe & l’autre interne.
qui cft proprement & cftroitcmerft nommée
Iccerueau, eft fout ce corps mol & extérieur quienui-
tonne le refte , de couleur cendrée , ou tirant du blanc pigment.
furleiaune , couleur qui félon quelques vns naift d'vne
•infinité de vaifleaux qui font U cfpars. Et cette fubftan¬
cc extérieure eft comme l’efcorce.
Interne eft le refte qui eft caché dedans, plus dur, efi.ee
plus ferré & plus blanc, que nous pouUqns nommer la qut U
Moelle, où font fituez’lés ventricules vulgaires, & non w(i>êW<r.
pasaucerueau; De forte que
Lcccrueau & la moelle fontdiffercns i. en fituation,
î’* en couleur. 5. en confiftance. 4. pat l’cntredeux des
lignes. 5 . en grandeur. 6. en figure. 7. en cauitez qui font
«nia moelle & non pas au ccrucau. 8, en nobleflc.
îi [cmblc dqnc que la partie blanche foit plongée dans
Rr h
£x^licMion de la cinquième Figure
de la Tefie.
Cette figurc^teprefente le côfté gauche du cerneau ren-
uctfé fut îe cofté droit qui a efté ofté, félon la quatrième
figure precedente , & aufli fa grande figure du
the côftc.
à. a. l'oreille gauchs.
b. b; Ia pea» de latefle pendante,
c, c. vue partie de l’os du front,
djorhitede CœU,
e.e.c. la canité du crâne dans laquelle efoiijontenHë'hi
partie inferieure du ceruea»,
î\î.iadure~mere pendante.
h. h. h. h. h. le cerneau gauche rehefu de la pie-mere.
i. ij. la grande fente du cerueaugaucht^uiefidejfus la ra¬
cine de la moelle efpiniere,
.k.k. la racine gauche de la moelle Jpinale gui paroifi au
fonds de la grande fentcyouec des neuueUes traces d’an-
fraBuoftez, , (f- les vaijfeaux gui font dijhihess, en
ce heu.
1. l.J.l. les'anfraûuofter, du eerueau , fuluiesdes ra¬
meaux de l'artere carotide,
tn. m. m. m. les reiettens del'arteremrotide gui fnijfentast
> grand conduit latéral gauche.
n.n. le gKandconduit latéral gauche t guia efiégraue tref
efiroit.
0*0. le petit conduit latéral gauche.
P • l 'entre'edu petit conduit latéral, dansle plus grand.
cendrée, comme Thuracur cryftalline dans la vitrée
Or encore que ces deux fubftanccs , la blanche & la cen-
deee paroiffent fort continués en des corps pourris^
t^cant moins en ceux des perfonnes faines, qui viennent
Les parties
Àe U moel¬
le,
La tejîe de
la moelle.
La queue
de la moel¬
le.
Nouuelle ,
«ptnion du
lieu de la
génération
de l’efprit
\ animal
Le principe
de tous les
nerfs.
Q^ls ani¬
maux ont
le cerueau
plus grand.
^20 Liure troifieme]
d’cftrc tuées , elles font diftinguccs pat <liuetfcslmt,e,’
de forte qu’on les peut cffeâ:iuementfcparcr,fi on yf’
d’vne grande dextérité , & fi la diffcélion fc fait incontU
lient apres la mort , car autrement elles fe rempliflent
beaucoup d’humidité3&: s’affaifientauflî roft.
Nous diuifons cette fubftance blanche du milieu, ou
la moelle, en partie ronde & prolongée.
La Monde que nous appellerons la tefie de U moilU
reptefente la figure du crâne : C’eft vne grande malfe qui
contient trois cauitez qu’on nomme communeincnt
ventricules.
La Prelonge'e que nous nommerons la queue de la tnoël.
le,naift immédiatement de la ronde, comme vn tronc
dans laquelle lapIumec{linferée,ou le quatrième ven¬
tricule dé quelques-vnSjdans lequel nous eftimonsque
fe fait la véritable génération de rEfprit anima! ,
Cette moelle prolongée elt le principe & lafourccdc
tous les nerfs qui font là , mais il n’y a aucun ntrf qui
prenne fon origine du cerueau, contre l’opinion com*
roune.
Or cette moelle prolongée peut eArc confîderée en
deux façons, ou félon qu’elle eft encore dans le crâne,
& alorslts nerfs qu’on attribue communément au cer¬
ueau, prenent d’elle leur origine, ou comme clic eft hors
du crâne & qu’elle defeend dans l’cfpine % & alors oa
l’appelle la moetle efptHiere-^ •
Mars afin que ceux qui apprcnent& qui font défia im¬
bus de l’opinion commune, ne foient pas troublez parla
nouucauté de la noftre , nous allons reprerenter la ftru-
ôure de tout ce qu’on appelle ordinairement le cer¬
ueau.
L e cerueau de l’homme eft fort proportiondc
fon corps, comme dit Art ote. L’homme a le plusfou-
uent deux fois plus de cerueau quVn bœuf ; àfçauûir^>i
poids de quatre ou cinq Liurcs, [parce qu’il elt le plus no¬
ble de tous les animaux, & pcui.Éftrcaufli àcaulel’cflc-
uation de fa ttfte, & de la dirpofition de fes yeux qn’il
tourne
DelaTefie, 311
tourne droit vers le ciel. Car fi nous voulons qu’vnc
chofe fe tourne droite, nous y mettons defius quelque
poids qui Tempefehe de tomber.] Entre les hommes les
tnaflesontplusde ccrueau que les femelles. Car la na¬
ture l’a donné plus libéralement à ceux qui deuoient s’en
fcruir beaucoup, pour faire vnc plus grande diucrficé de
nobles fondions animales. Spgelius ou Bucre-
tifis napprouue pas cette différence entre le ccrueau de
l’vn & l’autre fexc, parce ^ns doute que fes yeux ont
denaentifouuent les coniedures des autres. Ou bien il
faut dite que ces grandes fîmes de quelques femmes que
le fieilc precedent & le noftrc ont porte , auoient ce
pihnlegc par defius celles de leur fexe. ]
Sa Figure eft vn peu ronde, comme celle du crâne II Lustuhre^.
a par deuant des tMherofîtezj , que quelques vns appellent
les cpophyiès mammillaires. ceruea».
La jttperficie externe du cerueau cfl remplie d’anfra- Pûurqtioy lt
duofitczj deconuolutionsj.ddctoutnoyemcns, quiref- ctrueau a
^mblent aux inteftins II ne faut pas ctoire aucc Erajt^ àes anfru.
firatei(\üe lanature les aye faits pour le raifonnement,
puis que les afnes les ont aufli bien que les hommes., ny
pour la legereté , comme Arifiete a voulu , ny aufii fans
nu & fans vfage , comme d’autres eftiment,- mais afin que
lesvaifieaux du cerueau paflafient par cesanfraduofitcz
aucc plus de feureté, & fans danger de le rompre parle
mouuement continuel du ccrueau fur tout durant la
pleine-lunc, lorsque le ccrueau enfle beaucoup dans le
. aane.
[F. S. Si ofleonfidere exadement ces anfrâdiSofitez, L« fiffure
cequiaeftéfait en la cinquième figure,ontrouucra qu’ils
delcendcnt afliz profondément, & que le cetueaus’bu-
vtc des deux collez par vne filFiue anfradueufe, qui a fon
principe en la partie anterieure prés de la racine des yeux,
é’où elle s ertend.en, derrière, le long des os de la temple,
defius la racine de la moelle derefpinc, & feparela partie
Supérieure du cerueau , de l’inferieure.
Il y a icy beaucoup de rameaux.qui viennent des arte-
jit . tiwrk troifiéme]
res carotides , tant a la fupcrficie du cci ueau qu’au fonds'
aufquelles il fcmble qu’on doit attribuer ce pouls fafî.
cheux , qui arriue en quelques-vns aux douleurs.de teftc,
prés de la région des temples.]
Sa fupcrficie adiuerfcs tubcrofitez & cauitez
comme nous dirons ey-aprés.
Sa couleur eù. blanche , parce que le cerucau cft engen,
dréde la femence, comme toutes les parties, en forte
neantmoinsqu’ilaplusreceuparlaconftitution quepar
i’amplification. Ccft pourquoy le cerneau ne diminue
point auxlongues abftinences.
Quant iCoï) tewperameut , ilcftfroid 8c humide, ce qui
blancheur Ôc fa mollefle. D’ou vient
rament. jj^^pocrAte le tientpour le ficge dufroid, & de ce qui
eft gluant. La trop grande chaleur du cerucau cft con¬
traire au raifonnement & aufommeil, comme cela pa,
roift aux phrenetiques. [Il eft neantmoins plus chaud que
rair,àcaufe des efprits, comme Galien a fort bien dit,
mais non pas fi chaud que le cœur.]
P Sa fubftance eft particulière, & ne s’en trouue point de
lafubfiance femblâblcen toutle corps, l’a comparée à vnc
du cerueau glande, à caufe de fa couleur , & de l’abondance dcfon
efivn peu humidité. Elle eft molle 8c humide , afin que les images &
plus molle, les conceptions s’y puiflent imprimer plus aifément; Car
elle cft le fiege de l’imagination; Elle n’eft pas neant¬
moins fi molle qu’elle foit coulante , mais fa niolleCTe a
confiftance, afin que ce qui y a cfté imprimé, demeure
quelque temps. Carlecerueau cftauflile fiege de lame-
moirc. * - î
[ C’eftvncchofc extraordinaire, lors quelafubftaceail
cerucau ne fe trouue point du tout: tefmoignc
dans fes lettres qu’ili’a veué quelquesfois diminuée
le trop grand vfage de Venus. Schenckjus neantmoins,
FallerioUi Carptts, Sec. ont veu vn garçon fans cerucau,
& Nie. Fontanus vn autre à Amfterdam l’an
lequel il trouua au lieu du cerucau & de la moé’lft
I clpine, vne eau fort claire. Zacutusà^^^li- mefmc cbol®
DeiaTeJîe, 321
JVn garçon de dix ans ; mais ce qu’il adioudc que cette
eau quivicntdeputrcfaâiion , &qui d’ailleurs eftinfipi-
de.i'cndoitvne odeur fort douce & agréable, cft tout à
fait merueillcux.
Plufieurs ‘vaifeaux s par le cerueau. Car fi
vouspreffezfafubfttnccjil en fore des petites goupes de
fang en abondance. Ce qui nous fait croire auec Galicfti
que plufieurs veines & artères capillaires y font diffemi-
nces, que nous auons mefme veues. [F. S. Ce qui arriue-
ra pnncipalemcnr,lors que le cerueau eftfleftry & friable;
Car nous auons remarqué qu’alors il fe fepare des vaif-
feaux,en lafedionifurtoutfilesyaiireauxjàcaufc del’aa-
ge ou pour quelque autre caufe, font plus folides.]
Il n’y a point aucuns nerfs qui s’efpandentpar lecer-
ueau, d’où vient qu’il cft priuécic toute.fortedc fenti-
ment.
veines qui vont par la fubftance du cerueau, font r.'
cinq rameaux des veinesiugulaires, dont «quelques- vns
entrent dans le conduit de la dure-m'ere , lU les autres s’é-
pandét parles méningés & la fubftance du cerueau: [Mais
ils ne font autre chofe , félon l’obferuation de VvalUuSi
que] 1. les petits rameaux dcliez qui vont des cauitez de la
dure-merc dps deux collez dans la fubftance du cer¬
neau.
'Lt^meres qui viennent des carotides & dcs ccruicales,
font quatre.
L'vfageà\i cerneau Ari^otà cft pour le rafraif-
chilfcracnt du cœur, ce que a fort bien réfuté, par¬
ce que le cerueau cft trop éloigné du cœur. [ H y a neant-r
moins quelques Peripatcticiês, quipcnfentquele fenti*
ment à'AriJiote n’cft pas contraire à eeluy des Médecins,
lots qu’i| jçut qu’il ferue pour tempérer la ferueur du
cœur, &^qujçceux-cy tiennent qu’il a cfté fait pour la pro-
dudion de i’efprit animal , puis que la génération des ef-
prits animaux, ne lé peut faire fans le rafraifchilTcmcnt ÔC
la température des vitaux.]
Mais fon vfage eft i. d’eftre le Palais de l’ame fenfîtiucj
Sf ij
L» mutiert
de i’efprit
mimai.
Kouutlîe
opinion de
l’atitheur,
de l’vfage
du cermau,
& de fu
moelle.
^14 Lkîre T roifiéme]
pour faire les fonaions animales. Otleccrueau eft l»o.>
gane vniuerfcl du fentiment, & non pas particulier, com'
me les yeux, les oreilles &c. Car le iugement vniuerfJ
de toutes choresfe fait au cerueau.
Il prononce Ton iugement du raouuemcm animap
quoy qu’ilcnfoit priué luy mefmé: il cft vray qu’il a va
mouuement naturel perpétuel de dilatation & de coa-
ftridiô, comme il fc remarque àux playes de la telle & aux
enfans qui ne font que venir au monde ^dontle cerueau
palpite au deuant de la telle , parce que les os font fort
mols,&nefontpas alTez endurcis.
Le cerueau en la dilatation attire rcfprit vital des ar¬
tères carotides & des firtus , & l’air auffi par les narines.
Il pouffe en la conllridion Pefprit animal dans les
nerfs , qui comme des canaux le portent par toutle corps,
auec la faculté qui donne le fentiment & le mouuc.
ment.
La matière donc de l'efprit animal ell double , à fçauoir
le fang arterieux plein d’efprit vital , & l’air. Nous par¬
lerons cy-apres du lieu où il s’engendre. Car nous ne
fommes pas de l’aduis de ceux qui penfent que cét cfprit
fe forme dans la fubftance du cerueau ou dans fes ventri¬
cules anterieurs. *
2. Afin que l’efprit animal foitconferuédansle cer-^
ueau, comme en vn raagafîn, apres qu’il ell fait & perfe¬
ctionné, qui ne pouuoit fc. tenir dans vn referuoir plus
commode & plus conucnable que la fubftance mefme du
cerueau, puis quelle cftlamcfme chofe quela fiibftaa-
ce interne moëlleufedes nerfs, qui contient auflil’efpdt
animal.
Nous eftimons auffi que l’efprit animal delliné pourlc
fentiment, fe garde au cerueau proprement dit , ou en
l’cfcorce , & que celuy qui donne le mouucrriciftfeft con¬
tenu dans toute la moelle , non feulement en fa telle, mais
auffi enfa queue, Cequiparoiftramanifeftemcntaucha*
pitre fuiuant.
Le la Tejîe.
32f
CHAPITRE IIII.
Les Parties du cerueau en fartkuUer.
Et i.de la moelle prolongée & efpiniere, & de Ton
noble ventricule, ceux qmfuiuent la méthode cômu-
ne des Anatômiftes qui a efté pratiquée par Gdien , Vefale
•Sc Fallope, pour venir à la confideration des parties qui
font au cerucau , ont accouftumé de couper première¬
ment la partie fupericure' de U tefte, & defeendre puis
apres iufques aux inferieures. D’où vient qu’il y a beau¬
coup de parties qu'ils n’expliquent & ne démontrent
pas fl bien. Quant à nous , [ nous aimons mieux fuiure
CsnjidntmM Farolim, ] & par vn ordre contraire , mais
qui eft plus certain & plus exadt , nous commencerons
par la partie inferieure du cerueau , & monterons par de-
grez iufques àlaplus haute; Et donnerons en fuite l’or¬
dre des parties de haut en bas, à ceux qui veulent fuiure
lamcthode commune. [Et enfin nous monftrerons vne
troiüéme méthode de dilfequer.]
En commençant donc par la partie inferieure du cer¬
ueau , le Vrincipe delà moelle prolongée fe prefentc d’abord,
dont la continuation fe nomme Jpinale , parce qu’elle
eft dans les vertébrés de l’efpine , & aufli moèlle du dos.
Que fi.qüelcün penfoit qu’il faut commencer par le
cetucau, àcàufe qu’on dit qu’il eft l’origine de la moèlle
de lefpine. Nous luy refpondons que noftre opinion
, que la moelle , entant qu’elle eft dans le crâne & dans
l’eCpine , doit eftrc pluftoft appellée le principe du ccï-
ueau , & que le cerueau mcfme diuifé en deux parties
comme vne double Apophyfe ou produétion de la
*i5oclle mefme.
Ce quife remarque plus clairement en l’anatomie des
poiflbns , qui ont la tefte & la queue de la moelle bien
Broffe, gclaprodudion dclamoelle ou le cerueau fort
Sfiij
La dtjfecW
de U tejîe fe
doit com¬
mencer par
la partie in.
ferieure.
Le principe
de la moel¬
le efpiniere.
ObieHion.
Refponfe,
NoHuelle
opinion de
l’autheur
queUmcel.
le eH le
principe
l’origine du
cerueau.
Vreuue,
31 6 \Liure Troifiefme^
petir. Dont laraifoneft que les poilTons fc feruent bl
dumouueracntque du fentiraent, & que fi le ccrue *
ourcCcorcc contribue dauantage pour le fentiment^T
moelle fert plus pour le mouuemehr. D’où vient que 1*
sentiment des poilTons eftaflez groflier, & leur ^ou!
ucmentalTez vif & agile : félon noftre opinion il eftvf]
ritabic que le corps plus dur fert au mouuement, &lè
plus molaufentimcnt.
La moelle prolongée félon l'opinion des vns naift^
ceruea ’ feul, &: fuiiiant celle des àuttes, du petit cer.
ueaujmais (pour parler maintenant aiiec le vulgairejl’vn
& l’autre font fes principes.
Car elle naift par quatre racines ou fonderaens ,dont
les deux plus grands Portent de la partie anterieure du
ccrucau communément ainfi nommé les deux autres
. plus petites, de la partie intérieure du petit cerueau,qui
venans à s’vnir femblent faire la moelle de l’cfpine. Mais
il cft peut- eftrc plus vrai-femblable, que ces racines font
des produétions de la moelle, corne nous auons dcfia dit.
La fHbJiance de la moelle prolongée cft vn peu. plus
• dure, que celle du cerueau.
Diulficnàt Vne partie de cette moelle eft dans le crâne , quatre
U moelle truucrs dc doigts fur le grand trou du derrière deUte-
de lef^ine. l’autre qui eft la plus longue hors du crancdansles
vertébrés, depuis la première du col, iufques à la tlerniere
de Tos facré. •>»>
Sa Figure eftoblonguc & ronde. L’JÇyèr/Wf la noraine
vne corde d’argent. Mais elle cft plus grpfr®& plus am¬
ple en fon commencement.
Autrediui- Elle eft au fil diuiséeen partie droite en partie^^»*
/tf». comme le cerueau par la pic mere qui la reueft im¬
médiatement. Ccquiparoift en lamoélle d’vnbceufvn
peu cuite. D’où vient qu’vn cofté peut eftrc paralytique»
fans que l’autre le foit.
Autre diiil- £lle eft aufti diuirée,çôme en beaucoup de petites cof*
des , enuiron la fixiémc Sc fcpticrae vertèbre duThotaj»
C’eftpourquoy fi on plonge incontinent dansl’eatij ^
’De la Tefle. /17
p^oelle del’efpined’vn corps fraifchement mort, &:ficcs
petites cordes fe feparent, elle reflTemblera à l’extremité
de U queue d’vn cheual , où elle eft diuifee en beaucoup
de poils oblongs:De maniéré quefuiuantD» Lanrens
piefmc, les nerfs du dos & des lombes , naiflenc de la
moelle du col.
Elle eft couuertc de trois fremtere quOa UsTuni-
couureimmediatemcnt, vienrdela pie-merc. ques ds l»
La fécondé de la dure, mere , qui eft adhérente àTauirc: meelle.
[ De forte que fuiuant robferuation de Spigelius , il tr’y a
aucune diftance cntt’ellcs , comme lors qu’elles font dans
le crâne, maisfe touchent F vne l’autre. ]
La.troifiéme extérieure naift felon.6^.«/i^yîd’vn fort li¬
gament qui lie les parties anterieures des vertébrés , qui
finit par la partie pofterieure en vne forte tunique , afin
qucla moelle ne fe blefte en la flexiô ou extéfiô de l’efpine.
Vne humeur crafte & vifqueufe, eft refpandu'é à l’en¬
tour de celle cy pour l’humedcr.
Elle eft enfermée dans les vertèbres, afin qu’elle ne foie
offencce ( comme le cerneau dans le crâne) à caufe qu’el¬
le eft vne partie noble, & le principe des netfs. C’eft pour-
quoy les anciens ont appcllé la partie de l’efpine percée,
k fyringue ouïe tuyau facré.
On vûid auj commencement de la moelle quieft dam
le crâne.
Vn finus ou vnccauitc que Galien appelle le ‘ventricule
dupetit cerueau , & les autres le cjuatriéme ventricule du
eerueaii , bien qu’il n’y foitpas. Nous le nommerons le veutn-
ӏle ventricule de la moelle. TnuZlt
11 eft fort lolidc, très pur , & très fubtil, mais fort pe- h,
ht, parce que comme dit Galien , il contient vncfubftan-
■ ce qui a des forces & des facultez grandes , & parce qu’a-
ptés s’eftre plongé cfgalement,il le dilate des deux coftez,
^ puis finit en pointe , quelques vnsl’ontnomméàcau-
fc de fa figure ^ ^
L’autre moitié du ventricule qui eft comme fon cou- couutr-
tterclc , & qui touche la moelle , vient du petit cerueau; dt du veu.
trîcHÎe no-
hlt qui viit
du petit
(tïue^tt
Le- mtahlt
lieu de lu
gennution
des efprits
animaux ,
fehnl'au-
thear.
Vrenues,
le lieu de
la prépara-’
tien de
l'efprit aai-
mal.
Lîure troifiéme.
De forte que toute cette cauité cft placée entre le p •
cerucau & la moelle prolongée , mais la principale ^
inferieure cauité cft dans la moelle. ^
Nous eftimons que de ce ventricule eftjd'gjj
le lieu de la génération & delclaboration des efprits ani'
maux. Car ce ventricule eft i. très- pur & forrfubtil.
îlapourcclavne cauité fuffifante. 3. II eft enfin placé çq
vn lieu commode, pour rcfpandrc par tout àl’entour^Q
foy l’efprit animal dans tous les nerfs, Herephilea. eu paj
confequent raifon de croire que ce ventricule eftle ptip.
cipal de tous-
[ le ne puis certes m’imaginer, comment le Doyen du
dôllege deRofiùchn'â pas reconnu la force de ces raifons,
&commentiIa ofé dire que^4rrW/»a attribué fansrai-
fbn à la plume à efcrire,la génération des efprits animaux.
II. ne faut pas croire auec Spigelins que ce quatrième
Tcntriçule fe forme feulement des particules rondes du
cerucau qui fe touchent mutuellement par vne fuite
necclUire, fans, aucun deffem delà nature. Car ellenc
fait rien en vain, lors mcfme qu’il le femble le plus. ]
Quelques autres eftiment que l’efprit animal s’engen¬
dre aux ventricules anterieurs du cerucau.
Maislesexcremens J dontilsfont pleins, nous tefmoi*
gnent le contraire, & nous font voir qu’ils ne feruent
que pour cftre les réceptacles des cxcremens : Comme
celaîe peut remarquer auffi par la glande pituitaire, qui
cft fous cux,& par la pituite [§c l’eau,] dont on les trouue
fouuent remplis.
Les autres pcnfent qu’ilfe fait dans la Rets admirable, &
CS autres dans la trifteffe choroide.
Mais nous eftimons que la préparation de ces cfpritî
s’y fait. Car l’ordre de la nature cft de former de ces trcl-
fes ou entrclaflemcns pour la préparation de quelque
matière. Mais comment pourroient-ils s’engendrer en
des vaifteaux fi petits, fur tout, puis que tantd’excre-
mens du cerueau coulent par les vcntnculcs?
D’autres veulent qu’ils fuient clabourez dans luf“b-
^ ftance
De U Tefle. jjp
ftaticedu ceruKîau. Mais la génération d’vn cfprit fi fiib-
iiI,dcmandoit quelque cauité femblable à celle quela
nature a donnée pour la gcneratioh des vitaux. Cell: ce
qui a fait croire à quelques - vns que la génération de i’ef.
prit naturel fe faifoit dans le ventricule droit du cœur,
parce qu’il n’y a aucune cauité au foye.
* Nofirc opinion eft donc que l’cfprit animal fe prépare
«n la rets admirable ,& principalement dans la trelTe ré¬
tiforme , mais qu’il s’cngpndre & s’elaboure dans cette
cauité de la moelle prolongée , ou dans le noble ventri¬
cule, & qu’il eft en fuite gardé 5c 'retenu dans tout le ccr-
ueaUjCommedans vn referuoir.
L’vfâgedcla moelle prolongée 6c fpinalc eft de don- Cette moei,
ner naiffance à tous les nerfs. Çar ceux qu’on attribue
communément au ce.riicau , ôc qu’on nomme les fept f ^
paires; fortentdefa partie qui eft dans le crâne ,& les au-
très dont les Anatomiftes comptent trente autant qu’il y
a des trous des vertebreSjQailTent de la partie la plus lon¬
gue, qui eft dans l’efpine.
Il ne faut pas cependant entendre ce que nous venons
dedire, comme s’il enfortoit feulement, autant dé ra¬
meaux ou de petites cordes. Car chaque nerf naift auec
plufieurs pentes cordes ou fibres , qui fortans parle trou
de quelque ^jertebre , s’y ioignent par le moyen des mem'^
branes, comme fi le nerf qui fort , cftoit f^t d’vn fcul
reietton.
CHAPITRE V.
Du Petit cerneau.
T E ccrcbcllc comme vn petit & particulier cerucau,Gft ^eruenl.
A-rvne certaine petite portion que la nature a mife fous voye%j.A
jccerucau en la partie inferieure & pofterieure de la telle ; ^^t**** **
“ occupe aux belles prcfque toute la région pofterieure. ^
mjtjfançe » mleur^ tonrnoyc-^
^^0 Llure troijtéme,'
mefts t moUHemens y Scc. qncle cerucau.
{^ F. S.La.difrc6tion nous donne vnagrcablefpeftadç
nous faifant voir la merueilleufe ftrudure du petit ccr*
iieau,qui reprefcnte des arbres brancbus. Que fi voy]
leconfiderczauec plus de foin, vous trouuercz qu’ileft
compolé de plufieurs petites lames couchées l’vnc fm
l’autre qui font faidesde la fubftance interne blanche
& de l’exterieure qui cft plus obfcure ôc quicouurcll
blanche. ^
Les vaiffeaux vont par tout entre deux petites latnes
auecla membrane deliéé , qui rclTemblent des Rets , gj
qui naiflent félon que nous l’auons peu recognoiftre
par la veue, des rameaux de l’artere ceruicale, & qui
aboutiffent au quatrième finus. ]
Il principalement de deux parties latcralcî
qui font comme vn globe des deux collez.
Il a deux produÜions ou cxcrcfcences qu’on nomme
vermif ormes, qu elles font fort entortillées en rond,
& qu’elles font compbfées de plufieurs petites portions
trans- verfes qui font liées par vne membrane dcliée.Leur
extrémité deliée & connexe eft de la groffeur d’vn pois-
chiche.
Or clics font fitue'es au fiege delà cauiténoblc,àfça.
uoirrvncdeuanr,& l’autre derrière. ^
Leur vfage eftd’cmpcfcher que le noble ventricule ne
foitpreffény bouché par le petit cerucau.
Son vfage. Vvfage du fetit cerueaued le mcfme que ccluy du
grand j mais Galien veut qu’il ferue pour donner l’origi¬
ne aux nerfs plus durs : Ce qui eft faux : car il n’y a
de nerfs qui en fortent.
/
De la Tefle,
CHAPITRE VI.
])es autres parties (juife remarquent au cerueau:
a fçauoir de la Rets admirable ^ de la glande
pituitaire, de l'entonnoir y des ^ventricules du
cerueau, du co^ps calleux, deM^oute, delà
Trejfe^choroide, de la glande de pin.,
IL nous faut maintenant confiÿrer les au, t|ëV parties
du cerueau qui fe voyent incontincfit proche la con-
ionftion des nerfs optiques , qui (ont , h Rets admtrMs,
hgUndefittiitaire, & t entonnoir ^
La que d^autres nomment le /4m
tiformeeü ainfi appcllée àcaufe de fa flrudure faite auec '* ^*^*^^*-
vn anifice mcrueilleux. Car elle fembleplufieurs retscn-
taflees IVne fur l’autre ; Sa ftrudure cft differente aux
veaux & aux bœufs , où elle^ fè void plus manifeftcmenr
qu’en l’homme ; nous ne rieiions pas ncantmoins dire Emwf
qu’d ti’én ait pas , comme a fait Viftile.
Cette retseft Jltuée fous lâbafe du cerueau &embraffe fitu*-’
dans Ion enceinte yoe glande, aux coftez de la felle de
l’osfphoenoide.
Elle cft comfofee\non pas des nerfs deîatroifiérae coniu-
gaifon, comme veutn?/fWw,maisj des arteres carotides
qui montent du cœur àlabafe du cerueau, & des petits
rameaux des veines lugulaires. comme VvüUm a remar¬
qué, qui portent dans cette Rets le fang & l’efprit vital,*.
Car
^ ('vfage de la Rets cft , afin que le fang & l’cfprit vital
* y arieltent fort long temps , & que la première prepa-
tîtion s’y fafle pourda génération de rcfprit animal.
La Glande Pituttane eftainfî nommée, à radon de fon i^^giànde
ïügc , parce qu’cllcreçoicicscxcremensd i cerueau qui
T t ij coulent
Dt U Tejîe. 33^
Explication de U flxiéme ümre
de U Tefte. -
Cette figure reprcfcntc le ccrucau diffequc/uîuantlame^
c thode commune , àla cauité des ventricules , ôc 1«?(
corps calleux retiré en derrière.
A. A. /rf du serneAU droit , qui 4 ifie Uifee dAm U
crâne.
lâ pârtie gauche du cerueAU.
p. D • D • marques des anfra^uofitez. du cerueâu.
E.F. la partie cendrée & extérieure du cerutau^
G. H. la partie plus blanche du cerneau.
t. L. le ventricule droit du cerneau.
M.M. le ventricule gauche du cerneau.
O. le lacyt choroide droit.
P. les vaifeaux deliezjdifperfez, parla /uperficie extérieure
du ventricule droit > .& continus aux vaijfeaux du lacjs
choroide.
0,, les reiettons de ces vaijfeaux qui rampent feus le corps
calleux.
R. R. R. la face interne du corps calleux retire' enderriere.
S. T..V. lafacefuperieuredelavoute.^
X. X, la partie inferieure du feptum lucidum > continue àla
voûte.
Y. Y. la partie fuperieure du feptum lucidum y continué au
corps calleux.
cpulent des ventricules par Tentonnoir. C’eft pourquoy
elleaefté mifeà la Celle de l’os fpliœnoide. Galien l’ap¬
pelle glande fimplemenr.
Elle cftconcaue par haut , conuexe parlas. $a figure.
^^ fubfiance ell plu» duce 3c plus Cerrée que celle .des Sdfukfia»
autres glandes.
Elle cft reueJluéàQ hpie-mere.
Tt iij
Uure Mftême.i
Son vfage^^ le mefmc que celuy des autres glande
dereceuoir dansfa chair fpongieufe lesexcre nens gf r
fiers, qui.s’aiTemblentfouucnt aiTez abondamment da° '
les ventricules du cerucau, aulieu'que les plus fubtilss* *
uaporent pat les futures. Car cette grande maiTe ducer'
ueau,a eu befoiti de beaucoup d’alimens C’eftponrqyoÿ
faithaT'^ il engendre auffi beaucoup d’cxcremens , fur tout\rj '
taup qu’il s’eflotgne vn peu de fa conftitutioin naimelle.
eremens. glande lefte tantoft ces excremens au palais, & tantoftlej
laifle couler par les trous de la bafe du crâne.
D’autres veulent que Vvfage de cette glande foit de
fermer l’enronnoir, afin que les efprits animaux nefortet.
Car l'entonnoir immédiatement après la glande pi-
l'entenoir tuitairc. Il eftainfî nommé àcaufede fa figure. Car fa par.
tic fuperieure eft ample , & l’inferieure eft vn canal long
&: plus eftroit. D’autres l’appellent le , mais ce nom
conuiendroit mieux à la telle , ou au comracncernent de
l’entonnoir.
V entonnoir eft donc vue cauité ronde ,faire dela pic-
me’c, où elleenuironnc la bafe du cerueau. Son com-
mencemenr eft ample, aù trou du troificme ventricule,
comme on l’appelle , par où les excremens font icttcz des
ventricules dans cet entonnoir.
Après qu’on a veu ces parties , l’origine des nerfs fe pre-
fente en la difledion , qui viennent par tout delà moelle,
dont nouS parlerons au liuret des nerfs.
Les ventricules, ou les cauitez du «r^f^/^feprefentent
Li nomhre^^
des ventri ^’o^drc de la dilTedion commune , commen*
eu/es du les parties fupericures, on croit qu’il y en a trois,
temeMH. deux anterieurs & fuperieurs, comme on parle, & vn
auquel d’au tresadioiiftcnt vn dont nous
auons parlé cydelTus.
Mais fi bn tient la méthode nouuellc de diirequer,com*
mençant par bas, il n’en paroift que deux feulement, le
troificme n citant qu’vnc portion commune de deus
autres. -
De la Tefte. 33 f
Î^ouseftinî'onsquelc cememn&qw'vafeul ventricule opinian de
j eft au milieu, mais partagé en deux telles , ou en deux l'nutheury
«roduélions , qui reccuans les excremens, les portent qtiiln'y»
Sans l£ moyen quon appelle le troifiémc. Car il n'y a
ûu’vne feule cauite & continue du cerueau, & les deux
ventricules qu’on appqlle , aboutilfent à vne cauité com*
piune.
Cependant parce qu’vne partie de la cauité paroill for¬
mée d’vnc façon differente de l’autre , on peut pouc
donner plus de lumière , y admettre quelque diftindion.
Ces deux ventricules ont efté appeliez mal à propos,
anterieurs Sc fuperieurst [parce qu’ils font auffi en la partie
péerieure & inferieurcièc qu’on pourroit peut-eftre nom¬
mer auec plus de raifon , latéraux, & auec FefdeM droit L* dtferim
&le gauche.] Ils font fort amples, obliques, anfraélueux, ,
deray circulaires , & rcueftus de la pie-merc. an^erUur^.
[ F. S. Ce n’çft pas fans raifon , qu’on les compare fou- ytritahU,’
tient au croiffant de la Lune , bien qu’à peine les demon-
ftre-on iamais tels. Ncantmoins puis qu’ils font touten-
femble oblongs & amples parleurpartiepofterieure, on
peut aufli les comparer aux jfers des cheuaux. Lafigurey.
reprefentela figure de l’vn.
Ilss’eftendent en leur partie poftericure par vne con¬
tinuation droite , & forment vne cauité vn peu rondo
qui reflèmble à vn dé à coudre. le me fouuicns qu’elle ne
fetrouuepastoufiours. Les figures de la tefte 4. & 7. la
reprefentent.
Il faut remarquer outre cela que ces ventricules cm-
biaflcnt les parties latérales & poftericures des racines de
la moelle de l’çfpinc ( voyez Ics.fîgures 4. & 7.) & qu’el¬
les font auffi embraffées fous le plexus choroide par le
bord tu la frange delà partie du cerueauqui fait par de¬
dans la voûte des ventricules, qui deuient plus délice &
fe tourne en haut , qué i’ay accouftumé de nommer le
Wd , à caufe qu’il en a la reffemblance , & qu’elle cft at¬
tachée à ces racines par des filamens fort déliez. Srvous
tcûrez cette bordure de la racine , en Icuant doucement
I.« ror^s
(./tllenx.
^36 Liure troijtème.
le plexus , vous trouuercz des petites arteres qui ratUBc
fut la fuperficic inferieure du ventricule , ma’rquées en T
figure 7.& continues à la petite couronne réticulaire
petites arte res,quircueft la racine : Par le moyen def*
quelles’ ce bord femble; eftrc plus adhèrent à la ra'
cinci
Aurefte vous remarquerez icy que l'humeur conte,
nue en ces ventricules, peut-fottir & couler aifementlc
long de lamoellc del’efpinç.
Ils ne font pas formez dans le ccrueau, mais àl’en.
droitde la moelle qu’on appelle le corps calleux , parce
que la fubftance y eft plus dure , comme vn cal, oùlej
ventricules femblent eftrc couchez fur deux cminences
anterieures.
.[F. S. l’Infpctftion Anatomique nous a enfeigné la con¬
formation du ccrueau , qui n’eft pas bien cognuë de tout
le monde, de qui eft prefque telle quo nous l’allons def-
ta corifor- C*^^*^^*
matio» des Deux racines de la moelle acrelpine penctrent affez
ventricules profondément dans la fubftance du ccrueau , comme
ducerueau. monftrelafig. y.dclatefterle cerueau (fous le nom du-
quel ie comprens auffi la partie blanche & cendrée )
cftant continu à la-partie fupericure & anterieure de ces
racines , furtoutpar oùelie regarde en dedans , s eftend
de tous coftezj principalement en dehors & en derrière,
puis entortille & reflerre infcnlîblement en dedans & en
hautfescxtremitezabbailTéeSjiufqu à ce qu’ cftant atte*
nuéjil embralPe enfin prefque de toutes parts aueefon
bordjComme nous auons dit, la racine de la moelle vn peu
plus bas que le lieu d’où il cft forti ; Et forme ainfi les
ventricules latéraux.
Mais la fubftance blanche montant en la partie anté¬
rieures: intérieure de Ivnc & l’autre racine, ôc faifant
ce corps qu’on appelle calleux ,{è porte en arriéré Se coti'
urantl efpace moyen, qui eft le troifiéme ventricule,^
les orifices des ventricules latéraux qui le regardée,
^ («voyez la fig. 4 . & 7, ) conftitue la yqute : E'
De la Tejle, 3sy
cft continue à la partie pofterieure &intcriciirc du bord
^„pvrn &c l’autre ventricule. ]
"ils font fcparez par vn entre-deux lafehe & ridé , qui Uftftum
deuientluifant, quand on l’eftend ,à caufe qu’il eft de- lncidum.
lic.Lesvns veulent quilfoitfait de la plus délicate por¬
tion du cerueau mefme, & les autres delà pic-mere dou¬
ble. [F. S. le fepmm IftcidumCc void patfaiélement, lors
que le cerueau dVncofté &Ia faux eftans oftees , vous
chercherez diligemment le ventricule du cofté oppofite,
fuiuant la figure 7. ôc que vous leu erez la partie du cer-
ueauqui eft continue au corps calleux, à l’orifice du troi.
fiéine ventricule,. Car alors on le verra facilement, &oti
trouuera qu’il eft vne petite portion du cerueati. ]
La partie inferieure blancheaftre où fe loignent les
ventricules, fc nommé
La voûte, qui a la figure triangulaire. Ceux qui fuiuent watt,
la commune dilTc dion, croient que ce corps eft couché,
furlctroifiéme ventricule, & qu’il eft fousle corps cal¬
leux
[F.SJa trelFe choroide de l’vn & l’autre cofté fè porte
immédiatement fous la 'i;o»f^,allantàla glande de pin ,
fouslatrefte l’vne 5c l’autre racine de la mo'élle de l’cf-
pine s’vnic par fa partie fu per ieure, de forte que la voû¬
te n’eft pas icy couchée iramedutement: fur le troifîéme:
ventricule. ]
l^troijleme ventricule, qu’on appelle, ou la longue fen- 'Lmoîftém
te, cft vnconcours des premiers, qui fc forme prefquc
aucentre de la moelle du cerueau, à caufe delà conion-
âiondesdeux troncs ronds , qui fortem du cerueau.il
contient deux conduits , le premier anterieur qui s’en v»
en bas vers la glande pituitaire, paroùiliette les excrc-
wens : l’autre pofterieur reueftu d’vne membrane ; Q^l-
jlües vns nomment ce trou k fondement , qui s’en valous A”***
CS ftfles au noble ventricule , afin que la matière des
clprits animaux eftani préparée, puiffe entrer dans le lieu
® « génération, 5c comme dans la matrice.
■ ■ . . Vu Ce
339
T>e laTefie.
de U fe^tiéme Figure
de l 'a Tefie,
Cette le ventricule gauche entier ducer-
aeau renuerfé , fuiuant la cinquième figure.
a. l'oreille droite.
]). l'oreille gauche.
c.c.c.c. dos du front-
à.L vne partie de la peau de la tefle pendante des deuie
' cejlez>.
e.e.e.c.e.c.c. la dure mere des deux coflel^pendante.
£f fi.f-f-fi le cerueau d uifé (ÿ* renuerfé ffmuant le coûts du
ventricule gauche de lapartie qui ejl pofe'e fur la racine
delà maille de l'efpine-
g.g. g. vne partie du cerueau couchée fur la racine de la
moelle de defpine-
h h. lagrande fente du cerueau qui marche fur la racine.
i.i.i.i.i.i.i la face intérieure é" la forme du ventricule gau^^
che faite en croiffant.
k k cauité du ventricule qui rejftmbleavn dé a coudre,
iforifce au trotpme ventricule,
ta.m.vn, le bord adhèrent à laracine de la moelle de hjpine.
ti-n, le bord qui eftefloigné de cette racine.
0 0.0 latreffe choroïde,
h'P P la racine droite de la moelle de ée/pine.
les vai[ eaux qui rampent fur la fuperfcieinterieHr§^
du ventricule , qui naijfent la plus grand-part despe-^
titesarteres qui enuironnent la racine.
^'lefeptum lucidum.
Q^e ff.ee
Ce trou n’cft autre chofe qu’vn cfpacc quife fait par quekfon..
‘«touchement des quatre troncs delà moelle de i’efpine.
l^lais kifefes & les tefikules font quatre eminences
fondes, qu on dit fauffement cihe au cerueau. On ap-
Yîjij
pelle fclTesIes deux portions des racines de la moelle n '
longée qui nailTent du cerebclle, & les deu|^
tites portions des racines qui fortent du ccrueau r '
- parties lont inferieures, & celles là fuperieurcs. '
[F. S. Les différences entre les feffes & les tefticulcsn '
roilFcnt mieux auxbeftcs qu auxhommes,aux quels efu]
font prefquc égales , &c fouucnt les lefticulcs font plus
grands.] ”
tu verge. Mais ilfemble qu’il importe bien peu de donner ces
noms, comme auffi quand on nomme la glande de pin, U
la value. <verge^ & vne fofle oblongue qui eft entre les emiiicnces,
la vhIhc-
Vne certaine trefle qu’on nomme choroïde rediculâi-
veines & d’arteres fort déliées, qui viennent
}Tchoroâe. partie.des artères , &c en partie desvaiffeaux duqua.
tr iéme finus de la durc-mer.c,.fe trouue entre les premiers
ventricules ainfi nommez , & le fîege de la voûte. Cette
ircflc eft entretiffué d’vne fubftance glandulcufe, & d’vnc
portion delà pie-mere.[F.S.Latrcfrc choroïde véritable¬
ment glanduleufc reçoit vil petit rameau deraiterc caro-
tide, qui pénétre dans la partie inferieure du ccrueau , où
fe termine le ventricule latéral, &: la treffe finit vers la
glandedepin ou elle refpand deçà delà vnrameaupatla
fupetficie inferieure du ventricule. ]
Son vfage eft le mefmc que celuy de la rets admirable.
la glande La glande dite pineale, à caufe que là figure relTemble
de pin, cdlc pignon, eft pofée au commencement du trou,
qui du ventricule moyen entre dans le noble : D’autres la
nomment la verge du cerueau. Elle eft d’vnc fubftance
plus dure, &d’ vne couleur iaunaftre,& eft couuerte d’vne
membrane déliée.
[Y ne petite corde nerueufe tient ferme des deux coftcî
cette glande qui eft entre les tcfticulcs. ]
Son vfage eft comme ccluy des autres glandes,
tout de feruir à la diftribution des vaifleaux qui
perfez par le ccrueau. «
Vvfdge des caiiitez ou des ventricfiles du ceruedft>^.-
DclaTejh. 141
<î’cftreTesreceptâcIcsdes excrcmens, cequiparoift, Vremn^
Parlaftrudüi'c :cai-letrouvadescauitezâlaglandc
. • îricules du
La fupcrficiedes ventricules ell toufiouts enduite
j’yneLumeur aqucufc# exeremem.
J. On les trodue fouucnt tous pleins de pituite.
Au rcfte, après qii’on a moriftré en cette feftion non- Ordre de
yelle , le col de l’entonnoir auec la glande ; la rnoelle /» démon-
eftantfoufleiiée, on void premièrement les fefles & les
icfticules , puis le trou dans le ventricule noble , ôc en iJ
fuite plufieurs nerfs , les ventricules du cerueau, auec le noHuellt.
trou dans l’entonnoir, le corps calleux, la voûte, la trefîe
choroïde, & la glande de pin.
Mais en l’ancienne & commune feèlion , ces parties du
cerueau fe demonftrent en cét ordre: le corps calleux , le
feptum lucidum , deux eminenccs fur lefquellcs les ven.
tricules s’appuient , les deux ventricules anterieurs com¬
munément ainfi nommez, la voûte , la treffe choroide ,Ie
troifiéme ventricule, les deux trous, la glande de pinj 6c
•retirant vn peu le petit cerueau , on void les felTcs ■& les
tcfticules ,le petit cerueau, les produdions vermiforrnes,
lenoble ventricule, lebaffin, la glande pituitaire, ^ la .
Rets admirable.
[ F. S. Si vous voulez fuiure vne autre fedion moyenne,
quin’eft pas incommode , il faut s’y prendre de la forte: u feâien
Ayant ofté le crâne profondément , il faut lailTer le cofté troifiémet^
gauche du cerueau , couucrt de la dure-mere , fans y tou-
cher : mais faire la fedion au droid feulement. Ayant
donc coupé & ofté la dure-mere auec la pie, oftea peu à
peu quelques pentes portions du cerueau, iufqu'à cequc
vouslbicz païuenuàla cauitédu ventricule, dont vous
fuiurez la continuation Supérieure & inferieure , comme
vous pouuez voir qu’il a efté faiten la figure 4. de la tefte.
Vous ponuezfeparer , fi vous voulez, le bord de la racine
éelamoellc de l’cfpinc, bien que cela fe fait plus commo¬
dément à l’autre cofté. Vous pourrez parmelmc moyen
ïcraarqucrlesfînus fupericur & inferieur de lafaux, &
V U iij mefmc
34]
De la Tcfie.
S'x^lication de la Figure huitième
P de la ITeJlre.
On voiJ en cette figure le cerueauofté dedefTusIecere-
belle, &Ics grands finus latéraux ou uerts,&c.
B. le cermâH Utjfe' dam le crâne •
C.C. C. les lignes qui MJlinguent la fubfiance blanche du
cerueau de la cendree»
j).ï).D. la partie cendre'e du cerneau.
E. E E. lapartie blancheajlredu cerueau.
F. G. Us reiettons de l'artere carotide qui fe traînent vers
la trejf 'e choroïde-
H. le Jtege du troiftéme ventricule-
K. le fondement , ou V orifice du conduit qui du troifie'me
ventricule aboutit au quatrième fous les tefiicules &
lesfefesy
L . la glande de pin ou la verge -
M. N. les tefiicules proche de/quels vers X. font les feffes-
O, 0 .ladure-ntere entre le grand & le petit cerueau , auee
les vaiffeaux qui vont aboutir en partie aux finus la¬
téraux y (^en partie au quatriéme-
P. P le plus grand finus latéral droilb*
Oflje plus grand finus gauche -
K- la comon^ion des plus grands finus latéraux.
commencement du troifie'me ou le finus Supérieur de U
faux.
ï< le quatrième fintts entre le grand dr le petit cerueau-
V* vn vaiffeau qui efi continu au quatrième finus , & entre
les vaiffeaux de la treffe choroïde,
lepetit cerueau qui n'efl pas couuert en cét endroit de
la dure-mere.
les Vaiffeaux difperfez, par la pie- mere du cerebelle &
des tefiicules ^ qui fimjfent au quatrième finus-
la dure-mere qut reuefifosptreux.
£xpllcdM
Explication de la neujieme Figure
de ta Tejle.
Cette Figure reprefentc le petit ceraeau tenuetfé Jpir
le deuant.
A. A. meportim duceruedtt laijféeddtss lecrAne.
la face i»ferieffred(t petit cerneau renuerfe.
Q, lapante moyeme du petit cerueau yd'o» naijfeut U$ prê*
duHiens vermif ormes,
l.lapredu^iou vermiforme po(Perieure-
F.G. H. vne.paniedelamoëÙedudos qui eft dans le crantk
tombée vers H,
I. U plume a eferire.
K. fesvAtfemx difirihe^l^ar le eerehelki & qui finirent
aux jtms.
L lesvaijfeauxquifc traînent Mtjfi par le petit cerueau
qui faut continus aux vaijfeaux de la dare-mere»
M. lapaire des nerfs qui ferstent a l'ouye,
N. U paire des nerfs vagues,
0- la paire des nerfs moteurs de la langue»
P.Q.R. les Jtnus en tos occipital , auxquels refpondtnt les
■ eminences du petit cerueau.
^>S.$,leplusgrafuLJtnus latéral droit ouuert,
T. T. T. le plus grand f nus latéral gauche qui efi augl
ouuert.
le grand latéral droit, -comme auflî la defeente
oblique du fuperieur dans ccluy-cy , ainfi que toutes ces
obofes font reprefentées en la figure 4. Apres auoir veu (he,
^parties, il faut venir au cofté gauche, & le coucher
^cemenrdanslehcude la partie oftéc, après auoir fe-
pa^éladurc -mere aueclafaux. Remarquez en fai Tant cc-
^ les vaifîcaux qui s’en vont au finus gauche, en la figure
î* comme aufil les ancres carotides diftribués en plu--
Xx.
Peurquiy
lafact de
l'homme t
[tens^oil.
34^ lime tmÇtme\
jfîeurs rameaux âTentoai' des nerfs optiques qui fetj •
nenc |îar tour le corps du cerucau , & quj
enfin aux finus.
Apres cela cherchez entrcJcsanfraduofitezvne fen
confiderable, & ayant coupe lapic-raere, feparez lesco*
fiez l'vn de 1 autre aucc la fpatule. Où il ne faudra
pafiet les vaifleaux qui fe portent de la carotide par°l
j fonds des anfraduofîrez , aucc de nouueaux traits de cir
conuolutions. Delàapres,auoitfait 'dextremcntincifvon
en la partie pofterieure, cherchez icy la cauité plus ample
du ventricule ,& la fui u^z iniques aux deux extremiiez
Puis renueiTcz de tous collez la partie extérieure, gardant
cependant la partie moyenne drelice & appuyée fur la
raoinedc'la moelle de Pclpine , comme la figure 7.1e
monftre fort bien , & confiderez par ordre les chofes qui
font marquées en Ton explication. Et apres auoir leuéle
cerueaii, remarquez derechef plus diftindement les fi-
nus, & quand vous aurez veu le troifiéme ventricule,
rentonnoir , la glande pituitaire , & les paires de nerfs,
retournez i la verge, au fondement, aux icfticulcs , aux
fcflesj&c. & examinez le petiteerueau, & fe« parties.
Il, fera bon & fort à propos de changer la fed'onen
quelque partie, autant de fois quefoccafion de dilicquer
ieprcfcntera .“ Carilarriucraparce moyen qu'on décou-
uriratoufiours quelque chofc,que vous n’auicz point re¬
marquée auparauant, ou au moins que vous n’auicz pas
veue alTçz diftinélcmcnt. Et mcfmes vous découurirez
pcuàpeu beaucoup de choies quifonc encore cachées.]
CHAPITRE VH-
Front.
NOus auons dcmonllrc la partie chcuclu'é, il
rtiainrcnant conlidei cr la face, qui çlllàns poile®
l'homnic, afin qu’elle aye plus de grâce,- au contraire àii
Ü€ U Tefle, ^^7
fjeftcs : Elle efl: au ffi a P P e 1 1 ée Fifage , à caufc qu e 1 es dcfirs
jlcla volonté fc peignent fe cognoiflTent furlaface.
Laparcie fupericutc de laface fc nomme le front du Peurquty
verbe fera quifignifie porter , parce qu’elle porte deuant /« front efi
foyles marques de l’efprit : Le refte depuis les fourcils
iufquesà l’extremité du menton , eftla partie inferieure',
qui en comprend pkifieurs autresi
hi peau d» front i des mufcles , puis quelle fe meut, Lapeauiù-
Idopxth PlaterM appelle les interprètes des paffions de front.
l’ame. Orles murcles du front leuentles fourcils, & font
plus gros aux (ourcilsi
ils font attachez, aux coftez» aux mufcles temporaux,
mais ils font vn peu diftinguez au milieu par haut , Se font
tellement vnis par .bas, qu'il femblc.que ce foit vnfeul
inufclc.
Ils ont les filtres droites : Les Chirurgiens ne les doi-
lient donc pas couper en trauers, afin quefeileuation des
fourcils ne fe perde, [ mais en haut, fuiuât leut longucur.]
Orlefrontôc lesfourcilsfemeuucnt parccquelapcau
du front eft eftroitcment adhérente àces mufcles.
Il f a mcfmequelqucs-fois deux mufcles au derrière
df//rrf/?e quimcuuentlapcaudelatcftc, qui font courts,
dcliez &: larges, fitiilTans en haut par des fibres droites cri
va large tendon. Ccuxquilcs ©nr, peuucnt tirer endeti
ricre la peau de là tefte.
CHAPITRE VIII.
Des Teux.
LEs Yeux font appeliez oc»// par les latins du verbe
occludo ovi occulta, qui fignifie cachet , parce qu’ils
font cachez fous les paupières. Ils font les organes
de la veuë , compofez d’humeurs , de membranes , de
Jîiufclcs , de vaiflcaux &l d’autres parties.
Ils font Jîtuex, en vn lieu éminent , comme des fchtineL
Xx ij ,
fis Liure troifiemel
les , dans les orbites offeufes reucftucs du piriofte R
qu’ils fuflem mams d vn plus fore rampart, ’ ^
Um nom. nomht , eüoi^ncz en l’homme d’vne
l/re. diftànce fort petite, & (ont à caufe de* l’excellence & a
lapcrfcâ:iondeleuraâ:ion{ ôcdela réception dcscfpc*
ces vifibles,] . * '
Leur jigu. Rmds , mats vn peu oblongs, d’où vient qu’il
*t‘ Sc forme deux mgtes à l'orbite des yeux , qu’on nom¬
me Canthi'. Dont le plus grand interne cft vers le nez.fc
le plus petit externe vers les remplcs. ’
tes^Arfies. H y a diuer<es;>^r^<«cn l’œil & à l’cnrourdc l’œil, dont
les vnes font hors de l’œil pour fa deffencc, & pour fa
commodité , comme lespaupieres s.vicc les cils & les fiur.
cilsi ôc auffi ks earuHCféles qui font aux angles ; Et les au.
tresconftituenr l’œil mcfmc, comme font gratfe, les
reL Pdupteres font les parties qui ferment ôcqui cou.
urent l’œil.
Elleslont compofées delapcau, de la membrane char¬
nue, de mufclcsjd’vnc tunique, des tarfes & des cils;
C'eftpouiquoy leur fsth ance eft molle.
Des paupières l’vnc cft i>iyer/e«re qui eft immobile de
foy mefme , [fînon en quelques oifcaux, ] & l’autrcyî^»-
riefere , qui fe meut mefme fort vitte , d’où vient que noas
ttsmufeUt mouucment prompt à vnclm d’œiI.
desfnupie. Or elles fc mcuuent en haut ,c’eft à dire quelles s'oil-
tcsi Urent & fc Icuct par vu mttfde droite moindre que l'autre,
{ qui naift du nerf optique & finit par Vft4^don aux ex-
«tremicezdela paupière. ]Elles fcmcuucnt en bas,ccft>
duc qu’elles fe fermeni & fc couurent par vn certain
taüCcle orl^icuiairc ou dcmi-circulairc qui naift de la ra¬
cine du nez.
•'tes mm- La membreine charstui' clk en cét endroit plus dchcc,
hranes, enfcmblc auec les irufclcs , comme vne membrane luu'
iple déliée ; Ceft pourquoy le Philofephe adit quclap^*^
de la paupictc cft fans chair , & citant dcfchu^
«cuait pas , comme le prépuce.
De la Tefie. ' 349
tlîcs font reucftwcs.d’vnc tnm(jf{e interne fort dclice
quinaiftdiipencrane, afin qu'elles n’of-
fcnçent les yeux qu’elles touchent.
iXs d« paupières font plus dures & carti-
lagincules : les Grecs nomment ces petis cartilages mok
dctnicirculaircs Tarjt , les Latins QUa , où les poils
font plantez ( que quelqucsvn^ nomment les cils) tous
droits, parce qu’ils (ont fituez en vn lieu dur. Ils feruenc
pour âdreffer la véue [ & pour empefeher que les chofes
légères ne tombent dans l’œiI. ]
Les poils qui font au bas dufront au dclTus des yeux, Vvfagtdtt
fc nomment les Sourcils , qui reçoiuent ce qui coule de '
tefte, afin qu’il n'entre dans Ics yeux.
Vnccaruncule eft mifeà chaque plus grand angle qui
contient l'humidité pour humeéker l’œil, & qui forme
le trou qui eft à 1 os du nez , qu’on appelle le peinBU^
thrymdi afin que les larmes ne tombent continuelle- le point la,.
ment. Il y a auffi au bocu. vne membrane mobile , quir%'»'»L
peut fermer l'œil , la paupière eftanc rocfmè ouuerte , par
le moyen de laquelle les beftes clignotent, lots qu elles
aaignent que quelque chofe tombe dedans.
Ilfc trouacdela^y^z/ff aux efpaces des mufclcs & de
diuersvaifleaux, quifeijcà efchaujEFet& humcâ:cr l’œil,
de à rendre fon mouucment plus aifé. .
[ Les chats félon l’expericnce de , n’ont point Les mufeUs
de mufclcs aux yeux : Mais] en ceux de l’homme il y a dts^eux.
fx mufcles , puis qu’ils ont autant de mouucraens : qua¬
tre droits & deux circulaires; ils font tous fmez, dans U
cauiié du crâne, & accompagnent le nerf optique :Tous
leurstendons fe ioignans enfemble à la cornée font la
tHniifuec\üc Columbua tiomvc^ innommée , [comme fi elle
«uoiieftéincognu'é aux anciens, encore que Galien y en tum^mde
»it fiiâ: mention au i0.1iu. de l’vfage des parties ch z ] 5c
qu’elle ne foit pas tuniquc,5c qu’elle ne couure pas tout
l’oeil. '
premier mufcle fupcricur & plus cralTc , cft nommé
^tolcucut&le fupetbe.
Xx iij
Sjü Lime troijïéme.
Le/ècWquiluy eft oppofé en la partie inferieure
qui eft plus petit, fc nomme ahaijfenr & httmbU , pàr
qu’il tiic l’œil en bas vers les ioües ®
Letrotfiéme qui eft au grand angle, fc nomme
beuucur , moiiuant l’œil en dedans vcrslcnez'
Le quatrième AbduÜeur^ quiameinel’œil à coftevets
le petit angle , & fe nomme le defdaigneux,
[Tous ces quatre mufcles ont vnmcfme principe, vnc
lïiefme continuation, &vnemêrmc fin-Carlc principede
tous eft pointu prés du trou, où le nerf optique entre
dans^I’orbite de l’œil, de la membrane duquel ils pren,
nent leur origine- rieur ventre eft charnu & rond en long;
&leurfirveTvn tendon fort délié , qui comme ila eft^
dit, s’en va à la cornée. ]
Ces quatre mufcles agiftansenfemble , l’œil efttiréea
dedans, & Ton mouuement eft arrefté ,• les Médecins ap.
pellentce mouuement
Le cinquième qui eftgrefle, rond en long, court,
oblique [& fitué entre les yeux , & les tendons da
fécond & du troifiéme mufcl'e , monte par l’angle ex¬
terne à la partie fuperieure de l’œil , Sc s’inferc pics
deTlris, & ]Ie meut en bas obliquement en tournoyant
vers l’angle externe.
Le Jtxie'me [ qui eft le plus deflié de tous;] & quia vn ten->
dfon fort long, tourne l’œit vers l’angle mterne:[Carnair-
-fantd’vn principe commun, aucc les quatre premiers, il
s’en va droit à l’angle externe, & là pafte parla poulie, &
monte par vn angle droit , au lieu où s’inferoit le cinquié.
me.] On le nomme Xe'mufcle de ta poulie y parce qu’il fe
tourne à l’entour , comme par vne poulie, [qui eft va car¬
tilage qui pend à l’œil, dont Fallope eft le premier in-;
ucnieur. ]
Ces deux derniers fc nomment amoureux & wur-
noyeurs , rupencUr & inferieur.
Les beftes ont vn feptiéme tnufcle t qiai fc peut diüifercn
deux, trois ou quatre.
De-là enmionnant le nerf optique, la grailTc citant en*
Dt'lâ 'T'èjï'6. , J/J
jjc.'dcux , iî eft CO un , & s’inrerc charnu i la dure tu-
^*Son vfage eft de fouftenir les yeux des belles , qui eftans
panchées regardent contre terre ,& d’enuelopcr le perf
optique, qui eft mol.
^Onen peutadioufter vnJ?«/^î/É7Wtf membraneux, par
lequel les beftes clignotent. ^
■ Les ^aifeaux qui vont à l’œil , font vne w^^qui vient
dcsiugulaires, & les rfwm, des carotides, qui font dif- feauxj
perfées dans les mufcles , la graiiTe Sc la membrane,
ies deux premières paires de nerfs , corne on iescorap-
te ordinairement , font la première-paire opti'^ue ou vifuel-
Ic, cralTe &qni porte du cerueau , en (iéaant la faculté vi-
fiueauecrefprit , & qui s’inferè pair là partie pofterieure
aucentre de lacornéc. Mais aux belles, ce n’eft pas au
centre, mais obliquement au collé. La fécondé pairemou-
unte s’en va aux membranes, & enuoye vn petit ra¬
meau à chaque mufcle.
Ilii’y a c\\xQmii membranes^ outre rexterne ou eon- Lesmem-
ionftiue, qui eft commune, ôc trois hamenrs: Et Comme il hanesdes
yatroislubftanccs au nerf qui entrent dans l’œil lAinlî
cestroisfubftanccsfontlestroistuniques derœil.Carla
première tunique naift de la dure-mère, \z fécondé delà
pie, 5ç la troiliéme de la fubftance raoelleufe.
EtcomonÜine, qu’on appelle auffi W»4r<i alba eft polie
&dcliéc,& naift du pericranc, [après qu’il a donné vne
tunique à la paupière ,] & eft la plus externe de tou tes, &
la plus proche de Fos. Hippocrate la nommele blanc de
l’œil.
Elle ioint l’œil à l’orbite., & aux os intérieurs , comme
vn ligament.. eemonam.
Elle eft d’vn fentiment exquis.
Elleeftparfeméedepluficurs petites veines & artères, le fiege de
quineparoilTent que dans la fluxion des humeurs, lors
Jju’dlcs enflent, & qu elles rougiïTent fort, comme en
Epphthalmie qui y tient fon fiege, “ '
Explication de la Figure»
Ija première figure reprefente, les mufclcs
de la paupière.
A. te premier mfifcle de là panfiere» E & C. foffp’*'
cipe. '
D. le fecqnd mufcle de la pmpiere. E. [en
cernent.
F ‘ la connexion de cei deftx mnfcles»
DelaTeJîe» j/j
X.a fécondé & troifiétne figure monftrcnt les
mufclcs des yeux.
A. le anterieur de lœil.
B. le nerf eftiejue coupé a l'orbite de feetl.
C. D E. les trois mujeles de l'œil en leur ftuatieu, /
F. G. les efpaees entre les jnufcles qui font remplis de
^raijfe-
H. le premier mufcle releueur. I. le fécond mufcle abaif-
feur.
K. le troiféme mufcle adducteur. L. le quatrième mufcle
abduBeur.
M. le cinquième mufcle. N. le fixième.
0. le fepttème qui fe void aux befies feulement.
Après auoir ôfté la conionèiiuc, la fiUrotique ou U
dure fc prefcnte la première , qui naiftde la dure-mere.
Elle eft efpaifle, [ tendue, égale] & opaque par derrière.
On appelle fa partie anterieure, la tunique fftfrwe,par-
ce qu’elle eft polie & tranfparente , comme vne corne j
Car cllejpcut-cftre diuifée en plufieurs parties. [ Elle
s’eftend feulement iufquesàrhumeur Cryftallinc.] Pro¬
che delà felirotique, eft
La Choroide, ainfi nommée , parce qu’elle eft faite
comme le chorionou arriéré- faix, & que les vaifleaux
s’efpandent par elle : Elle naift de la pie'mcrc.Xlle fe
nomme f^ffèe à la partie anterieure , à caufe de fa cou- ^'^***h
Icurderaifîn: [Elle eft mobile, & s’eftreftitj&fe^ilatc,
félon la diuerhté de l’objc6t& de la lumière, comme cela
fe void fort bien aux chats. ] C ette partie anterieure eft
percée au milieu, où
La prunelle fe forme , qui eft ronde en l’homme , & l4 puntU^
oblongueen quelques beftes. Or parce que la tunique
vuéea diuerfes couleurs, de là naift
L’/r» ou le cercle .que l'on void parfemc de diuerfes L’/w, 4
couleurs , & où elle forme l’Iris , elle eft tantoft de cou-
. . Y/ —-'A
Uttre troîfteme. i ' ^
leur de ciel, & quclquesfois de couleur perfe, &
d'ordinaire ,'[afiR que les images qui font rcceuës dans
l’oeil jfoient plus luifantes dans robfcurité.]
te ligamêt ligament où finteruaile ciliaire naift.de la circqn-
Jliaire. ferencc de l’vuéc , qui font des filamens deliez faits cotn.
me des lignes noires , ScreiTemblcnt aux poils des pauI
pieres. Ils embraffent l’humeur cryftâllinc, qui eft attal
chée par leur moyen aux parties voirincs,[& fe meut aufli
auecl’vuée qui eft mobile.]
ÿ«»i. troifiéme eft la retine [ou l'amthiUis mide'\a^\ eft faifte
II' * de la fubftancc du cerueau ou du nerf : C’eft pourquoy
cette matière molle qui rcftemble à la morve, fe peut amaf
fer enfcmble , qui cmbralTe l’hurneur vitrée comme vnc
petite rets. [ ne luy donne point de vaifleaux:
Mais Fr. Sjluim Icuant dextrement par la partie pofte-
rieure la tunique Choroïde & Sclirotiqÿe,afrouücfou-
uent en la retine de l’œil de l’homme, des vaiflcauxrem.
plis de fan g, mai s qui font plus apparens en ccluy d’vn
l^Kragnét. bœuf ] Celle- cy s’eftendant plus loin fait où
Crjfialloide qui eft la tunique propre de l’humeur cry-
ftalline, fort deliée &' tranfparentc , d’où vient qu’on
la nomme le miroir.
On adioufte la tunique vitrée qui enuelopc rhumcar
' vitrée &: la fcpare de la cryftalline , [ & qui eft fort polie &
deliée, comme vne pellicule.]
tti hu- Les desyeux font trois la wVréif,
meurs des. cryflallme qui eft la plus noble déroutes, & eftap-
ytux, pclléc par quclques-vns l’ame & le de l’oeil-
L acfueufe parce qu’elle eft tenue &; fluide comme l’eau,
Le fse e l’efpacc qui eft entre la tunique cornée & 1®
■ Jfùffufion anterieur de l’humeur cryftalline, où le. font !«*
fuffufions.
f Cette humeur n’cft pas vne partie animée, maisf®f^‘
l'humeur blc feulement vn excremenf de la nutrition de
acqueufe cryftalline. Car elle fe confume dans les malach®*’ ^
f'*'. quand elle fe perd aux bleireurcs des yeux, elle ferep^*^'
ksdeux autres humeurs font des parties animceSj »
vne partie
mimée.
Delà Tefle. 3s s
qu’elles ont vnecirconfcdption propre, qu’elles fetiour-
riflentdc fang qui cft porté par les petites veines pro- U font.
près, qu’elles ncpeuuent fc réparer eftans perdues , & mtirjct
qu’elles nailTent dans la matrice à fçauoir l'humeur cry-
ftalline dcla plus pure & plus claire partie delà fcmcnce/Jj^^JJ'J’-^''
JJvfage de l’dquenfe eft de deffendre les parties voifî- ^
nescontre la fètcherefle, & de rompre &brifer comme
vn milieu, la fplendeur qui entre en abondance.
La Tirw fe void derrière fcmblablc au verre fondu, . ,
moins fluide quel’aqueufe, [ cinq fois plus grande que la
cryftalline,] au milieu de laquelle eft la cryftâlline, com¬
me fur vn .cuifTin.
Son vfA^ n’eft pas fimplcment de feruir d’aliment à
l’humeur cryftalline, mais deluy préparer & communi¬
quer la nourriture.
La crjfiéillim [ qu’on appelle auftî glaciale à caufe de fa CryflaU
cofiftanccjeft ainfi nommée à caufe de la couleur fort clai- Unt.
re,qui n’eft point melléc d aucune couleur cftrangere.afin
qü’ellc reçoiue toutes les couleurs : Elle cft luifantc,
médiocrement dure, afin que les Images s’y attachent,
ïonde par derrière & plate ^ar deuanr.
Son vfage eft d’eftte le jprincipal moyen de la vifiion.
Car elle le fait par cette humeur. ■ ''
[ Mais les autheursne^’accordentpas en quelle. façon.
cftirae que la fenfatiorti de la couleur s’y fait:
Mais veu que l’eLpecene s’y arrefte pas, les couleurs ne/
s’y fentiroient pas aufli , ou autrement ilnj a point de
raifon , pourquoy elles ne font pas aufli fenties en la
cornée' &; en l’humeur vitrée qui font tranfparentc^ &
animées, C’ eft pourquoy Scheinerus eftime quclcsefpc-
ces font enfin cognues ep la tunique retine, & que les
cfpeccs qui reprelentoient toutes chofes renuerfées , y
font redrelTeés par refradion afin quelles Icsgpprefen-
tent droites. Mais félon robferuation de lean VvaUhs»
Sjluius , Fr. FanderSchagen , la partie poftericuro
choroide , la felirotique & la tunique retine eftans oftées,
toutes chofes fc voyent & font reprefentées dans
Yy ij l’œil
%
Explication des Figum,
Elles reptefcntcnt les yeux, leurs membranes & lcu«
^ humeurs.
tu Vig> !• A. / humeur cryflAlline B. la tuftii^ut aragne'e de
l'humeur cryftalline.
C. (humeur vitre'e. D . la moelle du nerf ofti<jue>
^.latumquc retint ^ .lafie-mere ^ que couure le nerf opti¬
que, & qui produit la choroide oul'vue'e. G.
U. la fin de (mie à la cornée> I. le trou de (vue'e peur U
prunelle.
K. le ligament ciliaire. ♦
L. U dure -mer e qui produit la tunique ScUrotique.M,
N- U tunique cornée. w
0 0. (humeur aqueufe. P./ej mufcles qui meuuent (œil,
X^a tunique conionSHue,
U Fig. 2. monftre (humeur cryfialline par fa face an¬
terieure.
//«Fig. y (humeur cryfialline de cofié.
R. les refies de la production ciliaire qui luy font
iointés.
/^Fig. q. (humeur vitrée par fa face anterieure.
S. la cauité Oit a efié le fiege de (humeur cryfialline,
^'jFig. y a. (humeur vitrée, b. (humeur aquetfe.
f. (tnterualle ciliaire.
^-«Fig. ^ reprefente' la tunique aragnée par la face ante¬
rieure.
7. (humeur cryfialline couuerte par deuant de la
precedente membrane, d.
f • v»e partie de (humeur cryfialline dégagée de la
membrane y & qui fait en (humeur vitrée cette ca-
j h fig- A' & y
« rig. %, la tunique vuée renuerfee.
1 fa partie qui efi près du nerf optique, m.ala prunede,
Y y iij
JJ 8 Liure Troijtefme]
la Fig- 9. V'vuèe en fa ftuation naturelle,
la moelle du nerf ofttejue o. lapie mere.
p. p. /ej extremitezj des vaijfeaux , qui de la
finijfeht k l'vue'e-
q. q. vue partie de l'me'e à la prunelle.
r. le trou de la prunelle. ^
laYÏ^ . 10. reprefente fceil couuert de la dure tunique ^
coupé en trauers.
C U nerf optique.
jc-.t. les veines & les arteres qui courent par la duretuni.
quedeTeeil.
la tunique vuée dure difequée , qui fe void auee 4
rameaux qui vont de la dure vers elle.
X. fa lunêqué cornée, y. le lieu de la prunelle.
Toeil rcnuerfces, petites en vnœil de bœuf, & va
peu plus^grandes en celuy d’yn homme. ]
CHAPfirièE JX
Des oreilles,
LEs oreilles font les organes de [‘oiiye. Elles font
ou externes ou internes.
Les externes que quelques- vns nomment
font demi circulaires en l’homme , connexes par de¬
hors •& caues par dedans.
L’Oreille externe fe diuife en partie fupcrieurc & in¬
ferieure.
Noms des La fuperieure cft plus large, & eft nommée par quel-
J;";“j"qucs.vns/W«. .
utmi. ' eft molle & pendante, & cft appcllée/^rti
oreillette inferieure &'lobe.
. Le circuit extérieur de l’orcillc fe nomme Hélix
fléau de vigne , à caufe qu’il eft tortueux , Ôr l’intericut
oppofé à ccluy-cy-,la naJfelle{Qn antheltx.]^^ yaautni'
De U Tefie, 3f9
lieu dcccluy-cy'vne grande cauitc, & U partie princi-
le de l’oreille externe qu’on appelle la coquille Mais
[a caüité qui cft prés du méat auditoire , où font des or¬
dures iaunes & (ameres , fe nomme h Ruche. .11 y a vers
les temples vne eminence adhetente , comme vne eou-
uerture [ qui reçoit ce qui tombe & empefehe qu’il n’en-
tre dans l’oreille,] &fe nomme Hircm le bouc, parce
qu’il croift du poil en cette partie.
les parties qui compofent l’oreille externe , font ou
communes, comme la cuticule, la peau, la membrane
nerueufe ,lac^ir, quelque peu de graiffc au lobe: ou
propres, comme, les mufcles,les vaifleaux , le carti-
Ugc. . .
li peau eft fort déliée, adhérente à vn peu de chair
aucc vn fort cartilage , à laquelle vne membrane nerueu-
feeft fortement attachée,comme en la paulme delà main,
[qüi par fon fentiment fait que l’eau , dont le lobe eft ar-
toufé, rafraifehit tout le corps. ] Elle fe mefle de telleforte
au lobe auec la chair , qu’elle eft vn peu gra{re,charnuë &
fongueufe. D’où vient que le lobe eft mol & flexible , de
maniéré qu’il fe peut percer , fans grande peine: Après
quoy il y en a qui le parent de quelques ornemens
. qu’lis y pendent.
Qnantaux v aijfe aux ^ les veines Icurviennent desiu-
gulaires. '
Les arteres , des carotides.
Les vaif~
féaux.
Deax petits nerfs viennent des poftericurs,&: autant des
collez de la fécondé paire ceruicalé.
l-^s tnufcles en ceux qui mcuiientles oreilles, font bien
ïpparens, ôcfont communs ou propres, [qu’ond.twm\éfgn„esweu-
vne fois feulement, & il faut qu’ils fuffent en luftmian mnt les
<iue Procopius nous deferit, ayant des oreilles mobiles.] oreilles.
^ais elles n’ont point de mouuement en la plus part,
tantàcaufedc lapetiteflc des mufclcs, que parce qu’il
CH eftoit pas beaucoup bclbin , l’homme pouuant faire
*uccles mains ce que les beftes font par le mouuement
des oreilles pour chafler les méufchcs. ,
360 Llure troifièmel
d» mufclc eft àrorcillcjôc ^Tvn
premier -raurre Icvrc , & eft vtîc pautie du premier mufcle qy-' ^
mucics ioucs, & la pcaudelafacc, & Tenommele *
re. Il eft implanté à la ladnc de Toreille fous le lobe^^fi"'
qu’iltireà'cofté&enbas. • »» n
Vf^ge die Le fécond eft propre & anterieur, couché furlemufcl
fuenÀmuf. temporal, naiflantdc la fin du .mufcle du front,
re tendineux à la partie fuperieure de l’oreille, afin qji
menue l’oreille en haut & en deuant.
vfeege du l.e poftcrieut naift du derrière de la tefte au
tuipmt. dcfliis de la produdion mammillaire, par vn principe
cftroit, puis eftant deuenu plus large , & cdmmediuirécn
trois partiêSi il va à l’oreille par derrière , afin qu’il la tire
en derrière ,& vn peu plus haut. ‘ •
LetjHatriéme qui naift de la produdion mammillaire
s’cftreiTit peu à peu, iufqu’à ce qu’il fe change en tendon!
Ce mufcle eft plutoft triple , parce qu’il a trois infertions-
Ils fortent neantmoins tous confondus d’vn mefmc lieu.
Quelques vnsde ces mufcles ne fe trouuent pas quel-
quesfois, & dautrcsfôis ilsfc trouuent.
Le cArtiUge de l'oreille eft vne fubftance qui eft atta¬
chée à l’ospctreux parvn fort ligament qui naift dupe-
ricranc.
!■« y ^ quelques glandes extérieurement à l’entour des
des., oreilles , qui font groftes & confiderablcs , qu’on nomme
Parotides , bien que ce mot conuicnne aufli à leur tu¬
meur.
La ftuit- Elles font non feulement prés des oreilles , comme
rettde][^^' vulgaire , mais aufli aux deux coftez & fous
l’oreille, mais non pas dclTus.
Ces glandes qui font près des orcillcsfc, nommcntles
emonEloires dn cerneau, parce quelles reçoiucnt Icscx-
cremens du ccrueau,
Itffiegedts Ily a plufieurs autres glandes en tout l’cfpacequi eft
^fcTodelits. fous la mafehoire inferieure , où s’engendrent diuerfes
affedions , comme les efcroiiellès. Le vulgaire rient celles
de quelques animaux comme celles des porcs fauuages»
r
De la Tefie. 3
pour vnc viande dclicieufc, & les nomme les lainages
^ les petites âmes.
Leur vfage eft d’homeder les parties & de feruiràla
Jiftiibution des vailTcaux.
V'vfage dè l’oreille externe ejl
pour l’ornement, [D’où vient que les Anglois &les
j^ûllandois Sc autres nations font couper les oreilles à:
quelques criminels. ]
i. Pour la deffenfe du cerucau , afin qu'il ne foit of-
fenfé par l’air, entrant fubitement. ' Vsrgmt
J. Pour eftre l’organe de l’ouye, non pas à la vérité le exter»e àe
principal, mais bien ccluy quiîuy aide. Le vray organe
cft caché dedans , comme celuy de l’odorat : tt comme
nous pouuons flairer, le nez eftânt coupé , quoy que non
pas fibicn: Ainfi pouuons nous ouir, les oreilles ayans
efté extirpées désla racine, bien que imparfaidement,
confurément & auec vn murmure, les voix articulées qui
reflemblentau brun que fait l’eau coulante, ou vne ci¬
gale .qui chante , comme ceux là fçaucnt-fort bien ,à qui
elles ont efté coupées. Mefme l’adion de l’oreille qui
n’a pasefté coupée, eft oflFenfcCj fî-on ne bouche le trou
de celle qui l’a efté. •
Vvfage donc de l’orcillc externe eft dè receuoir les
fons plus promptement & mieux, & de ralTembler dans
fa cauitéceux qui vaguerit en l’air , afin que leur mou-
nementeftant modéré par l’obliquité dans les anfra-
ftuofittz , ils touchent au tambour fans aucune impe-
tuoûte violente. C’eft pourquoylesbeftcs tournent les
oreilles vers les fons Scies voix , afin qu’elles ne paffent
hns lestoucher C’eft pour cette raifon que l’Empereur
, Hadrian mettoit Tes mains caues i l’encour des oreilles
pour ouïr mieux , ce que font auflî ceux qui font vn peu
lourds. De là vient que quelques Scythes , à qui les
oreilles meurent à caufe du froid , appliquent vne co-*
quillcà leurs oreilles, afin que l’air enfermé foit receu
j^uetnentdanslaconcauné ,&que parce moyen ils ayent
l oiiye meilleure. C’eft pour cela enfin que ceux qui ont
Zz
jés Liure troiféme.
: ies oreilles plus aduancccs en dehors , ojretit mieux TJ
fi nous ne les auions pas trop applaties , tant pom »
coucher dclTus trop long-temps , tju’à caufe que
nourrices les ont bandées , noftre ouye feroit plus
cellentc.
L'orciilc interne a auffi dmerfes parties continues c
l'os pierreux, où font outre les parties de los & les pj"'
tites'eauernes, le tHmhourMs detixmufcles^lQs^aipa^x
Bc l'air naturel. *
Il fe rrouue dans le conduit auditoire rcueftu de fi
peau jparoùpaffentlcsfohs, vnc/î?«wf»r bilteufeBt.y[l
queufe, [que les anciens ont appcllé/fnw<r«lacire]chaf.
fée du cerucau : mais la nature a [ mis obliquement] pat
:ded.ans à ce trou
N nt certaine clofture ou membrane ronde, que quel.
'Li t&hour qu^s-vns nomment Myrinx^ d’autres le feptum mera,
braneux & mediaftin , quelques autres le tambour, &
d’autres plus à propos , la plaspetit^ membrane dutm’
éûur. Car elle •€{!: tendue deuant la cauite interne, qui
.conticntrairnaturcljcommclcparchcmiriau tambour.
. iXle effort feiche,e&ti qu’elle refonne mieux, caries
ohofes feiches font plus propres pour Icfon.
y ru des eft tranjparente , déliée & fubtile, afinque lesfons
eaufes de la puilfent paflerplus aifément dans l’air naturel. Car ceux
furdité. àquiclleeft tropefpaifie dés la naiflance, font fourds in¬
curables, comme ceux auflî à qui vne tunique frop ef-
paiife naitt & s’attache extérieurement , de laquelle Panl
■Eginete enfeigne neantmoins'quclque curation ; Et ceux
qui l’ont venans au monde, demeurent aulfi müetslcplus
louuent, parce qu’ils ne peuuent conceuoir enleur cf-
prir, ny proferer dela langue des paroles inoliy es. Quel'
y ne des quelque mucofité s’y attache intérieurement, ouqu’vne
taufes^ de h humeur trop cfpailfe s’y i ett e , l’oily e deuient dure U cm-
de *pefchée , oulafurdité artiuc,qui eft difficileàgueiir.Qï?
fi l’humeur cft déliée clic caulc le tintoiiin, & le bruitclc*
oreilles.
.Elle cft enfin nenjeufe, [ & d’yn fentiment li
De laTeJîe. 363
gfl’cllencpeutfoufFrirles cure-oreilIcs , «y les humeurs
»cres ,] &c forte, afin quelle dure contre les ioiures exter¬
nes, & dedans pour fa deffenfe trois ollèllets
^ deux mufcles.
Son vptge cft de fermer le conduit auditoire , & de re¬
tenir en dedans l’air naturel , en le feparant de l’externe:,
ptenfuitededeffendre les parties internes de la pouflie-
re, de l’eau, des petits animaux, &c.
Il y a vne cauité interne m dedans du tambour, en
l'os, qui contient vn certain airque quclqucs-vns nom-
ment connaturel, parce qu*,l acfté .misdcs la'naiflance
aux oreilles: îieft pur, fubtil& immQ.bile, &eft, félon
quelques - vns , le mojen interne de l’oiiye , & félon d’au¬
tres l'organe mefme de l’ouye.
Les Anatomiftes donnent deux mufcles 1 l’oreille
. de l ertillt,
interne. •
Us nomment le premier interne fîtu^dans l’os pier¬
reux auec vn double tendon ,’dont TVn fe plante à la
produdion plus eflcuée dU petit marteau , & l’autre à
fon col. ^
Son vfage cft de tirer obliquement en deuant &: en
dedans k tefte du marteau, de la retirer de l’enclume ,
dcdcpoulTer en dehors la petite membrane par la pro-
diiftion recourbée du petit marteau.
Le feponi externe a efte troiiuc par Caprins , bien
Aqnapendente s’enattribucrinuerition. llcft fort pe¬
tit, charnu, &eft enlafegion fuperieure dupaflage au¬
ditoire , & s’infere par vn tendon au centre du tambour, :
àt’endroit où le marteau fe ioint dedans à la mem¬
brane.
Son vfage eft de tirer en, dehors la membrane auec
h marteau. [Prfny^wwjnet donc mal à propos ce mufclc
contre
Il faut remarquer vn certain petit conduit cattilagi-
neux qui va de l’oreille au palais, & qui a vne valvule.
Sun cft i.dercpurgcr l’air naturel. Carlafortic lesmlnfea:^
Cttbuucrte auxexcrcmcns parce chemin, de l’orèillc à teiresfer-
tz ij ,
nent aux
pialaJics
des oreilles ,
ApftlU-
tions des
parties du
ntz.
■^«^4 Liure troljieme] '
la bouche, mais non pasde labouchcàloreillejcauf
de la valvule. D'OÙ vient que les mafticatoircs férues
beaucoup aux maladies des oreilles. ,
i. [ De receuoir le fon aux fourdaftres , ou lors que Igj
oreilles font bouchées. C’eft pour cela que ceux qui
prennent du tabac, rendent la fumée par les oreillcs^i
Lt nerf andifoire fe prefente enfin , qui vient de la cm-
quiéme paire du cerucau,[& qui entre dans l’oreille par
le trou de l’os pierreux. Il touche par deux rameaux la
viz & le labyrinthe, afin de parfaire l’ouye en ces deux
endroits i vn petit rameau fendu en deux qui vient de la
fixiéme paire ,cft adioufté à ce nerf pour mouuoirles
■mufclcs. ]
CHAPITRE X.
Du NeZ:
IL fâirt maintenant confidcrec le Nez qui eft l’organe
de ro’dorat , & qui a cfté donné à l’homme & aiix
beftes. à quatre pieds qui engendrent leurs petitkn vie-
Or il fc diHife comme l’oreille en nez externe & <»-
terne.
L'Interne a des os '& des nerfs aucc les apophyfes
mammillaires, defquellcs nous parlerons en leur lieu.
L’Externe fediuile par dehors en partie fupeiieure &
inferieure. t
-La partie fuperieure qui eft ofteufe & immobile , fc
nomme le des du nez , & la partie pointue l'éfpine : I»
partie, inferieure eft cartilagmeufe & mobile , dont la
plusbaffe extrémité, fe nomme lepenf la petite
boule du nez, [parlefeul attouchement de laquelle
chaèlScetus iuge fi vnc fille a perdu fon pucelage,] & 1*^
parties latérales, les : la partie charnue qui adpan-
ce au milieu, & qui eft voifine de laie vre, s’appelle la C#*
lomne.
De la Tejle,
î^e nez cft diuifc par dedans par vnc en deux
trous ou cauitez, qu’on appelle narines , afin qu'vn trou
eftant bouché, nous puiflîons infpirer & rcfpirer par l’au¬
tre : mais fors qu’ils font bouchez tous deux, la bouche
fâitlafobdion des narines. Or chaque trou fc dmifede
jcchef en vers le milieu du nez. L’vnê monte
€11 haut vers l’os fpongieux; l’autre s’en va au delTus du
palais vers la gorge & le fonds de la bouche. D’où vient
que le brcuuage fort quelqucsfois par les narines ; Et que
ce qu’on aii^té dans les narines, tombe par la bouche, le
nezeftant fermé. C’eft pour cela aufli que les excremens
plus groffiers du cerüeau , lors qu’ils vont en bas vers les
narines, peuuentîomber danslabouche ,ou y eftte atti¬
rez en crachant , & eftre repurgez par la bouche.
Sa puation cft en vn lieu éleué : à fçauoir entre les yeux:
1. pour la bonne grâce : a. Parce que toutes les odeurs
montent en haut. *
Sa cft diuerfe, comme auffi Çâfigure' Caries
vns l’ont fort grand, les autres petit, les vns camus, ÔC
les autres aquilin, &c. Dequoy traitent les PhyJîognB-
mfies.
Sa fubfiance eft compoféc delà cuticule , de la peau, des
mufclesydcs os, àcscanilages,dcsvaijfeaux6>c des tuniques.
‘ Sa p€4»cft deliée ,& fans graifle , afin qu’il ne groflifle
pas trop ; Maiselleeft efpaifle & fongueufe à lacolora-
ne fous la paroy, de forte qu’elle fembie vn cartilage;
Elleades poils qu’on nomme
Les mufcles du nez fonté»/^? , fur tout en ceux qui ont i„ muf*
grand nez, maispetits,parccquercmouuementdunez cUs.
cft petit. Quatre feruent ih dilatation j lors quils ou-
urent les trous des-narines, en tirant les ailes en haut. Et
autant ponx li. conflriBiçn-^
'Les deux premiers qui feruent a U dilatation (oviX
hus, Scnaiftent de l’os des loues, présdutnufcledesle-
■vtes doncilsfontvn troifîtme.lls s’inferent d’vncofté a
partie fuperieure de la Icvre, & de l’autre à l’aile cxrc-
deure.
Zziij
Les Curti-
Uges.
Les V4if-
fe/fitx.
Lu tmi-
C»ufe de
l'ejlerHue-
mem.
Les deux autres qui Tont prclque- triangulaires na'f
fcnt par vn principe aigu 6c charnu , de la future d
fïont& dcrcfpmc du nez ôc s’implantent aux ailes. ^
hes deux premiers qui feruent ^ U cen^îriUioh fontpc
tis ôenaiffent tous charnus près la racine «des ailes ^
vont dft trauers s’inferer aux angles des ailes. Leur
cft de fermer vn peu les narines, en abbaiffant les
Les deux autres font, grandement fermes ôc memhrj!
neux, cachez intérieurement fous la tunique des nari.'
nés, Ils naiflent de l’cxtrCmité de l’os du nez, ôc s’infel
rent aux ailes.'
•Les Cartilages conftituent.Ia fubftancc de la partie
inferieure du nez) 6c font cinq.
Les deux fuperieurs plus larges foftt' adhérents aux
os du nez,, & deuiennent plus ‘mois tant plus ils def.
ccnderit, de forte quelafubftance de l’extremité du nez
cft quafi en partie càrtilagineufc ôc en partie ligamen.
teufe.
Le trùijîe'me qui cft au milieu, de ces deux , conftituc
la paroy pu entre-deux des deux trqus du nez^,
.Deux autres, font adiouftez à ccux.cy qui font les
ailes, ôc, font attachez- par des ligamens membraneux,
Qiunt aux vaijfeuxy les veines viennent des iugulai.
rcs.
Les arteres , des carotides.
Les nerfs de la troifiémc paire , vn de chaque codé,
qui va parles trous communs du nez ôç des yeux au
grand angle dans la tunique du nez, aux raufcles & au
Palais.
La qui cnccint les narines par dedans vient
de ladurc-mcrc ,ôc cft commune à la bouche , au pa¬
lais, à la langue , au larynx , à ,l’oefophag,e ôc au ven¬
tricule ; Mais élic cft plus déliée aux narines Ôc d’vn
fentiment exquis , car eftanc irritée , elle caufe l’cftet-
nuemcnc : [ Elle eft percée de pluficurs trous à l’os cn>
breux.]
L*vfage du nez externe cft ,
*De UTefle.
I. Afin que l’dir entre par le ncz'iufqucs au cerueau,
pour la génération des efprits animaux. [Ce que les
thevres font par les oreilles fuiuant le tefmoignage de
yarron & de Pline, contre l’opinion d' ^rifiote.]
i. Afin que l’air entre dans les poultnons , pour le
rafraifehiflement du cœur, & la génération des efprits
vitaux.
3. Afin que les odeurs foient portées iufques aux
produftions mammillaires.*D’où vient que ceux à qui
le nezà efte coupé à la racine, ou ne flairent point du
tout, ou aucc geine.
4. Afin que les cxcrcmens du cerucau coülent par
le n^z comme par vn canal 5 mais cétvfage n’cft pas le
principal du nez [ puis que /em FvaUus & lean Dom.
Sala Tios maiftres ont cognu des perfonnes à qui au¬
cuns excremens ne fortoientiamaisdu nez.]
J. Il fert aufli quelque peuàla formation delà voix.
6. Il fert à l’ornement du vifa.ge. Onlit danslcs c^ro-
ni^ues d'Angleterre que les plus honneftes filles de ce
Jjays là'fe coupèrent les nez du temps dê la guerre contre
CS Danois, pour deffendre par certc difformité, leur cha-
fteté, contre i’mfolçnce & les violences desfoldatsDa^
■nois.
CHAPITRE XI.
J)e h Potiche ^ des loues des
Le'vres,
REfte le dernier-organe du goull tàfçauoirîa Langue:
mais il faut deuant que nousrexpliqnions,propofeE
les parties externes, qui font à l’entour de labouchc,'5c
les autres internes, qui font dedansla bouche.
Les parties externes à l’entour de labouehefontdi-
l^eifcs. La partie fupeiicurc fous les, yeux, entrc-lc nez ôc
NtfWJ itt
partnt ex¬
ternes
font (i l'en-
tour de l*
houehe.
Les paires
des mufcle
des levres
qui font
communes
aux ioH'és.
^^8 Lhre troijîéme^
l’oreille, fc nomme non feulement '
caufede fa rougeur ordinaire : mais auffi , à caufe de cc[f
qui arriue en la honte : On la nomme aufli h pomme &le
cerclé de la face >
La partie inferieure plus lafehe, qui fe peut enfler
comme cela fc void aux trompettes, fe nomme BuccaU.
iouë,lapartiedelalevcefuperièurc?wjir/?4^ mouftache,8c
Ucauitéquiy eft imprimée,&quiladmife philtrumphl.
tre 5 comme fi^n difoit aimable : mais il y a deux levresda
fHperieure&cl' inferieure defqucllcs fe.fait la fente qui e(^
au milieu , qui fe nomme la bouche. Les cxtremitca
auancées des lèvres fe nomment prolabia- La partie infe-
rieurciouslaleurcinfericure s’appelle la pat- '
tiecharnuëfoûslc menton, petite gprge.
Orla bouche e:l: compoféc de parties, dont lesvncs
fontoflcufes,commelaw4c^oi>tf fnperieure & inferieure
&ücc\cs dents , & les autres charnues, comme les levres &
leurs mufcles, & aufli ceux des ioues & de la mâchoire i»'
ferieure.
Toute la capacité interne de la bouche eft enceinte
pardedansd’vne tunique épaiflè, qui enuironne aufli les.
gcnciues & les levres, 6c croit-on quelle fc redouble,,
lors qu’elle fait la luette.
L’vfage de la bouche cfi:
I. pcreceuoirle boire ôc le manger, Ôe deferuir àfa;
préparation, ou de commencer la chy lifiçâtion.
a. Pour l’infpiration & rexfpiration.
3. Pour la voix.
4. Afin que les cxcreraens des poulinons fortent par
là bouche , 6c ceux de la tefte ôc du ventricule en cra¬
chant, en toiiflantjôc en vomiflant.
Deux paires de mufcles font communes aux iôu'cs &
, aux levi?es,deux de chaque cofté.
La première eft ce mufcle large , délié 6c qudrré
eft couché fous la peau du col, que les anciens n’ont
pas diftingué dclapeau.
Elle afon origine près des clauicules 6c de la partie
polterieure
De la Tejle. $69
oftcrieurc du col; mais elles s’inferepar des fibres o(iU‘
” J (que le chirurgien remarquera foigneufemcnc,
afin qn’il coupe de trauers , fans y prendre garde,
gj qu’il ne rende ainfi les ioues retirées vers tn collé )
au menton>aux.levres,& à la racine du nez mefmes
quciquésfois à celle des oreilles', lefquellcs elle meut
aulïi en partie. Lcmufclc eft t premier qui fe bande au
ris de chien , ou comulfion canin e-
La fécondé paire qui eft couchée fous celle-cy , qui
fait parfagroftetir les ioues, fe nomme à caufe de cela
buccinatenr ou trompetteur.
Elle eürûneb comme vn cercle , deliée Sc niembra-
nciife & entretilTuë de diuerfes fibres , & attachée infe-
parablement àla tunique delà bouche.
a remarqué à fon centre vn fort ligament qui
paift^du dehors, & qui fe traine fur l’os des ioues , où
il fc termine en vn certain mufcle petit ôc gtelle direde-
inent oppofé â la iou'é.
Le mufcle naifi de la mâchoire fuperieurej & s’infere
à l’inferieure aux racifiés dçsgcnciues.
Son ly^^fcftdemouuois les ioues ’aucc leslevres, &
de feruir aux dents , comme de main , lors qu’il poufle
deçà & de U la viande vers les dents , afin qu’elle foit
tachée plus menu. •
Les levres font compofées d’vne chair .confufe &
fongueufe ( Fallope la tient pour la neufiéme paire des
inulcles de la Icvre ) dont la peau eft tellement meflée
aucc les mufcles qu’elle fembîe vnc peau mufculcufe,
ou vn mufcle cutanée. .
Elles: font couuertes d’vnc tHnique commune à la
touche & au ventricule , d’où vient que la lèvre infe^
ficum tremble à ceux qui ont enuie de vomir.
, Les parties qui febaifent mutuellement, font rouges,
caufe de l’affluence du fang,
Lcurty^^ff cfti. de fermer la bouchç , & de deffen-
drc lcs dents & les parties intérieures contre le froid &
les iniures de dehors. .
Aaa^
Sfl» vfagn
Le ns ae
chlm.
La figure
du bucci.
nittur.
L« Uvjer.
H'oît vient
le tremhli-
tntnt delg-^
vre en ceux
qui ont en >
uiè de
mir.
"yji) Lture troifte/me]
Pour la commodité de boire & de matiger.'
3. Pour la voix& la parole.
4. .pour ietter le crachat, . ^
• 5. Pour^l’orncmenr,
Les levres ont quelques mufcles ^ propres , outre les
communs que nous aqons expliqué , dont le* nombre
peut changer neantmoitfs. Les vns en comptent plus
les autres moins. Car il y en a que quelques- vns tic^nnent
pour fimples^ & d’autres pour plufieurs.
Les 4 p/tires La p-emiere pire qui eft remarquaWe. a efté deferite
des^ mufclej ^ defcendant de l’ande entredes yem
UuTrTfu- ^ plonge droit au corps luperieur de Ule-
periettre, ,
Les a/ttres deaxpaires que tous les autres comptent pour
vn feuljiettent des fermes & charnus enl’os
de la pommette , & tendent obliquement en bas ^l’vne
neantmoins plus que l’autre.) Ils s’embraffent bien mu¬
tuellement à leur origine, mais ils s infèrent manifefte-
ment cn‘ diuerfes parties de la levre. C’eft pourquoy
auffi la paire inferieure tire plus aux codez que la fu-
perieurc. •
L'mtre paire efteharnoë, grjrflc, ronde en loti^, &
■couucrie de graille *, Elle naift &c s’inferc i la cauitc qui
cft fous la iouë où les levres s’vrdlTent cette paire
tire en bas.
Leur vfa?e. rnufcles Icuent la levre rupcrieurc.
La paire L’autro paire qui meut la levre itiferreürc , eft large
des rnufcles & courte. Elle naift charnue de la mâchoire infcriciitc
. quime^tla aux coftezdu menton : Ets’inlêre obliquement au mi*
levre tnfe- |jgy jg levrei Or tous les mufclcs des levres font ft
rieure. meflez à la peau , que les fibres fei croifent.
vient que lesmouuemens des levres font fort diftst^t'*'
Les nerfs enuoyent aux levres des reiettons , af'’
kur fenriment foit exquis ; les veines 5c les artetes f
viennent ailfii des lieux voifin s.
T Les mufcles de U Mâchoire inferieure ( car ctWf
m general, fcmeut, 6c l’aiurc eft immobile ) font huia , félonies v»*
De Ia Tejîe.
^ dix fuiuant les autres , qui le nomment mafcheurs ,
mangeurs , molaires , parce qu’ils feruent à mafchcr &
brifer les viandes ; Vnc paire feulement abaifle la ma- ‘
choire ; parce qu’elle tend d’ailleurs en bas. Les autres
paires laleuent, qui fonl fort robuftes. D’oii v^ent qu’il
y a des hommes qui leuent dc^erre auec la bouche en
mordant , des pefans fardeaux i & que les phrenctiques
autres infenfcz /ermênt la bouche auec tant d’6-*
piniaftreté J qu’à peine la peut-on ouurir auec grande
^rce &c auec des ferremens ; Au contraire on n’aura
pas beaucoup de peine à la fermer , quelque refîftance
dont qnvfe pour la tenir ouuerte.
le premier mMsCc nomme Crotaphite ou temporal, ig
àcaufe de fa fttuation, parce qu’il occupe la cauifé des
temples.
Ccluy cy cft le plus grand de tous, fort ôcrobufte. dit
Mais il eft . plus grand & plus robufte aux autres ani- ww/c/erm-
maux, comme aux liions, auxjoups, aux chiens,' auxP'”’^^*
pourceaux , &c, quideuoient mordre fermement.
Car Ja^» du temporal cft au commencement delà
mafehoire inferieure qu’il meut , &• qu’il tire en haut , &
fermeainfi la bouche j Et il finit par vnc produdlion ai¬
gue, & par vn tendon nerueux, court & fort .
Mais il naifi- des temples par vn principe large ychar-
/iii,&demy. circulaire, & s’eftreffitpeu àpeu en defeen-
daiir. ,
Trois nerfs s’inferent àce mufcle des deux coftez, deux „
<ie la troi^cme paire , & le troifiéme de la cinquième, u klejfeurt^
G’eft pourquoy y ayar quelque blefteurc ou contufion en du 'mûfcle
ce mufcle, il y a grand danger de côuulfion,& rqefmesdc temporal
la mort :[C’eft pourquoy il le faut couper aux abfcezjfui- ‘***Ht^*'*f*t
liant le chemin des fibres obliques.] C’eft a caule de la di-
Aenfion de ce mufcle HippocrAte a dit que la luxation
<le U mafehoire inferieure eft mortelle, fi elle n’cft remifo
4e bonne-heure.
La nature luy a donné pour fa deffenfc, i, vne memha*
cfpaific & dure : à fçauoiiTe pericrane, de forte qucla
A’aa jj
jyi Lime tmfieme ,
partie inccrieurc dumufclc qui cft toute charnue, eft 4
hcrentcàros,fansle pericranc. *
Z. Le Zygoma deflus la partie inferieure tcndincur
Ôc nerueufe. , *
9. .Elle a auffi muny le tendon de chair dcffus &
dcflbus. *
. Le fecoKd müfck fe nomme le fremiermafcheuryniitr
feteur, mouleur , mandibulaire , & Wtrcment latéral, qui
eft fitué anx ioucs.
Il vne double teftc , dont Eync eft charnuë&
l’autre nerfucule, du Zygoma , & du premier os de la
mafehoire fuperieure . Il s'mfere à la partie inferieure de la
mafehoire, qu’il tourne, lots qu’on mange. Carlesfibres
des tçftcs s’entrecoupent, 'afin qu’elles mcuuent la maf.
choire en deuant , en derrière & aux coftez.
La rwi7//wep<iire[appclléc Ptery goide ou alaire externe,]
que nous deuons â FallepCi & qui félon eft ync
partie du müfclc temporal , eft fituée fous le tera.
' poral.
Elle»4/j^ derosfphenoide , & de la produâiion ailée
externe, par vn principe en partie netucux,& en partià
dharnu,& i’imfUnte au col de la mafehoire inferieure,
& au fiege interne de fa tefte.
Son vfage eft de mouuoir & de tirer en deuant.
La quatrième paire fe nomme le fécond mafcheur[o^
alaire externe, ] qui eft épaifle & courte. •
Voy e\laf- Elle yôrf nerueufe des produftions internes ailées de
,f«r# f.jjo.l’os fphenoide , & s’infere à la partie intern» & pofte-
rieurfc de la mafehoire par vn tendon large & fort.
Son vfage eft de tirer la mafehoire en haut, & d’aider
le temporal.
La cinquième paire fe t\ommç f y loi de o\i graphioidh
parce qu’elle de l’appcnchcc ftyloidc lEllc eft inem-
braneufe &large, &c incontinent elle deuient rondeen
long, charnue, & puis tendineufe au milieu, & cftantdc-
uenuë de nouueau charnue , elle stnfere^Vi mentoh.C’dt
poiiiquoy on void qu’elle a deux ventres , & eft appelle®
r De la Tefte.
pouf ; Elle cft attachée par vn
ligarnent , afin quelle ne fe tefire pas trop en ar-
^'*Son vfage eft de tirer la mafeboire en bas, ,& dou-
gfir la bouche,
Mais les autres ticnneiir pour vnc autre paire vne par¬
tie du mufcle quarré qui eft planté au milieu du men.
ton.
• CHAPITRE XI 1.
Parties contenues dans la bouche , des
pendues y du palais, delà luette y de la
gorgty de Pos dugojïer, :
LÉs parties contenues dans la bouche, font outre les
dents, Les genciues , le palais, la luette , \z gorge, l'os de
k langue , h langue mefme , les amygdales, \e larynx & le
mmencement àel' Qefophage. Nous auons pafic des trois
dernières parties au liure fécond, à caufe de la connexion
despanies. Noos c'xamincrcns les ciriq premières en ce
Chapitre, & la langue au fuiuant.
La Genciue cil vne chair dure qui enuironne les
dents comme vn ratn part , & qui fertvn peu aux édea-
tcz pour rompre & bnferlcs viandes. Les dents bran¬
lent ou tombent lorsqu elle eû, ou mangée, ou trop re-
lafchée, ou trop defleichéc.
Lc PalSis eft la pai^c fuperieure de la bouche vn peu
concauc, comme vnc voûte, d où vient qu’on l’appelle
lecid delà bouche ; Il eft la bafe du cerucau formée de
fphenoide,
lleltreueftud’vne erpaifle qui naift delà dure-
quienceintpar dedans les iou'és,& toutelabou-
& eft commune àla gueule, ôc au ventricule. G’eft
fourquoy il y a aulTi Tympathie entre ces parties, & nous
Aaaiij
1
J 7./. Liun tm0me. I
ncpouuons pas purger la tcifte auec des mafticato’ |
quele ventricule ne fe purge auffi parle palais. |
La nature luy a donné des petis nerfs pour le fentj |
lïiçnc.
L» /»«« la Wk
de la luette, entre les conduits des narines , au defl us de la fentedu
larynx entre^es amygdales. Les vns la nomment Q^r- '
^areon^ciüCo du fon quife fait en gargarifant , & a^|{j
gurgttlio SiC la colomne,
C’èft vne produdion de la fubftance glandulcufc
fpongieufe & rouge , qui naift félon ColHmbm de la tu!
nique du Palais redoublée en cét endroit , [ & fuiuant
RioUn. des mufeks qui finilTent lâ.]
Sv» Thure obloague en rond y plus efpaiflre parbaut yk
^ ‘ finit en pointe obtufe, [fufpenduë par deuxpetis muf.
0 des.]
ta cheate Quelquesfois elle pend trop à caufe des humeurs qui
delaluette. y tombent, & alors ieük hcheute delà%ette
habilles chirurgiens ont accoultumé de brufler ou cou¬
per , lors qu’on ne peut la remettre en fa fi tuation na.
turclle par 4e moyen desmcdicamens,ouauec la main,]
Son vfage eft de temperer la froideur de fdt , afin
qu’il n'cnîre fubitf ment da^is le poulm\)n : [ D’où vienr
queceuxqui en font priuez, meurent ordinaitement
phthifîqucs.]
. "Erreur du ^Lcs autres croient qu’elle fert à la modulation de h
vulgaire, voix , d’où vient qu’on la nomme l’harchet de la voiXi
Mais encore qu'elle foit blclTéc & entièrement con-
fuméCjla voixh’cft pas gaftéc pourtant, finon que Iq
autres parties voifines qui feruchti la voix, feient of-
Fenfées : [ Car alorsxllcdeuient rauque & entoilée àcau^
fe de l’afpreté de ces parties, caulëcpar ces .fluxions qui
ont rongé la luette.
Soafccond vfage eft d’cmpefçherquelc boirene tfi*
^ge de labouche aux^narincs,] ■
^oute l’ouucrture delà bouchçfc nommç quelq^®*'
fois la Gorge; Mais ce mot coniaienc proprement a»
De la Tefie, 37 f
jftic poftcrieufe & inferieure , qui ne fc void.quc
Land la bouche eft ouucrte & la langue abailTéc. Les
Grecs U nomment Tharjnx , bien que ce mot dans
Uippocrate fig'nifie fbuuent les affcdions de la gorge , ‘
cornine rinflarnmation &:c. Galien le nomme Ifihme ou
dcftroicjàcaufe quece lieu cft eftroit.
lly âvn osà la gorge qu’on, nomme ou ÀpfelUtih
^caufe qu'il eft fait comme la lettre Grecque v , & ^fieshyat-
Umbdoide à caufe qu’il a la figure du a. Il fe nomme
auffi tos dugoJteryOü l'os de la langue\ àoai il faut par¬
ler icy J & non pas en l'Ofteologie , parce ’quhl n’eft
paslié aùcc les.autr^s parties du Skelettc.
^ Or cét os eft la bafe & le fondement de la langue ,
fur lequel elle fe meut : Mais il eft au deuant du larynx.
Il eft compose' de plufîeurs oflellets , qui font trois
tout au moins , treiz:e pour le plus quelqueafois *
cinq, fept, neuf.
L’Offellet moyen eft le plus grand connexe par de¬
hors , & caue par dedans. Il a des apophyfes qu’on
nomme les wwr, deux de chaque cofté» qui font com-
pofées d’vn plus grand on plus petit nombre d oflellets.
Scs Apophyfes font attachées auec les ligaments &
les extremitez du ftyloidc , & aufli auec le cartilage ary¬
ténoïde. ^
Cét os ne fe meut fu auec la c eft pourquoy il
^ quatre paires de mufeies communs à la langue, & on
ne peut pas demonftrer les mufcles de la langue que
ceux- cy ne lôient oftez.
La première paire eft cachée fous la peau pat deuant,
& couchée fur la trachée artere & fur le cartilage ty.
roidc.
Lllc par vn principe large & charnu de la plus
haute Si intérieure, région du fternon. D’où vient que
Wtte paire Çq wommt Sternohyoide '.h fin eft charnue à
la bafe de l’hyoide : Et ces mufcles font feparez au rai-
lieu par vne ligne, fuiuant leur longueur.
Leur vfage eft de tirer droit en bas.
1
^7^ Llure mlfiême]
La Jeconde^Akc qui cft fous le menton & foug .
quiéme paire de la mafchoire inferieure , cft ampr'
courte ,& toute charnue. °
• Elle naifi de la partie interne de la tjiafchoire infcfj
re'par des fibres qui vont diueilèment. Elle finit aufiç '
moyen de l’hyoidc. Quelques vns la nomment aetiF
hjoide. ..
Son vfage eft de tiret droit en haut Sc vn peu en ;lc
uant.
La troifiéme paice qui eft greffe & ronde en long, cft
placée fous le menton, naift delà racine de l’apophyfe
ftyloide , & finit aux cornes deThyorde^. Qcmlquygjj
ces mufcles font percez au milieu ,*à. cWc do-mufclc
qui ouure la mafchoire. * *
Son vfa^e eft de mouuoir vers les coftez , & vn peu
obliquemsnt en haut. Cette paire fe nomme jiyloceu.
to^yoide»
La ^Hâtriéme qui eft greffe & longuç eft cachée fous
le mufclcde l’efpaule , dont ils font le quatrième.
Elle naift de rapophyfe coracoïde y d’où vient qu’ou
le nomme coracohyoide. Elle fe porte en haut oblique¬
ment aux coftez de l’os hyoide fous le mufcle de là
tefte qju’ils font le feptiéme. Cette paire qui cft lon^
gue , a deux ventres , & cft extenuée au milieu comme
vn tendon , comme celuy qui tire en bas. fa mafchoire
inferieure.
VvUtre de dé l'os hyoïde
l'es hyoïde. Afin qu’il foit la baie de la langue [Ileftneantmoins
mobile , afin que comme FvaUns eftime , il PC fuft
toufiours couché fur la gueule , & qu’il n’empefehaft
parce moyen la déglutition des viandes. Mais il femcut
en deuant en la déglutition, afin détendre parcemoyea
l’orifice delà gueule plus ouuerr.] •
Z . Afin que plufieurs mufclcs .de la langue & du
y prenent leur origine.
^ CHAB..
m
De U Te fiel
chapitre Xlil.
Et dernier.
De U langue.
La langue aÿ^fi nommée de hngere Icichcr,cft pla-
cée en l’homme dans la bouche , fous le palais.
Ellecft en l’homme / double aux veaux ma-
jins , à nois’pointes aux ferpens, & à deux aux lézards.
Elle cft oblongue en l’homme, large & eCpailTe ; Mais Sa figurt.
elle cft pluscfpaiffeà lâ racine & plus tenue &pointuë
àrcxtremirc.
Sa eft médiocre & refpond à la bouche. îagradeut
Que ü elle ell excefliue , de forte qu elle ne puiffe fc *'»»/« de U
mouuoir auec facilité , elle fait begayer. Et fi elle eft defrana-
trop molle &: trop humide comme aux enfans , la voix
a’eftpas fl bien articulée [ Camerarins-, Ziemm ^
Portiigns ont remar<||é que la langue eft crèiiie par
quelque maladie, iuf.,ues à vne grandeur fi prodigteufe,-.
qu’elle ne. pou uoit eftrc contenue dans la bouche.] :
Sicpmexim: Elle cft toute adhérente aux poiftbns. Satemt-
Elle éftattachée en l’homme par derrière au larynx ,a
l’oshyoidcjà la gorge&aux amygdales. Elle eft liée par
l’îsau'milicu de Ton corpspav vn ligament fort&membra-
•^eux, pour la force & la fermeté, & aulïipourl’infertion
éîs mufclcs propres: doutTcictreraicé fc nomme lc/r««,
oulc filet qui n’en eft point d fferent. Il lie q'telqucsfois
h langue de telle forte aux enfans nouucllcment nés, que
hsrages-fcmmesontaccoufti^médcle rompre auecl’on-
8*s(ce qm eft dangereux & qu’on ne doit pas per-
•’jettre ) ou le Chirurgien auec le fcalpellc , afin qu’il
Jiçtnpefche l’enfant de tetrer.^t de parler, diftinélement
qu il fera deuenu plus grand , & que la volubilité
le mouueraent de la langue foie libre. Au refte on
Bbb le
Explication de l^Figure.
Elle repréfcntc la langue aucc fcs mufcles, par le
cofté droit.
A. A. le bout delà langue.
B. v>^e portion de U langue , an cojle de la wafchom
rieure iqui neftpas couuerte de Utmujue'
C. U tunique de la langue retranchée du TaUts
la>ngue- ' ^ , •
D. lapremiere paire des mufcles^ E . la fécondé- .
féme. G. la quatrième. H- la cinquième.
le coupe fans raifon à tous les enfans 4
[ puis que de mille à qui il cft d emeuréjà peine y
vnfcül qûibeguaye.] ^ «,.,ufe,afio
Satmiqui, Elle eftreueftu'é d’vne tunique deliee.oi pt>i
que les faneurs pénétrent promptement en ^
La fuhfiance chain aë de la langue , qui eu vi
Df l/tT'eJîe.
particulière , qui n’a point de femblablc à foy. Elle cft
l’organe dugouft,&non pasla tunique, comme a vou¬
ment x^itsColumbm. Cependant elk cft molle, kfchc,
rare, & rpotigieufe , pour emboire les faueurs powecs
par quelque humeur. Elleeftoflcufe aux poiftbns& en
quelques autres animaux. Elle approche dauantage de
la fiibftance glanduleufe , principalement à i entour de
la bafe, que de la mufculeufe ;
Carlalanguen’eft pasvn mufcle, puis qu’elle n’a pas
desfibres, & qu’elle ne meut pas vne autre partie, mais
elle cft remuéc par les mufdes. D’^turres adiouftent cette ^
raifon, parce que le mouucment fe feroit autrement vers
lafin,&la queue du mufcle feroit mobile, & la tefte im¬
mobile; biais cette raifon eftfaufte, Car le principe de la
•lanpe cft au' voifiuagc du larynx , & naift prefque de l’os
hyoide.
Qnant aux vaipâux. Deux grofles veines fc voyent
fous la langue qu’on a accouftuméd’ouuriraux maladies
de la gorge. Elles fe nomment ranincs, a caufe qu’elles
ont la dbuleur des grenoiiilles , & nailTent des iugu-
laires. -
Deux arteres aflez grofles, qui viennent des carotides,'
les accomp.agnent.
^ Les «er/jmouuans,&ccuxquîdonnentlefentimcnt^
s’inferent à la langue , qui viennent tous de la feptiémo
coqiugaifon feule, [ Icfqucls eftans bouchez , ou ne tou-
clians l>as à la langue, le gouft fe perd,felon l’obfcruation
^^Columbus^&c non pas de la troifîéme ou quatrième*
dans la tunique & la chair de lalangue :[ Quelques- vns
difent qu’vne paire déliée, qui vient de la quatriémecon-
‘ugaifon ,fe traihe par le dehors de la langue, & vne autre
flusgroffe par le dedans , qui fort de lafeptiéme. ]
La langue efi dijlingue'e au milieu de la fuperficie, en V»e lignei
P«tiedroite,& en partie gauche, par vne certaine ligne
bUfiche, (\ü Hippocrate nomme la médiane.
^^^wufcles propres de qnifiniffeniàkfub- temufcles
Bbb ij
Liure troifîéme, -
ftance font fix, félonie compte des A-naromiftcs,ncufr
lonquelqucs vns,dix lutuant quelques autres*
félon d’autres, qui meuuent lalanguc en haut, en
deuant , en derrière & aux coftez,. à droite,
La première paire C[üie^ donhie aux bœufs, char^ '
&efpaifle,»4/7? de la face extérieure de l’appeiidice
loide,& gieflc en l’homme: Elle finit par des fibres tranf*
uerfes aux deux coftez de la langue.
Son <vfage eftde meiner la langueen dedans; s’ils apif,
fent tous deux , ilslcuent la langue en haut à caufe des
ifibres encrctilluës : Maisfi l’vn des deux agit feul , iHj
leuc en haut vers vn cofté feulement. Cette paire fe
nomme ' yloglojfe- .
La fécondé parie fe nomme myUgkjfe qui naift des
cofttz delà mafehoire inferieure , aux racines des dents
molaires. Elle s'infere fousla bafede la langue aulienr
Son vfage- Q^and l’vn agit, la langue eft menéd en
haut obliquement, ^ lors qu’ils agiflënt enfembleje
bout delà langue le leuedroic vers le palais & les dents
fùperieures.
La troijîéme paire a fon origine au milieu du menton,
d’où vient qu'on le noinme^f»rt?^/(?j;/^,. Elle finit prcfque
au milieu de la langue en bas. Il lëmble qu’il falTe des
adions contraires, à caufe des fibres diuerfes : Caria
plus grande part des fibres quieft vers la racine de lalan-
;gue,e ,ant tirée vers l’oiigine , la langue fort hors des
lèvres. Mais la moindre partie des fibres agilTanr ,^elle
fc retire en dedans. Cette paire a dcsintcrleélions, com¬
me fi c’eftoienc pluficurs mufcles.
La tjuatrtime charnuë naift de la région fuperieure &
moyenne del’os hyoïde, & finit au milieu, apres qu’elle
s’eft eften^uë félon la longueur de la langue. Elle
uifée obfcuremcnt en quelques endroits , commue ii
c’eiioient plufieurs mulcles.
Son vfage eft de retirer la langue droit en dedans.
Elle fe nomme bafglojfe ou ypfiloglojfe. , ,,
La mqméme le nomme* ceratoglojfe , parce que ®
DelaTefle, '3S1
jiaift cornes fuperieurcs de rhyoiciejdf qirclles’m-
fcte obliquement aux coïtez de la langue près de la
racine.
Elle ttaifi quelqucsfois des cornes inferieures , ifça- •
ooir lors que le» fupeneures manquent , fur tout aux
femmes Cette paire eft double aux bœufs..
Son vfage ell de remuer la langue en dedans droit en
bas, lorsqu’ils agilFcntenlemble; Mais fil’vn fc relfcr-
ic, clic meut vêts le collé droit ou gauche.
D'autres adiouftent vn onz^iéme mujcle, qui n’eft pas
pourtant vnmufcle, puis qu’il n’eft pas compilé de fi¬
bres charnues , & que c’eft vne cfiair faite d« plufieurs
glandes & de graifle, placceala racine de la langue, &
qui paroift apres que les mulclcs, dont nous auons parlé,
font oftez.
Son eft, afin que la langue foit humedtéc par
l’abondance de ces glandes. Vvfa^t de
’L'vf^ige de la glande eft U langue.
I. D’eftre l’organe du goiift.
Z. Et de la parole.
J. Deferuir à lamaftication , cependant qu’elle tour-
ne la viande deçà delà.
4. De lefcher.
i D’où l’on peutfuger que le fer uice de la langue n’eft
pas âblblument nccclTaire àla We jmàis viile feulement
& fort*commodc. CârZacfituSiF’vriliCfes&cà’âutïesont
remarqué apres C7<g/<e«, qu’vnc partie de la langue peut
cftre coupée fans aucun danger de la vie , ou de la
■fanté.
^Bb b uj
L IVRE'<^ AT RI ES M E.
T>€$ JBxtremitez^,
Ar les Extrcmitez on entend ces mcm^
c'efi bres quifortenc Sc nailfent du tronc, dont,
que les Ex ^ ^ les fupcrieui'es fc nomment les Mains , &
trmttez, ^ inferieures les Pieds. Onyconfiderc
principalement les mutcles, les veines, les
arteres.les nerfs, & lès os. Nous parle¬
rons des quatre derniers aux quatre Traitez luiaans, ÔC,
, enceLiure nous expliquerons les mufcles des extremi-
tez, & ceux des patries voifînes, comme delà tefle. du
. Cd/, du Tfeor^AT, du <!/w,&c. Si nous fuiuonscétordre.ce
EpMrîwoy pas que ncfus pcnfions que ces mufcles appartien-
extrcmitez, mais pour nous conformer à celuy
des ffjM/'cicjdeladifledion, qui ne permet pas quel’Anatonliftc tc.s
deUtejle, demonftrcdeuant ceux dcs Extrcmitcz.
du col, du,
dos, &c. “*'■ — — . . . . -y — ^
CHAPITRE L
De U Alain en General y
des Ongles,
Vvfure de T l’homme tout nud fans armes, ^
i^fans defïenfe, luy a donné la Main cpArifiote appel¬
le, auec raifon , l’organe des organes , afin qu’il «e fut
inferieur aux beftes, ôcque luyeftantinuinciblc.ilpeuft
ks dorater , ôc les réduire à fon obeiflance, ’enforgwnt
f Des ExtremltéZi }sj .
F jfîrcs mains les armes & les inftrumet^s nccelTaires pour
jn'obtenir la vidoire. C’eft pourquo|l’horame a rcccu
pardeffuslcs belles, la raifon, & lâitiain,l'vncpourIe
conreil& la conduite , & l’autre pour j’execution.
Or la Main , au fcns des anciens , eftvnc partie qui
i commence àla telle de rhumerus,& qui s'eftcndiufques
aux extremitcz des doigts , & fc nomme l’cxtrémc-
. idain. , _
On la dinife en , bras & en main proprement , ainfi Bmfion it
pommée , ou extrême main. U M«i»;
Le bras fc diuife derechef en humérus ou bras proprc-
juent, ainlî nommé , & en coude.
Le^wproprement,ainfînommé,cllvnepartiede-
puis la telle de l’humerus, iufques au ply du coude.
Le coude ell vne partie depuis le ply du coude, mfqucs
au carpe.
L' Extrême- main qui fe nomme la main fimplement
fc diuife cn^a/^«ffc ou carpe , qui ell vne partie entre le
C0ude & la paulrae ,* en l' auant-poignet ou métacarpe
qui ell vne partie entre le carpe & le commencement
des doigts ,* & aux doigts. La partie interne du méta¬
carpe fc nomme hpaulme delà main, Sc l’externe fon
dos.
Les doigts font plufîeurs , afin que l’aélion delà main Vomquoyîî
qui cil l’apprehenfîon; fe falTe mieux, pour prendre les y aflufi$Hrs
chofes plus petites , & de toutes fortes de figures , ce
qui fc fait auec deux doigts. Mais parce qu’on ne peut ^
pas empoigner tout d’ vne main , la nature en a fait deux,
afin que s’approchons l’vne de lautrc , elles s’entrefe-
coiirent mutuellemenr.
Orla main droite cil le plus fouuent plus agile & plus
prompte aumonuement. Non pas pour les raifons pué¬
riles que d’autres entendent ,Maisi. parce qucla veine
azygos ell en l’homme au collé droit, qui peut cllre cft
double en ceux quifeferuent des deux mains, i. Parce
qu’il y a des os plus grands aux efpaules , au bras , &' en
foute la main droite , comme quelques-vns le tiennent
s84 cjuamemt]
pour afleuré: Ce qui peut cftrc vcntableàcaufe dcp- -
prcflion plus abondante dansla matrice dont U n
droite eft plus chaude. C’cll pour cela <^i4
feigne que la main droite eft plus noble nature lle^tn^”'
que lagauche. Ailleurs il dit, que la première imptruQ^
fitéoule principe du mouuement , en la partie droi'
te : De forte que l’homme voulant marcher , meut pr-'
mierement le pied d'oit , & l’oifeau voulant prendre
lelTor, remue premièrement l’aile droite, j. Parce que
le tronc fous-clauier de l'arterc eft plus amplé que le gau.
chc. Platon eftime que tous Ic.s hommes font naturel*
lement dirpofczà feferuir des deux mains, & que s’ils
ne feferuent que de là droite ou de la gauche feulement
cela ne vient que de leur négligence & de leur fotnfe
Arifiote veut neantmoins que des les premiers momens
de noftrenaiftancejla partie droite aitprerquetou/îours
plus de chaleur &: plus de force que la gauche , fmon
que quelqu’vn, pour pouuoir fe feruir des deux ttoains,
attire à celle-cy beaucoup de chaleur &d’cfprits parvne
longue habitude, & vn frequent exercice.
Le mmbre Les doigts font cinq , afin que fon adion foit parfaite, &
es oigts. diffcrcns l’vn de l’autre en longueur & en grof-
feur.
Le fremieA^ nomme PolUx le Poulce , parce qu’il eftv
plus fort que les autres . & qu’il eft oppofé luy feul aux
autres quatre en l’apprehenfion j D’üù vient qu’il eft plus
gros que tous..
Le fécond (c nomme Index l'indice & deme^flratettr,
parce que nous nous en lcruons quand nous voulons
raonftrer quelque choie.
Le trotfie'me^ qui eft le plus long, & celuy du milieu le
nomme impudi<jffei parce que les Médecins s’enfcrucht
en des lieux laies & puants, Ôt qu’on n’a pas accouitumé
d’y porter les anneaux.
fouZant le qtiatriéme fe nomme le Médecin & C annulatre^'^^'^'
^eigtannu. qu’iI eft paré d’vn aiineau d'or, plulloft que les autres,
Uirt. à caiifc de l’opinion commune , qui a elle tenue par
qucS'VnS)
' Des Extremitez^. SSj '
flUCS'Vns, mais qui cftfaufTe, Ôcquirepugnc àl’Anato.
Jjje^quV ne veine venoit du cœur particulièrement à cé
doigt : Et que l’or conforte le cœur.
Le citi^ttiéme , qui cd I<fplus petit , fc nomme l'éiMricu-
j^fye, parce qu’eftant petit , nous pouuons plus aifémenc
en nettoyer les ordures des oreilles .
La compofîtion&laftruâuredc toute la main, eft fort L’-*/'?»'#-
proprepour l'apprehenJîoHi qui eft l’adionjou comme les
autres , parlant indifféremment, Eyfage principal. Mais le
iBufcle cil le principal organe de ce mouucment. Les os thn'diu'
CD font l’appuy & la Eafe , qui fonttroiscnchaque doigta w/»/;».
l’inferieur defquels , comme fouftcnantlcs autres , eft
toufiours plus grand & plus robufte} La nature leur a
donne des cartilages des deux codez aux iointures, où
elle a refpandu vne humeur ‘ondueufe pour les hume-
âcr, & rendre le mouûetnent plus aife'.
Les ongles font collées par dehors aux doigts des pieds *^i^*^*
& des mains : dont la partie qui eft au commencement, fo
nomme la r^c/»fdes ongles, la petite l’ vne blanchcaftrc,
àlapcllicule qui s’engendre à la' racine,
La matière des ongles [n’eft pas comme tÆmilius Parh
fms ,Tlempius y & d’autresont voulu, les humeurs ali-
menteufes, mais ] les excrcmcns les plus groffiers [qui ne
viennent pas du coeur , comme l’Autheur AviRofaAnj-
llitai. edimé ny des artères : mais des os ou des cartila-
ges, comme le grand aficure. ]
La chaleur eft leur canfe efficiente , [ qucl’ame enuoyo
pluftoft vers cette partie que vers vne autre. Mais il no
«ut pas croire que l’ame foit la caufe efficiente des on-
ParifânHS&cPlempim afTcurcnt, puis qu’cl-
hs croiffènt bien mieux en ceux qui font cacochymes &c
phlcgmatiqucs, & mefmcs en ceux qui font morts vingt
«nq ans après, félon l’obferuation de Paré. La grande
^uerfité des couleurs qui fc void aux cornes & aux coi
quilles , qu’on propofe cotre nous, ne doit pas nous faire
manger d’opinion : car elle ne tîfmoignc pas plus que
foit, que celle qui fc remarque au marbre.]
. C c c
Utere quAtrUme]
Leur fi» & vfage cft
L de d^ffendieks extrémités des doigts qui font m r
les,& leur ieruirdc rempart par leur dureré , afin
rapprehenfionTe fafle nrieuS, plus eomtnodénient'^^
plus aiiément. La nature en a mis ^ufli aux
pour fe tenir ferme, lors qu’on eft debout. [D’ou uol*
"Voyons que ccluy qui a dit autresfois que les Dieux
s’eftoient trompez , n’ayans pas mis les ongles en vn
lieu commode , n’a point eu de raifon.]
II. Pour l’ornement : Car nous couurons les ondes
blelTécs. , ^
III. Elles feruent aufli pour frotter, gratter^ fc fief,
fendre.
[IV. Pour délivrer le corps des humeurs fuperfluës
Sc des excremens fuligineux. ] *
Ltm forme fecognoiftpat les âccidçnrs.
heüî figure eft vn peu connexe, afin qu’elles puiffent
s’adiufter aux doigts.
Leur fubflance eft médiocrement dure , afin qu’elles
refiftent , & neantmoins flexible , afin quelles cedent
vnpeu,& qu’elles ne ferompent.
La couleur Elles font traujparentes y ôc à caufe de cela, elles ont
des ongles, diucrfes couleurs. Car elles paroiflent rouges , liuides,
é’iesfsgnes ^ fuiuant la chair qui cft deflbus. C’eft pourquoy les,
en Médecins ont accouftumé d’obferucr la couleur des on¬
gles : car elles pallilTent , par exemple, lors que la cha¬
leur du cœur vient à faillir , & elles deuienncnt,plus
pâlies en ceux qui font d’vn tempérament plus froid.
Mais elles font rouges en ceux dont le- tempérament eft
bon. [ Ces taches blanches qui paroiflent quelquesfois
aux ongles en l’adolefccncc , viennent d’vnc chaleur vi-
goureufe , qui chafle vers les ongles les excremens ca¬
chez & les fepare des autresi qui luy font heterogencs.]
• . Elles font attachées à la racine par vn ligament.
U adhérente par dehors tout à l’entour ,
•de). ongles, ^hair s’engendic deflblis elles , ou plutoft les tendons
.desmufclcs qui s’y dilatent. D’où vient que le fcntim^i^
T Des Extremitez^. 387
f y cft exquis , & que la douleur y cft grande, quand elles
I font bleffces. ^
Voila en peu de mots ce que nous auions I dite des
ongles* ^
CHAPITRE IL
£)/i Mufcles de ÏHumem , où du Bras
proprement ainji nommL •
Apres auoirofté les parties contenantes côm*unes,Ia
cuticule, la peauda grailTc , la mébrane charnuéi&c.
pesMufcles le prefententpar le moyen dcfquels le fait
•Je mouucment, que nous allons demonfter çn celiurc.
Mais deuant que nous parlions de chacun d’eux en
particulier , il faut remarquer en general touchant les
mufcles de la main que Ift mufcles internes feruent
principalementà la flexion, &les externes à l’extention :
Et que les mufcles internes & anterieurs de toute la
main font en plus grand nombre &||)lus forts , parce
que la flexion eft: plus noble que l’cxtention.
Le Bras fc meut en diuerfes façons , c’eft po*ttrquoy
ila diuers mufclescouchez en partie fur le Thorax, Sc
adhcrens en partie à l’omoplate , &c.
Les vns en comptent fept , les autres huid, & Cafferm Le nemtr*
neuf. Car on dit que deux mufcles leuent le bras en
haut, à fçauoir deltoïde ôc Icfus-efpneux :Deux le ti-
fcnt en bas. l’^nifcalptoroü gratecul&c le grand rond:
,Vn en deuant , le pectoral : Trois en derrière, le fous^
ffitfteux , le fotts- Jpapulaire Sc le petit trms-verfe. Ori
croit que le bras dait vn mouucment circulaire , lors
qu’ils agiflent tous fucccflîuemcht. Mais d’autres efti-
îïicnt que ce mouucment fe faidt par l’adion du fous-
*^pincux 3 fur-efpineux & fous fcapulaire. Nous les
expliquerons fuiuant l’ordre de la difledlion.
Le Premier k nomme le Pedkoral , parce qu'il o^ç-
Ccc ij
5 ^ 8 hhre ^mtrlémel
cupe la poitrine ou la patcieanterieure du Thorax
cft grande charnu , & fepeut diuifer en trois ou n ^
trc , comme a eftimé.
11 ptaifi prefque de tout l’os de la poitrine , des cartila '
ges adherens[oùil n eftguerestendineuxjd ’vncpartiçj"
laclauicule de la coftc. Il s' inféré parvn tendon courr^
large , ncrueux & robufte à l’os du bras entre le Dcltoijiç
&le Biceps. .
Son vfage eft de porter le bras a la poitrinc3& de le ti¬
rer en haut , ou en bas,ou tout droit , félon que fes fibres
s’accourcilTent. C'eft ce mufclc qui patit en cette forte de
tourm^it quelesltaliens appellent cordasse les
François l'ejîrap/ide : car il s’eftend fort quand on tire les
bras en derrière.
Le fécond fe nomme Z)<?/Weà caufe de fa figure qat
relTemble à celle de la lettre Grecque l , & aufli trian^tt-
laire hitmerd, qui eft charnu & demeure tel , & cottutc
la tefte del’humerus.
Il Hdf delà partie moyenne de la clauiculc, quirc-
garde l ’efpaulc, & de la tefte del'humerus. Il s'inféré au
milieu de l’humcrq^, [parvncfincharnué,maisquiava
. tendon robufte.]
L« lituâss $ow*vfage eft de leucr lc bras en haut. Les anciens
$êuttres Hti auoient accouftuq)é d’appliqiîcr les cameres à la partie
hrns. moyenne de ce mufcle. Et les autres àfa partie extérieure;
mais il vaut mieux les faire à l’efpace qui cft entre k
Deltoïde & le Biceps , comme nous auons monftrc en
noftrc traité des cautères.
Letroifiéme cik le très- large qui coiîurc prcfquc tout le
d.os aucc fon compagnon! il fe nomme Anifalpter o\x
|ratecul , parce qu’ft tire le bras en bas & en de-
ricrc.
Ssn vfage. parvn principe membraneux & fort large des
extremicez des vertébrés de l’cfpine , 1 depuis l’os*lac'^'^'^
& l’ilion,iufques à lafixiéme vertèbre du Thorax.] Il f''*'
fere entre le pedoral 6c le rond , [ par vn tendon fotf»
Æourt 6c large. ] Sa fgme cft triangulaire.
J
Des Extrémité^, 3S9
fallofi cnfeignc'apiés Galien contre que ce
j^ufcleacommcvnnoiiueau, mais petit principe, lors
-y’il reçoit de l’angle inferieur cfes cfpaules plufîeurs fi.
brcscjiarnucs : [Parce que ce mufcle a vn ample principe,
gf par confequent diuerfes Portés de fibres , félon quelles
s’eftrefîiflcnt diuerferaent , le bras fc leue ou fc baiflfe da^
uantage.] , ’ ,
Le Quatrième fe nomme le Grand place
obliquement à la partie pofterieurc à raifielle : Il eft char¬
nu, cfpais & plus long en rond que les autres.
Il charnu de la cofte inferieure de > &
montant \n ^z\iiSimpîeinte par fon tendon [qui eft court,
large & robufte] ,auecle pedoraljàlapartic fuperieure
^ intérieure de l’humerus.
Son vfage eft de tirer le bras en bas,& en derrierre, &
i’eftre contraire au Deltoidc,
Le cinquième eft court & rond, tout charnu, qui fort
par vn principe aigu, de l’angle inferieur derefpaule.Il
grolTit après de plus en plus iufqucs au milieu du ventre,
& puis deuenant grefie peu à peu, il k termine par vnc
(in pointue au ligament qui couurc la tefte de l’hu-
raerus.
Sa eft oblique , d’où vient que les vn s k nom¬
ment le Petit Tranfuerfe, & les autres le Petit Rond^ C’eft
le huitième mufcle de Fallofe , que quelques* vus ont
creu eftre vnc portion du quatrième-
Le fixièmefe pomme le fous-efpineux , & aüffi le foui--
fiapitlaire inferieur , parce qu’il couure coure la partie ex-
ternç& conue-x de l’Omoplate, dont auffi ilalaforme.
[Et deuenant plus cftroit,il s’inferc au braspar vn tendon
, &par vn ligament court. ]
On croit qu’il tourne circulaircment le bras en de¬
hors.
Le feptième eft le Sur-efptneux , Si Sur-fcapulaire fu-
ifrieur, que d'autres nomment le petit rond. Il eft charnu
^oblong , Sc remplit fucraiflcllc la cauitcqui eftentrela-
■coftefuperieurede l’efpaulc,&: fon cfpine ,dontil naifi-
Ccc iij Mais
Des Extrémité^-
m
Explication de la Figure,
•Elle monftre les mufcles anterieurs de la Telle , du
1 horax & des Bras.
A.B. C. T. lemufcle temporal: D. l’os du Zjgoma. '
A. le mufcle majfeier- E. F. fes principes. G. fen in"
fertion.
H.I- vu petit nerf de la iroiféme paire, qui approche le
mufcle du front, comme aujfi la levrefuperieure, &
l'aile du nez,.
K. le cartilage du ner^.V.. l'aile gauchedune'g^
M* le fécond mufcle de la tous. N. le mufcle de la levre
inferieure.
O. vue portion du mufcle qui tire la mafehoire en bas.
P. le ftege de l'os hjoide. Q^le mufcle troife'me de l'os
hjfoide.
R- le fécond mufcle de l'os hjoide.
5. T. le premier mufcle de l'os hjoide.
V. V. le quatrie'me mufcle de l'os hjoide , ou Y. V. mon-
fire particulteremeut les deux ventres,
6. X. y. Z. le fécond mufcle de la tefle-.
la clauicule.
i>. tinfertion du fécond mufcle de ceux qui meuuent l'ef-
pàitle.
c* le lieu ou les vatjfeaux vont ^ U tefle , é' les nerfs
au bras.
le mufcle de la clauicule. e. £ g. le mufcle deltoide.
l'tnfertion du mufcle peÜoral , marque' au cojle' oppofé
^ors de fa place naturelle , des lettres A. K. L.
R.R.T. .
4* les cojles du Thorax.
fie premier mufcle de ceux qui meuuent l'efpaule.
l« dentele' pofferieur & fuperieur.
vue portion du mufcle droit de l'abdomen,
le mufcle obli pe defeendat de l’abdome, hors de fa fimatio.
5 p i Liure cjuatnime,
<r. l'oblique afcindant df f abdomen borné par n.o, ij
r. les vaifeattx^fpermati^ues. f. le mufoU crenjafer j
tejlicule.
t. le mufcle anterieur des flechifeurs du coude.
U. le mufcle ^ui eflend le coude.
X. le mufcle pofierieUr des flechiféurs du coude,
y. te mufcle pronateurfuperieur du rayons
a. le mufcle fupinateur plus long du rayon,
B . le mufcle tyui flefchit les fécondés io: mures des doms
y. i'. Zi le mufcle qui flefchit le carpe. *
9. le ligament tranfuerfe , qui contient les tendons
meuuent les doigts.
[ Mais il s’ inféré p.ac vn tendon fort & large au colda
Bras , au ligament de l’article, paffant lut le, premier
article. ]
On eftime que fon vfage eft le mefme que ccluy du '
mufcle precedent.
Le huidiéme fe nomme le Sous-fcapulaire on le
plongé : Il eft fort charnu ,& eft placé entre l’Omoplate &
les coftes, & occupe la partie interne de l’Omoplate, ■.
Maisil s’inferc intérieurement par vn tendon large au
fécond ligament du bras.
SonvfagecA de tourner le bras circulairement en de¬
dans.
Le neuficme ,rinuention duquel eft deue ïAuntins
& à Caferius. Il eft à la partie anterieure du bras, & fe
nomme le Percé ou troüé.
Il naifl de l’apophy fe coracoide de l’omoplate , & s’in-
fere à la partie interne du bras enuiron le milieu, près du
tendon du delcoidc. Son principe eft court & nerueux»
fon ventre eft oblong &afl[ez gros & fon tendon robufte:
fon ventre eft troüé & donne paftage aux nerfs qui je
diftribueni aux mufcles du coude. Les autres ont appelle
feulement ce mufcle, vnc portion mufculcufe.
rtile pour meincr en dedans le bras àl’apophyic de
r^moplate.. CHA??!
393
T>es Extremtez^,
chapitre III.
Dsi z^ufcles de l'E/paule ou de ['Omoplate,
PArce que rEfpauleremeut en deuanr, en derrière, Erreur des
enhm & en bas, la nature luy adonné quatre- autns.
auxquels d’autres en adiouftent deux , à rçauoirlc
grand dentelé & le digaftrique : Mais fans raifon , puis
que celuy-cy appartient à l’os hyoide, &: que l’autre eft
propre au tliorax.
/. Le Petit dentelé qui eft couclié fous le peitoraL
H des quatre coftes fuperieures, excepté la pre¬
mière montant obliquement eh haut , s'infere à l’o¬
moplate [ parvnefin en partie charnue & en partie ten-
dineufe 5 proche de l’apophyTe faite en forme d anchre, *
_Son vfâge eft d’ara einer.cn dedans vers le Thorax.
II. LeTiapeze ainfi nommé par Galien j & le Caeuh
lâre par les autres , à , caufe de fa figure.
11 Mr/ charnu Scdefliéde l’occiput, [D’oiiil defeend
à la huitième vertebre du Thorax, 6c de là comme aufti
depuis l’occiput, s’atténuant peu àpeu ,ir s’infereà.l’cf-
pine de l’efpaule , à la tefte du bras & à la clauicule.]
Mais à caufe de fes diuers principes Ôe fes fibres diffe-
rentes il meut Tefpaule en diuerfes façons en haut obli-
quejuent,en bas & droit vers le dos.
111. LeRhomboide ainfî nomméà caufe de fa figure,
eft fituéfous lecucullaire.. Il eft deflié & large.
[Ifort/y? des trois vertèbres. inferieures du col, 6c des
trois fupericLiies duThorax^ 6c sinfire par vnc mefme
largeur à la bafe de l’omoplate.
Son vftge eft de tuer vn peu obliquement en haut 6c
^n dernere.]
IV. Le rcleueur eft fut la clauicule.
II naifi des cinq Apophyfes tranfuerfes des vertébrés
tlucolpar diuers. principes ( d’où, vient qu’il femblc
394
Lhtre quatrième]
plûficiu'smufclcs) quisViuffênr incontinent. Son -
tion fc faitàl’angle fupericur& inferieur del’omoplat'
[par vn tendon large & charnu. [ ‘ ®
Son vfage cft de citer en deuant[ l’erpaule’auccl'lm.
merus.]
Les mufcids mcuucnt refpaulc premicretnent &
foy & le bras par accident , comme ceux du Ijras meu.
uent l’cfpaule par accident.
chapitre IV.
Des Mufclei du Thorax , ou de la
2{efpiration,
PLufieurs mufelcs feruent à la refpiration, comme le
diaphragme, tous les inter coftaux & quelqucs-vtis
de rabdomen , &c.
Les rnufclcs propres du Thorax font lîx de chaque
codé , aux quels Fallope en adioufte trois du col ,qüi
font félon Vejale , parties des mufcles qui occupent le
col Scie dos.
Les mulclcs propres du Thorax luy font adhcrens,
deux parla parue anteticurc,lc fans- clamer Sektrim^
gulatre : le grand dentelé rient les codez ; les autres font
en la partie poftcrieure , àfçauoir l’vn & l'antre dentelé
pofierieur & le f acre- lombaire.
I. Le fous- clamer ch ainfi nomme parce qu’il cft fîtué
fous la clauiculc:ll occupe l'efpace qui eft entre la claui
cule & la première cofte. Flaterus le met au nombre des
inter- coftaux.
il natp charnu de la partie interne & inferieure 3e la
clauicule, & stnfere charnu à la partie lupericurc delà
première cofte, qu’il tire en haut ôc en dehors. C’eft 1«
premier mulclc qui dilate & eftend le Thorax. [Sp>lf'
lins luy donne vn vlage contraire, à (çauoirde tiret en
T) es Extremltez^ 395
Ijj, laclauicnle- C’cfl pouiquoy liluy attribue vne ori¬
gine & infection contraire.]
II. Le Grand denieleeft ample , large & charnu de
tous collez & le ioint par digitation aucc l’oblique def-
cetidant de l’abdomen
• If »4/7? charnu de la bafe interne de 1 omoplate , &
s’tftend par vn tendon diuilc en cinq extremitez iné¬
gales , iulques aux colles qu’il leue luy.attribuc.
aulTi vn vlage contrâire , & les autres chofes par con-
■fequent.]
III. Le petit Dentelé pollericur & fiiperieur eft placé
au dos fous le Rhomboide entre les deux efpaules.
Il membraneux des cfpines inferieures du col
Sc de la première du .dos, & fe partage en trois pour
s’i^prer aux trois efpaccs des quatre colles fuperi cures,,
& tire ces colles en liaut.
IV. Le Grand dentelé pofterieur & inferieur eft
membraneux Sc large : Il eft fuué prefque au milieu du
dos fous le mufcle très- large ou l’Anifcalptor. [l! «4zy?des
efpraesd.es vertèbres inferieures du dos,] &diui(é com¬
me en doigts s’infere aux quatre efpaccs des colles infe¬
rieures.
Son <ÿfage eft de dilater fa partie inferieure
Thorax.
V. Le Sacro-lombaire nommé ainlî , parcequ’il màîJ};
dclaparrie poftericüre derosfacrum, &deselpincs des
lombes cil couché fous le precedent : Quelques- vns pen-
fenc qu’il foit commun au dos & au Thorax : [Il eft char-
nu par dedans, &nerueuxpar dehors,]& iHnfere aux co¬
llas inferieures extérieurement [par yn fort tendon, Sc in-
twieuteraét par vn autre,] Ilnefereparepasaifcmentdu
®orçle très- long du dos, de forte qu’il Icmble en dire
petite portion.
^1' Le T* ciangtilâire eft petit 5c grelle', ôc àpeineehar-
^^^auxmaigr.es: Il eft placé dedans fous letlernonde la
partie inferieure, duquel il prend Ton Origine. Il stnfere -
®^hqueinent aux cartilages inferieurs, qu il meinc en dc-
, & rcircn-c le Thorax. D d d ij
Liure quatrième'.
CHAPITRE V.
Des mu/cles de la Tefle.
LATeftefemeut , ou en fuite du mouuement du col
cauféparles mulcles du coU ou premièrement dtf.
fus la fécondé vertebre, feflechifTantendcuant&ender.
liere, &: fe tourne circulairemcnt fur la première ,com.
jïicfurvnâifficu ; Ce mouuement fc fait par neuf paires
de mufcles.
La f rém éré paire eft longue & ePpa-fîc , couchée des
deuxtoftez fur les verrebres. EWcuaifi des.efpincs des
vertébrés fuperieures du Thorax , & le porte parles efpi.
nés du col, au milieu de rocciput.
Son vfage^fi de tirer la telle droit en derrière: mais fi
l’vn des deux agit feulement, on croit quc le mouuement
fe fait circulaircm^ent a collé.
La fécondé paire ell l'mflique'e ou la complexe. Il fembic
-quelle loir compolée de trois mufeUs : Elle adiuers
principes [àlafeptiéme vertébré du col &àla première,
fécondé, quatrième, & cinquième du 1 horax] , & s’im¬
plante en diuei les laçons à ‘occiput.
La troife'me cû, placée fous la fécondé paire: Elle ell
pente & cipaiflc, c\\.\c Vefale a tenu pour la quatrième
partie du precedent mulclc Elle j’w/erf à laracine po-
fterieure de l’apophyfe mammillaire : Son vfage ell de
tirer la telle doucement eu derrière, & fi l’vn d’euxagit, il
meut en derrière à collé.
Lâ quatrième i'e noxnmo hgrande droite-, Elle ell petite
charnue & gielle ; Elle de la fécondé vertebre du
col, & finit au milieu de l'occiput.
h&ctn^rne'me la petite droite ell cachée fous la preceden¬
te paire. [Son origine, inlérrion]& ti/ii^fcll lemefnic
que ccluy delà troifiéme & quatrième. -
X-^fixiéme oblique faperieure cil aufli cachée delTousTll^
Des ExtremlteZj
■ dumilicii de l'occiput, & defcendâteabas^èllcs’m,
(eie tranfuerfalemciicauxextrcmicez des apophyfcSLdes
Yertebresdu col.] ^
l&feptiéme oblique inferieure ndifr àc la féconde ver¬
tèbre du col, & stnfirei l’apopliyfc tranfueife [de la pre¬
mière vertèbre ]
La ImiBiéme cft la ma^oide longue & ronde par la
partie anterieure du col, qui naift[prerque double] de la
partie fupcrieüre du fternon & de la clamculc , & s' inféré
pat <vne fin charnue & efpaifie à l'apophyfe maftoidc
quelleembrafie : [ Son vfdge cftdcflefchirlatcftc. ]
Fdlope adioufte vne nenfeme paire, fous l’œlophage
en la partie anterieure du col , adiacente à la première
paire du çol. Elle»<î//^nerucure des ligamens des vertè¬
bres du, col, & i’infereï labafe de latefte.
CHAPITRE VI.
Des mujeles du col.
LEsmufcIes du colfont r^natre des deux <oftez; Icis
deux premiers fiechiflent , & les deux autres eften-
dent.
I. Longs font cachez fous rOefophâge, pre-
nansleur principe charnu 8c pointu dclacinquiémever-
tebredu Thorax, montent à latuberofîté de l’apophyCc
delapremicrcvertcbre J [ par vn tendon aigu,] 8c sinfe-
rm aufli quelquesf ois à l’occiput , prés de Ton grand
trou.
Son evfdge eft de fléchir le col droit en deuant, &Ia
tefte aufli ; mais fi vn fcul agit , il fléchit à coité.
II- Les Scalenes, qui félon quelques vus font des
Riufcles du Thorax, 8c ©ntvn trouparrieuher par où les
veines 8c les arteres forcent vers les bras. Ils »^/]ÿè»^char-
îius de la.prcmiere cofte aucofté du col,ôcs’infcrcntie
(plus fouucni à toutes les vertébrés du col
Ddd iij
'Lime quatrième y
' III, Les deux Tranaicrfes_/>r»^;^aa dos, nalfetu 4
lix vertèbres [ fuperîcuvcs &exccn)es du Thorax,! 5^ .
ferfnt à toutes les aaophyfes tranfuerfes des vettebr*^
du col II Coft des nerfs entre eux. ®
Lear-y/<i^tf eftd’eflcndicou de flethir enderricté, &
de mouuoir obliquement, fi vnfeulagit. *
IV. Les deux Efpincux occiipent tour le col entre les
cfpines,& font longs 8c amples. [Ils naifient des cinq cf
pines des vcrcebres du col, 8c des fept du Thorax. Il'
s'imflamentîoiX.zm.tniï toiuela partie inferieure de l’ef.
pine delà fçcondc vertebre.]
Leur vfage cil le mefme que celuy de là troifiémc
paire.
CHAPITRE VIL
Des Mufcles du T>os.
L'Efpme dn dos Te meut en deuant , en derrière , aux
coftez 8c circulairement. On void vue infinité de
mouucmens du dos aux ioîieurs de farce 8c aux danceurs
de corde > Car il va vne infinité de tendons à toutes les
vertébrés^ comme s’il y auoit vne infinité de mufcles,
que la plus-part des Anatomiltes rapportent neantmoins
au grand mulêle feul, 8c difcnt qu’vn feulmufclea plu-
fieurs tendons. Mais on compte ordinairement quatre;
paires de mufcles du dos-.Où d faut remarquer que fi l’vn
d’eux agitjl’efpinele mcmàcofté ôc fila paire entière,
elle fe fléchit ÔC s’eftend.
La première paire fe nomme la Q^arréc , qui eft ad¬
hérente aux Apophyfes tranfuerfes des vertèbres des
lombes, 8c naift large 8c charnue des os il ion 8c facrum.
Son vfage eft de fléchir h s vertebres des lombes.
•La fcconde paire fe nomme la tres-loKgue > qui nAtp
de l’extremité de l’os facrum , [ par vn tendoa poinui
ôc fort , tendineux par dehors , 8c charnu par dedans ] ^
s’iftfere
Des Ex [ remit (X: ip?
Explication de la Figure.
Jllc reprefcnte les mufcles de la Teftc, du Thorax, des
I ' BrâS,parla partie pofteneurcjle cucullaire &
I le Rhomboide eftans oLlez.
I iffnnfcle delà tefiê nomme J flenius^
le mn/cle complexe delà tejle.
* le mftfcle qni tire en bat la mafehoire^
C. le mnfcle releuenr del'Omofate.
D. Uclamcule.
E. le quatrième mufcle de l os hyeide*
F. le dentelé pojlerieur drfuperieur.
G. le furfcaptilaire fuperienr.
H. I.r.K. lefcapulatre inferieur^
h le grand rond du bras.
I M • N . O . /^ mufcle deltoïde du bras,
* P. ^i pend au cofé droit a l'endroit où il s inféré àii hreU,
le mufcle quatrième demi’ efpineux du des. .
R. le fécond mufcle du dos, ou le très loKg~
le huitième mufcle du dos.
T. T. lesetfies entre lefqudles V. menfire les mufles »«-
I tercoflaux-
X. le grand dentelé.
û. le dentelé pofierieur inferieur.
*• b. le commencement du mufcle oblique afeendant.
I c. le mufcle anifcalptor du bras feparé^ pendant.
0*d. c. le premier mufcle de ceux qui efiendent le coude
qui eji long- f le fécond court,
le pofierieur de ceux qui fiechiffent le coude , ou le bra¬
chial.
' h. h. le premier fupinateur. •
A. lepremierextenfeurdu carpe. I. K.toute fa continuation,
le fécond fupinateur.
! le Rayon o. le coude , entre lefquels paroifi le ligament
j qut attache ces os, .
40 0 Lime c^uatrUme]
X, y. Z le ireifième mufcle de ceux qm meuuent la cui/Te ^
fon infertien en a.» ’
(p. U quatrie'nte de ceux qui meuuent la cuijfe , ^ r
tendon **
aux vertébrés des lombes & du Thorax, [comme
par des anfes, ]& finit tantoftà la première vertebre (i^
Thorax ,& quclquesfois : l’os temporal.
Son vfdge eft de dilater le Thorax& les lombes.
La treifie'me qui eft fous celle lâ , fe nomme \tfacri
parçequ elle naiftde la partie pofterieure de l’os facrum’
& qu’elle aboutit par piufieurs tendons à.l’efpine deU
douzième vertebre du Thorax.
Son vfage eftfemblablcàceluy de la precedente.
La quatrième Y)crc\\ efpineufe prend (on origine oùda
prccedenrca, fa fin. Elle embralfe toutes les efpines des
vertébrés du Thorax, [& leur donne des tendons,] Sefinit
à l’efpine de la première vertebre du Thorax, Smvfagi
eft d’éleuer le Thorax.
Si touslcs huidmufclcs agiftent ,ils font tenir le dos,
tout droit, &fousciennent l’homme en quelque façon.,
CHAPITRE VI U.
Des Mujelés du. Coude du Rajom
L’Ordre delà diftedion nousconduit mx mufiles à\i
Coude. Au refte nous aduertifions ccluy quidifTeque,
qu’il ne faut pas demonftrer incontinent aptes les muf*
clés du coude , ceux du Rayon , mais lés derniers de
tous. On doit donc faire voir après les mufclcs du
coude, ceux du coude , des doigts*] du pouce &
carpe.
Les Mufclcs du coude font quatre , 5c. ceux, du
^ayon, autant.
Ceux du coude font deux flechiircurs , le biceps. 5c 1^
. Des Extrémité^, 401
irAchiAÎy & «leux extendeurs , le Ig^g & le court.
CrUX du Rayon font deux pronatcurs , le rond & le
^^;.^/,&deuxfapinatcurs,,le longii le court.
^ C3X Icsmouucmcns propres du coude font la flexion
^ l’extenfion. Mais le rayon renuerfe toute la main fur
le dos , ou la couche fur la paulme.
Le premier mufcle du Coulde ic nommede Rkeps, i
caufe qu’lia deu‘x teftes ou principes feparez qui Vien¬
nent de l’omoplate, [dont l’vneft tendineux & rond en
long qui vient du fqur*cil fuperieur de la câuité de i’ef-
paule, & l’autre plus large & moins tendineux, de l’A-
pophyfequi a la forme d’vne anchre. ] Or ils' inféré m
coude, &fon corps occupe lefiegé interne du bras. lia
vn tendon dont il faut fe donner garde en la ftignée.
te fécond qui eft^caché fous ccluy-cy, eft le Brachial
qui eft plus court , [to ut charnu Ôc plus petit qua le prece¬
dent: ] Il«<»/^del’osdubras, ô£s’infere antérieurement
au coude & au Ràyion, [ & au ligament de l’article ]
It troifémet^Xc extenfiUr ou le long. llnaift.^
par vn double principe de la plus baffe colle de Tomo-
platG , & finit charnu à l’olecrane.
Le quatrième eft le premier eictenfeur ovt hconn. Il
»(!//? du col du bras, Sefemefle pofterieurement auec le
precedent, & occupe l’os du bras, [ mais il à cette
partie del’olecrane, fur laquelle nous nous appuyons. ]
Caferius en adioufte vn cinquième, qui eft félon les
autres vne portion du quatrième mufcle, & félon lüy
vn mufcle diftinèl. Il lort de l’extrcmité pofterieure du
l>ras,pres de la fin du quatrième & du troifiéme mufcle,
& apres auoir paffcl’ariicle du coude, s’infere à l’os du
coude, par la partie pofterieure auffî, mais non pas loin
audelàde l’olccrane.
Le Premier mufcle du Rayon eft le Rond, qui naifi
de l’Apophyfe interne du bras, [patvn principe fort
thatnu ,] ôc aboutit obhquemem[ par vne fin charnue, ]
prefque au milieu du Rayon.
Lefccondeft lequarre qui naijlàttlx partie inferieure
Eee
iLfMuftli
.Vêlmuire^
te Ufgê
imdem.
Llure quatrième I
du coude & va sinferer à la partie inferieure du rayon rti
^narche tout charnu, de la largeur de deux doigts *p^
tout, (ur kligamcnttiuiioint le rayon au coude. Ce fo
les niufcles pronatcurs de la main ij ^
,.Letroifiémeeû le fécond Supinateur qui naiftchjj^
del’Apophyfe externe du bras,&f w/èr# tout charnu fn,.
.vnc fin tendineufe ] à la partie inferieure du rayon.
Le quatrième eft lcfecondSupinateur,quinaiftcharnu
de l’Apophyfc externe du bras, & puis membraneux pat
dehors & charnu par dedans , s'auancc prefque au miliea
du Rayon.
Cafferhis a quelquesfois trouuc entre les mufclcs du
Rayon , deux autres petits , à Icntour de l’article du cou-
de , & qui vont d’vne façon contraire, & comme vue
poulie donneui au rayon le mouuçment de pronation
& defupination.
CHAPITRE IX,
Des Mu/cles du Carpe & des Deips.
ON met le Palmaire entre les du Carpe [ou
delapaulme de la main ] qui naift de rApophyfc
interne du bras , [ par vn principe rond & tendineux ,.]Sc
cftant couché prcfquefur tous les mufcles de la main,
il s’efpand à la paulme de la main ., & adhère ferme-
mentiia.peauj&.fous la peau delà paulme de ia main,
eft vn large tendon.: D’où vient le fentiment exquis qui
eft en cét endroit. [Or il finit aux premiers entrc-noruds,
&femble que la nature l’ait . fait,, afin que la peau de la
paulme de la maineftant ridée, clic empoigne plus fer¬
mement..]
Le Mftfdes dacatpc îoni qtiAtrtidcvs'x.flethiJfsHrs^^'^'
ternes de- deux extenfeurs & externes.
Le premier pchijfenr naift de l’Apophyfe interne dû
kas,decftauuftendu fui Je coude , s’inferc au quatrié^
Des Extremhez^
pic os tendon.
te fécond ce mt(mt principe , finit au premier os du
métacarpe, fous l’indicc.
Le premier extenfeur naift de l’apophyfc externe du
bras,[parvn principe far gc » de là cftant deuenu plus
charnu-, ]&:Te couchant fur le Rayon, il finit ea vn dou¬
ble tendon au premier &c au;fccond os du métacarpe.
Le fécond (omr\t d vnmefme principe, s’en va [le long
du coude] parvn fcultendonau quatriérac os du méta¬
carpe fous le'pttit doigt.
Les Doigts (e flechijfent,s‘efiendenti!>c font meine^^U^^
tttalement- lé fnblme Ôc \e profond fl-chident.
Celuy là fc fend en quatre tendons, lortant de PApo-
phyfe interne du bras , deuant qu’il àrriue au carpe , qiii
font liez par leligament annulaire. Ils s infèrent à l’arti-i
culation des doigts . [ Mais deuant qu’ils touchent au
fécond os des doigts , ils ont vnc certaine fente oblon-
gue,par où palTcnt les tendons du mufclc fumant.]
Celuy-cy qui eft fous le precedent & quiluy relTemblCj
iinferei.\x troifiéme entre -nœud pzr des déchircu-
ress-
îacqnes Sylaim cova'piele^ extenfeurs pour vn mufclc,
qu’ilnommcl extenfeur des doigts, bien que leurs ori¬
gines & leurs infertions foient dmerfes. Ils otaifient
prcfquc tous dé l’ApophyCc externe , & ayans efté liez
pretnicrementpar le ligament annulaire, [& par des ten¬
dons frcllifler, 1 ils s‘infcrentcoa*ufément au fécondé
ttoifiémc article.
-Qüati e mufclcs ameinent en dedans lès doigts , qui font
ttotnmez lombricaux ottvermkstUires i à caufe de leur fi¬
gure & de : leur peciteflc: Ils naififent des tendons du muC-
^lé profond , & s’eftendans le . long des coftez des
doigts, fe portent obliquement au troifiéme entre- nœud,
i^f^elitts éc reslingius veulent qu’il s’infere feulement au
ptetnier entre-nœud, parvn tendon rond en long.]
bés Abduâcurs entre olTéux font fix , aux efpacesdu
®ietacarpc , trois extérieurs & trois internes, qui s'vniC-
Ecc ij
4ô4 Lîure quatrième ,
fans aux vcrmiculaircs fcruent vnpeuà l’cxtcnfion:
Les mufcles q\iiflefchijpint le Poulce, font deux.
Le premier, de la partie fupcrieurc du rayon, s’infcrean
fécond article.
L’autre, de l'os du carpe fous le poulce, s^iufere ai»
milieu du poulce , [ & cft tout couché fous U piece.
dent. ] ^
Les extenfeurs font deux qui naiffent du coude.
Les MduÜeHYs font trois, deux nailTcnt du métacarpe,
& le troificmc de l’os du métacarpe q^i regarde nn-
dice.
Les AhduBeurs font trois , qui n’ont point de nom.
Il y en a d’autres auffi au petit doigt, qui fc pcuucnt
couper en plufieurs, C[vl A^ftapendente feruir pour
tirer en dehors le petit doigt.
CHAPITRE X.
Du pied en General.
Qu^ili.ce
2»# le ftti, Out ce qui eft dcpuisles fefles iufques aux extremi*
X tez des doigts du Pied, porte le nom de Pied: les
autres le nomment le Grand-Pied , ou la ïambe , & eft di-
uifé en parties, d’vne diuifionfemblableà celle de lamain,
ÀCça.MOitctï cuijc, en ïambe &c en petit pied.
Le petit pied fc diuife derechef en tarfe , metaurfet ^
endoigts.
Lvfage du Pied ou delà iambe eft pour feruir à matn
cher. Ce qui fe fait par lejmouuement, & en appuyant*
Car nous mouuons vneiambe,&la tournoyons, en te¬
nant l’autre ferme contre terre, de fone que le pied qui
eftiixe,empefche que nous ne tombions, & par ce moyen
fe fait la démarche. S’appuyer & fe tenir feme, cft donc
l’aélion de tQUtlc corps, & fe muHmir cft celle du pied*
Z)w ExtremiteZj^ 40s
r Blie eft auancce ou retardée par la lôgueur ou la briéue-
té de la cuilTe : Comme les oifcaux qui deuoient voler, ont
les cuilTes courtes, afin que leur groffeur nclcurdonnaft
aucun cmpefcbcmenc, & les pieds longs, ce qui retard©
leur marcher.Mais les hommes marchent plus lentement
qucle< chiens, par ce que la promotion fucceffiucdu pied,
depuis la chenille vers les doigts, les cmpcfchc& les re¬
tarde , au lieu quclcs chiens acheuent leur courfe par vn
feul mouucmcnt du petit pied. Q^lqucs-vns penfenc
que la longueur du pied eft vtile d’ailleurs aux femmes
pour la génération. Or la nature a fait vnc diuifionaux
genoux ,& proche des cheuilles, afin que nous ne fau¬
tions pas en marchant. ]
Diuers mufcles de la cuilTc, de la iambe, & des pieds
concourent diuerfement pour faire ce mouue ment. Mais
ilcft temps de confîderer cesmufeks.
CHAPITRE XI.
V Mufcles de la cuijfe.
La cuilTe par deux mufcles.
Le premier eft à l’Abdomen , & fe nomme Pfoas^
ouleinufcle Imhaire, qui des vertèbres fuperieures
des lombes [par vn principe charnu, ]& s’mfere par deuant
au petit trochenter par vn tendon fort & rond en long.
te fécond eft l’Iliaque qui s inféré au mefmc endroit
[parvn tendon adhèrent à celuy du raufcle precedent,]
&»4/j?dc toute la cauité interne de l’os Ilion [par vn prin-
délié & charnu.]
Trois mufcles des feffes èfiendent la cuifîe [nommez
Glmées OMfeJfiers.]
h Le Grand externe & fort ample qui nailTant du crou¬
pion, [de l’efpine derosllion,&dc l’osfacrc,]finitàros
deiacuifle , fous le grand trochenter.
i- Lemoycnenfituation & grandeur naift du fiege an.
. ' . Eec üj
4 0 6 Liure (juatriéme ,
tcrieiK de refpine de l’os llion, &c finit au grand trochc "
rcr par vntendonUrge& fort.
3. Le Petit [cft caché fousle moyen , & du ^
derilion prés de la cauité, par vn large Sc fort tend9n,&î
s’en vaau grand trochenteri ’ J
[ Ces trois compofent la maiTe charnue des felTes»]
Trois mufclcs ameinent dr tomnoyent U
que quelques -vns prennent pourvnfeul.& l'cnonj!
me le Triceps,^ caiife qu’il a trois teftes ou principes: lè
i.«4,y^dciacommi{rarcfupcrieurederospubis. Lcr de
la commifrui;e inferieure de l’os du pend. Le 3 de latricf,
me commilTui e. [Ils s* infer eut à la teftejn terne de U cuiffe
prés d U iarret par vn tendon long en l'ond iou-ala ligne
afpre prés du petit rotateur.
Quelques- vns adiouftent à ccux-cy le Liuide, qui naift
dGlacommidure dfisos pubis prés du cartikgei & qui
s’implante parvn tendon court aucofté interne de la cuif-
fc. Mais ils aduoiient eoxtnefmesqueceluy-cy eft vnc
portion du
Six mufcles tirent & tonrnoienLen dehors lés ^mrt ■
gemeanx Sc ies deux obturateurs»
Les quatre gemeaux qui font petits & femblables, font
placez prefquc de trauers : Us naiflent de la tuberofitc
de iirchion[& de l’appendice de la hanche, Scsinfinnt
à cet efpace qui entre les dcux^trochentcrs.]
Les obturateurs occupent le trou ouuert qui cft entre
l’os pubis Scflfchion -.IlsTont internesou externes, [&'
s’inferent au grand trochenter: l’interne peut cftrc nom¬
mé bourfiery parce qu’il cache les tendons ioint comme
dans, vne bourfe charnue. ]
Des ExtremiteXj
407
CHAPITRE XIL
Des Mufcles du Tibia ou de la ïambe.
QVatrc mufcîcs poftcricurs fîcchiflent la ïambe.
L’vn a deux tefies qu’on appelle Bicefs % \a pre.
naiftde lacommiflurc de l’os du penil , la fécondé
delà partie externe delà cuifle, &rvne & l’autre s’in-
fere par vnfcul tendon à la partie poftcricurc du tibia.
Lcî trois autres natjfentàch tuberofité de Tlfchion,
dontl'vn eft externe, & deux internes, à fçauoir le de-
nfi nerueux & \cgrejle, [& infèrent au cofté interne de la
ïambe,]
^Atre feruent i l'extenjion.
Le premier </r«/naift derefpinecxtcrne & inferieu¬
re des Iles [ par vn tendon aigu. ]
Le fécond & le troifiérae font les deux vaft-es , dont
l’externe naid de toute la racine du grand trochenter
& de l’os de la iambe qui eft deilbus , & l’interne du
petit trochenter, {qui fc portent des dciix coftez à cofté
àn droit.]
Le quatrième le crural, attaché à l’os de la iambe,
comme le brachial au bras.
Les quatre mulcles finifent en vn tendon , qui cm-
braflant la rotule , s’infcre au principe anterieur de la
iambe fcrtlà au genoüil,, pouc ligament.
Dcüx anteinent e» dedans.
Icpremier eft Icjong [ nommé la bande ouïe couftü-
ïier,quc5p/^(f//«j met entre les ticchifleurs,& fur lequel
les tailleurs s’appuyeru, en croifant les pieds. ]ll eft pres¬
que le plus long detous les mufclesillnaift de lefpine
l’ilion, & defeend obliquement à la iambe interne
^anterieure.
i’autre , poplitée ou iarretier naif de la tuberofité
jf.o8 Lime quatrième %
inferieure & extérieure <leUcuifre,&cftant quarrés” ^
ferc obliquement à la partie interne & fupetieure^S'
L’Abduéteureft vnique qui fe nomme membranen
èc U bande large. Wnaifi charnu dcl’efpinc de Î'ùs ihon*
& feparre obliquement à la partie extérieure delaiambc
& couure par fon tendon fort large & fort long, pref’
que tous les mufcles de la cuifle.- ’ ^
chapitre xiiî.
Des Mufcles des"Tieds.
T E Pied fe fléchit & s’eftend. Deux mufcles le/^
JLJchifent.
Le premier fc nomme \c tibial anterieur ^ attaché à la
iambe , qui naift de l’Apophyfc fuperieurede la ïambe,
& s’infere à Tos du tarfe , deuant le pouice , par vn ten»
don fourchu.
Le fécond cft le peronné adeux'tefiesy [ que d’autres
comptent pour deux mufcles: j II naift aueedeux telles,
Fvncde l’cpiphyfe fupericure au péroné , & l’autre du
milieu du péroné. lia vn double tendon , ‘dont le plus
petit s’en va à l’os du petit doigt , & le pins grand fc
trainc obliquement fous la plante , & s infsre à l’os du
tarfcjvis a vis du pouice.
Quatre feruent à l’extcnfion : XisdeHx gemeanx intet-
ne & externe, [qui font le gras de la iambe, font nommes
gaftrocnemiens ou furaux , & naiflent de la tefte de U
cuifle fous le iarret.]
Le troiféme nommé le fçUe cft couché fous les
meaux, [ 6c naift de l'appendice peftericure du péroné.]
Ces trois mufcles finiflent en vn tendon fort gros & trçs
fort, qui fc doit inférer à la tefte de l'os du talon ,àUqu«l®
on a accouftumé de pendre les beftes qu’on a tuées*
ffippocrateV ânommUh chorde , où. U veut que
" : fraôurfr
Des Extremkez^. ''
fracture du talon , il Turvient des fievtes accompagnées
4e hoquets ■& de convulfiohs.
[Le tibiée poflerienr meut ehft/^ueme?}t :'I1 naftdc la
japrbe & du péroné , où ils fe loignent enfcmblc , &
paflanr par le denicrede la iambe & fous le ligament,
fl nmpUatt par vn tendon rond en long, ih partie inl
ferieure de l’os -cuboide du tarfe voifîn. Ce mufcle fe
-meut fort , lors que les'matelors montent fur le maft, ]
Le dernier fe no^me le plantaire y qui rcfpond au
palmaire de la main. Il eirgrtfle& dégénéré en vnlong
tendon 4 & couurant toute là plante, naiii; de la tefte
cïtcrieurc delacuilîe fous leiarret, & s' inféré slwx cinq
doigts, & ale mcfme vfâgcàu pied que le palmaire à la -
main. Encore que leur conopaiaifon ne foit pas bien
exade. Vejlingtm ^ remarqué, qu’il manque quelqucs-
fois. 1 , "
CHAPtTRE XIV./
Dés Mufdes des DotpSt
*Es mufcles meuuéntles doigtsdu pied, delà mef-
meLçqn que ceux delà main.
'Deux mufcles les flèchiffent , le grand , qui refpond
au profond , naifi de l’cpipfayfe ruperkurè delà iambe,
& fous la plante fe fepd en quatre tendons , qui perçans
le plus petit y s’ itèrent t h trqiiîlémc articulation des
quatre doigts. Le petit y rcfpond, au fublimc , eft au
milieu de la plante du pied , naift de la partie inferieure
de l’os du talon , & s’eni va d la fécondé articulation des
doigts, [mais auant que d’y ^triuer , il eft percé, afin
qu’d xiohne paflàge aux tendons du mufclé precedent.
G’cft pourquoy on appelle ccluy cy percé •& l’autre
perçant. ] , -
Vn fcul mukle eflend les quatre doigts du pied, qui
»*j?dcla partie fupcticurc & externe de la iambe, ôc
Fff qui
Des -ExtremiteZf
Explication de la Figure.
4u
Elle reprefente les mufclcsde iacuiflTe, de la iatnbe,5r.
les anterieurs dû Pied.
k. U wmqfte qui emelcfe le teflicHle & fes vaijfeaux
mattqties.
\flesgU»dedeCaine.
m. le neufîéme mufete delà cmjfe.
x\, le mfffcle ffoas.
o. le mtifde très loMg de- la iamhe*
p. le mufcle grejle de la iambe.
q. le I. e^efîfeu/'de la iambe membraneux^'
r. le 2, extenfeur vafie externe de la iambe.
{, le 4. extenfeur delà iambe > ou le droit. '%
t. le 3. extenfeur vafie interne de la ianibe.
Y. le ^ flechijfeur de laiambe ou le biceps
x. y. l'os de la iambe qui ef icy décharné»
Z. le tibiée anterieur.
«. le fécond mufcle des extenfeurs des doi^s du pied<^
y> le tendon du mufcle qui efiend le poulce,
J\, le ligament tranfuerfe.
*■. le malléole externe.
le premier péroné. ' '
"• gaflroenemien externe on le fur al.
t lé gaflrocnemien interne.
•• le premier extenfeur du pied.
«• le mufcle plantaire qui meut le pied.
>^' le mufcle flechiffeur dutroife'me entre- noeud des doigts^'
>'• le ligament tranfuerfe.
5* le mufcle adduàeur du poulce.
* 'le mufcle abduéleur des doigts.
a quatre tendôn.s [ qui s' infèrent au fécond & troifié- ;
entre-nœud.]
Les quatfe l'omhricaux ameinent en dedans [qui ref-
Fff ij pondent
■Bes Extrsmka^ 4ij
'Explication âe la Figure
Qiu tnonûrç Icsmufcles poftericursdcUcuiffc, dcU
iambe & du Pied.
yilt^mHfdefacredWdos,
q. i&s dm-
r. kte e de la cmjfe»
X, le grattd trochemer.
<*. externe.
y Sétwraieur interne.
% e. îS- qtt‘ttriéme des flechifem de U imU » ÿft h
hiceps.
n. le cmqtiie'me des moteurs de U cuijfey
». ». le huiBieme dés moteurs de U mtftbe.
i.U cauité du iarret.
fi, V le (Quatrième des moteurs delà iumhe. i
jr. p. <t. r- (p- 'l’ les deux furaux ou gafirocnemienH
le cinijuime wufcle des moteurs de U iambe»
U le troifiéme des moteurs de la iambe.
pondent à ceux de la ^in; Iis font attachez par autant
de tendons au premier entre- nœud par vne certaine;
chair entremefléc qui vient du talon.]
Dh entrdjfeux en dehors, qui naiflent des os
du tarfe , & lempliiTcnt les cfpaces du meratarfe ; [ huiâ:
font efleuez aux coftez du premier entre-nœud des
doigts par vn tendon large, le neufiéme fert pour l’ab-
duâion du poulcc & le dixiéme pour celle du petit
*%^-r ' . . . ,
Le Poulce du pied a des mufcles particuliers.
Il eft fléchi par vn feul qni fort du milieu du péroné,
[ & s'infère au troifiémc entre-nœud du poulcc. ]
lieft eftendu par vn autre qui naiU du milieu du pé¬
roné, qui fe dmvfc foitucnt en deux tendons.
-Il eft ameiné eh dedans par yr^eul mufcle, qui cft aita-
Fff iij
^I4 Llure ejuatrléme]
ché par dedans au grand os du tai-fe.
Il eft tiré en dehors par vn autre, qui fort charnu J 1
partieinterne del os du talon, & encre au prcinierosd
poulcc. ^
On trouue vn ntufclè les entre^ofleu
donc Cafertus eft le premier inuenteur , qu’U nomm ’
tranruerfe , àcaufedefa ftiuatiôn, [Sc P^efiin^iùsU petf
abdiiéteur du poulce. J , - ^
Il naifi neruçux & large du ligameftt du premier en
tre- nœud du petit doigt, & quelquesfois âulîi de l’annu '
laire, &puisdeuenant & demeurant charnu, il fe porte
tranfuerfalement deftiis les premiers articles des doigts
& s’mpUnte par vn tendon court Sc large, vnpeu au de!
dans du premier article du poulce.
Son vfage eft de rendre la dcfmarche alîeurée, lors qu’il
fautaller par vn chemin afpre & plein de cailloux ronds-
ou fur quelque autre corps menu , gliflant & qui roule
aifément.Gar parle moyen de ce mulcle, le pieds’accom-
mode à la figure de chaque corps, & l’empoigne, s’il
faut ainfi dire , afin qu’il puilTe affermir fa defmarche. ,
[ AbduÜeuràxptm ddigt qui eft adhèrent à la partie
externe du pied , natfi ^arge vafte de la mefme partie de
l’os dMXâlon s infire au cofté externe du premier en¬
trer nœud. ] . . • " . . .
4j;
premier traicte
DES VEINES.
Qi refpond
jr PREMIER L IVRE
du Ventre inferieur,
Ous auons promis en la Prc^aee de cét
oimragc, quatre Liures, & quatre Trai¬
tez. Nous auons donné les quatre Li-
uresj& y auons parlé des trois cauitcz&
des Extremitez: Il refte que nous confî-
deriofis aux quatre Traiûtz fuiuansjlcs
veines, les artères, les nerfs , & les os.
Ot chaque Traiét, refpond à fon Liure, parce que les
veines naiflent du foyc, quieft la principale partie de la
cftuité inferieure, les Altérés du qui cft en la
moyenne, les nerfs de la moelle qui tft dans la troificme;
Et lesos relpondent aux extrerhitez : Et comme les os
eftans ioinds font vn aflemblagc particulierjqu’on nome
Si^uelette, qui reprelente la foime entière de Taniniali
AufTi tom les veines les altérés & les nexïs. G Hillmme
Fdricius Chirurgien de Paterne a vnafltm-
Elagc des veiiics de tout le corps fcparé aucc grand foin
& addreffé. [Cét aflcmblage de vaiflcaux eft maintenant
commun dans Padoue par [’indüûncd’,Âd» Sfigtlius > do
dem V eJlewgiHs ôc de ï^%Xi Leommm> ]
4i6 Premier traiBi ,
IcsVeines, les Artères & lesNerfs font des organe*
ou vaifleaux communs du corps par ou quelque efprv
eftportéauec le fang,ou fans (^ng, de quelque tuembre
principal en diuerles parties du corps.
CHAPITRE I.
De la Veine en General,
La Veine cft vn organe commun , rond ou long'
oblong,caue comme vn canal ou tuyau, propre poiiî
^^'^"'"•.porterlefatg&befprit naturel. ^ ^
Les anciens ont donné le nom de Veine aux artères
aufli bien qu’aux Veines ; mais ils ont nommé les artères,
des veines pulfatiles, 8c des veines immobiles, & (àns
poulxi L'es autres ont appelle veine, la grande veine, &
arterela petite veine 8c l’aorte;
La caufe efficiente vne vertu particulière quonpeut
nommer venifique.
La Matière des veines , félon HippocrutCi eê la femenee,
gluante 8c plus froide , quieft le principe de leur ori¬
gine.
que le /flje ed U princife de difpcnfation , d'oâ naif-
lefoye eftU fentlcs vcines (car nous ne tenons pas conte des rêve-
frtncipedes tîeS'de quelques anciens , qui fontderiuer les vcmes du
veines. ccrucau ) ôcnon pas le cœur, comme a voulu Jriffite, •
nenpasle Car
I. La fanguiftsaton fe fait aufoye. Par confcquentil
tl fangui- cftvray-femblable, qu’il eftU principe des vcines. Or il
fication. ne cftmanifefte que lafanguification ne fe fait pas au ccear,
fefstitpsis pareequ lin yaancuns chemins qui portent le chyleau
«Hccetir, cœur, iointquelecœut n’a point aucuns réceptacles des
excreraens de quelque codion, comme le foyc.
ÎI. Le fang eft porté du foyc au cœur, & non pas dû
cœur au foyc. Car le fang ne peut pas foitir du cceüt
pour allcf’au foyc , à caufe des valvules..
/)« Veinfs,
\\l. T e cœur des poifTons n’a point de ventricule droit,
où l’on veut que s’engendre lefan^ & d’où (clon eux
nailTent iesvemes , & neantmoiusles poiffons ont des
yeines & du fang.
IV, Si le cœur eftoit le principe des veines , il n’au-
joic pas befoin d’vnc autre veine pour fa nutritiom , qu’il
a neantmoins , a fçadoir la coronaire.
V, La veine poife ne touche pas le cœur , mais le
foye , où aborde auffi la caue , qui font les deux plus
gtofles veines de tout le corps. Au lieu que felo^ Ari-
’fiûte toutes les veines doiuent eftre continués au cœur.
On dira que la veine arterieufe ne touche pas au foye,
le refponds qu’elle ne doit pas y tourher auffi , parce
qij’elle a la fubftance d’arterc , & que par confequent
elle naifl: du cœur.
VL Au fœtus là veine vmbilicale s’en vai.aucç le fang
au foye, & non pas au cœur.
VIL Sl les veines fortoient du cœur, elles auroienc
le pouls commun auec les artères, puis que le cœur tout
entier a pulfation.
VIII. Lafangiiification n'eft iamais altérée que quand
le foye eftoffenfé, comme en l’Hydropific , ôcc.
IX. Si le cœur eftoit le principe des veines & de la
fanguification , il y auroit en vn mcfme vailTcau & en
Riefmc temps deux mouucmcns contraires. Car en la
diaftole le cœur puiferoit le fang de la veine càuc , &
dans laiyftolcjille verferoitdans lamefmc veine caue,
&ainû le fangerud le mcfleroii auec le cuiét.
Ce font les principales railbns qui font pour noftrc
opinion : Nous en lailTons plufi urs autres qui font
plus foibles & aifecs à réfuter que l’on apporte contre
■4r.ifiote : Et ne voulons pas nous amufer ânffi à com-
o«rc celles des Peripatctiçiens qu’ils oppolcnt contre
oous, auxquelles il fera aifé de refpondrc X quiconque
vne iegere teinture de l’Anatomie.
Leur^;, ou vfage cft, ^ Vvfage
i. De porter le lang auec refprit & la faculté natu-
Ggg
Liure ^juatriéme.
relie , du foye en toutes les parties du corps pour Ij
nutrition.
II. Ou de préparer legeremcnt le fang, comme fonj
les rameaux tôcfaraiques de la veine-portc , [i fçauofj
les kdées, ] oudeleperfedionnercomme les rameaux
• <ie la vcinc-caue, dans lefqucls la pituite fc change
auffi en fang durant l’abUincnce. °
III. De garder le fang , comme le lieu conferue la
• ebofe qu’il contient. Car le fang qui cft hors des vei.
nés, ou qui eftrcfpanduhorsdefon lieu naturel, fe coa.
gulc& fe pourrir.
IV. En particulier, quelques veines reçoiuent les ex-
cremens, comme les cmulgentcs les ferolîtez, les veines
de la matrice, le fangmenftruel,&les hemorroidalcsle
fang groflier, ou comme on parle, le»fang melancholiquc,
La /oîjawe des veines fc prend de diucrsaccidcns.
, - l^cutf^ure eft comme celle dVn canal ou d’vn tuyau.
iftrpg r . eft diuerfe. Car les grandes veines font
au foye, comme en leur principe , aux poulmons , parce
qu’ils font chauds, mois & en vn mouuement perpétuel,
d’où vient qu’ils ont befoin de beaucoup d’aliment, à
caule qu’tlfe perdbeauGoupdefubftance ;Et aucœur,à
caufe de fa chaleur: Les cmulgcntes font grandes auffi,à
caufe de l’abondance des excremens fereuxtmaisauxen.
droits oula fitbftanec de la partiecft plusfixe, & le diffipe
moins, à caufe que la chaleur n’y eft pas fî grande nyfi
véhémente, les veines y font plus petites , comme au ccr-
ucau , où les veines ne paroiftent pas toufiours aifément»
&aux os où elles ne fe voyent iamais , bien que l’animal
foit grand : Ce qui s’accorde forr bien auec la dodrinc
de Galten.
La connexion des veines auec les artères, cft de telle
forte, que chaque veine a le plus fouuentvne arterequi
l’accQmpagnc,fur laquelle elle cft touchée, & qu’elle tou-
chc. L a veine fe trouue fortrarement, comme enfeigne
Galien^ fans attercs , mais l’art cre ne fe void iamais fans
weine. '• ,,
Des V'eines. ^ip
I Qrily aâucorpsdcs redpi'oquesdes vci- I-« A»/»-
jies & des artcies , afin qu’il y ait corrcfpondance entr’- A'»*’/"-
clics, & qu’elles reçoiuent les vnes des aiittcs l’cfpnt & le
fangXe qui paroift.parce que fi les veines font tour à fait ^
vuidécsjèsartereslefontaufli. llyaufii en plufieurs en¬
droits des anaftomofes apparentes, comme au cerueaiijà
la trefle choroide,&aux poulmons de la veine arterieufe,
^ dcl’ar|erevcineufeauec lesbi ôchiesderarpreartetc:
^uTfioraxdessrameaux thoraciques defeendans auec les
veines iniercoftales. Il le fait auffi anaftomofe de la veine
■ liypogaftiiquc auec les mammaires fous les mufcles
droits dans l’abdomen. Mais fur toutes les anaftomofes,
celles de la veine caue,& de la porte au foyc , & des vei -
nés & des artères dans la rate , font raa^ifcflres. Gomme
avifEaux.vein.es de la matrice, aux vaifieaux fpcimati-
ques, 6rc,
Les veines font quelquesfois i eueftues dVne memhra^’
)»fCommune,oudequclqueexternceipaifre, qu’cllesre»
çoiuent des parties voifincs , lobs qu’elles font fufpen-
duës, ou qu’ellesfont vn long chemin , & qu’elles font ^ourmoy
hors des vifeeres & des mufcles,- ou lors qu’elles font les veines
couchéesfur des corps durs : Ce qui arriue dans le ven- font cou-
. tre inferieur aux artères & aux veines par le moyen du
pcritoinc , &:,au thorax pat l’entrcmife de la ;pleurc, tuniques
Mais lors que la veine s mferc a quelque vilcerc on tndr oit s,
imi(cle,clle n’apasbefoin de cette tumque commune, non pas en
parce que r., elle eft; d’ailleurs allez fouftenue & tient autres.
ferme, a autrenvent la prompte exfudation du fang fc-
roit empefebée. 3. & la déchargé des excremens de la
veine. 4. elle ne pourroit pas fcntkfitoft la vertu de la
fubftance de quelque vifcere.
Odes veines eftans ainfi reucftucs de membranes , ne
fentent point ( fi elles n’ont des nerfs voifins ) d’elles
*îtelmcs & de leur nature , ni Tacrimonic des hu-
*’^eurs cotuàfou'ês , ni lincifion , ni la brufleure;
Çoù vient que le jP)!i/7<»yopèca ditau liu. 3, de l’hift. des ,
^OtniauXjchap, 5. le net! ne fouffre point le feu, comme-
Ggg ij
410 Premier Tra 'tBé
la veine. 'Et Galien au liu. de TvCage des parties chao"
I Z. que les veines & les artères aulîî ne fentent point Jn
tout , quand on les incifc, qu’on les brûle ou qu’on
♦ les lie.
CHAPITRE IL
De la fuhjîance des Feines dm Vahules.
La fubftance des veines eft membranenfc , afin qu’el¬
les puilTcnt s’eitcndrc & s’abbaiffer derechef plus
aifcment.
Elles ont vne fimple tunique propre ( les artères en ont
deux ) ddiée & rare , paice que le fang doit exluderà
trauers , pour la nutrition des parties.
aies vei- Qi^elques-vns eftimentquc cette tunique eft entretif-
nesont des fu'é de trois fortes de fi'bres. Mais vis adioutent quelle*
presî y font impct ceptibles&*en puiflance, & qii’elles ne peu-
ucni ei refeparées, à caufe que leur contexture eft fort
ferrée. Mais nous euimons pluftoft aucc Vefde qu’il
n’y a point de fibres, comme on s’imagine , non plus
qu’au cuir. Car en déchirant & mettant en pièces en
dmerfes façons la fubdance des veines , il n’y paroift
aucunes fibres. Or ilya quelques autheurs qui leur at¬
tribuent des fibres , i caufe qu’ils font preuenus de cette
opinion que l’attradi on , rercniion & expulfion fe font
par le moyen de diuerfes fibres.
Qm? (ont trouue dedans les veines des Valvules oueertai-
qtit pnellettes dont Bauh n eferit <\\i’^fsiceme a
ont furlé mention d'ous le nom de cellules. Aquapndente en eftle
des val- premier inuenteur, comme il alTeuie. ^Mais il faut ad-
vuIesijM ut„üer que la gloire de leur inucntion doit eftteattri-
-buce principalement à Fra PaoloSarptoYtmmaA^^'^
il a fumi les tsaces & les lumières , & à qui nous de-
uons aufli la circulation du fang. ] Salomon Jlhertus^
Archange Piccolominy ôc CaJ^par Bauhin otii fait mention
7^€S pleines. 4111
jg CCS valvules apres luy. Mârs£)«L4m»j les aàpeine
cogou'eS" .
l^’occafion qui les ht remarquer i A(jHit^endente -, eft Commeyit
fliicfi vous eflayez de prefler ces vemes ou de poufler ^»'««««
le fangenbas en Notant, d ne peut y aller. Quelques
noeuds caufez par les valvules paroiflènt auffi aux bras
jes perfonnes viüantcs , lors qu’on les lie pour la fai-
once, qui s’enflent aufli comme des varices aux iambes
dequclqiies-vns, comme des portefaix & des payfatis.
Il femble que la caufedes varices confifte en ce que
le fahg plus gi oflier retenu ^lus long temps dans les
valvules, les fait d dater : autrement les veines s’enfle-
toient par tout egalement , & non pas à la façon des
varices.
Mais parce que la dodfcrinedes valvules eft cognuc de d
peu de perfonnes , nous la propoferons plus exaftemenc
félon la coij^itume que nous tenons de nous eftendre
plus aipplement (ut les chofes plus rares.
Ces valvules font des petites membranes fort déliées
(efpaiflcs aux orifices des vaifleaux du cœur ) dans la quiUsvaU
cauité interne des veines , qui font comme des petites ■yuki de$
portions de la tunique des veines ; puis que le corps des •
veines eft fort délié , où ées petites membranes fc fc-
■parent.
Elles (ont Jîtuees dans la cauité des veines , mais prin-
cipalcmcnt aux veines des Extremitçz , à fçauoir des "yguuepoé
bras & des iambes , derrière les glandes des aiflelles & com~
des aines. Elles commencent incontinent au defifous memcmens
des origines des rameaux , & non pas à leur naiflanee des veinesî
ïucfme : afin que le dégorgement dps humeurs qui eft:
fouuent neceflaire , ne loit enjpefché , comme cela pa-
ïoiiienlatevulfion. On cntrouuc deux à l’orifice de la
veine lu gulaire, quiregardentdc haut en bas,- les autres
>^cgardent de bas en haut en la céphalique , la Balîlique,
plufîeurs autres aux veines des pieds & des iambes.
Ggg iij On '
Des Veinés^
Exflmtion âe la Figure,
tâi. monftre les valvules des veine âubras-lic:
la 2. & la ^ reprcfentent les veines crurales
â Tcnueis auec les valvules.
^ yff ratneatfde la veine cephali^ue.
B. F. vne partie dé la veine bajilique.
P. la médiane^
l. vn retetm de U céphalique à laquelle la médiane efi
ioinîe-
HH. H. H, montrent lef nœuds que font les valvulés
dam les veines»
I.K. vne veine crurale»
L. M . l’autre veine crurale»
N. N . N. les valvules pleines de coton.
O. 0.0. les valvules des veines vuidés»
On n’en trouuepas au tronc delà veine-cauc,ny aux Vcmqupy
iugulaircs ( excepte celles que nous venons de remar- o» n’en
'quer à l’orifice) parce que lcccrucau, le cœur,lc poulmon, pat
lefoyc &les reins doiucm abonder en fang, fans aucun
delay pour la génération des cfprits, & la reftitution de la *
/>,«' 9 t . caue,aux
iuWtance perdue. On n en treuue point auln aux petites luguUires
veines, parce qu’elles n’en auoient pas befoin , àcaufe de »ttx petite]
leur petitefle [Nciipsauonstrouuéaulfi des valvules auec ‘*~
Harueius&ux emulgen'tes, Si aux rameaux mefentetiqucs>
^uitegardoient vers les troncs delà veine eauc & delà
porte. La nature en a mis auffi aux ladées Les chiens &
lesbœufsfculs cnont aladiuifiondes veines crurales. jll
nycnapointauxarteres, pârtcque Icfiux&lc refluxdii
lâug fpiritucux , s’y fait & s’y doit faire roufiours: loinc
que les artères font allez fortes d’elles melmcs. [l’ay
^Mntmoins remarqué vne fois quelque tracede valvule
*l'arteredubras:Cequi péui-cltre, comme il arriucaa
commencement de l’aorte, & àlavcineariericufc, pour
9
font
ceux nui
ont plus de
valvules.
424 Premier TraîElêy
arrcftcrie (ang qui coule darts les artères , afin qu'ji
retourne.] *
Or elles font difpofccs en forte , que leurs orifices fo^
en haut vers les racines des veines , & qu’elles (ont fer
mécs en bas L artifice de la nature eft certes rnerueif
leux en leur fituation . Car les valvules qui Pc fuiuent on^
vue pofitionopporécjdemermc que les nœuds aux pc,
tits rameaux , & à la tige des plantes , c'eft à due qu’elles
ne font pas fîruécs par vnc mefme ligne ou de mefitie co-
fté afin que tout le fang ne coulaftdroit par la partie libre
d.u vaiiTeau. Par ainfiles valuules inferieures arreftentee
que les fupei ieures auoient laiiïe palfér : Q^uc fi toutes ces
valvules eftoient difpoices par vnc mefme lignç., le fan?
feroit arrefté fort peu ou point du tout.
Adiouftcz à cela qu’elles font fuuées, félon la longueur
du vailfeau par certaines diftances, comme de deux, trois
quatre & cinq doigts, afin qu’elleslaifientvn chemin pat
oùlefangpuilTecouler enbas, & mcfmes tomber furies
Vâlvulesqui s’entre fuiuent.
Quantàleur^r<iWÉ’«>*, Elles fon? plus grandes , où el¬
les ont befoin d’vn’plus grand arreft , comme en la bafili.
que ôç en la crurale aux aines. . #
Lcüt mmbre diuers , comme auflides intcruallcs.
Car il y a plus de valvules en eux.
I. Qni abondentenfangmclancholiquCjOuau con.
traire bilieux & fortfubnl.
II. Qui font grands & charnus >& gui ont parconfe-r
quent plus de veines.
III Qm ont les vailTeaux fort larges.
IV. Qujontles veines longues & droites: Car lefang
efl vn peu retardé en celles qui font obliques, à caufe de
leur tortuofité.
'D'ailleurs, il n y a pas plus de deux valvules en vnliciîv
Car elles font rangées par intcruallcs, rantoft vnc, SC
tantod deux, iufques en haut , mais iamais trois , comme
aux vailTeaux du cœur , parce qu'il eft necelTairc d’y cm-
pefeher le retour du fang , aulieu qu’il ne faut que rctar-
Des Veines,
jjjf vn peu fa courfe dâns les veines. La nature a mis deux
valvules aux endroits où il elloit plus necelTaire d’arrc-
ftcr le fang plus long- temps, & vne feale où il l’eftoic
moins.
Icüî figure rclTenible à celle de l’ongle de l’indice , & figuZ
des trois autres doigts, ou à celle d’vn croilTant de Lune,
comme les valvules figmoidesdu cœur.
Leur fubftance eft fout deliée & fort denfe auffi , afin, Leur fai.
quelles ne fe rompent par l'impctuofîté véhémente du
fang. Ce qui fe connoift par les varices , où elles peuuent
tetenir le fang fort long-temps.
Leur vfage- eft i. de donner de la force aux veines j les Leufvfagt.
irtcres eftans fortes d’ailleurs, à caufe de leur double tu¬
nique.
2. Principalement, d’arrefter & retarder l’impetuofîJ
te du fang , qui eftant pefant & fluide, ferefpandroit en
abondance ^comme vne riuiere par les bras 6c les iara-
bes, à cajifc de leur fituation panchante, fur tout en quel-
quemouuement 6c exercice fort violent, le fang fe des-
bordcroitparlesextrcmitez, par la force d’vne chaleur
tiopvehemcnte. Etainfii.les parties internes 6c plus no-
Bles/erôient priuées d’alirnent. 2. les veines des extre-
mitezfe dilateroicnt trop, elles feroient en danger de fe
rompre, ôc les pieds 6c les bras feroient toufiourscn-
&z; ^ •
Mais la nature à mis des valvules à l’orifice de k veiné
iugulaire , pour retenir le fang, afin que lors que la tefta
panche, le lang ne fe ieçte auec impetuofité , comme vne
riuiereaucerueau, 6c caufe l’apoplexie. [Haruems donne
vn autre vfagemx valvules, afin que le fang ne coule des
S*^*®des veines dans les petites. ] '
Hhb-
^.2,6 Premier TraiBêt
CHAPITRE III.
De U Diuifton des rueines du Corps ^ deU
Yeine-Porte.
Toutes les veines du corps fe lapportcnt à deux, qui
font comme les Meres des autres , à fçafuoir la veine.
porte, & la veine -c‘#î*!e, [aufquc!les il faut adioufter vnc
troifiéme forte de veines qui a cfté trouuée nrAfellim, i
fçauoii celle des veines lacées, dont nous prierons dans
l’Appendrcc.]
V Origine & la rasine delà Veine- Porte eftla veine vm-
bilicale, dont nousauons patléauprew/erZ/we, qui cft
la première de touteis les veines, engendrée de la fe.
mence.
Les noms Or on la nomirela Feine de U Torte^ ou celle qui cft
Ae la veine, aux portes , &auflî laveinc?om>r#, parce quc le chyle
eftant fuccé du ventricule & des inteftins.éft portcau
«/w foye par fes racines, ou félon d’autres par fes rameaux, à
fçauoir les veines mefaraiques , comme par des portes.
Les Arabes la nomment veine , parce qu’elle atti¬
re le chyle, qui cft de couleur de laid,
Cetteveine eftla plus grande après la caue, on dit
communément qu’ellenaift delà partie caue du foye. Bl*
k n’cft pas fi cpaifle que la caue , mais plus lafehc & plus
molle.
Les rà On la diuifccn tionc Scenrameaux.
Jllux de rameaux font les vns fuperieurs , & les autres itife-
la forte fe : Ics vns appellent ceux-là les racines , & les au-
nemment très ceuxey. Les fupeneurs font appellczracines, pat*
/«y* , ce qu’on dit que cette veine prend fon origine dufoyc^
rames, ^ les inferieurs ai ffi, parce que comme les racines fuc*
cent^ de la terre la matière , & la portent au tronc de
de faibrc : Air.fi les veines mefaraïques qui font les w*
T) es Veines. 4^7
rteaoxînfcriaii s de li veine portc,f'iccent le chyle corn- y,.
les racines , & le nortenr aufoye parle tronc & les >r„nux me.
rameaux rupericiirs ; D’e u v’enr :^:ion appelle les vei- f^rai^ues (1
pes inefaraïques , les maws du Foye. Noi\$ les nomme-
ronsdonc toutes & raciues 6c rameaux en diueifes fa,
^°Quatre ou cinq rameaux fLiperieurs s’erpandent par
la cane duf ye. qui s’vnifl’ent apres en vn tronc
plus bas & hors'du fv»ye. Voyez ce que nous auons dit
de ces veines , & de leurs anaftomofes aü chap du foyCt
ItH premier.
Deuant qnelc Tronc fediuife en rameauxinferieurs,
jlenuoye deux pences veyies à la veflie du fiel , qui fe
romment les deux eyftiques , vnç autre au ventricule ,
qui pour cette railon le nomme la^4/?n^»i?dro/7f. \ .
Le Tronche, tournant apres agauche le d uile en deux ^
gros rameaux inferieurs, dont l’vn, cil pins haut &. plus
périr qui va au collé gauche, & l’autre plus bas & plus
ample cil au collé droit.
Celuy làell nommé fpleûtyue .parce qu’il va à la Rate. Lu veines
Il rclpand, deuànt qu”! le dmife, deux rameaux lupe- ‘^^/'*^*^**
rieurs au ventricule , la petite & U grande ga 'riefue , qui \yentn.
.cil lapins ample déroutes les veines du ventricule , qui
fait puis apres la coronaire Et puis clic enuuye deux ra¬
meaux inrerieursà lacoélfe & vn^u pancréas. BeUcetf-
Apres cela le tronc fpleniquc le diuiic en deux ra- A
mcaux fuperieur & inferieur Celuy l . produit le vas
breue , & les autres péris rameaux qui le portent a la
Rate. Celuy cy iette deux veines pour la çoeffe & le ^ ^
ventricule , qui le nomment l'Ep-ploiijUe gauche 6c la
l* roepiploi y ue gauche. Enfin les autres petits rameaux fe Duventri'
confument dans la Rate. cuit.
Le Rameau droit de la veine porte deuant qu’il fc ven.
diiiifc , produit deux veines; La i à la partie droite du
ventricule, & de 1 Epiploon. Lai. aux mtellins , à
fÇ'tuoir au milieu du duodénum & au commencement inte-
duiçijnnum ; d’où quelques rameaux cap H ures vont üins
' A Hhh ij au
r
B^s Veina. 41^
Explication de la Figure.
La Veine-Porte.
! A. A. &e. les ettem de U veine- porte dani tout le féfêl
r I J. J 4 5 le nombre des rameaux stHxqHelt la veme-fer^
tefedmje.
B le tronc de la veine porte près du foje.
C.C- les deux cyftiques
P, la^afirique droite eu pylore.
E. la dîui fonde la veine porte en rameaux fuiuanù
^ . le rameau Jplenique.
G. le rameau mefenterique.
ïi la gaftroepiploique droite,
l.la Duodenale.
K. la petite-gafrique.
L. t Epiploïque droite.
M les rameaux qui vont du ramtau filenique au pa»‘
créas.
N. U grande gafrique.
Q O fes rameaux qui vont aux parties pofierieures du
ventricule,
P QJR- la coronaire fiomaehique.
^ l'Epiploique pofierieure.
T. 1 . la diuifon du rameau Jplenique.
V t Epiploïque gauche.
yi.\ les vaifeaux courts, 'j
2 la gaftroepiploique gauche.
a. a. la diuifon du rameau fpleniquedans U Kate.
K b. la mefenterique droite.
e- c la veine du Colon.
^ d. les vetnes du ReUum.
e, les V einés Hémorroïdales.
pancréas & à la partie fuperieure de la coëffc.
Âpres quoy tout le rameau ample entre au mclcntcrej
H K h iij
D<k mtfen»
tere.
4^0, Premier Tra’Elè ,
& fc diftiibu'é en trois gros rameaux '‘ncfcnteriqucs fç
portant entre les deux tiiniqnes du mefentcrc. ’
ht! veinet rameau mefenterique dmt cft double , qui fç jj
7«« udc en qnatoize rameaux anonymes ceux cy-envnc
* ’ infinité de reiettons, qu’on nomme b^s veines
^(tes qui (ont au ieiunum , à l’ilcon , au. Cæcum & 4
Vite portion du colon, dont
L’vfage tft 1. de fuccef le chyle des inrcft(ns,& Jç
le porter au foye par Ictronc del^ veine- ponc.
1 De le préparer vn peu , Sc luy donner U première
teinture de faog.
tneuriie l'>e.po«^r le fang du fecoftd foye ou de U Rate
Coiumbus P°"’ la nutrition des intcftins. Ce qmne le feroit pi$
touchant fl fil: s auoient des valvules en dedans , comme Co-
les val- lumbns s’eft imaginé contre l'expcncnce , les valvules
•uulei dft cmpe'cheroicnt auffi le retour des humeurs du corps
vfina me- mtcftins , dans les purgations quife font naturelle,
■l “ ’ ment, ou parla force des remedes.
[ Mai' qui donne auccraifon aux veines ladces -
la charge de pouer le chyle au foye ,a monftré qu’elles
ne font deftu.ées â autre vfage , qu’à chariier du foye
le fangpoiir la nourriture des mrc ins.]
Le rameau mefcntcnquc^4«cJÎ;^ s’elpand à la partie
gauche & moyenne du melentere, & au cofté gauche
du vcntricidc.à vue partie du colon ,& au hoyau droit.
i;;’où naiftla ve-ne hémorroïdale interne, dont nous
parlerons au chapitre tuiuanc en parricuUer.
•APPENDICE
De Thomas Bartholini
Des Feines LaEïées,
Peredtheureufe mémoire & enfeiguc CB
eft conforme aux obferuarions de fou
Dei Veines, 4//
Cccic. Mais le noftre eftant deucnu plus clair voyant
'que le palTe , a trouué vne quatrième cfpecc de vailTcaux,
pariefquels lechyleea porte au foye , outre les veines
^efaraïques que l’on connoilToic auparauant, ËraJtfl-rAte
a eu quelque legerc connoilTancc de ces veines , comme
cela fe void dans Galien, Gafpar Afellins Altatomide de
paille cft après luy le premier inuenteur oculaire de ces
veines, qui les remaïqua en la dilTedion dVn chien vi-
uant, Iqui onaucit donné bienà manger, leij. luillec
i^ii.Lespluscxads AnatomifteSj&qui ne reuerent point
d’autre antiquité que celle de la vérité , fuiuans fes traces,
ont trouué par l’experience oculaire que ces vaifleaux
remplis dVn fuc la61:éc,cftoient des conduiétsparticülicrs
diftmétsdes autres mefaraïques.
Carilsparoiffcnttoufiouis dansles animaux viuans,
quandonles difleque enuiron quatre heures après qu’ils
ont mangé , à fçauoir lors que la diftribution du chyle fe
fait, Sidirparoiflent apres cétcfpacc de temps. Ils retien¬
nent toufîours neantmoinSjbien qu’ils foientvuides, la
forme de petites fibres, qui og^ trompé queiques>vns,
dcfortcqu’ilslcs ont pris pour des nerfs ; mais fans rai-
foB, parce que des netfs h'ont ny chyle, ny valvules, ny
auité. LcmcfcntereSt Icsinteftinsnefontpas auififort
fenfibles, bien qu’ils ayent peu de nerfs de la fixiéme con-
iugaifon. Les autres ont creu queces vaiflèaux eftoient
des ancres , mais leur opinion ne s’accorde pas auec les
fensqui y trouucnt vne fimplc tunique, & point de mou¬
vement, Ce qui tient encordes cfpritsde quelques do-
ûesen fufpcnsjc’cft qu’on ne connoiil pas le tronc de
ces vaifleaux , qui eonfirmetoit leur opinion , s’il fe pou-
voit demonftrcr-daDs le foye. Mais encore qu’on ignore
leur tronc & origine, personne ne doit douter de l’exi-
ftence deccs vaifleaux, non plus^nc ceux qui habitoient
fut les bords du Nil , nedoütoient de celle de ce Fleuuc
fameux, bien que falource leur fuft inconnue.
Voicy l’abrégé de l’Hiftoire de ces vailTeaux, fuiuant
les traces d'ÂfeilÎHs.
Premier TraiSié y
Ces vailîeaux fe nomment ou vaijfeaux U^tef
& veines laBées » Toit que ce nom foit tire du verbe I atj^
laciOyC^^ n’eft plus en vfage, quifignifiei’alleche ou ut-
tire, ou de lac laiâ:,duquel ils ont la blancheur, la mollefrc'
& la graille, de mefme que les Anciens & les Modernes
ont donne cenomauxinteftinsgrefles , aux veines mefa.
raïques&au mélcntere,pourles mefmes rairons,quoy que
ce ne foit pas auec la niefme vérité & la mefmc côuenâcc
Ces vaiffeaux eftoient entièrement inconnus aux anl :
çiens, fivous en exceptez Erafiftrate y qui a veu en des
agneaux qui venoient de tetter, des veines aërées rem¬
plies de laid incontinent après. Plufieursdcs anciensont
ncantmoins reconnu que le chyle & le fang eftoient por-
tcz par des vaifteaux différens. Leur ignorance n’eft pas
certes fans excufc,à eniuger équitablement, puis qu’ils
ne faifoient leurs diflTedions pour l’ordinaire, que furies
çprps de ceux qui auoient efté eftranglez ,dans Icfquels
iis difparoiirent incontinent , fi on ne les lie. Quant â
Q^lien qui a fait vne infinité de diflédions d’animaux vU
uanSjilnefaut pas douter qu’il ne les ait pris pour des
nerfs.
Leur JttmtUn eft dans le ventre inferieur , où elles
font d’ordinaire accompagnées de graiffe , pour y entre¬
tenir la chaleur neceftaire pour l’attradion U la prépara^
tion du chyle.
Ils pafîcnt obliquement desinteftins par lé raefenterè-
entre fes deux tuniques en partie feparez des autres vaif-
feaux,&en partie enfémblc auec eux , tantoft en ligne
droite,5c tantoft montent fur eux, en les ctoifant , & puis
marchansfurpluficurs glandes que lanatureamisàleurs
diuifipns, fe pestent au pancréas: ofi cftans entrelafTeZ'
l’vn dans l’autre, comme les treillis, ou comme les fléaux
de vigne, & confondans leurs corps, ils s’entortillent de¬
çà dc-la, &: font plufieurs tours & anfraduofîtez inex-^
plicables.
Puis for tans du pancréas , leurs rameaux eftans plus
grands, qui fc minent par les coftez de .la vcisc-portc.
F
Des Veme:s, -433
&quienuoicnt qnelquesfois des rciettons vers fa caue,
ilsentrent danslacauiré dufoycpar des rameaux déliez,
oùilsfc difTeminentdc tous coftez,& puis dans le foyc
nicfnic, & le diuifent dans fa chair , en des fibres fort dé¬
lices & fubtiles , iufqu’à ce qu’elles ne pàioificnt point du
^ Or ils s ’inférent à tous les inteftins , inefmes au duodé¬
num, & lur tout aux grefles, mais les gros n’en re^oiuent
pas vn fl grand nombre. Il n’y a pas vnc de ces veines qui
fe porte au ventricule ou à la rate. Mais afin que lechyle
quelles ont receu, ne retourne derechef aux inteftins, la
nature y a mis des Falvules qui regardent de dedans en
dehors, qui ne lailTcnt pas fortirle chyle, quan don 1ère -
poufremcfmc auec force*
Ces vaifteaox ont la fuhjtance de veine, dont ils ont
auflilaftrudure & les autres chofes, excepté le fuc ladec.
Troisparties entrent en leur compofuion, \cs fibres , les
me?nbra>}esy5i h chatr. Ils n’ont qu’vne fimple membra¬
ne pour Icsdiftinguer des artères , bien*qu’au mefentere
' ils rcçoiucnt de luy mefme vnc autre tunique externe.
leur attribue- toute forte défibrés droites , tranf-
ueil'es & obliques , pour l’attradion , la rétention & i’ex-
pulfion.
La chair adherente à la membrane remplit les cfpaces
qui font entre les fibres. Elle a auffi vn autre vfage, â
Içauoir de préparer le chyle, dcuatit qu’il pamienne au
foyc.
Quant à Icm quAMtité, ils font perpétuellement conti--
naiftent tous d’vn Icul tronc i encore que leur
grandeur foit inégalé, eftms les vns plus grands que les
àuttes. Ils font petits, afin que les parties groffieres &
juuùles n’y entrent cnlcmbleauec les autres, & afin que
ladiftiibution ne le fafte tout d’vn coup & confufémcnt*
com me la Framboifiere a remarqué .
. Leur nombre cft infini, & font difperfcz parle foye les
^®teûms,lc melcntcic& le Pancréas, & font vne fois
5^ plus grand nombre que les veines melaraïqucs vuU
lii
434- Premier TraiBè ,
guaires ,afiii que leur pctitedè fuit rccompenfçe par {ç
nombre.
Pour leurs ejuaUtez^ premières aSiitteSy les veines laft 'cs
font plus froides que les autres veines , parce que
chyle qu’elles charrient, eft plus froid que le fang ;
quant mxpaftnes, elles font feiches , mais plus humi-
des que les autres veines.
Si vous confiderez leurs ejmlitex, fécondés , ejles font
déliées & fubtiles fur tout par la partie qu’elles entrent
au corps du foye, & auffi tendres , polies , rares & af.
près par dcdans,àcaufe des fibres. La couleur blanche ac¬
compagne ces qualitez, tant àcaufede la conformation
froide. qu’elles tienent de la femence , qu’à caufe de
l’humeur blanche qu’elles portent.
Car leur aBsion &c vfage prtipre eft i.de diftribuerlc
chyle aufoyc par anadofe, comme le fang eft porté par
les autres veines mefaraiques, dufoye aux inteftins par
diadofç. Nous nedeuonspas nous eftonnerdela quan¬
tité des veines mefaraiques, dont il femble que les in¬
teftins qui font froids & priuez de fang , n’ont pas be.
foin, puis qu’ils neferuent pasfeulemcntà la nutrition,
mais aulfi à l’expurgation des humeurs fupcrflucs dé
tout le corps
II. De rendre le chyle plus capable de «ccuoir dans
le foye, la forme du fang. Or ceux là fe trompent qui
leur attribuent vnc vèrtû fanguifiante , puisque la cou¬
leur du chyle ne change point, iufqu’à ce qu’il foit ar-
riué au foye , où il commence peu à peu de dcuchir
pallc (ju rougeaftie.
III. Elles apportent auffi de grandes lumières dans la
vmedecine. Car i. elles nous monftrent vn chemin ailî
pour la diftribution du chyle, dont on auoic tant débat.,
iufqucs icy , dans lequel on ne peut pas craindre aucc
raifon le mouuement contraire ou la confufion quclbn
troiutoit à redire dans l’opinion vulgaire, i,
feignent quelafanguification fe faid dans le foye
fa chair ôc non pas dans les veines. 3. Elles nous
‘ Des Femes. 4;;
pcnt aufii qwe lefuccement des veines n’eftpas la caufe
Je la faim, puis qu’aucunes veines ne fe portent au veft-
rticule- 4' Elles decomnent les caufesde quelques ma¬
ladies qui eftoienc obrcurcs auparaïunt , i fçauoir <ia
flux du chyle par les inteftins , de l’atrophie , à caufe que
les glandes du mefentere font feirrheufes , des fievres
intermittentes qui ont leur fiege dans le mefentere, de
lamelancholie hypochondriaque , &c.
Voila l’abregéded’hiftoire des veinesladécts, à laquelle,
il refteà peine quelque chofe à adiouller , finon que la
caufe deleur prompte difparition eftforten controuer-
fc. -Il ne faut pas croire que la nature fpiritueufe du
chyle qui fe refou tenait, ehfoit caufe, comme Afellms
atoifereu au commencement, parce que le chyle eftant
extrauSt des veines , garde fort long-temps fa couleur , &
ne s’euanoiiit pas proprement, mais deuient aqueux. Il
vaut mieux fe tenir aux derniers fentimens à'JfelHusy
quiatrouué plus vrai ferablabic que la forte attraélion
du foyequi fe fait durant la peine que fouffre l’animal
en mourant, en eft la caufe , parce qu’alors les efprits
fe confument , & ont befoin parconfeqnênt dcnouueau
lang & de chyle pour le cuire promptement. On peut
prendre d’icy la raifon , pourquoy én cét homme qui
fuft eftranglé , & puis difl'equé l’apnce paflee à Am-
ftetdam par Mr. Tulpim ^ les veines ladées demeurè¬
rent apparentes quelques iours apres. Ce qui aefté auj[ïï ;
remarqué plufie’urs fois par Feslingius à Padoue & par
Film àVenife. Carie foye ne pouuoitattirer en aucune
façon , à caufe que les douleurs caufées par laftrangula-
tion, imerrompoient fou aéiion. Car quânt à ce que
P^eslingiHs atrouué ces veines pleines en vne fille de 10.
nioisjie l’attribuerois à vne femblablefoiblefTe defoye,
ou à l’erpaifTcur de l’humeur ladéç. Ce que P.La^r,
s’imagine eft hors de propos & tefmoigne fon igno-
tance en cette matière, quand ilditqucces veines . dif-
paroi(rent,àcau(eqiie les valvules deuenans lafehes, le
retourne dans les inteftins. Car. i vous ne fçau-
I i i ij riea
Des Veines.
F
4S7
Explication de la Figura^
Elle reprefente les veines la(aées.’
les rameaux mefara ^ues de la veine-porte , (§•
ceux del'artere celtaejue ^ut les accompagnant
5^ B veines laSie'es liees k lapante inferteure de la
jgure qut monfirant les valvules
C. C. les nerf s qui vont par le mejentere,
D. le fonds du ventricule,
l.lepylore.
F. U Dmdenum.
G. lefeiunum-
H. t Iléon.
I. la veine (frVanere qui rampent fur le fonds du ventri^
cule.
K. vne partie de (Epiploon.
1. vne greffe glande qui efi a l'origine du mefentere l
quAfellius appelle pancréas.
riez mefme auecvn grand effort repoulTeraux morts lô
chyle dans les intellins. 2. Si on lie la veine au milieu,
en forte que le paflage demeure libre du coûé du foyc
des inteftins , elle le vuide du cofté qu’elle regarde
le foye , & du cofté des inteftins , elle s’enfle beaucoup,
& ri onia laiflc quelques lours encéteftat,le chyle ne
Ktourne point aux inteftins.
CHAPITRE IV.
7) es Veines Hémorroïdales.
Lqjf tJl ce
Es Veines hemorroidales font celles qui fetrouucnt ut Us ht
au fondement & au rcétum ,&qui l'c voyant vaftù mmoidts
in«j ■
45? Premier TraiBé,
mes en dehors , qui s’ouurent en quelques vns d’ell
rncrmes jen certains temp? , & éuacuent le fan? pj'*
groflicr, cequi eft vtileà la fanté. . *
r.rHH, da. Ces veines ne font pas d’vne feule vfpece,
^utrtsAnit. l^s anciens & pluilcurs melmcs des modernes ont cfti.
tcmiftei. me. Mais les vnes font internes qui nailTent de la veine!
porte , & les autres externes qui v iennent de la caue.
Lès anciens ont cognu feulernentles/^^;,^^
bres aux maladies mclancholiquc# & ipleniques : On
peut les ouurir prés du fondement , ou bien y appliquer
les fang-fués , puis qu’autrement aucuns rameaux de
la veine-porte qui elt cachée en dedans , ne fortent
point fur la peau, qu’on puilTe incifer. ^
Les veines hemorroidales internes & externes diffe¬
rent entç’elles.
BuiB dif- I, En «4/y?, comme nousauons
ftrences des deffus , delà veine-porte , & defeend ioignantla
veines ke- colon fous le Redum , dont li eEnbïalTecircuIaue*
les internes ™cnt la fin qu on nomme fondement , par quelques
é> exter- petits reiectons, Elle«4/jf ptefque du rameau fplcniquc,
d’où levas breue prend aulTi Ibn origine; Et fort raic-
Hient de la Rate mefmc , ce que Caprins a remarqué
yncfois, [& deux ou trois fois. Ceft pour-
quoy Robert Flnd s'cil trompé qui condamne Ibuaer-
turc des hemorroides , parce que ne venans pas de
Rate, mais pluftoft du mefentere , l’euacuàtion dufang
porte grand dommage aux intcftins & au ventiiculc,]
Mais les hcmorroiditles externes naiflcnt du rameau
hypogaftrique de la veine-cauc.
II. Eninjertion, Carrinrerne s’inferedans la fubftan-
ce membraneufe du Re6tum,quiauoitberoind!vnfang
plus groflSer engendré dans le foyç & qui eft communi¬
qué par la veine porte.
Les externes s’inforent à la fubftance mufculeufc du
fondement, parce qu’elle demandoit vn fang plus pu^»
elabouré dans le foye , & porté pat les ramcuux de I»
veinc-ca»c. • .
r - . -
I Des Veines,
jll. En nombre veine interne efTvnique 8c les ex¬
ternes l’ont trois.
IV- Et' (qualité' du fang quelles contiennent : Celuy
^es internes eltgrcÆer & noir, & celuy des èjeternes eft
plus lubtil, plus rouge & plus clabouré.
En vfage'Ats internes yüidcntla veine-porte , 8c
feruentaux obftïüdions de'laRate;les externes dechar-
gentla veine- caue 8c le/foye , ôc mefme leur éuacua-
tion guérit les maladies fangüines de la telle, du tho¬
rax» &c.' Ce qu’^/^eCMre a au’lTr remarqué dans fes
^phorilmes. C’eft pburquoy on/ appelle les internes
cACochjmiques i 8c. dit-on qu elles ,, guet ilTent la cacochy-
pie , ôc les externes plethorsquçs ou qui diminuent la
pléthore.
VI. En (abondance de là profujton du fang : le flux des
internes n’eft pasfl abondant, ôc celuy des externes fc
fait quclquesfois copieufement, que les hommes en
meurent quelquçsfois , -oq tombent en des griéues
inakdips;' "' - J \ ■. "
VII En des oii ne fouffre point
de douleur nid efprain^c du" venrre^^^ 8c mcfmes quel-
quesfbis on ne fent âucune sdouleurau fondement •: Au
lieu qii’au ûüxdessnternef ladoüièüpefl: fort yblreniente.
VIII.,, Les internes dercéndehpfetdcs , fans elire'acçom-
pagnées d'es'àrtcres ; Mais'|es-^.ifref»cj de'lceàdent'auec
lés artères aux roufcles du %ge:. C’cil .pqufqùoy on
nomme les externes âuec plqs de iailon / yaiff’èauxjjhe-
niorroidaux , de forte que lef' atteres font coijiprifes
aocc les veines. ' > . v ' \ .
\V\"
CHAPITRE V. ^ ^ .
Tronc afeeniant dèJa.Veine-Dauey ^
^dniculierementieië Idï^eine- Azygos» \i ^
La Veine-caue qu’on homnie/Æüfli la grande ^ ^ ^ela.Jes
très grande ycine, a eftè ünlî ap jpcllce par les andenSj nt- fàmt
■' ■' , ' 'à 'cattlc ^, ' d
Dts Femes,
441
Explication de la Figure.
te tronc afeendant de la Veinc-caue, aucc vnc petite
portion du tronc defeendant.
A^A. a. U tronc de la veine cane > & fes rameaux dif.
perfeT^par lefoje, ^ vn autre reietton , epui ien va
de 'la caue du foye.
^.leftege de la vetne-caue entre la partie connexe du
foye & le diaphragme.
C. le phrenique gauche qui enuoie des reiettons au pari-
earde.
V, tùrifice par lequel la veine caue efi adhérente au
■ cmr.
E. la Coronaire. ^ .
F. F. le tronc de la veine az^ygoS i defeendant Ic' long du
cofle' droit des vertebres iufques aux lombes.
G. , G. les intercoflales inferieures , ou les rameaux de U.
veine ax,ygos , entre les efpaces des cofles.
diuifon de la veine-cane en deux troncs fous cia-
uiers > pre's du gofer, fous le flernon.
F U foHs-clamere qui tend au bras des' deux cofiex, » que
quelque s-vns nomment axillaire .
l^.J’Intercofiale fuperieure qui emok ordinairement des
reiettons a trois efpaces des cofles fuperkures , auf-
quels la veine a^gos n en auoit pasdijiribue'.
L. la mammaire dej Cendant e- Celle -cy defeendante fous le
flernon aux mufcles droit de l'abdomen , diflribué' des
■ reiettons aux parties voiflnes.
M. la cenionBion de la mammaire y auec la veine Bpigà-
flrique r. afeendante pre's du nombril.,
la ceruicale qui mente au crâne,
Q. la mufcule qui fe propage par plufieurs reiettons dans
les mufcles qui ocèupent les parties inferieures du
col , ^ les fuperieures du Thorax.
P* U Thoracique fuperkure qui va aux mufcles qui font
Kk k
^ 4 1 Premier T ratüé ,
couchez, fur U poitrine , & aujfi a la peau de cette r '
gion y & aux mammelles, ^
Qda double fcapulaire fe diftribue au Jtege-caue de îef
pauley & aux mufcles voifms. Il ; a quelqnesfois eutre
P. & R. des petites veines qui vont aux glandes R.
tuées fous les aijfelles. ^
R. U Thoracique inferieure s'en va en bas lelong des .ce.
fie\ du Thorax y &fe dipibue , principalement al
tnufcle tres-large du bras.
S . la iugulaire interne y qui après auoir donne' quelques ra.
me aux A l'afpre-artere^ entre dans le crâne,
T. la iugulaire externe.
V. fa diuifon fous la racine de l'oreille-
X. vn rameau de l' exterseure qui entredans la bouche]^^
qui fe diuife diuerfement aux parties contenues dans U
bouche.
Y. vn rameau externe prés de la gorgeyqui va aux mufcles
de la gorge y & à toutela peau de la tefie.
. Z. vne portion du rameau Y* qui s'efpandfur laface.
5>. æ. *. la veine du front, æ. vne portion qui ramfefut
les temples vn reietton qui approche de la peau de
l'occiput.
a. la veine céphalique ou externe du bras y que d'autres
nomment humerale y qui naifi quelque sf ois de cette fa-
pon y mais le plus fouuenty comme elle efi reprefentét
AU cofié gauche.
b. la mufcule fuperieure qui efl vn reietton de la Cépha¬
lique , vers les mufcles pojierieurs du col. .
c. vn rameau qui fort de la partie pofierieure de laCepha-
li que y qui fe porte à la pa rtie externe deîefpaule.
d. d. vne veine qui de la Céphalique va À lapartie fuperieure
de l'efpau le au mufcley qui loue le bras y & ^ f*
peau.
m. la baflique nommée hépatique au cofié dr/iity&fpl^^'^^^
gauche. ■
n. vn rameau de la baflique aux tefies des tnufiltt du
coude.
Des Veines.
> I U trotte defeendant de U veine- cAue.
S. U 'eetrie a ^ipeufe gAuche.
(.* /. les deux emulgentes.
*. îÂdipeufe droite,
},. li. les deux fpermAti^ues.
^ le commencement du corps V Art queux.
Us lomkAtres qui vont de nœud en nœud aux vertehres]
4 la moelle du dos , aux mufcles qui font coucheTl^fur
les lombes t &au péritoine.
t. Ia bifurcation de U veine en rumeAux Iliaques > qui
reJfembleaU lettre A.
et, la mu feule fuperieure , vn rameau tranfuerfe pour les
mufcles de Ubdomeny ^ pour le péritoine,
f, e. la diuifon de tlliaqua gauche en deux rameaux ^ à
fçauoir l'interne ç. & l’externe <t.
T. T* le reietton externe du rameau cruraUp. difiribue'par
les mufcles de la bouche & des fejfe s.
v.^e reietton intérieur mefme rameau p aux troui de
l'os facrum. '
f. les petit rameaux qui vont aux troua plàs relouez, de
l'os facrum-
X' l'hjpogafirique a U vejjie , aux mufcles du fege & au
col de la matrice i
ÿ, la veine qui naijl du rameau externe e qui fe ioinbi auec
les petits rameaux de la veine interne près des trous de
l'os du fondement,
ï caufe de la capacité de fa cauité. C’eft la plus ample
veine de noftf e corps & la mere de toutes les autres qui
ne vicnent pas delà porte, & fort de la partie conüexe
^ufoycjd’où vient qü' Hippocrate la nomme hépatique, ‘
pluficurs rameaux cfpars dans la partie fuperieure du
roye s’affemblans en vn tronc , qui fc diuife inconti-
•'snten fuperieur ou afcendanc,& en inferieur ou def¬
eendant. Q-i' H'
be Tronc Afcendant pénétre le diaphragme , & fe
■ démine par le Thorax , le col , la tefte, & les bras, afendanr^
Kkk ij
Premier TrmUe^
Cr il VA fans k iJiuifer iufqacs au goiîcr. Ccpcn^
quatre rameaux eu naiflent.
Lesvtlms 1, Le Phrcniquc OU la vcinc diaphragmatique y
du dit- chaque coftéqui enuoyc Aulfi des rameaux^ au L?
au mcdiaftin. [ M- Setterims monfttc in'
de!&du' gcnicufenient que le pus aux empyiqucs cft porté paj
mtdiAfii». cette veine aux reins & à laveflic i. parce que le puj^pç
doit arreflerau bas du diaphragme, i. il eft facilement
atténué pat le mouuemcnt du diaphragme. 3.l€s orifices
s’ouurent par fon mouuemenr, J
Apres celalaveine-cauc monte par le diaphragme, &
perdant le péricarde , elle fe tourne vn peu à gauchc*&
s’infinuc par vn trou ample dans le ventricule droit *du
cœur , où elle fc ioint de toutes parts à l’oreillette droite.
Or c’eftlà que fc forme
La veiat ^ cinc- Coronaire qui cft double quelquesfois
CorouAire & qui cnccint la baie du cœur , à lorigine de laquelle
du Cœur. Ja n^turca mis vne qui empclche le rctouriu
&AvAlvuîf, dansle tronc. [Or elle cftcontinu'é à lartercjafin
qu’elle rcçoiue le fang de celle- cy qui doit retourner i
la veine-cauc.]
Puis le tronc afeendant perce derechef le péricarde,
& reprenant fa première forme, telle- qu’elle eftoit au
delFous du cœur, mais plus grefle,clle monte aü gofier
par le milieu de la feparation des poulmons ( non pas
dauantage fur les vertèbres du Thorax , où font défia
rOefophage & la trachée j cependant s’engendre
III. La groffe Veine qui cft au delTus du cœur, qtfon
nomme azygos , c’eft à dire fans pair , parce qü’ordinaU
rement elle cft vnifue en l’homme & au chien , & en vn
des coftez, n’ayant pas fa femblable en l’autre. Maiselle
cft double en quelques animaux qui ruminent, comme
au chevres,aux pourceaux, d^c. [Nous l'auons veue Ibu-
uent double au corps , & vne fois n'en auons point trou-
ué du tour, & en fa place vn rameau defeendoit des
deux coftez de la veine fous - clauiere, ]
Elle de la partie poftcricure de la veine-cauet
*Des Veines. jfjfj }
^is elle defeendneantmoins plus vers le cofté droid,
^ par la cauitc droite du thorax. Elle naift au contraire
aux bfctfis du cpfté gauche de la cauc , & defeend aufll
mcfme cofté. Mais en l’homme apres fon origine ,
qui eft entre la quatrième & cinquième vertebre du
Thorax, elle fedeftourneVn peu à droite & en dehors,
iufqucs à la huitième ou neufiéme vertebre du Thorax,
eùeliccommcnce de demeurer tout à fait au milieu.
Le tronc fans pair enuoye des deux coftez des ra¬
meaux intercoftaux , aux cfpaces des huièl coftes in¬
ferieures, qui fc ioignent en quelques lieux deçà de-li
par Jnafim»fes auec les rameaux de la thoracique in-
ferieure, qui naift delà Bafilique. Ceft pourquoy il ne Errtur de
faut pas toufîours ouurir en la pleurefie la veine du
cofté droit, comme veut Fefaie.
La veine azygos fc diuife en deux rameaux prés de ouurir
la hui<ftiènve cofté. u fm-
L’vn qui eft quelquesfois plus ^rand, monte à gauche refie.
fous le diaphragme s’inferC tantoft'aTa veine- caue au
deflusouaudeflbus des cmulgentes, & quelquesfois à _
Icmulgentcmelme. C eft pourquoy les plcunnques le lesfUuriti-
purgentfouucnt critiquement parles vrincs, & piflent quesfepur-
abondance de pus . pur les
L’autre droit s’approche, Sc feioint à la cane ( rare-
ment àTemulgentc) quelquesfois au deffus de l’cmul-
gentc. II s’implante fouucnt à ladernictc lombaire, &
quelquesfois à la première, à caufe dequoy on peut ou-
urir la veine du iarret,au commencement de la pleurefie.
Com ice ^u’Hellier â. jimatus ont (on^é que cette duiurretefi
veine a dcsvalvules àfon origine, c’eftvncchofe qui ne vtilehl*
fe trouue pas véritable. C’eft pourquoy il n’cft pas vray pleurefie.
auffiqucla veine- caue cftant cuacuée, la veine azygos
ne fe vuide pas, parce que les valvules empefehent qu’ci-
le ne regorge. é'de hoU
IV. Il y a vnc iutercoflale fuyerieure des deux coftez lier , tou-
pui fe diftribuc aux efpaces des quatre cofteslbpericures,
» caufe que l’azygos n’enuoy c pas des rameaux à tous les
•inicruallcs des coftes. Kkkiij .
Premier TraiSlé,
^Brreur de
(eux qui
.^(ütiquent
lu médeci¬
ne, touchât
h [aignée.
il-
f»ut euurir
la Cepha-
' lique en la
Céphalal¬
gie.
chapitre VI.
De la Veine/oHi-clauierey^i^de fes rmeam^
comme des tubulaires. ^
>S T A Vcinc-caue ayant fait les rameaux que nous auons
- I .remarqué iufqucs icy , eftant appuyée fur lafagouëj
monteauxclauiculcs,oùon croit communément quelle
fe diuife , comme on lemonftrc en plufteurs figures des
Anatomiftesen quatre parties, à fçauoir enfuperieure &
inferieure de chaque codé. D’où cft venue l’erreur com.
mune de ceux qui pratiquent la medecine , d’ouurirfcru-
f puleuferaent la Bafilique aux maladies des parties qui
- font au delTous du col, &lâCephaliquc àcelles delate,
fte. Mais le C4»enefe diuife pas aux cU-
uiculesen quatre rameaux , mais en deux feulement, l'
fçauoir vn de chaque codé, le droit & le gauche , quifont
nommez les rameaux fius-dauiersj èc Axillaires pat
quelques vns.
C’éftpourqnoy il n’importe point du tout 'quelle vei¬
ne on ouure, la Bafilique ou la Céphalique, aux maladies
des parties qui font au deffus du col : Car le tronc de la
veine caue fc vuide aulïibien par l’vneque par l’autre,
parce qu’elles Ibrtcnt d’ync meüne racine. Le Chirurgien
, doit donc ouurir pluftoft la.plus apparente.
I Neantmoins aux maladies de larefte,lafaignéc delà
,> Cephalique peut feruir vn peu , parce qu’vn petit ra-
- meau s’y infere, qui vient de la iugulairc externe; Ce
que i’ay remarqué plufieurs fois en diuers corps-
morts.
Les fupericures & inferieures nailTent des veines fods-
clauiei cs : les inferieures deuant & après la diuifion, à fça¬
uoir quatre deuant la diuifion,
L. La Mammaire (dont l’origine cft neantmoinsfou-
Des Veines] 44 j
lient aiucife ) qui qucl^jwesfois vne de chaque côité.éc
compagne , & qui defeendaux mam-
^elUs, dont nous auons fouuent fait mention. Cclie-cy
feiointquelquesfoispar anaftomofe auec l’cpigaftriquc
fous les uiufcles droits de r Abdomen. A*
II. La ^f<!//<*/i»equivaau mediaftin & âlâ Fagouë.
III. La CeruieaU pour les mufcles qui font couchez
fur les vertébrés, & pour la moelle cCpinierc du col.
IV. La Mufcffle 'wferieure , pour les mufcles infe¬
rieurs du col, & les (üperieursdela poiârine. Cè^lc-cy
naiftaufliquclqucsfois de la iugulaire externe. ^
Le tronc eftantforty delà cauité du Tho¬
rax, fe nomme alors proprement axillaire, & les deux
fcapulairesnaiffent de-làpar les mufcles internes & ex¬
ternes de 1 oihoplate , & pour les glandes des ailTcllcs.
Après cela l’axillaire fb diuifc en deux rameaux, le fupe«
rieur ou la veine Céphalique, & l'inferieur ou la Bafilique,
comme nous dirons a\x Chapitre fuittant des veines du
bras.
Mais apres la diuifion de Taxillaire , deux veines naif-
fcntdu tronc de la bafilique , ce qu’il faut remarquer
pour lafaignce en la picurefie.
I. La Theraci^ne Juperieure qui va aux mufcles cou¬
chez fur la poitrine & lesmammellcsdes femmes.
IL IMuferiehre ( qui naift quelquesfois de la Tho« *
racique fupcricurc) qui rampe par toutle cofté du Tho¬
rax, dontles rameaux fe joignent pAt Aaaftomofes auec Anx^dwe-
les rameaux de la veine-azygos qui fortent hors du/*^-
Thorax.
^A Mttfcule naift premièrement de la partie
fuperieure du tronc fous-clauicr, près de la iugulaire ex¬
terne, pour la peau de les mufcles de la partie pofte-
rieure du col.
Puis les Veines iugulaires ainfi nommées, parce qu’ci- ^our<ii4ty
les montent augofier vers les coftczducol , &: font in-
ternes & externes. \infi nom~
^ Externe cft quelquesfois double au commencement mées.
44S Premier TrdBé^
ou au milieu , & rampanç fous la peau en haut «n
pouruoit aux parties externes de la tefte , de U face d
col& de la gorge. Car elle fe diuife fous la racine d'^
l’oreille en TAmean extérieur & intérieur. L'Interne \\
auxmufclesdela bouche, de la gorge , de l’os hyoid/
&c. L'Externe eftant appuyé fur des glandes audeffbuj
de l’oreille, fe fend en deux branches, dont l’vne va aux
parties anterieures de la face, au nez & aux iouës , &
fait au milieu du front, eftant iointe auec le rameau de
l’autre coftéi la veine du front qu’ona acouftumé d’ou,
urir. L’autre va aux temples & au derrière de la telle"
parlecofté. [ Le iudicieux , ouure cette veinc-
auec grandfuccezaux douleursdelateftcà l’enrouciiee
à la difficulté de refpiration, à la pleurcfîe, aux douleurs
de Rate, aux dartres, à rcrquinance,&,, comme i’ay.
vcu,aux varices de la face.] Ce pendantees rameaux fc
tneflent diuerfementà laface, &aufommetde lateftc.
La iugplairc interna cft plus grande en l’homc qu’aux
bcftcs,à caufe qu’il a le cerueau plus grand Onlanorui
me jipofleBique , & monte au cofté de la trachée, 1
qui elle enuoyc des reiettons : Et puis touchant à la
bafe du crâne à la partie pofterieure, elle fe diuife en
deux rameaux ; l’vn plus grand fc porte Cn derrière
auec le plus petit rameau de l’artcre carotide par le trou
de l’os de l’occiput , qui a cfté fait pour la fixicme
paire des nerfs , & entre dans le ftnus de la dure.me.
re ; l’autre plus petit , entrant par le trou de la troi-x
fiéme & quairicmc-paicc,fcpctd& fc canfutnedan&Ia
durc-merç. '
chapitre
Dis Vilnesl
449
w
chapitre vil
Des peines y des T ras , des M ainsi
La Veine Axillaire, comme nous âuons remarque am
Chapitre precedent, fe diuifeà la telle du bras, cti
deux rameaux confiderableSjà fçauoirle fupericur plus
petit , ou la veine Cephâlttjue , & l’inferieur plus grand, ou
la
Le fu^eriettr fe nomme la veine humerait inferieure dtt
mis. Céphalique ou Capitale, parce qu onaaccouftjumc
de l’ouurir aux maladies de là tefte.
Elle aux belles de la iugulairc externe, & en
l’homme toujours de raxiUairCj de telle forte neant-
mpinsquVn petit rameau court de laiugulaire externe,
s’infcre à la Céphalique.
Elle fe porte iufques à la fuperficie , entre la membrane
charnue & la tunique des mufclcs.
Son rameau externe on nomme la corde du bras ^ fe
ioindau milieu du carpe, au rameau de la Bafilique par
lapartie inferieure, & puis montant furlefîege externe
du carpe, & marchant entre le doigt annulaire. Sc ie plus
petit fe nomme la Saluatellc , qui ell le des Arabes,
dont ils recommandent la fedion à la main gauche , &
d’autres auffi encore s auiourd’huy contre les maladies
melancholiques,[ contre les fievres aigues, 6c les tiercesî]
Mais en vain, & fans aucun fondement, [comme /.
Sjlnaticus a fait voir dans vnLiurc particulier, & depuis
peu Seuerinus ]
Ils veulent que le Rameau interne delà Céphalique,
foiteeluyqui confticuë la médians.
LaBaliliquc,que d’autres nomment/Vw/^r^tf //# coude,
^■Ep<ïr/y«fOulaIecoraire, &c. Parce qu’on a de coullu-
l’ouurir aux maladies du foye : Mais ilslanom*-
LU
4S0 Premier TralBê\
ment fpleniqHe au cofté gauche , parce qu’on recomm ^
de de rouurir aux maladies de la Rate.
‘Mais les Chirurgiens daiuent prendre garde à la f
ftionde cette veine v de u’olFenfer pas le nerf qui p/’
compagne, parce que fa blcffeure cauferoit des grande'
douleurs, la fievre, les convulfions , & enHn \l taon
[llyaaufli dès arteres fubiacentes qui cauferoient l’ai
. neuritme & themorragie, s’ils elloient bleflés. ]
Cette veine fe duiile en plus grand nombre de"^ reiettons
.que la Céphalique : Elle fe fend en trois rameaux foush
, tendon du mulcle pedoral
Le 1, fe por ce auec le nerf du bras, que l’on tient pour
le quatrième.
U. Le moyen & le profond qu’on dit eftrc dluifc en
rameau externe & interne au délions de l’articulation du
coude , qui s’éloignent peu l’vn de l’autre. Celuy U
pouruoitaupoulcc ,àrindice& au moyen, & auffiaux
mufcles'cxternes de la main. Etceluy-cy eftant cftendu
furlemilieu del’os du coude, fournit àl’annulairc, &au
petit doigt, & auffi aux mufcles internes de la main.
III. La foufeutanéc à la tuberofîté interne du bras fe
diuife en rameau anterieur & poftcrieuc : Ccluy*cy
defeend fous le coude près du petit doigt,oùilfeioinâ;
auec le rameau de la céphalique. Cclaiy U cependant
qu’il fe porte par le coude, fait vne ycinc confidcrablc,
.qui vaau carpe tantoft tout droit & quelquesfois obli*
.quement; Puis fe traînant par le coude auec le rameau
interne delà cephalique, contlituëfous le pli du coude,
^vne veine commune, qu’on appelle
La Médiane , & Ankeme la noire ; Elle fe nomme
moyenne à caufe de fa fituation ^ On l’ouure fouuent
-fans danger , parce qu’il n’y a point de nerfs fous elle*
[Mais leulement le tendon d’vnmufcle.] llfort dçpctw
veine ou plutoft de la partie de la bafilique»-drt5u naitt
la Mcdianc, vn rameau, qui fe diuifant fur le rayon
gendre vn reietton extérieur entre le poulce
.que quelques vns appellent la Cephaliqne , &
T>es Veines.
^51
comme Munàinui ] S-AlmtelU :> Et vti autre intérieur
entre le doigt moyen & lannulairc , & quelqiiesfois en¬
tre le moyen &4’indice , qui cft félon quelques vns
r comme Rhafis ] leSieled'^uicenne, [ou plulloft^ei/e»;,
comme parle Auiceme. ]
j^ais ilfautremarquertouchantladiftributiondeton- VArUtlon
tes ces veines , qu’elle eft diueife en diüers fuiets , &
qu’elle fc trouuc rarement d’vne mefme façon en deux ^
Hommes , mefmes la main droite dVn mefme homme fe
troüue rarement conforme aucc la gauche : Elles font
âHifi differentes en grandeur en diuers hommes.
CHAPITRE VIII.
Bu Tronc defeendant de la Veïne-caue ^
iufciues aux iamhes.
Le Tronc inferieur ou Defeendant de la vcine-caue '
qui fort du foye, & qui nourrit plu fleurs parties fu-
peneurcs.eft plus eftroit , & cflant accompagné infe-
parableraent de la grande arrere , s’en va iufques à la
quatrième vertebre des lombes. Cependant il refpand -
les reiettons fumans.
l. LesAdipeufes pour la tunique des reins & la graif-
fcjdont la gauche eftle plusfouuent fupcrleurc.
II. Les Eraulgentes qui defeendent aux reins par vn
chemin court 6c oblique , & quelqucsfois auec vne^
triple origine , qui portent le fang à part, de la vcine-
caue aux reins.
lll. Les fpermatiques dont nous auons parlé au pre¬
mier Uure.
IV. Les lombaires qui font tantoft deux & tantoft
*fois,&fe portent entre les quatres vertébrés des lom¬
bes. QnelijHes-vns cfcriuent qu’ils ont remarqué qu’il
fort de ces veines, deux autres qui montent entre les
LU ij vertébrés
40
T>ti Veines,
Explication de la Figure.
ix plus grande partie <lu tronc defccndantdela veinc-
cauc qui edant ioinâic à la figure precedente ,
la reptcfcnte entière.
ft.^ne veine ^ui ayant page' l’os pubis , diflribue vn ror
meau pour la cauite' de la hanche ^ les mufcles dt
celieu>
«. vn autre petit rameau qui entre dans la peau au Jîege in¬
terne de la cmjfe.
A. la henteufe qui va de trauers aux parties génitales.
0. la/aphene f ou la vetne du malléole , ou le rameau in¬
terne du tronc crural , qui rampe feus la peau par Un»
teneur de la iambe, iufquesÀ C extrémité des doigts.
A. le premier reietton intérieur de lafaphene , qui fepre-
fente au fiegedes aines.
g, vn retetton extérieur delà faphene qui fe diflribue a la
partie anterieure de la région de la cutjfe lapeau eu
dehors.
n. le fécond reietton de la faphene au premier mufcle du t ibia.
& au iarret.
S. letroifléme reietton de la faphene a la peau de la rotule,
le quatrième reietton de la faphene,. qui en refpand d'au¬
tres en deuant & en derrière, quonpeut ouurir quel-
-quesfois.
‘ü'. Jl fort de celuy-cy des rameaux vers le flege anterieur
. du malléole interne , aux parties fuperieures du pied^
& prefquea tous les doigts.
ïi. Upetite feiatique eu la Mufcule interne qui efl vu
rameau extérieur du tronc crural , pour les muf des
de la hanche & la peau de ce It eu,
l. 1. celle cy i- fe peut appeller mufcule extérieure & plus
petite pour quelques mufcles du tibia & i.interne,plus
grande dr plus profonde , pour les mufcles de la cuijfe,
3*4. 4. la Pophtee fe forme de deux rameaux cruraux ^
jquon ouuroit fouslegenoml,
L U iij
4 / 4 Premier T raiSiê ,
5 . Il fort de celle-ey vn rameau qui s’efiend en haut \ /
peau de la cutjfe. *
6. Mais la plus grande portion fi porte fous la peau par /
pli du geno'ml tufques a (os du talon, *
7. ç^a la peau du malléole externe,
S. le concours de la •veine Surale ç^dela Saphene )pres
quel fi fait fiuuent la faignee au dos du pied.
5. la diuifon de la furale en tronc externe, i}, ^ g„
terne lo*
10. il. le rameau interne de la furale fi porte par U cauiti
pofierieure de la iamhe,
11. vne portion de ce rameat* > qf*i sefiend fuiuant le feee
poflerieur du malléole interne iufques au cofié interne
du pied.
13. le rameau externe ^plus ample de la fur ale qui fi di-
flrihui' incontinent en deux autres reiettons inégaux.
14,15. defeendant le long du fege externe du tibia
iufques aux parties fuperieures du pied, fe fende» di.
uers rameaux , ^ fi îpejle auec la. faphene au du
16. vn autre reietton qui fort du tronc delà furale & qui
fi porte par les mu files du gras delà tamhe.
ty. vn reietton qui fort de celuj cy (Sr qui fi porte aux
parties fuperieures du pied , donne deux branches à
chaque doigt
18. la commijfion de la faphene auec le rameau. 15. de h
furale.
ip. (ordre & la continuation des .veines aux doigts.
vertébrés des deux codez le long de la moelle de Tef-
pine au cerueau. D’où ils tirent cette conicdurc qu’vn®
portion de la matière feminale découlé du cerueau.
Apres queccs veines font faidcs , le allant à l’os
factéjfe met àla quatrième vettebre des lombes deflbus
l’aorte jau delTus de laquelle il cftoit auparauantj& 1®
diuifi en deux rameaux égaux appeliez Iliaques *
que marchans fur l’os llion & dut pcnil,il vont auxiabes.
Des VemeS. 455
Il naifi deux veines près de leur diuifion :la mufcule
f^beriettre pour le pcruoine 5e les mufcles des lombes
^ de l’Abdomen , & la facrée^ qui cft tantoft fimple &
tanioft doublé pour la moelle de l’os faciv.
j^pres quoy le rameau Iliaque fc fend des deux coftez
en extérieur plus grand 5i intérieur plus petit.
peux veines naîlTenc de rintcrieur :la mufcttle mojenm
par dehors pour les mufcles qui font placez auliegc
extérieur de la hanche 5c pour la peau des fclfes -, &
qui cfl: confiderable & quclquesfois dou¬
ble pour plufieurs parties de l’hypogaftre .comme pour-
les mutcles du Redum , d’où viennent les hemorroides
externes , pour laveffie 5c Ton col, pour le membre viril
& pour le fiege inferieur ôc le col de la matrice. D’où
fortent les veines par lefquelles les vierges 5c les fem¬
mes enceintes ont forment leurs purgations. Quand co
rameau cft ioindauec le rameau crural interne,ilceirc.
Trois veines naiftcnt de l’cxtcricur,dcuxdeuant qu’il
forte dù péritoine , & vn puis apres :1a i.t^VEpgafiri-
pe ( elle naift rarement de la crurale ) la plus grande
partie delaquelle monte au péritoine Ôc aux mufcles de
l’abdomen, fous ks mufcles droidts iufques aux mam¬
maires , aufquclles elles fc ioignent fouuent près dm
nombril. ,
II. Lü hoMteufe pour les parties honteiifes auxhom-
ines 8c aux femmes, elle va tranfverfalcment au milieu
•de l’os pubis.
III. La mafcHle inferieure paflTe le fiege de l'article de
la hanche, pour les mufcles 5c la peau de ce lieu.
Apres cela fcs rameaux fc nomment cruraux.
Premier TralBét
CHAPITRE IX.
& Dernier.
Des Veines Crurales,
LEs Veines Crurales comme auffi les artères & les
nerfs qui paifcnt cnfembic , font entretilTucs de
pluficurs glandes, au pli de la cuilTejpour les rendre plus
fermes: En fuite fix rameaux naiffent de la crurale des
deux coftez.
I. La Saphene [ ainfi nommée à caufe qu*elle cft la
plus apparente des veines du pied ]oula veine du w<j/-
/w/e,qui eft longue & infigne. Elle fe porte fur le collé
l’interne de la ïambe aucc le nerf qui l’accôpagne entre
la peau & la membrane charnue vers le gcnoiül,&par
la partie interne du tibia ,au malléole interne : Et puis
fe diftribuc diuerfement aux parties fupericures du pied
vers les doigts , principalement au poulce. On ouurc
cette veine près du malléole , aux maladies de la matri¬
ce, & fur tout en la rétention des mcnftruës [ & cn
la gonorrhée. Or il la faut ouurir où elle cft plus ap.
parente, fou au dosdu pied ou à cofté.]
II. La Petite Sciatique cft pppofée i cclle-cy. Car
c*cft vn rameau extérieur & court de la crurale j Eli®
fe porte en dehors & de trauers à la peau delà hanche
& aux;mufcles de ce lieu.
III. La .Æ/«yf«/c naift du tronc qui cft caché cntrclcs
tnufcles: C’eft vn double rameau & infigne quife di¬
ftribuc entre Icsmufcles fituez à lacuiflc.
IV. La Poplitée fefait de deux rameaux cruraux méf¬
iez ,& eftant cachée fous la peau, marche potlcricurc-
ment par le milieu du pli du iarrec, iulques à l’os do
talon , 6c quclqucsfois à la peau du malléole externe.
On croit coramuncraent que les anciens ouuroient
- fouuent
F Dts Veines. 45^
fouacnt cette veine fous le genoüil.-Mais puis quelle
eft fort profonde & qu’on ne la voit pas, il faut croire
' qu’on ne peut pas l’ouurir , 6c que ce n’eftoit pas peut-
xftre la vei'tre poplitée, fur tout puis que Galien en par¬
le diuerfement; en la defeription qu’il en fait, & qu’il
larnet tantoft auiarrct,& quelqucsfois près du iarret^
! tantoft au gcnoüil & quciquesfoisfous le genoiiil II a
' peut-eftre entendu la veine du malléole , qui defeend
obliquement à la tuberofité interne du tibia , 6c eft en
cffcét alTf Z appaiente fous legenoüii. *
V. Lafurale quieft vne grande veine. Elle fe diuife
en rameau extérieur plus petit, & en intérieur plus grand,
1 &deicchef chacun d’eux en externe & interne. Elle fc
diftnbuë parles raufclcs du gras de la iambe. Elle fait
' furie dos du pied lemellantauec les rameaux de la po¬
plitée , ce diueis entrelaflement de veines qui paroift
■ fous la peau.
I VI. La grande feiatique fe donne en partie auxmul.
des du gras de la iambe, & puis feconfume en dix re-
- lettons, en donnant deux à chaque doigt.
Quant à toutes ces veines . il faut remarquer i. Q£C
I tous ces diuers rameaux enuoient dehors des reiettons
àlapcau, qu’on nomme cutanées,
2. tous CCS rameaux ne fetrouuent pas d’ vne raef-
mc façon entousles hommes , comme nous auons dit
I parlant' des bras. Et que les veines ne gardent pas le
I mefmc chemin 6c la mefmc continuation aux pieds
d’vne mefmc perfonne.
I h Qj^il ne faut choiftr fcrupulcufement les veines^
mcfines en la faignée de celles du pied , puis qu’elles de-
tiuent toutes d’vn mefmc tronc.
M m m
SECOND TRAICTE’
DES ARTERES
Refpondant au
LIVRE SECOND
1De la Moyenne Cauité ou du
T' borax.
CHAPITRE L
IDes Arteres en General.
«’Artcrccftainfi nommée par les Grecs,'
parce qu’elle contient & conferuc l’air
oul’crprit: Les Anciens, comme Hip¬
pocrate , P.lato» Sc Hrifiote appelloient
artere K Jijjletdft poulmor y <\n Hippocratt
a aufli nommé h grande artere, Galien
fait cette diftiruftion , il appelle afpie-artere lefifflet du
poulmon , & nomme attetes polies , celles dont nous
pat Ions, qü’ Hippocrate nomme petites artei-cs,& Jrifiote
tantoft veine aorie , & quelquesfois fimplement aorte.
fi ce Or r Artere proprement prifeeft vne organe coniinun,
rtere, Eond en long, oblong, creux, comme vneflafte,compofc
d’vne double tunique, qui lort du cœur, & qui cft propre
pour porter le fang & rcfpnt vital,
Sacaufe ej^ciente cii vne vertu particulière propre pour
Des Arteres] 4/^
engendrer les ancres , qu’on peut appclier ancrifi.
La Matière dont elle fe forme, eft la femence glutineu-
fe, & pins froide, félon ///ppocrrffe, qui eft fon principe
d’origine.
Le cerneau n’èneft pas le principe de difpenfation, Em»r
comme Pelop Précepteur de Galun a eftimé , mais le i'knptù
cœur, ruiuanc le confentement de tous les Philofophes
^ Médecins. Les arrêtes ne naiflent pas de ce ventricule
fCioytr\cp Arifigte ^ feint, & qu’il s’eft imaginé, d’où il
veutqueforteraonejmaisdu gauche Par ainfî la grande
artere naiit du cœur , comme aufli l’artere veineofe &
la veine arterieufe ; Mais celle-cy vient du ventricule
droit, dont nous auons parlé au lime fécond-
hzfn ou l'vfagei. Elles portent comme des canaux.Ic
fang & l’elprit vital ou arterieux, qui aefté fait au cœur
(cari’efprit n’eft pas feul dans les arrêtes fans fang) à tou¬
tes les parties : I. pour leur donner la vie ou la faculté vi¬
tale, afin que l’erprit vital, & la chaleur naturelle , qui eft
dans les parties , ibic conferuée &: entretenue 2. afin que
refpnt animal foit engendré au noble ventricule de la
moelle.
1. Par leur battement & leur pouls continuel, elles ont
cét vfage, i. afin que la chaleur naturelle des parties s’e-
uentejferefroidifte &:fetempcrc,& que par ce moyeu
le tempérament de la chaleur foit conferué. Ce qui fe fait
par l’air , attiré en la dilatation des arteres, à caufe du
vuideiEtmefmes, afinqucle fang des veines aufquelles
elles fon rioin CCS, nefe repofe&nefe corrompe, comme
les eaux croupilFantcs des eftangs. i. afin que lors quel¬
les fe refterrent , elles expriment les fuliginofitez qui
S’engendrent des humeurs.
Ce mouucment des arteres qu’on appelle Pouls, n’eft:
pas caufé par vnc faculté qui foit dans les arteres, comme
^raxagorAs di'^oyiXxx^ ny auflî par la ferueur du fang,
comme yfr/;/?ofrapenfé. Car fi cela elloit,les arteres vol-
fines du cœur fe dilateroient plutoft ; mais par v ne facul- /, ^ohU. .
Mm m ij
460 Second TraîBè,
té qui clecoiilc du cœur dans les tuniques dei ancres - '
cft puis après excitée par l’efprit contenu dans la cay,^
desartcres. Car vnc partie del’artere eftant interceptée
par quelque lien, ne fe meut pas au delTous de luy,
ce qu’on l’ait ofté. loint que les arteres fe dilatent & fç
relTcrrent, félon la conftriétion & dilatation du cœur
Comme cela fevoid, appliquant vne main àla région dû
cœur, & l'autre au carpe, & en la dilfeélton d’vn animal
viuant, [ & aux blelTeures du cœur, & des artères. ] C’eft
pourquoy bien trompé, quand il a dit que
les arteres fe reilcrrcnt, lors que le cœur fe dilate, & au
contraire.
La ferme paroift par les accidens, encore que l’arae
foitla forme fubftanticlle de rartere, aufli bien que de
tout le corps,
• ‘Sa fituatien efl; plus profonde & [ toujours ] fous les
veines, afin qu’elles foient en plus grande feuretc,[& ce¬
la non feulement aux parties externes, mais auffi aux in¬
ternes, fi vous en exceptez l’abdomen v-n peu audelTous
des reins: car après que la vcine-caue & l’aorte quidc-
feendenr du diaphragme, ont pafle la région des Reins ,Ia
cafie fe plonge fous l’aorte par toute la région des Iles,
iuûues à ce qu’elles forcent de l’Abdomen : car alors l’ar-
teie fe cache derechef fous la vcinc-cauc, de quoy Plem‘
|)/«j s’imagine cette raifon , parce qu’il feroit à craindre
autrement , à caufe que le corps fe plie fouucnt en cet en¬
droit, que la veinc-caue qui n’aqu’vne firriple tunique, ne
pourroitpas rcfifterà ce mouuement.]
Lz grandeur eft aifez confidcrablc : mais la plus grande
partie de l’artcrecftladefccndantc, delà plus petite la-
feendante , à caufe du plus grand nombre des parties in¬
ternes.
Le nombre eft plus petit que celuy des veines.
Ufig \Hre eftfemblablc à celle d’vn canal,ou d’vn tuyau?
c’eft à dire qu’elles font rondes & longues.
Quant aux orifices ^ quelques arteres fe terminent aux
wucltins,par le moyen defquellcs fefait l’attraélm Ô£ 1 ex-
f Des Artères.
' : les orifices des autres abàutiffent k la peau , par
giil’air externe ell; attiré ,& les fuliginofitez font chaf-
fées. [ Plateyfts a afleurc qu'elles ne s’infetent pas aux os,
piais a remarqué à Padoué en vne grande carie
Je l’os tibia, que la fubftance de l’os eftoic percée par
ype petite artere. Ce que Arijiote auoit peut-eftre veu
aufli 5 altérés aboutiffcnc à vne partie
folidc. ]
plies font couuertcs quelqucsfois comme les veines
d’vue eCpaifCe ôc commune, qui vient despar¬
ties voifincsj quand elles font hors des vifccres & des
mufcles. Ces arteres qui ont vne membrane coniointe >?» /« arn
qui reçoit les nerfs,ontfentimcnt. D’où vient que Galie»^^.^
dit que le pouls s’enflamme & que l’arterefent & a dou-
leur [ ce qu’vn certain a expérimenté à Padou’é à vne
artere interne , qui mourut d’vne grande douleur, à l’en¬
tour des lombes , & qui engendroit des pierres comme
des ongles dans les arteres lombaires'. ] Mais les autres
arteres n’ont point defentiment.
La fuhfiancc des autres eft membraneufe , afin qu’elles
puiffent le dilater &refferrer plus que les veines,
î’a Creuë cartilâgineufe , parce qu’il a remarqué qu’elle
dégénéré en vne fubftance ofleufe ; Ce que Feslingius a
auiîi veu en la grande artere au dcffiis des valvules près
du cœur d’vn vieillard. Toutesfois Celombm ertfeigne
que plufieurs parties non cartilagineufes dans lefeptura
du cœur, fe changent en os. ] Mais elle cft compoféc
de deux tuniques particulières.
I. L’Exterieure cft déliés, molle 84 rare, comme la tu¬
nique des veines.
II. L’autre interne cft denfc , dure & fort efpaifTc, ï
fc^uoir cinq fois plus que la tunique des veines: D’où
vient cpiHerophile a dit que les arteres font fix fois plus
cfpaiflés que les veines , afin qu’elles ayent alTez de force
dans le mouuement perpétuel, & aufli afin que le fang
fubtil, fpiritueux 8c vaporeux contenu dedans, ne s’e-
uaporc 8c ne s’exhale promptement.
Mmm iij
i Second TraiElé^
Catien adiôufte vnc troifiéme tunique en UfupçjC .
interne, quieft fcinblablc acaulc de fa fubnhté aux
les d’araignée, 6c qui paioift aux grandes artères presse
leur origine.
C H A P I T RT~Tir^
DuTronc ajeendant de la grande artere.
LAdiftribution desarreres qui accompagnent prefqtîc
toufiours les veines, fera plus aifée Ôc.jplus courte
parcesque celle des veines a efté défia expliquée cy-delTus'
La grande ou groffe artere, mere de toutes les autres'
fort par vu ampleorifice , du ventricule gauche du cœur*
où elle engendre dans le péricarde, l’ Artere
Coronaire qui euuirone la baie du cœur , & qui efttan.
toft fimplc& tantoit double: Puis cftantfortie du péri¬
carde , elle le d uife en tronc afcendant plus petit, &
defeen "ant plus grand.
Le plus petit tronc & fupericur marchant fur la tra¬
chée, pouruoità toutes les parties qui font placées au def.
fus du cœur, & fc dmile en (ous-clauier droit, fuperieur
ôc plusample,&en gauche qiuafon origine plus bas,
& qui va au bras plus obliquement,
Apçes tout le tronc appuyé fur la Fagoiie , fe diftribuc
en deux Carotides ou Joforales inégalés qui tendent
droit en haut.
^ne'ct$ foxs claHitres denant qu’elles forte nt dü
Thorax (car en citant forties elles fc nomment axillai¬
res ) elles produifent de la partie inferieure les /»w-
cofiales fnperieftres pour les trois ou quatre interualles
des colles fuperieures : Et de la partie luperieure, i. les
h MftfcnUs.
Thoractaue inferieare &
infcrieuiede 1 axillaire, de-
. i thtimerale de la partie fu-
l'crieurc. Lereftc de l'axillaiic va des deux collez au bras.
Mammaires a. les Cervicales ^
La Thoracicffte/uperieHre. la
fcapuUire nai fient de la partie
uant qu’elle ai riuc au bras , &
Des Àrterés^.
46Î
Explication de la Figure^
0c rcprcfentcle tronc afccndant de la grande artère;
& vne portion du tronc defccndaniauec
fes rameaux»
A. l'Orifice eu U commencement de U grande artere tpar
ou elle fort du cœur.
^.'S) les deux coronaires»
C. U diuifien de la grande artere en deux troncs , l'afcen*
dant. V. ^ le defeendant i.
D. la fous- clauiere gauche qui monte obliquement en hâftt
vers les cofies.
E. îintercoflale fuperieure.
F. la ceruicale qui va au crâne par les Apophyfes trans-
uerfes desvertehresdu colt donnant des rameaux k la
moelle &aux mufcles voifins»
G. la Mammaire gauche qui va fous le fierneu aunombril.
H. laMufcule qui va aux mufcles pofierieurs du eol.
les fcapulaires pour la cauité de C omoplate & aux mup
clés qui font couchez, dejfus»
K. l'humerale qui monte au fommet du bras.
L- U Thoracique fuperiestre.
là.» la Thoracique inferieure j vn petit rameau feprefenU
entre L- & M. qui va aux glandes de l’aijfelle»
N. t artere axillaire qui va au bras ^ donne des petits ra¬
meaux aux mufcles du bras.
O. fon rameau qui vaaufiege externe du coude & qui efi
caché profondément.
P-P. /w petits rameaux a t articulation du Coude attec
l’humerus.
^^le rameau fuperieur radical de t artere quife porte le
long du rayon & difirihuant des reiettonsaupoulce , a
l’indice , au moyen ^ au voifinage , qu’on a accoufiu-
méde toucher, où celuy cy efi coupe,
le Rdmeau inferieur cubital qui feporte lelong ducoude
Des Arteres. 46 f
qmcommiim^fte des reiettons m ptH doigt nttstH*
laire & ah moyen-
V. le tronc de la grande antre qui monte au gojier est efi
Ja dinifion- X.Y Z.
X. U carotide OH fopor ale gauche i
y. la fous- claHiere droite Je diuife en mefmes reiettons que
la gauche- D.
Z. la carotide droite-
i. la diuifton de la carotide gauche à la gorge-
b. le rameau extérieur de la diuijton pour la face , les
temples y &les parties poferteures de t oreille-
c. le rameau interne au larynx y a la gorge y & a la la»’
gae.
Lla diuifm de celuy cy en deux rameaux à la hafe du
crâne.
t vn reietton du rameau b. pour les mufcles de laface-
i la difiribution du rameau h. fous la racine de l'oreille.
g. h. le rameau anterieur deeetüy-cy rampe fur les tem¬
ples y (Jrle poferieur h., fe porte le longdes parties pefiéi'^
Heures de l'oreille fous la peau-
i. le tronc dépendant de la grande artere-
k. k. k. les intercofialés inferieures pour les efpdces dés hui^ :
cojtes inferieures- .
l. la phrenique.’
la mefenterique fuperieure» Il faut remarquer dejfus
le tronc coeliaque qui efl ojîe' > afin que la multitude
des lettres ne donnafide la confufion dans vne fi petits
figure.
*-^-l'Emulgente droite & gauche ^ .
K- K- lafpermatique aux deux cofié\ pour les teflicules.
U mefenterique inferieure k gauche au defous de ft. qui
’oa principalement au colon de ce cofte'i
V-'V- les lombaires qui vont tranfuerfalement & de notuden
nœud aux vertèbres > donnans des petites hr anches
aux muj'cles adherens & au péritoine.
£h b.tf lamufcule fuperieare quiva aux eofiez, aux
tuufcles de l'Abdomen.
Nna
466 Second Traîüèy
7. V. U diHifton de la grande artere en deux trenci HUqu»
dr aux cofleT^t mais en-dedans 3 les petits rameaux qu'
confiituent les facre'es. * *
le rameau iltaejüe interne.
o< U mufcule inferieure : vn reietton extérieur du rameau
externe four les mufcles qui couurent l'os des des efr U
hanche-
l‘hjfogaftrique 3 le reietton interne du ratHeau interne.^.
J. f . l artere vmbdicale.
<•. le rejedu rameau l. quiprenant me portion du rameau
externe près de & le trou du pend , defcend à la
iambe. ^
7, l'Efpigaftrique monte en haut au mufcle droit de fabdi-
ment ^feioint auec la mammAire3 près du nombril. "
1
i
CHAPITRE III.
Des Ancres Cmùdes,
LEs Artcres Carotides montent droit ilatcftc le long
des coftez de la trachée, cftans attachées auxiugiu
laircs iniernes:Cat les veines externes ne font pas accôpa-
gnccs par des ancres, Quand elles viennent à la gorge dc-
uanr quelles entrent au crâne, cllcsdonncnt des petits
rameaux au larynx & à la langue. Apres fefaitladiuiflon
en rameau externe & interne.
L‘externep\\x’& grcllepouiuoit aux ioues & auxrouf-
elcs delà face : Apres il fc fend en deux rameau* *
racine des oreilles : l’vn cft difttibué aux parties pofte*
rieuresde l'oreille, d’oùfortent deux rameaux qui en¬
trent à lairarchoire inferieure pour la levte& toutes les
racines des dents inferieures ; l’autre pour les temples»
ic front & les mufcles de la face. ,
V Interne conftituë larcts admirable à la felle deloS
fphenoide fous la durc-mcrc , & puis pafl'c la dur?'
Dti Artem.
0cre,S( enuoye acux rcicrtons,Ie i, plut petit aucc lo' '
pcrf yeux. Le i. plus grand c[xi\ monte
,u cotte delà glande pituitaire , & qui fc difttibuc pat
la^pie-racre &la fubftance du cctueau.
CHAPITRE IV.
Des Artères de toute U Main,
L’Artcrc Axillaire defeend par le bras entre les muf-
cle$, aucc la veine & le nerf du bras , qu’on tient
pour le quatrième.
Ellefe diuife fous le pli du co ude en deux grands ra¬
meaux fuperieur & inferieur.
Le Supérieur fe porte du lôg du rayon droit au carpe, où L< Utu eh
les Médecins taftent le pouls : Puis s'auançant fous le
ligament annulaire , elle enuoye des rameaux au poulce,
à l’indice & au moyen.
L'Inferieur fe traînant par le coude , va au carpe : Il
pouruoit au doigt du milieu , â l’annulaire 6c au petit
doigt , 6c va au carpe , où nous Tentons en bas le mou-
uement defarter^ur tont aux maigres 6c en ceux qui
ont le pouls granlrMais nousfentons mieux le pouls
du premier , parce qu’il cft moins caché fous les ten¬
dons.
CHAPITRE V.
Du Tronc de/cenda»t de ta grande ArterC'^
Le 'Tr^nc defeendant de l’aorte, eft plus grand , parcô-
qu’il diÆribuc des ramtaux pour le ventre moyen 6c
pour rinfdicur 5c pour les ïambes.
Doux aitcres naittent du grand tronc au Thorstx o\i
centre moyen.
Nnn ij
Second TralStêy
I, Les pour les cfpaces des Kuiô
coftes inferieures &lesraufcles voifins. Car il arriucr”
rement que la veine azygos ait pour compagne vne a*'
tere fans pair , qui naifl'edu tronc. [ Le pus & l’eau qui
s’amalTe au thorax, eft tranfportéc,rinous en croyons
Spi^elius.à&nsh grande artere par ces intcrcoftales^&de.
là par les rameaux cmulgenîs à la veflie. Cette opinion
s’accorde fort bien auec laraifon, parce que le cLctnin
«f£ plus court, & que la matière ramaflee ell plus aifément
emportée par les arteres ; adiouftez àcela , quele pus fuit
pluftoft Je mouuemcnt naturel dufangarterieux que ce-
luy du veineux.]
II. La Phre»i<^ue pour le diaphragme & le péri,
cardé.
La partie qui refte du tr^nc, pénétre la fente dii dia-
sphrâgrac,& enuoie desrameaux dans le ventre inferieur,
dont les vns accompagnent les rameaux de la veine- por¬
te, & les autres les rameaux de la veine -caue. Ceux qui
accompagnent les xameaux de la veine -porte , font
trois.
Vjlftere Cœliaque M Mefenterique fupemure & l'in-
ferieure-
La Cœliaque cfb ainfî nommée, garce qu’elle enuoye
rplufieuts rameaux au ventricule ; fort antcricurc-
mcnt de l’aorte,fouftenuë fur l’ épiploon ^ & fc diuifcnt#«
rameau droit plus grefle , & en gauche plus ample, qui fc
ioignent ilavcinc-porredans Iepancreas,fousIa région
poftciieure du ventricule.
Le droit montant àîa partie-cauedufoye,& s’eftaat
vn peuauancc , engendre par la partie fupcrieurc la ga-
ftriqucdroitej&lesdeuxcyftiques.&parrinfericurcl’c-
piploiquc droite, hnteftinaleSc la gaftroepiploiquc droi¬
te, à l’imitation de la veine- porte: C’eftpourqjUoyilf«it
répéter icy ccquenousauons dit en cét endroit. Lcrefto
du rameau droit va àlafuperficie caue dufoye.
Le gauche ou l’artere jplentque eft plus grand que le
droit, afin qu’il ne foit bouche aifément par les hume^*
t)ei Artemi 46^
cràïleSjSf qu’il diftribu'é fuffifamment l’efpnt vital à la
p.atc. Cette artere accompagnant la veine fpleniquc,s en
vaàlaratepar vn chemin tortueux & oblique, & puis
icfpand des rameaux de la mefmc façon que la veine
fplcnique.
La Mefcnrerîque fuperieurc fc diftribuë prefquc à tout
lcMeicntere,& conftituë les arteres Mefarai^ues auic. /trufèt
iunum, à l’Ileon , & à vnc partie du colon : [ dont TyLage Mefavai-
eft. i.de commurliquer la chaleur naturelle au parties ques,
voifincs ,& à celles où elles s’inferent , & de purger les
fuliginofitez. z.-de rcccuoir dans les maladies les cxcrc-
mens de tout le corps, comme les veines mefaraiques,
pour les porrer aux inteftins: eft rAutheut de
cctvfage.] 3. tllesferucni pour attirer le chyle, comme
il eft manifefte , fl on confîdete, i. leur continuation, i*
leurs fins , 3. ce qu elles contiennent ,4. fi on a é^ardà
îauthorité de Galien [ au Liurc 4. de Tvlagc des Parties
Chapitre 17. & au Liure oùilmctcn queftion,s’ily adu
fang dans les arteres , Chapitre, 5. ]Mais elles n’attirent
pas le chyle au cœur , comme veut Varolus , car les val¬
vules rempefehent , & le chyle n’eft pas naturel au cceur-î
[Ny aufoycou à la Rate, comme d’autres eftimcnt,par-
ce quelles portent à ces parties l'efprit vital feulement,
•&qu’vne feule petite artere s’implante feulement au
foye. Le chyle n’eft pas non plus tranfporté des arteres
dans les veines, comme penfe Spigelms , mais elles le por¬
tent à la cœliaque. Mais ces arteres ont vn autre vfage,
fuiuant les loixde la circulation, que vous pourrez voir
dans les lettres de f^valans. ]
L’inferieure fe diftribuë à toute la partie inferieure du
mefentere, & à la partie gauche du colon.
Mais les autres arteres qui accompagnent les rameaux
delà veine caue, font les fuiuantes, excepté la roefente-
tique inferieure. Car les rameaux fortent en eét ordre de
h grande artere dans le ventre inferieur, i. La Cœliaque.
2.1a Mefenterique fuperieurc 3.rEmulgente. 4. la Sper¬
matique. 5. la Mefcnteri que inferieure. les Lombaires,
N nu iij dont
Dts Artms,
Explication de la Figure^,
Elle reprefente les Artères crurale*.
y, U honteufe ranime tranftterfalement fur l'os fuhit,
p. U tronc de U crurale hors du feritoine.
la mufcule crurale externe pour les mufcles anterieurs
de la cuijfe.
la mufcule crurale interne pour les mufcles internet
de la cuijfe.
a. la conionBion de celle -cy 4uec le rameau iliaquéy
r. la poplitée pour lés mufcles pojlerieurs de la cuijfe.
AÀ. la furalequi communique des petits rameaux a l'arti^
de du genoUil, & aux mufcles q ui conjtituent le gras de
la iamhe.
0, l'artere crurale qui va au Jîege poflerieur du tibia.
g. la tibiale externe qui accompagne le péroné» ^ qui fi
confume aux mufcles.
S. l'artere qui va entre l'os du taloni dr le malléole interne^
aux parties inferieures du pied.
n. l’artere qui va aux parties inferieures du pied , qui
fi rejlechit quelquesfots entre l’os du talon (^le malleo*
le externe.
♦./« petits rameaux du tibia ^qui font propres aufsi a l'at^^
ticle de l’os du talon.
•f - vn reietton qui va aux parties fuperieures du pkd.
Ê* la dijiribution des ancres au fiege inferieur du pied.
dont on penfc que deux artères accompagnent deux vei¬
nes au cerueau. 7 la Mufcule fuperieure.
Après ceh Caorte monte fur la vcme-caue,au commen¬
cement de l’os Tacté , & n’ett plus lous elle , de peut que
heurtant contre 1 os dans (on mouuement perpétuel, clic
ne feblefle. On la nomme en cét endroit,
IliaqueyOxitWc fe fend, comme la cauc, endeux troncs
Iliaques ,& chacun de ccux.y en intérieur plus petit, &
Viopx. U
figun der-
niert dis
mfi.
'472 Second Traité ^
«xtericur plus grand , qui vont à la iambc.
Mais dcuanc qu’ils foicnc cruraux, ils cnuoient A
deux codez fîx rciettons ; la Sacrée i incontinent fom î*
diuifion. Du tronc intérieur naiflent h ntufcHle tnferie * ^
FhypegafiriqHe S)i\es arteres vmhilicales : 8c de l’extcricur’
l^epignfiriijHeicl^hoHteHfe, Lcrefte de i’arterc fe porte l
iaiambe ,&condituë les artères crurales. *
CHAPITRE VL
Des Ancres Crurales,
L Es artères Crurales conditucntdes deux codez ces
arteres :
Deffus le iarret de la partie extérieure du tronc, fort
là mttfcttle crurale externe ^ pour les mufcles anterieurs
delà cuide , & de iinterieurc , la mnfcule crurdé interne^
pour les mufcles internes de U cuilTe ; & celle-cy fc
mefle au genoüil auec le petit rameau de rhypogaftri*
que.
5ous lè iarret naiiTent-trois rameaux»:
Le premier cd le Poplitée , pour les mufcles podericurs
de lacuifle.
Lez. le qui fe diuife en tibiée externe , pofte*
rieur, fuperieur , & en poderieur inferieur pour les muf^
des du tibia.
Le 5- Içrede fc confumc.^upetic pied, &: àfesdoigtSi.
JBx^lkation
Des Arteres,
475
%
Explication de la Figure,
Elle monftrc comment les veines accompagnent
les altères.
Diaphragme.
B. v»e portion du péricarde attachée au diaphragme,
C. le cœur dans fon fege. D. D. D. D.bs quatre lohes dfS
pgulmons.
F. la partie eonuexe dufeje. G. fa partie^cau^
H. la ’VeJfte du fiel. P . Q^es Reins.
T, le tronc de la njeine-caue entre le cœur lefoje.
V.X. les veines & les arteres coronaires. Y. la pointe du
cœur.
a. la veine caue s' ouure dans le cœur par cette partie.
b. c. les oreillettes du cœur.
à.la veine arterieufe.c,e. les petits rameaux de la veinear^
terieufe & de Cartere veineufe qui vont-au poulmon. î,
le tronc de l’artere aorte.
%.[on tronc defeendant. h. fafeendant,
K.iles arteres.carotides. ta. Maxillaire.
n.n. les nerfs phréniques, o. le commencement de la veini
^^Jgos.
p. la diuifion de (a veine- caue près du gofier-
q- la veine mammaire, r. la veine intercofiale.
^•C la veine ceruicale.
le premier finus latéral du cerueau.
U’U. t autre finus latéral, x. x. le troifieme fihus ou de la
faux. *
y* le quatrième finus. z %. là veine axillaire.
«. la veine humerale.
y- l'vne (fr l'autre Thoracique. «P. la iugulaire interne.
•' la dijlribution de la veine iugulaire en rameau interne
pour les finus , cfr vn autre qui va a la dure- mer e par
le cofié gauche.
vl^iiugulaire externe. Sa diuifion n. aux oreilles, ô. aux
O O O
fommet de la tefle ,ik la face ^ att
front ' . AH deuxième finus du cerneau h- à la dure-mere
dff cerueau (i.
l’artere de la carotide ^ui difiribuë des petits rameaux
accompagnent la veine precedente.
vn rameau de la carotide pour le fécond finus du cer¬
neau &fa difinbution o aux narines v au cofié droit
de la dure mere f. vers le plexus o.r. aux jeux v,4 la
pie-mere)Alabafe du cerufau p.
V. le Plexus Choroïde le nerf de la feptie'me paire.
41. 2. l'vn é't autre nerf récurrent.
J. vn nerfa labafe du cœur. *
4. U vetne ejui va au col & au derrière dedatefie. 5 . k Pef-
paule. (y. au bras.
7. la veine cephah^ue Son rameau. 8. vn autre pour
conftituer la Médiane 9. e^ui ont mamfefement des
arteres pour compagnes.
a a. a* le petit rameau radial de l’humerak.
b. c. d les petits rameaux de l axiHatre ^pourlapeau & les
mufcles du coude. •
c. f. le rameau plus profond de Maxillaire que tartere ac¬
compagne par tout.
g. vne portion de ce rameau, qui donne vn reietton au
poulee , k l'indice (dr au doigt du rndieu.
il vn rameau cubital.^ p.la veine Bajîltque. !• vn rameau-
pour faire la médiane, m. la veime proprement dite
commune s, vn petit rameau qui en fort pour la main
externe.
s. vne portion de U veine vmbilicale»
I. le nerf du foje.
S S. s. le méat cholidoque.
t. le tronc delà veine porte.
V. tartere qui s’ ejiend au foj/e.
X' les petites veines cyftiques.
l'artere coeliaque, p.la mefenteriqut.
s* le trou du diaphragme que laife pajfer l'Oefo*
47^ Second TraiBé , des Ancres]
t. le ligament gAuche dnfoye , par lequel U efi attachera
diaphragme.
V. l’artere aorte ^uipajfe le diaphragme dr <^ui luj J
des petits rameaux- ^
«. les arteres&les veines emulgentes.
|3. y- l'vne é" l'autre veine adipeufe.
i'.i- les deux vemes fpermatiques -
l’ origine des artères fpermatiques» j
K . tartere fpermati^ue gauche- ' \
a. a- les veines & les arteres lombaires-
b. ladiuijton de la veine-caue et de l’artere aorte en ra.
meatix iliaejuss-
c- les petites arteres facrees.
d. le rameau interne & externe de l'Iliaque'^
ç- là veine glute'e, f. Chjpogaflrique.
g. l'infertionde l'artere vmbilicale aux arteresUiaqms,
y. le refie du rameau interne iliaque qui fie dtfiribue aux
mufcles de la cuijfe.
troisiesme traicte* I
des nerfs
Refpondant au
LIVRE TROISIESME
‘De la Dejle,
CHAPITRE I.
Des Nerfs en General
E ligament & le Tendon font quelques- Les fignifi-
fois appeliez nerf parles Anciens: Mais
ce nom conuient proprement à Torgane
commun qui porte aucc refprit animal
^ la faculté mouuantc &fenfîtiuc.
p'tlTVw Le nerft^ donc vn organe commun, Qj^e^-ce
rond en long , deftiné pour porter aux parties la faculté iue mrf.
animale par le moyen de refpritanimal.
Sa caufe efficiente eft la vertu ncruifique.
Sa matière quieft fon principe d’origine félon Htfpe-
crate , eft la partie gluante & froide de la femcncc ef-
chaufîée , mais non pas brufléc ; Et félon Galten c’eft
vne matière blanche , craiïe & gluante.
Le Principe de difpcnfation, ou la partie d’où les nerfs prirnipe
prçnent leur origine immédiatement , eft la moelle pro-
O 00 iij
478 Troifieme TrdEié^
longée qui eft en partie dans le crâne & en partie J-"
hors, dans I cf^ine. Sept paires de nerfs félon l'opinioâ
commune naiflent du cerueau dans le crâne , & trent
dans l’efpinc. La vérité de cette opinion eft confirmé*
non feulement par larelTemblanccdcs fubftances moël-
leufc & nerueufe, mais aiilfi par rexpcricncc oculaire^
^murÀ' K- Jlriflote a voulu que les nerfs nailTent du cœur.
xAnder , Auerroes & Jp-onenfis ont fuiuy cette opinion *
mais ils difent que cela fe fait par le moyen du ccrl^
ueau.
D’autres ont voulu queles nerfs n'eftoient autre cho-
fe queles veines & les arteres continuées & qui dege.
nerenren nerfs: Comme jadis PrAXAgoras,^ denoftre
temps C.tfalpims, Reutnertiéy ^ HofmAnnns & Martiamy
mais mal à propos, i. puis qu’il ne paroift dans leccr.
ueau aucune co niondion des arteres & des nerfs, i. puis
quVne artère blelTée ou coupée àla tefte, ne caufe point
de conuulfion. 3. parce qu’on voidla naiflànce diftrnâc
des nerfs au cerueau , comme des arteres au cœur.]
£rAjtfl-rate & eftimé qu’ils fortoient de la dure.mcrc.'
Plufîeurs Médecins alTcurent auiourd’huy aucc
Galien i<]\xe les nerfs nailTent les vn du cerueau, &les
autres delà moelle deTefpine. Mais l’expcrience ocu¬
laire réfuté toutes ces opinions.
La Fin & TvCagc du nerf eft, de porter comme vn canal
la faculté animale qu’il a reccue du cerueau auecl’cfprit
animal , aux parties •
I , Seulitiucs , comme les yeux, les oreilles > &c.
1. Mouuantes , comme les mufcles pour le mouuc-
ment.
3. A prcfque toutcslcs parties, afin qu’elles fentent &
connoilTent en general ce qui donne de la douleur.
Par ainfi les nerfs qui font inférez aux parties, leur
donnentjou Icfcntiment fcul , ou le mouuement feub
ou tous les deux: De forte qu’il ne fe fait aucun mou¬
uement volontaire ou ftntiment que par le moyen do
nerf ; D’où vient que le nerf cftant couppé, cette partie
Des Nerfs. 4^^
ç{t priuécincontiincnt dufcndn:ient& dumouucmem.
lies nerfs di*ie, donnent donc ouïe fcntiment ou le
jnouuemcnt aux parties, félon les organes où ils s’in-
ferent, puisque d’eux mefmes ils n’ont nyfentiment ny
piouuement. De façon que si’üs s’inferent aux mufcles
qui font les organes du mouuemcnt , ils fe nomment
nerfs moteurs, & fi c’eft à ceux des fens , fcnfitifs. Et
fouuent vnepaire de nerfs apporte le mouuemcnt & le
fentiment félon la nature de la partie, comme la fixiéme
I paire des nerfs du cerueau ainfi qu’on la nomme vulgai-
! • rement , fe communique aux vifeeres du ventre infe-
I rieur & du moyen , pour y porter le fentiment de l’at¬
touchement , & deuenant récurrent, il donne le mouue-
pent aux mufcles du larynx. Cette paire qu’on nomme
optique , donne le fentiment feulement parce quelle
s’implante aux yeux. Mais l'autre paire qui fe nomme
motrice, & qui eft auffi fortic de la moelle, comme la
première, donne le mouuemcnt, parce qu’il va aux muf¬
cles des yeux.
La fmation dcsnctfscft plus profonde que celle des
arteres,afin qu’ils foient en plus grande feurcté.
Leur grandeur eft diuerfe, fclonla condition des or¬
ganes , & la dignité , continuation J&c grandeur des
adions. C’eft pour cela que les optiques font grads. Ainfi
les plus gros nerfs font ceux qui font enuoyez aux parties
cfloignées, & à plufîeurs , comme font les extremitez : les
médiocres font aux organes des fens , parce qu’cftans
mois, ils ne pouuoiét eftre trop dclieziLcs plus petits font
ceux des parties voifincs, comme aux mufcles de la face.
On en compte ordinaircmentrrr»/^ é" fept pairesiàfça.
uoir fept du cerueau , que nous difons naiftrc non pas
du cerueau , maisdclamoellc ptolongéc dans le crâne,
& trente de la moelle dans l’efpinc. Nous comptons dix
paires, au lieu que les autres n’en mettent que fept. En
quoy il nous fcmblc que nous auons plus de raifon ,
comme le chapitre fuiuantle fera voir. Et ainfi il y a qua¬
rante paires de nerfs, félon nous : dix qui naiflént dam
îiltt nerfî
moteurs
dijj^erët des
NouuelU
opinion de
l’autheur
touchant le
nombre des
ntrfs.
4g0 Troïpme TrdBê,
le crâne , & trente dehors dans l’efpinc.
Les Anciens ont compte fept paires feulement de ce
quinailTentdanslc crâne, & ont voulu qu’ils fortiffen^
du cerueau: Ils font compris dans ce quatrain; . ^
Des nerfs le premier paire a la veue efl donne'-
jiu moHuement des yeux le fécond , le troifiéf^e
Au goufii & le fumant , au fin ejl defline'
Le Gincj , le ftx par tout s la langue a le fiptk'me.
Mais celle qu’ils comptent pour U troifiéme paire, e(l
v- double & diftimae, & la cinquième aufîi; Quelques- vns
ont compté vne paire dé cette duplicité pour la huidiéniQ
paire. Piccolominy^ mis huiél paires, neuf ^
nous dix, comme nous dirons cy-apres. ’
Or les trente paires delamoëllcdel’cfpine/cdiuifent
de la forte , le col en a fept , le thorax ou le dos douze (on¬
ze , félon d’autres) les hmhescinc^ ( quelquesfois quatre)
& l’os facre'£i:i-
L'vfàge de Tous CCS nerfs fortent des deux collez , d’où vient
cette doclri. qu’on les nommc paires des nerfs & coniugaifins. Il eft ne.
Medecîae ^ Medecin de connoiftre leurs origines &
^ ‘ leurs diftindions, afin qu'il fçache en quelles parties de
l’efpine, il faut appliquer les remedes tropiques, lorsque
lemouucmentoulefcntimentjou tous les deux enfem-
blefontoffcncczàla facc,au col, aux mains, aux raufclcs
de l’abdomen , au membre viril , au fondement , a la ma¬
trice, à la vclfic, &c.
U nerf t Q^ntàleur nombre ^ il faut fçauoirauffi que chaque
fans pareil, ntfrf afonpareiloucompagnom , excepté le dernier oulc
plus bas de tous , qui fort de la moéllc du dos.
Piurquoy des nerfs cil ronde en long, comme des ca-
les nerfs naux , mais fans cauité^ tout au contraire des veines &
cmité^^ des arteres ; Parce que cclles-cy portent le fang enfem-
ble aucc l'cfprir, & les nerfs l’cfprit feul fans fang.
Si les nerfs [-^iof^ï^lePerecncxeeptelcsnerfsdelavergejqu’ildit
optiques ^ cftte creux vifiblcment , ] & Galien les nerfs optiques»
font creux, qu’il veut eftte caues , & troiiez manifcitemcnt : Maisd
croitqucpour voir cela,, il faut trois chofes , à fçauoir
Nerfs. 481
que !• l’animal foit grand, z. Qu’il foit diifeqné incon*
^ncnt apres la mort. 3. Que l’air d’alentour foit clair SC
lumineux. Cornélius fiait cette opinion, & attri-
buë'a la cauicé interne des nerfs , vn pore vn peu plus ap¬
parent qu’vn poind.
^ Les autres eftimentqueceporc paroiftplusmanifcfle-
nient en ces nerfs optiques boiiillis, [ Fallofe dit que
Galien eftvenu dans cette opinion , parce que les nerfs
desfinges dont il faifoit la difTedionjfont tous trouëz;
Sfi^elms n’adinct ces cauitez qu’au commencement de
ces nerfs à l’endroit ©ù ils fe ioignent qui difparoiffcnt
apres lorsqu’ils s’approchent de l’œil.]
Mais Fefale , Eutachius ^ Coiterus nient contre Galient
que les nerfs ayent vne telle cauité , Sc prod.uifent la
delTus des expériences : Et veulent que tous les nerfs
fans en excepter aucun , foyent compofez de plufîcurs
fibres nerueufesou filamens adhcrensles vns aux autres
par des petites membranes. [ l’ay remarque auec lean
Leonicenus Anatomifte fort cxa'â:,que fi qndiflequele
tronc des nerfs près des hanches, on y voit comme vn©'*
cauité compofée d’vne infinité d’entrelailemens de fi¬
bres , comme des vermifieaux , au lieu qu’ailleurs le
corps eft continu & les fibres adhérentes & continues.]
On croit que lafubftance des nerfs eft de trois fortes:
l’interne blanche & mo'ëlleufe ( par laquelle l’aékion fc
fait commepar le centre) qui vient de la moelle du ccr-
ucau , mais qui eft plus compare & plus denfe: l’exter¬
ne eft la double tunique , l’exterieure qui eft plus dure
vient deladurc-mere, & l’interieure plus deliée, de la
pic. Ces membranes font la mefme chofe aux nerfs , que
la dure & la pie-mercau cerueau. Au refte cette diftin-
âion dcsfubftancesfetrouuepluftoftpar raifon que par
les fens.
[ Mr Des-C/irtes eftime qu’il y a des valvules dans
les nerfs, qui empefehent le reflux de l’efprit animal,
& qu’autrement les parties ne fc pourroient pas mou¬
voir. Mais ilfcmbleque lesefprits peuuent eftre retenus
ppp
Les nerfs
font durs
et* mois.
Leurquey
les nerfs
moteurs
font flus
durs}
S'il y » des
nerfs odo~
viens î
4^2 TmÇime TraiBé^
dans les parties, fi l’atne qui adreffe les efprfts ver
valvule J les poulie iufques aux parties mermes. T * *
Il faut fçauoir maintenant que tous les nerfsncf
pas egalement durs ou mois. D’où vient que les ne
félon (j4//e» font les vns mois & les autres durs. IlnojJi*
inc les premiers fenfttifs & les autres moteurs. Or la na”
turc rend les nerfs plus durs.
I. A caufe de la fvoduflion , comme ceux qui doiucnt
s’edendre plus loin, ou pafTer par vn corps dur, ou pa
vn chemin oblique: Ils deuiennent plus durs, tant plujjjj
s’éloignent 4u cerueau. C’eft pourquoy les nerfriela
veuë, du gouft & de l’ouye qui font courts , font plus
mois, mais ceux de l’odorat font les plus mois de tous
1. A caufe de Vvf âge ■ Car on croit que les durs font
plus propres au mouuement,& les mois au fentitnent-
D’où vient que les organes desfens onttcceu des nerfs
mois ,afin qu’ils puiflënt eftrc affedez & receuoir l’im-
prefSon del'obied fcnfible externe. Or toutes les par¬
ties qui ont vn mouuemcnt volontaire , ont receu les
nerfs plus durs , parce que ce qui eft dur, cftplus propre
pour agir & ce qui eft mol pour patir.
CHAPITRE IL
Des dix paires de Nerfs cjui naijfent dans
le crâne de la moelle prolongée de
leur continuation.
La Première paire félon nous eft deftinée pour todo‘
rat , dont les produdions fe nomment mamwilUires.
Or ces produdions ont efté allez cogneues de tous :
mais les nerfs par Icfqucls elles font lices derrière &
prelque continués , n’ont efté cbgnus d’aucun ou de
peu deperfonne s
Les nerfs forcent de la moclie près de la Celle de l’oJ
T>€i Nerfs, '4S3
/•phenoide, & ont la continuation ,1a couleur Sclyfago
(les netfsjc’eft pourquoy nous les mettons au nombre
^cs nerfs :
Car on ne doit pas leur ofter le nom de nerfs, à caufe
qu’ilsnefortentpas hors du crâne & de la dure mere,&:
qii’aprcsclleneles reueft pas : autrement tous les autres
nerfs» tandis qu’ils (ont dans le crâne, ne deuroient pas
edre nommez nerfs ce qui eft ablurde.
La nature a ioin6tàces nerfs deuxportions dures, &
vnpeuefpaifles , qu’on nomme les Trodu^ions Mam-
PfUlaires & papilUirest
Qui (ont deux blanches, molles, larges, oblongacs, plus
déliées & plus petites aux fem mes , plus grandes aux be-
ftes, fur tout aux chiens, & aux animaux douez d’vn
odorat exquis. Car l'vfage de ces ProduBions eft , afin
qu clics foicnt les véritables organes de l’odorat , non
pas le nez ny la tunique,
Cesprodudtions (ont logées àla partie anterieure dii
cerue, au , apres l’os cribreux, fur lequel leurfacceftpla-
céc , apres qu’il a cfté reueftu de la dure-mcrc.
LayfcoWr/)<ï/>e,quieftla première, félon les autreSj eft
ÎOptiejue ovivifuelle nommée, parce qu’elle porto
auxycuxleselprits vifuels Herophile la nomme les
ou conduids optiques , parce qu’on penfe qu’ils iont
caues.
Les nerfs fontles plus grands, les plus gros, maisaulfi
les plus mois des dix paires.
* Ilsnenâiftcncpas de la partie anterieure de labafedu
ccrucau , comme on croit vulgairement. Car il faut cher¬
cher leur origine plus loin vers le derrière de la cefte , où
ilsfe porter entre le cerueau & le principe de la moelle da
Icfpine , & prennent leur origine du principe des pre¬
miers troncs de la moelle prolongée , qui naiftent du ccr-»
«eau , c’eft à dire où 1» moelle commence à fe pro¬
longer.
Mais quand ils ont vn pcuauancé, ils s’vnifTcnr preL
^uc au milieu du chemin, fur la fellede l’os (phenoide,
fpp'j
prod».
üios nmm-
millairts.
Vor^ane
de l’edorati
Erreur des^
autres tou¬
chant l'ori¬
gine des
nerfs optii
epues.
La vérita¬
ble caufe de
l’vnion des
eptiiues.
4^4 Troijtéme Traifté,
non pas parvn fimple attouchement ou interfeaion
l’homme , mais par vnc entière confùfion delafubftance^
afin qu’ils foufFrent moins au milieu du chemin, à caufe
de leur molIelTe. [ Lofelius les a remarquez quelquesfoij
diuifez dans tout le chemin,]
Us fe feparent incontinent apres ,& fortent hors du
crâne vers le centre des yeux en l’homme, & aux belles
beaucoup plus bas, àcaulc qu’elles regardent plus vers
les coftez.
Ils fontcouuerts dans le crâne d’vne membrane déliée
feulement , mais depuis les trous par où ils paffent aux
yeux, ils font auflî rcueftus de la dure-mere.
La troifîéme- paire, quieft la fécondé, félon les autres,
eftlawomVedeyeux, voifinede la precedente.
tmui des Le viiîgaire des Anatomiftes cftime qu’elle naift du
autres tou. cerueau,prés de l’origine de la première. Mais clic ap-
pj^ochelefiege moyen de latefte, ôcs’aüanceau delToiis
nerfs mou- optiques, faifantlà vn croifement,&
^ans. AT/ïz/à la partie plus interne du principe de la moelle
'Tour§uof "^olongée, où en nailFanr, ces deux nerfs moteurs s’vnif-
vn œd fe pept coftez,en forte qu’ils fe touchent mutuelle-
Vmtr^rè & ^ont mefmes continus i Ce qui eft caufe qu’vn
meut MHjft- ceilfemouuant, l’autre femeutauffi.
Veure^uoy le Cctte paire eft moindre & plus dnre que la precedente,
mufcletem. gj accompagnant l’optique , fort par les autres trous du
Idélffïnfl les mufcics des yeux & des paupières. Ellcen-
VœUreft vn rameau au mufcle tcmporafiD’oùvient
aufft ijuel- quclqucsfois que ccluy-cy eftant offenfé, l’ceil l’cft aulTi,
cj^uesfois ? & au contraire.
La quatriémeiCinquiéme» & Jîxiéme paires font extre-
• incmcnt confondues par les Anatomiftes. Car les vns
font vnc feule paire de la quatrième &cinquiefme, qu’ils
nomment la troifîéme-paire, compofee de deux racines,
de la plus petire defquelles les autres font la troifiéme , &
tiennent la cinquième Sc fixiémc pour vne feule paire,»
fçauoir pour la quatrième. Or ceux qui la comptent
pour vnc Iculc , prennent celle que nous nommons la
Dei Nerfs, 4 S'/
auâtriemepaire pour la plus petite racine delà trdifîémc
paire, & la fixiéme pour la quatrième. Nous diftinguons
toutes ces paires en cette rorte.
La quatrième paire, fc nomme , félon les vns , comme
la troifiéme, félon d’autres, comme Faloppey li
liuiâ:iérae; D’autres l’appellent mal à propos la plus pe¬
tite racine de la troifiéme paire ; Car elle .^’a tien de
commun auec la paire fuiuantc, & ne fe i<||n^, point
auec elleny en fon principe ny en fon progics^ dc naift
hors de l’ordredes autres paires : Elle naift félon qucl-
.ques vns du coftédu principe de la moelle prolongée,
& félon d’autres du ûege i^cucur .& pofterieur delà
moelle duccrueaupar vnpSeiÈnerf: Puis elle fe porte en
deuant, & accompagnant lalcconde paire, elfe fort pat
le trou commun auec la fécondé paire , & entre dans
l’orbite de l’œil , & donne des rameaux
Pour lagraiflede l’ccil & pour le cinquième mufclc,
& fort par vn trou particulier de l’os frontaly ers la peau
du front & la paupière fuperiçurc. Ce
pouruoit à ces parties.
Le fécond aux mufclcs de la Icvrc fuperieuré , Sc à
quelques vns du nez & à la levrc mcfmc & aux gen-
ciucs
l-ttroipme lacauité des narines à leur tunique.
Xc (juatrie'me à la partie interne du mufcle temporal.
^allope attribue tous ces rameaux aux, deux paires fui-
uantes :Mais V'efale^ Celumbm y PUterm & Bauhin pro-
pofent noftre diftribution.
La cinquième paire quieft félon les vns la plus grolïc
racine de la troifiéme coniugaifon , & félon d’autres de
la quatrième , cft cenuè communément pour celle qui
fort aufentiment ouaugouftde la langue.
Cclle-cy naift près de la coniugaifon fuiuante , des
coftez de la moelle prolongée , & vn reietton entortillé
comme le fléau d’vnc vigne, fort incontinent apres le paf-
fage par l’os fphenoide. Ce qucquelques-vns penfent
feruir pour l’endurcir ôc elle s’vnit auec deux petits ra.
nicauxdu nerf auditoire. ~ PpP E,llc
■f0Sâ
• vne petite portion du ceruem , éuec U cmmtncment
de la moelle de Nfpim.
Des Nerfs.
ptfrZ/V» des nerfs optiefues'.
C.C’ l’entonnoir dn ceruenu tjni reçoit U pituite.
p, -y» conduit du troifiéme ventricule dans l'entonnoir.
g. F. les rameaux de l’artere Carotide.
C. U troifiéme paire des nerfs qui meut les yeux.
H. Ia quatrième paire des nerfs.
I. la cinquième paire des nerfs.
K. la ftxiéme paire des nerfs , félon tAutheur.
la feptiéme paire des nerfs,
la hutlhéme paire des nerfs de l'oüye.
M, l'origine des nerfs de la neufiéme paire, 9H VAgahon^
de ; la fxiéme félon les autres.
0. la dixiéme paire des nerfs.
Elle pouruoit aux mufcles dclafacc,aa temporal , au
tnanducaceur des loues , à la peau delaface,auxgenciue5
& aux dents ( car c'eft par le moyen de ces nerfs que les
dents ont fentiment ) au mufclc qui cft caché dans la boa-
chc,& à lalcvre inferieure.
La fixiéme paire, félon lesynsla quat£iéme,& félon
d’autres la racine plus déliée de la quatrième eoniu-
^aifon.
Son origine cft plus petite, proche de la precedente,
& vn peu plus dure.
Elle fort auec la precedente auec vn trou commun.
Elle n’eft pas toutesfois pour cela vnemefme paire auec
lafptcccdente : car les paires que nous appelions troifié-
me, quatrième & feptiéme paffent aufli par vn mefme
trou.
Elle fc porte au palais. D’autres veulent que cette paire
fcrt aufli au gouft.
Si la ffciê~
me faire eÇl
U mefme
que U ci»~
quiéme.
' Des Nerfs.
Explication de la Figure,
îllcmonûre le cerueau arraché du corps, & renucrfé,
6c les origines des nerfs qui en forcent.
ji.A. le cerueau. B, B. le petit cerueau,
C. les produtiioHS mammilîaires.
P. le commencement de la moelle de l’efpiné. B.fon terme
ou elte fort du crâne.
F. la première paire des nerfs qui [en a l'odorat.
G. la fécondé paire de s nerfs optique s.
H- îvnien de cette paire.
I. la tunique de tœil , en laquelle fe refpand le nerf op,
tique.
K. la troife'me paire qui meut les yeux.
L* la quatrième paire des nerfs.
M- la cinquie'me paire des nerfs,
Z> la fxiéme paire des nerfs.
a. ta huiBème paire auditoire , ç. marque fa partiel
qui efl portée aux oreilles, b.c. aux cofièx..
d, vn reietton de la paire precedente.
e. la neufie'me paire des nerfs 3 & félon d'autres la fxiéme
va^ue.
Lalcptiéme paire, qui eS la huidîé^me , félon quel-
qucs-vîis, & la neufiéme , félon d’autres, & au compte
4quclquesautres la plus petite portion de la cinquiè¬
me paire , encore qu’elle foitvnc paire particulière plus
grefle & plus dure que la cinquième, & diftinde d’elle en
fon origine, &en fon progrez.
Car elle naiftvn peudeuant celle qu’on appelle vul¬
gairement la cinquième, au milieu de la moelle proion.
gce,ôc montant (ut la troilîéme paire, & l’entrecoupant
à angles, s’auance, tenant (on chemin entre la ttoifiéme
& la quatrième paire , où elle fe porte en haut, ôc en de¬
vant vers les coftez.
Qqq
Troifiime TralBé,
Elle fort par vn trou auec la troifiéme & quattiém
paire, & feconfume prefque toute dans lernulcle abd ^
.àeur de 1 œil. Maisce que les autres difcntn’eft pas cer"
tain qu’il fc porte au muiclc temporal , & à celuy qyj
caché dans la bouche.
La huiaiéme paire ,qui cft la cinquième des autres
cft celle qui fertÛoüje j Elle natjl prés des collez des prci
cedentes vn peu audeHbus. Elle entre dans l’os pierreux
^ fe diuife en deux rameaux, l’vn plus grand quife dila!
tant fait , comment on croit , le tambour , & l’autre plus
petit quife porte en bas, comme s’il vouloit accompa¬
gner la fixiéme coniugaifon.
Elle enuoye des reiettons parla première &fccondo
Vourquo^ vertebie , aux mufcles propres du larynx. D’où vient
U! TreüUs curant trop profondé ment les oreilles ,vne petite
tropprofon. touxfeiche eft excitée. On croitqu’elleenuoyequclques-
demèt ,one fois des ramcaux aubras,aucc la quatrième, cinquième
petite toux & fixiéme paire du bras, & quelqnesfoisàtout le pied,
4JI cfttffet. l’elpine , aptes qu en defeendant clic a
accompagné la moelle de l’efpinc.
La neufiéme pane , qui cft la ftxiéme & la vague des
autres > parce qu’elle pouruoit deçà delà à plufieurs par¬
ties , mcfmes à toutes les internes qui font auventre
moyen & à l’inferieur , à qui elle donne des ramcaux
pour le fentiment , à caufe que ce font des corps plus
mois , & que les nerfs qui naifient de la moelle de l’cf-
pine, cftans plus durs , ne font pas propres pour ces par¬
ties. Ils font rcueftus de membranes fortes, à caufe qidis
font vnlong chemin , & marchent attachez aux parties
voifincs.
Cette paire naift vn peu au deflbus de la precedente
par plufieurs fibres qui s’vniffcnt incontinent. ,
Elle fort par le trou de l’occiput paroùcftoit monte
le plus grand rameau de la iiigulair« interne, &
la fortie elle pouruoit aux mu (cl es qui font au chinon du
col, (urtoiitau cucullaire. Puisié tronc defcendôc s’at'
tache auec la dernière paire , l’arterc carotide vei*
Des Nerfs.
fie iagula'i^e j & envoyc tranfverralemcnt des reiettons
jlans la membi ane , &c aux mufclcs internes du larynx, &
juflî aux mufclcs de l’os hyoidc & de la gorge.
puis defeendant entre la carotide ôc la iugulaire , aa
coftéde la trachée fediaife fur le goûcr des deux coftez
en rameau externe & interne.
L’ Externe fait les Nerfs Recurrens , qu"on nomme
suffi Nerfs de U voix , parce qu eftans blclTcz, la voix de recmrenl!
l’animal eftoffenfee , de forte que quand l’vn eft coupé,
l’animal ne rend qu’vne voix imparfaite, & quand ils
lefonttous deux, il deuient muet. On les nomme aulS^
ftmrnms ou recterrens , parce qu'ils defeendêt première¬
ment, & puis ils retournent desdeux codez, comme à-
i’entour d vnaiflicu'.kijlwr autour de l'arterc axillaire,
&le gauche au tour du tronc defeendant de l’aorte ,&
pui'silsmontentiufquesauxmufclesdu larynx, à quiils
donnent beaucoup de rameaux. Cette récurrence ou
retour fe deuoit faire , parce que les mufcles du*larynx
ont leurs teftes en bas & non pas en haut,
Partant le droit externe de la fixiéme paire pouruoit
incontinent apres la diuifion , aux mufcles qui naif-
fent du dernon & de la clauicule, puis le nerf récurrent
droit edant condituc le plus fouuent de trois petits ra¬
meaux réfléchis & vnis , il defeend obliquement fous
le goder en pafTant, il produit des rameaux pour la
tunique du poulmoa , la pleure , le péricarde & le c«eur,
& fait en fuite le doraachiquc droit , qui fe ioint
wee le gauche fous rocfophage,& paiTant par le dia-
phragme,s’en va à gauche, à l’orifice gauche du vctriculev
V externe gauche V9^t\xoy^Lnx.^\xx. parties de la melme
façon que le precedent, & ayant condituc le récurrent
gauche , il fait le domachique gauche , qui auec fo»
compagnon embrafle lorificc fupericur du ventricule
comme vnc rets, &,Ic refte va au pylore & à la cauité
du foyc.
L'Interne droit donne premièrement vn petit rameait
*ux racines des codes, à chaque nerf intcrcodal ; Puis
Q^q ij paffe
Des Nerfs.
Explication de la Figure*
Les Reiettons fupericurs du Nctf vague,
A. le ceruem- B. U petit cerueaft.
C, les frodu5iiof}s oh tuberojîtex, du cerneau , mais hou
pas les mammillaires,
E. la moelle du des qui tombe du crâne y coupée.
F. la praduBion mammillaire qui efi l'organe deCedorat
G. le nerf optique , eu la fécondé paire du cerueau.
1. la tunique de l’œil que le nerf fait en fe dilatant.
K. le nerf moteur de l'œil,
L. la quatrième coniugaifon.
M. la cinquième coniugaifin,
N. le reietton du nerf L. qui va au front.
O. le reietton du nerf t. qui'vak la mâchoire fupe~
rieure.
P. P. le nerf entretijfu dans la tunique des narines , qui
vient du rameau L.
Q;le nerf qui fartant du mefme rameaUt s‘ inféré au mufcle
temporal.
R. le nerf tortueux qui vient des nerfs M. d“ b.
S. le nerf qui va du rameau M. aux niches ou logettes
des dents fuperieures.
,T . le nerf qui rampe fur la mâchoire inferieure qui vient
du nerf M.
y>m reietton du rameau T, qui fe porte à la levre in-
ferkure.
X. X. les reiettons qui vont du rameau T. aux dents in-
ferieures.
Y. Ÿ. vn rameau du nerf M. qui fe refpand dans la tu--
nique delà langue.
2. la fxiéme paire des nerfs qui va d la tunique du
palais.
la huitième paire des nerfs pour l'oüye.
b* c. deux rameaux de la huibtiéme paire » qui s'vniffent
auec le nerf R.
Troiftime TraîEléy
d. U feptime coniHgaifon cfui va a la face,
c. la Jtxiéme paire des nerfs félon le vnlgaire y ^ taneu^
fie'me félon nojlte Pere.
f. vn ramean du nerf, e. e^ui va aux mufclesdn col.
g. les petits rameaux pour le larjnx,
h. la diflribution du fufdit nerf en deux rameaux.
i. i. le rameau interne e fendu fur les vertebres tjui fr.
tifie les interceflaux ynommé intercofial.
k. k. lesreiettons du rameau externe ejui vont aux tefies
des mufcles , a l'os de la poiSlrine , ^ aux clautcuks"
l. tn. les petits rameaux du nerf droit 1. qui cenfiituttn
le nerf droit récurrent, rn.
n. Cinfertion des recurrens aux mufcles du larynx-
O. p. les petits rameaux o. du nerf gauche, qui eonflitum
le nerf récurrent gauche p.
q. les petits rameaux de la tunique du poulmon , qui
viennent de la ftxie'me paire,
t. les petits nerfs du péricarde & du cœur, piftr la tuni¬
que du poulmon-
f. les nerfs qui s'implantent a Cefiomach des deux cofiet!^
K. la dixiéme paire des nerfs , ou celle de la langue.
I» le reietten de cette paire difiribué aux mufcles quinaif
font de l'Apophjfe fijloide des temples.
0. l'vnien de la dixiéme pâtre auec la neufémt>
nr, le reietton de la dixiéme paire pour les mufcles de là
langue , de l'oshjoide & du larynx,
paffe le diaphragme auec la grande artere , ôc pouruoità
tout le ventre inferieur, en allant iufqucs àl’os facrc. Or
il fe diuife en trois rameaux.
Le I. va à TEpipIoon, duquel naiflent trois autres pç-
tits rameaux, Le i.au colon ; d’où vient qu’on eftcaroüé
rlüeûre' longue colique. Le i. plus petit qui cftàpemc
apm la vifiblejau commencement des inteftins. Lc3 àU par-
telque. tic droite du fonds du ventricule , à la membrane W-
perieure del’EpipIoon , à la tunique du foye & àla vcffiç
du fiel.
Des J^erfs,
II, L'Inferieur va au rein droit. D’où viennent les vo- D’cUvUn^
miliemens aux nephritiques. • mntUsm.
III. Le plus grand au mefentere , aux inteftins & au
cofté droit de la veflic. e
JJ Interne gauche le diftribuë à fon cofte de la mefme
façon, finon qn’vnc partie vaà laRatc,auIicu du foye.
îdâis quclquesfois ces deux internes enuoient des re-
ictroBS à la matrice.
Voila la diftribution de la fixie'me paire félonie vul¬
gaire, & delà neufiéme félon nous.
^ La Dixiéme &<lernierc paire des nerfs , qui naift dans
le crâne à la fin de l'occiput , de la moelle prolongée,
Jors qu’elle va couler dans Tcfpine , & eft la fepiicmc
félon les autres.
Celle- cy dure que les autres, par diuer-
fes racines qui s’vniflcnt apres, & fort par vn trou propre
& oblique du crâne. Et incontinent elle cft iointe
(non pas méfiée ) auec la paire precedente , par de
fortes membranes qui feruent à fa deffenfe. Puis apres
elle fe fcparc derechef, & s’en va auecla plus grande part
à la langue, & auec la plus petite au^ mufcies <lc l’os
hyoidc,& du larynx.
7) es f^erfs.
Explication de la Figure.
Les Reicttons inferieurs du nerf Vague.
t.U. U ^omachi^ue droit ^ t orifice gauche du •ventrickle
t. le ftomachtqtte gauche a l’orifice droit du ventri^
cule vi.
X. im uc^f veuaut du. rameau u. qui entre dans la cmi.
tedufoje.
y. 2. le nerf de l'epiploon droit y. du hojau colon z.
«. le nerf qui va au duodénum , au commencement
du ieiunum.
fi. le nerf du fends droit du ventricule. -
*.le nerf du foye & de la vejjte du fiel.'
y. le nerf qut va au rein droit.
1. le rameau qui va au mefenterej (fr aux inte f ins l
I. le rameau qui implique la partie droite de la vejfia
le rameau qui va à la partie gauche de l’epip’loo».
h les petits rameaux qp s’inferent à la Rate.
fl. /. les retenons qui vent au Colon (j;- à l' Epiploon.
vn rameau du mefentere gauche > (ÿ* des intefiins.
h vn reietton qui va au rein gauche.
t- le nerf gauche du fonds du ventricule,
p. Us nerfs qui rampent fur le cofie' gauche de' la vefsie^
CHAPITRE III.
Des nerfs quifôrtent de U moelle de /’ £fpmei(^-^
premièrement des nerfs qui firtem du
col C;* des nerfs de toute la main.
N Ousauonsvcuiufqucs icy les dix paires dés nerfs
quinai{rèntdanslccrane,dcla moelle prolongée:
Il.cfteque nous deraonftrions les trente autres P aires, &
Troïfieme TralBé,
Hfclqucsfois vingt- neuf, qui fortcnt d Vn merme prit, • '
pe, à fçauoitde la moelle longue, entant qu’elle cft a'
ja hors du crâne dans l'Efpine du dos, où ^’onlanptpm'
^fpifiiere on Dorfale^ ®
Sept paires de nerfs fortcnt de la moelle, tandis qu’eir
cft au col , félon les vns , & hui£t , félon les autres , qj
font diffeminées extérieurement par toute la
mufcles voifins.
La première & h fécondé paire ont cela de particulier
;par deflus toutes les autres , qu’elles ne fortm pas du
xofté,mais de la partie anterieure &poftcricure, à caufe
de l’articulation particulière de la première & féconde
vertébré.
Or la première paire nâifi entre l’occiput & la premiè¬
re vertebre.
La fécondé entre la première & la féconde vertebre,
ÔC ainfi des autres.
La première & la fécondé fe diftribuentaux mufcles
de la tefte , & aux oreilles.
La troifeme (^uatrie'me aux mufcles des ioues&
ceux auffi qui font communs àla tefte & au col.
La cinepuime auec les rameaux de la quatrième &
fixiéme font les gros nerfs diaphragmatiques, & enuoye
auec eux vnc partie en derrière, & vne autre en deuant,
aux mufcles qui baiffcnt la tefte , à ceux des bras & des
«fpaules , & à la peau# au mefrae endroit.
La fixiéme aux bras & aux mufcles qui font cachez
fous lefpaule.
Ij^feptiéme fe ioinft auec les deux voifines, i fçauoir
auec la fixiéme du col, 8c la première du Thorax , dont
la plus grande portion va au brasiufques auxextremitez
de mains.
Car cinqoufix paires de nerfs vont aux bras, à fçauoir
delà cinquième i fixiéme , & fiepticme paires du col,
auffi de 1 a première ôc fécondé paires du ThorAX [
leur fortiefemeflenc & s’vnilTenc de telle forte qu elles
ncpeuucnt eftre fcparccs, fans les gaftcr,8c incontinent
Des Nerfs, 4^ g
jprcjfc diuifcnt en ces paires fufdites : la nature ayant
Lj.eftce fait cette vnion pourraraalTcr les cfprits ani-
1 . 11-./
La première paire va de la cinquième paire du col au
pcltoidc principalement & à la peau du bras , lai liant
Yne partie qui accompagne la veme humerale.
La fécondé plus crartefc porte par le milieu & par la
partie anterieure du bras,oùclle pouruoit au biceps, d’où
elle fe ioinâ: auecletroifiémc nerf, puis allant en bas elle
donne au fupinateur plus long, ;vn petit rameau.Maisàla
flexion du coude, ellefe diuifetantoft en deux rameaux
& quelquesfois en trois.
I. Lefuperieur plus petit marche par le fiege externe
du bras, vers la région externe du fécond ou premier-
entre-nœud dù poulcc. ’
1. Le moyen & le plus gros defeond obliquement
entre le coude, vers le carpe.
3. L’inferieur accompagnant le rameau interne de la^
bafilique , fe confume dans la peau du coude & deîa^
main.
La troifîéme fe ioinèb aucc là precedente fous le biceps,* -
Elle pouruoit au brachial Sc au fiege interne de la
main.
La quatrième la plus crafledetoutesis auanceauecla
veine profonde & l’artere, & puisfcfond diuctfement.
Or elle pouruoit aux mufcles qui ellendent le coude,
au carpe, au poulcc, à l’indice & au doigt moyen, &
aux mufcles extenfeurs des doigts.
La cinquième qui efieftcnduc le long de la ptcccden-
K, dcfccndanc entre les mufcles du coude , a qui elle
pouruoit , par les parties inferieures & pofierieures du
coudc( ou rrapant quelquesfois ou comprimant le nerf,
itousfentons les doigts Itupeficz) Ce partage en deux au
®ilicu du coude.
Le premier ramtâu va cxtcricurcrocnt par le coude,
au doigt moyen, dl’annulaircôc au petit doigt [ le long
coftes internes des doigtspourplus grande fcurcté,
Rrr ij
500 Troljtéme TmUe,
»fin qu’ils ccdent en l’cmpoignement , car I
play CS font plus dangercufes en cét endroiî
qu’au milieu.] ‘‘
L’autre va intérieurement par le coude cti’
•tre les mufcles qui flechiflent les doigts iuf*
ques au carpe, & enuoye des rci étions aux
încfmes parties que le precedent.
La fixiéme fe confume à la peau du coude
-marchanientEe la peau & la membrane. ’
Explication de la Figur
J£llc reprefente la mo’élle dcrefpinefej
des vertébrés.
A. h commencement de la moetl'e de teffinedm
le crâne.
3. 4.5.^. 7. l’ origine des nerfs fortansdn pritf
fCipe de U moelle efpiniere , 4 fpamir U),
y 6. -J. paire des nerfs.
Depuis^- itifques a -j.î origine des nerfs pi for-
I tentdft cofle' droit de lamoelle efpiniere dncol.
i)epHis B , influes a D . l'origine des nerfs^pi fortet
dn cep' gauche de la mefme moêlù efpiniere du
col.
Depuis j.iupues a 1 9 .l’origine des nerfs pi fartent
du cofie' droit de la moelle efpiniere dnThorâX»
Depuis D. iufques a E. l’origine des nerfs pi
fartent du cofie gauche delà moelle efpiniere
du Thorax -
Depuis 19. iufpes 4 2.4. ^ depuisï.- iufptt*
l’origine des nerfs fortans des lombes- ^
Depuis i4. iufquesa 3 o. ^ depuis V.iufptt^^'
t origine des nerfs de l'os facre'.
H. l'extrémité de lamoèlle de l’efpine fartant d»
! bout de l'os facrum>
Des ^erfs.
50Î
CHAPITRE IV.
Des Nerfs du Thorax , du dos
des lombes.
D Oux^e paires de nerfs naifTencde la moelle dans le
dos ,&onzc en quelques vns, qui fe diuifent tous
& chacun en particulier apres leur fortic en rameaux
grand & petit, dont Tvn va en deuant, & l’autre fe re¬
courbe en derrière.
Les Rameaux font enuoyez à chaque efpaco
intercoftal , pour les mufcles intercoftaux internes &
externes , pour les mufcles couchez fur le Thorax , &
aulïï pour l’oblique defeendant del*Abdomen.
Les rameaux & plus petits vont en derrière
aux cfpincs des vertèbres , entre les mufcles qui font ad-
herens aux vertébrés , dans Icfquels ils fe confument en
partie, & en partie en ceux qui nailTent de ces cfpines des
vertébrés,, comme au Rhomboide , au Cucullaire , &c.
Les paires des nerfs qui naijfent de la moelle de l’ef-
pine , lors qu’elle eû aux vertebres des lombes , font
quelquesfois cinq, & quelqucsfois quatre. Ces paires
font grandes que celles du dos. Chacune de cellcs-
cy fe diuife en rameaux anterieurs & poftericurs, qui fe
diftribuent partie aux mufcles des lombes & de l’hypo-
gaftre, & partie aux iambes. Car
La I. paire donne vn rcietton aux parties charnues
du diaphragme , & puis elle pouruoit aux mufcles de
l’abdomen & dcs lombes.
La II, donne des rameaux à quelques mufcles de la
cuifle & du tibia , & félon l’opinion de plufieurs > vnc
branche aux vaiiïeaux Ipcrmatiquesi
La III. va au genoüil&: à fapeau, & vnc partie accom¬
pagne la Saphène , & vne autre partie va aux mufcles
qui font couchez. fur les lombes.
Rrr îij La IV.
Des ^erfs: sos
Explication des Figures*
La h Figure reprefehte Jes nerfs qui fortent de la partio
■ anterieure. La i. ceux de la pollericure. Elles ontlcs
lettres communes, s’iln’eft marqué autrement.
A* 1* i* fftoelle de l’efpiite tjui entre dans les vertehres, -
I, infques a -j.i. les jept vertebres dn col,
8, mfqttesa lÿ. i. les doHz,e vertebres dn Thorax.
10. mfqneskit^. i. les cinq vertebres des lombes.
z^. infqttes ^ 50. i. les Jtx os de l’os facre.
B. a. la première vertebre du eol. C. x. la première vertè¬
bre dn Thorax.
D. a- la première vertebre des lombes. E. a. tos facré.
F. a. le reietton pefierieur de la première paire des nerfs
de la moelle de l'efpine.
G. i.x- fa diftribution aux mufcles de latefle.
H. i. le reietton anterieur de la première paire.
I. K. a. le rameau plue dette' du reiettén pofterieur de la
fécondé paire , qui efi difiribué en haut y I. le plus
gros K.
L* a tvnion du rameau de la troifie'mepaireauec le rameau
K. de la fécondé.
M. M. I. a. la fécondé paire difiribuée à la peau de la ’tefie
iufques au col. N . i- reietton anterieur de la fécondé
paire. r* latrotfe'me paire & la troife'me vertebre.
O. 1. a. le rameaupojierieur de la troijteme paire qui fe réflé¬
chit premièrement en derrière , & puis en deuant fous
les mufcles .tous les rameaux des paires iufques d a^.
fuiuent vu mefme chemin.
P. 1. le rameau anterieur de la treifieme paire partage' e»
quatre.
Q^. fon premier rameaupar les mufcles fleehiffeurs du cqI*
R. i. a. le fécond svnit auec la quatric me paire»
S. I. le troifte'me rameau meslé auec le rameau K.
T. i. i.le quatrième rameau pour les mufcles de tt lie», qai
rDes Nerfs. 505
fontudherem ahx apofhjfestrAnfverfes des verfebm.
4.1. la quatrième paire aaec la quatrième vertebre.
V. !• !• le rameau pofierieur de la quatrième paire.
X. I- i. le rameau anterieur de la quatrième paire partage
en trois.
y. I. le premier rameau qui reçoit le reietton R.
a. !• le fécond rameau qui va aux mufcles.
\ b. I, le troifème rameau qui approche la portion c. de U
cinqttième paire. 5.1. la cinquième paire, c. i. z. le ra¬
meau pofierieur de lacinquiême paire.
, d; 1. 2- le rameau anterieur delà cinquième paire.
e. U cetteportion confiituè principalement le nerf diaphrag¬
matique.
f. 1. 1. le rameau du nerf A. quife traineala tefie de («mé¬
plate y fous qui il y, a des reiettons qui vont à (ef.
paulo.
g, lii. vn reietton du nerf f. pour la peau du haut de (ef~
pAule.
h.î.i, vu rameau du nerf f. pour le mufcle fécond du bras.
i.i.2- vn autre rameau efi inféré a ce mufcle k la peau,
è.i.lafxième paire.
K.i, le rameau pofierieur de la fixième paire.
I-i. le rameau anterieur de la fixième paire.
m.i. vn reietton dé ce rameast pour faire le diaphragmais
tique.
n.n. 1.2. le nerf diaphragmatique compofè des trois reiet¬
tons b. e. & m.
0.0. 1. 2. fadiftnbution au diaphragme.
P*i. le rameau de la fixième paire qui vaàlasauitè de (ef^
faule.
1. 2- (implication du rameau L auecles rameaux veifinst
dont vne portion va au bras. 7.1. la feptièmepaire des
nerfs.
^•2. le rameau pofierieur delafeptième paire.
I* l’vmon delà feptieme paire auec les rameaux Voifins.
t* 1. 1. fs reiettons aux mufcles de (efpaule & du bras.
8*1. la huitième paire ou la première du Thorax.
tttüt
50^ Troijîeme TraïUèy
U. Z. 1er Ame AH poflerieurde lahui^liémepAire.
x, u. iJ'vmeH de l'huiÜiéme Auec la feptiérnei de Uqtt j?
cjuelefHes nerfs vont au bras ^ ^ ®
y. l. vu rAmeau deCbutUiéme paire ^ui va au haut de I4
poiÛrine»
:«c. «{. Z. les retenons (jui de l'huiBicmepaire t ou du ^uatrié
me nerf vont au bras pour les mufdes de ce lieu.^ j*
la neufiéme paire des nerfs.
% le rameau poflerieurde laneufime paire. i^Xfonra-
meau antérieur.
I. les retenons <jui vont de ce rameau aux mufeles du
Thorax. 10. iufejues à if>. 1. inclufluement les paira
des nerfs pour les e^aces des cofles.
-H. ». I. les retenons des nerfs intercoflaux aux racines des
coflesi ^ui augmentent le nerfcoflal qui vient de la fxié-
me paire ducerueau.
15.0.6.1- les rameaux qui vont desintercoflaux aux mufeles
^ coucher, fur le thorax.
s, i. ï. les rameaux pour le mufcle peBoral , ou lepremitr
du bras.
K K. i» les rameaux qui vont au flege inferieur de ce mufcle.
h. I. les rameaux pour les mufles obliques de hbdi'
men.
pL. p. i. pour le mufcle tres-largedu bras.
4. 1. vn rameau pour le mammellon.
0. e. I, les rameaux depuis lai^.&iq.paire four Je princi»
pe du mufcle de la cuijfe > ^ pour le lombaire ou U
flxie'me.
or. r. I. le premier nerf du bras pour la peau au foie tx*
terne.
P* I. 1. le fécond du\bras.
c. 9. I. les nerfs qui fartent de celuy-cj pour lepfcittiff
mufcle du coude , ou le biceps .
T. I. Z. letrotfitme du bras ; y. i.fin rameau poftr Ist
du bras.
I. vn petit rameau pour le mufcle du coude,
chiai.
?5 vç
Des Nerfs, so7
Y, r. four la peau anterieure du bras.
^ I. fvHton du troiJJe'me nerf auec le fécond.
I, le fécond qui rampe enias auec le troife'me , apres U
comonBien.
r. I. w reiemn d^ fécond nerf pour le fécond mufcle d»
rayon » ou le plus long fupinateur.
^A.i. le rameau fuperieur du fécond nerf y qui marchant fur
le carpe, va au premier entre- nœud du pouke.
0. i.le rame au moyen du fécond nerf, A. i.fa continuation
iufquesklamain.
f,, I. le rameau inferieur du fécond nerf.
n.S i. Deux rameaux de celuy-cy a la main inferieure,.
i.i.2. le quatrième nerf du bras,
tes nerfs de eefiui-cy aux mufcles extenfeurs du coude,
, vurameaufourlapeaudubrasalapartie pefierieure. 31.
1 pour la peau externe du bras. 33. 2. le rameau qui fe
traine furie coude externe iufques au carpes
^.1. la bipartition du quatrième nerf au coude, ^yi.lera*
meaufuperieur de cette diuifiom 37. t.le rameau infe¬
rieur de cette diuif on au coude.
y^.i.les reiettons de eeluy- cy four les mufcles qui naiffent de
la tuberofitè externe de tefpaule .
3^. 40.41.1. Trois rameaux pour les mufcles qui naifentdi*
coude.
*, 1. 2-lecinquicme nerf du bras. 43. i. les reiettons de ht
troifème & cinquième paire des nerf s qui vont au bras
pour les mufcles qui occupent le coude interne,
44‘i' le rameau du s. nerf pour lapaulme de lamainé’kt*
doigts-
45- 1- k rameau du nerf peur la main inter ne-
46. I* ‘ÿn reiettondu rameau j^j.efiendu fur le coude pour
la main externe-
^-i.x-lefxiémenerfduhras-s^y.t.Sa fin près de h article de
la main.
48. I. Us reiettons quivont du fixiime nerf klapeauyparcyy
parla. 20. iufques a 24. i. cinq paires des nerfs qui
fortentdes vertébrés des lombes,
Sffij
49
Dn Nerfs. ^09
Ag\ 4p'ï* four les tejlicules de la 20. Paire. $Q.
^0. i. Itsfief'f^'des njufcles de l'abdomen.
Ÿ.VÎes retenons de ces nerfs four le mufcle très- large du bras,
p. p. !■ les rameaux foferseurs qui fortent des ver¬
tèbres des lombes i^.mfquesà}o.i.fxfatres denerfs
.qui fortent de Vos J acre, p.i.le rameau de la ly faite
four les farties internes de la hanche.
JJ, 2. lerameau qui va aux famés externes de lahanchet
fans comfagnonfour la f eau, & les mufclesdesfejfes.
^6 . ]. 2. lafn delà moelle de fejftne. 57 . 1. le fremter nerf
de la iambe.
j8. 1. les rameaux qui viennent de ceflui-cjalafeau,^^. t.
de cefiuucy aux mnfcles.
Co. !• le fécond, nerf de la iarnhe- 64. i.vn rameaudufe-
cond nerf four les mufeles.
6y ï. vn rameau qui va de celui -cy au cinquième mufcle de
lacuiffci eu autricefs.
i.letroifémenerfdelaeuiJfe.6y. i.vnreietton four les
mufeles qui oceufent le trou de hs du fenil. 6 8. 1. ra¬
meau four la feau interne de la cuijfe.
C6. 1. vne fertien du treifûme nerf four les mufeles. 70.
t.vneautrefortion de ce nerf four le fécond mufcle dés
fechijfeurs du tibia.
71. 1. 2. lequatrie'menerf delà cuiffe, le f lus gros deteus.yi.
!• i.vn rameau de ce fui- cy qutl reffand la flus grand,
fart four la feau delà cuife, a la fartiefofter/eure.
lyi, vn autre four les mufeles qui natjfenîde l’,^ffendicede
la hanche.
Cl. les rameaux qui viennent de celui- cy a la feau. 62. le
rameau qui va au hault du fied.
<^3- les reiettons du rameau 61. qui enuelofent le ge-
neüil.
74* vn rameau du quatrième nerf delà iamhe four le qua¬
trième mufcle du tibia, & four la feau.
75-, les reietons de la quatrième faire four les tefies des muf-
cles du fied.
lé, la dtuifton du quatrième nerf au i arrêt en deux troue.
Sffiij
jio Troipéme TmUi^
77. ‘U tme (xterieur & plus grès le.
78. 78. fin rameau ^eur la peau du tibia , 4
extérieure iufyues au petit dotgt. ^ ^
79. vu autre qui s inféré auxmufcles.
%o. le tronc interne du quatrième nerf.
ïi.SkU rameau qui fe traine fur te fitge interne du tibia
fous ta peau ypour les parties inferieurs du pied,
îi. la connexion du troue interne & externe par vn re>
ietton.
83. laJifirtèution du tronc interne pour les parties infe.
rieur es du pied.
84. la portion du rameau marque' 78. qui vaauxpartm
fuperieures du pied & au petit doigt.
85. le rame au du tronc interne près du talon.
%6,fm autre rameau qui va aux parties fuperieures dit-
La IV. eft la plus grand* entre les lombaires, qui va
aux mufclcs anterieurs de la GuiflTc & du tibia iufques au'
genoüil.
La V. pafle par le trou qui eft entre l’os de la hanchci
du penil &: de rHion , & diftribu'é des rameaux à quel*
q«es murdes de la cuiffe & de la verge , au col de !&>
matrice & de la vcffic.
Mais Icsplus'grandsramcauxvontdeccs trois derniè¬
res parties aux iambes, comme nous dirons auxCi&/</>/>r«>.
Juiuans.
CHAPITRE V.
Jbes Nerfs cjul naijfent de la MocUe de l'of
facré^ des nerf de tout le fief
Cinq paires de nerfs nailîcnc de la moelle 4e lEf-
pinc qui eft dans l’os Sacré , & autrcsjÎAr, des quatre
Des Nerf si
inferieures deslom-
jjjSjnaiiTent les Nerfs cruraux, qui dcfcendcnc entre les
pieds , & eftans conioints à leur fortic, comme vnc petite
îcts, refpandcnt quatre rameaux, comme il fera dit iix-
xoniincnt des nerfs dupied.
■ Or la première paire des nerfs de îos facré. Te diuifo
comme les lombaires en rameau anterieur &poftcrieurr
Mais j non pas les cinq paires fuiuantes. Car deuanç
quelles fortent, elles font doubles des deux coftez , &
vn nerf tombe d’vn & d’autre cofte en deuant, & vn
autre en derrière. Les rameaux pofterieurs fe diftribuent
romme les lombaires pofterieurs, à fçauoir aux parties
poftericures voifines.
Les trois anterieurs fuperieurs vont à la iambe , les
deux inferieurs aux mufdcs du fondement ôc de la
veflie , & en quelques vns au col de la matrice & de la
vcffic , & au. membre viril , & les autres au pcrince de la
femme & à la bourfe.
Dauantage la fin de la mocHc du dos ,refpand v» féal "''f
reietton appelle fans pair a caufe de cela : Mais quel-^'*”^^^^’
quesfois il a Ton pareil. Il va i la peau entre les feftes ic .
Icfiegc, & a quelques mufdcs de lacuiftè.
Les Nerfs qui vont â la iamhe» fuiuent maintenant^
qui font quatre , comme nous auons défia dit.
Lt premier &Ic troife'me font phiscouits,^: viennent
feulement 'a la cuifle :1e fecoad cft plus,long & fe porte
aulTi au tibia, le t^uatnéme eft le plus long de tous.
Le Premier cftant compofe de la troifiéme & qua¬
trième paires des lombes , defcendant au petit trochan¬
ter, va à la peau & auxmufcles de la cuifte , & à quel,
ques vns du tibia , d>c finit au deflus du gcnoiiil.
Le fécond naiffantdumcfmclieu, defeend à la iambe,
auec la veine &rartere , parles aines à la cuifiè, & aux
mufcles anterieurs de la cuifte, 6c s’epand au tour dti
genoüil. llcnuoye dedans vn gros rameau aucclafaphc-
fie au malléole.
Lo tiqifiéme naift à l’articulation de la quati^me 6c
Tmitcme TraiSiê,
cinquième vertèbre , & va par le trou du pcnil i n» i
ques raufcles de la cuiflTc fupericurc & de U vçr ' '
qui naiiTcnt hors de l’os du pcnil, & à la peau de la
en l’aine. ^
Le quatrième eft le plus gros , le plus long, le pl^j
& le plus fec de tous en tout le corps , compofé de*^*
quatre paires de l’os facré ; Il pouruoit i U peau de la
cuiffe , & à quciques-vns de fes m'ufclcs , comme auffi
à ceux du tibia & du pied.
Mais ce grand,tronc fe dw/yêrousiacauitépoftcrieurc
du genoütl ou du iarre.t , en rameau externe &, interne.
L'Externe va au iarict, aux parties externes du pied*
aux mufcles du péroné, & au malléole externe. ^ ^
V interne grand valc long du tibia aux mufcles
des pieds & des doigts, au malléole interne, aupoulcc
& à la plante, & donne deux reiettons à chaque doigt.
Cctlpourquoy 'prefquctous les nerfs qui vontà tout
le tibia & à tout lepetit-pied, naifTçnt de ce grand nerf
crural feui, ;
traigte;
OyATRIESME TRAICTE’
ET DERNIER
Des OS,
EtDts Cartilages (y des Ligaments ',
Ous expliquerons en dernier lieu TOi-
fteologie auecla mefmc briéucté que ^
autres parties de l’Anatomie.,
Or nous 1 auons relcruec pour la fin, nomtr/i.
parce que nous ne pouuons examiner les à$ns des or
os,queIors qu’ils fe prefentent àla veue,
apres que toutes les autres parties en ont
ellé feparces-: Nous ioignons à la confideration des os,
ladodrine des cartilages & des ligaments,
f I. A caufe de la rclTemblance de leur fubftance. Car
CCS trois parties fimilaires, l'os , le cartilage, le ligament, '
approchent de la nature l’vn de l’autre , de forte qu’il cartilages
fcmble qu’ils ne different entr’eux qu'à raifondu plus& &Usltga-
du moins. Car l’os eft fort dur ,1e CârtiUgesti peu plus
mol qui peut toutesfois fc changer en os,, comme il fe
void aux os tcndrelets des enfans-, qui font cartilagi¬
neux au commencement. Le ligament eft encore plus
mol que le cartilage , qui fc change auffi quelquesfois
en Os, comme aux vieillards décrépits. C’eft pour cette
îaifon que pluficurs donnent vnc mcfme matière à l’os,
âu cartilage & au ligament, & mefmc au tendon.
X‘ Acaufeduvoifinagedulicu. Carl’os,jccartilag.c,&-
jt4- Troîjtme TraiRh]
k ligament fe tiennent compagnie le pins fouuent& r
trouuent conioints cnfcmble. Car ies os font attach '
par les ligaments qui ont leurs telles couucttes d’v'*
croufte cartilagiucule comme cl’vn couuercle à l’endro’*
où ils font liez. -
CHAPITRE I.
Des os en General.
La nature des os fe connoift aifément , fi nous pro:
pofons par ordre leurs cAftfes & leurs accidents.
ta matière de laquelle les os font engendrez dans la
matrice , félon Htpocrate , cft vn cxercment terreftre
auec la graifle & l’humidité coniointe. Selon Arifiott,
i'exérement de la femence , & fuiuant Galien la partie
plus craire,plus dure&: deffeichéede la femence.
Oril ya quelquesos qui font engendrez parfaitsdans
la matrice , comme les oficllers de l’ouye qui font les
plus petits, & d’autres imparfaits, comme les dents &
tous lesâutrcs os,àquiil manquequelquç chofe, com¬
me l’Apophyfe ou appendice, Ôcc.
Dauantage tous les os excepté les dents ont des bor¬
nes certaines d’accroiflement : Mais les dents croilTent
toufiours, puisquVne dgitcftantoftéc, celle qui eftoit
oppofee deuient plus longue : la nature l’a voulu ainlî,
parce qu’elles fc diminuent toufiours danslcbroyemcM
des viandes.
La matière murrijf ante eloieme des os cft, comme oft
cftime , la partie plus crafle , plus terreftre & comme ex-
crementeufe du fang , qui influe dans la moelle , pour
cftre cuite dans les cauernes des os. C’eft pourquoy la
moelle cft encore fanglantc dans ces cauitez des os des
animaux qui font nouuellement nez. -
U mulle La prochaine nourrtture [ des os creux] cft
tft l’alimit focrate&i Galien la moelle contenue dansics os [jinpi
OH l’extrt' au contraire & pluficurs Peripateticiens veulent que
Des O si
moelle foitpiuftoft l'excrcrocnr des os) comme la mu- Meut iei
cofitcqui cftrefpanduë au tour des cartilages, en eft la $s.
matière prochaine noorriflante, & celle des ligaments,
de* membranes & des nerfs , cette humeur gluante dont
ils font atroufez.
[ Celle des os folidescR. lefangcrafle qui entre par les
pores , parce que i . les os rompus s’vniflcnrpar vn cal en¬
gendré des reftes du fang alimenteux. i. Parce qu’vn
âbfcezfe peut former dans leur fubftance, quand les fu-
perfluitez de Palimentfc pourrilTcnt dans les pores. ]
La caufe efficiente eft la vertu oflîfique, ou vne puif-
fancc naturelle, oui agit par i’affiftancc de la chaleur.
La forme de l’os eftl’amc aulfi bien que de tout le
corps, par laquelle Los eft tel au 2. Liure de la Généra¬
tion des animaux Chapitre i. D’où vient que les os des<
morts ne font pas os , à parler proprement.
Les accidents des os font les diuerfes figures, la folidi-
té , la force, &c. dont nous parlerons cy apres.
La fin ou vfage des os eft
I. D’eftrelesfondemens & les appuis de tout le corps,
comme les colomnes & les fondemens aux raaifons.
a.Dcfcruir dedeffenfe à quelques parties , comme le
ctanc eft le rampart du ccrueau. , rjsï 1
3. Deferuir àmareher, comme cela eft mar^fèfte aux
iambes. C'eftpourquoylesfcrpens , les vermiftèaux ^
les autres reptiles , faute de ia^bcs , font contraints de ^
ramper.
4. Diuers os ont quelques vfages particuliers, dont
nous parlerons en THiftoire particulière des os.
’LiJîtuatfoftdcsoicik plus profonde , parce^qu’ils fibnt
les fondemens ôf les fouftiens du corps. ,, ,
Ilsfont ài&cïQns en grmdenrt félon la diucrfitçdeAeurs
vtilitez. Lesosdütibia,dclacui{re, dubras , de l’efpau-
le^&c. fhmgrands’ Ceux de l'ôuye, les fefamoides, Icf
dents, les os du carpe , &c. font petits^ .
î\s [ont plftjtefirs y & non pas vn feul pour la diuerfîte
des mouuemcns, 5c afin que l’vn cftant offenfé, tout
TU ij
5i6 §luAtrUme TralBé,
ettn V/tni- corps ne lefoit incontinent.
C’eft vne chofe monftrueufe, qu vn homme na'IT
fans os , comme ce petit «nfant , dont Hippocrate f
mention , qui eftoit de la grandeur de quatre doigjs^
mais qui ne vefeut pas long temps. ^
’Orle nombre des os n’eft pas pareil en tous. Car ils
font en plus grand nombre aux enfans, quis’vniffcnt peu
3peu,& dont dénombré diminue par confequent fies
vns pcuuent compter bs epiphyfes à pan, & faire par ce
moyenle nombre des os fort grand :les atatres pcuuent
lailTer les fefamoides , & les aut res petits , ou ceux qu’on
trouue plus rarement, comme aux arteres carotides : c'eft
ee que fait Piccelominy n’en compte que 14p. fcuig_
ment: Onen compte communément 304. Et d’autres en
mettent autant qu’il y a de iours en l’an.
L«ur diuerfe. Car les vns font ronds , plats,
aigus, obtus , &c. comme nous dirons en particulier.
Leur couleur eft blanche dans leur conftitution natu¬
relle, meflée auec fort peu de rougeur.
Tous Iesos fonttw»»ewextcricuremcnt (non non pas
intérieurement ) du période , excepté les dents &lcs os
^ , fesamoides , & les fieges des autres os , où ils s’articii-
Leperioftea le fentiraent exquis^
Us os. Mais les os n’ont pas le fentiment de rattouchemenr,
Le fenti- excepte les dents auxquelles nous pouuons attribuer
dents fentiment , puis qu’elles fentent l’air ou l’eau
’ froide [ mcfmes par leurs extremitez , fur tout en l’a-
gaffement, deuanr que l’air ou l’eau touche aux petites
membranes & aux nerfs , pat le moyen dcfquelson tient
qu’elles ont fentiment.]
La Connexion des os eft diüerfe. Or l’alTcmblage de tous
Içs os eft appelle des Grecs SKcleton, comme fi on àu
foit vn cadaiifc dcfTciché , du verbe Grec Sulleitt
ïîgnifie defleicher. [ Il fc fait en partie par les ligaments
dclTcichez aucc les os, & en partie par des liens qu’oa
Combien ,7 tantoft aflîs& tantôt!: debout.]
^ a de coK-^ P*' cohérence ou connexion fe fait Çelon Galù^
Des Os, jjj
pai-artide ou articuladon, ou parfymphyfc. »exions eu
Il fait deux articulations, la dUnhrefe , comme font
l’enarthrofc , l’arthrodie, & le ginglyme: & la fynur-
fjjygfe, comme la future , l’harmonie , & k gamplrofe.
Dauantage on tient que la Jjmphjfe fc fait fans
moyen ou par vn moyen.
Mais nous diuifons les coanexiôns des os en cette
forte,
La Connexion des os fc fait , on par micHUtion y on ‘U Murfxou
p&X fjfWphjfe. des connt-
L'Arti'uUtion eftouauecvn nxouuerncnt<>^yc«r (que
Icsautes nomment vne articulation neutre oudouteufe)
comme cft celle des coftesaucc les vcrtebr-cs, & des os ^
du carpe Se du tarfo : ©u auec vn mouuemcnt Ufchc ^
mmfefte., & elle fe nomme
Dtstrthrÿfi j qui cft de trois fortes.
I. VEuarthrofe ou inarticulation ovi U y a vne in-
figne quantité , tant de la cauité qui reçoit, que de U
tefte de l’os qui cft rcçcu , comme en l’articulation de
l’os de la cuifle auec l’Ifchion. . '
II. L’Arérodit t^ quand la cauité qui reçoit, eftfu-
'perficiclle , & la petite tefte quieft teccuë,eft plate^ com¬
me celle de la mâchoire inferieure auec l’os des tem¬
ples.
III. Le Ginglyme , lors que le merme os reçoit & eft
.reçcu,afin que les ns contigus entrent réciproquement:
Tvn dans l’autre : Ce qui fefait entrois façons,
1. Lorsque le mefmeoscft reçcu parvn feul os, qu’il
reçoit réciproquement , comme en l’os de l’clpauleaucc
le coude.
2. Lors qu’ynos reçoit vnos, & cftreçeu, parvn autre,
corne cela fe fait aux vertebres. Car la vertébré oui cft au
milieu, reçoit la fupcricur«.& cftrcçeucparhnferiçurc.
3. A la façon d’ vne roue, comme eft celle dela fecondc
vertèbre du col auec la première , quand vne vertèbre
tourne à l’entour d’vnc autre comme furvn ailîicu.
l’cntens ^uhSymphyfe la connexion des os qui fe fait
Ttt iij
^i8 §lumïme TralEié,
fans môuuement 6c ncantmoins deux os fe touche
mutuellement, ou s’approchent réciproquement l’vn^^
l’autre , comme aux precedentes. ®
La Symphyfe fe fait fans moyen , ou auecvn moyen
Sans moyen
I. La future , comme aux os de la telle,
a. L’harmeme , c’eft à dire la coniondion des os par
vnc ligne fimple droite , oblique ou circulaire, comme
aux os de la mâchoire fuperieure & du nez. C'eft ainft
que prefque toutes IcsApophyfes fontvnies.
3. La GemphofctCcA à dire cncloücment, quand vn os
eft planté dans vn autre, comme vn clou, comme nous
voyons aux dents.
GmUcu 6c ceux qui l’ont fuiui,ont compris ces trois cf-
pcces fous la Synarthrofe , comme fous leur genre.
[Mais mal à propos» parce qu’elles n’ont aucun mouuc-
ment. Si eft-ce pourtant qu’on les pourroit attribuer à
la fynarthrofcjà eaufe qu elles feruent à renforcer & tenir
fermes les parties.]
Par vu mojen fefontauffi trois fortes de conîondions
par l’entremifcde trois fortes de corps.
1. par vn cartiUge , & fe nomme Synchoudrofci comme
aux os delà mâchoire inferieure, 6c aux os dupcnil.
2. Par vn Ugâmeut ^ 6c knomme Synneurefe, dont nous
voyons vn exemple àlcsdc la hanche auec ccluy delà
cuilTc.
3. P&rh chair ouparvn mufcle, 6c fe nomme SjiJfar‘
$ofe ou concatnation , comme en l’os hyoide auec l’ef-
paulc.
La fubjîance des os eft dure, non pas aride dans leur
conftitution naturelle , mais accompagnée d’vne grailTc
rcluifante. [Car autrement ilsferomproient fanspeine,
comme nous voyons aux os calcinez ,& comme on a
veu en cette vieille femme dont les membres fa brifoient
au moindre attouchement , ainfî que NiC. Foutam tap;
porte en fes obferuations. Puis que Galien lefmoignc
que quelques os fe rcduifenc prefque en fable, de m ci-
Dw Os. 519
flic que le bois carié de vicillcfle ; ce qui arriiic à caufe de
Ja trop grande feicherefle. ]
Les os rompus pcuucnc mieux fe réunir , quand ils
UC font pas fi durs.
Ils nefe réunifient pas ou fcrcngeirdrent aux adultes,
mais ils fe collent & agglutinent par remreraife d’vnc
autre fubftancc , comme de la colle, qu’on appelle c/tî.
Or le cal arriue quelquesfois contre nature , mcfmes
par vne trop grande abondance d’aliment & par vnc
mauuaife nourriture , àfçauoir lors que les trois vertè¬
bres fuperieurcs ducolfont collées detclleforte parvn
cal olTcux, qu’elles femblcnt n’eftre qu’vue feule; ou lors
que la première vertébré cft collée au crâne; Et ceux là
ne peuuent faire ces fignes dclaiefteparlefquels onap-
prouuc ou dcfapprouue,
La dureté eft plus grande en quelques os, comme en
ceux de la cuifîc, &c. Mais d’autres font plus mois,
comme Tosfpongicux, les derniers os des doigts, &c,
hes parties des os fontfolides oucaucs.
Les c^»/Yr*font ou dedans y où eft la moelle , qui ne
font pas toutesfois apparentes par tout, on defiors pont
l’articulation , quife nomment Cotyles (non pas Coty..
ledons)fi elles font profondes, & auflï boettes. Carie
cotyle eftoitparmy les anciens vnc mefure des chofçs li¬
quides ouvndcmi-fcpticr,dcfclon d’autres vne efpcce
de vaifieauxàboirc, sUcscauitczfont fuperficielles, on
les nomme Glenes o» Glenoides , à caufe qu’elles ont la
forme des cauitez des yeux qui paroifiçnt , lors que les
paupières font fermées.
l^csparties felidesdes os font trois.
La première & principale fc nomme w, Sceft la plus
dure , logée ordinairement au milieu.
La fécondé nommc'e des Gtccs.dpcphjiJtSiPrehîeyEc-
fhyfsy &c, & des latins procefus auanccmcnt, predu^h»
proieüio , extaherantia , tuberofité , &c. C’eft la partie
de l’os quin’cft pas contiguë, comme l’epiphyfc , mais
continue, auançant hors de lafuperficie plate, dont il y
3^0 S^Atriime TralBêy
«n a plufîcurs aux vcrtcbrci du dos & à U mâchoire in.:
fcricurc.
Le principal vfage eft pour les origines & infcr^ionj
des parties, comme des mufcles.
Latroificme f Epiphyfe on appendice, fur. naiflancc
âddition.C’eft vnosadhcrentàvn autre os pat vnefimpiç
& immédiate contiguité, encore qu’elle ne ftrfalTe pas
par vnefuperficie fi plate, mais auffi par vne Icgcce en»
tréc mutuelle des telles & des cauitez , comme au gin.
glyme , bien que ce foit fans mouuemcnt.
La ftibflanct des Epiphyfcseft fpongieufe & lafche &
prefque càttilagineufc en fa première nailTance : Mais
elle s’endurcit auxadul'tçs, &fc change en os : meftnes
aux vieillards jJ’epiphyfc s’vnitfî eftroitement aucc l’os,
comme fic’eftoitvnfeulos continu,
Vn c4^*//7rf^eeftappofé aux extremitezdes Epiphyfes.
Mais CCS lurnaifiances n’ont pas efté données à tous
les os : Ncantmoins on en trouue plufieurs , comme à
rcfpaulc,à l’os du tibia &du.peroné, àfçauoir des deux
coftez , au genoiiil & au pied , &c. Ainfi la dent dé la fé¬
condé vertébré, le grand trochanter ,6c les appendices
fiyloidcs , font des epiphyfes.
Les vfages des Epiphyfes font :
I. De feruir aux os moelleux , comme de couuercleS)
afin que la^ moelle ne s’écoule.
1 . Pour, la fermeté. Car la bafe eft plus ferme , quand
elle eft plus large & plus ample.
3. Afin que les ligaments nai fient des epiphyfes.
Les Apophyfes font nommées tejles en quelques en.
droits , & cols en d’autres , en yn lieu taheroffte^^ &
yn 'autres , & ailleurs pointes. Mais les parties qui
àuancent à l’entour des cauitez, comme des lèvres
qui aqgmeiltent la profondeur dclacauité, s’appellent
fearç^s tcièvres .
:: CHA?!
CHAPITRE II.
T>es Cartilages en General.
LEs Cartilages font les pius dures parties fimilaires
apres les os, &prcfque de mefme nature; Car aux
animaux qui n’ont point d’os , le cartilage tient la place
jes os, comme dit Arifiete.
Ils different neantmoins , parce qu*ils font plus mois
que les os , ôc plus durs que les ligaments : Et encore
que plufîeurs cartilages fc changent en ©s par fucceffion
de temps, [ comme Cardan l’enfeigne aufli parrexem"
pic dVn larron de Milan, dont rafprè-artere eftoit dc-
tienuë offeufe } Sc comme plufîeurs Sî5:€lettes de noftrc
aovSvaHenri Fueren monftrcnt le cartilage Tyroide chan¬
gé en yne dureté & fubftancc offeufe , ] tous ne deuien-
nent pasoffeux pourtant, comme le cartilage Xiphoidc,
ceux dupenil, des efpines du dos , des narines & des
oreilles , bien que cela arriue quclqucsfois aux vieil¬
lards ; ioint que le cartilage cft fans moelle , fans caui-
tezSc petites cauernes.
La caufe efficiente des cartilages cft vne vertu cartila-
ginifique.
Leur matière que celle des os > félon l’o*
pinion d' Arifiete , defquels il veut qu’ils ne different
que du plus ou du moins feulement. Selon le fcntiriient
de Galien » c’eft la partie terreftre de la fcmencc , mais
humide auffi , molle , en partie vifqueufe & glutihéufç,
&eQ partie graffç, mais plus vifqueufe que gràffc.'; '
Leur vfageyi. Principal eft de rendre le mbuuèthçnt
plus aifé aux iointures & de plus longue diirée , Iqrs
qu’ils oignent les parties des os, afin qu’elles nèfoyciit
blcffées par le frayement mutuel. D’où vient qu’en quel¬
ques articles on trouue des cartilages qui cncrouftcîit
les deux os qui font articulez cnfcmble.
Vuu
J l'i patrie me T raiEté
1. De deffcndre les parties des iniures externes «Car
ils ne fc brifent& ne le rompent pas aifément comme
les parties qui font dures & friables , & ils nefebroyent
&:ne fe coupent pas aucc tant de facilité, que Us parties
molles ôc charnues. Ceft pourquoy les extremitez des
narines font cartilagineufes ; C'eft pour cela que la na¬
ture a mis des cartilages au fternon &c aux coftes pour la
deffenfe du cœur & des poulmons , & le cartilage Xi-
phoide par celle du diaphragme 5c de l’orifice du ven¬
tricule.
3. De faire la connexion des os appelléc Sjnehendrefe.
4. De rendre les parties eminentes ou caucs, comme
celafe voit aux oreilles, au larynx 5c à l’afprc-artere.
5. De remplir les cauitez, fur tout aux articles comme
„au genoüil.
4, Deferuir dccouuercle comme à l’Epiglotte.
7. De feruir de fouftien comme les cartilages des pau¬
pières , où les poils font plantez.
8 . LtmJîtuAÙm eft diuerfe , car il fe trouue des caiti-
ilages en plufieurs parties, aux paupières , au nez , aux
oreilles , au larynx, àrafprc-artcre , àl’efpine , au Tho¬
rax, aux articles, de chacun dcfqucis nous parlerons en
fon lieu.
Lcm grandeur eft diuerfe auffi : Et
Lems figures les font pareillement, comme annulaire,
feutiforme , Xiphoide , ôcc.
Quanta leur couuexiou , Il eft des cartilages qui con-
ftiiuent les parties , comme celuy du nez , le Xiphoide,
,5c le Coccyx : les autres font adhérents aux os , qu’ils
lient ou fans moyen , comme aux os du penil ôc dufter-
non , ou parTcntremifc des ligaments communs , com¬
me' cnla connexion qui fc fait par diarthrofe.
Pour lem fuhfiance i les vns font plus durs , comme
ceux qui dcuicnnent ofleux aucc le temps , les autres
plus mois qui lient les articles , 5c qui ont prcfque la
nature des ligaments, d’oii vient qu on les nommc.C^^'*
silages ligamenteux^
Beî Os.
S^3-
Or encore que leur fubftancc foit dure, elle eft neant-
nioins flexible & gluante , parce qu elle eft moins froide
^ feiche que l’os, & qu’elle a vne rnucofiié qui eft ref-
panduë à l’entour d’elle.
Cette fubftance n’a point de fentiment, parce qu’elle f’"
n’cft pas accompagnée de nerfs Ik de membranes , &
qu’elle ne deuoit pas fentir , afin qu’elle ne reçcut au-- /
cunc douleur , lors que les cartilages le frottent l’vn
contre l’autre dans le mouuement.
-Quant aux autres ebofes , elles leur font communes
auec les os.
CHAPITRE Iir.
Des ligaments en Gênerai.
Le ligament ou //V»eft appellédes Grecs Synâefmeil
Les Anciens, comme Hipocrate, uiriflote & Galiets/
auffi en quelque endroit , l’ont nommé nerf , & nerf
parce qu’il porte la figure & la couleur d’vn nerf ;
le morde ligament fc peut attribuer en general à chaque
partie qui en lie plufieiirsenfemblc. Galien appelle auffi:
ligament, le principe du mufcle , dont on croit qu’vne
partie fe change en tendon. Mais toutes ces acceptions
font impropres. Nous expliquerons maintenant que'
c’eft que ligament proprement dit.
Sa caufe ejfeiente^^ vne vertu ligamentifique.
Sa matière eft la partie vifqueuk & tenace de la fc-
mence.
Son evfage eft de lier cnfemblc comme vne corde les
parties du corps, fur tout les os, & Ics'conlcruer par ce
moyen, à latefte ,au thorax,,audos, &auxextremiiez^
afin qu’il ne fe fafle aucune luxation.
On dit qu’il nmf de l’os principalement, à caufe qu’il
y eft cftroircmcnt adhèrent f bien qu’il foit engendré
delafemencc) & quclquesfois du cartilage, de l’oscar»
V U U ij
s 14- patrie me Traite ^
tilagineux,ou de la membrane, & qu’il s’infcreàTos g '
cartilage , au mufclc ou à quelque partie. Ou fi vous
aimez- mieux , les ligaments naiffcnc entre les os , ou
aux os.
Quant à leur fitnation , les vns lont intérieurement
entre les os, côme les ligaments appeliez cartilagineux^
qui font efpais & prefque ronds ; les autres couurent ex*
tericurcment les os, qui font déliez. &: membraneux,
Pour h Figure, les vns font plus larges , que les Ana-
toiTiiftcs appellent membraneux , comme nous auons'
dit n’agucres , les autres plus longs , qu’ils appellent
nerueux: Ils leur donnent ces nomsà caufede larcfTem-
blancc , mais non pas que le ligament foit membraneux
ou nerueux. Ainfi les larges & déliez qui enuclopent
les articles font appeliez membraneux, & auflî ceux qui
couurent les tendons & les mufcles.
Leur fnbfiance eft folide , blanche , exfangue , plus
molle que le cartilage , mais plus dure que les nerfs &
les membranes. Car elle ciV comme moyenne entre le
cartilage & le nerf.
Le ligament n’a point de cauité , ny fentiment , ny
moHuement , afin qu’il ne fouffrit vnc douleur conti¬
nuelle dans les mouuemcns, lors que lesdigaments dc-
tiicnnent quciquesfois oupliislongsou plus court?, c’eft
à dire lors qudls fe rcfTerrcnt &;s’eftcndent.
Car cette fubftance fe peut diuifer en fibres fenlibics,
c’cftàdirc qu’on peut voir, comme l’experience & Gdien
mcfmej en font foy.
Or cette fubllance expias molle Sc plus racrabranetife
,en quelques endroits, comme en prefque tous les liga¬
ments qui embrafient les articles en rond ; Etencj?»x-
cy elle eft plus molle à I cntoiir de l’articulation du bras,
qu’au tour de celle de la hanche, ic encore plus molle
où elle enuironne les entre.dcux des doigts. Mais elle eft
plus dure ailleurs , & comme cartilagineufe en partie,
d’où vient que les ligaments font appeliez là, cattilagi-
.ncyx , à fçauoir ceux qui fynt cachez entre les os, comme
î^€5 Os, f2f
celle q»î Vâdc latcfte dc l’as de la £uiflc à la boette de
la lunch r.
chapitre IV.
Crâne en General,
NOvs diuifim tous las os da Squelette en Telle, ^^^g***^’’*
tconc,& extremitez ; Et cclles-cy-en & en lete.
peds.
L’alTemblage des os de la telle fc nombre Crâne, da
iîiot Grec Cranos cafquc, Cdunt ôc Caluam par les Latins,
ceft àdire leteft delatellc.
Sa ftuation & ^3^ grandeur fuiuent le cerueau.
Si. Figure eft ou natuelie , ou non naturelle, ccmtnc
on parle , ou pour mieux dire, dcpraucc.
La figure naturelle eft la ronde tt&n qu’elle foitcapa- ^
ble, mais vn peu oblongue.par deuant & par derrière,
oàelle s efleue , afin qu’elle contienne le grand & le petit
ccrueau ; Elle eft plate aux deux collez , mais plus vers
les parties anterieures j D’où vient que la partie pofte-
ricurc dclatcfte a la capacité plus grande. [ Alhouinut
Roy des Lombards en fit yne coupe pour les feftes, félon
le tcTmoignage de Diaconuu ]
La Figure de^rauée ou non naturelle eft de plufieurs
fortes :
I. Lorsque latubcrofité ou auancement anterieur de
la telle manque. On croit que ceux dont la figure delà
telle eft telle, font fors & fous , à caufe qu’ils ont peu de ^
cerucau , qui doit eftre plus abondant en la paçtie an¬
terieure.
II. Lorsque la pofterieure manque.
lU. Lors que l’vne& l’autre n’y eft pas & que la fi¬
gure eft ronde. Hif]p>crat6 rccognoift ces trois figures
deprauées.
adioiifte vne quatrième figure , qu’il croit.,
V U U iij
^dtrime TralSléi
qu’on peut-s’imagincr, mais qu’on ne peut pas trouuef'
lors quclalongueur fe change en largeur. Mais refjg
alTeurc qu’il a remarqué vne telle figure i Venife & [
Bolongnc.
On peut auflî aciioufter vne cinquième tirée
crate, pointue ou ouale , quand la tefte s’efleue en pointj
par haut. Figure qui a efté tenue par quelques nations
pour la marque de l’eftimeôc delà gcnerofité deshom*
mes; comme enreigne//ïppocr4«» & que les fages-fem.
mes peuuent former en comprimant la tefte en pointe-
auecvne bande, & la conferuant ainfi^ôc enfin cette fi,
gure de tefte fe propage naturellement des pcrcs aux
enfans. [Lo mefmeÆïppafr/ife dans les Epidémies mec
en auant cette figure en deux façons, f vne accompagnée
de la force des parties, & l’àiitrc fuiuiedeleurfoiblefre.]’
Elle eft mefmc auiourdhuy plus ordinaire en quelques,
nations qu’en d’autres.
E«r autres Mais nousadioufterons maintenant les autresfigures
figures de que nous auons obferuées en plufieurs crânes, fur tout
l* (efie fe- en Italie.'
VI. Lors que là partie latérale droite, âuance.,
VII. Lors que la partie latérale gauche iette vne emi-
ncnce.
VIII. Lors que là partie doite de la proietftion ante¬
rieure nefetrouue pas , & que U gauche eft eminente.
plus ou moins.
IX. Lors que la partie gauche de la tuberofîté antc-^
ricurc ne fc voit pas > & que la droite cû eminente.
X. Lors que la partie droite de la proicéfion pofte-
ricurc manque. '
XI. Lors que la gauche n’y eft pas.
Et ainfi ic mets en general doux^e figures de la telle,
yne naturelle &onze vitieufes.
La Subflance du Crâne eft olfcufc pour la fcurctc du
ccrucauquicft mol. Mais elle eft plus molle en ceux qui
font nouuellcment nez , & cartilagineufc & membra-
neufe en quelques endroits ,,fur tout près des futures,.
Des Os, 51-7
^^lus en la région moyenne & fupcrieurc de la tefte :
Ceqni aefté ainfi ordonné par la nature , pour rendre
l’enfantement plus aife , afin qu’elle cede vn peu à k
comprcflîon. Mais lafubftance du crâne cft
I. EfpailTe & non pas déliée, afin qu elle refifte plus-
'fortement aux iniurcs externes.
i. Rare Se non pas denfe. i. Afin qu elle ne pelc pas
trop. a. Afin qu’elle puifle contenir le fuc pour Ton ali¬
ment. 5. Afin queîcs vapeurs puifîent «exhaler.
Gr cette fubftance du crâne cft compofée de deux
, planchers i ou parois, ouefcaillcs, ou lames, ou tables,
tes autres les nomment <//)>/ofjouduplicatures; rYne ÔC
l’autre table cft par dedans & par dehors prefquc polie
ic denfe. Par là on peutcognoiftre l’efpaiflcur du crâne,
puis qu’il eft double prefque par tout.
le dis prefque , ce que d’autres ne remarquent pas:
Car en quelques endroits le crâne cft fîmple, délie ôC
tranfparent Sc fans milieu. D’où vient que quelques
Chirurgiens fe trompent ^ qui penfent quen l’abftra-
ilion de la première table, il faut couper & poindre iuf-
iqu’a ce que le lang forte : la verole ronge quclquesfois la
table externe.
Or la rareté du crâne paroift ^zthfHhftmee moyenne
qui cft entre les deux tables , qii’on nomme le milieft»
iCette fubftance,di-ie, eft rare , lafehe èc reçoit des petites
veines : Ce qu’Hippocrate a recognu auffi.
ia fuperficie àü cnne eft externe ou interne.
L'Externe fuperieure eft polie & égalé ; l’inferieure
ou la bafe afpre &c inégalé , à caufe des diucrfes apo-
phyfes &: appendices.
L'interne fuperieure concaue eft égalé , finon qu’elle
a des imprefiions des veines , & quelques fînuofitcz
dans lefquelles naift ladure-mere ; L’Infecicure eft fort
inégalé, à cauCe des diuerfes tuberofitez.
Or les trofts font frequens par tout le crâne , mais petits
& difpofez fans ordre , par où paflent les petites veines
& 4mr«pour la cauité interne des osÔc Udure-mcre^-
Erreur lits
Chirurgiiû
5^8 Smtrmm T mBê ,
ncantmoins ils fte le tiouacnt pas qaclquesfois.
Le crâne ^ Enfin , pour venir aux parties du crâne , il faut fauQ-
tft que le crâne n’cft pas compoféd’vn feul os, afin quiU-
deplu/icHrsç^.^ rompu pat vntr. feule bleflcurc , mais de plufieurs
attac hez par des futures , dcfquellcs nous parlerons au
chapitre fuiuant,
' Of de ces os, les vns appartiennent au crâne & les au¬
tres à la mâchoire.
Les 0;dUjCrane des adultes font dont il y en a
deux communs au crâne & à la mâchoire fupcricurc,à
fçauoir le cunéiforme 6c lefpongicux > Et fx prsfres qui
conftituentla cauité du crâne. Vn du front ( deux en
ceux qui fontnouuellcment nés ) deux du fnciputi va
de l’occiput ( quatre aux enfans ) deux des temples. Et
fix autres os font cachez dans les conduits de louyc,
trois petits ^e chaque cofté à fçauoitlc Marteau , ImlH-
me ôc l'efirier.
Et ainfi on trouue quaterziC es au crâne;
Uvfage du crâne eit
I. D’eftre la demeure ôc le rampart du cerueau, parce
qu il eft trop mol, pour refifter de foy mcfme aux iniu-
tes externes.
IL' Afin que les vapeurs puiffent tranfpirer par le cranc.
Son efpaiflcur ôc dureté feruent au premier vfagc,&
fa rareté aucc les futures , au fécond.
CHAPITRE ¥.
Sutures du Crâne.
La Suture eft vne efpecc de connexion qui rclTcmble
l’vnion de deux feies , ou vn habit rapiécé de plu-
ficurs lambeaux.
Teflefans Hy en â plufieurs à la tefte de l’homme : Car ontrou-
ftiitins. ucra rarement vne refte fans aucune future , comme celle
rapporte qu’on a vcué-, ôc on en monftre
auiourd’huy
Des Os»
auiourd’huy vnc fcmblablcàHeMad & aumonafterc
^es Francs d’Heilbrun.
La tcfte de ces perfonnes n’eft pas à la vérité fîfuieite
auxiniurcs externes, nuis elIeTeft extrêmement aux in¬
ternes , à caufe que la tranfpiration eft plus pial-aifée.
[Fallope & ÇolumbHs concilient par cette diftinftionCe//»#-
aucc Robert Cortfiantin , le premier difant que la tcfto
fans futures eft plus fuiette aux maladies, & l’autre af-
frurant au contraire que la tcfte auec futures l’eft da-
uantage.]
Les futures s’vnifTent quelquesfois de telle forte aux
vieillards par vnlong cfpace de temps & par la fciche-
refle , qu’elles paroiffent à peine, au lieu qu’on les voit
plus manifeftement en ceux qui font plus ieuncs. On
remarque quelquesfois que la çoronale feule eft effacée,
mais on ne trouue pas aifement que les temporales le
foyent aulli.finon que toutes les autres foient perdues»
auparauant.
Le nombre là des futures eft Ifemcfme en la Erreur d’ Ai
femme qu’en l’homme, contre l’opinion d'Arifiote : Il
ne change pas à raifon dès figures , comme Hippocrate ôc
Gâlien ont voulu , finon fort rarement. [ Car M- A»
Stuerinusa. remarqué vne autre future triangulaire entre
la fagittale & la lambdoide , & en vn autre crâne fous
lafin de ces futures , vne autre future ouale. Les futures'^
de la tcfte dVn certain fol n’eftoient pas fcmblablcs cri'
figure àcclles d’ordinaire, maiseftoient routes cflcuécs
comme en vn lieu eminent. Ce que nous auons veu
suffi en trois garçons Epileptiques à Naples , fur tout à
la coronale. De façon que cela nous a enfeigné vne nou-
«clic caufe & curation des Epileptiques. ]
Les fatHYes propres qui attachent les os du crâne enfem*'
ble font nommées les vnfis vrayes & propres , les autres
faulTes&baftardes.
On appelle trayes celles qui s’vniffcntà lafaçondès;
dontsd’vn peigne ou d’vnefcie.
l.^sfau£es font agglutinées à la ^sçon des efcaillcs ôc
SluAtYime TralElé)
des tuiles rondes ôc à demi rondes -, D’où vient qu’o'jii
nomme agglutinations cfcailleufes, & on les peut mieto
appcllercommiffùrcs, puis quelles approchent, pl^j
l’harmonie que de la future. ®
Les vrayes font trois.
‘Veur^Hoy h L’anterieure qui fe nomme fflmw/^.i.PatccqucIcs
,U future anciensont portélcs couronnes ù cette partie de latefte
€êton«U ejl 2^ Parce qu’elle refTcmbken quelque façon ù vnc coul
Ainj; nm- j-Qj^nç yn cerde.
Car elle montedes temples , des deux codez , trans-
verfalemcntiufqucs au fommet de la ttftc. Les Arèct
rappellent future en d’arc Sch Poufpc.
Son vfagee^ de ioindrcl’os du front aucc les os du
Jjucipuc , & de les diftingucr. [ Le lieu de la coronale
le trouuc en vne perfonne viuantc, ou en cftendantla
main depuis le carpe deffus le nez , ou en tendant vnfil
des deux oreilles & en tirant vn autre de trauers depuis
le bout du nez.]
II. La Poftericure cft oppofée à ccllc--cy cft au dcr.
rieredela tefle. Elle fe nomme lambdoide, à caufe de fa
figure qui tfprefente la lettre Crecque A, félon
d’autres , &»aufli future de la ProHë,
Celle- cy monte obliquement de la bafede l’occiput
aux deux oreilles , & s’vnilTant fait vn an^e. Quelqucs-
fois, quand l'occiput cl^amplc ouautrcnfet,ilcftdiui-
fépar vne future iranfvcrfc fimplc ou double. Quclqucs-
fois lafuture cft double ou triple , comme fi vn grand
triangle cncontenoitvn ou deux plus petits : où on dit
que font compris delà forte les trois oflcllcts iriangu-
_ laircs, qu’on recommande en l’Epilepfic.
mX [ OUus yvorm grand perfonnagea trouuéà la future
'^"lambdoidc d’autres os, outre les triangulaires quipene-
troient les deux tables du crâne, qui n’ont pas re¬
marquez iufqucs icy, à fçauoir trois le plus fouuent au
cofté droit 5c autant au gauche , diffcrens en grandeur,
figure & fituation. L’inferieur fc void à l’apophyfe ma-
Ibidc , le mjfcn vn peu plus haut enuiron yn ÿÇfî
Des Os. /jt
doigt , ïe troijteme eft vn peu plus cfloigné du fécond.
leüt figure eftdiuerfc, tiianguIaîre,oblonguc ,ouale;
l’ay remarque quelqucsfois auec lattouchcracnt qu’ils
eftoienteminents, comme des excrcfccnces d’os en des
perfonnes viuantes,
^ Ils paroilTent tous plus^rW/aucofté gauche. Ncanr-
moins le plus grand ne palTe pas la grandeur de l’on¬
gle du poulce,
lis paroi lïènt plus dîftinds en la Tuperfîcie cauc du
aane qu’àla connexe, c’eft pourquoji on les remarque
tous plus clairement, le crâne eftantofté.
Il faut neantmoins remarquer que ces os F’vormient
font diuers en diuers crânes en nombre, grandeur, figure
& fîtuation. De forte qu’ils font tantoft quatre, tantoft'
deux, & feulement à la ligne droite , & quciquesfois a
làiointure dé la fagittale auec la lambdoide , & quel*
quesfois aufli aux futures efcailleufes temporales.
Leur vfage ti rcion aduis , cft i. Afin que les futures
fàifans vn plus long chemin à l’entour de l’os , elles-'
foient plus amples pour la fortie des excremens.
1. Afin que le crâne foit plus alTeuré par la connexion
dé plufieurs olTclets contre Ics contufîons. ] *
Ifvfage de cette future cft de diftingucr l’os de l’occi¬
put des os des temples &du lynciput.
III. La moyenne entre cellcs-cy eft la fagittale, parce
qu’cllc fe porte droit , ou par vnc lîgne droite comme
vne flèche, félon la longueur de là telle entre la coro-
nale &Ia lambdoide.
Elle va quelqucsfois iufqucs au nez par le milieu de là
coronalc & du front, fur tout aux enfans : Et elle tra-
uerfcmcfme en quclqucs-vns vnc partie dcl’osdcl'oc^
ciput.
On nomme aufli cette future verge 8c droite aufli. Veurquoy’^
Son cft de diuifer & de coniondre les diux os quelques
. dufyncipw. ^
On met communément deuxfuupsqnona. accouftu-
me. d’appcllcr efcailleufes , corticales & temporales,/,,.
Xxx ij parce
Ai vm portion de la future faginale,
B. U juture lamhdùiae-
C. la feütoftfatte auec la fcie^
D. le premier w de F'verm du cefie'gt
E. lefecond,
F. le trotfieme.
G le premier du çefté droit.
H. le féconde
I* le troiféme.
K. le grand trou du crâne.
L. L. les apophyfes mafioides.
parce qu'cllesfont la circonfcrîption
Z)« Os, P J
Or il a falu que cette connexion fe fità la façon des cf- •
cailles, parce que les os des temples cftans fort cfpais
par la partie inferieure, euflent trop pefé , s'ils n’euf-
fcQt eftéattenuex par hautinfenfiblemcnt , & s’ils n’euf-
fent efte ioints aux os du fynciput amenuifez peu à peu
comme des efcailles.
Au refte ontrouueplofîcurs dcccs futures fauffes par
tout dans le crâne , Sc auffi diuerfes harmonies, où les.
os font liez enfcmblc.
Vvfnge des futures;
I. Pour rendre libre la tranfpiration des fuliginofitez. \.t nmift
D’où VKMC^'Hiffecme dit que ceux Hlontlateftcplus dis futures
faine , qui ont beaucoup de futures , & ceux dont la '^**^*‘
telle clifans futures, font trauaillez de dotdeur de telle.
II Afin que ladure-mcrc y foit fufpcndué & attachée,
dcpcurqueles parties intérieures du ccrucau ne foient
comprimées.
III. Afin que la dure mereiette là des fibres pour faire
le pericrane & le periolle.
IV. Afin que des vailTeauxlcsvns entrent, & les au¬
tres fortent pour la nourriture & la vie des parties.
F/fllope nomme ces vailleaux les veines de la pouppe.
y. Afin que la fraâure d'vn os ne fe communique d
Tautre.
VI. Afin que les topiques appliquez extérieurement
penetrent plus aifément.
CHAPITRE VL
Des Os Propres dit Crâne en Tarücttlier,
Le Premier os cft l’os du Front, que d'autres nom¬
ment cerûMul tefreute'i l’es delà poupe s qui a
La Figure impartaitement circulait c , à fçauoir plus
patfaicàcmcnt, où il cft circonfeript parlaluturecorona-
Ic, Acplus imparfaitement proche dufiege des yeux.
Xxxüj
S^atmme TraiSlét
Il a hftthpnce plus dclice que l’os de l'ocdput
plus cfpaifle que les os du fynciput. ^
Il cft double aux enfansnouucllemcnt-nésjdidinpü'
par lâfiuurc fagittalc, [& compofé de deux tables in^
terne & externe. ]
Il y a au haut du nez au delTus des fourcilsdes cauitez
. ou fînuofitez fort amples ( mais elles uefetrouucntpas
I. Aux petits enfans iufques à vn an : t. En ceux dont
levifa-gceftplat. 5 . En ceux de qui l e front cftdi-uif^) qui
font deux le plus foauent entre' les deux tables ,cmi€.
lopez & feparez quelquesfois d’vne Ptemhréne verte
qui contient vn certain corps luollct & moelleux. *
Ges finuofitez ont des qui à la capacité
des narines, &c vn autre qui finit au crâne dclTiislcfep.
tum de l’os fpongieux , qui feparc les, organes -de l'o¬
dorat.
Vvfage ;
I. Pour rendre la VOIX ricfonante , parce que'ces ca-
uitcz ncfctrouuent pas en ceux qui parlent mal.
X. Selon quelques vns-, afin que l’air y foit elabouré-
pour la génération de l’cfprit animal.’
3. Afin qu’elles contiennent l’air qui cft le véhicule dés .
odeurs, apres qu’il a efté attiré par les narines, d’où il
pafTe infenfiblcment aux organes de l’odorat , & au cer^
ueauqui Taltere , & l'ayant change , le remet dans fon
eftat naturel. D’où vient que l’odeur fc fent vn iour en¬
tier au haut des narines,
4i Selon d’autres, afin que non feulement les excrc-
mens crafTcSjmais'auflî les aqueux s’y allcmblcnt, qui
cftans portez à la glande lachrymalcjcaufcnt les larmes.
5. Les autres veulent que la matière mocllcufe qui y
cft continue, pafle le trou du plus grand angle de l’oeil,
& qu’elle humcdle & rende l’œil glifiant , afin quille
jwcuue plus aifemenr.
Get os a des apophyfes , l’vne au plus grand angle de
l’œil, &.l’autre qu plus petit , pour conftirucrla parfî®
fupericure de.i’oihue.
Des Os, s^f
II atrois/rfl«j,I'Vn par dedans, dont nous auons parlé
^cy.defTuSjqui finit au crame : deux par dehors au milieu
.dcsfourcils & poitrlepaflTage desneifs(de la troifiémc
coniugaifon ] vers le front.
Le fécond & le troifiémc font deux os du fpeifut Ou
du fommet de U «r/e,quc d’autres nommznt^ptirituttxt
veitfie^ » nerneux » os de U râtfon ^ de U fenfee & les
-Grecs os du , parce que le cerueauqui cftcncét
endroit plus humide iSc plus mol, cil fitué fous eux.
tt\n figure cft quatrée [ & inégalé. ] p
Leüï ful;fia»ce cil plus rare &plus foiblc que celle dos
autres , parce que latcftca befoin en cét endroit d’vne dufyndpit
grande cuaporation: D’où vient que lesplayesdufynei* font mtr-
put font mortelles.
Cette partie qui cft aux petits ( des hommes Se non
pas des belles ) à k commiflurc de la futiirc coronalc
&'dc k fagittale , fc trouue membeaneufe & molle, &
enfin elle fc durcit en os , entre les os de la tefte ; Ce qui
arriuc (chn ^rifiote, lors que l’enfant commence à for¬
mer vnc voix articulée. D'où vient qu’on remarque en
ce lieu auxenfans vnc ouucrture ©u vne fofte, que les
autres nomment foMSaneSe ou fontaine pulfatrlc, où on
a accouftumé auflî d’appliquer le cautère en dcscathar-
rcs defefpcrcz, l’ay remarqué vnc fois feulement cette
partie membraneufe, comme aux enfans,Ôcnon enedre
©fieufe en vn^omme de quarante ans.
Il-y a des tanitex, fupcrficicllcs par dedans [ qui font
les traces des veines] &des petits trous par dehors.
Le quatrième os cft celuy de l’occiput , que d’autres
nomment Bafilaire , l’os de la front , l’os de la mémoire ^
l’os de hi hittCi & les Grecs /«w« :ll conftiiué ptefquc
toute lapattic poftcrieurc & interne du crâne.
11 cft communément aux adultes ,& rarement
double ou triple ,& auxenfans il eft ordinairement eora-
pofe de quatre os ôc plus rarement -de cinq.
5a Figure cft triangle fpherique.
Sa fuhfiAuce la plus craffe & la plus denfe dc.toute«
Sjfatrieme TraiBé.
( parce que le noble ventricule ctt fitué en cét endto’
& que les nei fsfortentdelà , comme de leur fourcc ) f ’
tout à la t^c du crâne , finon aux codez du grand trou^
où elle cft tics deliée ( à raifon de quoy a bien
dit qnp cét os cftoit fort mince , ce que ÇolHmhHs te
prend ncantmoins. ) D’où vicntqu’ily a au milieu ynç
cmiftence oblonguc pour fetuir dedeffenfe,
il y^erntj troHSi l’vn fort grand , près de la première
vertébré, par où fort la moelle prolongée, & les autres
plus petits pour là fortiedes nerfs & l’entrée des veines
& des artères.
Il y a neuf fimafttezi , fept par dedans , & deux par dc^
hors.
Il y a antérieurement à là bafe deux Apophyfes larges,
( qui font des epiphy fes aux enfans ) couuertes d’vn car¬
tilage, plus eminentes par dedans & inférées aux finus*
de la première vertebre pour le mouucmentdcla tefte:
ràûtre apophyfe cft petite par derrière & iointe à U
première vertebre.
E’of tr'mn y ^ ^ l’Occiput des chiens vn autre os^ntre lé grand-
^uUirèaux ^ cerucau , qui eft triangulaire [ afin qu’il férue
%ms. fouftien dans leur démarche courbée. ]
Le cinquième & le fixiémefont les os des Temples,,
près des oreilles , que les vns appellent os pierreux .fe-
freux, efcatlleuXi faux, U les autres pariétaux ^
voufle^.
Leur figure tlï inégalé ( toutesfois plus circulairc quo
triangulaire) à caufe de leur inégalité , qui cft comme
des' rochers & des afpretez inégalés : D’où vient aufli'
qu’on les nomme os petreux. Mais ils s’atténuent in-
fcnfiblement par la partie fuperieurc , afin qu’ils foient
tranfparens, où ils codent aux mufcles temporaux, Si
fc ioignent aux os du fynciput , comme des efcaillcs*
11$ ont fix trous externes , & deux internes, le premier
externe cft ample , àfçauoir le conduit auditoire, & les.
autres petits , pour le paiT’gc des vaifléaux.
Et dcüxj^nuofitex,., l’externe qui eft cfittueitcd’vn car¬
tilage:
r
b es Os: '^'37
tiUgc reçoit la mâchoire infetieure : t^interne cft oblon-
gtie & commune à l’os de l’occiput.
Chacun de ces os a vne appendice aigue, oblongue
’gcgrcfle jc’eftpourquoyon la nomme Stjloide yBeknei^^
y Guphioidet archet yèce. Elle fcromptaifement, d’où
vient qu’elle ne fètrowue pas en tous les ers nés , fur tout
en ceux qui ont efté deterrez. Elle eft ofleufe aux adultes ■
& cartilagineufe aux enfans. Elle £è courbe vn peu, com¬
me l’elperon d’vn coq.
Et trois apophyfet. ^
I. L'Externe ôcobtufé, crafle, courte, & eau erneufe,'
quieltappellée«?4r«w7///(*ire,àcaufe de fafigure,
Z. Vne portion del’os Zygomatique, cft auffi vne apo-
phyfc externe^
Carl’osIugalouduZygomafîtuéfousrœil, n’eft pas zygomn.
vn os particulier, mais il cft compofé des apophyfes de
deux OS', de celle dont nous venons de parler , éc d’vne
autre de la mâchoire , qui font coniointes par vne future
oblique, de forte que de là fe forme comme vnpont;
dont rvfage eft de deffendccle tendon du muiclc tempo¬
ral, à caufe que Iç crâne eft délié d’ailleurs en cét en¬
droit.
■>).V Interne <{m fait vne tuberolîté longue, dans laquel¬
le il y a trois camte\:le tdmbeftry le labyrinthe & la cequtüei
&auflî les offelcrs de l’ouyc. Mais fi on compte le con-
duit externe deuanc la membrane du tambour, il y aura
quatre cauitez au conduit auditoire, bien que les anciens >
n’ayent fait mention que d’vne feule cauerne.
La I. cauité qu’on appelle le 1 ambour oula emtyue>o\k
le baftnfSc Arifiote la coquille^eft fituéc incontinét après
la petite membrane du tambour , dans laquelle font l’air
naturelles trois oftelets, le ligament & les mufclcs , les-
petites fcBcftres &lesaque du(fts: Et de cette cauité vn
canal va au palais [ qui ne tranfportc pas ncantmoinS'
l’air naturel, parce qu’il y cft retenu par la nature.]
Les font deux petits trous dans cette cauirér
^^t\ouale, qui eft au milieu de. la cauité plus anterieur &■
Y-y y plus ^
2>« Os,
Explication des Figures*
Voi fphcnoide , la i. &la jj'o-
rcillemtcrncXa4.&la5.Ieso(relktscld’oiiye, "
La Figure L
A. A. tos JpoHgietix , & fa feparatim B.
G, D. deux cAHite':^ de l’os jfpheMoide.
E. le feptum fut fepan lefdites camtez,.
F. le mu d'vue cAuité de l'os fpheuoide, qui Aboutit aux
narines.
G. la cauité droite fitue'e fous les deux precedentes,
H. les apophjfes de l'os fphfnoide femblables aux ailes dt^
chauues-fouris.
La Figure IF,
le Tamhour.
C. les ofellets adhèrent Si
D. le nerf auditoire,
E. /ü» rameau au mufclè tenterai.
F. vn autre rameau qui tombe du trou par oà U veine
nourrifsiere des oreilles fe porta
G. la diflribution du nerf auditoire par lis oreiHes,
H. la conque de l'oreille,
I- tojfellet de l'oreille qui rejfemble à vne enclume,
K» les petites cauernesi dont U cauité des oreilles ef
remplie,
La Figure llî.
Cette Figure moudre la coquille de loreille , & le
labyrinthe , ouucrtspour y voir les petites
veines qui y font.
a» la coquille fendul.
tyyi)
s 40 SlMtneme TraiBé] -
b. vn pêtft (Htn-'dettx dinifant U coquille en dcttx dei
fiours.
C, vn trou rend ahoutijfmt à la cauité de l'oüye , ^
de :Our wfeneur de U co(^ftille-
d. les circenuolutiens du labyrinthe decouuertes.
C, les petites veines qui fe dtftribuent par la coquille le
labyrinthe.
La Figure IV-
L. la face anterieure du manean.'bA. la poferieuri,
N- la face anterieure de l’enclume. O. la poferieure,
P. la face anterieure du marteau (T de e enclume iehtsen-
Jfmhle.
Q. la pefierieure.
R. l'efrier de l oreille d’vn veau.
S. le quatrième os prefque rond > lié k fefirier de l'oreille
d'vn veau.
T* l'efirier de l oreille de l'homme,
y . le quatrième os de l’oreille humaine Attaché k l’efri'er
-par y n ligament.
La Figure V.
î.î.' les ojfellets de l’ouye.
B. l’apophyfe plus grejle du marteau ohferuc par Ctd\vx^
JFolius.
plus haut, fur lequel s’appuye la bafcdcl’cftricr, Cen¬
tex me la plus grande partie ; Il s’ouure parla partiepofte-
ricurc vers la coquille, par vue amplitude notable , & le
xonioma aufli au troupofterieur y(\\x\ tÇtplw bas, plus pe¬
tit 3c plus eftioii en l’homme, ôc celui-cy le diuile en deux
canaux, qui font (cparez par vne écaille olleulcfort dé¬
liée: Par l’vn il va auec la petite feneftre onaleàlaco-
quille, 3c par l’autieaulabynnthe ihtie canal pofterieur
£e nomme le conduit de la coquille itortuem
r
T)65 Os.
ttieugU Sc capreolairct à caufe dcfon chemin tdrtueux,
par où le trainedmeiicment la plus grande partiedunerf
auditoire auccl’artere.
IL La cauité ronde & plus petite s’appelle
Iawi»<^,àcaufede fes diucrfes anfraduofitez : Ellcfo
ioind apres la feneftre oualc à la cauité fuiuantc. Plu-
lieucs chemins vont de celle -cy , qu’on nomme demi- cer-
des ojf juv crettfex. o\xeo d’dans y am p les au co m cncc m et, qui
s’cilrcfliflent puis apres infcnfiblemét,couuerts d’vne pe¬
tite membrane déliée, afin que les fonsdeuiennent plus
aigus , & qu’etlans rompus ils montent infenfiblement
au cerneau. [Il cft percé de quatre trous, outre l’ouale,
èclc cinquième qui fe termineàlacoquille ]
La IIl. fcnommela Coquille, à caulcdefa tortuofîté
anfraâ:ueufc,& par d’autres la de la coquille. Car
elle a trois ou quatre tours qui fc reçoiuent mutuelle¬
ment , & elle eft enceinte par dedans d’vne membrane
fort déliée & trcs-mollc, [ la nature luy a donné auffi vnc
infinité de petites veines, qui s’tntortillans autour des
anfraduofuczdc lacoquillcjfegliflent par pluficurs ré»
lettons aux parties fccretes du labyrinthe.]
chapitre vil
Des Os de l'oUya
ÏLyafîx autres os à la telle qui font les plus petits, â
fçauoir de chaque codé les trois offelets de l’oilyc, ap¬
peliez à caulc de leur forme , Marteau, Mnclume , 5C
qui eftoient entierèment incognus aux anciens,
dont les deux premiers ont cfté trouuez par lacobus Car^
pus, que Majfa , lacobas Sjluius , & V tfale ont fuiiiy de¬
puis.- Ce dernier fumantraduertilTement de Fallope,hit
mention auffi. d’vn troifiémc os, duquel Ingrafsias eft le
•premier inuentcur j Encore que ^ufiachius & Cdumbtis
auïibuenc i’inucntioo.
Yyy iij
S42 Si^mievne TralBéy
[ François Sylttifts atrouué yn quatrième os, & nous
l’amon(tré,quieft rond, petit, fembkble félon ]\jicoi
FoMtAmsi l’ccaiUe du poilTonlubin, attaché au coftédè
■ reftrier, par où ilcfl: ioind à l’cncIume , par vn ligament
délié, ce que vous trouucrez aifcment dans les teftes^j^
veau cui61:es’,aufquclles il cft plus grandqu’en l’homme
auquel il n*cft pas pourtant fort petit. ]
Ilsfont/r/ÿ^adansk première cauité,.ou danslacon,
que.
Leur fiibfia»ce eft dure &denre,caue par dedans, afin
qu’ils foicnc plus légers, & qu’ils contiennent la moelle
pour leur nourriture, & elle n’cft point couucrte d’aucun
periofte. Ils font auffi parfaits & autfi grands en ceux qui
font rrouuellcment nés qu’aux adultes : Encore qu’ils ne
foientpasfîdurs, mais plus humides, d’où vient que les
enfans ont l’ouyc moins aiguë.
Q^nt à leur connexion . le Marteau eft par fon apo-
phyfe eftroitemcnt adhèrent à la membrane du tambour,
au de- là du milieu , comme vne queue réfléchie, dont la
t«ftc eft inarticulée à là cauité de l’enclume, ayant vne pe¬
tite apophyfe, afin que le tendon du mufcle rond y puilTe
eftre appliqué [ Il a auflî vne autre apophyfe plus lôguc,
mais plus deliée que Càcilius Fôlius a remarqué le pre¬
mier, à laquelle vn autre mufcle externe de l’oreille eft
attaché. Elle eft appuyée de trauersfur le cercle ofleux,
auec lequel elle s’vnit peut- eftre aux adultes, car elle no
fc voit prefque qu’aux enfans feulement.]
V enclume qui reflcmble à vne dent molaire, eft fou*
le marteau, ayant deux Apophyfes par bas: l’vne plus
courte appuyée fur l’os écailleux, & l’autre plus longue
quifpuftient Icfommetde l’cftricroudc l’os triangulai¬
re , qui eft appuyé fur la coquille , cependant que par
vne bafe vu peu large il fc plonge dans h feJieftre-
ouale.
^ Ces trois olfellcts font ioints parvn ligament ^ott de-
lie, tendu à l’entour déroute U membrane , comme 1®'
nerf furlapeau d’vn tambour;
Des Os. i4.s
V'vfage des eplets tft; Non pas pour faircdu bruit,
frapansrvD' coiuic l’auttc, mais afin que rdpccc dufon
ayant «ftc rcceuë, puiflc paficr aux parties intcrjcures,
& que les excren-ens dis oreilles aytnt vn chemin.
Car reftner qui ferme la fenctre ouale ou rupeucurc,
cft meu parrenclrire (dVù vicr.t qte la fenelltc s'ou-
ure, afin que l’elpecc dulon pafle dans le neif, & que
4es excien cns fie purgent par vn pctiv canal cartilagi.
neux ) renclumc pai le maiieau , le marteau par la petite
membrane du tan.bour qui a elle batuë pat rimpulfion
de l’air externe (laquelle eft empeichee par le marteau
quelle ne foit trop pouflee en dedans.) 'Q^and cela fc
fait, elle eftpoufl'ée en dedans^ deuient conucxe,d’oû
vient que fait naturel cftafFeifté , qui errant par la co¬
quille, fait que les reiettons du nerf auditoire , reçoi-
uent les efpeces des fions portées par les petites fene-
fireS;i &: les enuoient auccrucau.Etainfilc n.artcau eft
incu feulement en dedans ; Mais au retour il clt meu
en dehors auec la membrane du tambour, par ce petit
mufcle qui a elle trouué par Cajfems.
chapitre vni.
Des Os communs à ia tepe la mâchoire
Juferieme , du cunéiforme du
fpongieux.
L’Os fphenoide ou cunéiforme cft ainfî nommé , à
caufe qu’il a la figure dvn coing, ôciuSi muhiferme
par les anciens , à caufe des diueifcs apophyfes qui le
rendent afpre par dedant & par dehors: les autres l'ap¬
pellent os paxilUtre, baftlaire , du colatoirâ y à\x palaist
&c.
Il cft /r«c.au milieu delà bafcdela tefte ,&:Icccrucau
4;ft couché fur luy comme fur vnc bafe , de forte qu’il
" ~ - - - - touche
Gemment
fe /Hit
l'fHye.
Hxplic^tîofi de I4 Pi^i
Elle reprcfciitc le crâne. La i. figure la partie inferieur^
la Z. la fupcrieure.
^ defiifiépmr les nerf i
les apophyfis amerieures de UfclU de cheftaU
e fécond trou de l os fpheniide , pour les nerfs mi meH‘
Heni loeiU ^
K U
m
Des 0i.
ll,.létroiJteme trou de l'osfpheMoide»
I. les petits trous de l'os fpoagieux-
K. vue cmerne aJfez,amplekl’os dufroMteutrel sdeHxt4*
yies , qui efik la racine du ne^
L* la fe»te de l'os fpongieux .
M- lenfoncenre de U felle a chèual-
N. la fente commune a 1‘ os fphenoide & a l'os des temples,
Q . le commencement de l’ aile de l' os fphenoide*
Jtxie'me trou de l'os fphenoide»
R. lejepttcme. S. le fphenoidea fouuent vn trou en ce lieu i
mais le cinquième efi vn peu plus haut.
T. T. les filions des vatjfeaux qui courent par la.
V. le huiÛie'me trou de l'os fphenoide.
Ida circonfcriptimde l’ os fphenoide efi depuis II. ÎUfques ï-^
"S, depuis S. iufques a l’autre 2’ depuis l' autre iuff
que s a de -Ÿ a l’autre 'Y.
A. la future lamhdoide.
A. A- la future fquammeufe des os des temples.
S- l’addition de la future lamhdoide.
S- 2. vne portion de la future qui efi commune à celle qui ’
enuironne l'os fphenoide a l'os des temples.
a. le fixie'me trou des temples-
c. le fécond trou de l'occiput, d. letroifie'me.
Ck le premier trou de l' occiput par ou fort la moelle de tef-
pine.
i.' lefinus du crâne pour le petit cerueau.
K, la iroifitme finuoftté moyenne entre les precedentes,-
va. a. le fieptum de l’es fpongieux ^
^.vnecauerneal'osdufront. .
l.I. ^vne finuofite' félon la longueur du crape-
f«' T. T. T. les fiions des vaijfeaux qut pajfens en cét en¬
droit par la dure- mere-.
T. T. la future coron ale.
A; la future lamhdoide.
©• ©• la future fagittale.
la fontanelle a fçauoir cette partie qui efi memhra-'^
neufs aux enfans.
ilii 'Vi. .'o*'. . . 'v A
Des OSi f
^^,(îins laquelle apophyfe qui eft quarréc 5^ large , eft.
vne tnfoHceuYt pour rcceuoir la glande pituitaire.
Ilyaà lafclle vue pleine de petis trous , afin
que l’air attiré par l’infpiration , foit elabduré pour la ,
nutrition de l’animal.
Il a diuers trous pour le paflfage des vaifleaux pay,
ey parla •
L’os fpongieux cft fitaé au milieu de la bafe du front,
& remplit la cauité des narines :On la nomme auIS
Ethmojde ou crihreux > parce que
Sa partie irtierne par laquelle iî cft ioint à la tefte, eft
percé comme vn crible de plufîeurs trous tortueux-
anfraélucux & non pas droidls , & cette partie eft
proprement Sefedoirnommer cribreufe.
II a au milieu vne ^pphyfe aiguë rcITemble à la
erejie d'm coq j qui diuilè cét os comme vne clofturc en
deux parties , vne autre apophyfe eft ioimfte par bas d
cette apophyfe fuperieure qui mi-partit les narines, où>
la partie externe de cét os qm eft contenue dans la cauité
des narines hors du crâne , eft rarc& fongueufe.^ & oÙJ
elle eft propremenc appclléc fpongieufe.
Il aaulE-vne autre partie plate , déliée , folidc ,& po¬
lie pat laquelle elle eft iointe à l’orbite des yeux , dont
il conftituc vne petite-portion, mais elle n’eft pas par«
tie de la maehfoire fuperieure , comme a voulu refale.
L’vfage de la partie fpongieufe eft d’altercr l’air infpira
auec les odeurs.
L’vfage principal às la partie crihreufe , efl
I. Pour l’entrée dé l’air, pour la génération dcl’efptiîf
animal. -
a. Afin que lès efpcces dés odeurs foient portées
auec l’air aux produâions raaramiUaires. , qui font les
organes de l’odorat , & qui aboutiflent à ces trous»
D’où vient qu’en la coryze ce trou eftant bouché > l’a-
âtion de l’odorat fe perd.
Vvfage moins principal eft l’expurgation du ccrueau*
Car la pituite ne fe purge pas feulement 'par la glanda
Z Z Z i j
"^SuatrlemeTralBê^ v.;
pituitaire au palais, mais clic dcftillc aulfià Tos cribretw.
S>c aux narines , (îles ventricules fupericurs du cctuci
font remplis d’vnc trop grande abondance de pituite^
Au refte ce flux eft contre l’ordre de la nature.
CHAPITRE IX.
Des os de là Mâchoire en General.
LEs os de la mâchoire font lesfondemcns detoutc’Ia
face , à fçauoir la mafehoire fttpeneftre au delTus de
.\Q^efice la bouche, & l’inferieure audeflous.
la ma- Car la fupcricure que Celfus appelle. eft lapartia
choirt fu- offeufe de la face, qui .comprend la partie inferieure èc
prieure, latérales de l’orbite des yeux , les narines , les iou'ès,
le palais , & la rangée des dents fuperieurcs.
Et cette mâchoire eft plus courte & plus ronde aux
hommes qu’aux beftes , pour la bonne grâce ; Elle eft
aulfl immobile comme aux beftes , exceptez le pero-
quet & le Crocodile de riuierc [ & de terre , Icfqucls
neantmoins ne mcuucnt pas la mâchoire feule , mais
aufli comme les vipères toute la tefte , qui y eft très
eftioitcmeni attachée , ce qui fe doit entendre aufli du
... . Perroquet.]
rieure. la mâchoire inferieure en l’homme Sf aux au¬
tres animaux, eft feule mobile , excepté le crocodile., qui
l’a tellement vnic aucc les os des temples, qu’elle ne peut
fcmouuoir en aucune façon: mais le perroquet les re¬
mue toutes deux.
La comexion eft fans mouucment en la mâchoire fu-
perienre , par future ou par harmonie , aucc plufieurs os
propres, dont elle eft compofée, & les autres os quifont
a l’entour, & cnl’imericute par fynchondrofe
milieu du menton. Mais aux adultes le cartilage f« chan¬
ge en os de telle forte, que la mâchoire inferieure
I.
Des Os ', 549
tnfeuî os, au lieu qu’elle cftoitauparauant compoféc de
deux os.
On trou UC des canitet, au bord ou au circuit de l’vnc &
l’autre mâchoire ( Galitn appelle cette région Phatma
crcche ) dans lcrqucllcs les dents font plantées , que
Uen nomme BothrtA , & les Latins aîneoli, lomli , fofuUi
prajepiolay monArioIa^ petites ruches, logettcs, foflettes,
petites crèches, petits mortiers.
• Les <r4»/re;^f©nt quelquesfois fimples ou triples, fcloii
les racines des dents ;Q^elqucsfois,elIes feperdent &fo
rclTerrcnt, lors que les dents font tombées ou atraebées,
D ’autresfois il en renaift d’autres que font les dents nou-
ucllcs qui fortent. Elles s’cffacenifouucnt enlavieillef-
fe, lors que les dents font perdues, & les circuits de-
uiennent plus aigus & plus durs , afin qu’ils feruentaux
YÎcillards pour mafeher enlapla^p des dents.
CHAPITRE X.
Des os Propres de la Mâchoire /ùperieure,
LEs os propres de la mâchoire fuperieure font ewee,
cinq de chaque codé, 5c l’vneft fans pair.
Le premier prefquc triangulaire, confiitué la partie in¬
ferieure de l’orbite de l’œil, le petit angle, ôcvnc partie
de l’os du Zygoma 5c de la iouë.
Le fécond fait le grand angle , où eft vn trou qui va aux
narines, auquel fe tient vne^aruncule.
C’cftle lieu où fe font les abfccz qu’on nomme L« lieuaf-
■qui pénétrent dans l’os , s’ils font mal penfez ou fi on les feclé tnl’E.
néglige, d’où viennent les fiftulcs lachrymalcs.
Ceft oseftlcpluspetitdcsosfuperieursdc lamachoi-
te fuperieure, délié , tranfparcnt , lafehement adhèrent,
de forte qu’il fe rompt 5c fe perd aifement : D’où vient
qu’on le trouuc rarement dans les crânes détenez.
Z Z Z iij
TmiBcy
Le troifiémc cft le plus pand, qui conftituc la plug
grande région du palais, l’orbite inferieure , & |e
qui contient les dents. Il a des deux collez des finus am
pies confidcrablcs ( & des trous qui donnent palTageaux
vaiireaux)foit pour la Icgercté, foit afin qu’il contienne
la moelle pour la nourriture des os & des dents fupericu
res, & mefmes , félon d’autres pour la produftion de h
VOIX. Elles fecreufent premièrement-: aux enfans, apres
quelques'annécs , & font ceintes d’vnc petite membrane
déliée.
Le quatrième aucc fon compagnon conftituëlapartio.
oflcufcplus eminentedu nez.
lleft grclle , dur ^folide & quarré.
Ces deux os externes du nez font diuifez’parvncfiitii,.
re : Ils font afpres par dedans, afin que les cartilages du.
nez s’attachent mieux.
il y a vn autre os interne ( qui eftie troifîéme du nez)
adhèrent à l’apophyfc dcl’osfpongieux,quon appelle
la paroy entre-moyenne des narinest parce qu’il les diuife.
Le cinquiéme cft fitué à^rextremité du palais, où les
trous des narines vont à la gorge, lis font feparez les vns
des. autres par la future moyenne du palais, & fontda
partie poftericurc de I amplitude du palais éedesnari-
nes.Ils font déliez, lolides & larges.
Columhs adioufte vn vnT^me à.cesdix,fcmblable au
foc d’vnc charrue ^^au deffus du palais interne & moyen,
fcparant. la. partie inferieure des narines, comme vn©.
clofture.
CHAPITRE XL
la mâchoire inferieure*
_ _ n fcul os aux adul*
î,& de deux aux petits cnfans,iufqufs à la
Année, ioiiiéls parTynchondrofe.
J^A mâchoire inférieure cft faite d’v
Des Os. sfi
Figure comme celle de la lettre Grecque w. ou
d’vn are.
Si fubflance cft trec dure & tres-fotte, afin qu’elle
puilfe durer en mordant & marchant : Elle eft creufe par
dedans, où la moelle eft contenue pour fa nourriture, &
des dents. ,
Elle trous chaque cofté, qui fc portent con¬
tinus par la mâchoire, comme vn tuyau, de forte quefî
l’onpaflc vne foyc de pourceau par l’vii, eUc;peut fortir
par l'autre.
L’vn eft merncy poftcricur &:plus grand, qui reçoit
vne partie delà cinquième paire des nerfs à noftrc com¬
pte, aux racines des dents aucc vne petite veine & vne
petite artère.
L’autre eft externe plus petit & rond, par lequel le
reietton dunerf qui eft entré, comme nous auons dit,
fort à la Icvrc inferieure.
Elle a des afpretex, & diuers finus , à caufe des origines
infections des mufcles.
Et aufli deux apophyfes de chaque cofté , qu'on appel¬
le Cornes , qui fe portent en haut.
L’vne fe porte en douant, large & déliée, dont la poin¬
te ou la partie aiguë fe nomme Coroné , à laquelle s’im¬
plante le tendon du mufclc temporal. D’où vient que
la luxation delà raafehoire inferieure eft mortelle, fé¬
lon Hippocrate.
■ L'autre pofterieure fe porte en derrière : Elle reflem-
ble vne tuberofité & fe nomme condyloidc , & a vne
petite tefte couuerte d’vne croufte cartilagineufe , fous
laquelle eft vn col oblong.
Par le moyen de cette apophyfc fc fait l’articulation
auec l'os des temples, où eft encore vn autre cartilage^
entre la cauité Se la petite tefte cartilagineufe , pour
rendre le mouuemcni plus aife. Vn ligament com¬
mun membraneux cnuelopc aufli cette articulation.
Sjiatrime Trdüiy
SSt
CHAPITRE XII.^ “
Des Dents en General.
LEs Dents font nommées Dettes par les Latins da
mot edentes, &c odontes par les Grecs de edonter. cm
fignifient manger en ces langues. Ce font des os pro.
prement dits, durs & folides , polis & blancs , comme
les autres os.
Elles ont quelques chofes particulières par deffus les
autres os, qui ne les exqluct pas pourtant du nobre des os.
I. Ce font des os plus durs que les autres , afin qu’el,
les puiffent auffi broyer les chofes plus dures ; Elles cè¬
dent à peine aux pierres, & ne pcuucnt pas eftre bruflées
aifement par le feu. Encore que tout vn corps mort
foit confuraé dans quarante iours par la pierre nommée
Sarcophage, les dents demeurent en leur entier.
1. Les dentsfont nues & fans periofte, afin qu’elles
ne fouffrent aucune douleur en mafehanr.
3. Elles fentent neantmoins , mais plus les qualitez
premières que les fécondés , & principalement plus le
froid ( d’où vient l’agaflement des dents ) que le chaud,
au contraire de ce qui arriue à la chair. "
^eîlé ejl ^jiis ce n'eft paj jQQjc la dent qui fcni par foy mefmc^
interne plus molle & plus moéUcufe, qui
“ cftenuellopéed’vneautreplusdurc&:extcrne,quinere-
çoit point de douleur ny parlcfeu,ny par le fcr.Cômecn
vnc cfpce dont l’efcorce d’acier, s’il faut ainfi.parlcr, cil'
fort dure & la moelle de fer plus molle ,* Et comme la
peau fent à trauers la cuticule qui n’a point de fentitnent,
ainfi la partie interne fent à trauers l’externe , par 1®
moyen des petits nerfs mois & des membranes qui l’en-
uironnentôc entrent dans la partie interne j parce qu’cH®
eftereufe. C’cftpourquoyvne certaine religieufcde Pa-
dbuë ayant fait fcicr vnc dent plus longue que Ics autres,
qui la rendoit difforme , elle tomba incontinent en des
conuulfions ô: dcuint épileptique. Otonvoyoït quel-
Des Os,
qactrace de nerf en la partie retranchée de la dent.
D où vient que les dents reçoiiient des nerfs dans
leurcauité,& non pas les os.
J. Elles croilTent toufiours prefque iufqii a l’extremc Lw
vieillelTe , a fçauoir parce qu elles s’vfcnt tous les iours croijfmt
par la manducation & ratrrition , comme toujioHts^-
L’eau caue le rocher fansforcejgoutteàgoutte.
Elles croiflcnc donc autant, qu’elles diminuent par
l’attrifion. Gequi cil certain puis quefî vnc dent tomi
be^ ncrenaift pas , celle qui eft à l’oppofite , deuient
aulfi longue que l’efpacede la première dent eft vuidc.
Ge que confiderant , comme auffi ce qu’on ^
croit que des dents nouuelles croiffent i quand les au.
très tombent, il recueille delà qu’vne vertu formatrice
demeure viuifiante aux dents , iufqu’à fextreme vieil-
lefte.
Lesdents font engendrecs dans la matrice les Us dents-
mafehoires , à fçauoir douze en chaque mafehoire, ou font engin-
quelque peu dauantage, comme ilfera dit-cy apres en
parlant de leur nombre: Quatre tranchantes, deuxca-
nincs , fix mafchelieres , qui demeurent quelque temps
cachées imparfaites dans la mafehoire, ( Carc’pft vnc
chofe extraordinaire qu’vn enfant naifte incontinent
auec des dents) afin que l’enfant ne bleftc le mammel-
‘lonen tettant. D’où vient qu’on peut tirer des petites'
dcntsd ivnauorton ou d vn petit enfant.
Elles fortenthms des gcnciues pluftoft aux beftes
[excepté les cheuaux félon Wdrrotti] parce qu’elles fc
nourriflent pluftoft de viande folide : Et en l’homme'
au feptiéme mois, ou plus tard : Les fupericures croif¬
fent plus toft auxvns, & les inferieures aux autres , &
en ceux-cy,
les anterieures f lus- tejl- i*< Parce qu’elles font plus *
aiguës.
a. Parce qu’elles font plus petites que les autres^
3. Parce que l’os eft plusdelié en cét endroit.
^ Parce qu’elles font plus jjeccffaires&: pour la for-»
Aaaa
5T4 ^atriême TraiEié^
niation delà voix & pour la diuifion des viandes’
Hippocrate enfeigne qu’au temps que les dents fortent
J aux petits enfans, fur tout les canines, ils font attann ^
de lafievre ,de conuulfîons 5c du flux du ventre,
ee que les dents persans les genciues donnent piuj^
douleur à la chair. que des aiguillons,
Çcs.dents ont vne (ubftance ofleufe , dure & creufe
'* -paria partie quelles fortent, & molle par la partie ia-
ferieure reueftue d’vne membrane deliée & trans¬
parante.
^ Or enuiron la fepticme Sc quatorzième année
dents noutielles fortent ordinairement ( les preraicres
cftans tombées ) à l’vnc & l’autre mafehoire,, quatre
tranchantes , deux canines & quatre mafcheliercs, Les
premières tombent à, quatre, cinq.&: fixans, parce que
les alueoIescroilTent s’clargiiTent, Si ellesne tomlient
ïpasj'ies dernkrcs fortent par des alucoles nouueaux.à
fçauoirie plus fouuent par haut en dehors , & par bas
en dedans , comme fi c’eftoit vne npuuelle rangée de
dents. Elles naiflenr plus fouuent aux codez, &: augmen¬
tent le nombre.
Si apres la
cheute des
dents il en
paifi de
mmelles
aux enfans
ihors delà
matrice.
Or ces dents ne naiiî'ent pas de nouueau hors delà
matrice rCar autrement il faudroit que l’origine des pe¬
tites membranes , -des nerfs , des vaifleaux, & desliga-
mens fut nouueJle : Mais il y a des feminaires dcdentl
cachez dans les mafchoires. Car EH!lachm & Riolm
ont obfcrué quelques petites dents derrière les autres,
qui tombent lors que l’entte-deux qui eft entre les dents,
eft ofle. Mais. c’eft vne chofe rareque les dents renail-
fent apres plufieurs années & en la vicillefle, [ comme
en ce vieillard de noftre Finnie aagé de cent ans dont
parle Mr. de Thon , & en vn autre de 140 . & i Venife a
vn Soldat de foixante ans. ]
Nous parlerons maintenant des dents
uent aux hommes adultes.
Elles font placées fur le circuit des deux mafchoires.
l’homme elles font renfermées dans la heü'
Des Os.
che, Sc au Sanglier elles fortcnt dehors.
. Celles de rhorame cèdent en à celles des
âutresanimaux ,àcaurequ’ilalabouchcpluseftroitc,&
elles font les vues plus grandes & les autres plus pe¬
tites;
Leur/7^0r(feftdiuerre:En l’homme il en cft dctrois'
fortes de figures : les tranchantes , les canines & les mo¬
laires, comme nous dirons au Chapitre fuiuant :Aux be¬
lles qai rumiffettt ) leur figure cft de deux fortes, tran¬
chantes & molaires. Aux poilTons elles font toutes ai¬
gues entièrement.
Leur cft polie & égaie.
Lèur cotilear eft blanche & nette, fi elles ne fe g.*iftent‘
par négligence, patlavieilleireou quelque maladie.
Leüi:;iomhre n’cft pas pareil en tous. Car pour ne dire
rien des chofes rares, à fçauoir qu’il naift des hommes'
auecvnedent continucà la mâchoire fupericure, d’au¬
tres auec deux ou trois rangées, comme i’ay veu en quel¬
ques poifibns. [Tout le moïfde fçsit ce que Solm rapporte
de la mantichorc , & ce qu’on dit du poilTon lamie.]
L’homme a ordinairement vne feule rangée de dents en
chaque mafehoire , & vifigt hui^t dents en tout , quel-
quesfois trente^ à fçauoir feiz,e à la fupetieurc, quatorz^e à
l’inferieure, & le plus fouuent trente deuxi feize à cha¬
que mafehoire. ^ .
Mais ce nombre fe change rarement ,fînon aux molai¬
res, qui font quelqucsfois cinq de chaque cofte, qael-
quesfois quatre , quelqucsfois cinq en haut, quatreeiv
bas, ou cinq à la partie droite, quatre à la gauche, &au
contraire.
Or le grand nbbrc de dents monftre la longueur de vie ,
& le petit la htkaciéXcloicte^moigtxiiged'Hippocrate Sc
de Galien. qu’ils ont dit auccraifon. Car la rareté & le
petit nombre des dents eft mauuais , & corne figne, & cô- gumr de
mccaufe. Gomme car il monftre le defaut de h vie.
matiete, & lafolblelfcde la vertu formatrice. Comme
parce que les demsfonten petit nombre , elles ne
Aaaa ij
pé ^atriéme TraîBe,
préparent pas bien les viandes , & par confequentîj
micrc codtion ne fc fait pas bien , ny la fécondé, à cauft Jê*
ccl!e-cy. Mais ilfaut entendre que la brieucté de la vie cft*
dénotée parla pour l’ordinaire , 5c à la plus part , non pa
toufiours, comme Scanner dirpiite fort bien contre Car-
daaExctc lyi. Car on ditqa’Auguftc,quiauoit peu dé
dents, & rares ôefeabreufes, avcfcu7é.ans,[Ondicla
îîîefmc chofe deForefim,qmveCc\ii plus deSo.ans.]
Lent comexte»e^Ÿ^ï gomphsfe : C^t il femblc qu’d.
iesfoient plantces.dans leurs alueoles , comme des clous
dans le bois. Elles font auffi attackées à leurs logettes par
des forts ligamens adhérents aux racines, & qui après
enuironnent les gencines , dont nous auons parlé cy-
deflus.
Leur externe eft plus folideôc plus dure, &
n’a point de fentiment : l’interne cft vn peu plus molle, &
a feiitimcnt , à caufe du voifinage du nerf & de la mcm.
■branc, & vne cauité en foy plus ample aux petits enfaus,
& enuironnéciufqu’à la feptiéme année d’ vne efcÀtlUâe-
liée , comme les ruches des abeilles , & remplie de muco-
fité. Elle diminue aux adultes, à caufe quei’huraiditéfc
feiche.
D’oà vien. Ccttc cauité eft reueftue d’vnc petite MemhrAHe(\ni&le
nm Us af fentiment exquis, ôc qui, fi elle emboit quelque humeur
"ufdluleTrs cerucaü,caufe de très- grandes douleurs
des dents. dents. Les cotrofions, les pourritures , ôcles caries
douloureufcs commencent par elle, & quelqucsfois il s’y
engendre des petits vermifTeaux qui donnent des dou¬
leurs cruelles.
EcsvAiJfeetftx fe portent à cette cauité par les trous des
r acines des dents, à fçauoir
Les petites veines par la nourriture & accroilTemci’*^
continuel, qui ne f« voyent pas en l’homme fi mauifeftc-
ment ( non plus que les veines de la tunique blanche des
yeux) qu’en vn bœuf, mais que l’on recueille de l’aff^fiQU
du fang dans la cauité.
Les petites ancres pour donner la chaleur naturelle.
f . Des Os', ■f's’j
douleur des dents caiifc® par inflam¬
mation, eft quciqucsfois pulfatilc , que Galten a expéri¬
mentée en foy-mefrae. C’eil pourquoy il coule queU
quesfois beaucoup de fang clair dVne dent percée , &
quciqucsfois mefme iufqua la mort.
Des petits nerfs mois & déliez- fe portent U aufli de la
fiaire que nous comptons la cinquième, qui entrent par
es racines dans la cauitc, oùilsfe refpandent en dedans,
& femeflent par des petits rçiettons ^uec vne certaine
fubftancc mufqucufe , qui trouuc au milieu delà
dent.
Les vfages des dents. ' -, ; ; ; ; - • -
Le premier 8c\e principe eft/pourjbrôfsrilçs-yiilîdèX
Le IL Pourformer la voix {d-QÙ vient q;tip-l.eç en|an|,
ne parlent pas deuat que la bouche foit gaunie de dents* ).
Les tranchantes feruent principalém.eiît poutla'prbaon-
ciation de certaines lettres. D’où vient que les edentez
ne pcuuent proférer quelques lettres, comme le T l»veitsi
rR,en l’expreflion derquclles la langue eftcnduë doit
s’appuyer fur les dents anterieures. Autrement la perte
des tranchantes incommode la formation de la voix*
comme tefmoigne Galien , de forte que laparole deuipnc
plus tardiuc, moins claire & plus empefchcc, •
III. Pour l’ornement : caries edentez fon,tdifforme-&. ,
IV. Homere cftime quelles feruent pour modéra is
babil.
V. Elles feruent aulTi aux beftespour le combat , oh
l’homme fç fort des mains^
chapitre XIII.
Des Dents en fartkdier, .
L’Homme a. tjrois.forws de dents, a raifoU de ‘ leurs
trois figures, de leur fituation Sé offices ; Celles dede-
uajQt les Canines & les Mafchclieres.
Aaàa iip ’
^iatriime TrdBjj^
Celles de deuant ou anterieures font appellécs ifteir -,
res & tranchantes, à caufe de leur o^ce à couper les vian-
dcs,&'aufli Gelafwoi parles Grccs,c’eftàdirc rieufes, par'
çequ’clIes.fe dccouurentles premières en riant.
Elles font Jttu 'es \ la partie anterieure au milieu des au.
très, c^uAtre en chaque mafehoire (deux en quclques-vns*
mais qui font aufli larges que quatre ) aiguës & largçj
comme des cfpées , plus courtes que les canines, &
tées dans leurs alueoles par des racines Amples ; C’c(|.
pourquoy elles tombent plus aifemenr, fur tout Icsfupe.
ricurcs.
Les Canines les fuiuent des deux coller, ainfi nom.
m ées, à caufe de leur pointe, dureté & vfage; Car cellcs-
cy rompent ce que les autres n’ont peu couper. On les
nomme communément dents œilleres, non pas qu’elles
atteignent prefque à l’enceinte des yeux, comme quel¬
ques -vns eftiment,puis qu’elles touchent a peine à; I»
partie inferieure des ailes du nez , mais parce qu’vne por.
lion du nerfqui meut les ycux,fc porte à ces dents, d’oà.
vient qu’on croit qu’il eft dangereux de les arracher.
Vm/itity Ces dents font deux en chaque mafehoire, vne de cha*
l'homme A quccoftc ,larges & efpaiffcs àlabafe & aiguës pat l’autre
de dits partie. Car l’homme n’auoit pas befoin de plufieurs<
cAntnes. canines , veu qu’il eft vn animal doux , & qii^il fe
fert des mains.
Ellcsfont plantées par de fîmplesracines, commcies
incifoires, mais plus profondément & plus fermement:
car leurs racines furpalTcnt toutes les autres en Ion*
gueur, mais celles des fuperieures font les plus longues
de toutes.
Les autres dernières fe nomment Mafchcliercs, tant;
dcaufe qu’elles ont la figure de meules de moulin, que
parce qu’elles en ont l’ vfage, broyans les viandes coupées
comme 4es meules: D’où vient quelles fontafprcsôi
grandes , dureS' ii larges. Les AlletnAns les nomment les
(dents des ioués.
Il y en a plus en l-homme que d’incifoires lEt auxon»
r
Des Os. jj-y
•traire aux belles farouches qui fc feruent des dents a 'gucs
pour le combat.
Elles font vingt ordinairement, cinq de chaque collé
en rvne&: l’autre mafehoire, encore que leur- nombre
cftdiuers , comme nous auons dit-cy deflus.
Les deux dernières de celles cy font nommées les
dents de la fagejfe , àüStns &-de l’entendement , parce-
qu elles fortent premièrement ( parfois auec des gran¬
des douleurs & quelquesfois fans aucun mal) lors que
les hommes commencent à cftre fages , à fçauoir enui-
ron la 2.8. ou 30. année, quelquesfois à l'cxtreme vieil¬
le ff€.[ FvaUfis les a veu fortir à l’aagc de 83, ans 3]
quelquesfois à peine fortent elles dehors , quelquesfois à
peine font elles formées , les Latins les nommenc.^s-
Miini.
Ces dents font appuyées de pluficu-rs à fçauoir
-de deux ou trois, comme les mafcheliercs inferieures,
ou de trois & quatre , comme les fuperieurcs qui ont
plus de racines.
I. Parce qu’elles pendent aucontrairc des inferieures, Ponrquey
lefquelles font affermies dauantage par leurpefantcur.
1. Parce que la fubllance de la mâchoire fuperieure
cft plus rare & plus molle. ^
Et ainfî nous auons acheué l’explication de la pre- racines.
micre partie du Squelete , à fçauoir la Telle 5 Defcen- Tranjiticn
dons maintenant à la fécondé partie , qu’on appelle le
ry, i. ' i i l „,g,t par-
Tionc. tiehUfe-
_ _ _ ' cende.
CHAPITRE XIV*
De l'Effine défis yertehres en General
IL faudra examiner au Tronc ou à la fécondé partie
du Squelete toutes les vemhres de l'efpine , les os de
l’Ifchioni\e% cofies, le prne» > les clauicules ; & les ef-
f Aides,
5(^0 Çludtrlme TraîBéy
Q.Vr/?« Ou appelle Efpine tout ce qui eft depuis U ptemief,
que l'efpi- vertebtedu col , iufquesa los du coccyx: Elle eft aj^fj
nommée, parce que fa partie pofterieure eft efpineufg
ou aiguë.
Les parties de l’efpinefont appellecs Spondyki parles
Grecs, ôc par les Latins fertehrAt d'vn motqui fignigg
tourner, parce que le corps fe tourne diuerfement par
leur moyen.
Les os del’erpine font diuifez en fept vertébrés
, cinq des cinq oufix dc/’ô;
auxquelles on adioufte l'os da croupiom
Toutes les vertebres font creufées , pour contenir la
moelle dcl’erpine,v Elles font plufieurs & non pas vne
feule, tantàcaufedu mouuemcnt qui fc deuoit faireen
deuant &: en derrière aulïi afin quel’ vne eftant bief,
fée, toutel’efpinc nes’en reflentit parfympathic.
La Figure de toute l'efpinc eft telle , tantoft elle incline-
en dedans, comme les vertebres du col, pour foiifténir
rOefophage & la trachée artere , & celle des lombes
-pour le tronc de l'Aorte & de la veine cauedefeendante,
tantoft en dehors iCommç celle du dos, Sc vn peu celles
de l’os facrum ,afin que le lieu foit ample pour le cœar,
les poulmonsjla veifie, le fondement ôc la matrice.
Ces parties feflechiifent plus en dehors aux femmes,
■ a caufe du fœtus.
La Figure de chaque vertébré eftappIatieSc large par
haut & par bas , afin que la luxation ne fe piiilfe faire
aifement, intérieurement ronde, conuexeôc eminente,
mais plus large & plus égalé au col, à caufe de la tra¬
chée & de r®cfophage qui font couchez "deflus. Les-
vertebres ont extérieurement ou par derrière diuerfes
eminenccs.
Car les apephjfes font de trois fortes en chaque ver^
tebre.
I. Quatre obliques , deux qui montent à la partie fu-
perieiife , &: deux quidefcendcntàl’infcricure.
II. Deux sranfverfes pour l’origine & l’infertion des'
mufclcs.^
D(s Os.
jnufcles. Celles là font larges & percées aux vertebr*es du
col , cfpailTes au dos , folides & rondes , excepté Ton-
gietne &Ia douzième vertébré.
III. Vue aigue à la partie pofterieure , qu’on appelle
proprement efp»e > & qui manque à la première ver¬
tèbre;
Elles ont cinq Epiphyfest deux en haut & en bas atta¬
chées à leur corps , autant aux apophyfestranfYerfes, de
vne à l’extremité de Cefpine.
Ilya au milieu de chaque vertébré vn trou fort am¬
ple pour contenir la moelle; Il y a aufli des autres trous
latéraux qui font plus petits pourlafortie des nerfs.
La fuhfiéiHce de chaque vertébré eft plus efpailTe dC
plus fbngueufe à la partie interne , à laquelle adhèrent
Ifis epiphyfes & les cartilages. Car les extremitez des
vertèbres, excepté la première dücol,ontdcs epiphy^
fes, entre lefquelles font à^scmilagei efpais & mois, afin
qu’elles fe meuucnt plus aifement,de forte qu’elles ont
des cartilages haut & bas qui font plus durs & plus fecs
il’os facrunv, parce que cét os eftimmobile.
Les vertébrés font attachées par articulation à la par.
tie pofterieure, à fçauoirpar ginglyme, & par fymphy-
feàla partie anterieure , & cela par des hgamens tresi-
forts. [ Pavtus a vn cxcmflrd’vnccfpine dont les- ver¬
tèbres .eftoient adhejrcntes les vnes aux- autres. ]
Or les ligamens des vertébrés font doubles.
Les vm lient les vertèbres par haut & par bas ont
la figure d'vn croiflant , & font efpais, fort fibreux, Sfi
templis de mucofité.
Les autres nailfent des cpiphyfestrânrvcrres& aigues,'
font membraneux , par lefquels les apophyfes font,
liées plus fermement.
Bbbî^v
"^dtrleme T raiBé I
CHAPITRE XV.
Dt$ Vcrtehrei de l'£/pme en particulier,
Le s Vertèbres du col font fept ordinairement , [
le plus fouucnt aux belles fix feulement,
dit que (Hjene n en a point , mais le fquelete que p.
Caftellascn a, monftrc le contraire.] Elles ont quelques
chofes particulières par delTus les autres.
1. Quelques vues ont les apophyfes traufverfes four¬
chues,
IL Et aulTi percées, pour les veines & les arterescer-
uicâles, qui montent aucerueau.
III. L’Efpine fourchue.
Les de/tx fremieres font ioint es à l’occiput par des li-
gamens, afin quelles foient bien fermement adhéren¬
tes à la telle , & elles ont quelque chofe de particulier
Pourqucy par delTus les cinq autres.
U première La I. le nomme ^tlas , parce qu’il femble qu’elle fou-
•vertehe ftient la telle qui ell couchée dclfusi E\U ftapomd’epue,
d’W" petits mufcles de la telle qui nailïéntdela
ejpme. vertebte-, ne foient olfenfez dansl’cxtcnfion de
la telle.
Sa cil plus déliée, mais plus denfe.Ellereçoit,
mais n’ell pas receué. Cell pourquoy elle a le finuscou-
xtcrtd’vn cartilage pour receuoir la dent de la vertebre
fuiuante.
LaJI. cil nommée Efifirofhem tournoyante , à caufe
qu’elle tourne ^ Car du milieu de fon corps s’éleuevne
epiphyfe ( agôphyfe félon d'autres) ronde & oblongue,
comme vne dent canine , à l’entour de laquelle la tefte
tourne auec la première vertébré.
Mnmct C’e:i pourquoy on appelle cette epiphyfe la dent; &
incurnhle HifpcrAte mefmc appelle ainfi toute la vettcbrc laiuxa;;
Des às. fej
tion delaqucllecaufefouuentvnc cquinance incurable, /«i
COinni^^ il veut. xationde
Xa fftperficte de la dent eft en quelque façon afprcjpar-
ce qu’il en fort vn ligament, pat lequel elle cftliée àroc-
ciput : Elle cftaulîi enuironnéc par vn ligament folide
& rond en long >qnia la figure d’vn nerf, & qui efttifTa
aaeevn mciueilleu:^rtifièe , afin que la moelle ne foit-
compîiméc
Or certe fécondé vertebre eft iointe auec la première
par large qui les enuu'onne.
La III. fe nomme Axoni c’eftà dire aifficu. Les autres
n’ont point de nom.
Ladernicre conuient dauanrage auec les vertebres du -
Thorax,. & n’a pas roufîours l’apophyfe pofterieure
fourchue.
Les vertebres du dos font le plus fouuent, auf-
quclles font articulées autant de coftes de chaque cofté:
Il arriuc rarement qu’il en manque vne, & plus rarement
qu’il Y en ait vjne de trop.
Elles font plus grolTes que celles du col, moins folides
& pleines de petits trous, pour le paflage des vaifl'eaux
nourriciers.
Lal. cftappellée des anciens parce qu elle eft
eminente par ^(Tus les autres.
La II. M^chdifleri AxillaiEC.
Les autres Pleuritx. , coftales.
L’onzième ^rrhepes, parce que' fon cfpinc eft droite.'
La douzième ceignante, parce que nous nous
ceignons à cette partie.
Les vertebres des lombes font cinq fort cfpaifles &
fort grandes, & percées de plufieurs trous, dont le mou-
uement eft plus lafche que ccluy des vertebres du dos,
afin que nous puilïions nous courber plus ailèment con¬
tre terre.
^ Les Apophyfes tranfuerfes font plus longues, mais
pliis déliées , excepté la première & la cinquième : Et les
cfpines font plus clbailfes k plus larges, aufqueUcsles
^ ^ Bbbbij
Q^trUme Tralclê,
mufclcs&lcsligamens du dos font attachez.
La I. cft appcllée jVif/)/;r/>«,àcaufcdesi-eins quifom
couchez fur elle.
La demere eft nommée de quelques-vns afphahtef
c’eftà dire qui fouftient & qui appuyé. *
Les autres^conuiennent auec les precedentes .
VoHrtjHoy Venons àl’osSacrum ainfi nomme, parce qu'il eft ig
l'osfacrii plus grand de tous dans refpinc. Carlesanciensontap-
efi einfi pdié ks chofes grandes , fucrées : [ ou parce qu’il eft ad-
nmmé. jacent aux parties honteuks que la nature a cachées. Car
onappclloitaulhy^w, ce qui eftoit exécrable, comme
Seruifis enfeigne apres fur ces paroles de Vir¬
gile , Aftri facra fames> ]
Il cft large & immobile , 5c conftituc la bafe du
doî.
Sâ, Figure eft prefquc triangulaire. Il eftcaue par dcil
uam, poly & égal, conuexe & afpre par derrière.
L’cî Ucrii Ses vertébrés font ainfi nommées, non à caufe de leur
n'afLpc mais àcaufe de lareflcmblance quelles ontaucc
frémit des Ics autres. Elles font 5c quclquesfois ftx i qui fe
‘nertebris, peuucnt feparer aifément aux petits enfans, & qui font
collées fi fortement aux adultes, qu elles femblent vn
fcul os.
Galien conftituc l’os facrum de trois os, parce qu’il
comprend le refte de 1-os facrom , fous l’o^ du crou¬
pion.
Lcurstrousnc’font pas latéraux, comme aux prece¬
dentes, mais anterieurs ( qui font plus grands, àcaufe
que les nerfs y font plus grands) & poftericurs, parce. que
îos Ilion eft à cofté.
Les trois fuperieurs ont des fin us , où Icsos de l’ilion
font adhérents.
L’os du Coccyx cft ainfî appcllé , à caufe que fa figure
rcflembleaubecd’vncocu :11 eft fous Tos facrum i &
compofé de trois ou quatre os, 5c de deux cartilages,
mais ic penfe que le nombre des os & des cartilages eftoit
•plus grand en ce garçon Panois qui auoit ync queue^
Dss Os»
Sa mnexion cfl lafche, & plus lafchcauxferamcs, afin
^u’ii puiiî'c ceder en dciriere. ^
I. Dans Tcxcretion des cxcremcnsplasgroflîers.
i.Au temps de l’enfantement, afin que la capacité
foit pl' S ample. Puis en deuant, lors qu’on veut s af-
feoii., & retourner aptes defoy-mefme en fa place.
Cei os tend plus aux hommes en dedans., pour fbufte.
nirlercdum aux femmes plus endehors, àcaufe du
col de la matrice, & afin que lacauhé foit plus grande.
CHAPITRE XVL
De l'os Innomim» >
L’Os Inaornlné , félon d’autres l’os de la hanche ou
desiles.cft aux coftez deTosfacrum eompoféde trois
os : de 1‘ liions à&l'os du femU & de /’^/?<tf« ,ioindspar
des cartilages iufques à la feptiéme année, de forte qu’il
paroiftdiftinguépar trois lignes-, mais qui eftvniqueaux
adultes.
L’OsIlion ainfî nommé , parce qu’il contient leboyau
îlion, eftia première partie del’os Innominé,quiçftfu-
perieure & trcs-largc , liée à l’os facrum, par vn ligament
commun membraneux & très- fort , bien que ce foit pat
l’entrcmifc d’vn caitilagc.
Sonc/>c/ï/>&'fa circonférence demy. circulaire & in¬
égale eftappellée/Vj^/we de dont la partie inter¬
ne caue & large fe nomme cofiç} SiC l’externe formée de
lignes inégale , les dos.
Cet os cft plus ample en la femnvc,.& fonefpinetire^^'^^Jf'9’
plus vers les coftez, afin que la matrice foit mieux
puyée, lors qu’elle cft enceinte. C’eft pourquoyIesfcm“««»/;OT-
mes e nccintcs fc plaignent vn peu de cette partie, comme mes.
fionl’arrachoit de l’os facrum, 5c dcsvoifins aufquels il
cft adhèrent.
B b bb iij
Quatrième TraiBè.
Oiiu L’Os du penil ou du peigne eft la fécondé partie'
jeiiilfeUf- moyenne & anterieure. Cét os ell attache aaec l’os de
chent en Paître codé par fyncHondrofe, c’efl: àdire parle moyeia
^ cartilage, qui eft deux fois plus épais aux femmes &
* plus lafche, afin que ces os puiftent s’ouurir&: lafcher
(nonpasdifloquer ou dcfiirticuler ) en 1 accouchement
lorsque l’enfant fait Tes efforts pour foi tir. [mais l’opinüs .
nounclledenoûrePerceft queles os du penil fe feparent
quelquesfois en celles qui et fiintent, lelon qu’il eft be-
foin , & quelquesfois non , fur quoy on pourra voir fes
Controuerfes Anaromiques. ] D’ou vient qu’on peut fc-
parer aifcmenr ces os auec le dos d’vn coufteau aux nou.
, uelles accouchées , & non pas aux autres. Adiouftezà;
Gela,qu’encore que les osdupenilfoientioinds parvn
cartilage, ils ont neantmoins deux
: Le I. les enuironne circulaircment. Le 2. eft
membraneux qui occupe le trou.
Vôurt^Hcy d Ils font delk'2^ &C ont des grands trous , afin qu’ils
efifdesgrads Co\enz légers : Us font plus amples & plus capables aux
*os7!4*Tn'l matrice & du foetus: Car lesapo«
Les^dk' internes & inferieures s’auancent plus en dc-
peailfont hors.
flus amples Ilscoiiftitucnt vne cauité auec l’os facrura, qu’on appel»%
AUX fêmes. IthBafsiHi dans laquelle font la vclTie, la matrice, &vac
parti- des inteftins.
L’Os Ilchion ou de la Hanche eft la troifiéme partie, ^ui
eft inferieure & externe, dans laquelle eft vne ample &:
profonde cauité [ qu’on appelle acetable & boëttc)pour
rcceuoir lagroffc icfte de l’os delà cuilTc.L’apophyfe car-
tilâgineufe de cette cauité le nomme fourcil.
Les parties inferieures de cét os font plus éloignées
aux femmes, qui ont à caufe de cclalebaffin plus am-
Getoseftlié auccl’os Sacrum parvn double
qui naift de l os Sacrum U’v» s’mfere àl’apophyle aigue
de la hanche, 5c /'^«frepoltericurcment à l'on epiphyfe#
afin t^ucl’intelbn droit foit appuyé auecfcsmulclcs.
chapitre XVII.
Des Cojîes.
CO^iime Fos innominéeftauxcoftez dcl’os Sacrum^
Ainfi les Coft.es font aux coftez des vertébrés du
dos. C’eft pourquoy en monftranc le Skeicte , il faut
que nous les expliquions i comme parties latérales du
Thorax.
La fituation des coftes eft aux coftez ; les Grecs les
nomment f leurit caufe qu’elles ferment les coftez..
Leur figure reflemble à celle d’vn arc, ou la moindre
fedion d’vn cercle, afin que le Thorax puifle contenir
dauantage. [ /, Fontanus Fatrouuée le premier fendue
en deux au cofté d’vn certain. ]-
Elles font plus eftroites & plus rondes à leur origine,
mais tant plus elles approchent la poitrine, d’autant
pliis font elles larges. Elles font plus efpaifrespar bipar¬
tie fupericure. Et les coftes fuperieures font plus cour¬
bes &plus courtes aufli; les moyennes plus longues &
plus larges, ôc les inferieures plus courres. ' '
La fuperficie externe eftafprc par ou elles font liées aux
vertèbres, parce qu’il en fort des Ijgamens qui les atta*
chent : Ür elles ont en cét endroit deux tuberofitez,
dont' lai, eft articulée à la finuofitéde la vertébré, Lai.
eft iointcàl’apophyfe trànfvcrfé delà vetrebre. Maisles
cinq inferieures font ioindés par vne fimple tubero-
firé. . . . ■
L’Interne eft polie à caufe delà pleure,
lly ades finus à la partie inferieurele long delacofte
pour' la veine, l’artere& le nerf, qui paroiffent tant plus
dis font voifins des vertebres.
Les chirurgiens doiucnt prendre garde icy en Fou-
uerture du I horax, qui fe fait entre la cinquième & la chirm-
fixiémc cofte ^ qu’il faut faire la fedion de haut en bas, gim.
Jjes cHYti^
lagcs des
tekes.
Vûurqttoy i
jieurscofies
Cimblm
de cojies
Ada. atioit-
5(fJ' ^atriéme Traité y
& non pas au eomraice, afin que ccs vailTeauxne foicàt
ofFcnfez.
Les coftes ont cemexiott » l’vne auec les vertébrés du
dos ,& l’autre auec les cartilages du fternon.
Leur fubflance eft en partie olTeufe, & en partie carti-
làgineufc.
I» Afin quek thorax, fc referre s’eftende plus aifa*
ment.
1. Afin qu’elle puifle refifter dauantage à la fraâ:urc.
Elle tiUfeftfe à la partie près du dos & à la partie la-’
terale.
CmilagweHf& près du fternon ,, auquel elles s’vnilTent.
Gar toutes les coftes ont des cartilages à la partie an*
terieure, comme des epiphyfes , qui deuicnnent ofTeux
aux femmes (non pas auxhomraes/inon lors qu’ilsfonr
fort vieux) par fuccefllon de temps, afin que les coftes
fouftiennent plus fermement le fardeau des raammclles
chouchées deffus..
Les Cartilages des coftes fuperieures font plus durs,
parce quelles font iointes aux os du fternon ; Ceux dess
inferieures font plus mois, parce qu’elles fe ioignent auec
des ariilages. Chaque cofte a auflivn cartilage à la par»
tie poftericura , qui eft articulé à la vertebre.
Elles font plufieiirs en nombre , afin que. le Thorax
fe racuue plus aifement [ PanfamAs rapporte dans fe»
I Attiques queProphanes Magncficn auoitles coftes ad¬
hérentes ouconiointes , depuis Icscfpaulcs iufques aux.
faufles coftes. Ntcel Fontanns tn a veu trois vnics ÔC.
infeparables.] Le plusfouuent elles fontdouzede cha¬
que cofte , tant aux hommes qu'aux femmes Rare¬
ment treize & plus rarement onze de chaque cofté. Mais
le plus fouucnt on trouue vne cofte, de furplus. Il'eft
donc vrai- femblable qu’il y auoit treize coftes à vn deSî
codez d’Adam, ou u.en l’vn &; onze en l’autre.
On dmife les coftes en vrAyes Ôc légitimés , Sc en fauf-
fcs,baftardes & illégitimes.
Les. •uTAjes font les fept fuperieures ., ainfî nommées#,
parce-
I^es Os. jjfJ
pâfce qu’elles acheuent le cercle plus parfaitement , &
touchent au fternon ,auec lequel elles ont vne parfaite
arriculation, &:aucc les vertébrés par vne double tube -
rofité .comme nous auons dit cydeflus.
Les deux iupericurcs fc nomment Antifiro^hoi rci.
courbées.
l eu deux fuiuantc£y?frc<»,folidcs.‘
Les trois fier»ittdeSiŸ^(korâ\es.
Les cinq inferieuLCs (ont appellécs baflardes ■> parce Us fi*upr
qu’elles femt plus petites , plus molles & plus courtes, Sc tops,
ne touchent pas au fternon ( afin que la dilatation fe
falîe mieux là au commencement du ventre inférieur)
& n’ont pas auec luy vne parfaite articulation » Mais
cftans attachées auec les vertèbres feules, elles finiffent
comme fl elles cftoient mutilées , en des cartilages plus
longs que ceux des vrayes î Puis elles fe recourbent en
haut s’vmlTent comme fi elles elloicqt collées, ex¬
cepte ladcrnicre qui eft la plus petite de tbutes, & qui
neil point adhérente à aucune autre ; C’eft pourquoy
elle eftbaftardc véritablement , afin que le licuToit alfez '
ample pour le foy e , là RatCiôc lesinteftins fuperieurs
enflez. Qi^lqucsfois neantmoins l’onziéme & la dou¬
zième font attachées au diaphragme , & quelqucsfois
la dernière cft adhérente au mufcle oblique defeendant
de l’abdomen hors du diaphragme, Quciqucsfoiscllca
la circonfeription d’vn mufcle propre qui la tire.
Vvfage des coftes eft ;
I. Pour ladtfFenfe de la poitrine bt dés vifcercs qui
y^font contenus , comme du cœur , &c,
X. Pour l’appuy des mufcles deia refpiration & de
quelques vns de l’abdomen.
C-ccc^
Omtrleme TralBê,
chapitre XVllE
De l'os de la PoiBrine ou du Sternonl
IL y en aquipenfent que Vos de la Poi^dne eft apj
pelle Sternon du verbe Latin fiernere , parce quM
;paDchc,& eft couche furies coftcs à la partie anterieure
du Thorax. Htpfocmte le nomme Stcchos , qui fignifio
auffi quelqucsfois
I. Toute la partie anterieure du Thorax,
2. Sa douleur. ,,,
l’os de la poidlrine, comme en ce lieu,'
4. L’orifice du ventricule,
j. Le Cartilage Xiphoide.
-Les autres appellent cét os , l’os petite efptt &
enjtfarme , à caufe qu’il a laforme d’vue efpée, ouplus-
toft d’vn poignard des anciens : Car il eft connexe^ long
ôc Urge.
Sa y«^ ?4»«eften partie offeufe, mais fongueufe &
touge ,& en partie cartilagmeule.
J,1 efteompofénon d vn fculos, comme on voidpref-
queaux vieillards , mais de comme cela paroift
lors que (es membranes font oftées. Il eft tout cartila¬
gineux aux enfans , hormis Ton premier os. Les os fu-
pcricurs deuicnncnt os plu oft que les inferieurs , &
les parties moyennes que celles des extrémité^ , de forte
qu’on trouuc enfin hui£k os au ftetnon d'vn enfant qui
s’vniftcnr apres la feptiéme année, & font en plus petit
nombre aux adultes , à fçauoir tantoft trois , tantoft qua¬
tre, & quelquesfois daiianragc. Mais le premier & le
dernier demeurent aux adultes , auffi bien qu’aux en-
fans ;Et quand ceux du milieu s’vniffcnt, le nombre eft
alors different.
Ces os font diftinguez par des lignes tranfverfcS) &
F
Os. ŸJx
font liez par fynchondrofe : Car les cartilages font en¬
tredeux comme des ligamens.
Le Premier os ôi fupeneur cft plus ample & plus ef-
pais , applaty & inégal, & fait en croilTant de l’vne par
haur,&: reprefente le pommeau d’vne garde de poi¬
gnard. Les vns Icïiommcni itigulum Icgoficr,&Ies au¬
tres la foHrehette Jkperteure-
Il a des deux coftez à la partie fiiperieure vn fînus;
pour reeeuoir les teftes des clauicules , auec lefquclles
ilfe iointpatl’entremife des cartilages.
Il avn autre fînus au milieu intérieurement, afin qu’il
faflè place à la trachéedcfcendantci
Le fécond eft plus eftroit& a beaucoup de fmusdes
deux coftezjpour reeeuoir les cartilages des coftes.
Le troifiéme cft encore plus petit , mais plus large lee*rtiU^
que le Iccond ,& finit au cartilage qu’on appelle ge
de Sc fowtUi à caufe qu'il eft aigu fur la fin , comme la
pointe d’vne efpée. h^sArayes le nomment pomme de
grenade ; Auktnne epiglottale > & le vulgaire feutii
forme.
Ce cartilage cft triangulaire & oblong , quel'quesfois .
rond à la fin, quelquefois large & par fois fourchu, d’où
vient que quelques vns l’appellent hfeftrehette : Il arri»'
ue plus rarement qu’ilfoit double.
Il eft troué quelquesfois à caufe dès veines mammai¬
res que le nerf accompagne. [ Il deuient quelquesfois
olTcux aux vieillards. l’a trouuèdc la longueur
d’vn doigt en vn vieillard , qui luy caufoit des gran¬
des douleurs au ventricule, & l’incommodoit fort enfà
courbant. ]
Si ce cartilage eft trop prefTé & courbé en dedans , les
parties fubiacentes en font blclTées, comme font le foyc
ôtleventriculci ôc lesenfàns meurent d’atrophie, [Sur
quoyil faut confulter Quelques
femmellettcs appellent cette affedion , la comprellion
4u cœur.
La cauité qui paroift extérieurement en ce lieu, eft ap-
pclléc ^^fojfe ou la fojfette du cœur. ^ ^
^üdrtiéme TratBil
^7, ■2'
chapitre XIX.
Des cUukules ç> des Epaules*
LEs clauicules font ainE nommcfes ôc kleUef par les
Grecs, àcaufe qu’elles ferment le Thorax, &
les affermiffent comme vnc clef rcfpaule aucc lester-
non: [ ou bien parce quelles reflemblcnt les clefs an¬
ciennes des maifons , que Sfigelius a veues en des mai-
fons ancicnesà Padouc. yCelfus les nomme lugnU du
verbe Latin ïungere ioindre,& les autres attaches ^ os
foserchti f h fourchette fuperieure.
■Elles font f lacées tranfvcrfalemcnt au bas du col fur le
haut delapoidrine , vne de chaque codé.
Sz Figure eftlemblable à celle d’vn S long Latin,,
faite de deux demi-cercles, conioints mais oppofez, con-
fcjfes uexe par dehors vers le gofîcr, & vn peu caue intc-
lufiietiles que les vailTeaux qui y font, ne foicnt
pas comprimez. Mais elles font plus courbées aux hom¬
mes, afin que lemouuemencdu brasfoit plus libre, &
moins aux femmes pour la beauté, àcaufe que les fofles
ncfont pas fi apparentes en ce lieu aux femmes qu’aux
hommes. C’eft pourquoy clics font moins agiles pour
iettet les pierres.
Leur fubjlance eft cfpoiflTe , moins fiftulcafe &
■gueufe, d’où vient qu'elle fe rompt fouuent.
Loüïfuperficie cft afpre & inégalé.
Elles ont connexion aucc l’apophyfe fupericure de
rcfpaule (par vn cartilage qui ncantmoinsne luy cil pas
adhetcnt , afin qu’il cede vn peu dans les mouuemens
de l’efpaule& du bras, mais eft attache feulement par
des ligamens qui cnuclopent l’article ) par vnctefte large
& vn peu oblonguc, elles fe ioignent par vnc autre petite
.tçfteaucc le fternon , comme nous auons dit-cydeffus.
Del or.
Leur ’ofagt eft pour les diucrs mouuémcns du bras,
• quife meut plus aifémenten haut & en derrière, àcaufe
qu’il eft appuyé fur cét os , comme fur vn pieu. C’efi:
pourquoy les bettes n’ont point de clauicules, excepté
lefinge,refcuricu,le rat &rheriffon.
L’os de l’epaule eft appelle par les Grecs OmopUte^ par-
cc qu’il conftituë la largeur du bras, & par les Barbares
fpatula. C’cftvnos large & mince, fur tout au milieu, ‘
mais efpais aux apophyfes, vn de chaque cofté , & qui eft
couché fur les coftes fupcrieurcs par la partie pofterieure,
comme vn bouclier.
Figure tÇi prefque triangulaire.
Scs parties font diuerfes, la partie interne eft caue, &
la partie externe ( quia vn angle &vne cotte fuperieurc
Ôi inferieure) eft conuexe, qu’on appelle la tortue
auflile^/w de l’epaule.IIyaauflivne certaine eminenco
qu’on appelle efpine , qui regarde haut ôc bas les cauitex
qu’on nomme entre- épaulés >
Il a trois apophyfes:
Lai. eft l’cxtreraité de refpine ,dohtnous venons de
-parler, &fe novamc Acremion y lapointe duitraSySclc haut
du bras , par laquelle il (e ioint auec la clauicule.
La II. eft plus petite, j^us bafle & aigue, & eftap»
pellée caufe qu’elle a la forme dubccd’vn
corbeau, & aufli ankjroide ,à caufe que fa figure eft fem-
blable à vnc partie d’vne anchre, & Sygtneide, L os de
l’humerus eft retenu dans fon fiege pat cette apophy fe.
La III. qui eft la plus courte, fc nomme Auchen le
col , à l’extremité de laquelle eft vnc cauitc fupcrficiellc:
dans laquelle s’inferelateftede rhumerus,& afinqu’cl-
le ne tombe aifement, la profondeur de la cauitc eft aug¬
mentée par vn cartilage efpais qui enuironne les bords.
L’efpaule fe ioinâ: auec le bras par cette apophy fc & cet¬
te cauité.
lia cinqq>/pWtfr ,troisaucoftéiu|terne,&àlabafe Is
longdel’efpine. Deux produifent les ligamens qui ioi-
gnentfatefte au bras, 5:racromion à la clauicule. Mai*
- - G-ccc iij
574 Simtrîéme TraiSlêy
les UitdmMt communs dclicz & membraneui cergnch'i
dctous coftezrarcicle de l’Omoplate & du bras.
L'vfage de l’erpaule eft,
1. pour la force des colles,
2. Pour l’articulation de l’humcrus & des clauj,
3. pour rimplantation des mufclcs,
CHAPITRE XX!
Des os (U toute la Main,
LEs os de la Main fe diuifent en hm , coude & extn^
me Main’
L’os du bras cft rnique , grand & fort , rond & long
& inégal. Il a vnc Appendice à hpartie fuperieure , ou vne
w/e grande, rondejcouucrte d’vnc4t-n7rf^^, adhérente, &
articulée aucc refpaulc par diarthrofe.
La partie inferieure cft articulée au coude & au rayon,'
où font deux apophyfes'. l'externe plus petite , couuerte
d’vn cartilage , & l'interne qui a deux finus , de forte qu’il
fc faitcomme vne poulie ou petite roue , fur laquelle on
tourne les cordes : D’où vient que le coude qui eft ioind
par ginglyme fe peut fléchir en vn angle fort aigu, mais
Bonpass’eftendrepar de-là vne ligne droite.
Les os du coude font plus courts que l’os du
bras, qui ont des appendices aux deux collez , & quifont
couchez l’vn fur l’autre, & ioints cnferable par vn liga¬
ment membraneux.
Le premier eft l’inferieur, plus grand & plus long, &
cft appcllé r7«4,c»^/r/v/, aulne, coude, & parles Barba¬
res le grand fecile j l’autre fuperieur & plus petit, eftnom-^
mé Rayon ou le petit focile.
Le coude eft appellé^/«4, [àcaufe qu’il relTcmbk à
ÿrre aulne,, dont on mefurc, J II eft articulé par l^ purtte
F Z)« Os'.
I ft^^nVmanecIcbras par ginglyme, c’cft poiirquoy il
làdesapophylcs &r desfinus.
I CS lont deux cblongucs, êcpreCque trian¬
gulaires, afprcsjafinqiie les ligaments enuironnent for-
ten enr l’articulation. Les Grecs les nomment Coronx%
! c’aft â dire becs ou glands. L'anterieure fuperieure & plus
pente entre dans le finusdu htAi’A^ Pofierieure plus cf-
Îiaiffe & plus ample finit en vn angle obtus, & entre dans
efinus poftcricur de l’os du bras. Galien l'appelle 0/e-
cranon, Hippocrate Ankon , & les Latins Gibber,
Au milieu de ces apophyfes cft vn grand finus ou cauitéy
comnic vn demi- cercle, c’cft pourquoy on la nomme
Sigmoide> L’humcitts a auffivn autre finus poly externe,
latéral pour la telle du rayon.
Wc^articuU par la partie inferieure auec fe carpe, &
par rentremife d’vn cartilage ^ & parvneapophyfc aî-,
gu'é, qui cft appellée Styloidey à caufedecela.- D’où naift
le ligament qui sfFeimit le coude , aucc l’article dut
carpe.
L’autre os : à fçauoir le Rayon eft plus oblique, & eft
vn peu diftant au milieu du precedent, oùvn ligament
grefle eft entre-deux. Or le coude reçoit en haut IcRayon,
& celui- cy reçoit le coude en bas.
Sa partie fuperieure cft articulée par diarthrofe aucc
î'apophyfe externedu bras, d’où vicntle n^uucmçnt do
pronation & de fupination.
Virferieure eft articulce-par vnc appeiidicc aiiec-I’oS
du carpe au pouicc.
La partie fuperieure du'rayon cft plus déliée, & l’intc^
ricurc plus cfpaifîe ,& au contraireen l’os precedent.
L’exttéme ou petite main a quatre for tes d’os: Ceu*
du Carpe ou poignet, du métacarpe , des doigts & les Sefa^
moides
Le Carpe que les Arabes appellent pafettei a huiél os
diftinâs anonymes fort inégaux & difterens en figure dC
grandeur.
fis fom cartilages en leur n^flance , & apres ils
. deuicnnent
577.
Explication des Figures.
Jllcs monftrcntles osfiipeticurs ducorps. Lai. Figure
les anterieurs. La x. les pofterieurs. Elles ont
les mcfmes lettres , s’il n’ôft marqué
autrement.
X. U fHture CoroHAle.
B. X, U future lamdoide»
G 5* ftgittale-
D. X. U future efcailleufe des es des Um^îtsi
rt. i. l'es du fommet de la tefie»
|S. l'es du front.
y. X. l'os de ^occiput-
if. 1,1' os des temples,
i'. l'os mafioide , l’apophjfe mammilldire-
É. X. l'os cunéiforme.
F. ^es du Zjgoma.
G. la machoi re inferieure.
I. K. depuis I. influes à K. les <vertehres dss col.
K. L- depuis K. iufyues ah. les <vertehres du Thorax.
L. M . depuis L. iufques a M . les vertehres des lombes,
M. N* depuis M. iufques à N. Ces facrum,
N. l'os du Coccyx,
O. l’os du fiernon.
P. le cartilage Xiphoidh
Q^les clauiculest depuis l* iufques a ii, les cefes d»
Thorax.
R. l'os de C épaulé.
X. l'dpophjfe fuperieure de l’epaule aeremion.
l'apophyfe inferieure ankyroide de t épaule,
S. l'es du bras. T. V. i. le coude,
X. I le Rayon. Y. le coude.
I. l'apophyfe fiyloide du coude.
Z. Z. le Carpe, r. r. /e métacarpe,
à, A. i, les doigts. 0. l'es innominé.
Dddd^
ns Sjiatrïétne TraiÜé^
C. vnt partie de ctt0St*fçAmir l'asdeUhanche^
f. l'os dft peniL *
S. le cartilage des os du peail.
A- t os de la cuijfe. T. le graud Trochanter,
V. le petit trochanter. _ ,
;K. K. les os fefamoidet à la main,
dcuicnnentos fpongicux.
Ils font couuertsdc//g<*wtf»/ cartilagineux tres.fofts,^
& font ferrez cnfemble, comme s’ils n eftoLent qu’vQ
feul os.
Et ces ligamcns qui naiffent de apofhyfes inferieures
du rayon & du coude, feruent à l’articulation.
Mais il y a d’autres tranfucrfesquiontlafor-'
me d’vn anneau,, pour fouftenir & faire pader fcarcinent
les tendons. L’interne qui contient les extenfeurs. En,
,£orcquc ces ligamcns ne fcmblcnt qu’vn feul , ils peu¬
vent neantmoins cftrc fcparez cnplufieurs.
Les os du carpe'^font difpofcz en cét ordre: Quatre
ibnt articulez par haut au rayon &au coude: autant par
bas, qui font attachez aux quatre os du métacarpe.
Le Métacarpe ou hpaulme a ojnatre os (cinq félon d’au*
très, qui comptent entre ceux- cy le premier du pouke)
oblongs & gtefles,
Ilsfont ioinds auec le carpe par vne cor^nexion qui a
-vn mouucmcnt obfcur, & par des ligamens cartilagineux,
te auec les doigts par ginglyme.
Ces os £om fifinieuxi &.contienncnt la moelle, caucs
pat dedans, & connexes par dehors.
Ilsont des4ppf«<!//cej des deux codez, quifont destc-
ftes rondes &.oblongucspr-és des doigts, Icfquelles en¬
trent dedans les finu s des doigts. Ils fc fcparent au mi¬
lieu l’vn de l’autre, où font cachez les mufclcs appeliez
cntr-olTeux.
Les os des doigts font , trois en chaqiie doigt*
■Car on met en ce nombre lo premier du poulce, parce
jqu’jl a l’articulation plus lafehe que les os du métacarpe.
r
Des Os.
r;esGtecsappdIeBtM4/^«^„,l>orare&I’„Knseie^^^
des aoigts, parce quilferablc qu’ils foient comme tan.
gez en bataille.
Chaque doigt a des ligamens à la partie interne , félon
Jâlongueur, comme des canaux par Icfqiielj Us font mu¬
tuellement attachez.
Les os des doigts different en grandeur. Car en chaque
doigt le premier eft plus grand que le fecond,& le fécond
que le troifiéme :Mais ils font tous plus efpais à l’articu¬
lation, où leurs tuberofitez font nommées eft
à dire nœuds.
Ils font connexes par dehors, caues par dedanY,5c
plats pour Fempoignement.
Us ont des apùphjjes haut &: bas, excepté les os dutroi*
ficme entre-nœud, qui n*en auoient pasbefoin par haut,
où ils font ioinéis aux angles.
CHAPITRE. XXII
Des (M de tout le Pied.
LEPiedfediuife comme là main en trois parties, â
Içauoir en los de la cuiffe, le Tibia & t extreme-ptedi
La cuiffe eft , appelle du Verbe Latin /ero, qui
fignifie porter, parce qu'elle porte& fouftientl animal;
Elle eft compoiée dVnïèul os , mats qui eft le plus grand
& le plus long de tout le corps , dont la partie anterieure
& externe eft plusconuexe , rinterne dc.h poftetieuce
plus cauc.
Car elle defeend obliquement en dedans iufqu’auge- Aduertlf-
noüil ; Ce queles Chirurgiens doiuent remarquer ,
qu’en la fraélaro de la cuiffe, ils ne renucrfcnc la fîtua-
tion,
La partie fuperieurez, trois , qui font pluftqft
des epiphyfes , StC qui fc feparent aifement aux pecûs
enfans.
Ddddij
f8ô ^atrtéme TraïElé ,
Lai. ea vncfoir groflc- refte & ronde qui fc foriïig ^
l’appendice qui s infere dans la boëttc de la hanche, &
cd lice aucc la hanche par vn ligament double l’yn
commun , large , membraneux , mais allez efpaîs ,
enuuonne ratticlc : l'autre rond en long , comme
cartilage (comme fic’cftoic vn nerf cartilagineux; cti
tre latcfte delà cuiflc& U profondeur delà cauité.aHÛ
que la lefte delà cuiffe ne tombe.
^ Son col a àeiixapopfjjfes auxquelles la nature a donné
des appendices , qui fe pcuuent fcparer aiféraent des
apophyfes auxenfans ,non pas aux adultes.
La II. cft externe, qu’on nomme le trochanter
ou rotateur y & qui a des finus , des impreflions ôc des
lignes.
Le III, interne , le petit trochanter.
L’vfage de ces apophyfes eltpour l’originel l’infcr-
îiondes mufcles, par le moyen defqucls fefait lemoii-
uement. D’où vient qu’on les nomme Trochanteres.
La partie infeneure cft articulée auec le tibia par gin-
glyne. Car elle entre aux genoux par vnc double tefte,
dontrinterne. cft plus cfpailTe, & l’externe cft plus large
de plus applatic, dans lesfinus de l'os de la iambe , &
entre ces telles il y a vn clpacedela largeurd’vn pouice,
[par oùpalTcnt les vailîcauxauec le nerf de la quatriè¬
me paire vers les iambes. Les playes font dangereufes
en cét endroit à caufedes conuulfions. ]
La Meule cftainfi nommée à caufe de larcffemblance
que cette partie a aucc vne meule: C’eft vn os rond &
large. Elle cft couchée icy fur l’articulation de la cuilTe
ôc du tibia , où le genoüil eft enuelopé d’vn ligament
membraneux, excepté la meule. D’autres la nomment
Rotule , palette du genoüil y bouclier , os feutiforme >
qui conftituële gcnoiiil.
Sa fubfiance eft quelques mois cartilagineufe aux pe¬
tits enfans,& deuient ofleufe aux adultes.
Sa Figure cft comme celle de la bolTe circulaire d’vn
bouclier. Car la partie du milieu eftant deuenue plus
Des Os,
cfpâifTcjclle eft eminente.
Elle eft adhérente &artachée fermement par quelques
tendons plusefpais dcsmufcles delà cuilfc.
Elle cft ôccouuerce d’vn cartilage gliflant, pour
rendre le mouucmcnt plus aifé dedans, vers l’os de 1*
cuilTc.
Son >vfkge cft I. d’affermir l’article en cc't endroit , afin
que lacumene tombe en deuant & ne fc difloque , &
qu'ainfî l’homme tombe, fur tout lors qu’il marche par
des lieux panchans , & qu’il fléchit beaucoup les ge¬
noux.
II. Pour deffendre les tendons dcsmufcles.
Le tibia eft vue partie entre le gcnoüil & le talon^
compofée de deux os , comme le coude.
Vvn intérieur & plus grand qui retient le nom du
tout , & fc nomme tibia, cnéme , & félon d’autres le
grand focile > la grande Canne, &c.
Il a vne apophyfe'aih partie fuperieure au milieu, qui
eft reccuc dans la cauitc de la cuifTe , & deux fmuofttex,
oblongues pour les teftes delà cuiffc, dont la profon¬
deur cft augmentée par vn cartilage attaché par des //-
gamens^ qui eft mobile , mol , gliffant, & arroufe d’vnc
humeur onéfueufe , cfpais au milieu , & délié vers le
centre, d’ou vient qu'on le nomme lunaire.
Vne tuberofté qui naift en cét endroit feparc les deux
fnuojîte:!^, du fommet de laquelle fort vn fort ligament
qui s’implante au lînus de la cuifle.
Mais de laregion anterieure ôcafpre fortent des liga-
mens qui augmentent les cartilages lunaires.
Sa partie anterieure eft aigue & longue, & eft appelléc
l'Bfpine, où la figure de l’os cftprefque triangulaire , & douleur ex-
cft fl aiguë qu’elle femblelc taillant d’vn couteau. D’où tème en la
vient que fi on heurte à la partie anterieure du tibia on iefton delà
foulFre vne grande douleur , parce que la peau voifîne
& leperiofteeft coupépar cét os comme aucc vn cou- “
teau.
Il y a à la partie fugerieurç vue apophyfe decharnw
^32, ^améme T rdÜè ,
au cofté interne , boiTuë & éminente près du pied ,
nomme la cheuille ou malléole interne , comme lapn,
phyfc du Péroné malléole externe-
Le Péroné ou fibnlay boucle ou agraphe cfl:aii>fi nopj;
mé parce quilfcmble conioindre les mufcles du tibia-*
On Ienommeauffi5»r4,ou l’os du gras de la iambe,
fetite canne , le petit foeile tbcc. Cet os cft plus petit
plus grefle,cftendu extérieurement Iclong dutibia, com.
me le rayon le long du coude.
Satefte ronde ne touche pas au genoûil par la
y»pm>«re,mais eftau deflbus; Mais par partie i»fg^
rieure il dcfcend plus bas que le tibia. C’eft pourquo»
cét os eft aufli long que letjbia.
Le Tibia &:le Péroné font éloignez l’vn de raiitré
au milieu, à caufe des mufeks du pied qui (ont placez en,
ce lieu, dans lequel efpace yn ligament gfcfle & large
ioinâ: cesos félon leur longueur. Il eltauffi vm au tibia
par vn ligament commun par haut & par bas,
Satefte inferienre qui tend enpoin(c,a vne appendice
qui s’efpaifuflaHt engendre lapophyfc qu’on appelle
Malléole externe, à fçauoir ce beu externe boffu , déchar¬
né au pied ) & plus bas que l’interne.
Les os de l’Èxcréme Pied fc diuilcnt en trois parties,',
comme les os de la main là'çauoir etxTarfe Oüpedmm,
metatarfe ou metapedinm, & en doigts.
Les os du Tarie lonrfept, les quatre pofhrieurs def-
qucls quelques vns comptent feulement au tarfe, parce
que les trois autres n'ont point leurs femblablcs dans
la main.
Le I cft appelle Aflragatos par les Grecs , Talm par les
Latins, iccQmrswynzmtni l'osdel'arbalefte^ Ou le nom-*,
me auffi quatrio , à caufe de fes quatre faces ou coftez.
Il fert comme de baie aux os de U iambe. Car il cft
ioin(% auec l’appendice du tibia par ginglyme : D’ou
vient qu’ils reçoiucnt ducoloblong yne rÿ^eorbiculairc.
SC. polie plus clcuée, quicftcouuertc d’vn cartilage , au
milieu de laquelle cft vne fnnofte' C.'cft ce qui le.
f 'Os. 5^5
I iicnd Tourcilleux comme en vnc poulie fut laquelle vnc
j corde Ce tourne.
LVn & l’autre rcçoiuent les malléoles aux collez. Il
j eft ioindl auecl’os nauiculairc j 5c par bas auffi auec le
I ,€AlcAnenm par vn double article, où fa par, tic inferieure
! eft inégalé , caue deux fois & trois fois conuexc. Il reçoit
! la telle du catcanenm.
I \ Il faut remarquer au milieu de la cauité de ces arti¬
cles vnc cauité ( à laquelle refpond le fînus du calcanéum)
dans laquelle eft contenue la graiffe & la fubftance mu-
gueufe pour humeder les ligamens cartilagineux qui
attachentlc talon à l’os, &fur tout les os mefmes, afin
qu’ils ne fe deffeichent dans le mouuement. D’où vient
que i*ay remarqué que toutes les fois qu’il y a peu de
cette fubftance humide 5c grafle ,ou qu’il n’y en a point
du tout,ouàeaufe de quelque playe qu’on y ait faite,ou
par quelque autre caufe , il fe fait vn fon au pied en mar¬
chant , par la eollifion des deux os, mais fans aucune
douleur , à caufe qu’il n’y a point dedans aucune partie
fcnfible ^ mais feulement des os j des cartilages 5c des
ligamens.
Le II. eft le plus grand Sclcplus cfpaisquifoit au pied,
parce qu’il (ert pour le tenir ferme ( comme le talon
pourle mouuement.) C’eft pourquoyileft ioind au ta- del’au-
Ion par plufieurs ligamens 5c aux autres os adiacens. t heur, pu.
Les Grecs le nomment TternUi les Latins Calx , calca-
mum 5c pdis CAlcar,V c(i^cton. du pied , auquel os s’in- pud „
(etc \z corde eft la plus grande & la plus forte de tout murchatt.
le corps, 5c qui efteompoféedes tendons des trois muf-
cies du pied.
Sa partie inférieure eft vn peu plus large , afin que le
piedfoit plus feurement affermi ^ Il a par haut vnc tefte
ample, qui entre dans lefinus du talon ,&dansle finus
fuperficicl qui reçoit la tuberofîte du talon. Mais il eft
ioinélauflîà l’oscuboide par vne tefte plate.
Le III. eft appellé nauiculaire y feaphoide^i caufe qu’il
ïcflèmbic vn petit batteau .: U a connexion aucc le talon
de les
r
Des Os, sSf
Explication de la Figure,
elle monstre les os de
tout le Pied.
La I. reprefcntc pardeuant. Lai. à codé. Laj. par dcri
ricre. Elles ont les lettres communes, s’il n’eft
marqué autrement.
M.N. l'6S ficrum.
Q.l'oi innominL
0. fa partie , l'os Ilion*
•JT, l'os delà hamhe,
р. l'os pubis-
r. le cartilage de l'os pubis.
A. A. A. l’os delà cuijfe.
T. T. T. le grand trochanterl
V. V . le petit trochanter,
S- la palette au geno'ml-
n.2. le tibia.
le plus grandes du tibia )&fonappphjfe, le malléole ie--
terne X.
’î*. le péroné & fonapophjfey le malléole externe (f.
XI. l’os del’Ajlragale y le talon-
a. I. le calcanéum- b. l'os nauiculaire,
с. c, leTarfe.Ses trois os d. e. f;
g. le quatrième os du tarfe y nommé cuboide,
b. I. le metatarfe-
i. i. les doigts du pied. k. k. les os Sefamoides^
.&Iestroisos poftetieurs.
Le IV. eft nommé cuboide y iczufe qn' il â laformc d’vn
cube , & au (Il / W de De'ySc par les Arabes, l'os grandineux,
& pat d’AiHïcs multiforme. Il eft plus grand que les au¬
tres, & eft deuant le calcanéum, & eft ioinSl pat vne fu-
petficie inégalé , d’vn collé au quatrième & cinquième
Eecc
jsij ^atrtéme TralEie,
os du tatfc& intérieurement aufeptiéme.
Le trois autres quin’auoient point de nomautresfois'
&.quc FaHope a nommez Cdlcotdes » cunéiformes , fonj
articulez à l’os {caphoide. Ces trois font le grand , 1q
moyen & le plus petit, [qui d’vne bafe large deuien-
lient grefles. ] ‘ i' r
Les os du Metatarfe ou de la Plante font cinq , qui ont
connexion auec ceux du Tarfc; Ceux des Doigts font
qtidtorz,e , parce que le poulcc cft compofé de leux os
lêulcment , & que les entre-nœuds font plus courts qu’à
la main , mais ceux du poulce font plus cfpais qu^ la
main.
Les autres os font de mefme que ceux de la main, aux¬
quels ils rcfpondent, comme font auffi prefque les IL
.gamens.
•Mais on trouue fous la plante du,pied, apres que la
peau St la grailïe ont efté oftées, vn ligamenthx^t & fort,
qui delà partie inferieure du Calcanéum s’infere à tous
iesos fefamoides delà première phalange , afin que tout
le pied foit plus ferme.
CHAPITRE XXII.
ôc Dernier.
Des Os 'Sefitmoides.
ON trouuc aux entre-nœuds des pieds & des mainS
quelques olTcllcts fort petits, qu’on appelle Se-
famoides, parce qu’ils rcflcmblcntàla graine de Sifame,
en figure & en petitefle.
Leur figure. Us font rends & vn peu plats.
petits aux pieds , finon au poulce du pied,^
parce que ccluy-cy eft plus grand que le poulcc delà
Leurfituft- plus grands aux vieillards &vn peuplais.
titn. ils font adhérants aux tendons fous lefquels ils font
Des Os. jSy
cache* ", ènucloppez dans des ligamensi de forte
qu’on les ofte, en nettoyant les os , fi on n’y prend
garde.
lis font tantoft cartilagineux , comme aux enfans, leur fui.
auxquels ils ne paroilfeni pas bien ; ôc tantoft ofleux, fUnct.
couuercs des cartilages , fongueux & poreux par de¬
dans.
Q^ant à leur nombre > ils font communément douze
en chaque main & en chaque pied,& quclquesfoîs on
en obfcrue i6. ip. lo. & dauantage , & quelqucsfois
dix feulement. Ils font en plus grand nombre , plus
grands & plus durs, au fiege interne de la main, qu’àl’cx-
terne, le nombre en cft donc incertain : Car la plus
grande part font fi petits qu’on ne les remarque pas : Et
comme la nature eft abondante quelquesfois aux chofes
moins neceftaires , & quelquesfois defedueufe, cllercft
auffi en cét endroit.
Mais il faut remarquer particulièrement à caufe de
\twt grandeur, ces deux w qui font appofez au premier
article dupoulce. jàla tefte de l’os du Metatarfe , dont
Vvn efi plus grand fous la partie nerueufe du mufclc
flechiffeur du premier os àn çoalcc. Sa. ferme ècC^graw--
deur eft comme la moitié d’vn pois efgouiré. Les Ara¬
bes appellent cét offellet Albadaram. Quelques anciens
Philolophes Chimériques [que Cornélius Agrippa a fuiui,] chimérique
ont afleuié que l’homme renaiftroit vn iour de cét os, des entiens.
comme de quelque femence.Mais l’autre qui eft beau¬
coup plus petit, eft couché fous le fécond article du
poulcc.
Or encore que Pon trouue le plus fouuent ces petits
olTcllets aux entre-nœuds des doigts, on en rencontre
auffi de fcmblablcs ailleurs.
Comme on trouue quelquesfois vn olTelIct au cofté
externe de la main, àla connexion de l’huidiéme os du
carpe , & de l’os du métacarpe qui fouftient le petit
doigt, lequel remplit en cét endroit l’efpace vuide ; de
mefme auffi au tarfe du pied , au cofté extérieur de
Ecee ij
sSS ^atriéme Trai^icy Des Osl
l’articulation du cinquième os du nietatarfc qui f -
ftient le petit doigt aucc le cuboide ; On trouue auJ
deux oflcllets au i arrêt près de l'os de la cuilTc , adhcv^
rents aux principes & non pas aux tendons des deux
premiers murdes qui mcuucnt le pied , fur tout aux vieil,
lards & aux animaux fccs, comme aux cerfs, aux chiens
.& aux lièvres. On rapporte icy la partie offeufe oppose
aux vieillards, à l’os cuboide.
Leurs vfages:
1. De deffendte les tendons & les retenir par le^
dureté dans le mouuemcnt, afin qu’ils ne tombent do
l’article qui cft cminent,
II. D’affermir l’article & le garder contre la luxation.
III. De remplir les efpaces vuidcs ; Et par ce moyen
rapprchenfion fe fait plus fermement à la main , &la
ftation & la démarche cft plus affeurée au pied, fur
roue dans les lieux rudes & afpres.
iéOHAttge , homeur Gloire fait rendue À Dm ttojke
Créateur , ^ nous a forme^i^de rien aueç vne
Stru^ure f miracultufe^^
FIN.
DEVX LETTRES
DE MONSIEVR
lEAN VVALÆVS,
DV MOVVEMENT
DV CHYLE
ET DV SANG.
J THOMAS BARTHOLIN
Fils de Ca/par»
PREMIERE LETTRE
DE MONSIEVR
lEAN VVALÆVS,
D V
D V
MO V VE MENT
Chyle & du Sang.
THOMAS BAKTHOLm
Fils de Cajpar. ^
Eux qui ont eu le principal manic^ ^
ment des affaires des Republiques, &
delà Religion,ont de tout temps dc-
batu entre-eux de l’honneur de la
primauté : Mais on peut dire fans ex-
ccz, que l’ambition entre les gens de
Lettres de paroidre auec plus d’eclac
plus fçauans que tous les autres, n’apoint efléles fieclcs
paffez fi infolente qu’au noftre. Et ce qui rend ce mal
plus odieux & plus infupportable,c’eft que ceux qui font
poffedez de cette paffion,(e lerucnt de la médifance & de
la calomnie , & d’autres moyens plus pernicieux pour
miner lîi rcputâtion des autres ^ & s en rcruir comme de
marche-pied pour monter au thrône de la gloire De for¬
te que perfonne ne peut communiquer au public, ou à
fes amis cnpatticul;er, quelque eferit, qui dans l'eftimc
j.pi lean FVaUus]
dcsvns pilTcrapout excellent, qui n’attire incontiriênt
fur foy tout ce que la médifancc a de plus cruel & de plu.
barbare. Cela cftant, il femble quec’ca vne grande foUg
d’adioufter à fes veilles & à fes trauaux, la haine des en
uicux.&ledefplaifir d’auoir trauàillé auec vn fuccez fî
defauantageux.
le vous aduouc»franchement que ces raifons tn’od't
cmpefchciufques icydevous accorder ce que vous me
demandiezpar vos prelTantes & frequentes prières. Ou.
trecela,ien’aymc pas a déterminer dcschofes que
pcrience de plusieurs ficelés n’a peu ouapprouuer ouaf-
fez bien définir. Mais ic mefens enfin comme forcé de
Uotcifiù» découurir à tout le monde mon opinion, touchâHtle mou-
de cette du Sdng , tant pour ne paroiftre pas inciuilen vo.
Lettre, endroit, que pour refpondre à vn certain homme
Dode, qui a entrepris de réfuter quelques Thefes fur cet¬
te matière, quiauoient cfté difputécs en ma prefcnce , &
fous madefFcnce, comme fi i’en eft;oisl’Autheur,bien que
celuy qui les a fouftenues , y témoigne auec vérité quU
lcsau9^t Gompofées luy-mefme, ie neveux pas néant-
moins 'qu’on me les attribue, encore que leur Autheur
ne doit point auoir honte de les recognoiftrepoutfien-
ncs,& qu'elles ayent efté défendues fous monfupporf
&ma protedion. Ceux quicognoiffentmaliberté dans
les difputes , & qui font informez de la Couftume de no-
dre Academie, n’auront pas beaucoup de peine à com¬
prendre la raifon de ce que ie viens de vous dire.
C’eft pourquoy ,Monfieur , ic vous découurc enfin
mon fentiment , touchant le mouucmcnt du fang. Le
duf*ng quif4ftg<\m fort des f lus grandes arteres dilTcquées, eft plus
femem. chaud, plus fubtil, plus rare& plus vermeil queccluy
qui coule des veines ouuertes : le nevoudrois pas dire
pour cela que la forme du fang arterieux foittoutà fait
differente de celle du fang veineux. Car le fang arterieux
peut auoir cét auantage fur l’autre, à caufe que fortant
fraifehement comme du foyer, il a plus de chaleur & plus ■
grande abondance d’efprits; De forte qu’il ne différé de
l’autt^
Du mommcnt du Chyle ^ du Sang, s 93
l’autre, comme le laid boütUanc de ccluy qui eft rcfroidy.
£n efFcd,il femblc que le fang arterieux ne tient ces qua-
litez d’ailleurs que de la plus grande quantité de chaleur
d’efprits ; Car on peut remarquer que ccluy des peti-
tesarteres qui eft plus éloigné du foyer, n’cft pas fi différée
de ccluy des veines. Er certes nous n’auons peu iamais
remarquer aucune diffcience entre le fang que nouS'
auons pris des plu s grandes arteTeS j:.& racfme du cœur
d’vn mefnic animal viuant, Sc des veines, & que nous
auonsiaiffé. refroidir & coaguler, l’vn ôcl’autre. De ma-'
nicre, qu’on ne peut croire autre chofey finon que le fang>
arterieux eft de mçfme efpece que le veineux^.
Il y a peu d’Autheurs qui veuillent que lé fang veineux
foitdedeux fortes, rvn contenu dans la vcine.caue, &
l’autre dans la veine-porte. Màis il eft impoffible de re¬
marquer aucune différence entr’-eux, ou lofs qu’ils font
renfermez dans leurs vaifIeaux;,ou lors qu’ils font de¬
hors. Et nous verrons tancoft que la raifon enfeigne la
melmechofei^ . _ . i ■ . . 7. . i
On pcufconccuoir auffi ; outre ces fortes de fâng îvné
autre eîpece de fang qui eftai faite du çhylc dahs le foyc,.
n’a pas encore recciivne plus grande perfedion dans le
coeur: Nousnepouuons pasfçauoir de quelle nature eft
ce fang ,veii que, comme nous orrons bjen-toft , ileft
mcflédânsla veine-caue auec celuyqui aefté,plus per-,
fedionnédans le cœur. Er certes il nous importe fore peu
de cognoiftre la nature d’vn fang que nous verrons du¬
rer pour vu peu de temps feulement. Nôftrc deffein eft
dercchercherieulement }e,mouuementdufaag.,
Or Ic'fang fe peut moumir^.ovi dans cett^partkdel arte*
re ou de la veine ou il eji contenu, ou bien il peut couler de^
cette partie dans vne autre. On ne remarque pas que le
fang fe meuue naturellement en, haut & enbas ,,cotnin^
l’eau boiiillantc dans vne partie de l'artere eudela vemei
Cela ne fevpid pas non plus dans vn yaiffeau ou il eft
rcceu, ny lors qu’on le tire en'vn corps chaud & viuanr,
nydans l’artere mcfme, û on la lie des deux codez, &
Q.tt’ileif dt
mefme tfpe-
ce.
Le yng ne
meut pus eu
haut e»
b us dans les.
VAiJfemx.y
Mais U fe
meus d'vne
f/trtie du
vaijfeau
dans vne
autre.
Peur entets.
dre parfai¬
tement ce
mouuemët ,
il faut re¬
chercher
ttluy du
chyle.
X.a viande
prifelapre-
mtere,ocm
pe le pre¬
mier lieu
au ventri
(ule.
Le ventri¬
cule l'em
brajfe 4-
fireittmêt.
L'humeur
du ventri
cule i'hu-
müt.
^94 Jean FTaUus,
& qu’on la diïTcquc àTcfpace fupeiicure qui eacntre^
deux. Voire mefmeloi-s que nous auonsfouucnt coud'
la pointe d’vncœur viuant, &quc lecœureftoit dreff/
nous auons bien fenty la chaleur du fang, mais ûousn’»
auonsiamais remarqué aucune ébullition.
Mais ileftmanifefte que le Sang femeut
de l ancre, en de la veine dans vne autre. Car il y\
Sang aux extremitez des veines qui y doit cftrc venu
puis qu’il n’y a pas efté engendré. Et il eft aflez euident
dans les animaux viuans, que le fang coule de la veine-
-caue A ns le cœur , & du cœur dans l’aorte. '
Or ahn que tout ce meuuement du Sang foitplus ma-
niféfte, il le faut confidercr deT^a fource.
Nous auons fouucnt remarque en des chiens viuans
que la viande folide garde dans le ventricule le rang au.
quel elle aiioit eftéprife, finon quccét ordre fe change
lors que le ventricule cftant trop plein de brcuuage,lcs
viandes y nagent & flotent & là.
Le ventricule etnbrafl'emanifeftemcnt de toutes parts
_ la viande qu’il à receue, quand il n’y enauroitqucdcux
onces feulement : le fermant prcfque de la mefme fa¬
çon qu’vne bourfe qui contient vn petit globe. L’ori¬
fice fupericur & inferieur fe reflerrenten mefme temps.
Ce qu’on peut cognoiftre cnpalTant par vn trou fait au
voifinage, le petit doigt ou la fonde. Il femble néant-
moins quand on trouuc l'orifice inferieur fermé entiè¬
rement , qu’il fou pluftoft affâifle que lcrré , parce
qu’en pieffant légèrement le ventricule , il laifTe palTer
le chyle. Quclqucsfoisauflî le ventricule eft trop foiblfl
& les orifices ne font ferrez comme ils deutoient cftre
naturellement, & alors on les lent trop lafehes.
La viande retenue dans le ventricule, y eft toute hu-
medéc par l’humidité qu elle a, & le breuuagc & la fa.
liuc ; ât bien toft apres elle deuient poreufe & toute
fpongieufe. Car il clt vray-femblablc que cette liqueur
a tiré quelque chofe de la fubftancc de la viande
qu’elle en eft imprégnée.
Du mouuementdu Chyle du Sang, S9f
Quelque temps apres la viande délicate & groflîerc V«e hu-
cft coupée & hachée en tre^etits morceaux,mefmes les
coques d’œufs aux chiens ^equi fefait fans doute par J*
quelque humeur acide qui rffne vertu diflbluante. Car
l’experience nous enfeigne que le ventricule eftant in¬
commodé parla pefanreur ou l’cfpaiffeur des viandes, fe
fent foulagécn prenant du vinaigre, du ius de citron ,-
ou del’huile de fouffre ou de vitriol. Perfonne n’attri¬
buera cettediffbluante àlafaliucouàlabilcquiregorge
dans le ventricule, qui aura veii raacerer du pain pen¬
dant quelques heures dansla faliue chaude ou le fiel de
bœuf, fans qu’il en foit coupé ôcdiuifé. De cent chiens-
Sc plus que nous auons dilfequé en vie pour ce fuicc,
nous n’en auons trouué que deuxfeulement dans le ven¬
tricule Jefquélslabiles’eftoit refpandu’é,dontlVn auoit-
ieùfné rroisiours, àTeftomach duquel il y auoit dcl’ef-
cume bilieufc auffi ferrée Si remplie de petites bouteilles,
comme celle que nous voyons nager à la Icxiue lors
qu’on y lauc.
Or nouseftimons que cette humeur acide vient de là
Rate dans l’Eftornach , parce qu’on ne trouue point dans
lecorps aucune autre partie acide, & que mangeant vne
Rate cuite , fur tout Cfile depourccau , on eft auffi fou-
lagé de l’incommodité quip fouffre le ventricule , lors
qu’il a reçeu trop de viandes & trop groffiercs.
La viande eftant ainfî méfiée auec la liqueur par toutes P«» tfi
fes plus petites parties prend aucc le temps par la co-
élion, la confiftancc d’vn orge mondé bien clair , & puis ' ,
cft enuoyée aux inteftins.
Maistoute fortede viande ne reçoit pâs cc changement L’v»e piuî,i
dans le ventricule auffi* toft l’vne que l’autré. Il fefait foji que
pluftoft, deiour& lors que la viande eft en petite quan- *^"^’'**
tité,dclicate&bien mafehée, Scplustaiddc nuiâ:, lors
que la viande eft en trop grande abondance , grofficre,
& les morceaux font trop gros, de forte qu’eftant bien
mafehée aucc les dents, elle commence à fe changer en
’^féme , cependant que celle qui a efté aualée à
* . '
fçd le an WdUus
grands morceaux ,cft encore folidc.
Le laidt & les boitillons lÿçoiuenc leur perfeftion j
iour dansvnc heure ou plcmoft, &: fe difttibuent anir;
^de^Jtlrdi. temps , fl aucune afttrc chofe ne l’empefehe : c®
ucté tlle <■(? que l’excretion de l’vrinc apry qu’on les a pris,monftre
cui^e& di~ cuidemment, fans qu’il foit bcToin d’auoir recours à 1
^rthée. tliffedtion. Mais il faut plus de temps pour la coftion
des herbes potagères. Pour ce qui eft du pain il
ble quefa fubftancc foitd’vne digeftion médiocre Qn
-le void tant foit peu changé dans vnc heure & demie vne
heure apres rare & toutâ fait femblablc à vne cfpông®
humide , apres cela il fc diuife en très petits morceaux, &
Je mcflaint auec le breuuage, paroift tout liquide , puis fc
cuit entièrement , & enfin ce qui eft cuit du pain, eftehaf-
fé par le pylore du ventricule aux inteftins , entr'c quatre
& cinq heures apres le repas. Orce quireftedupain,rc-
,çoit peu à peu la perfection qu’il doit auoir. Q^ue fi qucl-
.que autre viande de plus dure digeftion a efté ptife
auec le pain , nous auons remarqué que la codion fe
■ fait en cét ordre. Les legumesfecuircnt& fc difttibuent
les premiers, puis les poiftons, les chairs apres, à fça-
.uoir entre fix&fept heures: Celle de bœuf entre fept
&c huid j&encores plus tard, fes^artics membraneufes
& les coques des œufs. Nütijÿ auons remarqué que les
os font demeurez trois iours dans le ventricule, & que
dans>ce temps ils eftoient deuenus cartilagineux.
iic'efte» Mefmcs on remarque foiyient vne grande diucrfité
fout ou far aux parties de ces mefmes viandes, comme par exem-
pmies. pie au pain & à la chair , dcfqucis encore qu’ils paroif-
fent entiers au ventricule, il fort dans vne heure quel¬
que petite portion qui eft diftribuée aux veines ladées.
De forte que ce qui eft cuid, n’attend pas la codiondc
l autre, &n’eft point aulTiarrcfté par la viande qui n’eft
pas çuJde , .nuis tombe incontinent, & eft tranfportc
aux inteftins:, mefmcs on tro.uue rarement le ventricule
cnticrementvuide de viande, encore qu’vn chien ait de»
meuréfeize heures fans manger.
Dîi moiuicnient du Chyle du Sdn^^ spy
Of il nous a efté aifé de remarquer toutes ces particulari-
tez aux chiens que nous aiions diffequezenvicendiuer'S
temps aprcs.le repas.
Le Chyle eft de couleur cendrée dan^ les intcftrns , & Ch)U
eft rarement iaune, à caufe de la bile. Or il commence au
duodénum mcfmc d’entrer dans les veines pdr'lès
fellms , & quand il y eft entré, il n’arrefte point en aucuns inteslini,&
inteftins, tandis qu il y en a quelqucpeu. La nature a p»r Usvei-
donne des veines laéléesau Rcélum mefme qui paroif- neslaâées.
fent aftèz fouucnt blancheaftres par l’affluence du Chyle.
Et afin que nous fufllons affèurez que ce fuc ladée ne vc-
noitpas d’ailleurs que des inteftins , nous auonslié ces
veines ladées inférées au corps des inteftins, & nous
auons remarqué manifeftement qu’elles feremplifroiens
& s’enfloient depuis la cauité des inteftins iufqu’àla liga¬
ture, & qu’elles fc vuidoient & s’affaifToient depuis la
ligature vers le mefentere.
Or nousn’auons veu iamais que le'Chylc entre dans Voye&hfi-
aucmie veine au corps du ventricule, ny dans aucune vei. g»re des
ne mefaraïque ; N y que le fang creu démefurement par la
ligaturcdela veine- porte, dequoy nous verrons la rai-^ ees.p.e^i.
foncy apres dansles veines mefaraïques entrc,dans les
veines ladées. Ce qui monftrc clairement que la nature a
deftiné les veines ladées à porter le chyle feulement, $c rAiqaes.
les veines du ventricule & les mefaraïques pour charrier
le fang.
Le chyle eft toufiours blanc dans les veines ladées , en- 1/ tii touf.
core qu’il fut cendré aux inteftins, ouiaunepar lateintu-
re delà bile.
Le chyle monte en haut par ces veines ladées , mais il f«»l
n’eftpas bien aifé de dire en quelle façon. Ce que nous ^
auons remarqué en quelques chiens de chafle grands &
ipaigres,nousfemble plus vray-femblable,quc quelques ctées.
veines ladées vont pat vnfeul conduit & continu des in¬
teftins au rameau mefen.tcrique,d’autresàlà veine porte
mefme, quelques- vncs à la partie- caue du foye, & quel¬
ques- fois vn tres-petit nombre à la veine-caue près des
Ffffiij
Non h lit
Kute.
Maïs au.
foye..
feye
dans la
He la veine
taut au
Neur .
5pg . lean FVaUus
cmulgentes. Garces animaux n ont pas au commence^
rncntdumefcntere cette glande vnique <^'AfelUHs a ap*
pelle Pancréas , & qui rend le chemin de ces veines obi
fcur,maislc plusfouucnt ily a en cét endroit cinq gl^nl
dcsfeparéesparvn grand efpacc , par lequel elles donnét
libre palîage à quelques veines ladees. Or puis qu’il y ^
peu de rameaux de veines laâ:écs audclTusdeces glan,.
des, dont quelques-vnes font plus grandes qu’en bas, ie
croirois que les veines lactées fediuifent en rameaux prés,
de ces glandcs,&: qu’elles feruent comme en d’autres en.
droits du corps , àla diftribution de ces vai(D:aux.
Onnousamonftré aufli quelquesfois des veines laftées
qui entroient dans la Rate, mais nous auons trouué mef.
meenprefencc de ceux qui nous les demonftroient, que
c’eftoient des nerfs.
Le chyle eftant porté par ces veines ladées, fc mefle
auec le fang dans le rameau mefenteriquedans la veine,
porte, & à^rxûc foye me fme. Car en quelque lieu qu’on
lie les veines ladées elles s’enflent toufiours , parce qu’el¬
les font erapefehées d’enuoycr le chyle à ces parties, mais
quandla ligature eftdcftachéc, elles l’y verfent manife-
ftement.
Encore que les rameaux de la veine-porte au foye
foienr conioints en diuers lieux aux rameaux de la veine-
caue,ils n’aboutifTent pas neatmoins en aucun endroit, au
grâd rameau de la veine- caucrmais les plus petits rameaux ,
de la veine-porte tranfportét ce chyle meflé auec le fang
dans le plus petits rameaux de la veine-caue: Comme
cela fe voit aifement en vn foye décharné, enflé, qui
nagefurl’èau.Nous verrons cy- apres euidemment qucla
mcfmcchofcarriueaureftcdu chyle meflé auec le fang,.
Le fang, félon l’opinion de tous cft vcrfé par les petits
rameaux de la veine-caue qui font au foye dans le
mefmtdela veine- caue. Ge qui efleuident, parce que la
veine- caue eftant liée au delTus du foye dans les animaux
viuans, elle s’enfle, à caufe du fang qui y coule.
pe la veine-caue il entre, dans , le ventricule droit âf»;
Du momement du Chyle du Sang, 59 9
fflfwr. Car en liartt la partie de la veinc-cauequic^ an
deffous du cœur , nous auons remarqué quelquesfois,fuc
CO UC à vne anguille, qu’elle fe vuidc incontinent vers le
cœur. Ce que Hurnems a auflî remarqué au Chapitre lo.
de fon Liure. ^
Il entre alTez manifeftement du ventrieWe droit du D« ventrt.
cœur dans la veine arterieufe, & par cllceft porté aux cuUJrtit
poulmons. le n’oferois pas affeurer que quelque portion
defanecouleduventriculedroitducœur,àtraucrslapa-
roy moyenne dans le ventricule gauche, puis que le trou- urieuft.
UC ailleurs des chemins ouuerts , & que le n’en voy point
icy. L’illuftre Monficur perfonnage à qui fon
érudition folide, & fa fincerité & candeur extraordinai¬
re donnent beaucoup de crédit & d’authoritéparmyles
Doftes rapporte en fon Exercitation furla Philofophio
de Flud, partie 5.Chapitre 17. qu’il aveu monftrcrà/>4^f«.
la paroy entre-moyenne du cœur percée par diuers laby¬
rinthes, & par desfmuofiteztortueufcs: Et qu’on les peut
trouuer , fi en mettant doucement la fonde dans vne pe¬
tite folle, on la tourne patiemment en haut, en bas & aux
coftez, & qu’on cherche en cette forte vu chemin plus
auantjiufquesàcequevousen trouuiez l’extremité. En
elfeéI,nous auons expérimenté que cela nous a fouuent
bien reüfli ; Mais nous auons aufiî remarqué que ces che¬
mins tortueux n’ont point efté faits par la nature, mais
parla fonde ou la pointe du couteau, lors que nous ou-
urons Iccheminqui eftfait, 8c que nous en cherchons
vn autre plus auant : Car la chair du cœur cft fi tendre
& confiftantc auffi, qu’elle fc rompt incontinent au moin¬
dre attouchement de ce qui la perce , & laifle vne ca-
iiité : D'où vient que nous auons peu trouuer pat cfe
moyen les coftez du cœur ouuerts.
Nous recueillons de là que le fang qui cft entré parla ï>eU veine
veine arterieufe dans les poulmons , retourné au ventri-
cule droit du cœur par i’arterc veineufe , parce que
plus grand rameau de l’arterc veineufe cftant lie près du ^ *
péricarde en vnpoulmqn viuant, nous l’auons ycu en- vemmult
éoo WaUm
g4uche dH durcir & enfler vers l’enceinte du poulmon , U pa^i
''saur.. quiregardoit le cœur demeurant vuidc& s’abbaiflTant
& aulfi toft que U ligature eftoii oftéc , le Sang alloit dans
leventriçule gauche du cœur. Ce qu’on peut remarquer
fort aifeme^ aux lapins. Or il faut que ce Sang y coule
delà vcin^tcrieuflîjpuis qu’il ne peut pas venir d’aiL
leurs.
Leonardns Boullus perfonnage très dbdlc à la fln de
• fon liure du catharre, croit auoir trouué vn autre che-
min par où le Sang va continuellement du ventricule
droit dans le gauche, tay troHué > dit- il, vn peu au defus
de U coronaire, vn chemin ajfez, apparent , près de t oreillette
droitte , ^ui fe porte incontinent par vn chemin droit dans
l'oreille gauche,
ïsmyas Ilcft certes difficile de deuiner quel cft ce conduit
f ar U trou qiic nous appelions le trou ouale , s’il n’eft la continua^
don de la veine caue à 1 artère veineufe , ou vn autre
conduit que nous auons trouué quelquesfois au cœur
d’vnc brebis, de lagrofleur d’vnc paille de fromçnt , Sc.
qui va par vn chemin oblique d’vnc oreillette à l’autre.
Q_uantàcetrououale, iln eft pas à la vérité fermé par,
tout egalement , & (ouuent vue petite membrane fort
defliée &: tranfparentc croifl: au milieu , qui fc rompt
aifement par le moindre attouchement d’vnc fonde.
Maison le trouué fort rarement ouuert en aucune façon,
auxadultes. Etle Sang qui coule du poulmon par l’ar-
terc veineufej attache la inembrane qui eft mifo deuant
ce trou, de forte que lors.raefme qu’elle n’eft pas ad¬
hérente, à peine peut il pafler quelque chofe pat là.
Or ce conduit oblique que nous auons veu au cœur,
d’vne brebis , pénétré fouuent profondément la fub-
ttance 'de l’oreillette , mais rarement fc porte tout à fait
irautre orcillettc.Eticcroirois qu’il a cfté donné àl’oreil-
Ictte pourfanoariiture,parce quelle n’a pas accouftumé
de rcccuoir des rameaux de la coronaire.
Mais il ne faut point tirer aucune confequcnce
^.cQ qui .ardue, racement , pour ce qui doit toufiowrs
. . . . eftrei
’ Bu momtmtnt du Chyle du Sang. 6o i
«cftle. Car la nature fc iouc en la fabrique du cœur, Ainfî
auons nousveu quclquesfois cnla paroy entre-moyen¬
ne d’vn cœur de bœuf, à la partie fuperieure fuiuant la
longueur du cœur , vn finus ouucrt vers le vcntriculo
gauche, près de la pointe, auffi long &aufli large que le
doigt indice. Ar'tfiote a peu en trouuervn fcmblable à
ccluylà,puis qu’iIaalTeuré au 3. liuredes Parties chap.
.4. que les plus grands animaux ont trois ventricules au
-cœur , car les grands animaux ont deux ventricules, com¬
me nous auons remarqué au fœtus d’vne baleine, diffe-
•qué.
De forte qu’il femble quelefang ne va point ordi- Txtvmtn-
iîjaircment par autre chemin au ventricule gauche du
'cœur,que par lespoulmons. (ht du
Le fang. chant ainfi porté au ventricule gauche du ^'artere»:
cœur , s’en va de là à l’artere aorte, aux médiocres & i\xx orte,é' aux
petites ancres . Car eftans liées, lors que l’animal cft autres peti~
viuant , elles s’enflent merueillculément vers le cœur, arteres,
èc s’abbaiflent vers les extremitez & la ligature eftant
deflachée , enuoient manifeftement le Sang plus ou¬
tre.
Le fang peur entrer des plus petites arteres dans les vei- ^rteres
ues. Car quelques orifices des arteres entrent dans les
veines. Etafin que nousfuflîonsafleurez.quelefangpeuf^a^,.
pafler par ces orifices, nous auons dégagé la veine &
l’arterc au pied d’vn chien mort de tout ce qui pouuoit en
empefeher la veuc, & auons vuidé la plus grande veine
crurale ,& l’âaons liée aux Iles , afin qu’il ne paffaft point
de fang par làj mais nous auons lié au genoüil cette vei¬
ne & l'artere voifine enfemble ; Et apres auons poufle
auccles doigts le fang contenu dans les arteres iliaques
iufqu’au genoiiil, & auons vuidc par ce moyen l’artere
crurale, raaisiious auons veu la veine-crurale fe remplir
manifcftement:Et confîderâs qu’il ne pouuoit venir dans
laveine-liéeparlehaut&par bas que bien peu de fang
de fes rameaux, & que neantmoins elle s’emplilToit beau-
' coup, èi l’artere fe vuidoit enticrement, nous concluions
?g§g
FFalccus
que ccfang tient la veine (c reir,pliflüirj cftoitpQy(jv ^ .
artcixs vuidces par les orifices. ^
Galie» mefmc monftre an Chapitre 5. du Liurg
Coi^m par TvCagc du pouls que cette opinion 'i’eft pas nouuelle.i^
la anciens. j»afiomofes des ancres auec les vetnes fort ^^^percepttbief
ftffx/efss. ^efion les vent nier ^ parce elles ne Jo»t
hten Apparentes , ileji aifé de les monfirerpard’ autres ntolnt
^ueles anciens nous ont enfeigné ^ dont vndes pins euidents
ejl que fi onprend ejuelque antmal de ceux qui ont les zeinee
amples & mamfefies , comme vn hœufi mpourceau , vn af
tte , vn cheuah vne brebis , vn eursy vn finge, vn léopard^ ou
vn homme mefme , ou quelque autre animal femblahle,
fi on lujuure plufieurs grandes arteres on, efpuifera p^f
elleSitontie fang de l’animal Nous en auonsfait fouuent l’ ex¬
périence y & comme nous auons toufiours trouué les veines
vuide'esauec les artères, nous auons creu quel opinion des ori-
fices communs des arteres & des vetnes , & du pajfage com¬
mun des vnes dans les autreSicfioit véritable. Mefroes l’o-
pinion commune & reccue, veut que le fang arterieux
entre naturellement dans les plus petites veines, afin que
les parties fenourrifTent de fang arterieux & veineux.
Orque le Sang entre en effed naturellement par ces
aux animaux viuans, des dans les veines,
les veines. . .
f n voicy des prcuucs cuidentcs.
Ccluy qui confidercra attentiuemént dans les difle-
étions viuanteSjla quantité de Sang qui eft communiqué
aux parties & aux veines parles arteres , aura de la peine
Cnmm en. ^ croire qu elle fc confume toute pour la nutrition des
fei^r.e l’a., parties ; Sur tout , s’il prend garde que le fang arterieux
l>ondace du eft aflcz groflierj&qu’il n’cft pas quatre fois plus rare que
le veineux, comme nous auons fonuent remarqué, lors
aussparties auons laiffc refroidir & coaguler Tvn^ l’au¬
tre. D’où on peut conduire fort bien auce Harueim
que le Sang qui eft communiqué des arteres aux vei.
nés &c aux parties , retourne la plus grand part aux
La cem- groffcs ycines.
prefsien lie ouuions vnc veine du bras Üé/i vous
Du moHuejnent du Chyle ^ du Smg. 605
comprimez aucc le poulce la partie de la veine enflée qui I
cft près du trou & verslamain,ouque vous n^ettieze
bras vneligaturefemblablcàlafuperieurej près del'ou-
ucrture'vers lamain,vous verrez qu’aucune goutte del^/,
Sang n’en fortira ; D’où il femble qu’il faut conclut-'^
re, que ccluy qui coule parla playe, vient de la main. Et
puis qu’on tire fouuent desliures de Sangenlafaignéc,
&; qu’il eft impoflîble qu’ily en ait tant en la partie in¬
ferieure des veines du bras , il faut qu’il foit venu Ta
des artères qui ne font pas fermées par la ligature qui
cft au deCTus de l’ouucrture de la veine , comme leur
pouls qui eft entier le raonftre.
Mais afin que cela nous parufl: plus manifeftemenr, ligature
nous auons ieparé quelqucsfois à l’ainê en des chiens de U veint
viuans , mefmes des plus grands, vne grande veine &
artere, de tout ce qui pouuoit empefeher de les voir*,^^“***'
Ce qu’on peut faire aifement, fi clics ne font couchées
fous iesmufcles. Or nous auons lié cette veine auec vn
fil, & auons remarqué que cette partie delà veine qui
regardoit la veine çaucjfe vuidoit &s’abbâtoit, & que
l’autre s’enfloit extrêmement vers le pied, de forte qu’a
caufe de fapletîitude , elle fembloit plus dure que l’ar-
tere mcfmc : Mais aulïitoft que la ligature cftoit déta¬
chée, on voyoir monter le Sang incontinent ,& la du¬
reté Sc plénitude de la veine diminuer beaucoup. Et
quand l’artere eftoit liée, cette partie qui cft plusvoifîne
de l’aorte, s’enfloitmerucilleufcmcnt, & celle qui en eft
plus éloignée s’affaiflbit: Et quela veinequieftoitauf-
fi liée alors , n’enfloit pas manifeftemenr. Ce qui efe
arriué fouuent d’vnc méfme façon , quand nous en
auons fait l’experience.
Mais afin qu’il ne nous reftat aucun fuiet dé douter , & u
que nous peuiEons remarquer ce qui fepafloit au dedans * U veine
delà veine, nous auons eleué quelque peu la veine & mi-
i’artere ainfi dépouillées , & auons lié fous elles la iambe
eftroitcment , afin que le fang ne puft eflre porté en haut
ou en bas par autre veine que par celle que nous auions
. ^ ' Gggg ij Icuéee.
hdn WàUmi
Explication de la Figure^
A. Uiamhe droite d*^» chien B. iambe gauche.
C. D. la ligature ^ui efi fous l'artere & la veine ^par la¬
quelle la cuijfe ejl efroitement Ute , reprefemée a la
iambe droite , afin que la confufiott des lettres & des
lignes ne trouble le fpeblateur.
-E. l'artere crurale. F. la veine crurale.
G. le fil qui lie la veine , çjr qui la leue.
H. t aiguille où le fil e'* pajf:.
!• l^ purtie fuperieuredela veinequidefenfle.
K. la partie inferieure de la veine qui s’enfle pttr la H-
gatur^.
T>i^ inoHuement du Chyle ^ du Sanj. ”^05
L. les gouttes de fang c^ui deflillent peu .) peu delà partte
fuperieure de la veine euuefte-
’M. v» petit rutjfeau de fang ejui coule continuellement dic
la partte inferieure de la veine-euuerte^
clcuée.Et puis ayant fufpen(lu& lié la veine auecvn fil,
comme cette figure reprefente, nous auons fait vne pe¬
tite ouuerture au dc{rus& au deffous du fil: Et toutauffi-
toftle fangaruificllé abondammcnt,&auecimpetuofité
delà partie plus éloignée du cœur. Mais la partie qui rc-
gardoit du fil vers le cœur, a dcftillé quelque peu de gout¬
tes feulement. D’où il nous femblok cuident que le fang
nédcfcendpas en bas des grands vailTcaux , mais qu’il
monte en haut des petites veines aux grandes : Sur tout,
parce qu’ayans lie' cette mefme veine plus loin du cœur,
■nous auons veu qu’il ne fortoit plus aucune goutte de
fang de cette ouuerture , de laquelle il failliflbit aupara- •
uantauectant d’impetuofité' Qr nous eftimons que ces
gouttes qui eftoient coulées dèl’ouuerture plus proche
ducœur,pouuoient prouenir du fang que la veine conte-
noit , peut-eftre lors qu’on l’auoit ouuertc, ou qu’cllerc-
ceuoit inceflamment du petit rameau delà veine-crurale,
lequel eft au dclTus du fil > mais cette caufe paroiftra bien
cpft plus manifeftement. ^
Il eft.fort aiféd’cxperimenter la mefme chofefans au-
cune fedionenceuxquiontles veines du bras fort veines af-
parentes. Car fi vous fermez la veine près de la mstin patentes à
auec vn doigt, 5c que de l’aurre main vous pouffiez \clape»u.
Sang en haut , on verra toute la veine vuide ., qui fc
remplira incontinent auffitoft que vous aurez ofté le
doigt de deflus la partie inferieure de la veine , mais non
pas fi vous mettiez feulement en liberté fa fuperieure,
comme Harueius a auffi remarqué au chap. ij. de fon
liure. Car le fang fuperieur va aux plus grandes veines,
& la valvule retarde fa defeente , parce qu’elle ne lailfc
rien couler aifement , finon que la veine foit tellement
dilatée, qu’il refte vn affez grand cfp ace entre elle ôc les
valvules, Gggg
lean VVd^eus
ttUfm donc que le Sang vient des mains & de, j ,
tntrt des qui n’cngcndient pas vn Sang nouueau » pour en
f eûtes vtû nirà tout le corps , nous ne doutons pas que le San»
us dans les d’entre là continuellement & naturellement, des arteres
fïMdts. veines & qu’il n’aille des plus petites veines
aux plus grandes.
le ne crains pas que le Sang arterieux nepuiffe. eftïe
contenu dans la fimple tunique des veines , puis qug
nousle voyons contenu dans les plus petites arteres &
en l’ancurifme , où les arteres ont vne tunique deliée ou
vnique feulement. Orilfe peut faire que les arteres plus
proches du cœur, ont la tunique plus cfpaifrc, afin quo
l’arterc nefclafchaftparrimpetuofitc du Sang qui coule
du cœur, comme nous voyons qu’elle fe lafehe par vn
violent mouüemcnt du cœur lors qu’il palpite.
NidesiirM Mais on pourroit demander fi le Sang ne coule pas
des vêtus * auffi clés grandes veines dans les petites , comme des
auxpetites. arteresîllfemble certesquclafaingnée qu’onfait pour
’ la revulfion,monftre cela. Car il fcmble qu’en lafaiugnéc
du bras qu’on faicàla pleurefie , il fefalTe revulfion du
Sang qui de la veine caue couloir dans l’azygos & de
lAf^ingtsie l’azygos à la pleure. Mais il n’y a aucune apparence que
TotireZ faire de cette forte, -Car la veine bafilique
du bras eftant oiiucrtc,leSang peut cftre tiré des arteres
du bras, les arteres du bras tirent de l’Axillaire , l’Axil-
laire de l’Aorte par les petits rameaux intercoftaux , de
laquelle il cftbit coulé dans la pleure, & non pas par les
petits rameaux de l’azygos, comme nous verrons bien*
toft.Et certes 11 le Sang n’eftoit pas tiré par les arteres
en la pleurefie, il n’y auroitaucune raifon pourquoy on
deuroit ouurir pluftoft la veine du cofté malade pour la
revulfion, que la droite, puis que l’azygos naiftdu cofté
droit delaveinc-cauc,& il faudroit ouurir la veine au
cofté félon lequel le Sang coule dans la partie affeétée,
afin que la laingnécs fc fift katexin comme parlent les
Grecs, c’eft à dire à droiture.
On dira pem-eftre aujffi que quelques parties eftans.
l)'u momemmt du Chyle du Sang. Yoy
Siccs , & fouuenc le bras en ceux dont il eft crcuré par
quelque fiftuleoucautere, deuicnncnt maigres en quel¬
que façon, parce que la veine cftant liée , le Sang ne
peut pas bien defeendreaux parties inferieures du bras.
Jvlais cela n’eft pas neceflaire. Car il fe peut faire que
î’artere eft auffi liée, dont la preuue eft, que l’on trou-
uc iouueni le pouls de i’arteredu bras, où eft le cautere
plus languiflant & plus foiblc que le pouls de celle du
bras fain , à caufe que l’influence du Sang & des cfprits
eft en quelque façon empefehée. Vne patrie neantmoins
pourroit peur-eftre deuenir maigre, la veine eftant feu¬
lement liée, parce quela nature ne peut verfer du Sang
abondamment par l’artere dans la partie , qui ne peut
pas retourner librement par les veines. Et encore que les
arteres & les veines contiennent alors abondance de
Sang, peut-eftte qu’il eft moins propre pour la nutri¬
tion des parties j Mais cela paroiftra-cy apres.
Il eft neantmoins euident aux variqueux que le Sang
defeend de la veine caue aux plus grandes veines, &: des
plus grandes aux plus petites. Car cela fe voit aifément
aux varices de la cuifle & du pied & aux hemorrhoi-
des. Mais ce raouucment du Sang peut arriuer contre
nature , parce que les veines eftans affioiblies n’en-
uoient pas le Sang en haut, mais l’amaflent. Ou bien
parce que les hurneurspar leur propre poids refiftent
au mouuement naturel, par lequel elles tendent en haut,
^defeendent, d’où vient qu’eftans ramaflees dans les
veines inferieures , & le Sang y abordant de nouueau
des arteres, elles caufent leur dilatation & la varice.
Ainfi voyons nous que les fontaines artificielles font
des fentes principalement près des lieux d’où elles mon¬
tent, qui s’ouurent enfin par lapefantcur de l’eau, qui
deuroit neantmoins monter en haut félon la nature des
fôtaines.Etil eftcertesplus vray-fcmblable que la varice
fefait de cette forte, parce que lorsque les humeurs ont
l'Cceu quelque impetuofité aux variqueux pour leroou-
iiement dans i’exercicc ,né caufent pas vne trop grar^c
üly U mxi~
greur du
brui qui
"Vient pur ÎM
ligUÎUrê.
Ky le!
rices.
plus petite
veines d»
Iss veine-
caue.
De Istvti-
^o8 Vl^aUus
dilatation delà veine , mais lors qu elles fc font repof^es
apres l'exercice j à caufe que les humeurs peuuent re-
(îfter à vn moindre mouucment > ô£ defeendre par
propre pefanteur.
De forte que toutes ces chofes ne monftrent pas qug
le Sang entre des plus grandes veines dans les plus
tires, mais pluftoft des arteres dans les veines . &
plus petites veines dans les plus grandes, & dans la vtinc-
caue mcfmc.
Nous auons défia ditcy defiiis que le Sang entre de
ne-cssue 'dt la veinc-caue dans le ventricule droit du cœur. Mais
rtchef quoy, dirâ-on,Eft-cc raefme Sang qui eftoit entré au-
le ceewr. parauantde la veinc-caue dans le cœur, & qui auoit cfté
répandu du cœur dans les arteres , & des arteres eftoit
retourne dans les veines, qui rentre dans le cœur; Qu
bien feulement celuy qui ayant efté nouuellcraent en.
gendté au foyc, entre la première fois dans la veine^
caue, 8c qui n’eftoit iamais paffe par le cœur ? le Ref-
ponds que c’eft l’vn & l’autr®,
Car cela s'eft peu faire aifcment , puis que l’vn &
l’autre eft egalement proche iucœur, & la chofe adeu
paplne aller de la forte, puisque celuy qui eft retourne des ar-
" ' tercsàla veine caue, eil: plus abondant, que tout celuy
qui fe confume pour la nourriture delà veine caue , qui
n’eft pas porté aux. plus petites veines. La preuue de
cecy cft très euidente , parce que la veinc-caue eftant liée
près du cœur , elle fe vuide extrêmement, &: donne tout
fon Sang au cœur, &non pasvnc partie feulement.
Il femble auffi que le cœur verfe plus.de Sang dans
les «/twr»jl’arterc aorte, que le foyc ne peut luy en fournir, au
ne fournp moins en l’abftincncc de quelques iours.Car nous auons
expérimenté en plufisurs perfonnesque le cœur fait plus
en^pairTplr pouls en. vnc heure. Or tandis que le
le cœur. cœur n eft partout à fait languiflant , il chafic quelque
chofe à chaque pouls. Car lartcte aorte cft,ant liée près
du. cœur, nous l'auons ouuerte pat haut entre le cœur
& laltgature ,& nous auons veu qu’il en fortoit queL
fvts par le
cœur.
Varce que
Du mouuement du Chyle ^ du Sang, éoÿ
que chofc par le trou à chaque pouls, finon lors que le
cœur deuenoittout à fait languilTant , & qu’alors il en
couloit derechef quelque chofe , apres trois ou quatre
pouls, à caufe que le cœur en pouflbit fi peu qu’il ne
pouuoit eftre poufle en haut,ny enfortir, qu’il n’y en
eutaflez grande quantité.
Nous auons auffi coupéla pointe du cœur ,&auons
Tcmarquclécœureftant drelTé, qu’encore que les ventri¬
cules ne fuffent pleins , il en fortoit quelque chofe à
chaque pouls : Ce que Harueius remarque aufli, au Cha¬
pitre Z. Voiremefmcleeœur eftant coupé par le milieu,
il n’a cefie d'en couler quelque chofe deuant que l’animal-
fuftmort, ouquclcfangfefoit concrcé àlapartiefupc-
rieure, ôc qu’il ait fait comme vne pellicule, de forte qu’il
ne pouuoit plus couler par la. Et certcsil aeftcneccflairc'
qu’il foit forty quelque chofe du cœur à chaque poulS|
puis qu’il deueint alors plus cftroit,camme nous verrons
iien-toft.
Nous ne pouuons pas certes définir la quantité du
fangqui fort du cœur à chaque pouls. Mais nous pou- ‘^‘mt-once'
lions bien témoigner qu’il eft forty du cœur d’vn lapin
dcmy-drachmc de fang à chaque pouls, & dcmy-once
d’vn plus grand cœur d’vn barbet. Nous eftimons néant-
moins qu’il en fort dàuanrage, quand on difieque vn
animal viuant, quelors qu’il eft fain. Q^e fi quelqu’vn
veut que nous conieifturions par les chofes que nous
auons veuës, la quantitéde fang, que nous croyons qu’il
en fort en vn homme fain , noftrc opinion ne fera pas ^
contraire à ceux qui alfeureront qu’il fort demi-once
de fang du cœur d’vn homme, dans l’aorté ,à chaque
pouls.
Mais pofons le cals que ce foit vn fer upule feulement,,
puis que le cœur fait plus de 5000. pouls en vne heure,,
plus dcdixliures de fang pafTeront i chaque b l’ure par
le cœur , qui eft vnequantiié que lesalimcns que nous
prenons, nyle foye,par confequent ne peut fournir a»;
cœur.
]fï4hh
éio ledn FFaUus
De forte qu’il eft entièrement neceiïaire que îc
quia palTé vue fois par k* cœur, coule (derechef dans le
De forte cœur , & que du coctutl refoiunc dans les arteres Et ainfi
ijueUmcu- lemoiiuement du fang eft commeciTcnlaircdclavcinc-
mmnt du dans le cœur, du cœur dans les arteres, des artères
fungtficif ^ veines, & derechef des veines dans le cœur &
(uUite. , *
les artères.
Ic filis certes tnerucilleufcment èftonné que ce mouue-
Ct mottue- nient du fang ait demeuré incugnu durant tant de ficclcs,
mens Art nous en ttouuons diueiics traces confidcra,
Ifié in- blcs dâns les ejcrits des ânetens.
eogrtM AUX L'Atitheur du Liure i . du Régime de viure dans le volu-
mMtis. me des œuures d' Hippocréte, attribué x noftrc chaleur » (c
^ humeurs trois ibrtesde circuits ^ par kfqucls elles fe
rEdition Hicuucnt dc diucrfcs partiel, en dedans & en dehors,
de îocfius. Hippêcrste dit au milieu du Liurc de U Nature des tù
-jpag. 344’ Q^^les veines , fous Icfqnellcs il comprend auflî les atte¬
lés, re/pauduis par tout U ceeps.diftnbuentles efprits^ les
fio-.ijj. humeurs (fr le memuemeut^plufieursreiettousfortans d'vue
feulej’vngffteijrlajîftde laquelle ne neus ffipas ajfez, bien
tognue : Car vêus ne muuere^^tmt de principe , enfaifaxt
le tmr ou le cercle : Entendant par ce cercle, le circuit qui
fc fait dans la diftnbution des humeurs, comme il eft
clair, fi on ptcndla peine d’examiner ce lieu,
?ag. ti9 . Comme auffi fur la fin du Lmre de h Naturehumaini
les grojfes veines fe donnent réciproquement t aliment , 4
fçauoirdes internes aux externes ^ &les externes aux in-
A Dhgenef
Apoiltnia-
tt.
ternes.
L’Autheur du Liurc de l' Alment f^tlc plus clair«-
ment. Toutes les ehofes qui nourrirent ont vn feul é' neefme
principe, é'vne feule é mefme fin. C’eftpourquoyd ad-
ioufte incontinent. vient des parités internes
étuxpoils, AUX ongles é^lafuperficte externe ^ é des parties
externes, é de là Juperficie externe il retourne aux internes*
Toutes les parties ont vne influence réciproque »vnt meftnt
confpiratîoH é fympathie entre elles.
JDiogenes Âpolleniatevit ferablc pas cftrc éloigne de cct'
Du mouuement du Chyle du Sanf éii
te opinion dans Ari ote an 3. i lute de l’Hiftoire des ani¬
maux Chapitre 1. [.efa*igplus grossier efifuccé des parties
chamnisy celuy tjui regorge dans ces Itettx , à (çauoir dans
les plus grandes veines, e^ï fnblily chaud & efeumeux.
Ce que Platon dit du fang en fon Tint ty conuicnc
mieux à cette opinion qu’à la commune.
On pourroit mefme faire venir Anftote fans peine a Kriftste,
dans cette opinion. Car voicy comme il parle au Itnre
du fommeil chip. -^.Tûute imputjfance àfentir neflpasfom-
tneily mais celle la feulement que cauft l' euaporatio» de l'a-*
liment : Car il efi necejfaire que ce qui a efie' rarefie'yfùt e/e-
ué en quelque façon y & qu'il redefeende & retourne corn-
me l Eurtpe. Caria chaleur de chaque animal monte na -
mrellement en haut y quand elle efi venue la , elle retourna
dr defeend en bas.
Ceux qui ont fuiuiccs Autheurs , n*ont pas aflezcul-
tiué ce mouuemcnt du Sang , mais au contraire I ont
obfcurci , parce qu’iIs' ont attribué aux veines, en¬
tant qu’elles font oppofccs aux arteres , ce que les
anciens auoient dit de leurs veines ,c’eftà dire des vei¬
nes & des artères. Et parce que 6’4//f» qui aeftéle Prin¬
ce des Médecins, n'apas peu remettre toutes chofesen
leur entier, & que les autheurs Grecs, Arabcsôc Latins
qui font venus apres luy, fefont trop attachez à fes opi¬
nions , ou pluftoft n’ont fait que le tranferire , nous
croyons que c’eft la caufe pourquoy ce mouuemcnt du
Sang a demeure caché,iufqucs à ce que Mncomparablc
Fra PaohSarpio Seruita Vénitien en nolke ficclc ayant II a tfli
remarqué fort exaélement iafabrique des valvules dans treuué de
les veines , que ce grand Anatomifte Fabricius Aqua-
pendente a puis-apres mis en lumière, il a recueilly de leur
conftitiition & d’autres expériences, ce mouuemcnt du ^ '
Sang, & l’a monfté par vn excellent eferit que les Véni¬
tiens gardent encores auiourd’huy.
Hhhhij Ltt
D U mouuement du Clyle ^ du Smg,
Explication de la Fi(rure^
A. A. A. A tAbdonten d’vn chien ouuert.
B B le Diaphragme.
C. C C C. l’épiploon renuerfe vers le 7‘herax, afin (jtti
les parties plus internes fe vojent mieux.
P. D. D. Trois lobes du foye poujfez, vn peu au cofie
drett.
E. E.E. les petites portions du pancréas coupé i afin ^ue les
vaijfeaux fuiuansparujfent.
F. le Kem gauche couuert de fon enuelope.
G. lapartte cane fuperieure de la Rate auec la graijfe ad^^
iaeente.
H. la partie moyenne de la Rate > à l enteur de laquelle
les vaijfeaux s’ infèrent.
I. la partie inferieure de la Rate.
K. K. K. K. les intejiins poujfexj en bas , afin que les vaif-
feux fuiuans peujfent efire veus.
L. L. L-L. le mefentere.
M. M. Vartere fplenique.
N. vne partie de la veine fplenique attachée au tronc de la
veine-porte J qui defenfie depuis la ligature.
O. O O. vne portion de la vetne Jplemque , fes trois
rameaux quinaijfentdela qui s’tnferentà la Rate, &
s’enflent beaucoup depuis la ligature.
P. P. l'artere mefenterique gauche.
(X^jpne portion de la veine mefenterique gauche ^ prochaine
du tronc delà veine-perte , qui defenfie depuis la ltga~
turc.
B. , la partie inferieure de la veine mefenterique gauche
qui fe doit dtuifer bien tofi en rameaux , fort enflée
depuis la ligature.
S. S. S. les vemes mefaraiques plus pleines & plus enflées»
parce que la veine mefenterique ejb liee.
T. T. T. T. les autres veines mefaratques qui ne fontpa/
fi enflées , parce que leur tronc nefl pas Ite'
Hhhh iij
Or ce meU’
mmen-t fe
fait fsâr
ttmts les
Mrierts (5*
•veines du
serp.
Jean Walctm
Le très dodbc GmUaume Harueins ayant appris ce
mouucinent du Sang de Ta recherché plus ex»,
a:emcnr, Ta enrichi de fes inuentions & de prcuuc's
plus folidcs ,&la mis en lumière en fon nom.
Voila quelle a efté Tinuention & la deftinée de ce
mouuement du Sang.
Mais on pourroit demander , fi le Sang coule ainfi
par tentes les 'veines & les ârtereSyOts s il a outre ceU vn
autre mouuement en d’autres veines & arteres ? Pouj.
nous en éclaircir certainement , nous auons confideté
âttentiuement le mouucmentdu Sang en pluficiirs vei.
nés & arteres des animaux viiians,& auons trou ué ou,
tre ce que nous auons défia dit des arteres & des veines
du bras & des iambes , que le Sang va par les arteres
Ipermatiques auxtefticules, & des tefticules parles veL
nés à remqlgcnte gauche ou à la veine caue au codé
droit :.Par les arteres mefenteriques aux inteftins ; & par
les veines dans le rameau mefenterique-.Par les arteres
cœliaques dans la Rate ; Par le rameau fplcnique de la
veine-porte droit au foyc. Par les rameaux de hrtcrc
cœliaque qui refpondent aux veines qui les fuiuent, au
ventricule Sc à l’Epiploon i Par les veines gaftriques &:
cpiploiques dans le rameau fplenique. Les vaifleaux
courts artcrieuxôc veineux font des rameaux del’artere
cœliaque & de la veine fplenique , qui eftans venus a
Pcfpacc qui cft entre le ventricule & la Rate fe diuifent
en deuxreiettons, d’oncl’vnva au ventricule & l’autre
à la Rate. Il vapar cereietton del’artereàlaRatc, &pât.
ccluy du ventricule au ventricule ; Et par les reiettons
veineux, il va du ventricule & de la Rate, au tronc da
vas breue: Par les arteres cmulgentesaux Reins, paries
veines cmulgcntcs lia veine-caue. Par i’artére coronale
du cœur dans la veine . & de la veine- coronaire du cœur
dans la vcinc-cauc ; Par les arteres intercoltalcs dans
îa pleure ; de la pleure par les veines dans l’azygos , bc
delà dans la veine'-cauc.Or nous auons trouué ce mouiie-
ment par la.ligacurc des veines bc des arteres. dans les
T)a mouucmem du Chyle ^ du Sdng. 6 1 5
nfiirriaux viiuns^qni font-cnflées en la partie qui rcgar-
hoiries parties d’oii nous auons dit que le Sang com-
nicncc fa coiirfc : Les antres parties ne fe font pas fcule-
picnc defenflées , mais auffi abbatues. Or nous auons
pris garde loigncufcmenr de ne lier pas l’artere auec la
veine , parce que Tarterc s’enflant d’ailleurs vers le cœur,
cleueroir la veine couchée fur clle,ôi la veine femblc-
loit parce moyen enflée & pleine des deux coftez de la
ligature.
Quant à la tefie & au col , nous auons veu fort aifé- Ms/V»* it.
ment en vnc oyc & en vne poule viuantc que la iugu-
faire eftanr liée .cnfloit de la tefte vers la ligature , &
qu’elle fc vuidoit de la ligature vers la veine-caue. De
forte qu’il cft auffi manifefteen cét endroit que le Sang
retourne par les veines de la tefte au cœur. Mais nous
ne polluons pas définir par quel moyen il vient aux
veines iiigulaires , parce qu’à caufe delà durctedu crâne,
nous n’auons iamais peu diflcquer le ccrucaii en vie,
que l’animal ne foit mort cependant. Il cft croyable
neantmoins qu’il coule par les arteres carotides & cer-
uicalcs dans les quatre finus du ccrucaujiufquesoù elles
font ouucrtes. Car Fr. Syluins & Fr. Vander Schagett
perfonnages fort dodes m’ont rapporté qu’aptes auoir
retire cet te fubftancefibrcufc, quifetronuefonucntcon-
creée aux veines & aux artères des corps morts, elle leur
auoit monftré.lors qu’on la tifoit en l’artcrc corotide,
quelquemouuemcnt lufqucs au troificmc finusdu cer¬
neau ; Et certes , puis que le far.g reflue des finus dans le
cœur par les iugulaires, les finus ne peiment pas lcrecc-
uoir d’ailleurs que des arteres. Mais d n’eft pas aifé de
voir fi les artcrcsveifentlcfang immédiatement dansles
finus, ou bien dans des petits rameaux qui naiflent des
finus: Parce qu’il cft difficile de dlftlnguerlcsa^frercsdc
ces petits rameaux, à caufe que les arteres n’ont au cer-
ueau qu’vne tunique déliée feulement; le croirois néant-
moins que les arteres verfent le fangdans les petits ra¬
meaux des finus , pluftoft que dans les finus mefmes^
Mtfmes /»«
foetus.
Par dès ce-
dtsits parti-
CMlters,
Orilpajfe
des arteret
dans les
mines.
èié lean WaUus
parce que ie remarque que ces vaifleaiix qui fontinfere
aux (Inus, font fort grands près des finus, comme les
rameaux ont accouftumé de l’cftie à leur origine.
C’eft ainfî que la circulation du fang fe fait aux adultes*
Mais elle cftvn peu differente aii/a?#«j, que nous concc-'
uons en cette forte. Le fang n’erttrepas de la matrice de
la mere dans les artères vmbilicales , qui félon l’obferua,
tion d'Ar antius ne font pas iointes à la matrice;mais danl
la veine vmbilicale , de laquelle il va au foyeà lavcine-
caue,&: au ventricule droid du cœur ; Car encore que le
cœur foit imparfait au fœtus, il nclaiffcde femouuoir
du ventricule droit dans laveine arterieufe } mais parce
quclespoulraons nerefpirent pas,&qu’àcaufedc cela
ils ne s’ouurent point , ils ne peuuent pas rcceuoir le fang
en abondance , & l’enuoyer à l’artere veineufe ; C’eft
pourquoy il va de la veine arterieufe par vn conduit par¬
ticulier dans l’aorte, & cftataulfi entré par vn trou parti¬
culier de la vcine-caue das l’arterc vcineufc,il eft verfé das
l’oreillette gauche du cœur, &dâs (on ventricule gauche:
Du vétriculc gauche d u cœur il entre dans l’artere aorte
delamefraefaçon que de la veine arterieufe : De façon
que la nature fe fert au fœtus des deux ventricules, com¬
me d’vn feul , afin que le fang qui doit auoir beaucoup de
chaleur, mais modérée dans le fœtus, & quinedoitpas-
au(ïi eftrefec,nefuft bruflée, fiant cuit deux fois, à caufe-
qu’il efipriué du rafraifchilfement & de l'éuantemcnt
despoulraons. Le fang va de l’artere aorte dans les artè¬
res vmbilicales :Car lors qu’on les lie, la partie qui re¬
garde le fœtus, bat & s’cntle, & l’autre qui eft vers la ma.-
trice,efi priuée du pouls : Des artères vmbilicales au Pla-
ccnta,oùles artcies fe ioignent aux veines par des anafto-
mofes manifeftes,&(c fang efiant entré par ces anafiorao-
fes dansla veine, eft porté de rechef par tout le chemin
que nous venons demonftrer.
Ce font là les vaifTeaux par Icfquels le fang fort du;
cœur, & y r’entre. Or il vient du vaiffeau des arteres
dans les veines en deux façons : Premièrement fort
aifcmenc.:
Z)« momementdu ChyU du San[. 6 17
ài(êtnent& fort fouucnt par les qm loigncnt Var UsM-
Ics artères aux veines , qui font grandes quelquesfois , &
dans les plus grands vailTcaux» comme à rentout de la
rate à la veflîe, à la matrice & au foyede la matrice. Le
très exad Bejlerus a remarqué auflTi vne femblable ana-
ftomofe de l'ai tere aorte dans la veine cane de l’abdo¬
men. Mais nous ne l’auons iamaispeu trouuer, ny au
corps humain, nycn celuy des belles. Ccd pourquoy el¬
les ne font pas toutes aux exircmitcz du corps feulement,
mais auflt aux lieux qui font entre deux : D’où nous
voyons qu’aux membres mutilez ce mouueraent dufang
des arteres dans les veines fe fait neantmoins. Seconde^
ment il fcmble que lefang peut retourner auffi desarte-
res dans les veines parla mefmc. Car nous voyons (hiirs/^
que la veine eftanc ouuerte iufqu’â ce que la couleur
change , les inflammations defen tient, parce que le fang;
qui cftoit hors des vaifleaux , eft aitirc de la ch>!ir. Mais le
crolrois que il fang ne pafle par ce chemin que fort ra¬
rement.
lepenfe auoir clairement expîiq«c quel eft'/é Et
ment du fang-, & par quelles voyes ilfefait II refte que
nous recherchions maintenant de quelle nature il eft , &
en quelle façon il fe fait.
Nous auons remarqué que ce mouuement du fang; du Efl emi.
cœur dans les arteres , des artères dans les veines vers le ”atl.
cœpr, eft qu’il ne cefle, & n’eftHnterrorapa
vh feul moment. Et certes, puis qu’il fe fait, comme nous
verrons tantoft , parce que le cœur reçoit ôc enuoyele
fang , & que ce mouuement du cœur dure toute la vie,
ce mouuement dufang n^peutettre naturellement que
eontinucli
Le mouuement du fang eft pre»»^# auffi : Car vne arte- Vrotn^t,
te ou viie veine eftant liée & comprimée, elle s’enfle in.
continent, & fe durcit en s’efléiiant ; Et on voit qiîe le
fang fe meut fort promptement, lorsqu’elle eft deliurée
dclacomprcffion ou de la ligature. Mais nous nepou-
uons pas définir prccifemcnt auec quelle vifteffcle fang
liii
lean WdUus
acheue fon circuit du cœur vers liiy-mcfme. On tcmaf-
que à la vérité que cette circulation fait plus prompte'-
lïient par les anaftomofes qui font plus proches du cœur '
que par celles qui en font plus éloignées. le neferois
t»« forte pasdoigrvédufcntiment deceluy qui alTcurctouquccc
^'''T/4-gfandarcuit, & mcfmcs par lesextrcmitez, fe fait ca
^ehcue en moins de temps que d’vn quart d heurci carie fang coule
moins que âuec vnc tres-grande viftclTe. Ilnecoulcpas neantrooins
d'vn quart auectant de viftelTe, que lors qu’il fort d’vnc artere ou
d'heure. d’vnc veine ouuertc, parce que ccluy-cy fe meut dans
l’air qui cftfubtil & libre, &c qu'il eft contraint au corps
d’eleucr fon vaifleau, & de pouffer le fang qui eft deuant.
C eft pourquoy nous voyons que l’atterc coupée, fur
tout celle qui eft moins éloignée du cœur , fe vuide plu,
itoft que le cœur puiftéfournir nouueau fing.
Les Pare- Mais fi cela eft vray , pourquoy les fièvres ne reuicn-
xj/fmes des nent-clles pas à chaque quartd’hcurc, puisqu’il fcmble
fievresin- que.le paroxyfme arriuc lorsque la matielte corrompue
termttten- ^ ^ neantmoins les vnes arriuent tous les
^uewtpadê iours,, Ics autres ’lft troifiéme iour,&:les autres le qua-
fontraire, iriéme. Certes ic ne voudrois pas nier qu’il fe puiiTe
faire, que le paroxyfme arriüe lors que la matrice ,coç.
rompue vient au cœur , comme Hamem en a vn exem¬
ple au Chapitre i6. de fon Liore.Ie ne croirois pas néant-
moins que cela (oit neceflaire. Car il fe peut faire, ou
que quelque petite portion tombe du foyer , ou que
quelque fuliginofîté s’en cleue, qui va au cœur,& y allu-
mela fievreiLapluspartftes-fievres femblet s’engendrer
de laforte par l’inflammation tics parties , qui ceffent lors
que l’apofteme eftouuerte, que le pus eft euacué ; Et
que quelques fievres intermittentes peuucnt eftre cau-
fées^ comme ces fievres fymptomatiques , par quelque
matitlfe qui eft dedans ou dehors les vaifleaux, qui fe
poiwnflant , ou enuoye des fumées ou regorge dans les
vailfeaux ouucrts , ou tons lesiours, ou le troifiéme,
ou le quatrième , & fait ainfî le paroxyfme.
•Ç^ntaux fievircs continues, ,fi on jdit que toute lama-
Du monument du Chyle ^ du Sang. 6 1 9
tiere eft dans les plus grands vailTeaux , l’aduouc qu’il eft
plus difficile de dire la caufe , pourquoy le paroxyfme
n’arriue pas tous les quarts-d’heures. Il nous fetuble
ncantmoins que nous pouuons en rendre la mefmc rai-
fon qu’on donne communément, pourquoy les conti¬
nués ne font pas continuellement égales, parce qu’en-
core qu€ la matière foit aiTez voifîne du cœur , elle ne
caufe pas toutesfois le paroxyfme , pluftoft qu’oile ait ac¬
quis vn certain degréde pourriture : Et que ce pûroxyf.
me dure autant de temps qu’il eft befoin , iufqu'à ce que
lamatiere putride qui touche le cœur, ou qui luyen-
uoyc Tes fumées , foit cuacuée. Mais ie ne penfe pas que
perfonne veuille nier que Icmouucment dufangfoitai".
fezviftc,ce qui eft manifefte, parce qu’il n’entend pas
la caufe pourquoy les pauoxyfmes retournent à certains
iours, qui eft entièrement cachée Ôcincognué.
Lefanga dans fon mouuement, outre la vifte{rc,auffi
paroift, par ce que nous auons dit de
la dureté & delatenfion que les veines & les artères liées
acquièrent. Gar rien ne peut eftre tendu fur tout en haut
iufques à auoirvn grande dureté par vne matière déliée
ôc liquide , fi elle n’y eft pouflee & retenucauec vehe-
mence. Mais cette vehemence du mouuement eft fort
grande près du cœur , Sc deuient moindre à rnefure qu’il
s’en éloigné, de foite que les dernieres petites arteres
n’ont point de pouls., s’il n’arriue vne plus grande im-
pulfion du fang qu’à l’ordinaire, comme nous remar¬
quons que cela arriiie aux fièvres, C’eft pourquoy il
fembleque les veines n’ont point de pouls, parce que
i’impulfion qui y eft caufée,cft moindre que dans les plus
petites artères : Outre cela les veines eftans iointes aux
arteres par anaftomofe , elles fe diuifent en plus de pe¬
tits rameaux que les artères , lors qu’elles s’en éloi¬
gnent; Gomme lors que les riuieres viennentàfe parta,
ger en plufieuts bras , rimpctuofîté de leur mouuement
fe diminué. C’eft pourquoy lors que quelques veines
du bras font fermées , ou quelque chofe qui les imprime.
Ce meetue-
ment eji
Mujsi vehe-^
meut.
Non pas
d'vnemeÇ-
me tfe-
hemente
dans Us ar¬
tères Us
veines.
élo Waliettsl
comme en quelques tumeurs , ou par quelque chofeq,!»
lcsbouche,commeauxvariqucux,lorsquelefang tombe
par fa propre pcfantcur , on remarque derechef cette
impetuofué, & on voir les pouls aux veines. Nous
auons remarqué aCTcz fouuent en des veines qui paroif,
foient à trauers la peau, que la plus- part de ces palpita¬
tions des parties qu’on 'a creu venir des ftatuofi-
tez , n’eftoient autre ehofe que des pulfations des
veines.
Mnis d'vnt Or parce que le mouucment eft plus vehementdans
mefmes vi' jgs arteres que dans les veines, il femble d’abord^/»*,/
. efi attfsiflwvifie dans les arteres quedansles •aeines. De
inelme que les hommes , les cheuaux & les autres ani-
piauxquife mcuuctauec grand cfFort,fembl€t quelques-
fois fans raifon qu’ils aduancentdauantage. Car lefang
qui aefté poulfc par les arteres, ne peut pas palfcr tout par
lesanaftctqiores,pavcequ’il vient d’vn beu large dans vn
efpace ettroit. D’où vient qu’il s’amufe dans les arteres,
& qu’elles fe dilatent & demeurent quelque peu de
temps en cette dilatation. C’eft pourquoy , pendant la
moitié du temps de la dilatation, & durant tout ccluy
du repos jecttcimpetuofitéfert fort peu pour la viftclfe
du mouucment. Cependant ce mouucment eft plus aife
par les veines , parce que lefang vad’vn lieueftroitàvn
plus large, & par plus de chemins* La raifon enfeigne
auftlque laviftefledoit eftre égalé en ce mouuemcntdu
fangdans les veines &lcs arteres, finonlorsquelefoÿc
fournit au cœur vnfang nouucau fait du chyle, ou que
les arteres diftribuent la no utr it ure aux parties, ou autre¬
ment le coeur feroit enfin deftitué d’humeur. Le Cens
confirme la mcfmc ehofe, car la veine caue bat autant de
fois en tout cét efpace , qui eft depuis le foyc iufqu’au
goficr, & à çaufe de cela pouffe autant de fois dans le
cœur, qu'on remarque battre l’artere. & par confequent
reccuoirdufang. Mais nous parlerons de cela cy-apres
plus amplement.
femeut neantmoins dans les arteres, auec
T)u momementdu Chyle ^ du Sm£. 6ii
:jl(tsdeviftejfeilorsqHelecœurbAt\ Mais cette viftefle ecC- ^;j}fpjgr.^
{c, lors que le cœur commence i fe repofer , & qu’ilfe di- tfue U èæur
lace apres. Voire mefmelemouuement du fangcftplus
vehement & plus vifte dans les veines pendant la pulfa-
tionducœur. Ce que nous auons remarqué en la diffe-
^ion des animaux viuans , & auffi quelquesfois en la fai-
gnécd’vne veine du bras, lors que les veines n’eftoient
pas trop eftenduës par la ligature. Qwntà ces palpita¬
tions des veines, dont nous auons défia parlé, il femble
tju’cUcs rie viennent d’ailleurs que de ce que les veines
cftans ferrées par le fang qui eft tombé , ou par quelque
autre moyen, le fang qui eft pouffé aucc impetuofité , ne
pouuant pafrer,eleue la veine, laquelle s’atfaiffe derechef,
lors que cette impetuofité diminue, ou que la veine lailTc
paffer plus librement le fang qui coule. V»? tnefme
Orienepenfepas que le fang qui a efte porté vnc fois portion de
parlesarteres crurales, par exemple aux veijj^cruralcs, l'*ngnepnf-
pafTe continuellement par les mefmes cheHns , mais
qu’il fc meptlois qii’il eft retourné au cœur,auec celny e^ni
vient des autres parties, & qu'ainfi méfié il eft diftribué
aux parties ; car par ce moyen elles fe pourront mieux
nourrir, fiellesonttoufioursdu fang nouueau, duquel
elles puiffent tirer ce qui eft plus propre pour leur nour¬
riture & leur force , c’eft ainfi que les plantes qui ne de-
meurent pas toufîours plantées en vnc mefme terre, croif-
fent mieux. ^
V oila Tordre & Tœconomie que tient le fang dans fon
mouucraent , & les efprits vitaux auffi qui font méfiez mmuent
aueclefang. aueelesag.
Nous^uoasfouu entrecherché le mouucmcntdcsef- Le mome^
prit J animaux, mais nous n’auonspeu leremarquer ail-
leurs qu’aux mufclcs , qui fcmbloicnt cftre dilatez en lar-
geur& profondeur par ces efprits, & trembler & palpi- „erfs ne
ter , eftans diflequez. Caries nerfs liez ne s’enflent & ne [epeut re-
s’efiargiflent pas par la ligature, & eftans coupez ils ne
font autre mouuement queceluy par lequel ils fereffer.
îcnt. Or on peut lier fort aifement les nerfs de la fixiéme
liiiiij
(^2 Ican VF'd^euf
paire , qui vont librement par le Thorax.
Mtfh fort Q^nt au mduuemeut du Chyle par les veines Uclces, il
*tfeme»t gft tres- manifefte. Mais il n’eft pas continuel, com,
celuy du fang, à caufe qu’il n’y a pas toufiours du
\2vtinli chyle. Or il va plus vifte que le fang mefmc, lors qu’il eft
uaitu porté desinteftins par les veines laaécs,& les veines liées
e/î ee s’cnflent incontinent. C’eft pour cette raifon quelles ne
mouaemêt. paroiffentpaslong-temps aux animaux diffequezcnvic
& qu’on ne les troupeaux corps-morts, finon lors que le
moüuemcnt du chyle rencontre quelque obftacle. C’eft
vne marque certaine que le mouiiemcnt du chyle n’eft
pas fi vehement que celuy du fang, puis que ces veines
eftansdices & enflées, ne font pas dures.Peut eftre àcaufe
que le chyle ayant à faire vn plus court chemin, ne de-
uoit pas auoir vue fl grande impetuofîtc dans fon mou-
uemenr.
Mais temps maintenant que nous recherchions
les CAufeswkes moutismens, Sc premièrement du fang,
O r la caufe Quoy qu’il en foit , ou le fang fe mouura ainfl par vne
vertu naturelle, OU par quelque raouuement qui fe doit
/> meùt^ rapporter au charroy, à la tradion & à l’impofuion.
}iefi pas Nous ne remarquons pas que ce fane foit mçu paît
vne vertu que la nature luy ait donné,ny lors qu’il cft re-
vertu ndT ceu dans vn baflin, ny lors qu’il eft rcfpandu par le corps,
tmelle. jjg corrompt en vn momét , c’eft ce qui nous
femblc trop difficile à croire : Auflî ne voyons nous pas
en aucune chofe inanimée vn telmouuemét fpdntanée.
Quanta ce que remarque auChapitre 4. que
l’oreille fe repofantj il y a trouué le mouuement du fang;
Nous auonsobfcrué la mcfme chofe, comme aulïi lors
qucle cœurferepofe. Mais que ce mouuement dans l’o,
reillette,auoit efté imprimé aufangpar la vcine-cauc, Sc
dans le cœur par roreillctte, comme nous verrons bien,
toft.
Ig Onncpeutprouuer par aucun indice que le fang foit
n’ef pas Charrié par les efprits : Si cela clloit, ils le por teroient en
^ut par leur legcreté,ac.nous voyons neantmoins qu’it
D U mouuemcnt du Chjle dti Smg. 62 f
fc meut auffi eo bas & aux coftez. thurtié pjtr
Partant il relfb que le fang Ibit ou tiré ou pouffe. efprhs.
Quelques grands cfprits affeurent que le fang cft
pouffe, parce que fc raréfiant extrêmement paria cha-
leurducœur, il demande vn plus grand efpace,&qu’à/^i/4 r*-
caufe de celail dilate &cleuc le cœur. Mais que ne pouuât
Are contenu dans le cœur dilaté, il cft vetfé auec tant
d’impctuofité dans la veine-arterieufe ôc l*artcre aorte,
qu’il dilate toutes les arteres , 5c les fait battre. Pout
preuuede leur opinion, ils difent que quand le coeur dV-
nc anguille ou d’vn autre animal ccff*e de battre, il
reprend derechef fon pouls, fi on l’échauffe en met¬
tant du fea Ibus luy. Mais il femble qu’on pourroit
dire que ce pouls vient de ce que l’cfprit cftant deuc-
nu plus vigoureux par la chaleur, peut mieux fiçr-
uir à la caufe du pouls au cœur. De mefmc que noùs
v-oyons qu’en échauffant les inteftins Scies mufclesdani
la diff'edion des animaux, leur mouuementfe reftablir,
encore qu’il ne s’y fàffe aucune ébullition. Et certes il
ne fe fait point dans le cœur aucune ébullition ou prom¬
pte effufîon , mais quelque legerc raiefadion feule¬
ment caufée par quelque chaleur modérée qui cft au
cœur. En effet nous auons fouucnt remarqué en des
chiens robuftes que le Sang ne fottqiasdu cœur à caufè
de la rarefaétion , le cœur defquels encore qu’il ne fc
rcropliftpasàdemi, à caufe que la pointe eftoit coupée,
ne s’emplit pas parla rarefaftion cftant elcué: Mais ve¬
nant àfcrcflcrrer,cette portion du Sang qui reftoit dans
le cœur, fut pouffee plus de quatre pieds loing.dc forte
qu’en vnc grande foule nous & les plus proches en fus-
mes fallis. D’oùileft cuident quelcSang cft pouffé par
la partie.
Orileft ehapàcU forte, parcequclc Sang cftant ainfi
changé, incommode le cœur & fes parties. Car fi on pi¬
que le cœur entier ou fa pointe cftant diffequé en vie,
ou quelque autre plus grande partie aucc vn petit cou-
eau ou auec vnc aiguille , il fc mouura prcfquc autarrt
fou0de l*
1 1 nt e*ui
àmi /%«»/
Ittie. *
T>e Vareit-
l lit ims
U cœur.
Ueflccufc
tiré;
(f24 leanV'Talcem]
de fois de fon mouucmcnt naturel , qu’il aura, cfté pü
qué, encore qu’il y ait quelque temps quil fembleauoic
perdu tout mouucmcnt.
Nous auons veu manifeftement en des animaux dÜTc-
quez en vie,quclc Sang eftpouff- delà veinc-caue dans
l’oreillette droite du caur • Car le principe du mouue-
ment en chaque battement du cœur , vient delà veinA
eaue. Or parce que nous doutions , fi cck ne fe faifoit
pas ' caulc quela veinc-cauccft attachée à rorcillettc &
au cœur, nous auons retranché tout à fait de la veine-
cauc lecœur&l’oicilletteen des chiens viuanS',&auonsi
remarqué que la veine caue bat auffi alors tant foit peu,,
& qu’elle verfe à chaque fois quelque peu de Sang.
C’cftpourquoy la veine caueareceu près du cœur quel¬
ques fibres charnues, quevous ne trouverez pas ailleurs
dans la veine- caue. Elles font fort app ventes dans k.
vcinc-eaue derhomme, d*Vn bœuf &:d’Vn chien. Orce
mouuement de la veine -caue proche du cœur eft très eui.
dent : Nous i’auons aufîî rcmaï qu é le plus fouucnt en des
chiens viuans en toute cette partie qui eft depuis le foyc
&le gofieriufques au cœur.
L’oreillette droite poufic par quelque tenfion & con-
ftriftion le Sang qu’elle a rcceu dans le ventriente droit d(i<
cœur : Car la conftriétion de l'oreillette deuance d’vn
moment celle qui fe fait au cœur. Et le ventricule droit
du cœur ayant efté coupé iulquesàrorcillcttc, il a paru-
manifeftement ,.qa’i chaque conftridion quelque peu
de Sang eftoit poufic de l’oreillette dans le cœur , Ccr
que Hdrueitts remarque aufll chap
Le Sang vient donc principalement par impulfion-
dans le ventricule droit du cœur. Mais n’cft il pas auflii
tiré dans l’ôtcillttte & le ventricule droit î C’eft mon
opinion ; Car ils doiuent fe nourrir intérieurement d’vne
partie du Sang qu’ils reçoiucnt . Or il faut que la nour--
riture foit attirée, afin que la partie prene le Sang qui
luy.eft plus vtilc ; Car ce qui eft inutile, eft auffi tcietté;
pulfion y comme Galien dit fort bien félon fa«
couftume ,
Bü momement du Chyle ^ du Sang, 615
couftume , aux liures i. a. 5. des facultez naturelles.
Ivlais cen’cft pas feulement le Sang voifin qui cft attiré ^
niais aüfli le plus edoigné, toutes les parties ayans cette
force , de peur quelles ne foient promptement de-
ftituées d’almient.
Mais le.aœur n'âttirc-ilpas aufli , parce qu’il fe dilate
de crainte du vuide, comme nous auons accouftuméde
parler ? Il n’eft pas vrai-fcmblable , parce qu’il n’y peut
auoir aucune crainte de vuide en fa dilatation , comme
cela paroiftra bien-toft plus cuidemment.
Le Sang vient au ventricule gauche du cœur , comme U
au droit, finon que nous auons remarqué que l’impul-
fion du Sang, lors que le poulmon s’affaifle de l’attere
veineufe dans l’oreillette gauche, n’cR pas ft forte que
de la vcine-cauc , quoy qu’elle y foit en quelque forte. vtntricuU
Or l’impulfîon dans l’vnc& l’autre oreillette , & les
deux ventricules du cœur, arriue en va mcfme inftant; Ef
Sinon en ceux quife meurent dans lefquels nous auons
remarqué quclqucsfois que les deux oreillettes & les inftant.
deux ventricules ne batoient pas en mefme temps.
Mais quand le Sang eft ainfî poufle dans les ventri¬
cules du cœur, le cœur n’a point de mouuementvifîble,
mais ayant mis le doigt fur le cœur, nous fentons quo
quelque chofe y entre , & que le cœur fe remplit , ce quo
a remarque au chap. 4. Nous auons mefmes'
remarqué quel’oreillettea batu feptante fois, & quel-
qucsfois cent, deuant que le cœur fe meuft.
De forte que nous fçauons maintenant en quelle ma¬
niéré le Sang fe meut dans le cœur. Il nous faut voir à
prefent comme ilfe meut dans les atteres.
Le Sang fe meut dans les arteres par impuljton : Car le i»nf
ayant fait vn trou à l’artere , lors que le cœur fe rclTcr-
roit,nous en auons veu fortirle Sang. De mcfme
l’aorte & Isr veine arterieufe eftant coupée du cœur , le /ê
Sang eftoit verfé, lors qu’il ferefferroit 3 Qi^ayant coupé cœur fe
la pointe du cœur, & l’ayant dreffé , le Sang eftoit chaffé rejferre.
& fortoit du cœur ; Et que le cœur ayant eRé coupc
. " ■ ■ Kk K K
6i6 lean WaUus
tranfvcrfaleiiicnt par le milieu , le Sang cftoit chalTc en
la fyftole, & qu’il n’eft forti iamais enladiaftolc. ç^ant
à ce que quelques vns alTcurent qu’ils ont veu en^dçj
animaux dilTequez envie foriir le Sang en la dilatation
ie penfe qu’ils fcfont trompez en cela, & qu’il ont ptij
la diaftolepource quieft véritablement fyaolc. Ce que
l’excellent Anatomifte ColttmbM aaufli remarqué au liu,
14. de l’Anatomie.
Car il faut foigneufement diftingucr dans le nmut^
ment dn cœur la fyftole , le repos , & la diaftolc.
. En la conftriélion ou fyftole du cœur la pointe ap.
f^on*re proche vers labafc, & à caufe de cela il eftyn pcuplu$
fJitlA eleué. La baffe du cœur s’approche auffi vers la pointe
iîoU. enoes animaux auxquels l’aorte s’infere , non pas à la
bafe du cœur, mais vnpeu vers le milieu, commc.aux
lapins, aux anguilles & autres fcmblables. Quant aux
coftez du cœur qui regardent les coftes droites & gau¬
ches , ils s’approchent l’vn de l'autre , de forte que fi
vous coupez la pointe àl’vn des coftez, Ôc que vous U
laiffiez pendre, elle retournera enlaconftridionaucofté
entier, & prefque en fon lieu. Or le codé du cœur qui
regarde leSternon,feleue5£ fur tout près de la bafe. Et
ainfi tout le cœur cft tendu de tous coftez. Et cette par¬
tie qui eft voifînede labafc,eftanteleuée, on voitqu’el-
le frape fort la poitrine & caufe le pouls que nous fen-
tonsj Encore que la pointe le pnifle faire auflî, comme
a remarqué le Grand Anatomifte Riolan liu. 6. de fon
Anthrop. chap. u.
Mais afin qu’il nous apparuft certainement que ce
mouuement du cœur que nous auonsdeferit, eft vérita¬
blement la fyftole, nous auonsquclqucsfoisretranchéla
pointe du cœur, &rauons difteque quelquesfois tranf-
uerfalcment par le milieu , & nous allons veu manifefte-
ment, lors qu’il faifoit ce mouuement que nous auons
deferit, que lacauité des ventricules deuenoit plus petite,
& ayant mis le doigt dans le cœur , nous auons fenty que
les ventricules fereflerroient contre le doigt. Or le cœur
Du mouuement du Chyle du Sang. 627
monftic intcrieiucmcnt le racfmc mouuement que nous
auonsdit qu’il monftre exterieuremét , lors qu'il fe refler-
rej Sinon qu’on ne voit aucun mouuement dans la paroy
entre- moyenne J peut cftre de peur que fi le feptû fe fuft
approché vers le cofte gauche du cœur, pour relTerrer le
ventricule gauche, iln’euftlaiflcla cauitc droite du ven¬
tricule trop grande.
V oila la tenfion & la conftridion du cœur, par laquel. Q"' f*
le le fangeftpoufledes ventricules du cœur danslavei-
ne artericufc& l’aorte. Mais quand elle eftlanguiflante,
clle fe fait feulement par k moyen des fibres que la nature
a donné à la chair ducœur ; Mais ces plus grandes fibres
qu’on voit dans ventricules ducœur concourrent pour
celle qui eft plus forte, comme nous auons remarque
fouuent dans les ventricules des animaux que nous auons
dilTequéen vie.
Orecs fibres qui font dans les ventricules & dans la
fubftance mefmedu cœur, fontmanifeftement la con-
ftriétion , parce qu’elles s’elargiffcnt de tous coftez, &
s’accourcifientj par confequent,elles acheuent leur mpu-
uement de la mefme façon que toutes les parties mufeù-
leufes de noftre corps. G eft pourquoy lors que nous
voulons mafeher la viande,nousfentons enfler & endur¬
cir le mufclc temporal. Cette tumeur rend aufîî plus
cftroitclacauitédes ventricules ducœur. Et certes cette
tumeur de la chair , & des plus grandes fibres commence
à labafe,&va infenfiblement iufquesàlapointe. Que fi
le Prince des Médecins au Liurc du cœur a appellé le
cœur,àcaufedecc mouucmcnt,vn puilfantmulcle ,ila
certes expliqué fort bien la nature de ce mouue-
raent.
Lors que lecœur a chafleleSang par la conftridio dans l^ecœur re.
les artcres,il retourne à fon cftat naturel. Gar la pointe fe
relire de la bafe, comme aufli la bafe de la pointe en ccs^„^tHrel,
animaux, qui n’ont point de fortieenla bafe dans l’arte- apres la
re aorte. Maislecofté droiâr& gauche du cœur s’eftend cettHriBih
vers les coftcs,ôclc cofté qui regarde le fternon js’abbatf-
~ K K K K ij
'é2S VVaUus
fcjUoLiilrefpond à l’oiifice de l'aorte: Et alors tout le
cœur le repofe, &:onIe(cntlafche&mol.
Queficccofté fupericur ne s’abbailToit tout à fait, le
cœur le dilaiteroit par ce retour àfon eftat naturel tcotn-
me il eft fort aifé de voir, & de toucher le cœur eiUnt dif,
fequé. Mais il a fallu que ce cofté fupericur s’abbailTaft,
afin qucle cœur ayant elle vuidépar laconftridtiôprcce!
dente ne (ouffrit le vuide. Mais quand le fangnouucau eft
pouffé de la vcine-cauc & de l’artcrc vcineufe dans le
cœur, & que le fang qui y eft contenu, fe raréfié par U
chaleur ,alorslc codé fuperieur feleue: Elles autres co¬
dez demeurent eftendus comme nous auons défia dit: Et
ainfi le cœur eft alors en fa dilatation » fans qu’on puiffe en
* remarqueraucunc autre que celle-ey.
Il n’y a point auffi d’autre dilatation aux particules dif-
fequées d’vn cœurviuant, & arrachées du corps, qu’vn
relafchement de la conftridion. Car lorsquela conftri-
élion a ceffé en ces particules, il fcmble queiquesfois
qu’il y refte quelque palpitation, mais elle eft d’vne autre
forte de mouuement, & vient dcl'efpritquieft contenu
dans la chair, & qui cherche quelque fortie , telle qu’on
lapeutvûir fouucntcndes raufcles entiers oudiffequcz
incontinent apres la mort,cn des animaux diftcquez.
■Or cette Dc façon que ladilatation & la conftriâiion du cœur
d, Ut mien arriuedcla mefme façon que celle des autres parties, à
é> confiri- fçauoit du ventricule, dcsinteftins,dclavcffic&de la
élionfefait matrice qui font eftenducs par ce quiy entre, &quirc-
ine77‘on ^ naturel, lors qu’elles l’ont chaflé
^HÙuxnu-r Ornons ne pouuons pas mieux obferuer cemouue-
tres^Hrtits. ment du cœur qu’cn CCS animaux qui ont feulement vn
ventricule au cœur , ou s’ils en ont deux, lors qu’ils com¬
mencent à languir. Car qmndilsfontforts,il eft difficile
de le remarquer, à caufe de fa vifteffe : loint auffi que les
deux ventricules font ces deux mouuemcns , & qucle cô¬
ne du ventricule droit, à caufe qu’il eft moins haut que le
gauche, fait vn mouuement oblique, quand il eft retiré
verslabaffi.
Du m ouument du Chyle ^ du Sang, j
Mais retournons à noftte chemin, & confiderons en Le eji
fuite comment le Sang fc refpanddcs artères voifines
^oiur par les arieres de tout le corps. Cela fe fait mani-
tellement parimpulfion : Car ayant lié quelque artere j"
quecc foit,cllc s’enfle &fc tend fort iufqucsà vne ex-
trcrac duteté proche delà ligature. ^ *
ToutcsfoislapcfantcurduSang contribue à fon mou. lleftmett
uement en bas. C’eft pourquoy le cœur eft place plus
près delà telle que des pieds. f^ntgnr.
Il eft vray-fcmblable que le fang ell auffi attiré dans
toutes les arteres, afin qu’elles & les parties quilcur font attiré. ^
voifincsfoient nourries d’vn Sangconuenabic.
Malsilfembic qu’il n’y a aucune ncceflité quelesarte-
res attirent par la dilatation: Car le Sang peut cftrc pouf-
fcparla feule impullion, & les arteres batre : Car l artere ^uat^tion
eftant rompue, & l’ancurilme sellant formé à la chair, on à$ l'xrun.
fent qu'il bat de la mefme façon que les arteres : Où ma-
nifeftement la chair n’attire pas le Sang en fc dilatât, mais
le fang eft poulTé dans la chair, Dequoy nous auons veu
vn pitoyable exemple en Mr. lean klemAtius perfonnage
fort expérimenté, auquel vne artère s’eftantrompuë, Ta-
neurifme auoit occupé la quatrième partie du Thorax.
RioUn en a remarqué auffi vn fcmblable au Liure é» Cha¬
pitre 11. de l’Anthrop. Et en effedle pouls ondoyant,
le vermiculaire, le fourmillant, & pluficurs autres qui
imitent manifeftement le mouuemcnt du fang dans l’ar-
lere, femblent monftrcr que le pouls des arteres fe fait par
l’impulfion du fang. VExbe-
II eft bien vray que Gij//>«aircurefurlafindu Liurej Si ^lencedt
IcSangeft contenu dans les arteres,qu’vnccannulc eftant Qniun ne
mife dans les arteres, &l’attere eftant liée au delTus delà monjlre pas
cannule, qu’elle n’a point de pouls , outre la ligaturc,en- *tttrefhofe.
cote que le Sang puilTe cftre poufle parlacannule. Mais
i’ay quelque foupçon que celieu eft imparfait , parce que
cette operation fuccede rarement & tres-difficilement en
la façon qu'il l'a deferit en cét endroit; Canl ordonne de
coupper l’artere libre , de laquelle eftant diflequee , per-
Kkkk iij
FF'aUus
fonne n’ignorc quelle abondance de lang il effort d-
forteque ouranimal meurt, ou qu’aucune ne peut bat.
tre ou au moins les plus proches.
Mais nous voulons que le lieu foit entier , & quç
peration ait rcüfli, comme elle y cft defcritc,il s’eft
faire que l’animal languilTant toutàfait.àcaufcdc l’cffu.
fion du Sang, le pouls fuft fentiau deçà de la cannulc*
parce que lacannulequi a elle mife dedans, rendant l'ar,
terc plus eftroite , arreftoit le Sang en partie , de fortg
que leSang pouuoitaifcment remplir & cleucr l’attcrc.
Ainfi nousauonsveu fouucntquelesartcresquiauoient'
vn pouls languilTant ou qui l’iuoicnt perdu , batoient
manifeftcmcnt,lors quelles eftoient comprimées affez^
près du cœur. Mais Galien n’a pas remarqué le pouls
outre la cannule, parce que les artcres receuoient moins
de Sang par la cannule beaucoup plus eftroite que l’ar-
tere. Et nous aubns remarqué que quelque chofe de
fcmblableauroitpeu aifément arriucrenvn lapin, dans
l’aorte duquel cftant liée des deux coftez , nous auons.
mis vne cannule, mais parce que la ligature eftant dé¬
liée, l’animal mourroir, il ne fembloit pas neceflaire de
lier l’artcrc au deflus dclacannulctllnous femble néant-
moins que nous auons fenti quelque pouls iufques à la,
cannule , mais nous ne i’auons#pas peu remarquer en
aucune façon audeftusouau delà delà cannule.
Cette expérience ne nous a iamais reiifli dauantage,
parce qu’il n’cft pas aifé de trouucr l’arterc commodcr
ment : Et quand elle cft trouucc & qu’on la diffeque â
propos, l’animal meurt ncantmoins fort promptement,
ou de hémorrhagie ou de conuulfîon , ce qui cft mer-
ueilleux.
De forte qu’il n’apparoift autre chofe fînon que le Sang
cftant poulfc, peut pafler dans les artères, & que le Sang
peut aulfi leseftendre ; Et qu’il femble qu’il n’eft pas be¬
soin d’employer aucune autre eaufe pour le pouls des
arteres , pms qu’il fe peut faire par le moyen de ccl-
les-cy, ...
Dti mouvement de Chyle du Sang. 631
La nature a accouftumé neantmoins d’appcllcr plus
de caufcs à fon Cecours pour faire fcs operations qu’il
ne nous femblc pas nccelfaitc , parce que nous no
pouuons pas toufiours pénétrer dansfes fecrets. Ainfî
nous auonsicy quelques marques obferuées par Galien
que les artères outre la dilatation quelles tecoiuent de
i’impulfîon du Sangi s’efforcent de fe dilater d’elles mef-
mes. Car on remarque que toutes les arteres de noftrc
corps bâtent toutes en mcfme temps dans les fains &
en ceux que l’on dilTcquc en vie. Or ce qui fc meut vers
vne chofe éloignée, nepeut-eftrepar tout en vnmefmc
inftant, ny par confequent caufer la dilatation par tout
en vnmefme moment de temps. On voit que les boyaux
s’eftendent plus-toft en la partie plusprocnc qu’en celle
qui eft plus éloignée , lors que les Anatomiftes & les
cuifiniers lesremplilTenrd’air en foufflant.
Mais les arteres ne font pas vuides commeles inteftins,
mais en partie pleines, lors qu’elles fc dilatent. Néants
moins puis que le Sang qui vient ducœur, doit pouffer
celüyquieft voifin , & cciuy-cy derechef fon voifîn,&
ainfî de fuite, iufqu’à ce que les arteres fe icmplilTent&:
fe dilatent par tour, il ne femble pas, encore que le
Sang coule d’vn lieu large dans vn cftroir,que cela[re
puiffe faire en vn moment. De mcfme que nous voyons
qu’en vne rangée de vingt pierres faite par des enfans où
les plus groffes feront poféesles premières, la première
eftant poufféc aucc vifteffe toutes les autres ne tombent
pas en vn moment.
C’eft pourquoy il femble qu'il faut direqueladiaftole
des arteres Te fait 5c par l’impulfîon duSang & par leur
dilatation propre -.Et que ces deux caufcs concourrenc
enfemble pour mouuoir le Sang.
D’icyparoift clairement que le coeur feulement produit
cette impulfîon dq Sang qu’vne partie des arteres ne
pouffe pas dans l’autre Car la partie qui pouffe par la
conftriélion ne peut pas fe dilater au mefmc inftant , &
neantmoins elleirfe dilatent toutes en vn mefmc momêt.
Galit» *
t outesfois
quelques
indices qut
U diUtntio
des arteres
fert d ce
meuuemët.
De l'vfagt
du Pouls
chap. J.
St U%ang
efl contents
dans les ar¬
teres
chap.i.
O r l’impul-
fion fe fait
icypar le
cœur feule¬
ment.
6/2 lean Walaus
If l-c Sang donc fc meut de cette forte pat les artères
fouf/é des Ut! arttres dans tcs veines des plus petites veines dan'
dÿttns das pjyj groflcs , & dansla veine-caue aufli : Car quclqu *
ayons lice dans les animaux viuans,ell*
tim veines S abbailfoit vers le cœur , mais elle fe remplilToit en la
ÀMs les partie plus cfloigncc du cœur.
plus greffes. Or il fcmble que cOtteimpulfion vers le cœur, eft eau '
fur chuque f<ie ebaquc partie de la veine : Car la veine eftant liée
purttcule de au bras d’vnc perfonne viuante , ne fe tend
la vetne. ^ , • i i • ' j “^pas
feulement en la partie plus éloignée du cœur, mais elle
s'abaifle & fe vuidc aufli en l’autre, qui refte plus proche
du cœur. Que fl vous liez aufli celle qui eft là plus proche
du cœur, elle |’eftendra& s’enflera aufli au dc-là de la li.
gat urc. Or cette impulfîon fe fait par le moyen des fibres
• dont les veines font compofeeSi *
milefl at. le croiroistoutesfois que les veines attirennufTi, afin
tire'. qu’elles ne reçoiuent le fang fans aucun choix, & qu’el¬
les puiflent attirer ce qui leur eft plus vtile. Il femblc
neantmoins qu’elles reçoiuent le fang pluftoft par im*
pulfion quepar attradion ,, parce que les. veines liées fe
t endent merueilleufcmcnt.
La veine-caue eftcommelereferuoirdufang, où il eft
gardé pour les vfageS neceflaircs , lors qu’il eft en plus,
grande abondance que le cœur n’en doit receuoir.
tf ChyU Voila toutes les caufes du mouuement naturel du fang,.
meTtr femblablcs celles dn momementdnchjle.
Vimpulfion ventricule fe reflerrant par le moyen de fes fibres,.
du ventri- exprime tout le chyle qui efteuid: Et il femble qu’il ou-
e»le, ure auflilc pylore par cette compreflion : Car le pylore n’a
aucun mou uement fpontanécj tcl que le.ventriculc&lcs
P ^ inteftins.
semnl!'*" fait point long arreft aux inteflinSi mais^
^^chifféçtomŸtcmcntparUconJlriBion desfihestranf
uerfes. Mais lors que pluficurs fibres qui s’entrefuiuent
nîutuellement,agiflcnt cnfemble, le chyle eft prefle , mais .
ne peut pas couler tout en bas. D’où vient qu’il entre
quelque chofe de ce chyle prefle dans les veines ladées.
-- Le chy le
Du mouuementdu Chyle ^ du Sang,
Le chyle cttncaniïTi nnsarreftépai la conftriâion des fi-
brestranfuerfes inferieures, de peur qu’il ne coule trop
toft au fondement : Et e ftant ainfi renfermé & comprimé
par haut & par bas , il eft poufsé dans les veines par la tu .
nique ridée dcTintcftin, comme par vn couloir. Or cet¬
te conftriéiion des fibres tranfuerles fe fait dans tousl«s
intcftinsgrefles&gros, aueevn certain ordre, &parin-
teruallcs.
La ligature monûre que le chyle eft pouffé par les UrUsv,K
veines laékées dans la veine-porte au foye, & quelques- »« l»Uies.
foisauffi dans laveine-caue
Ileftauffivray-fcmblablequele chyle eft des in- n ,ji aug
tcftins,& des veines la6i:écs:Gar il en fortauec plus dc^mre. ^
vifteffe qu’il n’en reçoit par l’impulfion des intcftms &
& des veines laétées.
Le chyle fc meut dans le rameau mefenterique, dans la
veine-porte, ôtdans laveiiie-caucmefléauecle fangpar
kmelrac caufe qui meut Icfang en cét endroiâ;-, dont
nous auons parlé.
Orle chyleeft porté par des veines particulières plu-
îtoft que par les melaraïques qui contiennent le fang,
parce que les mefaraïqucs deuans reccuoir Icchylejleurs/rtrAiîfm*
oiificcs euffent deu eftreouucrts vers les inteftins, par
léfquels le Sang eut peu couler aifémet dans les intcftinsj
fansquelavertuattraéiricc eut peu empefeher cette in¬
commodité, parce quelle eft icy moins apparente &
beaucoup plus foible que l’cxpultricc.
Comme ce mouuemcnt du chyle a ks vfages S>c fes-
Gommoditez, ainfi auffile mouuemcnt circulaire du fang,
dont celles, cy femblent cftre les principales.
Afin que le fang s’échauffe inceffamment en paffant'^^ mouuf-
continuellcmcnt pat le cœur, & qu’vn fang yr paffant^^”'^"^
plus de fois , & l’autre moins, il fctrouue dànslcs veines
toute forte de fang , lequel eftant porté à chaque partie, des
& ia nature leur prefentant tousfes threfors, clics peu-f>*rn«.
uenteftre mieux réchauffées, & reccuoir cet aliment qui
sft plus ptopte poutleur nourriture & leur force.
LUI
Du >nouuement du^Chjte ^du\Sang. 6 si
Explication de la Figure*,
A. les veines mefaràîqSes vnlgAtres^e^ Us rame aux de U
porte Auee Us Ancres mefardiques.
B. Us veines U^éesqm vont depàt de-lk ,pArU rnefenttré
vers Us intejiins.
C. marque vne portion du mefentere .é' AujfiÎA diftrihu^
tien des nerfs tnefardiques par elle,
D. le fonds du ventricule ^
E. t orifice inferieur du ventricule nommé PyUrt,
V. U duodénum*
G U ieiunum. H. t Iléon.
I . U veine ^ l'artere qui rampe fur U fonds du ventA*
chU.
K. vue partie de l’Epiploon.
L. U glande qui ejl au commencement dumefentere quA-
fellius appelle Pancréas ,à laquelle tl nj a pat tant de
rameaux comme la figure repre fente.
M- Us veines la^es enfl es par la ligature aux inteflins
mefmes.
N . Us veines laU'es enflées aumefentere par là ligature,
O . Us valuuUs dans Us veines laüées.
P- la confi-riBton fuperimre del'intefhn.
Q. la conflriSlton inferieure de l’inteflin : Par ces confiri*
étions U Chyle eji chaffé dans les veines laélées.
Mais ccmouuemcnt du Sang contribue auffi beaucoup Afin que U
‘pour conferuer le Sang en fonenticr.Gar ce qu’on dit: fa»g f it
Les eaux fans mouuement aisément fe corrompent. conferui.
Se trouue cous les iours très- véritable dans le Sang par
l’obftrudion des vailTcaux.
Il fcrtauffiàiaperfediondüSang, parce qu’il fe rare- quel»
fie & fe fubtiUfepar vn mouuement continuel. Ma?s ctfangfefer^.
quifert principalement àfa petfedion, c eft que cantoft
le Sang fc fubiilife, s’cchaufic 6c raréfie dans le cœur , &
^ . ' uiiij ;
le an Vy’aUus
tantodrccondenfeSc (c concréc derechef dansl’habity-
deducorps.Cariln'y a aucune partie dans le corps plus
chaude que le coeur ,& on n’en trouue point de moms
chaude que i’habirude du corps. De forte qu'U fc
coiîrmevne circulation (emblabh à celle dont le feruenc
les Chymiftes pour rendre leurs efprits plus fubtils 3c
fluspaifj Car IcSangqui.acftcfubtililé parla cha.
leur , lors qu’il tftcondcnic par le froid, ne peut pas pcr«
lifteidans cette tcnuiré.ny retourner àla première efpaif,
feur; Et auec le temps il vient à acquérir de nouucaux
degrc Z de fubtilité , dans laquelle il fc conferue , encore
qu il foit condcnüé par le froid, & de cette forte il dc-
uient enfin fort propre pour U génération dcse(prit$vU
taux.
aj CVft pour CCS vfages que le Sang fe meut circulairc-
snprtT* il. point en quelque endroit vu autre
four U mouuement j Le Sang cft porté des artères capillaires
nomrttHrt di oif danslacliair pouf y faire la Roféc , la cole & le
dit furtHs, change. Et dans les plus petits pores il ne retourne pas
TJscircu' ‘I venu , de peur que le Sang paffant par la chair,
htremmt. «’empê hait 1 agglutination ôc affimilation de ces hu¬
meurs aux parties.
Or il coule icy qucîq icsfois principalement parce
qu’il eft poufl'e des petites arteres dans la chair; Et fou-
uent la principale caufe mouuante cft l'atiratftion. Car
les os ne poucro'ent pas fans l’atiradion receuuii laplus
gtofficic partie du Sang pour leur nourriture, & laifler
dans les vaiftcaux l’autre plus fubtile qui n’cft pas propre
pour leur nutrition.
tln*y» QLc'qucs-vnscftiment aufîl que le Sang porté du
p0tnt4'au- tcbioulï'c thtuiin & letoutne de techef au cœur
ttt moum pat lesattcics Ce qu’ils tiennent afin qu’on puifte don*
mtnt du ner U caule mtchan que par laquelle les valvules du
àl'onfi edes artcies tombent & fe ferment. Nous
vllvuUidu ccircMcnu toufiours fort excellente la façon de
cœur faut *a'fonncr dEiaJi rate fur tour ce qm fc fait au corps
fttméts, |)aï dcsrailous mcchaniques : Mats nous croyons i'Æ
Du momiement du Chyle du Sang. 63 j
qucc’cft vnc glande temcnté & prcfomption de vouloir
jiicfiu'ci la lagefTc de Dieu (don nos imaginations : Et
^u il faut tenir pour machines -celles c^uela raifon nous
monftreeuidernmcnt, & principalement les fens. Eticf
les fens nousmonftrcnt au contraire que le Sang ne fc
meut pas du cœur dans le cœur par les artères, & que
l’artere à l'endroit où elle cft attachée au cœur, ne s’cr.fte
pas lors que le pouls tft rare & langnifïant fur la fin,
comme cela deuroit cftre > mais au commencement. Il
nousfcmble auffi que nous auons cette preuuc que les
valvules ne font pas fermées par le Sang qui rebrouffe
chemin , parce que fi on lie rartere à deux doigts du
cœur , & 'fi on l’ouurc entre la ligature & les valvules,
enforre que le Sang puific fortir librement, mais non pas
cebioufl'er chemin, les valvules fe icflerrent bien quel¬
ques fois, le cœur fc meut régulièrement & ne verfe le
Sang quen la conftriâ:ton. C’efi pourquoy fi nous
auions à choifir ky quelque machine , nous recevrions
l'opinion commune qui veut que le cœur & les valvules
fe ferment par lacontradiondcs fibres Car cette coa-t
eraâiondts fibres au cœur y eil cuidente par tour.
Mais nous n'auons point aucun indice que le Sang fe
fncuuc naturellement en autre façon tout droit du
par les veines & vers le cœur par les artères. Il eft paTdttns Ut
que dans la ioyc , les humeurs vont au dehors ; Mais cela de
peut arrittcf par les arteres feulement ; Et dans la tri.
ftdTc les humeurs peuuent fc mouuoir en dedans par les
veines (cillement : Et elles ledoiuirnt aufit , puis que le
pools ne celTant iamais dans ccite palTion, & que quelque
chofcfortani parles artcrcscndchoispar le pouls con»
tinucl, quelque choie potirroit à peine le mouuoir en de¬
dans ôc vers le cœurparlcs atteres.
Les humeurs ont ncaniraoios vn autre mouucment ^
contre nature ^ que celuy que nous auons defcrit, \oi%*ittrt c9n~
que les humcui s tendent en haut par leur Icgcrete ou par trt nêtmt.
quelque autre impciuofité, ou qu’elles defeendent en bas
par leur peianteuc » comme «la cft euident aux vari-
- ■ LlU üj
^jS U An Walceus
queux. Elles font aulîi contraintes de cherchée
chemin, lots queceluy par lequel elles auoicntaccouftu.
iné de fc mouuoir,cft bouché. Ainfi nous auonsvea
quelquesfois envn canard dans les vaiflcaux de la poj,
trineleSang de diuerfcs couleurs , l’vn blanchcaftre ^
l’autre rouge , qui fc mouuoit,i’artcrc eftant ferrée vers
le cœur,&: du cœur félon les diuers coftez de l’arcerc.
Mais ce mouucmcnt ne dura pas long temps & le Sang
n’entra iamais dans le cœur par ce mouucmcnt. °
Voila Monfieurjmesfcntimens que.vous aucz defiré
fçauoir (ur le mnuuement du Sang. le l’ay examiné Ig
plus foigneufement qu’il m’aefté poflible pour paruenir
mieux à la cognoilfance de la nature des humeurs & de
leur flux, duquel naiflent vne infinité de maladies. Tay
creu auflîquc icfçaurois plus exadement , comment la
bon ouïe mauuais Sang s’eugendre, fi i’auois lacognoif.
fance de ces parties qui altèrent l’humeur qui pafle par el¬
les. l’ay penléâufli que ic lugerois mieux comment plu.
fleurs maladies doiuem eftrc traidées , flic cognoiflbis
quelle làingnéeéuacucroitpluftoft certaines parties que
d’autres, & pat quelles il faut que le rcmede palTe deuanc
qu’il puiffe arriuer à la partie malade? Plufieurs autres
chofes fc prefenroient à mon éfprit, comme kdodrino
des pouls , & la génération curation des fièvres, des
inflammations & obflrudtons , & d’autres de cette natu¬
re, qui m’ont fait defirer de cognoiftre ce mouuemeni da
fang.
Or les cxpcticnccs qui m’ont mis dans cette opinion
font fl euidenccs, que i’ofebicn alTcurcr que les Méde¬
cins dodes & de bon fens recevront à l’aduenirce mou¬
ucmcnt du Sang : le n’oferoispasà laverité promettre^
qu’ils donnent leur confentementà toutes lescaufes &
drconftances de ce mouuement. Car le iugement des
hommes eftant inégal, il cd irapoflîbic quc lcurs fenti-
mcnsfoicni differens.
Quant à la certitude des expériences, vous ne pouucz,^
Manfieurjca douter , puis quo vous çn aucz veu, yno-
Du mouuemem du Chyle du Sang,
grande païtie. M. Francifcus ^edn Vah HtrHiSc
jihafpterm Schmitnerw Dodcurs en Mcdecine fort fça-
jians &fott cxaâsaux diffcdlions, &
^cr Sehâgen & Anthoine Foç^ejÎAen q^ui poffedent rn
fcauoir foIide,y ont aflifté fort fouucnt , & ne m’ont pas
honoré feulement de leur prefence , mais ils m’ont aulH
aidé de leur confcil & delà main pour les faire, dont io
leur fuis fort obligé. De Lcydc ce ai. Septembre.
cia.xo.CKi.
SECONDE lettre
DE MONSIEVR
lEAN VVALÆVS,
DV MOV VE MENT
du Sang.
Ali mejme.
ONSIEVR
A vam. Il arriue d’ordinaire à ceuï qui donner-
quelque ouurage au public qu’ils font forcez àcontinucr
d’eferire pour rcfpondre àlcurs aduerfaires , s’ils ne vcu~
Occufimde lent fc trahir eux mcfmcs»& abandonner la caufc dont ils
(ette Let- ont cnttcpris la deffenfe. certain homme DoBè m’a
engagé dans cette neceffité d’cfcrirc, lors que le pcnfois'a
tout autre chofe. Car il atafchéces iourspalTca de réfu¬
ter dans vneferit particuliciTes Thefes du raoüuemcnt
du Sang, qu’il auoit auparauant legerement attaquées^
Gc Traidc cft àla vérité ingcnic^ux & dode : Mais ic trou-
ueàrcdirecncétAuthcur, cequelcs anciens blafmoicnt;
au Rhetoricien Albutius . quidtfiioit pouuoir dire fur
toutes fortes de matières , non pas tout ce qui eftoità>
propos
Du monument du Chyle ^ du Sang. <f 41
propos, mai^ tout cequifc pouuoit dire. Il naiaraais
tafehé de remarquer ca«nouuemenr du Sang qui eft eui-
dent dans les difl'edions des animaux viuans, comme s’il
fe pouuoit conceuoir mieux par la penfee, qu’eftre veu
de nos propres yeux. Mais ie lailTe à Rogerim Drake Do- ^elutitn its
(SteiirenMedccineàLondres, homme d vnefprit lubtil,
& d’vne érudition folide, le foin de deffendreces The-
fes, dont il eft l’Autheur, pourne m’attacher qu’aux cho-
fes quifemblcront combattre le mouuement circulaire du
Sang. Et premièrement nous confîdererons ce que la
faingnée nous enleigneicy, fur laquelle cét homme Doùe
a fait des remarques confiderables.
Quand le Chirurgien veut ouurir la vcine.il lie le bras, l* veint
afin que la veine s’enfle, non pas celle qui eft au deçà de i' enfle m L»
la ligature, & qui eft voifine du cœur, mais celie qui eft au
de-là de la ligature, éloignée du cœur. Qr la douleur que
fent la partie liée n’eft pas la caufe de cette tumeur, uat ^ cau-
fouuent on a fort peu ou point du tout de douleur en la fe de U
partie liée. loind que le bras eftant pincé ou brûlé ref- doulenr.
fcni vne douleur,piuscuifantc,&: neantmolnsfes veines
font le plusfouuent moins enflées , que lors qu’il eft lié
d’vne fiinple ligature. U veine,
lln’ertpas plus vray-femblable que les veines groflif-
fent par la ligature, à caufe que leSange'l portédu foyc
parles veines qui font plus cftroitcs vers la ligature en
plusgrande abondance, & auec plus de rapidité. Com¬
me les riuieres coulent auec plus d’impetuofité fous les
Ponts, & aux autres endroids oùleurliélcft pluseftroit.
Mais il y a bien de la différence. Car l’eau courante de la
riuicre s’amaflant près d’vn lieu eftroir, fe haufle manife-
ftemcm,& puis tôbant elle coule plus vifte. Mais il arriue
le contraire quand, le bras eft lié ; Car ce ne font pas les
veines plus proches du foye d’où viendroit le Sang , qui
s’enflent le plus , mais celles qui en font les plus éloi¬
gnées.
Relie doc que les veines s’enftét au de*là de la ligature,
parce que le mouuement du Sang qui retourne des plus ce ({ue le
Mmmra
^^2 Ican VVaUuî
petites veines au cœur, cft attefté par la ligature, 8c mj.
sairemblamlà,ilcftecdlavcinc.€t afin qucicpeufli; en
smfté. efti-caflcuié derechef, i’aylié fort clbeKacmcnt auecvn
fil le rameau iugulaire & crural dans les animaux viuâ.s,
afin qu’il ne paflTaft aucune goutte de Sang. Et puisi’ay
ouucrtla partie de la veine quieftoit plus éloignée du
cœur,'&clleavcilèdu Sang abondamment aucc gran.
de vifteffe & impetuofîté. Aprcs cela l'ay relafché la liga.
ture. ôc ay diflcqué la veine par le milieu, & ayant tiré
enhaut hors du eorpsla partie deda veine plus éloignée
dii cœur , elle ictta incontinent & promptement- du Sâg.
Cependant que la partie plus proche du cœur vn peu
plusc!euée,dc peur que l’animal s’agitant , à caufe de la
douleur n’exprimaftaifément le Sang, lefpandit du com¬
mencement vn peu de Sang, & incontinct apres point du
tour. D’eiil me fembioireuident que le Sang vient des
veines plus éloignées dans celles qui font plus prochesdu
cœur, & non pas des plus grandes aux plus petites, finon
que peut cftre venas à s’ouurir, quelque peu deSang s!ef-
coulaft. Chacun peut expérimenter ailément la-mefme
chofeenla faingnécdubras ;Car s’il poufle endiaut aucc
le doigt le Sang qui eftau defl’us de la ligature, en forte
que la veine lemblc vuidée,il ne lailTera pas ncatnioins de
voir couler le Sang audclTous delà ligature , qui n’a pas
peu venir par le rameau fuperieur, qui cfl défia vuide.
Les srims Jjra.on fi la veine s’eftei>d de cette façon, à cau-
^tasUrU du Sang qui fe meut des plus petites veines vers le
ligature, eœur, comment l’artcrc peut-elle efire dilatée par la liga-
vtüre,qui s’eftunr enflée, a efte: ouuerte au lieu delà veine,
comme pluficurs excellents Médecins tefmoignentîGer-
tesrarterc ne s’enfle pas par la ligature finon du cofté
th.cka^.-j. qu’elle regarde le cœur, mais elle s’abbat&fe diminue
vnpeii parla pâme plus éloignée , comme i’ay expéri¬
menté plus de cent fois aux dideéboBs des animaux vi-
uans. i.enepenfepasqiicles Autbeursayent voulu que
la partie plus éloignée de l’artcre ait, eflé eftenduc par la
Jigature,leur intention a cflé feulement,, que lors que la
Du méuuemem du Chyle0<dt4 Sang. 643^
veine qu’il faut ouurir , ne pacoift pas , il faut fonder en
touchant le lieu ou elle peut cftre cachée ,& qu’il le faut
trouuer par la fofle, parle mouuementôc par la tumeur
du Sang: Mais qu’il ne faut pasiuger incontinent apres-
l’auoir trouuée par l’attouchement , & que la tumeur eft
apparente que la veine foit en cét endroit: Car l’artero
pcuteftrcdcflbus qui aura perdu le pouls par vnc liga¬
ture trop forte , & qui ne tombant pas tout à fait, à caufe
de l’efpailTcur des tuniques, fcmble cftre enflée & di¬
latée.
O» oppofera encore, fi la veine enfle à caufe du Sang
qui retourne au cœur, pourquoy la veine qui doit cftre p„t supl
ouuerte, ayant eité liée au deflùs& au 4cffbus,enfle-ellc deux
ncaatmoins &cftantouuertcrefpand-cilc du Sang ? qui Ug^tnrts,
femble ne pouuoir pas venir des parties inferieures i ^
caufe delà ligature qui ferme le chemin. Mais certes,
cela n’arriue pas toufiours , mais quclqucsfois feulement
lors qu'onliclebras à vn certain interuallc. Et alors les
plus grandes veines reçoiucntce Sang qui eft entre les
deux ligatures, des plus petites, qui le tirent des plus pe¬
tites artères iointes par Anaftomofe aux plus petites vei¬
nes. Orque ce Sang qui coule entre les deux ligatures,
vienne en effeâ: des artères par le moyen des Anaftomo-
fc$,envoicy lapreaue. C'cftqu!il coule auecplus d’im-
petuofîtc, qu’il eft plus thaud & qu’eftantfortijileftplus-
aifement& pluftoftfuiui de rypothymie. D’où vient que
i’ay accouftumé de meferuir de cette Iigatuic,lors quci’ay ,
desfignes que le Sang fpiritueux &boiiillantcft mal af-
fcété : Eti*ordonnc au chirurgien de chercher ces Ana-
ftomofes auec la ligature. Car fion lamet au dcflùs de.
l’Anaftomofe , elle empofehe le mouuement du Sang;
mais fl elle eft au deflbus , elle ne racccftc pas , & alors la
malade fent qu’il fort plus chaud. Voufmty
La veine eftant ouuerte & le Sang coulant ,lois que le eaU fatL
Sang ne vient pas en fl grande abondance qu’aupara- grJe on Uf-
uancjou qu’ilne coule pas en affez grande quantité du cheUlig»-
commcDCcmcnt, nous iafehons la ligature, afin que le
“ . Mminm ij
4 4 Wal<em.
Sang forrc plus copicul'cmcnt. Ot il fcmble qu’on ne
lafche point la ligature, afin que le Sang vienne dufoye
parles veines. Car encore quil ne paroifTe point de
Sang ou for’ peu au delTus de la ligature , & que mefines
onvoye vne certaine folle dans la veine, on verra néant,
moinH que la relaxation de la ligature aide à faire coulcj
le Sang qui ne peut pas venir d’vnc veine vuidc. Mais
cette d fficultécftailement rcfolue, fi on confidcre que
le Sang dclccnd mieux par les arteics , & d'elles entre
dans les veines, lors que la ligature cft lafchéc. Parce
que les arteres qui eftoient comprimées par la ligature,
deuicnnentplus libres, lors qu’on la lafche, Oi que les
arteres ne foient .pas fouucnt allez libres , lors que le bras
eftlié, ceux qui ont elle liez le pourront bien tcfmoi.
gner,qui fentent fouucntlc pouls de l’aricrc à la ligature,
& ce fentiment eft caufé par l artere comprimée, quand
elle bar contre la chair. Q^c file médecin y veut pren¬
dre garde, il tiouucra fouucnt le pouls plus petit au bras
lié qu’cnccluy qui eft libre. Et le puis aflèurcr que i’ay
quelquesfois appliqué le doigt au carpe, lors qu’on laf-
ch^ît l’aif achc , & que l’ay remarqu i que quand le Sang
couloir plus abondamment apres la relaxation de la li¬
gature , le pouls eft deuenu plus grand.
Maisfilc Sang qui coule de la veine ouucrtc, vient des
Veurcjusy arrêtes dans les vcines, com ment en pcutilfortiren abon.
danceî Car toutes les arteies pouflent egalement &: par
(thondttm- confequcntilicmble qu’elles donnét aux veines IcSagea
.mmi. égale mefurc. Or fi les autres arteres dônent aurat à leurs
veines que les ancres du bras, & qu’il lort de Sang , le
cœur ne fera il pas incontinent dépourucu de Sai g î II
n’y a certes aucun danger i craindre. Car nous auons dit
que le Sang vient auffi promptement au cœur, qu’il en
cft chaffé.
le ne penfe pas pourtant que le Sang entre egalement
dans toutes les veines, encore qu’on voye toutes les ar¬
teres pouffer egalement : Car toute forte de liqueur cou¬
le plus aifement& plus ptôptcment dans vn lieu vuide,
Dumomementdu ChyUts^du Sang. 64/
dans lequel il n’y a rien qui doiuepouflcrô<:^h^[l'e^. Da-
uantage ce Sang eft plus attiré par les veines euacuées
que de celles qui font pleines.
Mais le Sang coule plus abondamment de la veine du
coudeouuertc, quedela main, parce que tout le Sang dt U
qui vient dans les veines par toutes les Anaftomofes du
coude & de la main , doit retourner par les veines du
coude : M ns ccluy qui vient par les veines de la main, eft „
en plus petite q iantité , & vient feulement par les Ana-
ftomofes des mains. Le Sang coule à la vérité continuel d'vnt mne.
lementde l’artcrc blc(ïéc,cncorc qu’elle ne foit pas lice, rt blept.
Mais cela arriuc, parce que le Sang eft potté auec plus
d’impetuofîtc par les artères que par les veines, par
moyen de laquelle il remplit l*âriere, clcac& dilate fa
tunique, & quand elle eft ouuerte, il fort ncceffaircmcnc
auec impctuofité.
Quand il eft forty affez de Sang de la veine qu’on a V
ouutrre , nous l’arreftons en oftant h ligature, parce que
le Sang peut eftrc porté derechef par fon premier chemin Ugntme, ^
libre : Mais s’il artiue queles veines ne puiftent donner U ctuU
vn paflage prompt au Sang quis’cft amafle en trop gran-
de abondance près de la ligature ; Ou que l’onuerturc^^” ’ ^
foit fi grande , qu’il puiftc couler maintenant tout droit
par le lieu,par où il cftoicporiSauparauanteftât refermé, tefbé fsr
il ruiffclle quelqucsfois apres que la ligature. cftlafchéc. bêstnmet-
Etauioutd’huy nos Chirurgiens pour larrefter,com-
priment fouuent la veine vn peu au deirousdel’ouucrta. *'^**^*r
re, 6c arreftenc ainfi le Sang, de peur que s’ils la compri-
moient incontinent au dclTus delaplayc, le Sangrctena
ne fc concréc à la playc, & ne retarde la confolidation do
la veine. Or ceux qui ofcntnicr qu'on puifle ariefterlc
S«ng de cette façon , ic ne fçiy pas en qnoy on les doit
croire , puis qu’ils ofént nous tromper en vne chofe û
daire. Il eft donc manifefte que le Sang vient des par¬
ties inferieures, puis qu’on l’an efte en preffant la partie
inferieure.
<^c s’il arriuc no pas en la faingnée , mais par quelque
" ■ Mm mm iij
L/t vtini
ejjânt Aufsi
0nuerte p/tr
lemiUeUy(^
fPHrquoy.
Aucune
partie ne
refait le
Sang par les
veines, ex¬
cepté le
foye.
646 Um FVaUus
autre malheur que la veine foitblclTéc , de forte qu’on^e
puiflepas arrcfterIeSang,onouureIa veine de Uauersj
D’où vicntqûcla veine n’eftant plus tendue comme au»
parauantjles parties ouucrtesfont tirées en haut &
bas vers la chair qui comprime & ferme les orifices de la
veine , & cela d’autant plus aifement que le Sang peut fe
mouuoir parles veines voiftnes tendues & ouucrtes,
celles- cy eftans fermées. G'cft pour cette raifon qu’vnc
petite arcere citant coupée de trauer$i 1 hémorrhagie ou
l’inflammation ne fuit pas. *
Ces chofes eftans ainfî , ie penfe que tout le monde voit
euidemment que les chofes qui arriuent en lafaignée
ou prcuucnt le mouucment circulaire du Sang, ou qu’au
moins elles ne luy font pas contraires.
Mais parce qu’on nous met en auant d’autres ob-
ieétions.ilfaut quenouslcs examinions aufîi.’ Ils mon-
ftrent que le Sang ne vient pas des arteres^ par les veines,
mais, immediatemcnt.da foye, parcoque quelques par¬
ties qui n’ontpoint d’artcres,au nombre dcfquelles on
met la pleure, rcçoiucnt le Sang & fouffrent des tumeurS’
lors qu’il fc débordé. Mais il ne s’enfuit pas que fi les
parties n’onr point d’arteresque leurs veines ayentreçeu
le Sang du foye^ô^on pas ailleurs des artères. Car com¬
me nous auons ditqueîc Sang entre des arteres mefen-
teriques & celiaques dans les veines, mefenteriques &
fpleniques par lefquelles il cft porté au foye ; Ainfî d’au¬
tres veines pourroiencrcceuoirde Sang des artères & lo
porter à la partie plus efloignéc des arteres. Il n’y a pour¬
tant aucune partie du corps d’vne iufte grandeur dans
laquelle les- Anatomiftes ne recognoilfent en effed des
arteres apparentes. Ilycnavne infinité qu’ils n’ont pas^
cognuës, parce que les petites qui font difperfées dans
les chairs^, ont vne fîmplc tunique feulement, coramclcs
veines. Et dansie foye mefme il y a autant de rameaux
dcl artère celiaque que delà veine- porte, & autant auf-
fî du méat chohdoque : Que les Anatomiftes ont tenu,
îufqucs icy pour des veines de la porte, parcc.que ces
Vu motiuemcnt du Chyle du S an^. é 4 7
tfoisforces de vaiileauxTont renfciméesau toyepar vnc
tnniquc commune. Qmconque aura veuouuhr le tho¬
rax dVn animal viiraiu, ne niera iamaisque la plcurcaic
des artères. Car lors qu’onlc diflTeque, le Sang a accou-
ftumé defortir des artères de la pleure.
Ilsprouuentcncorequcle Sang n’entre pas desarteres Pourijaoylg
dans les veines, parce que le bras cftant lie, en force
ncantmomsqucles arteres bâtent , le bras ne s’enfle pas
en vne grofleur immenfeaudeflbus de la ligature. Oril k
femble qu’il deuroit venir à cette grolfeur cxceflïue , fi Jnegr^n-
rien ne peut retourner dans les plus grandes veines à deurim-
caufe dclaligaturc . & fl les arteres pouflent à chaque &
Syftolc quelque peu de Sang dans le^ veines inferieuros,
& qu’il fe fait plus de trois mille Syftoles en vnc heure.
Mais certes ilfe peut faite que le bras lié ne croift pas à '
cette grofleur , parce que les veines ne font pas fermées
tout à fait, & que le Sang peut retourner dans les plus
grandes veines par quelques paflages cachez qui font
lbuslaligatur|^: Comme nous voyons que la partie qui
efteilroitement ferrée par le bandage repulfîf, fc nourrit
ncantmoins plufieurs mois ou années, du Sang qui coule
à trauers. il (e peut faire auflî que fl peu de Sang eft pouf¬
fé par les arteres du bras hé , qu’il ne peut reftendre
beaucoup qu’apres vn long efpace de temps Car ce
Sang (cillement eft poufle^lors que les veines font en¬
flées à caufe de la plénitude qiu eft dans les arrêtes, de¬
puis la ligature iulques à lamam : Car celtiy qui eft au
deflus de la ligature peut mieux entrer dans les veines
parles Anaftomofos libre». Mefmesil fc pourroit faire,
que lors que les veines enflées ne permettent plus que le
Sang fou poitfle des arteres dans leur cauité , le pouls des
arteres s’arrefte, ou que le Sang regOi ge enhaut , & qu il
cntreparles A -afton^ofesdans les veines au dclTus delà
ligature. Dequoy nous auons rapporté que nous auons •
veu quelque choie de fcmbUble envn canard Que s’il
n’arruiedc ces chofes , le bras enflera tout à fait par la
ligature, & l’cxûnétion de la chaleur Baturellc par l’abon*
^^8 lemWaUus]
dance du Sang quia efté pouffé , s’en ctifuiara, Car ic
me fuis fouuentlic le bras au deffus du carpe , &l-ayauflj
lie à d’autres , & l’ay veu que les veines groOlffoient
toufiours & que la chair enfloitvn pcu& rougiffoit.' W
fort fouuent lepouls des artères, efl deuenu mfcnfiWe-
ment plus petit, mais non pas toufiours, & mcfmesquel.
quesfois intermittent : Et que bien tort apres la couleur
rouge de la main licc,a efté changée en liuide ; C’cllpour-
quoy i’ay incontinent délié la ligature , par la crainte que
m’a donné cét exemple- Comme vn Chirurgien de vil.
lage ne pouuoit an c ,er le Sang à vn payfan qui auoit efté
blcffé à la partie interne du bras près du coude, il lù le
brasfürttftroitcmcmàl’cmout delaplayc, d’où s’enfui-
uit vne grande inflammation de la partie inferieure du
bras, & la tumeur deuint fi grande que l’on voyou au
lieu des nœuds des doigts, des fofles profondes, & dans
dix &huiâ: heures la gangrène & le fphacelc fc mit à U
partie inferieure du bras qui fut extirpé par Chnflianus^
Retins, en ^zdtnced'EmtddHs Screnelius g|andMedecin,.
& de moy.
Comment il* obieâentaufïï que fl le Sang veineux vient des ar-
(^^eurquey tctcs, commcnt cft il pofliblc qu’il y ait fi grande diffe-
le S,mg renceenae l’arterieux & le veineux ? Mais il faut Içauoic
diffelTde ^ grande différence entr’eux que la plus-
Vmterieux. part eftiment qui iugent par rimpetuofité aucc laquelle
fort le Sâgartericux qu’il eft fort fubtil & plein d’efpnts:
Encore que cette faillie ne vienne que de l’impetuoScé
auec laquelle le cœur pouffe le Sang par les arteres. Car
l’artere eftant ouuerte au delà de la ligature, le Sangcoule
goutte à goutte feulement, Orcette differêce qui cft entre
euXjfe peut & fe doit prendre de la chaleur plus grande ou
moindre, & de l’abondance des efprits, félon qu’il eft
plus ou moins éloigné du foyer & du cœur. Car le Sang
• qui eft près du cœur , cft fort different de ccbiy qui fc
troaue dans les plus petites artères capillaires , que vous
auriez peine à diftinguet de ccliiy qui cft dans les plus
petites veines. Et les plus petites veines ont le Sang plus
rare
D« mouuemtnt du Chyle du Sang. ^4^
raie & plus chaud que les plus grandes Ce que chacun
peut expérimenter aifément en la faingnée de la veine du
pied, & de la main :Mefmes fi on fait la faingnéc auec
deux ligatures, comme nous auons défia dit, il fortira
plus chaud qu’aiicc vne fimple.
Ilstaichcnta'.ifiî de pr.'uuer quele Sang ne va pas des
plus petites veines aux plus grandes par les purgations
des femmes > qui à lenradtîis, s’amaflènt vn mois entier ^
danslesvcmes à l’entour de k matrice j Et fi elles vont de de Umn^
la matrice à la tefte, ils croyenr qu’elles ne paffentpas la tm*.
veine-cauc & le cœur. Mais k commune & véritable
opinion cft que les purgations fe meuuent versla marri,
ce, enuiron Te temps qu’elles ont accouftümé de couler,
duquel mouuement des humeurs naiffcnt prefqucenco
temps là les douleurs des lombes & de cofté. le fçay aufli
que fi le pouls du cœur & des artères peur deuenir fi grad,
enuironle temps que les purgations (e font, elles en cou¬
lent mieux , parce que le Sang cft poufie auec plus de
vehcmence parlesartercs dansla matrice. Il peut néant-
moins arriuer que le Sang mcnftruel s’amafiê , & qu’il
caufe obftrudion dans la matrice, & qu’il ne retourne pas
alors dans les plus grandes veines, à caufe que ce mouuc-
ment cftempefché-.maisc’cft contre l’ordre de la nature, comment
Or quand ce mouuement mcnftruel feporte delà ma- Us fi portée
triceàlateftcjle chemin n’eft pas incommode par la véi- deUm*.
ne caue, par Iccœur, & paricrameau afcendancdcTar-
tcrc aorte Et en effed les palpitations ik les legereshpo- ‘ *'
thymies qui accôpagnentîafuppreffion des mois, fembléc
monitrcr que ce Sang mcnfttucl paffe par le cœur.
Ondirapeur-cftre qu’ilfctoit dangefeux,fi routes les
mauuaifes humeurs qui font dâs noftre corps penecruiét
&pâffoienttoi^fioarsdaas k cœur. Mais il faut Içauoir
que noftre corps cù ba. y de telle forte , que cela eft très- les mm-
commode, quand nous fommes en famé, & non pas^^'f**
quand nous femmes malades loint quernumçur
pourritSc deuient mauuaile parles obftrudvons, ne vient
p^asicy, parce que le cheraia eft bouché. Ei lccœurn’cft2,orr<»r de
' . Nnnn
(^fo Walieus
/.■^fiheux pas“fi rendre, qu’il puifle t (Ire corrompu incontîncntn
Mutdens. l’humciir iTiauuaife qm n’yarrdte paslong remps-.^^
■ 6.T>esli(ux ces grands hommes, Hollier, ^ du Lmrtns ont
. remarqué que le pus des empyiques, les auties hu.
c<?«. A- meurs acres & puantes palTent eritiqueraent , & fans des
pW.4./. 6 fytnptomesfafcheux par le ventricule gauche du cœur.
Aȉf V9 'Ce qui arriuefouueot pour le bien des malades, pareeque
th.i\.q. il. cette humeurpalTant fouucnc par le cœur, d U dornic
obtenions par fa force.
centre les Quant aux autres obicélioirs qu’on nous fait,; elles rc-
xtreonfian- .gardcTit feulement Icsciaufes de cemouucment, ou que].
ques circofiftanccs, où la contrariété d’opinions eft ordi-
naircraenc plus libre. Voyons maintenant fi cllcs-ont
•quelque poids & quelque force pour ruiner &defttuite
noire opinion,
, Ils afr^ureutquelecœur humTin.ne iette pas à chaque
fyftole, rty vue demi-once ,ny vne drachme, ny vn feru-
It cru 'ne "ptilc de S mg pour trois raifons : La première . parce que
iette vne cc Sang e(t trop (piritueux. Mais nousauonsdefia mon-
àemj-onct .ftféquil.eft moitis (piritucux qu’oii croit communément.
i@%a,ng. P a feeonde, parce que les valvules du cœur font des pe¬
tites fentes feulement, &c qu’elles fe ferment incontinent
apres. Ce qui ne s accorde pas aulTi auec l’experience. Car
l’arterc eftant retranchée du cœur , il fort d’aflez grands
icéfsdeSang. La troifiéme.quelcs artères font-trop plei¬
nes pour pouuoirreceuorr vnc4leini-onÊe,ou vnedrach-
Kic.ou vnfcrupuledeSang. Mais ils n*ont pas bien con-
rfiderccc qu’ils alTeurcnc; Car lors que le cœur fe referre,
toutes les artères de tout, le .corps fè dilatent par tout,
Æomme l’ay fouuent remarque par rattouchement, ce-
.pendant que ictcnois entre les doigts vne artère toute
nue, & dc('poü liée. Qui dira maintenant que toutes les
arrei cs du coi P' eftant dilatées , ne puiflént receuoir ou¬
tre le Sang qu’elles ont, vne demi- once , vne drachme, ou
vn fcrupulede plus?
Rhn Hem- H nient auflî que dans le fœtus le Sang entre de lavei-
p[tht «»/«<nc caueparlcsvaiflcaux vnis du cœur dans l’ancre aorte,
Dumomement du Sang. 6ri
& que de. là J entre des ai teres vmbilicalcs dans la veine au fœtus
vmbilicale, & que parcelle-cy il retourne au cœur. Par - qutLm?u-
ce qu’ils croient qu’il s’cnfiiiuroit cette grande abfurdué, du
qu’vnc feule veine porteroit le Sang de la mere,&enfem-
ble autant de Sang que deux artères vmbilicales auroient
porté. Comme fi vneriuicrenecharrioit pas quelques-
fois autant deau dans vnli(^, qu’elle en reçoit par plu-
ficuts bras.
Eticyoùlavcine vmbilicalceft vnique ,elle eft beau¬
coup plus grande que l’artere. Souuent il n’y aqu'vnc
artère feulement, ou deux veinesj de forte que les artères
refpondent bien près aux veines. Fallofe grand Anato^
Hîifte dit : Ily a toufiaurs mx kejles deux veines & deux ar¬
tères ejui vont tufques au nembrilauecl’ O uraquei(!r les vei¬
nes immédiatement deuant qu'elles entrent dans (Abdomen,
s ajfemblent en vne qui touche aux portes dufoye-, comme iay
remarque dans tousles fœtus des brebis, des chèvres , & des
vaches que iay dtjfeque. Que s ils parlent du fœtus humain,
rajfeureque ie tiay point veu quelquesfois deux arteresvm-
hilicales,mais vne artere feulement , & vne feule veine , qui
montent enfemble.auec l'Ouraque au nombril , où (artere p» figne
fèfend derechef en deux, qui vont puis apres aux cofiez, de ^ue ce mou^
(osfacrum.OiCpit cette vnioa des vaiffeaux du cœur ait uemtnt ea
efte faite dans le fœtus, afinquele fangpaffe parla de la*”
veine- caue dans l’aorte, il femble que les animauxaqua-
tiques, comme le canard ,1’oye, &d autres nouslcnfei-
gnent ,qui cftans mcfmes adultes, ont cette vnion dès
vaiflcaux du cœur , parce qu'ils ne peuuent pas fouucnt
refpircr & dilater le poulmon fousl’èau, afin que le Sang
paflepar là de la veine -caue dans l’aorte, ny parconfe-
quent admettre le Sang par là. Ccquciïiimi^r remar¬
que aufli au Chapitre 6.
Ils nient auffi les frequentes anaftomofes des veines & -g ncortqu'd
des artercSj car autrement il ne feieroit point de tumeurs des».
par la fluxion & l’amas des humeurs. Comme fi les riuie- nastomofes
res deuenans trop grofies, ne pouuoicntpas inonder les
ehajmpsj/oifias,encorcs qu’elles ayent vne emboufeheu- ftgjifeptnt
Nnnn i)
6^1 VF^aUtiS
f»irt tou- mcfme de ce Sing qui ne peut pas tetour,'
tlsfois des neraiféinenr dans les vaitTeaiix ,àcauCe qn’il fç cnagulç
iumcHrs. eftanthors des vaiffeaux. l)auantagc,Ies tu meurs fc font
parce que par quelque obftrudion le partage eft ferméatt
Sang pourallcr pl is outre, ôc qu'il cft attiré à la chair pat
lachâlcu! & la douleur.
O' il s,é >le que CCS tumeurs fauenfent pluftoft ce mou-
UcmcniiCiiculairedu Sâg> parce q i’ellcsarriuct parftoid,
par conturion,& par la rôilndion du cheminA que l’hu¬
meur cftât^ouucnt rend \c pi us coulante dans les tumeurs
parlemojrêdercaudc vie , ou de quelque autre mcdica.
mêt,e{l emportée djs les veines par ce mouucmê' daS ig;
& que la tumeur eft cniicretnent guerre, pluftod par U
codions diflipation, que par la repulfîon & reimlfion,
il Ce pre^éi fi, d’autre^ d iEculreS: touchât la cAufe du mon-
,I« SMg cernent du Sau^' Nous auonsnié queleSigTe laiefic dans
ccEur,rclô'rardre de La nature fi lubitemct, & aucciant
iarinf»- véhémence, qu'il puiffe mouuoir le cœur, le Sang de
stout e corps, & les arceres mclmcs Quelques grands ho¬
mes Autheurs de cette opinion, peni'cnt la pouuoir piou.
ucr Ÿ3itctucï$^\(on^<^Helors^Heu6Hsauonsfroid tomesles
peines de uoftre corps fe rejferrêt & peirotjfent petue , ^ ejuai
mus femmes echaujfe^ elle: s* en fent fi fon^ ejue le Sa^ efu el¬
les contiennent occupe dtxfoisplus d’efpac’ eju aupAraumt.
reftimcccrics que puis qu’ils te iont efforcez fi fuigneu-
fenicnt dmerCes fois de perfuader publiquement cette ra-
-tefadiondu Sang , & qu’ils ont diflcqué les cœurs des
animaux viuans,qu’iUlesont aitcntiucmcnr confîdcvé,&
qu’ils n’ont pasolé lufqucs icy affeurcr qu'ilsont fcniy
cette rate fadion du Sangauceeur, qu’ils ri’ont peu la re¬
marquer eneffed, comme ilslapropofcnt & qui n’eftpas
véritablement, 'comme rl (eia ailé de voir àceluy qui fera
vn peu accouftumé à la difled on des animaux viuans.
C’eft pour quüy,ci cote qu’on peut piouuer que cette ra-
refadfon du Sangarnuc quclquevfois conti e l’ordre de
la naiutc,on nt doit pas duc ncantmoins qu'elle Ion eau-
fedu raottuement nacurcl du cçear,da iâg ôc des artetes.
Du mouuemtnf du Cl^yle du Sang. 6 5?
il femhle quMn’y ait pas affVz de certitude eu
l'cxprnole qu’ils propofcnt que 1(" Sang occupe dix fois
plus d’erpace-qu’auparauant,3L caufc de la rarcfaâ:ion.
Car il fcmble que cette tumeur des veines externes peut
venir de ce que les veines e fansfcrrées & eftreffi'^s au-
parauant à cauPe du froid, ne pouuoicnt pas receuoir
(jcancoup de Sâg,nv enfler par confequent: Mai' if* froid
ccflanr leurconftriétion aulfi , & les veines cftans laf-
chces parla chaleur eUes pouuoiciit receuoir beaucoup
de San? . qui cftchijfé parle cœifr vers elles, & paroi-
ftre ainfî enflées II femble que les Febucitans nous en-
feignrnt quece n’eft pas la moindre caufc de la tu meut
des veines , lefqncls s’ils expoPent leurs bras au froid,
n’ont pas les veines fi enflées : Mais s’ils les tiennent ca¬
chez fous 1 CS coimerres contre le froid elles dcoicnncnt
fort tumides. Que fi cette tumeur cftoit caufée par la ra-
refaélion,elledciircnt eftre prcfque égal? au chaud &
au froid , puis que la rarefadion du Sâng vient d’vne
cauPe interne.
Nous ne tenons pasauffi pour chofe indubitable que
qua d nous auons premièrement froid & puis chaud,
que Ivts veines internes s’cnflsnt comme les externes.
Car nous nous imaginons que les parties internes ont
moins df* chaleur & de Sang qu’auparauant , parce qu’au
lieu qu’elles eftoient offenfées auparauant par le froid,
quand nous auons efté ainfi cchauffcz, clics font mer-
ueillculèmcnt afFoiblics en prenant quelque bceuuagc
froid Certes comme les veines internes font fouuent le
referuoit du Sang où il cft gardé ' our les vfages ncccf-
faircs, les veines externes le pcuucnt eftte aufli, & pa-
foiftre alors enfl es.
Comme ces autheursonr veu que ce que nous difions
que le Sang cfl: verfé manifeftement en la conftridion ,
cftoit fort contraire à leur opinion, ils maintiennent que
ce n'eftpasen la conftpdion , mais en la dilatation , &
que nous auons efté trompez, parce qu’en no te con-
ftcidion > la conftiidion eft feulement à la bafe , & la
“ ' N nnn iij
M*isp»rl4
confirittion
dmaenr en
h*Ht cj> <1*
bai vers les
étiteres.
^54 VF^aUus
véritable dilatation à l’entour delà pointe. Mais qoél:^
qncs-vns voyans que cette veine imagination ne pou^
uoiifiibri(lcr> afin qu’ils ne fcmblafTcntauoir abandonna
cette canfe, fe (bnr imaginez qu ilaàla vérité conftri
£kion dans la cauité du ventricule- entier, mais qu’^u^
folTes & aux conduits des coftez, fur tout aux chiens U
s’y fait quelque extenfion & vne véritable dilatation.*
Mais on nevoitpas certes qucla partie fupeiicureda
cœurfe dilate, lors qucrinfcrieurcfc rcfTerrc.fînon lors
que l’animal mourant , le: pouls deuient ondoyant par
l’impulfion du Sang. Et on ne peut paS’ remarquer que U
dilatt;t'ion ou la conftriétion des fofles foit diflFercnie de
celle delà cauité des ventricules. On remarque feule,
ment quelque mouuementprogreflîf en vn grand cœur-
parce que la dilatation oula conftridion commence ma-
nifeftcmentparlabafc, & va infcnfîblemet vers la pointe-,
encore qu’iPs’acheuc prefque tout en vn moment. Et
afin que ie fufTe» entièrement adeuré que le cœur fe ref-
fcrroïc auffi de tous coftez par dedans , apres auoir coupé
la pointe des deux vencticules, l’ay fourré k pouke &
rindice dans le cœur viuant d’vn chien ou d’vn lapim;
& r’ay fend manifeftement que les coftez du cœur pref-
foient les doigts egalement contre lefeptum, au milieu,
àlapointe &àla.bafe:Et que les foffes deuenoient fen-
fiblement aux plus grands animaux , non plus grandesi
mais plus petites. Et lors que la conftridion ceUoit, les
coftez du cœurfe lafehoient auffi en haut, en bas &: au
milieu , &: les foflès deuenoient manifcilement plus
grandes. Mais on-ne fent aucun raouuement aufeptùm,
finon qu*on y remarque quelque palpitation caufée par
les efprits qui cherchent à fortir. Et quand le mouuement
Non en la ventricule gauche cefTe en ceux qui fe meurent , le
dilatation.^ feptum fuitle mouucment du ventricule droit.
oncoreijus lls veulent neantmoins que le Sang foit verfénaturcüe-
le iangfêt. mcut noHt en laconftridion mais en la dilatation, parce
Sang en la dilatation d’vn cœur blefte
füis^ des animaux yiuans. Cela eft. vray quelqucsfois : Mais
les fens tefmojgnent que ce qu’ils recueillent de U , n’eft
Du mouuemcnt du Sang. 6 ss
paS'Vcritable. Car ou la tcftc ou le thorax du chien ou
de quelque autre animal clt clleué &lc ventre abbailTc
lors qu’onfaitla blcffcurc au cœur, & alors puis que le
Sang qui entre dans le cesur par la vcine-caue & rartcie
vemeiifeeft plus haut qu’aucune playe du cœur, il coule
auffi toftquilcft entré, àlçauoir au commencement de
la dilatation , non pas par l’impuUïon du cœur , mais
par fa pefanteur feulement ; C’eflpourquoy il n’eft pas
poulTcloinauecimpctuofité, comme ilatnue par le pouls
des artères. Qi^fîle chien cftrcnucrfé fur le dos, com¬
me il doit eftte , & que la tcftc & le ventre foient couchez
fur vn mcfme plan horizontal , & qu’on leue auec les
doigts Iccœurblcflcjtandi.'î qu’il a quelque force, il ictre
loin le Sang qu’il a reçeu deuant que tout le cœur foit
rempli ou dila.c. Maisquand-lecœura perdu fes forces,
ilnefe reffèrre que rarement ou point du tout,parce que
les oreillettes lonr plus robuftes qui bâtent cependat que
le cœur cft fans pouls .Le Sang qui eft poulTé des oieillcr-
tes, entre danslc cœur, s y amalTc, & quand il y eft en
plus gtande.quantité que le cœur ne peut contenir, il fort
parla playenon pas auec quelque imperuofite, comme \
il fcroit necefTaire pour faire le pouls , mais doucement &
goutte à goutte. De forte que les fens ne pcuuent remar¬
quer d’autre mouuement impétueux du Sang finon en
la^conftridion du cœur.
Or iLs veulent que le Sang retourne au cœur par les M««i7 re^
veines feulement., parcc.quc le Sang poulie vers les
tics regorge en haut veisJc cœur , comme l’eau veifée '^^^^/
dans vnc corne. Mais nous auons défia donné les mar chJjuefitr.
ques ou qu'il eft attiré, ou qu’il eft poufié par chaque par- tteda vei-
tiedes veines. radiouftc aces prcuues.quclecœurcftant »«•
arraché du corps , on voit neantmoins le mouuement
du Sangdanslcs veines qui eft afiez viftc. Et fi on lie
quelque veine mefme laétéecndeux lieux , vous laichrz
apres leulemcnila iigatiuc qui eft plus pies du cœur, lors
que les particsfoiit cncoics chaudes, le chyle le moiivr.a
tüufioursver.- le foyc, & le Sang vers le cœur; que le
cœur ne peut pouffer par les ancres, ny les intciiins par les
és6 iean Wd^eus
Uaécs, à caufe de rcmpcfchemcnt de l'autre ligature •
Et il n’iroit paspluftofl: par fa fluidité en haut qu en bas".
Us vttnts Maisacheuons lcrcfte dcsobicékions qu’ils nous font]
é'Us arte- Ilscioicnt que fl le Sang fe mouuoit fi rapidement , Icj
rtsftpreu. ycines &les arteres nc fc pourroient pas nourrir comtno-
He»t p»r se jement. Mais ce chien qui boit en fuyant dans IcNil^
momemet cftancher fafoif ; Eties parties qui demeurent
icy auruiffeau, Sequi mettent dans leur fubftance tout,
ce qu’elles ont tiré du Sang., afin qu’il ne foit emporté pw .
le flux del’humeur, ne pourroient elles pasfe nourrir?
Et le Sang penlentaufli que ce mouucracnt n’eft pas bien vrile
put tlîte au Sang ; Car il peut fc conteruer alTez , à caufe qu’il;
mieux e- abonde cn chaleur naturelle, ôi qu’il eft ventilé par Uicf-
mttté4 piration & la tranfpiration. Il eft certain neanrmoins
qu’il s’euenre d’auantage , s’il fc meut aucc vifteflè, &
que les moindres de fes parties foienr agitccs aufli par ce
mcfmemouuemcnt ; Ainfi encore que Feau d’vn lac foit
agitécdoucement & qu’elle foit cuentée parla partie fu-
perieure, cllcfe corrompt ncantmoins: Cependant que
l’eau des riuiçresfe conferue fort faine par le moyen de ;
leur agitation.
Ce font,Monfieur,lesraifons qu’il m’afemblé queiede-
uois adiouftcrauxprcmicrcs, pour fatisfaire à ceux qui*
ne peuuent reçeuoir noftre opinion nouuclle , dans la¬
quelle ils trouuent quelque difficulté & obfcutité , parce
que fans doute ils ne fc donnent point le temps , & n’ont
point le défit de l’examiner & de la sôder iufqucs au fond.
Mais il ne faut pas,à mon aduis, nier les chofes qui font
manifcftcs , cncorcsquc nous ne peuffions pas refoudra
routes les difficultez qui s’y rencontrent.
ien’ayiamaispri'i plaifir dcdifpuccrdesraotsauecper-
fonne , ny me fevuir de paroles piquantes. Il y a mille cho¬
fes exccllenics où le temps peut-ettre mieux employé, -
qui eft fouucnt trop court pour les neceflaircs. La fcicnce
fc cache auflîàceux quis’en moquent, cllcfe fait voir à
ceux qui font amoureux de la venté. De noftrc AeadC"
mie de Lcydc , le i. Décembre ciD. 13. cxL.
F I N.
^ ^ î^. 5^
tv î^
TABLE
DES MATIERES
Q.VI SONT TR’AICTE'ES
ET EXPLIQVE'ES DANS CES
INSTITVTIONS ANATOMIQVES.
parmy les Egyptiens 208
Leur figui;e,couleur,rubftan-
cc, vfage. Jl;id.
Air naturel des oreilles. ^6^
tout Air n’ell pas bopaux eC>
prits dorhomme. 27S
Aifnes. 11
Albadara. 5^7
la membrane Allantoide Sc
Ton vlage aié. n’eft point en
l’homme. Ihid>
Ambidextres. 243. 384
Amnios wo. D’où vient (ba
humeur, & pour quel vfage.
Ihiti Quand le fœtus naift
aucc TAmivos comme auec
vue cocHè. 211
Amygdales. aSS
Anatomie que c’eft i. Comment
^Abdomen, pag. <>.
Ses parties 12 . Sa
graiffea trois vei.
ncszS. Pourquoy
ilaplufieursmuf-
*c!es? 44. L’Hiftoirc de fes muf-
etes 34.D’où vient Éi fympathie
auec les narines. 40
Acetabic. iStf
Ââion dVns partie 2» Combien
db fortes. iiid.
'Ægilopsjfon lien. 545
Ailes de l’oreille* Jj8
Ailedafoye. lOi
Ailcdunca. 3H
Ailes à la vulve 6c leur hiftoire
207. Leur giaadcuc te excihon
Tal;lc des Matières.
celle de latcftcfcpeut faire en
trois façons 541, Son fuiedt i.
Pourquoy le corps humain
principalement. Ihid. Son vfa-
ge. Sa dccifion. ^
Anaftomalcs des vaifleaux du
foye lOj. Leur vfage. fhid.
Desvaiffeaiycà laRatenj. A la
matrice i8<?. Du cœur du fœtus
ae^.DesvaiiTeauxintercoftaux
445. Des fpermaticjlies en
l’homme 147. Ala.femmc 171.
Des vmbilicaux ii6. Des vei¬
nes 415. Des veines mammai¬
res aueclescpigafltiques 447.
Des petites veines de la veffic
du fiel auec les rameaux de la
veine porte. 103
Aneutifme par vnc artère rom
pue. (j29
Animaux , combien les grands
ont df ventricules au cœur. (Soi
Anthropologie. i
Aorte. 458
Aponeurofe. 31
Apophyfe de l’os 515). Que c’eft
où elle fetrouu€,& sô vfage.po
Apophyfes commet on les nom.
me quelqucsfpis autrement
520., Maramillaircs. 483
vcine-Apopleâiquc. 448
Apprehenfion. 385
Aquatiçulus que c’eft. 11
Aquapendente , fon opinion de la
ftrufture du mufclc 30. Des
veines du ventricule 68. Du
?P«We «cretif de la veffic 14J.
Dcrvfagedesmufcicspyrj;
midaux 41. Son crteut tou'
chant l’origine des mufclcj
•bliquts defeendans 38. Son
opinion de l’vfagcdu Clito.
ris. . ^
Ariftotc, quel vfage il attribut
au cerueau 323. 11 eft défendu
ii).97. 244. Scs erreurs is.
134.150.175 257.2-3.325.415.
459- 478.52p.
Axnifcus, fon opinion fauffe de
la rcplciion de la vcriculç du
fiel. lOjj
Artère fc prend pour rafpre-
artcrc. 277.
Afprêartcrccftoitoflcufc enyn
certain voleur. jii
Arpre-artcrc.fon hiftoirc. 277
Axillaire veine , fes deux ra¬
meaux. 4.^9
Axillaire artère. 461
Axon vertèbre du col. <6?
BAtbe cft vnc partie pour
rornement 4. 300
les mois confument la matière
de la barbe aux femmes. 199
fille Barbue* Ibid,
Bartholin , voyez Aiuhcur.
veine Bafiliquc449. 11 fautou-
urir auec précaution 450.
d’où le sâg eft tirélors qu’ci-
le eft ouucrtc S o 6> Quand il
faut ouurii la Bafiliquc quia
Table des Matieresl
Céphalique 446. Erreur de la
faingndcdela Bafilique. Ibid.
Baffiu. f7<î. 354,557.1(56
Bauhin premier inuentcur de U
valvule du colon 81 Son er¬
reur des valvules des cmulgen-
tcs. i;5
Bcguayementjfacaufe. 577
Bcucrodicus , fon opinion des
reins cft réfutée. *27* i?5
Beuueurs : Leur ventricule fc
rend délié ôcfoiblc. 66
Bile, par quels fignes on reco-
gnoift qu’il y en a au ventricu¬
le 65. Ses reîcruoirs 105. D’où
prouient fonvomilTcment m.
Quelles perfonnes font fuict-
tesàcevomifferacnt 6^.iir
Blanc de l’ctil. 551
pourquoy vne humeur fe fait
Blanche par la pourriture. 303
Botallus , pat quel chemin le Sâg
va du ventricule droiél dans le
gauche félon luy. 600
Bouche, fes parties externes 367.
Internes 373. Tuniques, Vfa-
ge. 568
Bras 385 Pour quelle caufe ilde-
uient maigre par la ligature
607. Pourquoyilgroflitquel-
quesfois demefurement. 647
Bteuuage , quelque portion en
va à la trachée & aux poul
mons. i77
Bronchie. 104. Z77
Buccinaicurquelmufclc. 365»
C
CAbroI, fes obfcruations.
71. 127.
Cal.
Calcanéum. 585
Calcul , pourquoy lors qu’il cft'
auxreinSjOnfentlaiambe do
mcfme cofté engourdie. 117,
Cornent onlc tirc.169.P0ut-
quoy ceux qui en font tra-
uaillez , deuiennét humides
& prefque pâlies 136. Pour-
quoy leurs vrincs font
crues. 136
Callicteas. 92
-Cariai hilaire, fon hiftoirc. iio
Canal aux vailTcaux du cœur
j du fœtus. ‘ 267
I dents Canines. 558
Canne grande j8i. Petite. 58*
Capfule ou boette du cœur. 236
Capfules atrabilaires & leur
hiftoirc. 136. Cauité, gran¬
deur, nombre, fituation,con>
nexion, figure, fubftance 137.
Vaifteaux. /W. Vfage félon
l’Autheur & Spigelius 138.
Pourquoy les autres Ana-
tomiftes ne les remarquent
point. Ibid.
Carpe. 385 575.SesmufcIes.402
Cartilages n’ont poinf de fenti-
I ment. 511. Leur hiftoirc en
general 5ti. Différence des os
1 & ligaments, Reflcm-
Oooq ij
Tdle des Matières.
blanccaucc eux. 513 Matière.
511 Situation, (ubltancc, con-
nexion 511. Vragc.5ii Pour-
' quoy leurs extremitez font
gtalTes.
Cartilage Xiphoide. 571. Des
oreilles 5(jo. Du Larynx
Des narines 3(3 6.Dc la tr.achée
artere. ^79
Carunculesaux coings des yeux
349. Mammillaires aux rems
iji. Leur premier inuenteur.
jb. Peauflâires àla vulveaoy.
Myrtiformes & leur hiftoire
&vrage. 10 4,
Cafaubon , fa veffiefufltrouuce
fçparéed’vnc clofture. 144
Caflerius fon opinion de l’vfage
des tnufcles droids. 3 <40
Q îftellus, l’rfagc de la membra¬
ne externe du ventricule fé¬
lon luy. 6^
Cauitez au corps humain , &
combien. 9. A l’os du front
au haut du nez j34.Leurvfa-
ge. Ihid.
Caitité entre le ventricule & le
diaphragme. 66. Sous le fter-
non feparé dumediafty. 233
Cautereau finciput 535. En quel
lieu au bras. 388
Cellulesau colon. 8i
Céphalique veine. 449
Coings des yeux. 348.534
^erueau que c’eft propremenr,
& Ton hiftoire. 317. Pourquoy
blanc 311. Qui font ceux qui
l’ont plus grand. 510. Poy,.
quoy il a des anfraauofîtcjT
321 Le fondement, les fefïcs'
les tefticules.la verge, U vuj J
ue du cerueau 539. 340
fympathic aueclc diaphtag.
me 167. Auec la matrice 137.
Emondoircs 3150. L’abôdan-*
ce defes excrcmcns334.34^^
Comment il en eft repurgé
547.Fiirurc anfraducufejli.
Son mouuement compofé de
Syftolc &diaftolc. 305. 324,
Vlagc de fon mouuement
313, Ses parties 317. 315. T rois
fortes de dilfedion de fes
parties. 341. La moelle eft
fou principe félon l’ Autheur.
325. Pourquoy fa fubftance
eft molle. 32Z. La fmbftancc
ne fc trouue pas quclques-
fois. Ibid. Quel eft fon tem¬
pérament. Ibid. Ses tuberofi-
tez.321. Vaiffeaux. 323. Vfa-
ge. Ibid. La moelle du ccr-
ucau que c’eft. 317. Elle eft
differente du cerueau racfme-
Ibid. Diuifion de la moelle.
3 1 o. La tefte & la queue que
ce^./bid. La fubftance, l’o¬
rigine , & la diuifion de la
moelle prolongée. 326. Le
ventricule noble de la moel¬
le. 323. Son vfagCjfclonrAu-
thcur.328.Nouucllc opinion
de l’Authcur de l’vfagc du
cçrueau&defa moéli«* 3^5*
Table des Matières.
Les ventricules du cerneau.
354. Ncfont qu’vn fcul ven¬
tricule félon l’Authcur 235.
Les deux anterieurs que e’cll
334- l e troifiéme que c’eft.
Ihtd. QiTeft'Ce que les autres
nomment le quatrième. 327.
La confirmation des ventri¬
cules 331?. Leur vfagc. 340
Gcruellet, fon hiftoirc. 329 Sa
ftruâiure admirable. Ihd. Ses
produètions vermiformes.
330. Ventricule 317. V.fa-
350
Chair, fescipeces. 6
Chaleur,commentonpeut iugcr
de la chaleur de chaque ani¬
mal. 177. Noftre chaleur a be-
foin du froid. 275
M. de la Chambre quel vfagc il
attribue à la Rate, 123
Chaftrcz font comme des fem¬
mes. 153 I
partieChauucdelatefte. 195.86$' j
parties. Ibid. Pourquoy on
dcuient chauuc au fînciput
feulement. 198. Caufes de la
chauuctc. Ibid. Q^lques-
vns font deucnus chauues par
poifon. Ibid.
Cheueux , pourquoy blanchif-
fent pluftoftàceuxqui ont la
tcftc couuerte. 303. Pour-
quoy pluftoft à Tentour des
temples - Ibid. Q^lles en font
lesaufçs. Ibid. Qui cft ccluy
qui deuiem blanc en fon en-
fancc. K. Pourquoy l’hom-
meaplus dcchcueuxqneles
autres animaux. 300. Aquoy
fert de les couper fouuent.
Ibid ferucntàroinetuct. Ib,
le r hignooducol 194
Chirurgiens, leur erreur. 517
Chorde. 31. 408. Cù elle e(l
trcs-grandc. 583
Chordes. -i
Chorjon membrane. iii
Chyle, fa couleur aux inteftins
& veines ladces.597. Com¬
ment eft attire & pouflctfjz.
Son mouuement parles vei¬
nes ladées 597. & fuiu. &
611-633. Vfage de ce mouue¬
ment. 635
Cicatrice que c’eft. 17. Pour¬
quoy il n’y vient point do
poil. 298
les Cils. 349
Circumeifion , en quelle partie
on cftime qu'cllo fe faifoit
aux femmes en Ethiopic.207
Clauiculcs. 571
Clignoter , d'où vient que les
beftes clignotent. 351
Clitoris, fon hiftoire. 105, Ref-
femble à la verge, Sa grâ-
deur cftquclquesfoisprodi-
gieufcio6. Teftei5i.Subfta-
ce. /^.Vaifleauxôcvfage.207
çjyftcres , pourquoy leur ma¬
tière ne peut pas arriucr na¬
turellement aux inteftins
greftes, 8/
Oooo iij
Tdle des Natter es.
CoAion du ventricule ou chyli-'
ficaiion.70. Gomment fêtait.
Jhid. EftaidécparTEpiploon.
57. Par le pancréas 95. Par la
graifle Sicllccft auan-
ccc par l’excrcmcnt melan-
cholique qui eft porte de la
Rate 67. Les cxcrcmcns des
trois codions. 15
le Ca:cum. 79
Cœur&fonhiftoirei4i. Sic’eft
vn mufclc 147. Cœur velu
que lignifie 147. Pourquoy
eft placé au milieu 24a. Poiir>
quoy il cfl: proche delà telle,
625). Qui font ceux qui font
plus grand 243. ilaellétrou-
uc folidc fans ventricules en
quclquVn 257. Signifioit chez
les anciens l’orifice gauche du
ventricule 6i, Combien de
fois il bat en vne heure 609.
Pourquoy bat- il derechef
apres auoir elle efchaulFc au
feu. é25. Raifon de fa con-
ftridion Q^nd il fe rc-
pofe 6ij. Sa pointe 243.
Ctœillcttcs253. Bafeou telle.
Uid. Boette 25(1. Compref- '
fionque c’ell 571. Conftriélio
& dilatation 6a8. Q^lle eft
la dilatation des parties d’vn
cœur viuant. Ibid. Foflette
571. Parties 251. Subllance
pourquoy fi crpailTc 243.
Septum & fon vfage 259. Si
le Sang paircparcefcpi^ift,-
/W> Tempérament
Vailfeaux 245. Grands vaid
féaux 259- i6o. Vnion de ces
vailTcaux aux adultes gji.
fœtus 2<>. L’vfage249. Ven¬
tricules ou eauitez i57.Pour.
quoy le ventricule droit n’cft
pas li efpais que le gauche.
Ibid. Pourquoy il eft plus
grand que le gauche. Ibid,
Vfage du ventricule dtoift.
IbidN entriculc gauche,
Son vlage 258. Pourquoy les
poilTons ont vn feul ventri¬
cule. Ibid. Pourquoy l’ani¬
mal meurt le cœur cftât blef-
fé 242. Lafanguification nefe
fait pas au cœur 416X0 cœur
n’eft pas le principe des vei.
nés. Erreur duvqlgairc
qu’il foit au codé gauche
242. GrailTe à l’entour du
cœur 244. D'où vient. Ikid.
Pourquoy il n’y en a pas au
tour de la pointe 244. Qn a
trouué deux cœurs en quel-
qu’vn. 241
Coit 169. Trop frequée eft cau-
fedclâchauuctc 298, Et delà
diminution du ccrueau. 322.
s’il doit fortir toulîours du
Sang aux filles au premier
coit 201, D’où vient le grand
plaifir des fémes au coït 761
Col & fon hiiloiic 294. Pour-
Table des Matières.
quoy e(l oblông. lyu. Muf-
clcs j5)7. Scs parties & vfagcs
194. Nombres de fes verté¬
brés 5^1. Quels animaux
n’ont point de col. 194
Col de la matrice court &
long. ^ 189. 192
Colique, oùfe fentent fes dou¬
leurs 79. D’où vient l’cnroü-
eure apres la colique. 494
Colomncduncz 171. à la bou¬
che. 364
Colon & fon hiftoirc. 79
Colôbus, fes erreurs 21.4M99.
349,450. Allègue à |auxAri-
ftotcip. Fallopc 44. Repred
mal à propos Ariftote. 55<>
Conception.
Condylcs des doigts. ^05
Conque. 557
Coquille. 359 537.541
Cornes de la matrice 190. De
l’os delà mafehoire inferieu¬
re. 551
Corps humain, pourquoyileft
plus côfidcré pat les Anato-
miftes que ceiuy des autres
animaux 1. Sa diuifîon. z.9
Corps calleux au cerueau. 3 3 6
Corps nerueux de la verge. \6y
Coryze. ’ 547
Celles & leur hiftoirc 567. Car¬
tilages /^/d. Vfagc568.Pour-
quoy plufieurs. Ibid, Vrayes
& faufles que c’eft. Ibid.
Combien en auoit Adâ./^/d.
Codé, D'où font coulez le fang \
& l’eau pat le codé percé du
Sauucur du monde. 141
Codez. ai8
Cotyle que c’eft chez les an¬
ciens. 519. Cotylcs. Ibid.
Cotylédons. 186.211
Coucher, II faut fc coucher .fur
le code gauche quâd on veut
dormir, félon l’Autheur. 58
Coude 583. Ses mufcles. 400
Cane, fon hiftoire5i5. Sesdi-
uerfes figures. Ibid. & fui-
uant. Inlcriptions. Ibid. Pe^
tits trous & veines 517. Mi¬
lieu & fes veines. Ibid. L©
nombre de fes os en particu¬
lier 518. 533. Os triangulaires
336- Situation 533. Superficie
5z7.Subftance Ibid. Sutures
& leur vfage 533. Les deux
tables 527. Vfage 5^8. Pour,
quoy le crâne eft compofe de
plufieurs os. /é/d. lied quel¬
que sfois, mais rarement fans
futures. Ibid,
Crcmaftcrcs. 151
Cremonin, quel vfage il attri¬
bue aux tcfticulcs.
CtcdcduCoq. 547
le Crible bénit des anciens.134
Cuticule que e'eft 13. Son hi¬
ftoirc. Ibid. Sa vraye roaticro
14, Caufe efficiente. Ibid*
Couleur ly. Connexion &
nombre, /éid. V fagc./é/d.El-
le s’engendre en partie dans
U matrice, en partie dehors»
TM dn
fclon Topinion de l’Authcur
14. Pourquoy elle ne s’en
gendre pas toute dans la ma¬
trice. Ihid. Elle fe perd aife-
ment 13. Elle cft fans Sang
jyid- Pourquoy elle cft dure,
.& quclquesfois callcufc ij.
Pourquoy déliée, Pour¬
quoy denfe , non pas trop
pourtant, Ibid- Ceux qui
nailTent fans cuticule, ne vi-
vient pas fans douleur. Ibid.
Cyftis coiidoque. loS
i>
D Art os. 151* ^7 î
Deformité, d’où vient aux
vieilles. x6
Déglutition, GÔmentfc fait 193.
Sic’cft vne aéfciÔ naturelle ou
animale Ib- Pourquoy celle
des choies folides cft quel- |
quesfois plus aiCce que des
liquides. Ibid.
Dent de la vertèbre 5^1. Sa lu¬
xation caufe de i’efquinan-
ce. 5^3
îDcts&lcufhiftoirey5i. Com¬
ment different des autres.
Ibid. Q^lles dents, & en
quelles perfonnes foitcnt
^uftoft 533. Pourquoy ■ les
antetieurfs Portent pluftoft.
Ibid. Pourquoy, & quand
elles tombent aux ieunes
gens 354, Si apres leur
^atterési
chcütçil cnienaift desnou'
uelles hors de la matrice’
Ibid. Pourquoy leur grand
nôbreraôftrc lalongucut de
vie 55Î, Pourquoy elles font
fans perioftc 352. Les demi
tranchantes , & leur defeti-
piion Canines 558, Pour¬
quoy les Canines sôren petit
nombre./W, Les Molaires.
Ibid- Pourquoy lés fuperieu-
rcs ont plus de racine. Ibjd.
D’où viennent les maladies
& douleur des dents 35^.
Couleur 553. Connexion 3^(î:.
Dureté 532. Figure 533. Petite
membrane 55 Petits nerfs
537. Nombre 535. Sentiment
55i. Quelle partie km. Ibid*
Subftancc 354, 53^.Vaiireaux
53^. Artères & Veines. IbU.
Vfage J37. Les dents croif.
fcnttoufîours 5/5. S’engen¬
drent d^ns la matrice. Ibid-
Pourquoy quand les dents
vicnneot oa fe trouue
mal. J54
Diaphtagme, fafympathieauec
le cerueau 217. Son principe
& fa ^xxMid- Ses trous 230»
Comment fe fait fon mou-
uement 23o.Vaiflcaiix,vlage*
Ibid pourquoy la blcflurc du
Diaphragme caufe le ris./|^i^«
Diarthrofe., 517
Diaftolé que c’eft. 245;
Didyraes. >4*
les
Tahle des Matières,
ïes Diploes. 517
Dormir , fur quel cofté il vaut
mieux fe coucher, quand on
va dormir. 58
Dos ii8. Sesmufcles 358. Ver¬
tébrés. 563
Dos de la main 383* Du nez
3(}^ De la verge. 1^3
Douleur Nephritique 134. Des
femmes qui accouchent. 157
Du Laurens , fes erreurs 14. 38.
8i. i6i.ï^ 9.116. 305.
435. Son opinion, touchant
Ivlagc derefpaiflcur du Pé¬
ritoine. 45. La caufe félon
luy de la correfpondance
des tefticulesauecles parties
fuperieuresi53. Quelvfageil
adonnéauxproftates. 161
Duodénum. Voyez inteftin.
Dure mere. 304
Dyfenteries , pourquoy quel-
ues-vns font morts de la
yfenteriebilieufe. no
Dyfpnéeou difficulté de refpi-
rer, fes caufes. 66.16^
E
TjMonftoircs 7,
, Du cer.
XLueau.
160
Enarthrofe,
517
Enclume.
54Z
Engourdiflement
à la iambe
d’où vient aux nephriti-
ques. 1^7
Enroiieure , fa caulc apres la
colique. 494
Entonnoir &fonvfagc. 334
Entrel^aules. 573
Epatique, veine epatique. 44P
Epididymes , leur vfage. 154
Epigaftre. 11.57
Epiglotte. 287
Epiphyfe ’que c’eft, & où elle fc
trouue,&fon vfage. 510
Epiploon , fon hiftoire 50. Pour¬
quoy cft gras 23 . Comment eli
caufe de la hernie & de lafte-
rilitc 51. Aide la concoéiion
5<j. Il a efté trouué en quel-
qu’vn entièrement charnu. Ih,
Ses noms 50. Situation 51. Am¬
plitude, origine double Scftib-
ftance. Ibid. Figure , grandeur
53. Graiffe , glandes, plufîeurs
vaiffeaux , vfage 56. Maux
qui arriuent quand il eft cou¬
pe 57^ Gauité entre les mem¬
branes de l’Epiploon 51. Les
enfans n’ont pas l’Epiploon
fufpendu. Jbid.
Epiftre de lean WaUus du
mouucmentduSang. 5^1
Efcroüelles, leur fiege, vfage. 3^a
Efpinc du tibia. 581
Elpinc que c’eft jtJo. Appendi¬
ces, connexion 561. F igure56o.
Trous 5^1. Ligamens. Ibid.
Apophyfes 5<Ji. Vertebres./^.
Vertebres en particulier. 561
Efprits ne font pas parties du
corps. Z
Efprit de l’homme , toute forte
Fppp
Tahle des Matières
-3’airn’eft pas bon àl’efprit de
l’homme. ‘ ^ 275
lEfpnt animal où s’engcndce,
ueuuellé opinion de ÎAu-
thcuc 324. 328. Opinions des
autres réfutées. Ibid. & fuiv.
Oùfe préparé. Jbid.ConCet-
uerue.32C).Maticrè3z4.Mou-
uement. <^21
Efprit naturel où s’engendre
félon quelques- vus. 328
iEfquinance par la luxation de
la dent de la fécondé vertè¬
bre. ^62.
Efterniiement , Sefacaufe. 56^
Eftomaeh. 6i.iÿi
Eugion. I5>5
Excremens du Sang de trois
fortes. 12.6
Excremens des trois coc¬
hons. 13
pourquoy les Excremens Ibr.
tent quelquesfois parla par¬
tie honteufe des femmes. 86’
ics Excremens du cerucau font
en abondance 334. S’amaf-
fent aux ventricules du cer-
‘vueau 340. OÙ ils font iettez
dehors. 365
la noirceur des Excremens vient
delameiancholic. 125
.Expériences qui demonftrent le
mouucment du Sang. .601,
& fuiuant.
Expultricc, la faculté expukrice
des parties caues n’eft pas
XnfEfante pour çhalTer les
excremens. -
Extremitez9.Q^c’cft382 LeJ
hiftoire.
F
F AbiusPaciuSjfon erreur. 25
Face 1^6. 34(î. Poÿitquoy
celle deThomme eft fans poil.
Ibid. Son cercle, la pommet-
te- , 36«
Faim animale ou eft.
Falloppe,fes erreurs, no.iyo.
178.246.505.
Faux à la telle. 308
Femme, fielle eftvn monftre de
la nature , & fi elle eft engen¬
drée par accident. 150
la nature tend plus à la généra¬
tion des Femmes que des
malles. Ibid. Où elles s’en¬
gendrent, & de quelteftica-
le. Ibid.
Femmes Sodomties. 206
Femme , Parties de la femme
169. Partie honteufe externe
202. Pourquoy ellea lesfelTes
plus amples 175). Par quel,
chemin elle iette la femence
quand elle eft enceinte 177.
Pourquoy les bonnesodeurs
font nuifibles à certaines
femmes 1 88. Pourquoy il knr
croift quelquesfois
barbe. ^99
Fémur, fes mufclcs. 4^5
Fente, la grande fente de la feim-
Table des Matières.
me Î05. Pourquoy eft plus
ample. Ihid.
dcitx Fentes collaterales-. liid.
Fermentation des viandes au
ventricule 6^. Opinions di-
uerfes fur la caufe d’icel¬
le. /yid.
Ferneljfes erreurs 21. 47. Nie la
Connexion dçlt Rate. 114
FelTes 8-. Pourquoy giafles. 26
Fibres du ventricule à quelvfa-
gc. ' ^3
Focile, le grand focilc 574.581.
Le petit. 5 7 4' 5 8a
le Fœtus humain vuidc IVrine
par la verge 11 7 . Ses membra¬
nes. aop
Folius , fon opinion touchant la
matière de la graiffe. . ai
Fondtion. , a
Fourchette fuperieûre. 571.572
Fofle grande. aoj
Foffeducœur. 571
Foffes à l’entour des clauicu-
ies. 57 a
Foye delà matrice que c’eft. 211
Foyc, fonhiftoire ^6. Que c eft.
Pourquoy eft le principe
des veines. 4i8.Pour-
quoyileft granden l’homme
loj. Iln’eftpas diuifé cn^ l’hô*
meenlobesioo Ses douleurs
font obtufesi04.Ne le troa-
ue point du tout 96. Son
adion tft la fanguification
104. Couleur 10 a Connexion
& ligjimens loi, Diuifion
loo. Figure îoo'. Fiflure^ Jhid.
Lobes ou ailes aux beft;s 101.
Grandeur naturelle & contre
nature 10 1. Pourquoy les vei¬
nes mefaraïques font fes
mains 417. Membrane loi.
Nombre 96. Parenchyme,
loa. Situation en l’homme,
auxoifeaux, &c. 97. Hippo¬
crate & Ariftote n’ont pa»
ignoré fa fituatiô./^. Subfta-
ceioa. Subftance n’a point de
nerfs 104. Riôlan a remarqué
neâtmoins qu’il y en a entre-
deux Ih. Vaifîcaux loa. Vaif-
lèaux à la veftie du fiel. Ibid.
Anaftomofesdesvai (féaux. 105
Frein au gland delà verge. 1^7
petit Frein ou filet de la langue
377.Safeâ:ion. Ibid.
FnlTon, fa caufe. i*)
Front, pourquoy ainfi nommé
347. Pourquoy fe meut. Ibid.
Son hiftoire. Ibid, i'a peau &
fesmufeUs. Ibid.
G
G Aiien, fes erreurs. 31. lOfi;
170.181 379. Son opinion
des nerfs de la peau 1 6. Sa rei.
gledu principe du mufcle 31.
L’vfage de la graiffe félon
luy lé- La caufe de la fympa-
thie des tefticules auec les
parties fuperieures félon luy
15 4. Quel vfage \ 1 attribu'daui
PPPP
TahU des Matières.
'poulmon i7<î. A l’humeur façon monfti-ucufc.
cryftallinc ^55* Au petit cer- Glencs.
ueau 330. Vn palTagedeluy, Glottis.
touchant les Anaftomofcs des Gomphofc.
veines & des arteres pour le Gonorrhée , fon propre
palTagc du Sang 6oz. Expe- ge« igj
fience du battement des ar- Goner, fonos.
tercs. 631 Gouft, fon organe cftlafubftan-
Gargarcon. 374 • • ^79
Gaza, fon erreur en traduifant , Graiffè & Ion hinoirc 20. Que
Arillote. 2.0 c’eft. N’eft pas partie
Gemeaux, 148
Gencive que c’eft. 373
Génération de l’homme , fes
principes generaux félon l’o -
pinion commune 8. Les par¬
ties des femmes qui feruent à
la génération. 165)
Ginglythe. jiy
Glande. 6
Glandes, leur vfage. 7
Glande de pignon 340, Vfage.
Ibid, pituitaire 331. Vfa¬
ge- 334
Glandes des oreilles 3<jo.Sous la
mafehoire inferieure. Ib, Du
Larynx & leur vfage 18 8. Des
mammelles 222. Dumefentc-
re^r. Leur graiffe, vfage. Ib.
& 5518. Pourquoy Spigelius
nie cét vfage.
Glanduleux corps. Ibid* Corps
de l’Oefophage. 2^1
Gland de laverge 166. S a figure
Jbid> Subftancc, couucrturc ou
prepuce. Ibid. Frein 167. Et
percé en quclqucs-vns d’rne
corps, 2. 20. En quel lieu
elle eft en Phomme & aux be-
fkcs’.Ibid. Eft differente dufuif
Ibid. 244. Si on en trouue à
l’cnrour du cœur Ibid. Dan s ic
ventricule du cœur. Ibid. Elle
eft plus dure en quelques par.
tieszi. En plus grande abon¬
dance , &C pourquoy 23. Eft
plus froide que le Sang 22.
preuucs quelle cft^modcrc-
ment chaude. Ib, Commet fe
fait 22. Preuues que c’eft par
le moyê du froid 23. L’opinio
de ceux qui tiennent qu’elle
fe fait par la chaleur, eft refu-,
tée 24. Ne fe fait pas parla
denfité24. Ny par vne forme
particulière pinguifique 25.'
Se conuertit en aliment dans
la faim 26. En quelles parties
elle eft plus pure,bou'éufe&
plus fuiette à putrefaétion.
122. Caufe efficiente 22* Ma¬
tière 11. Forme 25. Glandes,'
vfage. Opinion ^nela
Table des i^atleres.
graifle eft froide , eft refutée
12. Quelles parties n’ont
point de gtailTe , & pour-
qüoy. io
H
Armonie. 518
Arvcius , par quels che¬
mins il veut que le chyle
foitportéà la Rate 11;; L’vfa-
ge de la matrice félon luy 187.
Des ventricles du cœufzjS.
Des valvules des veines. . 4Z5
Hémorrhagie, quelques caufes
des grandes hémorrhagies- 508
Hemorrhojdes que c’eft 4.37. fn-
ternes 115. Comment elles
different des externes. 438
Hernie, fa caufe, 47. y 7*
Herophilus, rvfage de l’clpaif
feur des artères félon luy. 4^1
Hierofme Reufnctus , fon opi¬
nion de l’vfage de la Ratte eft
examinée. it2
Hippocrate, quel vfage il attri¬
bué aux oreillettesdu cœur.i57
Hofmannus , quel vfage il don- j
ne aux tcflicules 152. Caufe
de leur fympathic auec les ^
parties fupcrieurcs félon luy
153. Quel vfageilactribuc aux
nerfs du diaphragme 130. A
l’humeur fti peticardcr 241
Hommes pourquoy font moins
trauaillez que les femmes des
vapeurs de la femciicc cor¬
rompue Peuuent auoir
dulaiél. 2I5
Van Horn a remarque de U bile
au pancréas. 53
Humérus , fa pointe que c’eft
575.Mufcles 387
Humeur aqueufe , fi c’eft vnc
partie animée, 354
Humeur dans l’Amnios, &fon
vfage zio. D’où vient 217.
Dans le péricarde i^S.Diucr-
fes opinions touchant fon
origine 259. Dans la cauité
du Thorax 24i.Bilicufe dans
les oreilles 362. Huileufc
dans les proftates , & fon vfa¬
ge. i6i
Humeurs des yeux. 3 K
les Humeurs ne font pas parties
du corps 2. Quel eft leur
mouuement contre natu¬
re. 6 ',7
Humeurs nuifibics, pourquoy
ne font pas fi dangereufes
paflansparlccœur. 649
Hymen, fon hiftoirc 193. Que
c'eft. Ilfid. Diuerfes opinions
198. S’il fe trouuc toufiours
199. Quelquesfois eft fans
trou. 200. Caïunculcs myr-
tiformes félon Pineau 204.
Sa connexion grandeur,
fubftancc , trou diuers nu
milicUjVailTeauXifiruation, fi¬
gure, vfage. 2G0. &fuiaant.
I-^pochondres. 11
Hypogaftre. Jhid.
Pppp nj
Table des Matteref,
I
IAmbc 40‘4' Poarquoy la
iambcdeuient engourdie à
caufe du calcul qui cft aux
reins. i^7
îles. ^ ï*
Ilion où 77. Peut tomber dâs la
bouife./A.Ony a remarqué
quelquefois trois appendi¬
ces. 75>
Iliaque P aflîon où. 77
infedes n’ont point de Ra¬
te. ; iif
Inteftin vnique trouuc en vn
certain grandmangeur. 71
Inteftin cæcum , fon hiftoire 79.
jPourquoy.ainfi nommé /é/V/-
Qü’cft- ce que le cæcum des
anciens, Ihid.
Inteftin colon, fon hiftoire 7«j.
• Ses petites appêdicesgraffes
:& leur vfage 81. Cellliles’&
Icurvfage. Ihid. Orconuolu-
tions obliquesyt), Ligamens
81. Situation diucrre,^ôccon-
tinuàtion 79. Valvule 8z. Sa
•véritable defeription. 85.
Vâifteaux. <85
Inteftin duodénum jfonhiftoi.
te, 7é
Inteftin ieiunum fon hiftoire
76» Pourquoy eft vuide./é/Vi.
Vfage de fa longueur inter¬
ne. Ihid,
làncftin Ikon,, fon kiftoire 77.
Sa longueur. Sa defcentc-
caufe la hernie. jy^
Inteftin Redum, fon hiftoire
85 . Sa connexion auec la ver,
geaux hommes, &aufli.auec
la matrice. Ibid, fin ou le fie,
ge Longueur, largeur, ôc
epaiffeur, Ibid, Vaiffeaux
Ibid.
Inteftins que c’eft 70. Pôurquoy
ainil nommez 71. Pourquoy
on en compte plufîcurs, puis
qu'il n y çn a qu vn feul. yj
Inteftins gros que ckft, & com¬
bien ils font 75. & fuiuant.
Leur fituation & vfage j6.
. Greflcs que c cft ,& combien
75. Si c’eft auec raifon qu on
nomme les grclles fupcricurs,
Ibid, pourquoy ils font fîtuez
à l’entour du nombril Ibid.
Leur vfage. Ihid.
Inteftins , où fe fait leur con,
ftridion,& quand 471, Con.;
nexion 71. Doù vient leur
croufte yz.Diuifion 73. Fibres
de toutes fortes ji, Circon-
uolutions à quel vfage 71.
Grandeur. Mucofiféyi.
Graifff./é/^/. Situation , Suh-
ftancc,7i. Tunique, vaifleapx
7i. Vfage. 7^
loiie 377. Mufcl^ desiaiies.
3^.
Iris dans l’œil. 2^5
Ifthmc, 37S-
Tdhle des Matières.
1
LAbyrinth^.
Lacrymal, poindl laay-
mal. 3
lades. 87.5,1.235
ladcs , les veines ladéesfont
auÜE appeliez Lades. 431
Laid, pourquoy il s’engendre
apresrenfantcmcnt2i3. Sa
caufe efficiente 214. Qui font
ceux qui en ont interdit i’v-
fage, &pourquoy?/^/W. Ilfc
peut engendrer aux vierges,
aux femmes qui ne font pas
enceintes , & mcfmc aux
hommes. Ibid. Il eft coulé
quelquefois par la matrice
213. Quelques boucs en ont
donné 215. La plus- part des
-hommes du nouucau mon¬
de en ont abondarhment. /^.
langue & fon hiftoirc377.En
quels animaux elle eft dou¬
ble, fendue en deux, en trois.
Ihid- Si c’eftvn mufcle 579.
D’où vient fa couleur iaune
6^, Son amertume. Ihid. Le
filet & fafedion 378. La li¬
gne blanche 379. Müfclcs,
vailîèaux. Os 37^,Vfa-
gc- 381
Larynx, fon hiftoire 281. Par¬
ties 282.Mufclcs. Carti-
lagcs 28^. Cauité entre les
cartilages 28;i.Glandes, vaif-
féaux, vfage. 2^8
Laureribergius, fituation des
tefticules félon luy. 149
Lèvres 3 69. Leurs mufctes,tu-
nique,vfage 3(3 8. D’où vict le
tremblement de lalcyre in¬
ferieure dans le vomifTe-
ment. 369
Levres de la vulve & leur hi-
ftoire 184. Pourquoy cer¬
taines femmes les re¬
muent. 184
Licetus, fon opinion de l’vfagc
du conduit du pancréas 95.
Et de l’vfage des rameaux
de la veine coronaire du
cœur. 24^
Lieux. 178
Ligament, fon hiftoirc en gene¬
ral 31. 523. Scs fignifications.
Ihid. Situation 524. Matière
& vfage 513. Origine & in-
fertion. Ihid- Rcflcmblancc
aucc l’os ôc le cartilage 513.
Subftancc. 524
Les ligamens font ptiuez de
fentiment & mouucment,
/W. Lcurdiuerfité. Ihid.
Le ligament ciliaire de rœil.354
Ligamens du Colon 82. Du
foyc loi. De la matrice i8j.
Faits des vaiffeaux VHibili.
eaux. X17
Ligne blanehc que c’eft. 55.
Pourquoy blanche. 38
Lobes dufoye lOi.Dc l’oreil-
Ic.
TMc des Matières.
Lombes li. Vertèbres. 5^3
Longanon. ‘ 85
Loliis Roy de Bohême & de
Hongrie nafquit fans cuticu¬
le. 15
M
MAchoire que c’eft 548.
Supérieure ôc inferieu¬
re. Ibid. Les os propres de la
mâchoire fupericure 549.
L’os de la mâchoire infe¬
rieure* & fon hiftoire 550.
Mufcles. 370
Main, fon hiftoire 2.83. Extrême
381. Aê^ion 385. Pourquoy
eftainfîcompofée. DL
uifion en fes parties 5 85. Muf¬
cles 401. Vfage. 383
Main droiête , pourquoy eft
plus agile que la gauche. 383
Malléole externe & interne.
581. Veine du malléole. 436
Mammaires veines. 29 446
Mammelles & leur hiftoire
220. Pourquoy elles fontlî-
tuées en l’homme à la poi-
(kzint.Ibid- Gomment celles
des hommes different de
celles des femmes zaï. Leur
fympathie auec la matrice
40. Diuifion, figure, gran¬
deur, nombre z2o^ Glandes
mammcllons 221. Vaiffeaux
îb. Tuyaux dans lefquclsfe
garde le laiêl, qiund il cft
parfaidii4.
Sang fort -quclquesfois des
mammelles 213. Pourquoyi[
arriue plufieurs maladies
quand les mammelles font
coupées 221. Ce qui arriue
quand on les manie.
Mammellons 221. Leur fenti-
ment exquis. Ibid. Couleur '
cercle 221. Trou, vfage. 222
Mâmillaires produétions 132
Marcher , comment on mar¬
che. 404
Marteau.
Malles, où ils s’engendrent, &
de quel tefticule.
Mafia , fon opinion touchant
l’ vfage de la connexion des
poulmons. 269
Mafticatoircs feruent aux ma¬
ladies des oreilles 363. Late-
ftenepeut eftre euacuée par
les mafticatoircs que le ven.
triculencle foit auflî. 374
Matrice & fon hiftoire 178.
Pourquoy fituée dans l’hy-
pogaftre 179. Si elle dénient
déliée aux femmes enceintes
182. Si elle fent les odeurs, Sc
pourquoy fc meut par les
chofes odoriférantes 188.
Champ de la nature 187*
Pourquoy Platon rappelle
animal. /&;W. Sa connexion
183. Corrcfpondance auec
le cerneau 186. Auec l’intc-
ftin redum 85. Auec la Rata
iSi.Diaû
Tahle des Matières.
185. Diuifion 188. Figure 185.
Ligamens. Ibid- Grandeur
175). Membranes 184. Mou-
uement 187. Placéca ou foye
iii.Et fon vfage. Ibid. Cheu-
te,&c. 184, Ridicule com-
paraifon auec la verge 170.
Subrtance 184. Anaftomofes
des vaiiTeaux i8<>. Veines
droites pourquoy font ioin-
tes auec les veines gauches
185. Col court iS^.Sacauité.
Ibid. Cornes, fonds, diuifion
du fonds. Ibid. La partie am¬
ple au fonds eft la matrice.
Jbid.Ses parties & vfage 190.
Orifice interne. Ibid. S’il fe
ferme exadement apres la
conception 131. 191. Quand
s’ouure. Ibid. Vfage de cet
orifice. Ibid. Col grand. Ib
Situation , figure , grandeur,
fubftance, rides du grand col
193. Vfage 194. La matrice de
de la femme n’a aucunes ca-
uitez 189. Pourquoy on luy
attribue des cornes comme
aui^bcftesi9o-La vertu con-
formatricc n’eft pas en la ma¬
trice. 187
Matthias Ortelius fut trouué
fans Rate. lU
Méat Cholidoque77.iio. Vne
partie d’iceluy s’infere quel'
quesfois au fonds du ventri¬
cule ni Son canal commun
Uo.Galienl’aiecqgneu, 105
' Médiane veine. 4^0
Mediaftin fon hiftoire 231.D0U-
blurc 152. VaiiTeaux 23’. Vfa¬
ge- 236
Melancholie, oùeftleplus fou-
uent fon fîege. 138
•Mclancholiques font grands
cracheurs 115. Comment guc-
rilTcnt. Ibid.
Membrane en general & fon
hiftoire 16. c’eft propre¬
ment 27. Eft l’organe de l’at¬
touchement Ibid.Ses efpeces.
Ibid. Eft differente delà tuni¬
que & de la méningé. Ibid.
Ses noms. Ibid. Caufe effi¬
ciente, forme & tMticte.Ibid.
Fin ou vfage 27. Neceflitédes
membranes. Ibid.
Membraneufe chair. 7
Membrane charnue & fon hi¬
ftoire z^.Pourquoy ainfi nô-
méeaS.En quel lieu eft pla¬
cée aux animaux. Ibid. Elle
femble vn mufcle- Ibid. Elle
eft compoféc de quatre mem¬
branes diftindes. Ibid. Celle
des paupières eft plus déliée
348. Ses noms 28. Mouue-
ment,couleur,diu«rfcaux en-
fans nouuellemcnt nez , &
aux adultes. Connexion
28. Origine 29. Situation
& vfage. Ib.
Membrane des mufcics. Ibid.
Son origine , connexion &
vfage. Ibid.
Qjiqq
Tdle des Maneres.
Membrancsdu fœtus 109 Quad
fc forment. Ibid Si la feule
chaleur de la matrice en eft la
caufe efficiente. Ibid. Opi¬
nions diuerfes de leur matière
110. Nombre. Ibid-
Membranes dedans & dehors
le crâne. 504
Membre c’eftque viril i^a. De
la femme.
Méningé que c'eft proprement
i7. Vfage des méningés du
cerucau J05. Q^e c’eft que la
udure-meninge. Ibid- Sa dou¬
blure 308. Sinus. Ibid. Nou-
uelles obferuations des fînus
309. Vfage des finus. 511
Méningé déliée. 311?
Menftrücs par quelles voyes fe
vuidentiyr. Aux femmes en¬
ceintes i86. iPourquoy cou¬
lent quelquesfois par les
mammelles , comment s’a-
maflenc à l’entour de la ma¬
trice ^49. Et vont de la matti-
triccàlatcfte. Ibid.
Menton. 368
Mercatus , fon opinion de la
correfpondanccdes tefticules
auec les parties fuperieu-
res.
Melarœon 87. Ses parties. Ibid.
Grandeur & longueur 90.
Vaifleaux 91. Glandes, graille
Pourquoy il y a de plus
grofles glandes vers le centre
Jh.Se$ feirrhes rendet tout le
corps maigre.
Mefentcre , fon hiftoire 87.'
Trois pactics90. Figure 87.
Grandeur, origine 90. Vaif-
feaux 91. Glandes , gtailTe
vfage de kgraifle desgUn!
des Ibid. Des membrancs3c
de tout Le mefcnterc.
Mefocolon.
Métacarpe. 38j
Metatarfc. 40^
Miâioninuolontaire 86.
MiraK que c’eft. U
Moêllc du ccrueau que c’eft
.317. Eft principe & origine
du cerucau , félon l’Au-
theur. 315
Mocllcproîongce,(on principe
au cerucau 310 316. SadiuU
fion en parties & accidents.
Ibid. Trois ligamens 317. Le
ventricule noble & fon cou-
ucrcle. Ibid. Vfage de la
moelle prolongée & fpina-
Ic. 319
Moelle des os. 514
Molaires dents. 558
M-onticulcs de Venus. 108
Mouuement du Sang , dans la
lettre dcVValsus59i. Voyez
Sang.
Mufculcufc chair. 6
Mufcle n’eft pasvnc partie iî-
milairc <>. Que c’eft i^. Meut
vers le principe 31. Ses nos,
figure XJ. Parties 30. Et leur
vfage 34. A<^‘oo
Tatle des
ment JJ, Pourquoy leur
mcuuemcnt cft volontaire.
Jh, Son principe eftou en¬
tre le nerf ji. Quelle eftfate-
ftc. Ibid Preuucs quela tefte
eft fenfiblc& mobile. 31. Le
milieu ou le ventre. Ihid-
Que c’eft que la fin ou la
quenë. Ibid- La queue eft
quclquesfois plus cfpaiflc
que la tefte , & quclquesfois
^oüjbid. Et plus dure qu’ci-
le. 33
quels Mufclcs ont destendôs
vms&apparcns. 34
Mufcles de l’Abdomen &leur
hiftoirc. /li/ii/.Pourquoy font
pluficurs 44.Leur aâion./^.
AbuSjvfage. Ibid.tem nom¬
bre grand, pcnt&moyen.35
M U fcle oblique defcendantde
l’Abdomen 55. Sa fin & nerfs
35. Scs trous 38. Son vérita¬
ble principe, ibid. Preuues
39. Faux principe félon les
autres 38. Vfage. 3,5)
Mufclc oblique afeendant 3p.
Son principe, fin & double
tendon. ibid.
Mufclcs droits 35;. Leur princi¬
pe ibid. interfedions. ibid.
Veines, artères & nci(s. ibid.
Vfage 41. Preuues qu’ils font
, pluficurs. 40
Mufclcs pyramidaux 41. Preu-
ucs que ce font des mufcles j
paruçuliers. ibid. Leur ori-
Matieres,
gine, infettion, vfage, Ubid.
Mufcles tranfuerfes 44. Leur
origine, infertion & vfage.
Mufcles intcrcoftaux &leurhi-
ftoireaié. Nombre, origine,
fibres qui s’cnrrecoupcnr,
vfage. ibid.
Mufclcs relcueurs du fiege &
leur vfage, 87
Mufcles des oreilIcS359.3^3 Des
iouës3é8. De la tefte 35)6.011
carpe &des doigts 405. Du
col 35)7. Ducoude&durayô
400. Du dos 398. Dclacuif-
fc 40;. Del’os hyoidc 378. Du
bras 387. [ Ceux-cy font le
pedoral 387. Le dcltoidc 388.
L’anifcalptor. ibid. Le petit
rond 38p. Le furcfpincux ÔC
fous-cfpineux. ibid. Le fous
fcapu]airctroiié3^i ] Dcs lc-
vres^éS. 3^9. Du larynx i8l.
De la langue 37P Lcmaffctcr
37Z. De la mafehoire infe¬
rieure 37 O. Des narines 355.
Dcsyeux34p. De l’ocCopha-
gci92.& fuiuant. Des pieds
408. Des doigts des pieds
40p. De la verge 168. De l’cf-
paulc3p3.Tcporal 371. Pour¬
quoy la bleflëure du tempo¬
ral eft dangereufe. Com¬
ment il le faut incifer. ibid.
Scsdcffenccs. ibid. Des tefti-
culcsi5i. Du tibia 407. Du
thorax ou de la tcfpiratiô.3 94
Mycinx. 36i.
Qjqqij
Myftax.
Taille deS(Jlfatiem>
358
NArincs 365. Leur paroy
entre-moyenne ihid. D'où
vient leur fympathie auec
l'abdomen. 40
Nates oufefTesau cerueau. ^'ÿ
Nephtitique, ponrquoy l’abon¬
dance des ventofitez & des
exciemens rend la nephriti- |
que plus douloureufe. U9
Nephritique douleur. 154
Nephritiques , pourquoy le vo-
mifTemcntleur furuient. ihid.
495. Pourquoy ils fentent
quelque engourdiflement à la
iambe. uy
Nerf queccft477. N’cft partie
fimilairey. Eli inféré au muf-
cle 51. N’entre point dans le
tendon. 33. Sans pair 480,511,
Auditoire 364. BleiTeure du
aerf en la faingnée mortel¬
le. 4io
Nerfs & leur hiftoirc 477. Di-
uerfes opinions de leur origi¬
ne 478. & fuiv. Pourquoy
les vns font durs & les autres
mois 481. Pourquoy font
fans cauité 480. Q^ls font
grands. 475J
Nerfs du col 479. Du cœur fé¬
lon Ariftoteiôo. Cruraux 511.
Du dos 501. Des lombes.
De toute la main 495). Si les
moteurs different des fenfi-
tifs 479. Lc.s moteurs del’ücii
351. 484* Erreur des autres
touchant leur origine.ié/V.Lcs*
optiques de l’œil 35t. 48,.
Pourquoy grands47c,. Si 1^
optiques font creux 480. La
vraye caufe de leur vnion.485.
Erreur des autres , touchant
leur origine, ihid, S’d y a des
nerfs odoratoircs 481. De
tout le pied JH. Rccurcés45)i.
De la moelle efpinicre 498.
Du thorax. jol
principe de tons les Nerfs. 3^0.
319.477 .Ilcftncceirairequ’vn
Médecin fçaehe leurs origi¬
nes & réparations 480. Triple
fubftance 481. Paires oucon-
iugaifons 479. & fuiv. Nou.
ucllc opinion de rAutheur,de
leur nombre. Vfage478.
Paire auditoire 490. Odora-
toirc 484. Dix paires ont leur
origine dans le crâne, ihid. Sc
fuiv. Trente paires hors du
crâne. 497
Nezjhiftoiredu Nez 364. Diiii-
lion , dos , cfpine , fublUnce,
mufcles. thid. & fuiv. Cartila¬
ges, vaiffeaux , tunique 365,!
Vfage du nez externe, ihid.
Prcuucs qu’il fett à l’orne¬
ment. 3<^7
Nombril que c’eft.
Nopccs,en quel temps nedôi-
I uent efttc célébrées. "^9$
I Nymphe. '
Table dt
O
OCciputquce’ed. 195
Odorat comment cft of-
fencé547. Sonorgane. 485
Oeil eft qivelqiicsfois offencé
quand le mufclc temporal cft
bleffc 484. Son orbite pour-
quoy grafïc 2<>.Pourquoy l’vn
fuit le moüuement de l’autre
484. Voyez Yeux.
Oeillère veine. 450
OeilIercs dents. 558
Oefophage j fon hiftoire 19.
Adion 193-. Corps glandu¬
leux 291. Mufcles , tuniques.
ihid- V aiffeaux 291. V fage 195 .
Aux maladies de l’Oelophage
ilfaut appliquer les topiques
au dos. 191
Olbafias, fon opinion dcrvfa-
ge des reins. 135
Omoplate 573. Dos. ihid- Apo
fhyCcs.ihtd. Mufcles 393. Epi-
phyfes Vfage. ihid
Ongles font parties de commo¬
dité 4. Si elles font nourries
de bon aliment 297. Leur hi-
ftoirc 385. Caufes. ibid. Cou-
leur & les fîgnes que les Mé¬
decins prennent d’elle 386.
Ligamens , fentitnent. ibid-
Vfage. ibid-
Ophthalmie, foif*fîege. 351
Oreilles , leur air n’cft pas partie
fimilaire 7. Leur hiftoire. 358
Matières.'
Oreilles externes ou oreillettes
358. Poutquoy elles font mo¬
biles en peu de perfonnes 339.
Leurs parties, peau, vaiffeaux.
Ibid- Vfage 361. Cartilage
560. Glandes. Ibid. Mufcles.
359. L vfage de ces muf-
des. 3<jo
Oreille interne 3^1. Ses parties.
Sacloftutc membraneufe.
Ibid- Son conduit au palais.
363. Tambour ■'^61. Valvule
363. Pourquoy les maftica-
toires lcruent aux maladies
des oreilles Ibid. Pourquoy fc
faitvnc petite toux en curant
les oreilles trop profondé¬
ment. 490
Oreille inferieure 338. Pour¬
quoy fon lobe eft aifé à per¬
cer.
Oreillettes du cœur, pourquoy
ainfî nommées 251. Leur hi¬
ftoire. Ibid. Mouucment 253.
Comment la droide verfe le
Sang dans le ventricule droit
du cœur. (J24
Organe , ce qu’il faut confîdcrer
en chaque organe. 13
Organiques parties. 8
Oribafe, fon obferuationdcl’v-
fagedclapeau. 18
Orifice du ventricule De k
matrice. 190
0$ que c’eft. 519
Os du bras 574. Du carpe 573.
Du coccyx 5<j4. Ilfcpeutrc-
‘‘j
Table des Màtierth
lafcher5(>;. Coronal5Jj pela
hanche ou innotniné 5^5. Du
coude 574. Cuboide 3 85. Cu¬
néiforme ou fphcnoidc 543.
Enfî forme 570. Delà cuilTc
47p . Du péroné 58 1. Du front
ou de la pouppe 533. Desek'
uicules 571. Hyoidc ou de la
langue 375. Ses mufcles ôc vfa-
llion ^65. Son efpine,
cofte d os. Ibid. Pourquoyl’i-
lion cft plus ample aux fem¬
mes. Ibid- Ifchion ou de la
hanche ^66. Duzygoma 537.
De la petite main 57 g. De la
mafehoire fupericurc 545). De
l’inférieure yjo. Du métacar¬
pe 578. Dumctatarf«54tf. De
IarotuIe58o. Scaphoidc 583 dc
l’occiput 4 75. Triangulaire dc
l’occiput aux chiens 536. Delà
poiétrine ou le fternon 570
Du rayon 575. Sacrum & fes
parties 3<>4. Leur nombre fé¬
lon Galien. Ibid- De l’omo¬
plate 573. Scutiforme 580.
Sphenoidc 343. Spongieux ou
cribreux 547. Styloidc 537.
Du tibia. 581
Osjfon apophyfeou produdion
519. Epiphyfe ou appendice
J ao. Sourcils & Icvres. Ibid
Osôeleurhiftoirc5X3 Pourquoy
plufieurs en l’animal 515. Ne
Tentent Grands & petits,
515. Quels ferciiniflent, mieux
cftans xompus. ;
O s du col Des codes
Du crâne 518. En particulier
533. Triangulaires du cra,
ne 530. Des doigts 4 -8
doigts du pied 586. Verté¬
brés du dos 503.De la main
574. Propres delà mâchoire
lupetieurc 549. Dcl’occiput
ou de la mémoire 535. £)e.
tout le pied 579 Dcl’cxtté.
me pied 58t. Pubis fe Uf,
chent en Pcnfantcmét,qucl.
quesfois non.5(j(;. A quel
vfage leurs grands trous
Sefamoidcs48^. Leur vfage
588.Dufynciputoudufom-
metdclateftc535. Dcrcfpi.
ne 559. Du tarfe 581. Des
temples ou petreux.
Os, leurs eauitez;5i5>, Conne¬
xion ou coarticulation & fes
elpcces 517. Matière 514. Si
lamcélle eft lour aliment ou
excremenr. Ibid. No'mbfc
^i j. Pcriofte 51^. il lent, non
pas les os./^id-RclTcmblance
auec lesr cartilages 5c liga-
mens 513, Vfage. 515
Os pierreux leurs cauitez 537
Qffcllets de l’oüic /41. Leurs-
inuenreurs. Ibid. Connexion
541. Vfage. 543
Ofteologic, pourquoyon l’ex¬
plique la dernière. yrj
Oüic, comment fcfâiC543.C6i
ment clic deuient plus cx-
quife 36U Son moyen 365-
l^ahle des <Jldatleres.
Organe externe }^i. Interne I à la Rate. ni
l6i> Olîellcts 541. Caufe de 1 Parifthmia- î3S
l’oiiie dure 3^1. Nerf de
l’oiiie. 3^4. 45)0
Ouraque & Ton hiftoire 216»
N’cif pas percé en l’homme,
& neforx pas hors du nom- ;
bril. Jkid,
P
PA-cius. quel vfage il attribue
àla matrice. 187
Palais que e’cft 373. Sa tuni¬
que. -ibUl.
Palais, d’où vient fa fympathie
âucc le ventricule. Ibid.
Pancréas jé.Son hiftoire 91. Si¬
tuation , origine. /bid. Vfage
>55. Defeription de fon con-
duicpz.&fuiv. Vfage, 93
Panniculecharnu, voyez mem¬
brane charnue.
P aracelfe, fon erreur, 141
Paralyfîe. 253
Paraftates 154. Sont founent
plcinsde Icmcnceijp. Leur
connexion , figure 154. Ori¬
gine 135. Situation 134. Sub-
ftancc& vfage. i6f
Parenchyme que c’cll 7. Du
foyeioi-Son vfage 104.Dc la
Rate,H4. Des Reins 135. Du
pancréas 91. Du cœur 243.
)De3tcfticulesijZ. De la ma-
tticc.
Par ifanus, quel vfa^c il attribue
Parotides, ^o
Paroxyfmcs des fièvres po3r-
quoy ne rcuiennent pluu-
toft. éi8
Parte^quec’eftdans vne figni-
fication vafie & propre 2<
Quelle partie du corps eft
engendrée la première 3.
Quelle eft la première ache-
uée. /bid.
Partie fanguinc que c’eft 8.
i Spermatique. Ibid-
Partie, fon adioo 2. Vfage
Accidens ncceffaircs. Ibid.
I Tempérament, ôtles chofes
qui l'accompagnent. Ibid,
Parties de commodité 4. Diffi-
milaircs ou organiques 8.
Qm feruent à la génération
12. A la nutrition. Ibid. Scr-
uantes 5. Des femmes 1^9.
De neceftlté 4. En chaque
organe 8. D’ornement 4.
Principales. Ibid. Similaires
5. Le nombre des fimilaires
7. Similaires parfaitement,
& au Cens. /^.Diuerfesopi.
nions de leur nombre, 4.5.
Diuifion des parties du corps
4, Principes. 5
Partie honteufe externe de la
femme 202. Que c’eft pro¬
prement. 108
Paulme de U main 3S3. 578>
j Pourquoy graffe.
Table des Matières.
paupières des yeux 348. Muf-
cles des paupières. lbid> 1
Peau, fonhiftoirc 1(5. Que c’eft.
Jbil Commet elle peut cftre '
nommée membrane. Ibid-
G'cft vne'partic mcfléeS.iy.
Pourquoy eftant blefrée,ne
fc confolide-elle pasverica-
blement./^/f/. Pourquoy clic
cft temperce,/M* Pourquoy
fe fepare-elle difficilement
en certainsendroits 19 .pour¬
quoy elle eft le lieu où s’en¬
gendre le poil 297.Pourqu»y
celle de tous les enfants eft
rouge au commencement
14. Où elle eft mobile 19.
Pottfquoy celle de la tefte eft
rbobile en quelques, vns 19.
347. Son adion particulière
3. Publique 17. Couleur di-
uerfe. Caufe efficiente.
Ibid. Efpaiflcur, figure, trous,
molleffc, connexion 18 19. Sa
véritable matière, félon l’o-
piniô dePAutheur 17. Fauf-
fe, félon l’opinion des autres,
qui eft réfutée 1(5. Ses pores
& leur vfages 18. VailTeaux
i9.Vfagei,8.Lapeaun’eft pas
vne membrane 16. Galien
n’a pas voulu quelle fut
compoféc de chait& de nerf.
Ibid. Quelques vns peuucnt
remuer la peau, ctymme les
belles de voiéture Corn-
mc:nt vn Roy de Petfe Veft
peu fcruirdc la peau au lieu
dcchaffis.
Pediumoutarfe,
Pcnil. JJ
Pénis au ccrueau.
Péricarde fon hiftoire 236, Si.
tuation , trous. IbU. Vfage
238. Ne s’eft trouué en vu
certain 23<>. Si l’humeur fc.
reufe fc trouue en tous les
péricardes 138. Pourquoy eft
plus abondante aux morts.
Ibid- Opinions diuerfes de
I fon origine 135,. Vfage. 241
Pcricranc que c’eft 304. Son
originc./^i^/. Vfage. 371
Periofte 304. 516. A le fenti-
ment exquis
Péritoine & fon hiftoire 4;.
Pourquoy ainfi nommé. Ih.
Pourquoy cft plus efpaisaux
femmes. Ibid. A fentiment
j-o.Eftmercdes tuniques au
ventre inferieur. Ibid. Affe-
élions46. Connexion, dou¬
blure , figurc.//(/(3l.Trous 47.
Grandeur 46. Origine. Ibid-
Produtftion 47. Subftance
45. Superficie 46. VailTeaux,
Vfage.
47
Phalanges.
579
Pharynx.
575
Philtre,
3é8
Phrenes.
II
Phthifie,vnecaufede la Phthi-
fie, & de la mort fbudai-
nc. z73
Phyficicn,
Tahle àes Matiem
phyfîcien pcrfonnc ne peut
eftre bon Phyficien fans la
cognoiflancc de l'Anato¬
mie. I
Phyfiognomiftes , quel vfage
. attribuent à la peau. i8
Picolomini, fon erreur 6,13.83.
136 170. L’vfagc des rameaux
de la veine gaftrique félon
.luy, 68
Pied que c’eft , & fon hiftoirc
. 404. Sadluifion. /^/V. Muf-
cles. 403.408
Pie.merc. 316
Picrôcholcs par haut 68. 111. Par
bas. Jhid.
Pifo , vfage de la Rate félon
luy. iii
JPlacenta de la matrice que c’eft,
& d’où prend fon origine 211.
aiz.Anaftomofc au placenta
charnu. 216
Platon, vfage du Poulmon , fé¬
lon luy, . 276
Plcmpius , pour quel vfage il
veut quel’artere aorte Ce ca¬
che fous la veine cave dans
Tabdoracn. 460
Pîeure,fon hiftoire 2ji' Origine
Efpaifrcur aux fains &
plcuritiqucs, trous, vailTeaux,
vfage. 23 a
Plcurcfie , lieu de la matière
pleurctique 231. Comment
les pleuretiqufs fcpeuucnt
vuiderpar les vrines 443. Il
ne faut pas toufiour$ ouurir
la veine du cofté droit , en la
plcurefic/^.Pourquoy il cft bô
d’ouurir la veine du jarret.
plexus ou trelTc Choroïde ou
réticulaire au ccrucau, & fon
vfage. 540
la Plume à efetire à U moelle du
ccrueau. 32y
Poitrine. 218
Poignet que c’eft. 38:3
Poils, & leur hiftoirc 296; En
que^animaux, En quel
lieu viennent, & s’ils fenour-
riflent de bon aliment 2^7.
Leur caufeefficiente 298. Ma¬
tière 297. Diuifîon 299. Fi¬
gure 301. La caufe de leur
couleur diuerfe 502. Pour-
quoy les animaux à efcaillc,
n’ont point du poil. 297
Poilsdclatcftc, pourquoyplus
longs & plus grolîiers , 300.
Pourquoy groffiers, déliez,
durs, mois , 301. Q^el-
qu’vn auoit les cheueux lî cf-
pais <3u’il fe moqupit d’viï
coupdcmoufquct.
Poils du penil de la femme. 20 j
Poils fous les ailTelles , ôc leur
vfage. 219
Poindlachrymal. 349
PoilTons, il ne faut pas négliger
d’en faire l’Anatomie. 325
Pomme d’Adam. 286
Porcs de la peau à quel vfage 18.
ont des racines de poil. 297
Poulmon > fon hiftoirc x68.
' Rrrr
T ahle des M aller es.
Pourquoy «diuifé. ihid. A plus
de Sang que les autres parties
271. Sc nourrit d’vnc façon
particulière, thid. Sa couleur,
contiCKioa x6<). Figure 168.
Subftancc Lobes 16%.
VaiÂeaux tyt. Adion 27 i.
Mouuement par le moyen
du Thorax 173. Ceux qui niée
cela, font réfutez 275. Vfage
176. Sifflet ^77* Vn carçon
d’Arafterdam auoit^'âu lieu
de poulmon, vne petite veflîe
remplie de vent. ibid.
Pourquoy les poiffbns n ont
point de poulmon. %y6
pourquoy les vlceres des poul-
mons ne caiifent point de
douleur. 171
Pouls que c’eft 249. D’où vient
45p. Diuerfes opinions du
pouls z jo. & fuiv. Où on le
tafte. 4<>7 1
Pourriture à quelle graifleéc à
quclfangcôuicntplutoft. iii
Prepuce, * 1^6
Preffoir. 309
principe de radication ou d’ori¬
gine 5. De dirpenfattion & de
diftribution. ibid,
Proftates que c’eft 16 1. Pour,
quoyont vne membrane de-
fe^ ibid> S’ils contiennent la
fcmencc. ibid. Si elles fer-
uentd la génération de lafc-
mcncc i(5i. Leur fiiujtion
ÿSi. Figure , gtaodcuc, (ùb-
ftancc.vf.g..
Prunelle. .
Pulfation, d’où vient aux ma¬
ladies de telle vers Icstcm.
Pylore du ventricule.
Pyramidaux raufcles. Voyez
mufcles.
aVarte, ceux qui ont la fie-’
vrc quarte, fuent&piC,
lent abondamment.
Qucué en vn garçô Danois 5^4
R A
quoycft rouge au fœtus
114. Pourquoy eft grande en
l’homme 115. Pourquoy Tra-
jan U compare au fife, ibid.
On ne peut la toucher ni. Si
onia peut arracher ducorp«
115. Pourquoy onrappellcle
fiege du Ris 124. Elle eft vn
autre organe de la fanguifica*
tion 119, Sonaélioniiy. Ana.
ftomofes. ibid. Couleur 114.
Connexion. Figure 114.
Grandeur uj. Nombre iir.
Situation, ibid. Subftance.
114. Tunique. Scsvfagcs
diuers de diffcrcns Auth^tits
font tous réfutez izz* 113*
Obreruatiôdc ieanVYal#»»?
Table des Matières,
■ touchant Ton vfage. 125
le Pancréas fait la fonction de
la Rate, lors qu’elle eft mal
affectée 5)6. Pourquoyfon ac-
crOiirementeftnuifiblc. 113
Authoritez & exemples que la
Rate manque en quelques-
vns, mais fort rarement *112.
Preuues quelle ne reçoitpas
l’excrement melancholique
Ï18.115). Preuues qu’elle fait
du Sang comme le foyc 120.
Pour quel vfageclle fait du
Sangfelon l’Autheur. 12 M22
Rayon J75. Scs mufcles. 401
Régions au corps. 5). ii
Rein, fa ftrudurc en vn chié.134
Reins, leur hiftoirc ii6. Pour-
quoy ont de la graifle ly
Pourquoy ainfî nommez 126.
Pourquoy deux. il;id. Suc-
centuriez 136. Quel le plus
haut en l’homme & aux be¬
ttes u8. Leur connexion, cou- I
^ leur, grandeur, fupcrficie,mé-
brane, ihid. VaifTeaux 132.
Graiffe 129. Veines & artères
adipeufes . 133. Nerf, ihid-
Subftance 129. Ventres ou
czmxcz.ibid, Carunculesmâ-
millaircs 132. Cribrumbcnc-
didum des anciens 134. Vfa-
gc. ihid. Opinions diuerfes
de ce crible. Sonder les
reinsqucc’cft. 129
Reptiles ,'p«?urquoy râpent. 5iy
Rets admirable 331,56 vfage./^.
Rhafis , comment racfurc la
grandeur du foye. loi
Rides au col de la matrice. 15)3
Riolan, quel vfage il attribué'
aux mufcles droits de l’abdo¬
men 41. Aux appendices de
I riIeonSa.Enfcignel’vfagedu
j pancréas par vn exemple. ^6
RisSardonicn,facaufe. 250
Roftoch , l’Anatomifte de Ro.
ftoch de rvfage des capfules
atrabiliaires 138. Eft re.
pris- 304 328
Rotateurs. 580
Rotule.
S
C Ages. femmes , leur conie-
O dure par les nœuds de la
veine vmbilicalc 113. Couftu-
mc pernicieufe. 377
Saliuci88. Qm font ceux qui en
ont beaucoup. 125
Saluatclle & fa feâion. 449.451
Sang, d’où vient le Sang qui eft
tiré entre-deux ligatures 643 .
De quelles veines il eft tiré
plusaifcment é44.Commcnt
il defeend contre nature des
plus grandes veines aux plus
petites 60 6. Il ne fort pas du
coeur, àcaufe delà rarefaéliô
é23.Sicftant icttéde la Rate,
il fert à l’appctit & à la con-
coâion 67. A trois fortes
d’exetemens 116. Qm s ’eft
Rrrr ij
Table des
imaginé fonmou'ucméc éio. i
Qui rarrouué& prouuc(îi4. ]
Quel il comment fc fait
591. Au fœtus (5i6. Qufl 617.
Eft eirculaite6io. Par toutes
lcsartcres & veines du corps
(»i4. Des artctes dans les vei¬
nes par les anaftomofcs 617.
631. Et cela par l’impulfion
ànccsim.ihid. Caufc de ceftc
irapulfion 614- Par l’attra
£lion desvcines6îi.Du ven¬
tricule & de l’oreillette du
.cœur 614. Pour l’vfage des
parties ^33. Les argumcns
contre ce mouucment Ibnt
réfutez 641. Scfuiv. Commet
fe fait ce mouucment dans la
xhair Gi-j .6^é.Qsi\xk du mou-
-uemcnt du Sangé2i. Qwn-
tité du Sang,qui fort du cœur
à chaque pouls 60^. Diffé¬
rence du Sang afterieux ôc
veineux 5^3. ^01. <?48. Cau-
fes de cette différence,
.SaraguiEcâtion comment fefait
J04. So lieu, matière, Sc cau-
, fe efSeiente 105. Ne fe fait au
cœur 41^. Ny aux teins. 135
Sanguines parties- S
.Scan|ications par quelles veines
atticentles humeurs. 25
. Scheinerus , fon opinion tou¬
chant Pvfage de l’iiumeur
ctyftalline & de la tunique rc-
tine. jjj
S glandes du nicfen-
Mdtieres'.
tere.
Scrotum que c’eft I50. Pour.
quoy n’a point de gra'lpe.j'^/j^
Semence , ce qu’elle fait aux
parties 153. Où la femencede
la femme eftrefpandue dans
le coït 178. Par quel chemin
ks femmes enceintes iettctijt
lafcmencc 177. Ceux qui at-
tribuent la préparation de la
fcmence aux reins, font réfu¬
tez. 135. Où bc comment elle
fefait I5Z. Leiieu où elle eft
rcferuce pour le coït igo.
Pourquoy les hommes n.c
font pas fi. cruellement tra-
uaillcz des noires vapeurs
que les femmes.
Sennertus , quel vfage il attri¬
bue aux Reins.
Sens, quels font les organes du
fentiment. ig
Septum ou paroy des oreilles
' 36i.Des narines 3^0. 550. Au
coeur 25CJ. Celuy cy n’a point
de trous ô'oo. On y a trouué
vnfinus (joi.Tranfuersû.iiy
Serofité, pourquoy entretpus
les excremens eftleplusabô-
dât 127. Les RatcleuX& mcla-
choliqucs ont beaucoup de
ferofitez 124. Vfage de lafe.
rofité du Sang 105. Elle fe fe-
pare du Sang aux feins, ihid.
Sefamoides OS- 586
Seuerinus , l’ vfage de l’inrcrtion
duiueac cholidoqueau veo^
T'allé des t^atieres^
tricule, félon luy 6^. Veines rcsijS. Son obfernation au
(Pacaccidct) phrcniqucs.444 * foye 100, Erreur refutée. 133.
Sexes , quand fe fait leur chan- 328.
gement apparent. 14^ Squelete & fa diuifion félon
Siégé ou fondement, fonhiftoi- l’Autheur. 51^
rc 8(î. Ses mufcles releueurs Stérilité, fescaufes. 189. 190
87. Lefphindex86.Ea iefion Sternon 218570
& procidence. 87 Styloideos. 357
yicgc au cerueau que c’eft. 337 Sueur abundante en ceux qui
Siele des Arabes. 449451 ont la fièvre quarte. 125
Sifflet du poulman. 277 Suffufionoùcftfon fiegc. 3(^4
Sinus de la dure-inereàla telle Suif & la erailTe different. 20.
?o8.Vfage. 311 24^.
Son au pied en marchant d’où Suture que c’ell. 518
vient. 3§5
Sourcils. 34J,
Sourds nez pourquoy muets.
SurditCjCaufes. ihid-
Soufpir, zSp
Spermatiques parties. 8
Sphinéter du fiegc 8 6. Son vfa-
ge./^rd. Del’Oelbphage 293.
-, Delavelfle 146. Quand il cil
blcflé, la mixtion fc fait inuo-
lontaircmcnt. ibid.
Spigçlius, quel vfage il attribue
aux. mufclcs .droits de l’Ab¬
domen 41. Aux appendices
- de l’inteftin colon 82. Aux
proftâtes 161. Aux mufcles
du larynx 283. Au mufclc fous
, clauicr394.Au grand dentelé
. 395, Aux atteres ( par acçidét)
: intcrcoftalos . 468.. Mefataï
• ques 4(59; Quels vfages il
dôpe aux capfuks atrabiiiai-
Sutures du crâne vrayes 529.
Coronale , lambdoide. ibid.
Sagittale 531. Faufles. ibid>
Quelles s’effacent quelques
fois 529. Leur vfage 533.
Pourquoy y en a bon nom¬
bre, & qu'il cftnuifible quâd
elles manquent, ibid. Quç^-
! ques telles fans futures. 528
SyluiüSjfonopinion de bvfagc
des vaiffeaux de la veffie de
1 l’vrinc.
Symphyfe. 517
j Synarthrofe. rbid.
Synckodeofe, 518
Synciput que c’efl 295- Mem¬
braneux aux enfans. 535.
Pourquoy les plaida fyn-
ciputfontmortclies: ibtd.
Syneurofe., ■ JiS
Syffateofe. tifd.
Syftcle que c’eft. 249
Sômctdelatefiequc c’efl.
, - Rrrt iij
Table des
T
TAbidcs,qucIcftoit Icfoye
des Tabides que TAu-
theuraveu. ' loi
Talon. 581
Tambour 3(^2. 557. Sa petite
membrane. ib'td>
Tarfesdesyeux. 348
T emperament des parties, ôi les
chofes quilafiiiuent. 3
Temples. 25)6
Tendon large. 402
Tendon dumufclcquc c’eft 30.
Poiirquoy ainfi nommé 31.
Son principe &infertion. Jb.
H cft au milieu en peu de muf-
clcs, ibid. Le principe & la fin
du mufcle peuvent eftre ap¬
peliez tendons, ibid. Preuues
que le tendon ne reçoit point
des nerfs. 33
Tefte , fon hiftoirc 25)5. Pour-
quoy elle cft placée en haut.
ibid- Pourquoyelle eftoffeu-
fc. ibid. Pourquoy celle de
l’homme cft grande, ibid.
Pourquoy elle cft quelques-
fois, mais rarement fans fu¬
tures 528. Sadiuifion 2<>y. Sa
peau ellmobile en quclques-
vns347.Scs figures, naturel¬
le 295. 525. Deprauée diucr-
fement. ibid. D’où vient fa fi.
gurc pointue 526. Ses muf-
cles 396.C6min6ntil faiK de-
Mdtleres.
monftrer (es parties, tant en
! la fciftion nouuclle qu’en
l’ancienne 341. La vraye fc-
dionôt: nouuclle fe doit com¬
mencer par la partie inferieu¬
re 325. Ses futures jag.
fuiv.
Tcfticules au cerceau.
Tcfticules des hommes & leur
hiftoire 148. Ne font parties
principales 5. Pourquoyfont
fituez dehors en l’homme
148. Semeiiucnt d’eux-mef.
mes en quelques vns 152,
Diuerfes opinions pour-
I quoy il femblc qu’ils don¬
nent chaleur & force au
I corps des hommes 155. Leur
i fympathicauec les parties fu-
perieures , principalement
aucc le cϟt.ibid. Pourquoy
le droit cft plus variqueux,
plus chaud, & engendre le
malle 149. Figure & gran¬
deur. ibid. Mufclcs 151. Et
lcurvfagcij2. Nombre 148,
Situation Jubftance 151. Tu¬
niques Tegumens ijo.
Vaifleauxijt. Vfage i52.(^i
font ceux qui oftent aux tcfti¬
cules la génération de lafe-
mence. ibid. Les tcfticules
font demeure» cachez en
quclqucs-vns dans la capaci¬
té de l'Abdomen iufques à la
puberté 149. Vn taureau a
peu €ng«nicr> fcstcfticule»
ellans coupe* t<5o. La gônc-
ration ne fc fait pas fans tedi-
culcs ordinairement 152. Au-
thoritez que quelques- vas
ont neantmoinj engen¬
dre- ibid.
Tcfticules des femmes & leur
hiftoire 171. Comment dif¬
ferent de ceux des tommes
174. Pourquoy fîtuez en dc-
dans.j^/d. Leur tunique, vfa-
^75
Tiiorax9. Que c’eft iig.Pour-
quoyn’eft tout charnu, ibidk
Pourquoy cft en partie char-
xm.ibk. Pourquoy n’eft tout
ofleux , pourquoy l’eft en
partie 119. lignifie quad
il eft ÿclu 147. Ses parties
xip.Mufcles 394. Pourquoy |
apeu degraiffe. xip
Thymus quec'eft. 135
Tibia 581. Sesmulclcs 47. D où
vient que quand on fe blcilTe
au deuant du Tibia, on (ènt
me grande douleur. 581
Toux, pourquoy on avne peti¬
te toux, lors qu’on fe cureles
oreilles profondément, 499
Trachée artere & fon hiftoire
177. Pourquoy cartilagincu-
fe ic ligamenteufe en partie i
279. Son humeur gralfeayS. '
Vfage. 186
Trochanter grand & petit. 580 I
T umeurs comment font fou- 1
uent guéries. - -éji j
que ceft propre
^7
V
VAilTeaux font formez de¬
uant les vifeeres. 4
Vaiifeaux du cœur 259. iéo,
Leurvnion au fœtus.
VadTcaux dcferêsaux hommes,
ouiaculatoires 154. Leur no.
hïQ.ibid. Diuifîon. ibid. Prin¬
cipe 15J, Milieu. Subftâ-
ce, figure, cauitéjfituation 159.
Fin ou vefficulçs feminaires
i^o Conduicquiva auxpro.
liâtes. 161
VailTcattX deferens aux femmes
175. Leurs membranes, con.
duitSjVailTeaux 176. Vfage. 17}?
Vaiffeaux fpermatiques prepa-
rans des hommes 146. Leurs
anaftomofes, grandeur 147.
Nombre, origine, fituation.
ibid. Vfage. i48
Vaiifeaux fpermatiques prepa-
rans des femmes 170. Com¬
ment different de ceux des
hommes, ibid- Leurs ana¬
ftomofes. 171
Vaiifeaux vmbilicaux & leur
hiftoire zi2. Anaftomofes ii^.
Nœuds&leut vfage 213. Do
leur contorfion & cfpaif-
feur. ii7
Valvcrde, fon obfcruation du
mouuemcnt P®*'*’
Tahu des Matières '.
Tuniqae
ment.
Table des Matleref,
Valvule du Colon 8i. Commet
cllefe trouuc. i'bid- Sa figure,
nombre. ihid> Vfage. 85
Valvules du cœnir tridentines
i6o. Simoidcs z6i.De la vei¬
ne coronaire du cœur 146.
De la veflîculc du fiel 109.
Aux emulgentes 133, A l’infcr-
tion des vrcteres 140. Au coin-
.duit de loreillc au pa¬
lais. 31^4
Valvules aux veines &Ieurhi-
ftoire 414. Que c’efl: 410.
Comment fe rrouuent 421.
Pourquoy^ne fe trouucnt aüx
origines des veines, ibid' Oii
font placées principalement.
<i&/^.Leur nombre & en quel¬
les il y , en a plus 424. Leur
■ vfage. 425
Valvules de la veine azygos
font chymeriqnes 441. Des
mefaraïques font contes de
Colomb. 430
Varices, leur caufe, 411
Variqueux corps. 147
Varol, s’attribue l'iniiention de
la valvule au colon 82 Enfei-
gne vnc nouuelle infertiôn
des vailTeauxde'ferens. 177
Vas breve. 11 j
Vega,fon opimondclafympa-
tnie des tefticules auec-les
. parties lupcrieurcs. 454
Veine n’cft pas partie fimilai-
re. 7
Veine, quelle jfciiie il faut ou-
urir, afin que la faingnéc Toit
à droiture 606. Comment il
faut faire lafaingncc lorsque
. le Sang bouillant & fpiri.
tueux eft.malafFcâ;é(Î43.0ù,
aux maladies aux delTous dû
col 446. D’où vient que Ic^
veiness’enflent en la faingnéc
.(54.Pourquoyonlârche lali-
gature 645- Erreur de; ceux
qui pratiquent. 4^^
Veines, & leur hiftoire 413. Q^ç
c’eft 4i(j .Quelles grandes4i8.
Si clics ont des fibres42o. Ne
fentent 419. Pourquoy non,
& quand ontbatement 619.
Pourquoy en quelques en¬
droits elles font reu-cftuës de
deux tuniques , & ailleuns
non 419. Anaftomofes. ibid-
Diuifion de tout le corps
' 42<j. Matière 416. PrincipeTé
foyc 9(î.i03.4i^.Preuuesque
le cœur n’en eft pas le princi¬
pe contre Ariftote.//r/i. Sub-
ftance 420. Tuniques, ibid.
V alvulcs. ibid> Fin & vfagc
417. Palpitations. 621
VciiKartericufe xéo. Pourquoy
nommée & veine & artère.
ibid. Son origine, continua.
tion,& vfagc 2tîi. V.alvu-
les. ... ibjd>
Vc.ine-caue 260. Que c’eft. 443.
Pourquoy a des fibres char¬
nues à l’entour du cœur 624»
,Ses racines da^s le foye 101.
diuifion
Taile des Matiem,
Dùiifion en grands troncs
443. Tronc alcendant. ibid.
Defeendant 451. Infertion au
ventricule droit du cœur
i(So.Vfage& valvules, ibid.
Veine cephaiique ou humerale
44p. Coronaire du cœur 246.
Coronaire pourquoy eft gar.
nie de graifle 26. Sa valvule
24^. 3<>5. Diaphragmatique
444. Gaftrique 68. Petite feia-
tique 456. Grande feiatique
457. Médiane 450. Mufcle
436. Du iarct ou Poplofes.
Ibid. Saluatelle & fa fedion
449. Sephane & fa fedion
456. Soufclauicre & fa véri¬
table diniHon. 446 447
Veine.porte ouladée que c’eft
416. Son origine 4. Diuifion
& rameaux 426. Racines dans
le foye 102. Rameaux mefa-
raïques font nommez raci¬
nes. 426
Veine azygos 444. Napointdes
valvules. 445
Veine vmbilicale cftla première
acheuée en la génération 4.
2i5.Souurc aux hydropiques
217. Son vfage & nœuds. 213
Veines adipeufes 125.451. Blan¬
ches que c’eft i40.Des bras &
des mains 44p. Crurales 45 6.
Emulgentes c)8. 451. Diuifion
desemulgentes en petits ra¬
meaux & valvules 13 3. Epiga-
firiques 433. Hemoiroidales
que c’eft 437.’438, Les inter¬
nes different des externes en
huid façons. Ibid. Hypoga-
ftriques 146. 455. Rameaux
iliaques 454. Intercoftaux &
leurs anattomofes 445, Des
inteftins 417. lugulaircs 447.
De la Rate 427. Lombaires
451.De la main & leurdiuer-
fité 450 ■ M ammaircs & leurs
anaftomofes.40.446. Du me-
diaftin 444. Mefaraïques &
leur vfage 430. Mefaraïques
n’ont point de valvules Ibid.
Leur vfage 597. Du mefente-
re 430. De l’epiploon 4 17. Du
pancréas. Ibid- Du péricarde
444 Racines 280. Spermati¬
ques 341. Origine & vfage
des fpermatiques gauches
147. Du ventricule427. Leur
vfagc5p7. De la matrice font
fort enflées aux femmes en¬
ceintes. 186
Veines ladees & leur hiftoire
nouuelle 430. &fuiu. Com¬
ment on les peut trouuer &
voir 431. Leurs noms. Ibid.
Situation 432. Subftancc,
valvules 435. Adion & vfage
434. 5P7* Origine pr. Vn cer¬
tain tronc remarqué par Afel-
liusaufoye. 103
Veines au ccrueau. 323
Veine fpleniquc. 450
Ventoufes & featifications par
quelles veines attirent les
Sfff
Tahle des Màttms.
humeurs. a y
Ventres que c’eft & combien. 9
Ventre fupcricur. ;bid Moyen.
ibid- & ii8 Inferieur 9. Que
c’eft. Il
Ventre du mufcle. 31
Vcntre,d’où vient Ton excrétion
inuolontaiie. 87
Ventre inferieur, pourquoyelt
fort gras 11 9. Pourquoy on le
dilTeque & explique le pre
mierde tous, ii. Ses parties &
leurs noms, ibid. Toutes fes
parties communes & pro¬
pres. Il
Ventre moyen 9. Quec’eftuS.
Eft médiocrement gras. XI9
Ventricüle,fon hiftoire 57. Co¬
rnent il cmbralTc la viande
594, Riolan i’a trouué deux
fois double en l’homme 58.
S’il fe nourrit de Sang ou de
chyle. (j8
Ventricule, (on action 7 o. Con¬
nexion C<3. Correfpondance
auec le cerueau 6^. Aucc le
cœur ^i.Aucc le colom & les
reins Croufte(j5. Défini¬
tion 57. Fibres &Icur vfage
^3. Figure 6(3 , Grandeur, ibid.
Eil ordinairement plus petit
aux femmes qu’aux hommes.
ibtd. Grandeur comment fe
cognoift. ibid. Membranes
=^5. Nombre jS.Ridcs ^5. Si¬
tuation 57. Subftancc quelle
^/. Pourquoy fa tunique in¬
terne cit continue à la timi.;
que interne delà bouche
Si les veines fuccent quell
que chofe du chyle 68. Vfage
70. Orifices 61. Pourquoy
l’orifice gauche eft appellé
cftomach ,& cœur 6i. Eft im¬
pliqué de nerfs., W. Com¬
ment l’orifice gauche fe fer.
me, fes fibres, ütümon.ibid.
Symptômes sëblables à ceux
du cœur. /b. Il faut appliquer
les topiques au dos, lors qu'il
eft malade, ib. Orifice droit.
Ibid. Quand s'ouure. IbidSc&
fibres , cercle ou fphinéfcer. Ib,
Diuerfes parties qui afliftent
la chaleur du ventricule
D’où vient fa longue foiblef-
fc 69. Comment fapefanteur
fe guérit 595. Il faut remar¬
quer vneinfîgne cauité pto.
chedii ventricule 66- CÔbien
ont de ventricules les oifeaux
&lesbeftcsqui ruminent 58.
L’vfage de chacun d’eux. Ib.
V entricule troifiéme du cerueau
que c’eft 354. Q3itriéme347.
Ducerucllct. Ibid. Du cœur
M7.
Ventricule noble à l* moelle du
cerueau. 317
Ventricules du cerneau 334.
L’Auiheut n’en met qu’va
35J. Qi^cft ce que les ante¬
rieurs 335. Conformation des
ventricules du ceruetu. 33^.
Ta^le des Aîatieres.
Vfage. 340
la Verge. 1^1. Ed vnaniraal fé¬
lon Platon, ibid. Pourquoy
elle n’elt pas fi giade qu’aux
beftes. 163. Comme elle peut
deuenir plus grande- ibid.
Pourquoy efl. fans graifie.
ibid. Ofleufe. itjj. Sa fym-
pathic aucc Pinteftin redura
85. Corps nerueux 167. Leur
origines: contittuation.ibid,
Vaifleaux & mufcles 168.
Vfagei69. Son dos & gran¬
deur 165. Gland ou telle i6S.
Endurciflement & eredion
167. Doublement félon les
Arabes. Parties, fubftan-
ee ié5 Subftance diuerfe i6-j.
Ridicule comparaifon auee
la matrice 17a.
Verge de la femme. 170
Vertébrés del'Efpine 6c leur hi-
ftoirc. 559
Vertebre première du col pour-
quay n’a point d’efpine. 5^1
Vefalc ,fes erreurs 41. 104,. 134.
181.351. 445-
Yeflingius » fon opinion de l v-
fage du conduit du panercas
515. De l’vfage des capfules
atrabilaires. i]9
Veflie du fiel 105. Col , croûte,
fonds, grandeur, membranes,
rameaux, finus, valvules. ib.
vfage 10p. Ne fe nourrit de
bile. «O
Vefiiede l’vxmc fiefoa hiftoire
141. Eft cachée entre les deux
tuniques du péritoine 50.
Rem plie, le vent n’en fort pas
140 On la trouuée diuisée
en deux cauitex par vnc clo-
fture 144. Son col, que c’eft
145. Connexion du fonds &
du col 144. Sympathie auec
le nombril, ibid. Crouftei4y.
Figure 144. Trous 145. Infer,
tion au col de la maxrice 1^4.
Grandeur 141. Eft propor¬
tionnée aux poulmons. ibid.
Membranes 144. Sphinder
<|uec’eft 146. Mufcleexcretif
de l’vrinc qui enuironne la-
vefliei45. Deux parties 144.
Situation I41. Subftance 144,
Vaifieaux, Vfage 146. Play es
'mortelles Ibid L’extreraite
extérieure dueoldc laveflie
n’apparoift pas en mefme
lieu en toutes les femmes
1^4. Les animaux qui n’ont
point de poulmon, n’ont
point de velfic. 14I-
Vc'ü€ > fon organe. 347
Viandes, leur ordre danslç vé-
tricule 5^4. Comment y font
dilToutes 5 95. l’ordre de leur
concodion. , 595,
Vierge peut conccuoir, fans que
la marque de la virginité foie
oftencée. 102
Vierges Angloifes comment
deffendirent iadb leur cha-
ftsté en la guerre contre ka
Table des Matières
Danois.
Vierge pcunent anoir du laidt
224. S’il doit fortirdufangà
toutes les Vierges aux pre¬
mier coït 201. pourquoy le
premier coït eft douloureux
&fanglant. 195
Virginité , fa marque. 1^5 . S’il y
en a 199. Pourquoy ne fc
trouue toufîours. /^/i.Diuer-
fes opinions , &: leurs réfuta¬
tions touchant cette mar¬
que. 198.
Virfungus,qu’eft-ce qu’il aveu
premièrement au pancréas.
Vifage. 348
V ifeeres , Jeur chair. 7
Vilîon cornmentfe faitpar l’hu¬
meur chryftalline. 355
Vimus , vfage de la Rate félon
luy. ua
Voix que c’eft 290. Comment
fefait 289. Commentdeuiét
refonante. Enrouée 374.
Grauc , aiguë \ grande , peti¬
te , &c. 281- Inftrumens 278.
289.3^6. 517. Dequoyfe ga-
fte 278. Gaulés de fa force
212. D’où vient fon change¬
ment. Ibid. Parties 291. Ar¬
chet 374. La luette ne fert
pas à la voix. Ibid D’où vien¬
nent les différences infinies
des voix. 2^0
Volvulusoùfe fait. 77
y onfiifTcmcnt au calcul des
reins 134. Bilieux m.D’où
vient le tremblement de
levre à ceux qui ont enuie
de vomir.
La Voûte.
Vrcthreque e’eftiôj. Sa petite
cauerne, figure, membranes,
fubftance & vfage. i(; g
Vreteres , & leur hiftoire 135.
Ne font parties fimilairesy.
Connexion 140. Nombre,*
fituaiion 139. Principe quel/
milieu, fin ou infertiô quelle.
Jbid. V alvulcs près de l’infcr-
tion 140. Grandeur. Jbid.
Leur grandeur prodigieufe
auxgraueleux, félon les ob-
feruations del’Autheur. Ibid.
Figure , membrane , vaif-
feaux. Ibid.y^i^e. 141
Vrinecoramétfc fait. 135. Pour,
quoy eft iaune. Ibid. Com.
ment eft portée dans la velTic
139 Pourquoy ne peut re.
tourner vers lescmulgentcs.
Ibid- Où le foetus humain eft
contenu deuani l’enfante¬
ment 216. Abondance d’vri-
neen ceux qui ontla fievre-
quarte 12/- Q.ui font ceux qui
ont cftably fauflement la
tranfTudation. 14!
Vrines , pourquoy noires dans
les maladies de la Rate 124.
138. Pourquoy celles des gra-
ueleux font ctu'és. 136
Vfage des parties du corps, d’oü
Table des MatUres,
le prend. ^
V véc tunique de l’œil. 3^^
Vnivc Z02. Ses parties 103.
Pourquoy quelques femmes
remuentles levres 584.0^!-
ques vns les croilent. 201
Vulve au cerveau. 340
Vvule ou luette que c’eft 374.
Sicile fert à la voix. Sa
cheute, jyid. Ceux qui font
priuez de Vvulc meurent
Fthifiques. jyiii.
VV.
Valæus, fon opinion de
i’vfage desvaifleaux de
l’cpiploon 42. De la Raté 57.
Du principe du mufclc 31.
Gaule felô luy, pourquoy les
viâdes sot coupées, hafehées
& fondues dans l’eftomach
é5>. 55J5. En quelle façon , &
en combien de temps cela le
fait 5^6. Quelle eft la conftri-
étion du Pylore, félon luy 631
Comment le chyle eft chafl'é
du ventricule. 7^. Quels vfa-
ges il attribué auxgradsvaif
féaux des inteftins 73. Cii.
Quelle conftriftion de leurs
fibres il a remarquée pour
chaflcrle Chyle 63i* Quelle
charge il donne àlaRate 115.
Son obfcruation des ancres
du foyc. 102 Des anafto-
mofes des rameaux de
la veine-porte & cave au
foye 103. Du vas-brcvci 5.
De la refpiration 231. 275.
De l’cuacuation de la bi¬
le delà veflic du fiel I09. De
la vifion 355. Les reins nepre-
parent pas lafemcnce 135. Les
membranes de la veflic pouf-
fentloin IVrine i43.Demon-
ftre l’vfage du mcflâgo&dc la
cônexion des pai^aftate^a^jcc
les vaiffeaux pfépar^s i)5*La
maiicre du îai^ li^t
vfage il dôneâux (îjcjll(^ dii
cœur 257. Les fïbtes çhajgués
de la veine- c^e-i^y Os
hyoide 37^. Oorcraation du
mouv.cmcntdu cœur<jié.La
caufe qu’il en donne 628. Co¬
rnet il eftime que les valvules
du cœur referment 636. Co¬
rnent le ccrucau fc meut 505.
Comment le chyle eft porté
au foye.597. Deux epiftres du
mouucmcnt du chyle & du
fang. 589
VVormius’ de rvfage des
Rems. 135
Y
YEuXjleurhiftoirc 347. An¬
gles 348. Giaiffc349.Ca-
runculc. IbU. Cils. Ibid- Hu*
meurs 354. Leur vfage 355.
L’humeur aqueufe eft vnc
partie animée 354. 1115 353.
Table des Matières,
Murcles549 . Nerfs optiques Z
& moteurs jji. paupières r^Acutus Portugais , ’fo»
J 48. Parties. Ihid. Prunelle. Jüj opinion cic l'vfage de (a
3Çf, Sourcils 349. Tuni- peau. ,jj
^s. 355.354 Zirbus.
lE'î'fî'f' •iS